Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

1692 : janvier, février, mars, avril, mai, juin

Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 8 (janvier 1692) le fils de Mr Le Goust chirurgien en cette ville et de la dame Collin épousa mademoiselle des Fourcelles Cupif. Il est avocat au siège présidial de cette ville.
  • Le Sr Poulain de la Gaudinière a cy-devant épousé une des filles des défunts Sr du Brossé Coutard et de la dame Yvert.
  • Le 13 (janvier 1692) il y eut des feux de joie avec les cérémonies ordinaires pour la prise de la ville de Monmelian.
  • Le 14 (janvier 1692) le fils de Mr François Le Royer Sr des Palluaux avocat au présidial et de la Delle Rigault épousa la fille du feu Sr des Brosses Poitras bourgeois et de la défunte dame Aubert/Hubert, un des frères a épousa cy-devant la Delle Babault, et une autre sœur le Sr Dermier.
  • Le 15 (janvier 1692) Mr Chotard, fils de feu Mr Chotard de la Sablonnière et de la Delle Chevrollier épousa la fille de feu Mr de la Vau Landevy cy-devant avocat au conseil et de la Delle Nivard.
  • Le 14 (janvier 1692) mourut la femme de feu Mr Paytrineau avocat. Ils ont laissé quatre enfants, trois garçons et une fille ; l’aîné mort à l’armée, le second encore garçon et faisant profession de dévotion, le troisième cy-devant président à la prévôté, marié avec la Delle Bridou et la fille mariée avec Mr Maugars cy-devant avocat au présidial et à présent avocat au parlement de Rennes. Elle s’appelait Hiret. (Il s’agit d’une de mes tantes Hiret, dont je connaissais le mariage et la naissance des enfants, mais pas la destinée du second fils, et pour cause, Toysonnier m’apprend qu’il faisait profession de dévotion)
  • Le 21 (janvier 1692) Mr Lanier de Ste James, fils de feu Mr Lanier maître des Requestes et qui avait été ambassadeur en Portugal, mais disgracié sur la fin de sa vie et de la dame Licquet, épousa la fille de Mr Méguion et de la défunte dame Jousselin.
  • Le 11 février (1692) le sieur Lejeune marchand de blé en cette ville épousa la fille du feu Sr Benard.
  • Le même jour (11 février 1692) le Sr Dupont épousa la fille du feu sieur Janvier.
  • Le même jour (11 février 1692) Mr Chantelou avocat fils du feu Sr Chantelou notaire royal épousa la fille de défunts Mr Phelipeaux avocat et de la Delle Guyonne Blouin.
  • Le 12 (février 1692) mourut Mr Denyau chanoine de St Maurice.
  • Le 27 mars (1692) mourut la femme Mr Pelletier de la Lorie, grand prévôt d’Anjou. Elle s’appelait Lejeune.
  • Il a passé par cette ville huit mil Irlandais dont quatorze cent séjournèrent ici dix huit jours. (Note de Marc Saché : Voir la note précédente qui explique le passage et aussi la détresse de beaucoup d’Irlandais)
  • On a levé sur les habitants trente et sept mil cinq cent livres pour les ustanciles.
  • Le 14 avril (1692) le sieur Macé épousa la fille du sieur Boisard marchand confiseur.
  • Le 19 (avril 1692) mourut subitement le sieur Guérin, marchand cirier en cette ville. Il fut enterré le lendemain en l’église de la paroisse St Maurice.
  • Le 15 (avril 1692) mourut Mr de la Jousselinière Verdier escuier.
  • Dans ce même temps, Mr d’Héliand d’Ampoigné, escuier, fils de défunts Mr d’Héliand d’Ampoigné et de la dame Lefebvre de la Guyberdrie, épousa la fille de feu Mr de Hardouin de la Girouardière écuier
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  • Le premier may (1692) mourut Mr Trioche de la Bétonnière âgé de 55 ans. Il fut enterré à la Trinité.
  • Le même jour (1er mai 1692) messieur Cesbron conseiller au siège présidial de cette ville et Guillot marchand mon beau-frère, furent élus échevins.
  • Dans ce même temps mourut mademoiselle des Sourcelles Cupif. Une de ses filles a épousé Mr Legoust, avocat. Elle s’appelait Le Vannier.
  • Dans ce même temps mourut les Sr et dame de la Haye tanneur ; elle s’appelait Perron. Ils ont laissé sept petits enfants.
  • Le 7 (mai 1692) Me Mesnier avocat fils de Mr Mesnier aussy avocat et de la demoiselle … épousa la fille du feu Sr …
  • Le 13 (mai 1692) mourut la femme du feu Sr Guilbault âgée de 78 ans. Son mari avait été veuf de la dame Dupille duquel mariage sont issus Mr Gilles Guilbault avocat et autres, et du dernier Mr Denys Guilbault avocat, Mr Guilbault prêtre et deux autres garçons mariés ; elle s’appelait Le Bec.
  • Le 16 (mai 1692) le fils de Mr Barthelot avocat et de la Delle Garnier épousa la fille du sieur de la Marinière Garnier et de la Delle Amat.
    Dans ce même temps mourut mademoiselle Levoye.
  • Le 25 (mai 1692) mourut monsieur de Miribel d’Autichamp lieutenant du Roy gouverneur de cette ville et château. Il fut enterré le 27 dans la chapelle dudit Château. Son fils aîné a sa survivance ; une fille a épousé monsieur Binet de Montifray. (Note de Marc Saché : Charles de Beaumont d’AUtichamp, comte de Miribel, né en 1621, avait été, après de brillants états de service, nommé en 1667, commandant pour le roi en la ville et château d’Angers sous l’autorité du comte d’Armagnac, gouverneur de l’Anjou. Il faisait partie des trente premiers académiciens et était directeur de cette société en 1687. C’est à ce titre surtout que Daburon fit de lui un éloge éclatant qui fut imprimé aux frais de la ville et que Pocquet de Livonnière lui réserva une place dans ses Illustres de l’Anjou, où la pompe des louanges officielles laisse parfois percer quelques réserves : « Il avoit un esprit ferme et vigoureux dans un corps grage et robuste. Il estoit hardy dans l’entreprise, sage dans l’exécution, également infatigable et intrépide. Il était véhément et sujet à la colère. C’estoit un homme agréable et de bonne société, aimant le mérite partout où il le trouvoit, bon amy, un peu trop cherchant. » De son côté, Grandet, en son Histoire du Séminaire, révèle sa vie comme « une continuelle préparation de la mort. Il fut longtemps cruellement tourmenté de la goutte. Dieu luy donna cet exercice de patience pour réprimer les mouvements de son esprit qu’il avoit naturellement colère et emporté » (Voir Pocquet de Livonnière, man. 1300-anc. 1069 à la BM d’Angers, p. 27 ; Grandet, t 1, pp. 99, 102 ; C. Port, Dictionnaire, t 1, p. 253). Marié avec Louise de Rostaing, d’Autichamp avait épousé en secondes noces Françoise de Jouy))
  • Le 2 juin (1692) le fils du feu Sr Chartier marchand de cette ville à La Flèche épousa la fille du feu Sr Janvier.
  • Le 3 (juin 1692) Me Berthelot avocat fils de Mr Berthelot aussy avocat, épousa la fille du feu Sr Allasneau.
  • Le 8 (juin 1692) monsieur Le Roy, chevalier seigneur de la Pottrie, de Chantdemanche et de Mancy, conseiller en Bretagne, fils de Messire Roberet Le Roy chevalier seigneur de Chantdemanche et de la dame de Moucé, épousa la fille de messire Louis Boylesve seigneur de la Gillière conseiller du Roy et son lieutenant général d’Anjou à Angers et de la dame Perrine Lechat.
  • Le 8 (juin 1692) mourut Missire Henri Arnauld Évêque d’Angers et abbé de St Nicolas, âgé de 95 ans. Il fut enterré le samedy 14 au pié du degré de la chapelle des évêques pour monter dans la salle de l’évêché. Son corps fut porté processionnellement par six chanoines et six chapelains alternativement depuis l’évêché par la place Neuve, la rue St Martin, la rue St Aubin, par la vieille Chartre et devant le château. Monsieur Lepelletier abbé de St Aubin fit la cérémonie ; tous les chaîtres, paroisses, communautés religieuses, Mrs du présidial, du corps de ville, de la prévôté, de l’élection, Mrs les avocats, les notaires, le corps des marchands y assistèrent, tous les officiers et avocats avec leurs bonnets quarrés sur la tête. Mrs de l’université n’y marchèrent point ; ils se trouvèrent seulement à l’église et affectèrent de sortir un peu avant la fin de la cérémonie. C’était un évêque d’un mérite extraordinaire. (Note de Marc Saché : Nous renvoyons, pour la bibliographie du célèbre Henri Arnauld, le second fils de l’avocat Antoine Arnauld et le frère d’Arnault d’Andilly, à la notice que lui a consacrée C. Port et aux références dont il l’accompagne. On y trouvera sur son épiscopat, qui dura quarante-deux ans, sur ses efforts pour redresser la discipline ecclésiastique, sur son rôle pendant les troubles de la Fronde et les époques de dure misère, enfin sur ses opinions jansénistes, les indications élémentaires. (Voir C. Port, Dictionnaire, t 1, p. 136 : également Cochin, Henri Arnauld))
  • Dans le même temps, le fils du feu Sr Goujon marchand droguiste et de la dame … épousa la fille du Sr Berthelot marchand et de la défunte dame …
  • Le 18 (juin 1692) mourut monsieur Payneau de Pégon conseiller honoraire au siège présidial de cette ville. Il avait épousé la défunte dame Gaudicher duquel mariage il n’y a qu’une fille qui a épousé Mr de Neuville Poisson.
  • Le 28 (juin 1692) mourut la femme du Sr Galisson chirurgien ; elle n’a point eu d’enfant ; elle s’appelait Fauveau.
  • Dans ce même temps le sieur Herreau du Perron, bourgeois, épousa Melle Panetier de la Ferandrie, veuve de feu Mr Galard de Mongazon conseiller au siège de la prévôté de cette ville, duquel mariage il y a huit enfants.
  • Le 27 (juin 1692) mourut monsieur Eveillard prêtre doyen de St Pierre, âgé de 57 ans.
  • Le 30 (juin 1692) Mr Georges Daburon avocat fut receu aggrégé en l’université de cette ville en la place de Mr Lebloy aussi avocat et à présent docteur régent, en conséquence d’arrest, en la place de feu Mr Voisin.
  • Le 9 de ce mois (juin 1692) cent cinquante gentilshommes de l’Isle de France convoqués pour l’arrière ban arrivèrent en cette fille en garnison et 70 pour la ville des Ponts de Cé. (Note de Marc Saché : Le ban et l’arrière-ban, jadis éléments essentils de l’armée féodale, avaient perdu à peu près toute leur importance et à partir de 1697 on n’en entendit plus parler. L’arrière-ban était composé des arrière-vassaux tenus envers le roi au service militaire. Leur convocation se bornait à un service de deux ou trois mois à l’intérieur du royaume. Déjà Toisonnier nous signale une de ces convocations le 28 mai 1689. Conseil de ville et commandants des gentilshommes s’entendaient pour le logement de ces derniers chez l’habitant, leur nourriture et le prix des fourrages, conformément aux ordres du roi ; vivres livrés contre paiement de gré à gré, coût du logement de 15 sous par jour pour maître et valet (voir Archives Municipales, BB 99, f°34))
  • Dans ce même temps mourut la demoiselle Primault veuve de feu Mr Gontard, avocat au siège présidial de cette ville.
  • Dans ce même temps, le fils de la veuve du Sr Vallée imprimeur épousa la fille de la veuve du Rocher revenderesse.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

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    Une réponse sur “Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1. Report des commentaires parus dans mon ancien blog :
      Marie-Laure, le 25 mai : Je me demande ce que Mr Pocquet de Livonnière veut dire lorsqu’il décrit Charles de Beaumont comme : »bon amy,un peu trop cherchant. »Un peu trop « curieux « ? Un peu trop « collant »???
      On se demande de quoi vivaient ses 8000 Irlandais qui avaient dû tout abandonner lorsqu’ils avaient suivi James II en éxil (pas de travellers -cheques à l’époque!), car les coffres de cet ex-roi devaient être presque vide…? Louis XIV son parent devait l’aider et la charité des Français et des taxes qu’ils devaient payer…
      Très inquisitif, donc.Quant aux Irlandais, qui avaient débarqué à Brest avant Noel, la taille de leur bivouac devait être énorme ou certains devaient être cantonnés chez l’habitant , qui devait en avoir l’habitude comme lorsqu’il avait hébergé les soldats d’Alsace.Mais si les récoltes n’avaient pas été abondantes , quel casse tête…! L’Eglise devait aider ses coreligionnaires mais ils devaient prier pour le miracle des pains et poissons pour subvenir à ces foules…! Excellente organisation.
      Note d’Odile : les dictionnaires du 17e siècle donnent au verbe CHERCHER, entre autres sens, celui de chercher avec curiosité, et même la perquisition chez les autres… Je dirais qu’il a du pas mal fouiller dans la vie des autres…

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