Quittance de 50 écus : entre Marigné et Château-Gontier, payée à Angers, 1591

Dans tout bail à ferme, le montant, qui est en monnaie sonnante et trébuchante, est versé en la demeure du bailleur.
Ici, il demeure à Château-Gontier, et c’est lui qui vient encaisser 50 écus (150 livres) à Angers, alors que le débiteur demeure à Marigné, c’est à dire encore une fois sur la route (environ) d’Angers à Château-Gontier.
Tout se passe en fait comme si l’argent ne quittait pas Angers…

Marigné-sous-Daon, photo O. Halbert
Marigné-sous-Daon, photo O. Halbert
    Voir ma page sur Marigné

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici la retranscription de l’acte : Le 24 juin 1591 en la court royale d’Angers (Lepelletier notaire) fut personnellement estably noble homme Pierre Maurice (il signe Morice) Sr de la Ripaudière demeurant présentement à Chasteaugontier
soubzmettant etc confesse avoir eu et receu de Maurice Lendron marchant demeurant en la paroisse de Marigné la somme de 50 escuz vallant vingt dix livres tz

    j’ai bien lu vingt dix livres, soit 200 livres, alors que normalement 50 écus font 150 livres ! Je n’ai pas compris le calcul, ou alors, l’écu a changé pour cause des troubles ?

à déduire et rabattre sur ce qui est deu par ledit audit Maurice estably par les enfants et héritiers de deffunt noble homme Louis d’Andigné sieur de la Ragotière … procédant du bail à ferme des biens desdits enfants fait à la requeste de leur créditeur quelle somme de 50 escyz ledit Lendron a pauée audit sieur de la Ripaudière qui l’a eu prinse et receue présentement en sept vingt dix pièces de vingt sols dont ledit Ripaudière s’est tenu et tient à contant et en a quité et quite ledit Lendron

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3 réponses sur “Quittance de 50 écus : entre Marigné et Château-Gontier, payée à Angers, 1591

  1. Effectivement à cette époque l’écu vaut légalement 3 livres, mais il arrive bien souvent que le cours du (des ?) marché(s) soit différent que celui qui est édicté par le roi. Peut-être que dans ce cas-là il s’agit en effet d’une évaluation supérieure au moments de troubles, mais c’est dur à dire et il faudrait savoir si les autres actes notariés de cette même année montrent une évaluation comparable.
    Note d’Odile : Merci. Je vais regarder dans les jours qui suivent cette année là, et j’ai ressorti l’ouvrage d’Arlette Jouanna, La France du 16e siècle, PUF, qui est susceptible d’aborder ces points… Réponse sous quinzaine… car il est copieux, mais indispensable

  2. Bonjour,

    merci pour cet article. Auriez-vous la description des armoiries des Maurice (alias Morice), seigneurs de La Ripaudière, par hasard, s.v.p. ?

    Merci bien.
    Bien cordialement,
    Michel Lemire

    1. Bonjour
      Le qualificatif « noble homme » ne signifie en aucun cas qu’il s’agit d’un noble. C’est une manière de paraître de certains bourgeois.
      Le qualificatif des nobles est « écuyer » et/ou « chevalier »
      Et le titre de « sieur » signifie seulement « propriétaire » et encore, il est ASSEZ SOUVENT usurpé. Et pour prouver qu’un individu possède réellement une terre, il faut des années de recherches dans les actes notariés et les chartriers, comme j’ai fait des décennies durant.
      Bon confinement à vous
      Nous les vieux, on va bientôt mourir de faim faute de mourir du coronavirus, car la France n’a pas équipé les aides à domicile de masques donc elles sont en retrait et je les comprends. Et pire, elle compte sur la solidarité pour nous livrer, alors que nous sommes en guerre et qu’elle doit impérativement soulever une armée de livreur équipés de combinaisons de protection pour que la population âgée mange.
      Odile

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