Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

1693 : juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre

Ce blog est pillé, début juin en particulier un forum de 340 personnes, s’est arrangé pour le voler ensemble. Belle leçon du respect d’autrui. Un blog et un site ne sont pas une mise à disposition mais une publication.

Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 7 juillet (1693) mourut à Paris monsieur Avril conseiller au siège présidial et conseiller échevin perpétuel de l’hôtel de ville.
  • Dans ce même temps, mourut Mr de la Valinière Yvert.
    Le 25 août (1693) mourut le sieur de la Marre Colas.
  • Le même jour mourut le sieur Courault de la Roussière. Il a épousé la demoiselle Raymbault de la Foucherie, duquel mariage est issu une fille qui a épousé Mr Raymbault de la Foucherie, à présent maire perpétuel de cette ville, mon oncle.
  • Le premier septembre (1693) mourut le sieur Pasquier de la Forest.
  • Le 5 (septembre 1693) mourut la femme de monsieur Huslin de la Selle, le jeune ; elle s’appelait de la Bouaire Neveu.
  • Le 14 (septembre 1693) mourut le sieur Tessé, gentilhomme véréran de la maison du Roy.
  • Le 15 (septembre 1693) mourut la femme de Mr Dupin Gontard avocat ; elle a laissé trois petits enfants ; elle était fille de Mr Chotard écuyer aussy avocat et de la demoiselle Romain.
  • Le 18 (septembre 1693) mourut Mr Gourreau conseiller honoraire au siège présidial, conseiller et échevin perpétuel de l’hôtel d ville, et un des Académiciens. Il avait épousé la feue dame Eveillard, duquel mariage sont issus feu Mr Gourreau aussy conseiller audit présidial pendant quelques années, mari de la Delle Perigault du bourg de Chalonnes, Mr Gourreau prêtre de l’Oratoire, Mr de la Blanchardière Gourreau conseiller audit présidial mari de la Delle Grandet, et la demoiselle Gourreau femme du Sr Jallet de la Veroulière lieutenant de prévôt. Il avait un mérite distingué.
  • Le 16 précédent (1693) mourut Mr Camus, prêtre, chanoine honoraire du chapitre de St Pierre de cette ville. Il avait été longtemps chapelain en l’église de St Michel du Tertre.
  • Le 17 (septembre 1693) mourut Mr Lefebvre de Chamboureau auditeur des comptes à Nantes.
  • Le 18 (septembre 1693) mourut Mr de la Ferrière Guérin, prêtre, chanoine honoraire de l’église d’Angers ; Mr Rousseau de Pantigné son neveu a sa prébende.
  • Les 70 gentilshommes de cette province pour l’arrière-ban arrivèrent en cette ville le 17 de ce mois.
  • Le 19 (septembre 1693) mourut monsieur Dugué avocat. Il avait épousé en premières noces la demoiselle … dont il n’a point eu d’enfant, en secondes la demoiselle Viel, dont il a eu Mr Dugué prêtre et défunte Delle Renée Dugué femme de Mr Blanchard avocat, en troisièmes noces la demoiselle Françoise Dupin dont il y a quatre filles
  • Le 21 (septembre 1693) mourut Me Neveu natif de la ville de La Ferté-Bernard. Il avait été longtemps receveur du grenier à sel de cette ville et depuis directeur des Gabelles.
  • Le 25 (septembre 1693) mourut monsieur Cupif avocat. Il a laissé deux garçons ; il avait épousé demoiselle Marie Dootel, laquelle est encore vivante, ma cousine germaine.
  • Dans le même temps, Mr de Valière, gentilhomme, épousa Melle Herbereau de la Chaize, fille de Mr Herereau de la Chaize eleu en l’élection de cette ville et cy-devant président au grenier à sel de cette ville, et de défunte demoiselle Pinard, ma cousine remuée de germain, petite nièce de feue ma mère.
  • Le 27 (septembre 1693) mourut Mr Corbin prêtre curé de St Maurice.
  • Le 28 (septembre 1693) mourut Mr Gillot prêtre, archiprêtre de Vernay Vernante et cy-devant curé de St Maurille de cette ville.
  • Le 12 octobre (1693) Mr Antoine Gasté avocat fut installé dans la charge de procureur du Roy de l’hôtel de ville, nouvellement crée hériditaire et cy-devant remplie par Mr Pierre Daburon aussy avocat.
  • Le 13 (octobre 1693) mourut mademoiselle Chotard, fille de défunts Mr Chotard intendant des affaires de monsieur le Prince de Condé à Châteaubriant, et de demoiselle Pallu de la ville de Tours.
  • Le 16 (octobre 1693) mourut le sieur Corbin marchand droguiste, ancien juge consul. Il avait épousé en premières noces la dame Liger dont il n’a point eu d’enfant et en secondes la dame Boguais duquel mariage il y a plusieurs enfants. Il était fort honnête homme.
  • Le 17 (octobre 1693) mourut Mr des Aunays Boylesve âgé de 78 ans. Il a laissé deux garçons de son premier mariage avec la dame Gandon, Mr Boylesve conseiller honoraire au parlement de Bretagne et Mr du Saulay Boylesve. Il avait épousé en secondes noces la dame Blet dont il n’a point eu d’enfant, laquelle était auparavant veuve du feu mr de la Marée Cupif.
  • Le 20 (octobre 1693) le sieur Trochon de Beaumont de la ville de Château-Gontier épousa la fille de feu Mr Bruneau avocat.
  • Le 25 (octobre 1693) il y eut des feux de joie pour la victoire remportée par l’armée du Roy commandée par Mr le maréchal de Catinat sur l’armée du duc de Savoye.
  • Le 27 (octobre 1693) Mr de la Ferrière Leclerc écuyer fils unique de défunts Mr de la Ferrière Leclerc écuyer et de la dame Dorvaux épousa la fille de défunts Mr d’Héliand d’Ampoigné écuyer et de la dame Lefebvre.
  • Le 2 novembre (1693) la femme du sieur Beguier greffier de l’hôtel de ville se noya au port de la Pointe, revenant de Montjean ; elle s’appelait Cherouvrier.
  • Le 8 (novembre 1693) il y eut des feux de joie pour la prise de la ville de Charleroy par l’armée du Roy commandée par Mr le maréchal de Luxembourg.
  • Le 12 (novembre 1693) mourut la femme de monsieur Hamelin conseiller de l’hôtel de ville et cy-devant substitut de Mr le procureur du Roy au présidial ; elle s’appelait …
  • Le 18 (novembre 1693) mourut le sieur Brondeau de la Gaulerie ; de son mariage avec la dame Minée du Brossé il a eu un fils marié avec Melle Gasté, une fille mariée avec le Sr Guynoiseau.
  • Le 7 décembre (1693) Mr de Quatre-Barbes de Fontenaille épousé la fille du sieur Galisson et de la demoiselle Leloyer.
  • Le 10 (décembre 1693) Mr Lezineau docteur fut élu conseiller de ville au lieu de feu monsieur Gourreau.
  • Le 11 (décembre 1693) mourut le sieur Lourdais marchand, subitement, dans la ville de Nantes.
  • Le 23 (décembre 1693) mourut la femme du feu sieur de la Haye. Elle s’appelait Granger ; elle a laissé trois filles et un garçon qui est religieux capucin.
  • Le 24 (décembre 1693) mourut la femme du feu sieur Ganches de la Fourerie bourgeois ; elle s’appelait Avril. Elle a laissé deux filles, l’aînée mariée avec Mr Bachelot, assesseur de l’hôtel de ville, et l’autre à Mr Amys du Ponceau.
  • Le même jour, mourut Mr Minguet, prêtre, curé de Vauchrétien.
  • Le 23 (décembre 1693) on nomma dans une assemblée générale tenue à l’hôtel de ville onze commissaires pour faire les rôles pour l’égale répartition de la somme de cent vingt cinq mil livres faisant moitié de deux cent cinquante mil livres données gratuitement au Roy pour être déchargés des taxes pour les francs fiefs, l’arrière-ban et les maisons, les autres cent vingt cinq mil livres se prenant sur les octrois suivant l’arrêt du Conseil du 1er de ce mois, savoir Mr de la Foucherie Raimbault, maire, pour chef, Mr Courault de Pretiat prêtre chanoine en l’église d’Angers pour le clergé, Mr de la Varanne du Tremblier conseiller au présidial pour Mrs du présidial, Mr Ganches pour Mrs de la Prévôté, Mr Le Tourneux président pour Mrs de l’élection, Mr Daburon pour l’Université et Mrs les avocats, Mr Charlot pour la noblesse, Mr Renou de la Feaulté pour Mrs les conseillers échevins perpétuels de l’hôtel de ville, Mr Dupas pour Mrs les assesseurs de l’hôtel de ville, Mr Bouteiller de la Pinardière pour les Bourgeois, et Mr Guillot pour les marchands. (Note de Marc Saché : Le franc fief était un droit dû par les roturiers acquéreurs d’un bien noble en compensation de l’abrègement ou diminution que subissait ainsi ce fief. Le produit de ce droit, levé tous les vingt ans sur le pied d’une année de revenus, faisait alors retour au roi. Bien qu’en vertu de la coutume Angers en fut exempt, on voit qu’elle fut dans l’obligation de racheter ce droit sous couleur de don gratuit. C’est par ces procédés sans cesse renouvelés que la royauté s’efforçait, tant bien que mal, de subvenir à ses dépenses.)
  • Le 27 (décembre 1693) mourut la femme de monsieur de Grée Poulain, conseiller au siège présidial de cette ville ; elle s’appelait Béritault de la Chenaye ; sa mère est une grosse fermière et riche ; elle est du pays de Chemillé.
  • Le même jour (27 décembre 1693) mourut monsieur Harangot, prêtre, fils de feu Mr Harangot receveur des décimes à Poitiers et de la feue Delle Pyron de la Luchère. Il était d’une grand piété et d’une grande droiture.
  • Le 29 (décembre 1693) Mr de Narcé Aveline, fils de défunts Mr de Narcé Aveline conseiller au siège présidial de cette ville et de la dame Guilbault épousa la fille du défunt sieur de la Marre Duport et de la Delle Grudé.
  • Le même jour (29 décembre 1693) mourut la femme de défunt Mr de Grée Poulain conseiller au siège présidial de cette ville, lequel avait épousé en premières noces la défunte dame Bernard, duquel mariage est issu le Sr de la Forestrie Poulain, et en secondes la dame Deniau auparavant veuve du feu sieur de la Marche Gandon, duquel mariage serait issu la femme de Mr Boucault de la Houssaie conseiller au présidial et de son second mariage avec Mr de Grée Poulain, Mr de Grée Poulain conseiller au présidial et une fille mariée avec le sieur Dumesnil d’Aucigné.
  • On a recueilli très peu de vin et de blé dans cette province.
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    Transfert de technologie à Laval : brasseur de bière, 1639

    Voici un transfert de technologie résoluement moderne. C’est exactement ainsi qu’on s’y prend encore à travers la planète en 2008. Certes, ce n’est plus la chandelle qui est fournie, mais un confort plus moderne. Ceci dit, cela signifie que la chandelle coûte et qu’il est nécessaire de préciser les points coûteux dans un contrat, ce qui est encore aujourd’hui précisé. Donc, pour mettre en route une fabrication nouvelle, on débauche pendant quelque temps un ingénieur (c’est le terme moderne) compétent venu d’ailleurs, on lui donne un salaire élevé voir très elévé, et durant cette période on apprend comment il travaille :

    L’acte qui suit est extrait des Archives départementales de la Mayenne, serie 3E – Attention, je passe en retranscription d’un document, dans son orthographe d’origine : Du 19 avril 1639 avant midy devant nous Jean Barais notaire de la cour de Laval et y demeurant ont esté présent et personnellement establys chacuns de Georges Bourgeau Sr de la Baste et François Cornillau Sr du Rocher, demeurant en ceste ville d’une part,
    et Jacques Thieboust Me brasseur ordinaire de bierre (bière) demeurant en la ville de St Malo, estant de présent en cette ville d’autre part, lequel pour l’effet des présentes a prorogé de juridiction devant nous renonçant à tous renvoys, (ils sont tous sieurs de quelque lieu, c’est à dire qu’on est ici dans le milieu aisé, de propriétaires de biens immobiliers, et qui ne se contentent pas de vivre du rapport de leurs terres mais exercent une autre activité pour arrondir encore les revenus)

    lesquels soubmettant confessent avoir fait entr’eulx ce qui ensuit, c’est à scavoir que ledit Thieboust a promis et s’est obligé servir lesdits de la Baste et du Rocher pendant le temps de quatre mois à travailler à la brasserie de bierre qu’ils désirent faire faire en cette ville que commanceront au premier jour de may prochain pendant lequel temps il travaillera à ladite brasserie continuellement et sans discontinuation

    et ce moyennant la somme de trente six livres par chacun mois, et, trois solz par chacune barique qui sera faicte, laquelle somme lesdits Sr de la Baste et Sr du Rocher luy ont promis et se sont obligez solidairement luy payer à la fain (sic, pour fin) de chacun desdits mois, et luy fourniront de lit et chandelles pour travailler, aura et prendra son usage de bierre et hommes pour luy ayder à travailler en icelle,

    et fourniront lesdits sieurs de toutes ustancilles et matières nécessaires qu’il convient à ladite brasserie, laquelle ils mettront en estat audit premier jour de may,

    ce qui a esté ainsy voulu accordé stipullé et consenty par lesdites partyes dont à leur requeste les avons jugés,

    fait et passé audit Laval ès présence de Me Pierre Gaultier notaire, et Bernard Saites sergent demeurant audit Laval. Signé de tous.

    De vous à moi, la bière à St Malo était utile à bord, pour changer un peu du vin, donc pas étonnant qu’on ait brassé à St Malo ! A Nantes, ma ville, on a beaucoup brassé, et j’ai trouvé un site de jolies étiquettes souvenir de ce temps.

    Mais revenons à ce contrat. Il y manque un point important. En effet, il y a 134 km de Saint-Malo à Laval, par Fougères et Mayenne, soit 3 bonnes journées de cheval. Il n’est pas fait mention des frais de voyage de Thiboust, et encore moins de la pension de son cheval pendant 4 mois, car un cheval cela mange même lorsque cela ne court pas… Donc Thiboust a pris une quelconque messagerie, et pris à ses frais le voyage. De nos jours, le voyage est aussi inclus dans le contrat.
    Ceci dit, le salaire est élevé, et même très élevé… et compense largement ce point

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    Enfant naturel : un joli terme, bien loin d’être infâmant

    le plus souvent utilisé lorsque l’enfant est issu de famille noble (ou tout comme), et a été doté, et suivi par le père

    Ce billet répond à la question suivante, qu’un ami m’a posée lundi dernier : Pouvez-vous me donner votre avis sur l’expression « fille naturelle de noble homme Pierre Auvray sieur des Monts » en 1623 sur l’acte de mariage de Charlotte Auvray : on notera que c’est le seul mariage filiatif sur la paroisse de Saint-André de Messei, et j’ai envie de l’interpréter plutôt comme fille naturelle « et légitime » et non pas comme fille illégitime.

    Voici l’acte que je vous retranscris ci-dessous :

    le 13e jour dudit mois (février 1624) Mathieu Hebert de la paroisse de Bellou et Charlotte fille naturelle de noble homme Pierre Auvrey sieur des Mons ont esté espouzés en cette paroisse. (Je vous fais remarquer au passage que l’acte n’est pas si filiatif que cela car il ne donne ni les parents du garçon, ni la mère de la fille. On peut y voir déjà à ce niveau un besoin de Mr le curé de mettre en avant le personnage de Pierre Auvrey, important par son rang.)

    Certes, enfant naturel est plus joli, plus noble, et beaucoup moins infamant qu’illégitime, bâtard, et j’ai traité ces deux derniers termes infamants dans un billet le 18 janvier dernier. Alors reste à comprendre pourquoi on le rencontre parfois, et je vais articuler ma réponse sur 4 points : les dictionnaires anciens, le rituel de l’église catholique, le droit coutumier de succession, et enfin les moeurs de l’époque. Puis, je terminerai par une explication claire du mariage ci-dessus.

    1-selon les dictionnaires anciens :

  • On appelle Enfans naturels, Les enfans qui ne sont pas nés en légitime mariage. (Dictionnaire de L’Académie française, 4th Edition, 1762). Tous les dictionnaires anciens disent rigoureusement la même chose. Donc, le terme naturel est rigoureusement synonyme d’illégitime. Et ne parle par du terme bâtard, à connotation péjorarive, mais synonyme lui aussi. Alors reste à comprendre pourquoi on utilise parfois le terme naturel. Voyons d’abord les 4 nuances reconnues par le droit coutumier et explicités ci-dessous par l’église lors du baptême.

  • 2-selon le rituel de l’église catholique, qui tient alors l’état civil :
  • (je recopie ici le seul rituel que je possède, à savoir celui de 1776 pour le diocès de Nantes, en latin. Un rituel est l’ouvrage qui indique aux prêtres les règles à suivre et des formules types pour leurs actes)

    Enregistrement du baptême d’un enfant illégitime : Il faut faire attention aux différents cas qui peuvent se rencontrer :
    où il y a une sentence du juge qui déclare le père, et cette sentence est présentée au curé par des personnes signes de foi, ou à lui signifiée par voie de justice
    où le père est lui-même présent au baptême et reconnaît l’enfant pour sien ; même étant absent, par un acte en bonne forme
    où la mère, conformément à l’ordonnance, a fait au greffe une déclaration en bonne forme, qui est représentée au curé
    où la mère n’a point fait de déclaration

  • 3-selon le droit coutumier de succession :
  • Le droit coutumier varie d’une province à l’autre, mais fondalement il exclut toujours les enfants nés hors mariage de la succession. Pour revenir au 4 cas mentionnés par le rituel ci-dessus, on a un comportement totalement différent du père, du plus ouvert et généreux au lache et incognito. Voici ces pères naturels, en commençant par le plus généreux :
    le père peut spontanément avoir reconnu (et même être fier d’être père comme nous allons vois ci-dessous) et doté l’enfant dès sa naissance, par un acte notarié. Cette pratique se rencontre dans les milieux nobles et aisés. J’ai relaté un cas, que j’avais trouvé en série 1B à Angers, concernant les Gault d’Armaillé. Le père, dès la naissance de l’enfant naturel, le dote de la jolie maison près du pont d’Armaillé, qui existe encore… Ainsi, puisque l’enfant ne sera pas admis au partage de la succession du père, il a dès sa naissance une belle part.
    le père est identifié, poursuivi en justice par la mère et condamné à payer une somme, généralement petite. Vous avez quelques exemples de paiement de paternité sur ma page consacrée à la Maternité
    le père est non identifié,
    non avoué par la mère, et l’enfant n’a rien.

  • 4-selon les moeurs de l’époque :
  • Autrefois, à la cour et dans la noblesse, et parfois par voie de mimétisme, chez certains notables, il était bon chic bon genre d’avoir une ou plusieurs maîtresses.
    Je viens de vous citer le cas Gault à Armaillé, mais laissez moi vous conter le plus célèbre cas que je connaisse en Anjou. Il date de 1598, et se trouve dans les archives notariales aux Archives Départementales, qui, vu l’importance historique du document, ont soigneusement laissé une copie dans la liasse et préservé l’original.
    Vous y êtes ! Nous sommes en 1598 à Angers. Que se passe-t-il donc ?
    En 1598, si vos souvenirs d’Histoire (avec un H majuscule) sont bons, Henri IV se rend à Nantes pour signer un édit célèbre.
    En route, il se plaît beaucoup à Angers, où le jeu de paume est à son goût. De vous à moi, s’il prend tellement de goût à tapper la balle (plus violente que notre tennis actuel), c’est qu’il a besoin de se défouler, comme tous les jeunes papas devant l’accouchement de madame !
    Madame n’est pas la reine, mais bien la favorite, la belle Gabrielle d’Estrées. La ville de Nantes prépare au couple une entrée royale, et elle y sera accueillie comme une reine. Je sais même, pour avoir participé à la retranscription des délibérations du corps de ville de Nantes de cette époque, que les Nantais vont lui faire des présents royaux, et parmi ces présents des canaris (cela ne s’invente pas, et je vous jure que c’est vrai).
    Donc, la reine n’est pas du voyage, mais la belle Gabrielle, que les Français traitent comme une reine. D’ailleurs, si j’ai bien compris, on l’appelait et on l’appelle encore la presque reine. Gabrielle est sur le point d’accoucher de leur premier enfant. César naît donc à Angers. Immédiatement le roi convoque au château d’Angers des notaires et dote royalement César, duc de Vendôme.
    C’est en cherchant un contrat de mariage de l’un de mes ancêtres, que j’ai eu autrefois le bonheur de voir qu’il voisinait avec la dotation d’un roi de France à l’un de ses enfants. Et, tout roi de France qu’il fut, il passait par notaires pour doter l’enfant, largement…

  • Conclusion :
  • Ce cas célèbre se passait à Angers en 1598, et la petite Charlotte naturelle qui fait l’objet de la question de ce jour, est une contemporaine de César, duc de Vendôme. Ce que le roi se permettait, bien d’autres se le permettaient, et en étaient fiers. Bien des enfants naturels ont été non seulement dotés par le père, mais elévés comme des légitimes, voir parfois avec les légitimes ou autre famille équivalente.
    Le fait que le curé donne le nom du père, dans un registre de mariages qui ne comporte pas de mentions de filiation atteste à mon sens, que ce père a élevé ou fait élever dans une autre famille équivalente, sa fille naturelle pour qu’elle reçoive la même éducation qu’une fille légitime, qu’il l’a dotée dès sa naissance, et que très probablement il a arrangé son mariage, avec un garçon acceptable. S’il existe des archives notariales vers 1600 pour cette paroisse, allez chercher la dotation de la fille, sinon en série B. D’ailleurs, son contrat de mariage, s’il peut être trouvé serait passionnant.
    Il serait également intéressant de savoir si ce père naturel avait aussi des enfants légitimes.

    Une prochaine fois, je vous conterai un autre cas insoupçonné d’enfant naturel, doté et bien élevé ! A demain si vous le voulez bien !

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    Dispense de consanguinité, Brain-sur-les-Marches (53), 1755, avec bulle de Rome entre Jacques Dutertre et Renée Girard

    (Archives Départementales du Maine-et-Loire, série G)

    Ils ont eu dû passer par Rome or nous avons vu dans un précédent billet que le seuil était de assez élevé et fixé à 2 000 livres, ce qui signifie qu’ils possèdent au moins cela. Le document de dispense fait 16 pages, dont la fulmination de la bulle de Rome, en latin… Je vous épargne le tout, et ne restitue que l’essentiel, que voici :

    Jacques Dutertre, duquel serment pris de dire vérité sur les faits par luy avenuz dans la bulle de dispense de mariage qu’il nous a représenté de laquelle luy a esté fait lecture … a dit se nommer Jacques Dutertre, âgé de 26 ans ou environ, laboureur, demeurant paroisse de Brain sur les Marches,
    à quel degré il est parent de Renée Girard impétrante : a dit qu’ils sont parents du 3 au 3e degré de consanguinité

    René Girard (souche commune)

  • René (écrit « René » mais manifestement une fille « Renée » mariée à un Dutertre) Girard – 1er degré – Mathurin Girard
  • Jean Dutertre – 2e degré – Pierre Girard
  • Jacques Dutertre impétrant – 3e degré – Renée Girard impétrante
    1. si à cause de la petitesse du lieu de la naissance de l’impétrante et de lui impétrant, l’impétrante ne peut trouver d’homme de condition pareille à la sienne avec qui elle puisse se marier :

    a répondu qu’à cause de la petitesse du lieu de la naissance de l’impétrante il a connaissance que l’impétrante ne peut trouver d’homme de condition égale à la sienne avec lequel elle puisse se marier

      s’il na esté fait aucune violence à ladite Girard pour la faire consentir à se marier avec lui :

    a dit que non s’il fait profession de la religion catholique apostolique et romaine : a dit que oui Signé J. Dutertre

    Renée Girard de laquelle serment pris de vérité sur les faits par elle avenus dans la bulle de dispense de mariage … a dit se nommer Renée Girard, fille, âgée de 22 ans ou environ, demeurant paroisse de Brain sur les Marches. (suivent les mêmes questions qu’au garçon)

    René Girard … a dit se nomme Pierre (sic, et René plus haut) âgé de 63 ans ou environ marchand demeurant paroisse de Brain sur les Marches – S’il connaît les impétrants : a dit qu’ils sont parents du trois au troisième degré de consanguinité … (suivent les mêmes questions). Il signe

    Jean Lenfantin … a dit se nommer Jean Lenfantin âgé de 35 ans ou environ laboureur demeurant paroisse de Drouges diocèse de Rennes … (mêmes réponses)

    Pierre Dutertre … a dit se nommer Pierre Dutertre âgé de 36 ans ou environ, laboureur, demeurant paroisse de Drouges diocèse de Rennes (mêmes réponses, nous sommes déjà au folio 10 de 16, courage… on va atteindre la fin…). Il signe

    Mathurin Dutertre âgé de 25 ans laboureur paroisse de Brain sur les Marches etc… Il signe

    (les 4 derniers folios sont soporifiques, c’est la ritournelle de dispense… d’autant que ces 16 pages sont d’une écriture patte de mouche, très pénible… )

    En conclusion : il y avait des laboureurs aisés (au moins un) à Brain sur les Marches, assez aisé pour devoir payer les frais de dispense en cour de Rome, et nous avons vu dans une précédente dispense que le seuil était fixé à 2 000 livres de biens. Je remarque aussi que tous signent… ce qui est assez notable dans une petite paroisse…

    P.S. Marie-Laure m’ayant envoyé le mariage, le voici :

    Le 27e jour de janvier 1756 après la publication du premier banc (sic) de mariage, la dispense des deux autres aiant été accordée par monseigneur levêque d’Angers en date du 8 de novembre 1755, signé Houdebine vicaire général, et plus bas par monseigneur Bournard avec paraphe, et vu la dispence de consanguinité accordée en cour de romme par la grace du saint siège expédié à la daterie les ides de septembre l’an de l’incarnation de notre seigneur 1755 scellé en plon (on a l’orthographe qu’on peut, mais vous reconnaîtrez que le sceau de plomb est sérieux), et avec las de Chauvré contrôlée et enregistrée à Paris selon les formes requises et nécessaires comme il est certifié par la fulmination de la ditte dispense, faite par monsieur Houdebine officiel en datte du même jour et an que la dispense des bans ci-dessus énoncée, signée par le roy avec paraphe son greffier, lesquelles deux dispenses et fulmination ont été duement insinuées au greffe des insinuations ecclesiastique le même jour et an que dessus signe Pellé avec paraphe, j’ai, prêtre vicaire de la paroisse de Seurdre en ce diocèse, donné du consentement du sieur prieur de Brain sur les Marches, la bénédiction nuptiale à h. h. garçon Jacques Dutertre âgé de 27 ans fils de feu h. h. Jean Dutertre et de h. femme Renée Girard ci présente et consentente, et à h. fille Renée Girard fille de h. h. Pierre Girard et d’h. femme Jeanne Faguer aussi présent et consentant, ont été présent Pierre Chevalier, Marie Renier et plusieurs autres parents amis soussignés. Signé : J. Dutertre, M. Dutertre, J. Dutertre vic. d’Armaillé, M. Girard prêtre vic. de Seurdre.

    C’est fabuleux tout ce qu’on y apprend encore :
    les demandes à Rome passaient par Paris
    à son retour de Rome, la dispense passe non seulement par Paris, mais par la signature du roi, et là je n’en reviens pas, je ne pensais sincèrement pas que le roi s’occupait d’aussi petites choses…
    la dispense de Rome voyage scellée sous plomb. Là encore je suis médusée, car je croyais que la cire était universelle…
    le prêtre qui officie est vicaire à Brains et proche parent, et un autre prêtre, proche parent est vicaire à Armaillé, donc la famille donne beaucoup de prêtres
    le marié, comme la mariée, ont droit au qualificatif h. h. et h. femme, c’est à dire honnête homme et honnête femme, généralement réservés aux paroissiens notables. On est donc bien dans un milieu relativement aisé, et en plein dans la fable de La Fontaine

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    Baudreur, baudreur de balline : un métier dans le matelas de filasse, mais n’est pas brodeur

    (baudre, filasse de racines de plantes) et la balle d’avoine, en Anjou. L’Anjou, comme les autres provinces de France, avait souvent un vocabulaire local. En particulier,

    la baudre désignait la filasse grossière fournie par la racine des plantes. Je tiens ce terme du Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l’Anjou, de Verrier et Onillon, 1908, qui a été repris par Lachiver dans son Dictionnaire du monde rural, Fayard, 1997.

    Je note au passage qu’on utilisait la racine des plantes pour faire de la filasse, mais j’ignore quelles plantes. Je suis venue à ce terme parce que j’ai aperçu un métier curieux, que j’ai tenté de comprendre. Voici donc d’abord deux actes dans lesquels figure ce métier :

    Voici le 1er acte : Le 17 janvier 1628 Dvt Jacques Jucqueau Nre royal de la court de St Laurents des Mortiers (Archives Départementales du Maine et Loire, série 5E) Dt à Miré, François Amiar marchand baudreur de balliene d’une part et Renée Moreau preneure d’autre part demeurant au bourg dudit Miré,
    lesquels ont fait ensemble le bail à titre de soubzferme convansions et obligasions qui en suive, savoir est que ledit Amiard a baillé audit tiltre pour le tens de toys ans continuels qui ont commansé au jour et feste de Toussaint dernière et à finir à parrail jour à ladite Moreau prenante et acceptante pour elle scavoir est
    ung apentis de maison dans lequel y a cheminée estant adjasent la maison que ledit Amiard tient à tiltre de ferme de Me Jean Davy, lequel apantis en dépans
    à la charge de ladite Moreau d’an poyer par chacun an audit Amiard la somme de 30 sols le premier poyement commansant à la Toussaint prochene et à continuer et a donné ledit Amiard à ladite Moreau coure di prandre pandant ledit tans des herbes dans ces jardins pour l’usaige de ladite Moreau seulement, et ou ledit bail seroit rompu ce présent n’aura lieu entres lesdites seules parties sans aulcun dommayges ne interestz. Signé Amiard. ( »Nous avons vu la balline le mois dernier »).

    Voici le 2e acte : Le 17 janvier 1628 Dvt Jacques Jucqueau Nre royal de la court de St Laurents des Mortiers (Archives Départementales du Maine et Loire, série 5E) Dt à Miré, Renée Moreau assistée de François Amiar marchand baudereur son procquereur et amy à ce présant demeurant audit Miré, laquelle a recogneu avoir esté logé cy-davant par l’espace de trois ans en la maison des enfans de Jean Titau au bourc dudit miré et qu’elle a esté traitée chauffée logée saine et mallade et assistée par ledit Jean Tiraut lors qu’elle estoit mallade, pour lequel traitement et logement et antretien ladite Moreau a desduit et rabattu audit Jean Tiraut et sesdits enfants la somme de 64 livres qui luy restent à payer sur une obligation en forme de transaction receu devant Me Jean Davy notaire montant 100 livres

    François Amiard signe fort bien, et je le mettrai par habitude de ce type de signature au niveau de certains marchands de fil. Le premier acte est très intéressant car il est précisé « baudreur de balliene ». Or, la balline n’est autre que le matelas rempli de balle, enfin, là encore, le terme est purement angevin. Donc manifestement notre marchand est bien dans la filasse et ses produits dérivés, il n’y a aucun doute à avoir. Bien entendu le métier de « baudreur » ne figure nulle part, mais manifestement dans ce petit coin d’Anjou, on a été jusqu’à coller à la baudre son métier. Or, ce coin d’Anjou, c’est à dire l’E.N.E., est celui où j’avais trouvé un brodeur mettant son fils en apprentissage chez un tailleur d’habits. J’ai donc relu ce contrat d’apprentissage, que voici :

    et cette fois, je suis prise d’un doute, et j’ai l’impression qu’il pourrait s’agir ici d’une forme orthographique du baudreur ? Ainsi, je m’expliquerai mieux ce père baudreur mettant son fils en apprentissage chez un tailleur d’habits, car un tailleur d’habits rural ne fait rien à la mode. La mode se fait à Paris, puis descend dans les grandes villes de province, et je peux vous affirmer que les dames fortunés susceptibles de s’habiller de robes brodées, visaient très précisément la mode de Paris, au pire d’Angers ou Nantes. D’Anjou elles allaient à Angers passer leur commandes pour s’habiller, pas à la campagne, et même j’ai trouvé un acte par lequel une angevine demandait qu’on lui ramène une robe de Paris. Donc le brodeur de campagne est impossible…
    D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps que cela la mode était encore Paris, elle arrivait quelques mois plus tard à Nantes, mais dans la campagne ce n’était pas terrible dans les boutiques, et cela a beaucoup évolué depuis peu… Ma génération aura vu cette révolution dans la mode…

    Et au passage, le second acte est fort intéressant, car cette femme a été hébergée pour 64 livres pendant un an, mais ne peut sans doute continuer de tels frais, alors elle a trouvé à louer un appentis à François Amyard qui lui coutera moins cher…

    Autre remarque, amusante. Si vous tappez « balle d’avoine » en mettant bien ainsi les crochets, dans n’importe quel moteur de recherche sur le Web, vous allez voir apparaître des sites qui préconisent pour la santé le matelas de balle d’avoine. Ils sont surtout Canadiens, preuve qu’eux au moins n’ont pas oublié les bonnes pratiques de nos ancêtres, car il paraît qu’on y dort mieux… Donc me voici rassurée, nos ancêtres ne dormaient pas dans l’inconfort…

    Voyez aussi le contrat d’apprentissage d’un fils de baudreur comme tailleur d’habits

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1693 : janvier, février, mars, avril, mai, juin

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 4 janvier (1693) mourut madame Milon ; elle avait épousé en premières noces le sieur Marest de la ville de Laval qui a exercé en cette ville le greffe en chef du siège présidial pendant quelques années, et en secondes noces le feu sieur Milon de la ville de Tours ; il n’y a point d’enfant de l’un et l’autre mariage. Elle s’appelait Joulain ; elle fut enterrée le lendemain dans l’église des pères Minimes.
  • Le 7 (janvier 1693) le prince de Danemarck partit de cette ville pour Paris.
  • Le 8 (janvier 1693) monsieur Michel Lepelletier docteur en Sorbonne, abbé de Joy et évêque d’Angers, arriva en cette ville. Toutes les cloches sonnèrent pendant une demie heure. (Note de Marc Saché : Michel Lepelletier, fils aîné du ministe d’Etat, fut nommé par le roi à l’évêché d’Angers le 15 août 1692. Il mourut à Paris, le 9 août 1703, et fut inhumé, contre son voeu, en l’église Saint-Gervais)
  • Le 8 (janvier 1693) mourut la femme du feu sieur Mauricau huissier. Sa fortune grossit beaucoup sur sa fin par le moyen d’une succession ; sa fille a épousé le feu sieur Lépagneul de la Plante. Elle a un fils à Paris qu’on dit marié, qui s’avance dans la fortune.
  • Le 10 (janvier 1693) monsieur Lepelletier évêque d’Angers fit son entrée dans l’église cathédrale ; tout le clergé, les religieux, le corps de ville, le lieutenant du Roy, le présidial, la prévôté, l’élection, les avocats et les notaires, la théologie et la médecine l’accompagnèrent dans cette cérémonie ; Le doyen de St Lo le harangua au nom du clergé. La procession fut depuis l’évêché par la place Neuve, la place de Sainte Croix, par la vieille Chartre, jusques à l’église. Le corps des marchands se présenta pour marcher devant les notaires qui les troublèrent, comme ils l’avaient fait lors de l’enterrement de feu monsieur Arnaud évêque d’Angers, pour raison de quoy il y a instance au Parlement.
  • Le 9 (janvier 1693) Mr Joseph Doublard avocat, fils du feu sieur Doublard marchand droguiste et de la feue dame Delorme, épousa la fille du sieur de la Plante Mauvif marchand de draps de laine et de la dame Esnault.
  • Le 12 (janvier 1693) mourut le sieur Garsenlan de la Perrière cy-devant marchand de blé. On dit qu’il gagna cent cinquante mil livres dans le commerce du blé dans les années 1651 et 1660, temps d’une grande disette des bleds. Il a laissé 4 enfants ; l’aîné conseiller au présidial a épousa la fille du sieur du Planty Frein cy-devant assesseur en l’élection et de la dame Boisard ; le cadet auditeur des comptes en Bretagne a épousé la fille de feu Mr de la Perrière Foussier conseiller au présidial ; une fille a épousé Mr Aubin de Chevaigné cy-devant Me des eaux et forêts et l’autre Mr de la Simonnière Herreau conseiller au présidial.
  • Le même jour, monsieur de Fontenay Thomas, conseiller au présidial, épousa Melle de Boumois Berthelot.
  • Le 13 (janvier 1693) mourut mademoiselle Chotard ; elle a laissé plusieurs enfants avancés en âge, non mariés. Elle s’appelait Pallu. Son mari est mort receveur de monsieur le prince de Condé dans la ville de Châteaubriant ; son fils aîné marié fait encore les mêmes fonctions.
  • Le 18 (janvier 1693) mourut le sieur de Perdoux, directeur des Aydes des cette ville. Il était fils d’un médecin de la ville d’Orléans. Il fut enterré le lendemain dans l’église des pères Minimes.
  • Le 26 (janvier 1693) monsieur de l’Epinay Lemarié, sénéchal de la ville de Beaufort, fils de feu Mr Lemarié cy-devant conseiller au siège présidial de cette ville et sénéchal de Beaufort, et de la feue dame … épousa la fille de feu Mr de Fontenay Thomas aussy conseiller audit siège et de la feue dame …
  • Le 27 (janvier 1693) Mr Dupont avocat au siège présidial de cette ville, fils de Mr Dupont aussy avocat et de la Delle Jamet, épousa la fille du feu sieur de l’Aubriaye Jamet bourgeois et de la Delle Brouillet sa cousine germaine, en conséquence de dispenses de Rome.
  • Le même jour (27 janvier 1693) monsieur Thomas de la Rousselière fils de feu monsieur Thomas de la Rousselière et de la feue dame Jousselin, se fit installer en la charge de conseiller au siège présidial de cette ville cy-devant possédée par Mr Grandet son oncle, et le même jour il épousa la fille du feu Sr Avril de la Chaussée vivant marchand et de la Delle Lemanceau.
  • Le 30 (janvier 1693) Mr Blanchet de la Martinière avocat fils de Mr Blanchet aussy avocat, se fit installer dans la charge de conseiller vérificateur des défauts au siège de la prévôté de cette ville.
  • Le 29 (janvier 1693) le sieur Dupont bourgeois veuf de la demoiselle Trochon de Richebourg, duquel mariage il y a une fille, épousa la fille du feu sieur Bouchard et de la feue dame Malbranche.
  • Le 3 février (1693) Mr Lebloy du Portail docteur régent ès-loix, veuf de la demoiselle Gontard, duquel mariage il y a une fille, épousa la fille du feu sieur de Cingé Denais et de la Delle Harangot.
  • Le 5 (février 1693) mourut Me Jouslain marchand de draps de laine.
  • Le même jour (5 février 1693) mourut le sieur Bourceau de la Daumerie bourgeois ; il était mal fait de sa personne, bossu devant et derrière.
  • Le 10 (février 1693) mourut la veuve du feu Sr Vallée, marchand libraire en cette ville. Cette femme était très habile dans son commerce ; elle a été regrettée de tous ceux qui la connaissaient. Elle a laissé plusieurs enfants ; un garçon aussi marchand libraire a épousé la fille de la veuve Durocher revenderesse, une fille a épousé le sieur Touchais marchand de soie en cette ville. (Note de Marc Saché : François Vallée, libraire à l’enseigne de la « Bible d’or », rue Chaussée-Saint-Pierre, avait en effet épousé en secondes noces Renée Marchand, celle que mentionne Toisonnier. Le second de leurs enfants épousa, en 1690, Françoise Durocher ; il succéda, en 1700, à son père, bien qu’il eût obtenu des lettres de maîtrise du recteur de l’Université en mars 1691. Il décéda le 25 septembre 1720)
  • Le 22 (février 1693) mourut la femme du sieur Travaillé de Mongodin ; elle s’appelait Herbereau des Chemineaux.
  • Le 2 mars (1693) Mr Beguyer plaida sa première cause.
  • Le 10 (mars 1693) mourut monsieur Jean Gouin avocat fils de feu Me Jean Gouin aussy avocat ; étant dans la rue St Lo de cette ville sur les neuf heures du soir dans la maison où se vend le caffé, il eut différend avec le sieur Destriché surnommé Le Bezier qui lui jeta une porcelaine à la teste, dont il mourut quinze jours après.
  • Le même jour mourut Mr Donon. Il avait épousé Melle Brault de Beaupreau, dont il n’y a point eu d’enfant.
  • Le 15 (mars 1693) mourut madame Gandon veuve du Sr Gandon marchand droguiste en cette ville. Elle s’appelait Théard. Elle a laissé un fils prêtre, une fille mariée avec le Sr Mabit et une autre fille.
  • Le 16 (mars 1693) mourut subitement la veuve du feu Sr Pelletier de la Gallicheraie ; elle s’appelait Benoist, elle a laissé plusieurs enfants.
  • Le 20 (mars 1693) mourut à Paris monsieur Héard de Boissimon, conseiller honoraire au siège présidial de cette ville. Il avait été procureur du Roy en l’élection de cette ville et directeur général des Gabelles.
  • On a levé cette année sur la ville la somme de trente et cinq mil cinq cent livres pour les ustanciles.
  • Le 30 (mars 1693) le fils de Mr de Volainne Gilles trésorier à Tours et de la dame Jouet épousa Melle de la Sablonnière Chotard veuve du feu Sr Duplessis Berthelot, duquel mariage il y a une fille.
  • Le 31 (mars 1693) la fille de défunts Mr de Gastine Poisson et de la dame Lefebvre de Chamboureau épouse Mr du Ronceray Bernard conseiller chevalier d’honneur au siège présidial de cette ville, fils de feu Mr Bernard président en l’élection et de la feue dame Boutiller.
  • Le même jour (31 mars 1693) Mr Leclerc, fils de monsieur Leclerc, assesseur au siège présidial de cette ville se fit installer dans ladite charge d’assesseur, et Mr son père resta assesseur honoraire en conséquence d’arrest du conseil privé.
  • Le 12 avril (1693) mourut Mr Paulmier avocat ; il était lors syndic des avocats. Il fut enterré le lendemain dans l’église des Cordeliers ; il avait épousé en premières noces la fille du feu Sr Jousse dont il n’y a point d’enfant, et en secondes Melle Ménard dont il n’y a qu’une fille qui était auparavant veuve du feu Sr … duquel mariage il n’y avait point eu d’enfant.
  • Le 13 (avril 1693) Mr Boylesve de Goismard conseiller au siège présidial veuf de Melle Gaultier de Chanzé dont il y a un enfant, épousa la fille de Mr de Méguyon et de la feue dame Jousselin.
  • Le 16 (avril 1693) mourut la femme du Sr de la Durbellière Avril, bourgeois ; elle s’appelait Provôt.
  • Le 20 (avril 1693) monsieur Reimbault de la Foucherie cy-devant banquier à Rome, se fit installer dans la charge de maire perpétuel de cette ville.
  • Le même jour (20 avril 1693) le fils de monsieur de Crespy de la Mabillière, procureur du Roy au siège présidial de cette ville et de la dame Chauvel de la Boulaye épousa Melle de Cherité de Voisin.
  • Le 21 (avril 1693) Messieus Dupas avocat au siège présidial de cette ville, Bachelot, Nicolon Sr de Chanzé, Margueriteau Sr de la Morinière et Avril sieur de la Durbelière bourgeois, se firent installer dans les charges d’assesseurs de l’hôtel de cette ville.
  • Le 22 avril (1693) Mr le chevalier Grimaudet fils de Mr Grimaudet et de la défunte dame Boylesve, épousa la fille du feu Sr Touzé de Chamront conseiller à Baugé et de la Delle Cordon.
  • Le même jour (22 avril 1693) le fils de Mr Lechat conseiller en Bretagne et de la dame de la Bigottière de Perchambault épousa la fille de Mr de Genouillac cy-devant conseiller en la grand chambre à Paris, et de la dame Boylesve de la Mauricière.
  • Le 23 (avril 1693) mourut Mr Thibaudeau prêtre chapelain en l’église de St Michel du Tertre âgé de 30 ans 4 mois. Il avait beaucoup de douceur et de piété.
  • Le 24 (avril 1693) mourut la femme de Mr du Tremblier de la Varanne ; elle s’appelait Louise Aveline de Narcé, mariée depuis un an ; elle n’a point laissé d’enfant.
  • Le 1er mai (1693) messieurs Daburon avocat, et Bachelot bourgeois, furent nommés échevins.
  • Le 5 (mai 1693) le Sr Poulard de la Fauvrie bourgeois fut installé dans la charge d’assesseur de l’hôtel de ville.
  • Le 16 (mai 1693) Mr Cochon fils de Mr Cochon avocat, plaida sa première cause.
  • Le 23 (mai 1693) le sieur Maunoir de la Maldemeure fut installé dans la charge d’assesseur de l’hôtel de cette ville.
  • Le même jour (23 mai 1693) mourut monsieur de Grée Poulain conseiller honoraire au siège présidial de cette ville. Il avait épousé en premières noces la demoiselle Bernard dont est issu le Sr Poulain de la Forestrie bourgeois, et en secondes noces la veuve du Sr de la Marche dont sont issus Mr de Grée Poulain conseiller au présidial mari de la dame Béritault des Chenais, un autre mari de la Delle Nicolon de Chanzé, une fille qui a épousé Mr Dumesnil d’Acigné.
  • Le 25 (mai 1693) soixante dix gentilshommes de cette province convoqués pour l’arrière-ban, partirent de cette ville pour se rendre dans la ville de Fougères province de Bretagne, commandés par Mr de Senonnes.
  • Le 6 juin (1693) monsieur Lanier correcteur de l’église de la Trinité de cette ville et cy-devant officiel de l’officialité de cette ville, fut installé dans la charge de conseiller clerc au siège présidial cy-devant possédée par Mr Héard de Boissimon.
  • Le 24 (juin 1693) mademoiselle Dupont fille de monsieur Dupont de la Morinière conseiller au présidial de cette ville et de la défunte dame … épousa monsieur de Lasse conseiller au Parlement de Bretagne.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
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