Il a existé 2 Vincent Lasnier dans les années 1550 à Angers : analyse des preuves

Gontard Delaunay dans son ouvrage « les avocats d’Angers », que j’ai d’ailleurs moi-même indexé et mis sur mon site, soit 1 494 avocat de 1250 à 1789, donne :

Vincent Lasnier : Avocat à Angers dans les années 1570 « fut assassiné par un certain Jacques de Chartes, en 1574, dans la rue Saint-Aubin ; il était fils de Guy Lasnier et de Ysabeau Colin »

On peut supposer ce fait certain mais la parenté est par contre erronnée, voici pourquoi :

Le fils prénomé VINCENT de Jean Lasnier et Isabeau Colin est baptisé à Angers st Julien le 20 juillet 1560

« fut baptisé Vincent Lasnier fils de noble homme Guy Lasnier et Helizabeth son espouse parrains nobles hommes François Romier docteur en médedint et sieur de la Mothe, René Genaud sieur de l’Orchière [époux de Charlotte Lasnier sœur du baptisé] marraine honnorable femme Renée Colin dame de la Bataillère »

Vous serez d’accord avec moi qu’on ne peut pas admettre que né en 1560 il est avocat et assassiné en 1574 !!!

Bernard Mayaud donne d’ailleurs Vincent Lasnier, fils de Guy et Isabeau Colin, décédé avant le 3 septembre 1566, sans doute parce qu’un acte de cette date ne le donne plus parmi les enfants héritiers de Guy Lasnier et Isabeau Colin.
Malheureusement il a attribué le texte de Gontard Delaunay à ce Vincent Lasnier né en 1560 !!!!

Il convient d’oublier qu’il s’agit du même personnage.

Et voici l’explication, à savoir l’existence d’un autre Vincent Lasnier manifestement bien plus âgé, et il est pparrain d’Ysabeau Lasnier, qui a le rang 13 de ce couple très prolifique :

13-Ysabeau LASNIER °Angers St Julien 2 novembre 1555 « fut baptisée Ysabeau fille de hhonorable homme Me Guy Lasnier licencié ès droits seigneur de l’Effretière et Ysabeau Collin sa femme parrain Me Vincent Lasnier marraine Renée Collin femme de honorable homme René Furet et Charlotte Lasnier fille dudit seigneur »

Ce Vincent Lasnier était inconnu à ce jour des généalogies existantes, et on peut le supposer proche parent probablement un oncle ou un cousin de la baptisée.

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Analyse critique du décès d’Anne Plumejeau : La Pommeraye 1678

On trouve sur Internet une floppée de généalogies, sans doute plus ou moins copiées les unes sur les autres, et donnant à Anne Plumejeau de nombreux fils.

Pourtant son décès est clair et d’ailleurs à cette époque du moins, le registre de La Pommeraye, s’il ne remonte pas haut, a le mérite de contenir des actes fort précis quant aux liens. Les prêtres n’étaient pas avares d’oncle, tante, cousin etc… ce qui n’est pas toujours le cas dans les registres paroissiaux.

Je souhaite donc ici faire preuve du minimum d’autodéfense intellectuelle, du nom de l’ouvrage que je lis actuellement de Sophie Mazet Manuel d’autodéfense intellectuelle. En fait Sophie Mazet utilise un terme à elle pour rappeler à ses élèves de terminal ce qu’est l’analyse critique indispensable dans la vie. Il semble en effet qu’elle trouve que ses élèves en manquent beaucoup.

Il n’y a pas que ses élèves, et en généalogie, il n’est pas rare de rencontrer des recoupements de n’importe quoi au lieu de l’analyse critique.

Avec un minimum d’analyse critique, on ne peut plus faire dire à un acte ce qu’il ne peut pas dire.

Pour mémoire, il existe un mariage Moreau filiatif remontant à Jacques Moreau et Anne Plumejeau, et des tas d’actes comme baptêmes ou sépultures, donnant des Moreau « frères ».
Ceci ne donne en aucun cas le droit d’attribuer tous ses « frères » à une mère Anne Plumejeau, car un homme peut toujours avoir eu plusieurs lits, et ce n’était pas rare autrefois compte-tenu du décès en couches des femmes de cette époque.

Donc, voici l’acte de décès d’Anne Plumejeau, qui sera suivi d’une analyse critique détaillée (cliquez le pour l’agrandir, car il sera alors immense) :

Le registre est très encré mais lisible.

« Le 20 mars 1678 fut enterrée au petit cimetière Anne Plumejau décédée du jour d’hier femme de Jacques Moreau métaier demeurant au Haut Plessis laquelle étoit âgée de 68 ans, ont esté présents à sa sépulture Louis Moreau métaier audit Haut Plessis son fils, Louis et René les Moreaux laboureurs, enfans dudit Jacques Moreau, lesquels ont dit ne savoir signer »

Voici ce qu’il dit :

    Elle a environ 68 ans
    Elle a au moins un fils Louis Moreau métayer au Haut Plessis
    Elle a au moins 2 beaux-fils, issus d’un précédent lit de son feu mari, car ils ne sont pas dits ses fils, seulement les fils de Jacques Moreau son mari
    Donc, Jacques Moreau, son mari, a eu au moins 2 fils d’un (ou plusieurs) précédents lits.
    Jacques Moreau a bien eu 2 fils prénommés Louis, issus de 2 femmes différentes

Partant :
Une généalogie MOREAU doit donner à Jacques Moreau au moins un premier lit.
Et dans ce lit on met, avec une note très claire, que l’on connaît Jacques Moreau comme père, mais qu’on ne sait le nom de la mère, ni combien il a eu de lits.
Puis on met Anne Plumejeau en dernière épouse, avec au moins le fils Louis mentionné en 1678 à sa sépulture.

ATTENTION, DEMAIN JE VOUS FAIS L »ALANYSE CRITIQUE DE LA PREMIERE GENERATION DES CUPIF

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Mathurin Bruslé, record de longévité : Le Lion-d’Angers 1647

Il y a quelques années, je vous ai mis sur ce blog le billet suivant :

L’anniversaire de la naissance d’un individu est une fête récente : autrefois il était donc difficile de connaître son âge et celui de ses proches.

Allez le voir, il est indispensable à tout généalogiste de savoir pourquoi personne ne connaissait exactement son âge.

Et le hasard veut que non seulement Charles Bruslé soit décédé prétenduement âgé de 100 ans, mais je viens de trouver bien pire au Lion-d’Angers :

Cliquez sur la vue pour l’agrandir, et bien entendu il s’agit de la sépulture Bruslé, et j’ai laissé la précédente car c’est elle qui donne la date.

Le Lion-d’Angers « le 27 septembre 1647 fut inhumé et ensépulturé au cymetière de céans le corps de Mathurin Bruslé âgé de près de six vingt ans »

Vous avez bien lu ! Il est écrit qu’il est décédé à près de 120 ans !!!

Or, le patronyme Bruslé est assez rare au Lion-d’Angers, et justement le Charles Bruslé que je recherche quitte Le Lion pour 8 ans environ puis finira à La Chapelle-sur-Oudon prétenduement centenaire.
Alors, on peut, tout à fait par pure imagination, imaginer que Mathurin était le père de Charles, lequel Charles attendit longtempt en prenant soin de lui qu’il meurre, puis il put quitter Le Lion pour une destination qui m’est encore inconnue pendant 8 ans.
Et dans cette hypothèse on peut même conclure que la longévité est héréditaire.

Enfin, relisez mon billet

L’anniversaire de la naissance d’un individu est une fête récente : autrefois il était donc difficile de connaître son âge et celui de ses proches.

et vous comprendrez que ces Bruslé ont certainement vécu un peu plus longtemps que la moyenne, et assez décrépits, et que nous pouvons sans doute estimer que Mathurin aurait vécu 80 à 90 ans au lieu des 120 ans qui sont écrits, et que Charles aurait vécu 85 ans au lieu des 100 qui sont écrits.

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Je lis RENATUM FILIUM et en marge RENATUS : Grez Neuville 1612

renatum filium est l’accusatif de renatus filius

je sais les marges sont le plus souvent source d’erreurs, mais ici l’écriture a bien l’air identique à celle de l’acte et écrite par le même prêtre le même jour.
Je pense lire que c’est René et non Renée et je viens donc demander à tous de relire cet acte pour les conclusions à faire :
Cliquez l’acte car toutes mes vues sont cliquables pour les agrandir et celui-ci peut s’agrandir beaucoup.

et voici de que donne la fratrie (avec ma méthode entre guillemets qui est retranscription par mes soins de l’acte, enfin la partie intéressantes) :

  • François LEBRETON x /1612 Marie GOUPIL
    1-René LEBRETON °Grez-Neuville 31 mars 1612 « en latin – baptisé René fils de François Lebreton et Marie Goupeil sa femme légitime fut parrain Me René Feillet et marraine Renée Bertelot »
    2-Mathurin LEBRETON °Grez-Neuville 1er juin 1615 « baptisé Mathurin fils de François Lebreton mestayer de Retort et de Marie Gouppil sa femme parrain Symon Gouppil fils de deffunt Mathurin Gouppil, marraine Mathurine Gouppil fille de Jacques Gouppil »
    3-Perrine LEBRETON °Grez-Neuville 11 novembre 1619 « baptizée Perrine fille de François Lebreton et de Marie Gouppil Jehan Gouppil fut parrain et Perrine Esnault marraine »
  • J’ai par ailleurs sur mon site des pages sur ceux qui sont partis au Québec, dont René Goupil, dont je n’ai que la généalogie suivante :

  • Hippolyte GOUPIL
    1-Claude GOUPIL °StMartin du Bois 29.5.1607
    2-René GOUPIL °StMartin du Bois 15.5.1608
    3-Hippolyte GOUPIL °StMartin du Bois 4.6.1611
  • Merci d’avance de vos réflexions.

    PS : je refais ce WE tout Grez-Neuville

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    Généalogie RONCERAY de Vitré

    A la demande de l’un d’entre vous, je viens de revoir ma première génération de RONCERAY.

    En effet, des bases de données généalogiques, ne se privent pas pour donner des généalogies sans aucun fondement. L’un des prétendus généalogistes qui y sévissent nombreux indique même sa méthode :

    « je n’ai aucune certitude, seulement des rapprochements entre des noms de lieux, des prénoms, des dates »

    Il a ainsi traité les RONCERAY

    J’avais il y a 20 ans publié sur mon site de nombreuses pages sur la généafolie

    J’étais loin de penser qu’Internet allait multiplier ce phénomène, car manifestement un nombre très élevé de ces prétendus généalogistes se contentent de copier n’importe quoi sans aucun travail de leur part, pire sans aucune méthode critique.

    Donc, pour en revenir aux RONCERAY de Vitré, mon interlocuteur me signalait seulement qu’il se pourrait que…
    et ma réponse est négative et critique.

    En effet lorsqu’on prétend remonter avant les baptêmes de 1561, on doit impérativement donner des sources faisant preuves, telles que actes notariés (successions, contrats de mariage etc… voire chartriers parlants). Alors j’attends qu’on m’indique où sont ses preuves et je demande impérativement à les lire moi-même, si toutefois elles existent !!!

    Par contre, merci de m’avoir posée la question car en relisant tranquilement les baptêmes en ligne, grâce à la numérisation de l’Ille et Vilaine, qui a été le fait d’associations et de bénévoles, que je salue ici bien amicalement, j’ai pu trouver un baptême qui donne non seulement enfin le métier mais aussi la signature. Donc mon ancêtre Mathurin Ronceray est avocat à Vitré.

    Et parce que je fait à fonds tout travail, j’ai aussi dépouillé encore les baptêmes de Châteaubriant, et je les ai mis sur mon document.

    Merci encore à mon correspondant d’avoir posé la question.
    Bon dimanche à tous
    Odile

    Patronymes : épices et condiments

    Outre le plus répandu, le cornichon, on trouve aussi la moutarde, et en voici un inattendu :

  • Grez-Neuville « le 9 (mars 1605) fut baptisée Perrine fille de René Goussedail et Françoise Goyet sa femme présentée par Pierre Goyet et Jeanne Richard femme de Jean Tremblay – Signé Buffé »
  • mais vous en avez sans doute rencontré d’autres et cela nous fera du bien pour la cuisine d’été riche en salades à base de tomates etc…