Adrien GUILLOUARD l’inventeur de la lampe-tempête en 1914 – cofondateur de la Société A. et L. Guillouard

 Je suis une petite nièce d’Adrien et de Louis Guillouard. Ils ont tous deux marqué ma vie. Adrien, qui n’avait pas eu la chance d’avoir d’enfants, aimait recevoir chaque année fin janvier les voeux de toute ma famille de 6 enfants. Et là, nous les 6 enfants, nous avions droit à un merveilleux goûter dans le grand salon, assis avec les adultes, admirant la petite poupée dansante qui sortait d’une petite boîte, écoutant Adrien jouer du piano à queue, alors que le piano jouait tout seul, puis Adrien nous faisait voir dans sa maison des découvertes récentes, c’est ainsi que je vis la première télé etc… et il adorait montrer tout cela, se projetant avec ces nouveautés toujours vers le futur. Puis nous avions même droit, toujours près des adultes, à un merveilleux tour du parc, bourré de camélias plongeant sur l’Erdre.  C’était journée émerveillement !

4ème fils des quincaillers de la rue St Jacques à Nantes

Adrien Guillouard naît à Nantes le 16 avril 1884 avec le prénom Victor Adrien Gaston en présence d »Edouard Halbert, marchand de grains, âgé de 34 ans, demeurant route de Clisson. Victor en mémoire de son oncle Victor Grelet prêtre et unique famille de sa mère. Autrefois lors des naissances, il n’était pas rare qu’on honore certains proches. Quant à Edouard Halbert, manifestement le parrain, il est mon arrière grand père, et loin de se douter qu’en 1937 son petit fils Georges Halbert épousera la nièce de ce nouveau né !!!
Vous avez l’histoire de la quincaillerie Guillouard sur mon blog – La généalogie des GUILLOUARD depuis La Sauvagère (en Normandie) à Nantes –  toutes les familles que j’ai étudiées – celle des Grelet depuis la Vendée en guerre. Et voici sa génération :
François-Louis GUILLOUARD °Nantes 20 juin 1849 †idem 11 mars 1920 Fils de François GUILLOUARD et de Jeanne MORILLE. x Nantes 6 septembre 1871 Victorine GRELET °Nantes 30 novembre 1850 †Nantes 28 septembre 1924 Fille de Jean-Mathurin Grelet et de Jeanne-Victoire Maillard
1-Françis GUILLOUARD °ca 1872 †Nantes 11.6.1879 SP
2-Victorine GUILLOUARD °ca 1874 †Nantes 2.1.1881 SP
3-Edouard GUILLOUARD °Nantes 1er février 1877 †Nantes 20 septembre 1946 Quincailler en gros rue Saint-Jacques à l’angle de la rue du Frère Louis. Il acheta la maison du 82 rue St Jacques x Nantes 6.5.1908 Aimée AUDINEAU °Nantes 6.5.1886 †Nantes 4 octobre 1973 Dont postérité
4-Louis GUILLOUARD °Nantes 11.5.1880 †Nantes 2.10.1964 Fonda avec Adrien la maison ALG pendant la première guerre mondiale x Nantes 28 juin 1905 Edith MOUILLERAS °ca 1885 †Nantes 30.12.1960 Dont postérité
5-Charles GUILLOUARD °Nantes 19.11.1882 x Alice BRELET Dont postérité
6-Victor-Adrien GUILLOUARD °Nantes 16 avril 1884 †Nantes 29 avril 1963 inventeur de la lampe-tempête en 1914 x Nantes 27 janvier 1913 Gabrielle Adrienne BRELET °Nantes 4 février 1891 †Nantes 20 mars 1972 cousine d’Alice SP
7-Joseph GUILLOUARD °Nantes 10.06.1887 †au Champ d’Honneur Bitry/Aisne 18.9.1914 x N? BEAUTAMY † de chagrin 1914 SP

enfant, opéré de l’appendicite sans anesthésie

Ses parents avaient perdu 2 enfants en bas âge, et la crise d’appendicite fut si aigüe qu’on n’eut pas le temps de franchir les 500 m qui les séparent de l’hôpital Saint Jacques. Adrien fût opéré sur la table de la cuisine, dans l’appartement situé sur la quincaillerie et sans anesthésie. C’était le début des années 1890 et l’anesthésie ne débutera qu’en 1932.
Cette opération a laissé une marque profonde dans la mémoire de la famille. Ma maman, Thérèse Guillouard, sa nièce née en 1914, bien après cette opération, nous la racontait et elle précisait bien que cela s’était passé sur la table de la cuisine en urgence totale sans anesthésie. Cette opération avait d’autant plus marqué la famille que les parents Guillouard avaient perdu plusieurs enfants en bas âge avant la naissance d’Adrien, et ils ont alors vécu l’angoisse de perdre encore un fils. La fiche militaire d’Adrien mentionne « cicatrice abdominale adhérente ».

sa mère, une maîtresse femme !

Elle est issue des bâtisseurs de l’hôpital Saint Jacques, et c’est elle qui a apporté tout l’argent du couple. Elle restera dominatrice toute sa vie, mais portant tous ses hommes, mari et 5 fils, vers l’avenir. Ils visitent les usines des fabricants, vont aux foires de Paris, et à l’exposition de 1900 longuement. Ils   avaient même pris leurs habitudes dans un hôtel à Paris.
Leur environnement était riche d’évolutions depuis que les forges d’Hennebont livrent sur Nantes les toles par voie d’eau. L’usine Saunier-Tessier sur les bords de la Loire fabrique des boites métalliques pour les florissantes conserveries avant 1903, date à laquelle elle est acquise par Jules-Joseph Carnaud, ferblantier à Paris, qui ne tarde pas à s’associer aux Forges de Basse-Indre pour produire du fer blanc.

Les fiches militaires des fils GUILLOUARD notent qu’ils n’ont que le niveau primaire donc ils n’ont pas fréquenté les collèges de la bourgeoisie Nantaise. Mais leurs parents leur ont appris bien plus que le latin, les entraînant à la gestion de l’entreprise familiale qui livre plusieurs départements, visitant les usines des fournisseurs, même fort loin de Nantes; et aussi plus prêt à Nantes, les usines travaillant le métal pour les conserveurs. Cette habitude de visiter les usines des fournisseurs est mentionnée dans le Carnet de guerre d’Edouard Guillouard, mon grand père frère d’Adrien, car il avait demandé à ses supérieurs le droit de visiter une usine, ce qui lui fut refusé et ce refus avait dû le marquer.
En outre ils ont été aux foires de Paris, dont la plus célèbre de 1900 qui dût leur ouvrir bien grand les yeux et leurs réflexions futures. Ces visites étaient toutes un énorme stimulant pour l’esprit créatif d’Adrien et Louis.
Adrien vit encore chez ses parents jusqu’à son mariage en janvier 1913. C’est donc chez eux et en famille qu’il créé ses inovations et créations. Son frère Louis est déjà marié et vit à Quiberon les premières années de son couple, mais qu’à cela ne tienne, Adrien va le voir et ensemble ils projettent bien avant 1910 la future création de leur entreprise.
Adrien avait dû beaucoup observer la vie de famille car il inventera entre autres le presse purée…

1910 premier brevet à 26 ans

Dans cet esprit d’aller de l’avant, Adrien Guillouard sait non seulement inventer des solutions techniques mais aussi les déposer. En 1910, âgé de 26 ans et déjà installé fabricant rue des Olivettes, il dépose son premier brevet, qui sera suivi de beaucoup d’autres, même à l’étranger.

1-Chassis de cheminée à rideau en tole d’acier ondulée se roulant automatiquement dans deux têtes à glissières – N° de publication FR419232 A – Date de publication 1910-12-29 Date de dépôt 1910-07-16
CIB F23J 3/04 – Demandeurs Adrien Guillouard – Inventeurs Guillouard Adrien
2-Chassis de cheminée à rideau en tole d’acier ondulée se roulant automatiquement dans deux tetes à glissières – N° de publication FR13113 E – Date de publication 1911-02-03 – CIB F23J 3/04
Demandeurs Adrien Guillouard – Inventeurs Guillouard Adrien
3-Dispositif de volet oscillant combiné avec les grilles de ventilation appliquées aux cheminées – N° de publication FR451114 A – Date de publication 1913-04-11 – CIB F24F 13/14 – Demandeurs Societe A Et L Guillouard Fils – Inventeurs
4-Perfectionnements aux lanternes-tempête
N° de publication FR536530 A – Date de publication 1922-05-04
CIB F21V 37/02 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
5-Perfectionnements aux lanternes-tempête – N° de publication FR541145 A – Date de publication 1922-07-22
CIB F21V 37/00 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
6-Réchaud à alcool – N° de publication FR559157 A – Date de publication 1923-09-11
CIB F24C 5/02 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
7-Tourne-au-vent – N° de publication FR588375 A – Date de publication 1925-05-06
CIB F23L 17/10 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
8-Dispositif de fermeture de boîtes à ordures et récipients divers
N° de publication FR588376 A – Date de publication 1925-05-06
CIB B65F 1/16 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
9-Perfectionnements aux châssis de cheminées
N° de publication FR588870 A – Date de publication 1925-05-16
CIB E06B 9/13 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
10-Perfectionnements aux lanternes-tempête
N° de publication FR30899 E – Date de publication 1926-10-04
CIB F21L 19/00 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc Inventeurs
11-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR630277 A – Date de publication 1927-11-30
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard – Inventeurs
12-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR33108 E – Date de publication 1928-08-16
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc – Inventeurs
13-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR33871 E- Date de publication 1929-03-26
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc – Inventeurs
14-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR33872 E – Date de publication 1929-03-26
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc – Inventeurs
15-Perfectionnements apportés aux régulateurs pour réchauds à alcool et ustensiles analogues
N° de publication FR730927 A – Date de publication 1932-08-26 – CIB F23D 11/44
Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
16-Nouvel aérateur-ventilateur pour cuisine, salle de bains
N° de publication FR730928 A – Date de publication 1932-08-26
CIB F24F 13/12 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
17-Perfectionnements aux boîtes à ordures et récipients analogues
N° de publication FR765636 A – Date de publication 1934-06-13
CIB B65D 45/24 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
18-Aspirateur fixe à dépression pour conduit de cheminée
N° de publication FR791577 A – Date de publication 1935-12-13
CIB F23L 17/02 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
19-Dispositif réflecteur pour signalisation routière ou autre
N° de publication FR810742 A – Date de publication 1937-03-27
CIB G09F 13/16 – Demandeurs Inventeurs Guillouard Adrien
20-Mine terrestre à déclanchement par plateau circulaire
N° de publication FR864354 A – Date de publication 1941-04-25 Date de dépôt 1940-03-26
CIB F42B 23/00 F42C 7/04 – Demandeurs A & L Guillouard – Inventeurs
21-Passe-légumes perfectionné
N° de publication FR931991 A – Date de publication 1948-03-09 Date de dépôt 1946-08-07
CIB A47J 19/00 – Demandeurs Adrien & Louis Guillouard – Inventeurs
22-Appareil pour râper, couper ou trancher
N° de publication FR1070635 A – Date de publication 1954-08-03 Date de dépôt 1953-01-12
CIB A47J 43/25 – Demandeurs A Et L Guillouard – Inventeurs
23-Passe-légumes perfectionné
N° de publication FR1072947 A – Date de publication 1954-09-16
CIB A47J 19/00 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
24-Appareil à couper les herbes potagères et la viande
N° de publication FR1091879 A – Date de publication 1955-04-15
CIB A47J 43/25 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
25-Dispositif de fixation de la grille et de la manivelle dans les appareils passe-légumes et appareils de cuisine à couper ou râper
N° de publication FR1146314 A – Date de publication 1957-11-08
CIB A47J 19/00 – Demandeurs A & L Guillouard – Inventeurs
26-Lève-verre pour lanterne tempête
N° de publication FR1159049 A – Date de publication 1958-06-23
CIB- Demandeurs A & L Guillouard – Inventeurs

Adrien aurait aimé l’IA

Outre les brevets ci-dessus, Adrien menait bien d’autres activités inventives, à l’affus de toutes les nouveautés: télé etc… Il avait même dans sa propriété des ateliers personnels ainsi pour la photo qu’il modifiait, un siècle avant l’IA. J’ai plusieurs photos, comme ci-dessous, qui illustrent son gôut du truquage photo. Il combinait 2 photos, ainsi ci-dessous en 1930, ma maman, la jeune fille au chapeau pointu est à gauche et à droite, son père à gauche d’elle se retrouve aussi derrière elle à droite et la tante Gabrielle, la femme d’Adrien, est aussi à gauche et à droite. Ces photos truquées montrent combien il aurait aimé l’IA ! 

1910, avec son frère Louis, ils créent A. et L. GUILLOUARD

La publication officielle ne fut qu’en février 1911 dans le Courrier, feuille officielle d’Annonces Judiciaires et Légales, organe spécial de l’industrie et de l’exportation parisienne, le 3 février 1911
L’Usine, journal de la Métallurgie du 9 février 1911
40 000 F or un franc 1910 vaut environ 2,69 € 2006 soit 107 600 € en 2006 (je n’ai pas trouvé 2026). Les parents sont les financeurs car la quincaillerie marche bien, et ces avancements d’hoiries, hoiries ou autres, étaient autrefois toujours repris lors de la succession des parents, donc ils ne faisaient ainsi aucune différence entre leurs 5 fils. La Chaussée de la Madeleine est l’adresse du bureau et l’atelier derrière rue des Ollivettes.
Mais en vérité, l’entreprise

1910 ils utilisent déjà la publicité 

Ils font déjà de la publicité dans l’Annuaire général de la Loire-Inférieure en 1910. Cet annuaire donne peu de publicités, et mieux leur publicité occupe les 3/4 d’une page. Ils y donnent l’adresse de l’atelier rue des Olivettes et fabriquent des produits assez complexes ou manifestement ils répondent aux problèmes de bruit et fumées des chauffages de l’époque, qui devaient nuire beaucoup dans la ville de Nantes et autres villes.
Si on compte le temps d’élaboration et publication de l’annuaire, il est certain qu’ils fabriquaient rue des Olivettes avant 1910.

Puis, ils publient la même publicité en 1912, mais cette fois avec l’adresse des bureaux de la société A. et L. GUILLOUARD, qui était de l’autre côté de l’atelier, dans la rue parallèle à celle des Olivettes, mais plus marchande qu’ouvrière et aussi plus passante.

En fait, c’est en 1908 que l’atelier a été acheté, et qu’ils s’y sont installés. La date, généralement retenue de 1911 n’est que celle de la publication dans la presse de leur société.

 

Les tôles arrivent des forges d’Hennebont par gabares

C’est grâce aux forges d’Hennebont à l’ouest de la France que des usines métalliques se sont installées à Nantes. Les tôles arrivent sur les quais de l’Erdre jusque dans les années 30, au cours desquelles la ville de Nantes modifie le cours de l’Erdre vers la Loire. Il y a certes un nouveau quai, mais un certain Belliveau y fait installer une grue électrique de 1 000 kg pour les marchandises transportées par lui, ce qui ne convient pas à A. et L. Guillouard, qui doivent s’entendre avec lui pour que leurs tôles passent aussi.

1914-1918

Ils sont 5 frères mobilisables. Adrien pour sa part avait été exclu du service militaire pour raisons de santé et il est détaché à la maison Guillouard, ainsi que Charles qui ne voit pas assez bien pour manier une arme. Louis pour sa part est « réformé le 28 décembre 1914 – détaché maison Guillouard à Nantes le 15 mai 1917 » Donc les 2 frères travaillent toute la guerre à la maison Guillouard. Joseph et Edouard sont enrôlés : Joseph meurt au front dès le début de la guerre et Edouard fait toute la guerre, nous laissant son journal quotidien, que j’ai publié. Ci-dessous la fiche militaire de Louis détaché maison Guillouard, et pour mémoire le terme détaché est l’inverse d’enrôlé, car il semble que désormais beaucoup ne sont plus capables de le comprendre… Bientôt d’ailleurs qui sera capable de lire ces archives ?

L’usine A. et L. Guillouard fabrique pour l’armée

L’armée a besoin de bassines, seaux, brocs, lampes tempête etc… en très grand nombre, et comme le courrier fonctionne bien Edouard, au front, envoit à ses frères les débris d’armes allemandes. Ainsi, le 1er septembre 1916 il écrit dans son journal de guerre « Tranchée Cie A. T103 Grenade pomme de pain envoyé à Louis (Adrien Guillouard son frère était inventeur, tandis que Louis, autre frère gérait la fabrication des inventions, c’est l’usine ALG qui existe toujours mais à quitté Nantes) ». Ce cahier de guerre a la particularité de contenir beaucoup de photos car le meilleur ami de mon grand père Fernand Leglaive avait un appareil photo et nous a restitué la vie quotidienne dans les tranchées, ainsi le nombre incroyable de seaux pour l’eau, la nourriture … que la maison Guillouard les fabriquait pour l’armée. Mon grand-père Edouard Guillouard, au front, voyait chaque jour les produits de ses frères, industriels à Nantes, fabriquant pour l’armée. Et au delà des seaux etc… aussi des armes, que le génie inventeur d’Adrien savait produire.

Voyez les archives de l’armement des armées est situé à Chatellerault et aussi la préfecture de Loire Atlantique (ex Loire Inférieure) et notamment quelques pages concernant A. et L. Guillouard.

la lanterne tempête

Voyez le site du spécialiste et collectionneur

Les nouveaux ateliers à Wattignies

Tant de fabrication pendant la guerre 14-18 ne peut plus être assumée rue des Ollivettes, trop étroite, et A. et . Guillouard construisent de nouveaux ateliers sur l’Île de Nantes, là où les vaches broutent encore les prés.  L’Île de Nantes était autrefois traversée par tant de bras de la Loire qu’il y avait pas moins de 7 ponts pour arriver à Pirmil. La carte de Cassini, réalisée entre 1756 et 1815 par la famille Cassini, montre cette présence de nombreux bras de Loire. Vous ne verrez pas cette carte sur le site de Nantes Patrimonia qui donne beaucoup de cartes de Nantes, mais surtout aucun de l’île de Nantes jusqu’à Pirmil. Allez sur Geoportail. Au 19ème siècle, la sable a eu raison des bras de Loire, laissant la place aux prés. Ce n’est qu’en 1920 que l’ancienne ligne des ponts et le quartier du vieux faubourg de Vertais feront l’objet d’un programme de rénovation dans le cadre du plan d’extension de Nantes. On va alors reconstruire les ponts de la Madeleine et de Pirmil les reliant d’une large voie qui portera plus tard le nom des Martyrs Nantais.
Cette voie nouvelle d’après guerre ne suivra pas tout à fait le même tracé que l’ancienne ligne des ponts et ne sera pas parallèle aux ateliers construits sur l’île pendant la guerre par A. et L. Guillouard, ce qui explique le léger angle mort à l’entrée de l’usine Guillouard sur le Boulevard des Martyrs Nantais.

Sur cette vue aérienne de 1950 le boulevard qui remplace l’ancienne voie est définitivement tracé et on voit que les ateliers Guillouard ne sont pas parallèles au nouveau boulevard car construits avant le plan définitif de cette ligne des ponts. On remarque aussi qu’ils joignent les prés encore présents à l’est. Je suis née en 1938 et je me souviens des vaches dans les prés encore en 1960 sur l’île de Loire qui devriendra l’île Beaulieu, et aussi de toutes les constructions qui ont suivi à grands coups d’enfoncements profonds de longues fondations pour faire tenir des immeubles sur le sable.

1916 Louis acquiert une voiture

Adrien a une voiture avant 1910, ici au volant, avec son frère Louis, à Quiberon, travaillant à la création de leur entreprise en 1910.  Louis Guillouard acquiert une Chenard et Walcker le 9 juin 1916 (registre aux archives de LA). Cette photo si ancienne illustre le binôme projeté vers les idées futures et la création de leur entreprise.

 

 

 

 

 

 

 

Adrien et Louis déposent la marque ALG

Les acronymes étaient déjà répandus à Nantes sous forme de marque : LU, BN etc… Ils déposent dès septembre 1918 une marque qui marquera pendant 2 générations les familles, à travers tous les ustenciles ménagers ALG.

1927-1929 marmite autoclave

En 1927 Adrien Guillouard obtient un brevet de marmite autoclave, l’ancêtre de ce que nous appelons cocotte minute, puis il obtient 3 autres brevets de 1927 à 1929 (ci-dessus en rose dans la liste de ses brevets). Cet autoclave ALG figure sur leur catalogue de 1929, mais ne figure plus sur celui de 1939, car il ne connaîtra pas plus de succès que ses concurrents car les femmes à la cuisine ne sont ps encore convaincues. Le catalogue de 1929 ci-dessous donne plusieurs dimensions, y compris un autoclave de 9 livres ! 

les lessiveuses ALG

Née en 1938, j’ai connu les produits ALG à tel point que je ne faisais pas le lien avec GUILLOUARD, car on s’exprimait seulement ALG. Comme dans quasiement toutes les familles, de la lessiveuse au presse-purée, en passant par les seaux, brocs, arrosoirs etc… Ma maman a élevé 6 enfants sans machine à laver car pour mémoire en 1950 elle n’est présente que dans 8 % des foyers. Au sous-sol de la maison l’une des pièces était la buanderie, ou trônait sur un gros réchaud à gaz une énorme lessiveuse ALG, celle qui a accompagné tant de foyers. Certes, à la maison, c’était une fois par semaine le travail d’une femme, qui venait faire bouillir le linge, mais nous ensuite on étendait le linge avec beaucoup de pinces à linge et de fils tendus dans le jardin. Nous ne connaissions pas encore le synthétique jetable aussi il y avait beaucoup de couches, serviettes hygiéniques etc… Certes les couches pipi étaient chaque jour lavées à la main à l’eau et étendues. La lessiveuse demandait beaucoup de travail mais elle était durable et bon marché. En 1954, chez Decré à Nantes, celle de 50 litres était à 1 590 F ce qui fait 51,25 €  de 2025. Elle a disparu car nous n’avons plus envie de travailler.

Ma vie avec des produits ALG

Paragraphe en cours de publication

Bon nombre de produits ALG ont marqué ma vie. Je commence par ce qui va le plus vous surprendre, le réchaud. Il ne m’a pas quitté depuis mes 18 ans jusqu’à mes 32 ans, âge auquel j’ai enfin eu un appartement à Nantes et pu acheter une cuisinière. Célibataire, j’ai vécu en chambre meublée à Angers, Nemours, Montreuil-Belfroy, Cologne et enfin Orléans. Je faisais ma cuisine dans un petit coin sur mon réchaud. Ici, vous voyez son prix en 1939, sachant que c’est le prix au marchand et non au client final. La vie a bien changé de nos jours avec les plaques électriques car avec le réchaud, il fallait faire attention à l’équilibre des casseroles dessus !

 

 

 

Claude Boudier a un métier extraordinaire : « compagnon à marier », Saint Brice (77) 1585

Introduction 

Au cours de mes innombrables recherches j’ai vu beaucoup de métiers, mais celui que j’ai lu ce matin est surprenant. Je pensais qu’un métier c’était un travail, mais là, pas de travail du tout.

compagnon à marier

En découvrant le métier surprenant de compagnon à marier sur la première ligne de l’acte qui suit, je pensais que l’acte allait traiter d’un contrat de mariage. Mais il s’agit seulement de la vente d’une portion de masure dont il vient d’hériter.  Pourtant il est âgé de plus de 25 ans et devrait songer à se marier… Certes, les notaires donnaient souvent d’autres termes pour exprimer leur état ou métier, ainsi je rencontre souvent le terme bourgeois, mais je n’avais jamais rencontré compagnon à marier.

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.04.06 vue 298 – Comparut personnellement Claud Boudier compagnon à maryer aagé de 25 ans et plus demeurant à Lugrand paroisse de St Bris lequel de son bon gré sans force ne contraincte aulcune recongnut avoir vendu ceddé et par ces présentes vend et cèdde promis et promet garendir de tous troubles et empeschements à Bassot Begne laboureur demeurant à Lugrand en ladite paroisse à ce présent achepteur et acquesteur pour luy ses hoirs c’est à savoir une portion de masure et une portion de jardin contenant 3 ou 4 perches ainsi que tout se comporte, assis à Lugrand tenant d’une part audit achepteur et à Gilles Postellet d’un bout et d’autre sur ledit Begne achepteur avec la part qui appartient audit vendeur un poirier de fosse assis à Lugrand, audit vendeur appartenant de son propre et advenus par la succession de ses feux père et mère .. cette vente pour le prix et somme de 3 escuz 10 sols argent contant audit vendeur qui a confessé les avoir eu et receu dudit achepteur à plusieurs fois …

Le meunier de Sepveilles prêtait des grains, à rendre en nature, Sainte Colombe (77) 1670

Introduction

Autrefois, la majorité de la population était rurale et son alimentation principalement tirée de son potager, sauf les céréales pour le pain. Dans tous les villages il y avait au moins un four à pain, et des meuniers pas très loin. Et dans tous les inventaires après décès que j’ai déjà faits, on trouve un coffre à pain. Donc on faisait son pain dans la majorité des foyers.

comment s’approvisionner en farine

En l’absence de commerces comme les épiceries du 19ème siècle, que j’ai encore connues vu mes 87 ans, et oublions les grandes surfaces, comment s’approvisionner en farine au 17ème siècle et avant.  Je n’y avais jamais pensé !
Cherchant à comprendre le fonctionnement d’un meunier j’ai étudié un inventaire après décès de meunier, sachant qu’un tel acte est un formidable outil pour comprendre le mode de vie et même des détails sur le fonctionnement d’une profession.
C’est ainsi que je découvre dans l’inventaire après décès de Toussaint Lancelot meunier de Sepveilles à Saint Colombe près Provins, que le meunier achetait les céréales directement aux exploitants agricoles qui les produisaient.
Mais il prêtait des grains à quelques particuliers et même à rendre en nature. Il prêtait au boisseau, mesure très variable selon les régions, serait d’environ 13 livres soit environ 6,5 kg.

en Brie, la farine était surtout de méteil

En fait, le méteil était du froment avec un peu de seigle ou une autre céréale. Le meunier de Sepveilles achète surtout du méteil, selon ce qui figure dans son inventaire après décès. Donc le pain était rarement de froment au 17ème siècle à Sainte-Colombe.

mesures de racle et de main torse

Il existait en Brie des expressions pour mesurer le boisseau : mesure de racle, et mesure de main torse. Je suppose que l’une est sans tasser, l’autre après avoir tasser, mais je n’en suis pas certaine car je n’ai rien trouvé.

les prêts étaient sans doute pour payer la taille

Dans l’inventaire de ce meunier de Sainte Colombe, après une longue liste de prêts, qui suit ci-dessous, je trouve :
« Un petit livre couvert de parchemin sur 14 feuillets duquel sont escripts plusieurs mémoires et entre autres de quelques grains prestés à quelques particuliers de payements faictz à la thaille etc… »
Je suppose donc que tous ces prêts étaient pour payer l’impôt de la taille en nature, et pour la payer on passait par l’aide du meunier qui détenait des grains qu’il avait achetés pour faire sa farine. C’est assez stupéfiant !

inventaire après décès du meunier de Sepveilles, Sainte Colombe (77)

Toussaint Lancelot, meunier de Sepveilles, décède en 1670 et l’inventaire est effectué après son décès par Me Jacques Beschefer notaire à Provins cote AD77-260E29 le 4 juillet 1670. Or, dans les titres et papiers qui sont listés à la fin de ce long inventaire on trouve des prêts de grains, et je ne comprends pas ces prêts :

« Un petit livre de papier sur 9 feuillets duquel sont escripts les prests qui ont esté faits à plusieurs particuliers ainsi qu’il ensuit : 20 mai 1669 ledit deffunct Lancellot avoit presté au nommé Pierre Mignot de Sepveille 6 boisseaux de mestail mesure de Racle qu’il doibt rendre à pareille mesure – Au nommé Nicolas Ribost du Melz la Magdeleine (f°21 vue 676) le 15 dudit mois et an a esté presté 8 boisseaux de mestail à rendre en nature – Le 17 dudit mois a esté presté à Gabriel Goijat de Sepveille 4 boisseaux de mestail à rendre en nature – Le 22 dudit mois a esté presté encore audit Nicolas Ribost dudit Melz la Magdeleine 8 boisseaux mestail – Le 23 dudit mois jour et an a esté presté audit Pierre Mignot 6 boisseaux de mestail – Le mesme jour a esté presté à Pierre Camuset demeurant à (blanc) 8 boisseaux de mestail mesure Main torse à raison de 12 sols le boisseau sur quoy il a fait des voyages et labourages – A esté encore presté 60 sols sur quoy et il a fait des voyages et labourages – Le 30 dudit mois a esté encore presté aidot Nicolas Ribost du Melz la Magdeleine 8 boisseaux mestail – Le mesme jour et an a esté encore presté audit Gabriel Goijat 4 boisseaux de mestail – le 5 juin audit an a esté presté à Pasquier Hatton demeurant à Sepveille 3 boisseaux froment et 3 boisseaux mestail – Le 6 juin a esté presté à Simon Pigot de Sepveille 6 boisseaux de mestail main torse à raison de 12 sols le boisseau – Sur quoy a esté receu 30 sols le 28 – Le 18 juin a esté presté au nommé Charles Baudin de Sepveille 3 boisseaus mestail – Le 10 juin a esté presté à la veufve Gabriel Boucher 5 boisseaux mestail (f°22 vue 677) – Le 11 dudit mois de juin a esté presté audit Nicolas Ribost 8 boisseaux mestail – Ledit 11 juin a esté presté audit Pierre Mignot 6 boisseaux mestail – Le 13 juin a esté  presté audit Gabriel Gorjat 4 boisseaux de mestail – Le 15 juin a esté presté à Henry Larivière de Sepveille 5 boisseaux de mestail – Le 17 dudit mois de juin a esté presté audit Pasquer Hatton 6 boisseaux de grain et 3 de froment et 3 de mestail – Le 18 dudit mois a esté presté à la veufve Gabriel Boucher demeurant au Melz la Magdeleine un boisseau de mestail – Ledit jour 18 juin a esté presté audit Nicolas Ribost 8 boisseaux de mestail y compris 2 boisseaux donnés à son vacher par son ordre et son acquit – Le 20 juin a esté presté à Jean Blondeau de Sepveille 4 boisseaux de mestail – Le 22 dudit mois de juin a esté presté à Maurice Baudin de Sepveille 3 boisseaux de mestail en l’acquit dudit Nicolas Ribost – Le 26 dudit mois de juin a esté presté à Michel Blondeau du Melz 8 boisseaux de grain scavoir 3 de froment et 5 de mestail y compris 3 boisseaux donnés en son acquit à son berger – Le 26 dudit mois de juin mesme jour et an a esté presté 2 boisseaux de mestail au berger du Melz la Magdeleine en l’acquit dudit Nicolas Ribost – Le mesme jour et an a esté presté 6 boisseaux de grain audit Pasquet Hatton scavoir (f°23 vue 678) 3 de froment et 3 de mestail – Le 27 dudit mois a esté presté audit Nicolas Rebost 8 boisseaux de mestail – Le 28 dudit mois de juin a esté presté audit Simon Pigot de Sepveille 4 boisseaux de grain scavoir 2 de froment et 2 de mestail – Le 29 dudit mois a esté presté à ladite veufve Gabriel Boucher du Melz la Magdeleine 2 boisseaux de mestail – Ledit jour 29 juin a esté presté à Nicolas Jeubert du Melz la Magdeleine 4 boisseaux de mestail de main torse à raison de 12 sols chascun boisseau – Le 1er juillet a esté presté à Michel Blandeau 2 boisseaux de mestail pour donner à son vacher – Le 4 juillet a esté presté audit Nicolas Ribison 8 boisseaux scavoir 3 de froment et 5 de mestail – Ledit jour 4 juillet a esté presté ausit Pasquirt Hatton 6 boisseaux de froment – Le mesme jour 4 juillet a esté presté à Jean Jacquenin 2 boisseaux de mestail – Le 8 juillet a esté presté audit Simon Pigot 4 boisseaux de mestail – Le 10 juillet a esté presté audit Michel Blondeau 8 boisseaux de grain scavoir 3 de froment et 5 de mestail – Le 11 juillet a esté encore presté audit Pierre Mignot un boisseau de mestail – Ledit jour 11 juillet a esté encore presté audit Pasquier Hatton 6 boisseaux de grain scavoir 4 de froment et 2 de mestail – (f°24 vue 679) Le 14,dudit mois de juillet a esté encore presté audit Nicolas Rebost 8 boisseaux de grain dont 3 de froment et 5 de mestail – Le 19 dudit mois a esté presté à ladit veufe Gabriel Boucher un boisseau de mestail – Le 22 dudit mois a esté presté audit Jean Blondeau 4 boisseaux de grain scavoir 2 de froment et 2 de mestail – Le 29 dudit mois a esté presté à Croisette femme demeurant au Melz un boisseau de mestail – A Charles Chappottot de Sepveille un boisseau de mestail main torse franc moulu de 12 sols – Le 30 juillet a esté presté à la veufve Billot du Melz un boisseau de mestail mai, torse franc moulu de 12 sols – Le 12 aoust a esté presté à la veufve Perné 6 boisseaux de bled froment et un de mestail – Le 23 avril 1670 a esté encore presté audit Gabriel Gorjat 4 boisseau de mestail – Au nommé Perné de Sepveille un boisseau de mestail à raison de 12 sols – Le 2 mai a esté presté à Potantien Blanot de Sepveille 4 boisseaux de mestail à 12 sols chascun – Le 9 mai a esté presté à Jacques Jorré de Sepveille 5 boisseaux de mestail – Le 17 mai encore audit Jorré 6 boisseaux de mestail – Le 19 mai a esté presté audit Potentien Blanot 4 boisseaux de mestail à (f°25 vue 680) 13 sols le boisseau franc moulu main torse – Audit Jean Blondeau 2 boisseaux de mestail à raison de 12 sols le boisseau – Le 21 juin a eté presté audit Patientien Blanot 4 boisseaux (f°25 vue 680) de mestail à raison de 13 sols le boisseau – Le 26 juin a esté presté à la veufve Jacques Fromont 2 boisseaux de mestail – Le 30 juin a esté presté à Louys Guerin demeurant à Sepveille 4 boisseaux de mestail à raison de 12 sols chaque boisseau main torse franc moulu – Livré audit Louys Guerin un demy boisseau de froment – Livré encore audit Louys Guerin 6 boisseaux de mestail franc moulu scavoir deux à raison de 13 sols le boisseau et 4 à 12 sols – Le 5 juillet 1670 a esté encore presté audit Patientien Blanot 4 boisseax de mestail à main torse franc moulu à raison de 13 sols le boisseau – Le 9 dudit mois a esté presté à Julien Pastre de Hault de Contour 6 boisseaux de mestail comble – Le 10 juillet a esté encore presté audit Louys Guerin 4 boisseaux de mestail mesure comble »

Ledit livre de papier cy-dessus inventorié a esté paraphé ..

 

 

Gaspard Lecourt capitaine ordinaire du charroy de l’artillerie de France demeurant à Provins, 1617

Introduction

J’étudie particulièrement la famille LECOURT dont je descends. Gaspard est neveu ou petit-neveu de mon ascendante Elisabeth Lecourt femme de Sydrac Fauchon apothicaire à Provins en 1583.

le charroi de l’artillerie

Grâce au site d’histoire de l’artillerie je comprends que dans chaque province 2 personnes devaient se tenir prêts à réquisitionner les chevaux de leur région, y compris ceux des laboureurs, lorsque un charroi serait effectué sur leur territoire. Je suppose que ces personnes étaient des marchands de chevaux, car il fallait s’y connaître en chevaux pour immédiatement réquisitionner les chevaux bons à ce travail donc savoir apprécier chaque cheval et savoir qui en possède dans la région.

Gaspard Lecourt capitaine du charroi

Il est souvent vendeur, comme ci-dessous, et Nangis est à 21 km de Provins. Je pense à ce jour, avec beaucoup d’actes notariés trouvés, que mon Elisabeth est la soeur de Gaspard qui suit et est le père du capitaine de charroi de l’artillerie.

Gaspard LECOURT °ca 1535 †/1598 Tanneur à Provins (sur le B et 1570 de son fils Gaspard) x ca 1560 Jeanne MOREAU °ca 1540 †1598/
1-Anne LECOURT °Provins St Ayoul 14 février 1565
2-Gaspard LECOURT °Provins St Ayoul 2 mars 1570 « fils de Gaspard Lecourt tanneur parrains Mathurin Doury (s) et Pierre Lepas notaire royal marraine Claudine Lecourt femme de Me Denis Girard notaire royal -p108 »
3-Catherine LECOURT °Provins St Ayoul 26 août 1571 « baptisée Catherine fille de Gaspard Lecourt et Jehanne Moreau parrain Nicolas Moreau marraines Jehanne Faulchon femme d’Anthoine Lecourt et Suzanne Truffe femme de Guillaume Lecourt -p130 »
4-Gaspard LECOURT °Provins St Ayoul 23 septembre 1573 « baptisé Gaspart fils de Gaspart Lecourt et Jehanne Moreau parrain Pierre Coynon (s) marchand tanneur demeurant à Provins et Anthoine Lecourt (s) procureur royal audit lieu marraine Marguerite Brule femme de Claude Moreau »
5-Claude LECOURT °Provins St Ayoul 22 septembre 1579 « baptisé Claude fils de Jasepart Lecourt et Jehanne Moreau, parrains honorable personne Claude Bondetviller (s) marchand et Jehan Lecourt (s) sergent royal, marraine Jehanne Thomassin femme de Nicolas Moreau » Sergent royal x1 ca 1607 Louise MARTIN °ca 1589 †Provins 21 septembre 1611 x2 Provins Ste Croix 27 février 1612 Marie QUILLET °Provins St Pierre 12 juin 1594

1617.05.16 vue 35 – Jacques Jacquet mareschal à Nangis recognut debvoir à honorables hommes Bonaventure Coyn demeurant à Trois en Champagne et Gaspart Lecourt capitaine ordinaire du charroy de l’artillerie de France demeurant à Provins la somme de 75 livres tournois pour vente d’un cheval soubz poil bay

la foire aux chevaux à Provins

La foire aux Chevaux a laissé son nom à une rue de Provins, ci-dessus à droite.

Ventes de chevaux à Provins

Le prix d’un cheval est de 24 à 135 livres, selon son état, mais manifestement rarement payé comptant, donc on trouve chez le notaire Gabriel Babée dans la cote AD77-260E215 aimablement photographiée par le CGHSM de Melun, beaucoup de reconnaissances de dette suite à vente d’un cheval. Gaspard Lecourt n’est pas le seul vendeur de chevaux, et Provins couvre une région d’environ 25 km tout autour.

1617.05.21 vue 5 – Edmé Dallin laboureur promet payer à honorable homme Thomas Robinot marchant à Provins 126 livres tournois pour vente ce jourd’huy d’un cheval soubz pois bayard
1617.05.21 vue 5 – Jehan Moreau laboureur demeurant à Landoy ? lequel de son bon gré recongnut debvoir et promys payer à honorable homme Gaspart Lecourt capitaine ordinaire du charroy de l’artillerie de France demeurant à Provins présent ou au porteur la somme de 105 livres tournois pour vente et délivrance à luy faicte ce jourd’huy d’un cheval soubz poil noyr
1617.05.17 vue 12 – Robert Anceau laboureur à Provins recognut debvoir à honorable homme Gaspart Lecourt capitaine ordinaire du charroy de l’artiellerie de France demeurant audit Provins 66 livres tournois our vente  d’un cheval soubs poil bay
1617.05.22 vue 20 – Jehan Pignet vigneron à Sordun recognut debvoir payer à honorable homme Gaspart Lecourt capitaine ordinaire du charroy de l’artillerie de France demeurant à Provins la somme de 24 livres tournois pour vente d’un cheval soubz poil noir
1617.05.22 vue 20 – Claude Moreau laboureur à Chaneston paroisse de St Martin recognut debvoir à honorable homme Nicolas Prevost à Provins la somme de 126 livres pour vente d’un cheval
1617.05.22 vue 20 – Pierre Gerin laboureur à Provins recognut debvoir à honorable homme Gaspart Lecourt capitaine ordinaire du charroy de l’artillerie de France à Provins la somme de 84 livres pour vente d’un cheval soubz poil gris
1617.05.22 vue 21 – Jehan Bouteroux le jeune laboureur demeurant à l’hostel Dieu paroisse de Generois ? recognut denvoir à honorable homme Nicolas Bouzier demeurant à Provins 144 livres tournois pour vente d’une jument soubz poil bayard
1617.05.22 vue 21 – Guillaume Gillier laboureur demeurant au Plessis de la Tour paroisse de Bauchery recognut debvoir à Gaspard Lecourt … 126 livres pour vente d’un cheval soubz poil colleron garni de son collier bride et traict
1617.05.29 vue 21 – Fiacre Bardin laboureur à Chesneston paroisse de St Martin recognut debvoir à honorable homme Nicolas Prevost marchand à Provins 126 livres pour vente d’un cheval à poil gris
1617.05.16 vue 35 – Jacques Jacquet mareschal à Nangis recognut debvoir à honorables hommes Bonaventure Coyn demeurant à Trois en Champagne et Gaspart Lecourt capitaine ordinaire du charroy de l’artillerie de France demeurant à Provins la somme de 75 livres tournois pour vente d’un cheval soubz poil bay
1617.04.15 vue 42 – Pierre Bourgerie meusnier au mollin de Bruslon paroisse de Saincte Coulombe recognue debvoir à Nicolas Boury laboureur et vigneron à Pougnis 30 livres pour vente d’une jument soubz poil gris
1617.04.26 vue 65 – Claude Bergerollet laboureur à St Bris recognut debvoir à honorable homme Jacques Thomas marchand à Provins la somme de 30 livres tournois pour vente dd’un cheval soubs poil jaulne
1617.05.02 vue 68 – François Herbelin laboureur à Chalautre la Grand recognut debvoir à honorable homme Thomas Robinot marchand à Provins 114 livres tournois pour vente d’un cheval
1617.02.25 vue 77 – Claire Roger laboureur à Grisy sur Seine recognut debvoir à Claude Robinot marchand à Provins 63 livres pour vente d’une jument soubz poil fleur
1617.02.23 vue 88 – Claude Decuisseau laboureur à Nangis recognut debvoir à honorable homme Thomas Robinot marchand à Provins 135 livres pour vente d’un cheval poil bayard

 

 

 

Reconstruction du moulin de Saint-Ayoul brûlé pendant les guerres de religion, Provins 1598

Introduction

Provins a tant de patrimoine que le moulin de Saint-Ayoul, moins important, reste peu étudié. Il appartenait au couvent du même nom. L’acte notarié qui suit nous apprend que ce couvent avait droit de quête dans la ville, mais nous apprend aussi que le couvent n’a pas eu les moyens financiers de reconstruire le moulin brûlé pendant les guerres de religion.

Le moulin de Saint-Ayoul brûlé en 1567

Dans ses Mémoires, Claude Haton relate qu’en 1567 « le prince de Condé menace  d’envahir Provins en passant par la rivère Voulzie, le monastère des dames Cordelières et la porte de Culouson. Pour lequel empescher, ledit sieur de la Rivière envoya nombre de harquebusiers, tant de la garnison que des habitans, chargés de deffendre le lieu ; puis, après avoir meurement pensé à son affaire, pour saulver lesdits soldats et habitans, leur commanda d’y mettre le feu, la nuict que ledit prince y devboit aller pour se camper, ce qu’ils firent, comme aussi ès maisons et chapelle de l’Hospitail, et la Folie tout joignant le petit hameau de Fontaine-Riant. Il feit pareillement mettre le feu au moulin de St-Ayoul, tout joygnant les murailles du Pont-qui-Pleut, dedans lequel il avait ordonné une compagnie de harquebusiers. »
Ce prince de Condé est Louis Ier de Bourbon, aussi duc d’Enghien (Vendôme, 7 mai 1530 – Jarnac, 13 mars 1569), principal chef protestant pendant les premières guerres de Religion, assassiné à Jarnac.

La reconstruction du moulin Saint-Ayoul en 1595

Le moulin brûlé en 1567 attendit la fin des troubles et c’est en 1595 que le couvent Saint-Ayoul n’ayant pas les moyens de le reconstruire le baille à cet effet au lieutenant général Valentin Regnard. Le coût de la reconstruction est de 500 écus, et il finance cette somme par des prêts sous forme qu’on appelait alors des constitutions de rente, et on dirait de nos jour obligations. Parmi ces prêts, je trouve un FAUCHON, et c’est la première fois que le nom apparaît dans les archives des notaires après tant de recherches, mais il s’agit ici d’un oncle des miens et de sa seconde femme Nicole Saulsoy.
Mais la reconstruction du moulin par Valentin Regnard ne plaît pas à tout le monde et il s’est fait des ennemis à Provins, et devant les oppositions il demande au couvent de reprendre le moulin. Le couvent n’en a pas les moyens mais doit s’engager à rembourser,  et le but de l’acte qui suit est bien de protéger Valentin Regnard pour les remboursements.

le droit de quête dans la ville

Le couvent avait cédé en 1595 son droit de quête dans la ville. J’apprends ainsi que les religieux avaient droit d’aller à travers les rues quêter, ce que j’ignorais. Mais certains Provinois vont manifestement détester voir ce droit aux mains de Valentin Regnard.
De nos jours, certes la quête n’est pas dans les rues, mais on peut y voir parfois des personnes assises par terrre quémandant l’aumône… pour eux.

Le moulin de Saint-Ayoul retourne au couvent en 1598

La transaction est longue et l’acte fait plusieurs pages donc j’affiche la première et je mets des liens vers les suivantes, si vous avez envie de les télécharger.

vue n°2 – vue n°3 – vue n°4

AD77-1057E424 Jacques Delanoe notaire à Provins – 1598.07.20 vue 225 – Me Anthoine Caillot procureur à Provins au nom et comme procureur de Me Leon Moutin prieur du prieuré monsieur sainct Ayoul de Provins sufisamment fondé de lettres de procuration vallant pour l’effet cy après déclaré passées par devant Herbin et Pastet notaires du roy notre sire au chastelet de Paris datées du 16e jour du présent mois et an dont de laquelle coppie sera escripte en fin de ces présentes, et les religieulx dudit prieuré par discrettes personnes frères Jehan Thienot thesorier, Pierre Branchu aulmosnier, Canrens Marchant chantre et Claude Gauffre profes dudit prieuré capitulairement agrégés et assemblés au son de la cloche à la manière accoutumée pour traiter et adviser des affaires dudit prieuré et couvent, disans que par l’acte de fondation dudit prieuré leur appartient ung moulin sis près et hors la muraille de ceste ville de Provins appelé le moulin de St Ayoul, lequel durant les troubles auroit esté ruyné et démoly pour la déffense de ceste dite ville tellement qu’il ne seroit demeuré que la place qu’ils auroient rebaillée pour le profit et utilité dudit prieuré à vies et années avec droict de queste en la ville de Provins par les clercs mariés et non mariés à noble homme Me Valentin Regnard conseiller du roy lieutenant général au baillage et siège présidial de Provins à la charge de rebastir et réédiffier à neuf et le rendre en bon et suffisant estat tournant travaillant et faisant farine et de payer chacun an audit prieuré et couvent 3 muids (f°2) de bled froment et mestail ainsi que apert par ledit bail en date du (blanc) febvrier 1595 suivant lequel bail et fournissant à pareil par ledit Regnard qui auroit réédiffié et rebasty de neuf ledit moulin bien et deument et l’auroit rendu tournant travaillant poursuivant sondit bail, mais seroit advenu qu’il auroit esté tenu en deffense de quester en la ville en vertu de commission obtenue de messieurs du trésor à Paris à la poursuite des fermiers des moulins de ladite ville de Provins tellement qu’il n’auroit peu jouyr dudit droit de queste, ce qu’il auroit dénoncé auxdits religieux prieur et couvent lesquels ne pouvant si tost renoncer à leurs tiltres, présoustenir ledit droit de queste et garantir ledit sieur lieutenant, auroient esté contraints reprendre à eulx ledit moulin et composer avec luy tant pour les bastiments qu’il auroit fait audit moulin que pour les dommages et intérests qu’il eust peu avoir et demander auxdits religieux faulte de garantie dudit droit de queste, et de fait après avoir esté à ce fait condempnez auroient dénommés des gens pour estimer lesdits bastiments francs loyaulx qui en auroient fait prisée et estimation à la somme de 500 escuz sol, pour le payement de laquelle somme et pour le remboursement que demandoit ledit sieur lieutenant des cens rentes 3 escuz ung tiers par luy desboursés tant aux héritiers de feu Anthoine Gaulthier paravant prieur dudit moulin suyvant la transaction faite entre eulx et ledit sieur, que pour les deniers que ledit prieur estoit tenu fournir au roy pour l’aliénation du butin des ecluses que lesdits religieux prieur et couvent se sont trouvés (f°3) redevables de la somme de 633 escuz ung tiers pour laquelle ils se seroient obligés payer en l’acquit dudit sieur Regnard à Me Loys Fauchon et dame Nicole Saulsoy sa femme auparavant veuve de feu Me Jehan Lecourt 16 escuz deux tiers de rente constituée rachaptable de 200 escuz, item 8 escuz ung tiers de rente constituée au proffit de la veuve Jehan Froment moyennant 100 escuz, item 4 escuz 10 sols tz de rente envers la veuve et héritiers feu Me Jehan Truffe icelles rentes rachepter et estaindre pendant 2 ans et luy rendre ou faire rendre les contrats quittances de payement d’icelles rentes et le surplus montant à 283 escuz 20 sols se seront lesdits religieux obligés payer audit sieur Regnard 133 escuz ung tiers au jour de St Martin d’hiver ensuivant ledit contrat et le reste montant à 150 escuz n’ayant moyen de les fournir auroient assis et assigné audit sieur Regnard 12 escuz 12 sols de rente avec promesse de la rachapter pendant ledit temps de 2 ans … auroient accordé audit sieur Regnard que luy feust permis de les contraindre au rachapt desdites rentes ou se remettre en la jouissance dudit moulin ainsi que par contrat de ce fait et passé soubs les sceaulx de la prévosté de Provins le 6 octobre 1595 par devant Jacques Delanoe notaire

 

 

 

Prix d’une jument à Provins en 1598 : moins cher qu’une voiture en 2025 !

Introduction

Autrefois pour se déplacer, outre les pieds, moyen le plus fréquent, il y avait le cheval qui permettait 40 km/jour ou relais cheval dans les relais de poste pour faire plus de 40 km dans la journée.

prix d’un cheval en 1598

La jument est vendue ci-dessous 26 écus, et pour le double on avait une maison ! En 2025 la voiture est vendue en moyenne 35 000 € et vous ne trouverez aucune maison habitable au double, même rarement à 10 fois plus. C’est dire qu’autrefois l’immense majorité n’avait pas les moyens de circuler à cheval et se déplaçait à pieds.

la jument vendu par Jacques Privé, tanneur à Provins 

AD77-1057E424 Jacques Delanoe notaire à Provins – 1598.04.28 vue 116 – devant midy en l’etude du juré fut présent en sa personne Edmé Gennel praticien demourant à Monceaux lequel a recognut debvoir et promet payer à Jacques Prive marchand tanneur demourant à Provins absent ou au porteur la somme de 26 escuz sol pour vente d’une jument soubz poils rey gris payable ladite somme à 2 termes et payements esgaulx qui seront en deux jours et à St Martin d’hiver ensuivant