Les confrères de la confrairie de Sainte Catherine nomment un chapelain, 1696

Les confrères, tous présents, sont nommés, et il s’avère que non seulement il y a la plupart des habitants de la Jaillette mais aussi des personnalités demeurant à Angers, sans doute des membres bienfaiteurs ? Enfin, l’acte précise que ce sont les membres de la confrairie de Sainte Catherine qui nomment et présentent le chapelain à l’évêque.
Rappelons ici que dans la grande majorité des bénéfices ecclésiastiques, ce sont les descendants de la lignée la plus proche du fondateur qui sont éligibles, et manifestement ici c’est totalement différent.

J’ai étudié longuement le prieuré de la Jaillette il y a quelques années. Voir ce que j’ai mis sur mon site.
Et puisque j’ai une famille de mes ancêtres qui y vit, et qui est ici concernée par la confrairie de Sainte Catherine : voir mon étude Lemanceau.

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E1 – Voici la retranscription de l’acte : Le 26 août 1696 sur les 9 h du matin, en présence de nous Henry Paris notaire royal et apostolique du diocèse d’Angers receu au siège présidial dudit Angers, y demeurant, et des témoins cy après nommés les confrères de la confrairie de Sainte Catherine établie dans l’église ou chapelle de la Jaillette paroisse de Louvaines ès personnes de Me François Bedouet prêtre vicaire de l’église de la Jaillette, y demeurant, monsieur Me Jacques Basourdy conseiller du roy et son avocat au siège présidial d’Angers tant pour luy qu’au nom et comme procureur de damoiselle Mathurine Pasqueraye veuve de noble homme Charles Basourdy, Jean Avril écuyer major du château dudit Angers, dame Madeleine Ralier son épouse, monsieur Me Jean Guérin seigneur de la Piverdière conseiller du roy au siège présidial dudit Angers, dame Elisabeth Du Frazier son épouse, noble homme Me Jean Aubin seigneur de Chevaigne conseiller du roy ancien maître des eaux et forests d’Anjou Angers, dame Anne Garsenlan son épouse, monsieur Jean Jacques Chantelou seigneur de Portebize conseiller du roy et son procureur en l’élection dudit Angers, dame Philippes Gilles son épouse, Jean Charles Chantelou, Jean Jacques Chantelou leurs enfants, dame Jeanne Guinoyseau femme de Monsieur Christophle Girault conseiller du roy audit siège présidial d’Angers à ce présente de luy autorisée, dame Jeanne de Chantelou femme de noble homme René Davy seigneur de Vaux de luy autorisée, tous demeurants en la ville d’Angers, savoir ledit Basourdy paroisse de St Martin, ladite Delle Pasqueraye paroisse de St Pierre, ledit Avril et ladite Ralier son épouse paroisse St Aignan, ledit Aubin et ladite Garsenlan son épouse paroisse St Julien, ledit Chantelou et Delle Philippes Gilles son épouse, Jean Charles Chantelou et Jean Jacques Chantelou leurs enfants paroisse de St Maurille, ladite Guinoyseau paroisse de St Martin, ladite Jeanne Chantelou paroisse de St Julien tous confrères de ladite confrairie par procuration par nous receue le jour d’hier demeurée cy attachée et encore en présence de Me René Brillet notaire, Philippe Brillet, Mathurin Lemanceau, Marin Gioullier, Jean Séjourné, Michel Lethiault, Mathurine Couanne sa femme, François Brillet, Mathurin Thibault, Michel Gallet, Louis Pontonnier, René Moreau, René Alneault, Sébastien Biet, Louise Pinard, Louis Rousseau, Jacques Ollivier, Charlotte Piquantin sa femme, Henry Aubry et Radegonde Dhuit sa femme, Radegonde Aubry leur fille, Perrine Séjourné, Renée Brillet fille, Renée Couanne, Anne Gioullier, tous demeurant au bourg de la Jaillette paroisse de Louvaines fors ledit Aubry ladite Duit sa femme et ladite Aubry leur fille demeurant Angers paroisse St Maurice, et ont lesdits Martin Gioullier, Jean Séjourné, Michel Lestiault, Gallet, Pontnnier, Moreau, Alnault, Biet, Pinard, Rousseau, Ollivier, Piquantin, Anne Gioullier, Renée Brillet déclaré ne savoir signer de ce enquis
se sont assemblés à l’issue de la grande messe en conséquence de l’ordonnance de monsieur le lieutenant général du siège présidial d’Angers du 24 de ce mois signée Cebron, publiée au prosne de la grande messe de l’église de la Jaillette demeurée cy attachée, pour au désir de ladite ordonnance nommer et présenter une personne capable à la chapelle de Ste Catherine desservie dans ladite église ou chapelle de la Jaillette qui est à la nomination et présentation desdits confrères de ladite confrérie à présent vacante par le décès de vénérable et discret Me Charles Basourdy prêtre chantre chanoine de l’église royal de St Martin de la ville d’Angers, qui était dernier paisible possesseur
et après avoir tous lesdits confrères délibéré entre eux ont d’une commune voix nommé et présenté à monseigneur l’illustrissime et révérentissime évêque d’Angers ou à messieurs ses grands vicaires la personne de Me Alexandre Guerin de la Piherdière cherc tonsuré de ce diocèse, comme digne et capable de posséder ladite chapelle, les suppliant de luy en accorder toutes les provisions requises et nécessaires dont etc
fait et passé dans ladite église ou chapelle de la Jaillette lesdits jour et an que dessus en présence de noble homme Hilaire Voysin sieur du Sausé avocat en parlement, Me Jacques Levoyer sieur de la Daviaye conseiller du roy ancien maistre des eaux et forests d’Anjou demeurant audit Angers témoins à ce requis et appelés, Me Louis Lemore sieur de Launay avocat en parlement sénéchal de Louvaines

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Fondation de la procession du Sacre à Saint Maurille, Angers 1618

Aujourd’hui, dimanche de la Fête-Dieu pour les catholiques. Nous avons déjà vu sur ce blog, la fête du Sacre à Angers.
Voici l’acte de fondation de la procession de Saint Maurille. Cette procession ressemblait à celles que j’ai connu dans mon enfance, et qui ont disparu avec l’automobile, puisque la rue est désormais réservée à l’automible et aux grévistes.

la Fête-Dieu à Guérande, collections personnelles, reproduction interdite
la Fête-Dieu à Guérande, collections personnelles, reproduction interdite

J’ai trouvé l’acte qui suit est aux Archives du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici ma retranscription : Le 24 avril 1618 (Julien Deille notaire royal à Angers). Comme ainsi soit que cy devant aulcuns notables bourgeoys et habitants de la paroisse Saint Maurille d’Angers eussent tant en public d’assemblée des habitants que en particulier recherché les moyens soubz le bon plaisir de messieurs les chanoiones et chapitre de l’église dudit lieu d’instituer et fonder une procession générale du saint Sacrement en l’octave du Sacre et à cest effet prié lesdits sieurs du chapitre l’accepter et s’en charger, offrant lesdits paroissiens leur payer la somme de 1 000 livres tz provenue et recueillie en partie de dons et gratiffications d’aulcuns desdits habitants, pour estre par lesdits du chapitre employe en rente constituée au profit d’iceluy
à quoi lesdits sieurs du chapître inclinant se sont accordés ainsi et en la forme cy-après déclarée
pour ce est-il que par devant nous Julien Deillé et Guillaume Guillot notaires royaux à Angers furent présents establis et deumenet soubzmis lesdits les du chapitre deument congregés et assemblés en leur chapitre ordinaire ès personne de vénérables et discrets Me Pierre Jarry, Pierre Faisseu, Jehan Perdrix, Estienne Benault chantre, Nicollas Bellanger, Anthoine Bariller, Pierre Guerin et René Gouezaud tous chanoines de ladite église d’une part
et messieurs maistres Jacques Gourreau sieur de la Blanchardière conseiller du roy doyen de messieurs les conseillers du siège présidial d’Angers, Michel Chotard sieur de Lansonnière aussi conseiller audit siège, députés de ladite paroisse, Me Françoys Piculus sieur du Lattay advocat, Pierre Ragaigne commis au greffe de la Prévosté procureurs de fabrice de ladite église et aussy députés par conclusion du dimanche 25 mars dernier dont l’extrait signé Berruyer est demeuré attaché à ces présentes pour y avoir recours, et encores Jehan Bodin escuyer sieur de Brezé aussi conseiller audit siège et noble homme Claude Menard sieur du Tertre, tous demeurant en ladite paroisse saint Maurille en présence de noble homme maître Pierre Lemarchand sieur de Loué docteur ès droits aussi paroissien de ladite paroisse d’autre part
lesquels pour parvenir à l’institution et fondation de ladite procession ainsi qu’elle sera cy après exprimée a esté par lesquels Gourreau Chotard Piculus et Ragaigne présentement baillé et délivré auxdits sieurs du chapitre la somme de 1 000 livres qu’ils ont en notre présence receue en pièces des 16 sols et autre monnaye ayant cours suivant l’édit et s’en contenent, ladite somme provenue tant de dons et gratiffications d’aulcuns desdits habitants particulièrement 300 livres données par ledit sieur benault chantre et 200 livres par nous Deillé et la somme de 266 livres 10 sols faisant partie du reliquat des comptes rendus par Renée Fauveau veufve feu Me René Vollière et Me Jehan Eslus sieur de Guilleron cy devant procureurs de la dite fabrique
moyennant le payement de laquelle somme de 1 000 livres lesdits sieur du chapitre se sont chargés et obligés et leurs successeurs faire à perpétuité chacun dimanche de l’octave du Sacre ladite procession du saint sacrement autour de ladite paroisse à descenddre par la rue de la Roë et contournant par celle de la Jaille à aller de la rue du Cernet par le Pilory et dudit Pilory par la rue et devant l’huys de fer pour retourner devant et à costé l’église saint Pierre
à laquelle procession assisteront tous lesdits chanoines, curés, chapelains et psalteurs de ladite églises, deulx des couvents des Mandiens et ceste ville au choix desdits du chapitre, avecq leur croix chandeliers d’argent, et seront ceulx qui porteront leurs croix et novices qui porteront lesdits chandeliers revestus d’aulbes et tunicques et aulx costés du saint Sacrement seront portés 4 torches de cire blanche et 4 cierges scavoir 2 devant le sacrement et 2 au devant de la Crois par 4 enfants aussi couverts d’aulbes et tunicques et sera le Sacrement porté par 2 desdits chanoines revestus de chappes et le poisle par 4 des plus notables de ladite paroisse qui seront choisis et priés par lesdits sieurs du chapitre,
faisant laquelle procession sera fait 2 stations aulx lieux les plus commodes qui seront advisés par lesdits sieurs du chapitre et procureurs de la fabrice, lesquels procureurs feront préparer en chacun desdits endroits un reposoir en forme d’autel esquels lieux sera chanté ung motet ou autre suffrage du saint Sacrement en musique ou pleine voilx, et lesquels sieurs du chapitre le jour de devant ladite procession diront en ladite église sollempnellement à 5 chappes doubles premières vespres et avanceront matines dès le soir aussi à 5 chappes pour donner lieu à ladite procession le lendemain qu’ils diront très sollempnellement avant ladite procession et au retour d’icelle la grande messe et après disner vespres le tout sollempnellement et à 5 chappes doubles
à toutes lesquelles heures et procession fors aulx matines et tierces y aura musique
et ad ce que lesdits paroissiens soient advertis de ladite procession y aura au devant d’icelle trompette, tambours et phiffres de la ville et y aura fouilles en l’église le tout aux frais et despends desdits sieurs du chapitre fors la somme de 4 livres qui sera chacun an payée et délivrée le jour devant de ladite procession par les procureurs de fabrice ès mains du recepveur ou fabriqueur dudit chapitre jusques ad ce que les paroissiens ayent admorty ladite rente de 4 livres qu’ils pourront faire en payant auxdits du chapitre la somme de 64 livres tz
et seront lesdites procession et service en la forme dessusdite faits et commencés dès le sabmedy et dimanche de l’octave de ladite fête du Sacre prochain
et pour ce faire a esté aussi présentement payé contant par lesdits procureurs de fabrice des mains de Me Jehan Gazou recepveur d’iceluy ad ce présent la somme de 32 livres 10 sols par une part et 4 livres par autre à l’effet de ladite procession et service de ladite octave du Sacre prochaine et en après lesdits du chapitre en feront les frais sauf ladite somme de 4 livres qui sera aussi payée et continuée par lesdits procureurs de fabrice jusques audit admortissement
et quant audit sieur Bodin meu et affectionné à ladite fondation a donné et donné le poisle pour servir audit saint Sacrement estant de velours violet cramoisi parsepmé de fleurs de lys qui a servy à la réception en ceste ville de la Royne mère du Roy Louis XIII à présent régnant à l’entrée dudit seigneur Roy en l’année 1614, en laquelle année ledit sieur Bodin estoit maire capitaine général de ladite ville, et lequel poisle ledit sieur Bodin auroit rachapté de ses deniers d’aulcuns officiers de sadite Majesté auxquels il appartenait pour droit d’entrée et de réception de sadite Majesté, prometant ledit sieur de Brizé à cest effect mettre ledit poisle tout aruplant et parfait armoyé des écussons tant de ses armes entières que mi parties de luy et de damoiselle Jacqueline Jouet son espuse ès mains desdits du chapitre,
et pour le regard dudit sieur Menard en continuant les affections et bienveillances à ladite église et pour le désir qu’il a aussi à ladite fondation comme le salut qu’il a cy devant fondé en ladite église sur les 6 heures du soir le jour de la procession au désir du tiltre par nous Deillé passé, lequel salut lesdits sieurs du chapitre célèbreront aussi en musique, a fondé et ordonné, fonde et ordonne par ces présentes le sermon et prédication estre dict en ladite église le mesme jour à une heure après midi se réservant pendant son vivant de nommer celuy qui fera ledit sermon, et après son décès, lesdits sieurs du chapitre y pourvoyront, et sera celuy qui fera ledit sermon chacun an adverty de inviter les auditeurs qu’il y aura salut à ladite heure cy dessus destinée et de prier Dieu pour les fondateurs et bienfaiteurs tant desdites procession, sermon, que salut
pour la dotation et entretien duquel sermon, ledit sieur Menard a donné et donne auxdits du chapitre la somme de 64 sols tz de rente foncière annuelle et perpétuelle qu’il a assise et assignée assiet et assigne généralement sur tout et chacuns ses biens meubles et immeubles présents et à venir promet et s’oblige la payer ès mains du recepveur dudit chapitre chacun an ledit jour de sabmedy devane ledit jour de la procession et sermon, premier paiement commençant le sabmedy de l’octave prochaine et à continuer en après à l’advenir, retenant néanlmoings ledit sieur Menard la faculté pour luy et les siens de pouvoir admortir ladite rente toutefois et quantes en payant audit chapitre la somme de 52 livres tz,
et seront les vicaires perpétuels de ladite église advertis par lesdits procureurs de fabrice d’inciter lesdits paroissiens de donner de leurs biens et moyens pour faire des angelots d’argent doré ad ce qu’on puisse porter commodément et avecq honneur le saint Sacrement sur des branquarts, attendu que lesdits du chapitre ont dit n’en avoir autre, et de porter torches cierges chandelles pour davantage honorer ladite procession, et seront pour une fois seulement baillé auxdits du chapitre par lesdits procureurs de fabrice 8 écussons de fer blanc, 4 grands et 4 petits, esquels seront représentés la figure d’une calice, et d’une hostie pour attacher aulx torches et cierges, et à l’effet de ladite procession seront lesdits paroissiens tenus faire tendre chacun endroit soy et mesmes ciels où faire se pourra, et seont les paroissiens de Saint Pierre et Saint Michel du Tertre en ce qu’il y en a qui ont maisons sur aulcunes desdites rues par lesquelles passera ladite procession priés par l’ung desdits sieurs du chapitre et députés procureurs de ladite paroisse faire tendre à l’endroit de leur maison en la forme cy dessus, et quant à l’entrée de ladite église, sera tendu de tapisserie par la diligence desdits procureurs de fabrice, et feront lesdits sieurs députés et procureurs de fabrice ratiffier ces présentes auxdits paroissiens dans un mois,
car ainsi les parties ont le tout voulu, consenty stipulé et accepté, et à ce l’entretenir et accomplir mesmes aulx dommages intérestz amendes rendre et restituer en cas de défaut se sont respectivement obligés et obligent scavoir lesdits du chapitre eulx et leurs successeurs biens et choses d’iceluy, et lesdits sieurs députés et procureurs de fabrice aussi eulx et leurs successeurs procureurs et paroissiens de ladite paroisse biens et choses prendre et vendre renonçant à toutes choses à cest effet contraires dont à leur requeste et de leur consentement les avons jugés et condemnés par le jugement et condemnation de ladite court
et fut fait et passé audit chapitre par devant notaires

Pièce jointe : acte extrait des registrs des conclusions des paroissiens de saint Maurille d’Angers, portant délégation et procuration pour la fondation ci dessus

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Autre exemple de la Providence justifiée.

Histoires édifiantes et curieuses. Tirées des meilleurs auteurs, avec des réflexions morales sur les différents sujets, Œuvres spirituelles de M. L’abbé B., 1796, 6e édition, Rouen, Labbey éditeur

  • Autre exemple de la Providence justifiée.
  • Rien de si ineffable que les ressources dela providence Divine envers ceux qui mettent en elle toute leur confiance. Tant de traits qui sont arivés en ce genre, devraient bien animer en nous cette confiance intime : en voici un bien capable de la renouveller, si les sentiments en étaient altérés dans nous.
    Un homme avait passé près de vingt ans dans la pauvreté la plus extrême et la patience la plus résignée à la volonté de Dieu, espérant toujours qu’il viendrait enfin à son secours et à celui de sa famille ; car il n’avait pour tout bien que six enfants, manquant souvent de pain pour fournir à leur subsistance.
    Dans ce temps-là un prédicateur célèbre prêchait le carême ; sa grande réputation d’éloquence et de sainteté amenait toute la ville à ses discours, et lui attirait la confiance de tous ses habitants. Un jour une personne inconnue s’adressa à lui, et lui dit : mon Père, j’ai une bonne œuvre à faire, et je vous la confie ; voilà mille écus, distribuez-les aux pauvres que vous connaîtrez dans un besoin réel. Permettez-moi, lui répond ce prédicateur, de ne pas me charger de cette commission ; vous connaissez les pauvres mieux que moi ; distribuez vous-même cette somme ; d’ailleurs, si on savait que ja fais ainsi des aumônes, tout le jour je serais assailli de pauvres, et je ne pourrais vaquer aux fonctions de mon ministère. La personne persista, et le supplia instamment de lui accorder cette grace. Le prédicateur croyant ne pouvoir s’y refuser, pria la personne de lui dire du moins ses intentions en détail, et de quelle manière elle voulait que cette somme fut employée. Eh bien, dit la personne, si vous le jugez à propos, au premier pauvre qui s’adressera à vous, ce sera la Providence elle-même qui en disposera.
    Le prédicateur prêcha le lendemain sur la Providence, et insista beaucoup sur ce passage de l’Ecriture Sainte : Jamais je n’ai vu le juste délaissé de Dieu, ni ses descendants manquant de pain.
    Cet homme pauvre dont nous avons parlé, avait assisté au sermon ; quand il fut fini, il vint voir le père, qui prenait quelque repos. Ah ! mon père, lui dit-il en entrant, vous avez annoncé de grandes vérités dans tous vos sermons, et j’y ai assisté avec consolation ; mais, pour aujourd’hui, permettez-moi de vous dire que je suis une preuve vivante du contraire de ce que vous avez dit : il y a vingt ans que je tâche de servir le Seigneur, et de vivre en chrétien ; je suis pauvre et réduit à la nécessité, toutes mes richesses sont six enfants que je ne nourris presque que du pain de mes larmes ; j’ai toujours mis ma confiance en la Providence, et espéré qu’elle viendrait à mon aide, mais inutilement ; je ne sais plus que devenir, et cette Providence disparaît à mes yeux.
    Eh bien, mon enfant, lui dit alors le prédicateur, bien loin que vous soyez une preuve du contraire de ce que j’ai prêché, vous deviendrez vous-même un monument sensible de cette Providence divine ; tenez, voilà mille écus, ils sont à vous, c’est elle qui vous les envoie. Ce pauvre homme tout transporté reçoit cette somme comme venant du Ciel, admire la bonté de Dieu, va annoncer à sa famille désolée le bonheur inespéré qu’il vient d’éprouver. Tous ses enfants fondant en larmes de joie, se prosternent pour rendre graces au Seigneur de ses ineffables bontés, et pour prier pour la personne de piété qui leur avait procuré ce secours abondant dans le même où ils étaient sur le point de tomber dans le désespoir.
    (ce trait est arrivé au commencement de ce siègle et presque de nos jours)

    Le pardon des injures.

    J’ai cherché sur le Net, et j’ai trouvé d’autres éditions ou recueils de ces ouvrages, mais pas celui qui suit, dans lequel je vous ai tappé quelques chapitres dignes de réflexion.

    Histoires édifiantes et curieuses. Tirées des meilleurs auteurs, avec des réflexions morales sur les différents sujets, Œuvres spirituelles de M. L’abbé B., 1796, 6e édition, Rouen, Labbey éditeur

  • Le pardon des injures.
  • Jean Gualbert était noble et homme de guerre ; un de ses proches parents ayant été tué, le meurtrier évitait avec grand soin tous ceux de cette famille ; cependant un jour Gualbert, accompagné de ses écuyers, rencontra ce meurtrier dans un chemin si étroit, qu’il était impossible de se détourner l’un de l’autre. Le coupable se voyant dans cet état, désespéra de sa vie ; et se croyant perdu, il se jette par terre sur le visage, les mains étendues en croix et attendait sa mort. Gualbert en fut touché, et par respect pour la croix de Jésus-Christ qu’il représentait par sa posture, il lui pardonna, lui dit de se retirer, et que désormais il pouvait aller librement sans rien craindre.
    Gualbert dans le moment va dans une église de St Miniat, près de Florence, et s’étant prosterné pour prier, il vit le crucifix s’incliner vers lui, comme en témoignage d’approbation de l’action héroïque qu’il venait de faire. On garda cette croix, et on la montre encore à Florence.
    Jean Gualbert touché de ce miracle, commença à penser sérieusement à quitter le monde, et à se donner tout à Dieu ; étant arrivé aux portes de Florence, il y envoie ses gens préparer le logis, et retourne sur ses pas à l’église de St Miniat ; il y avait un monastère, il demande l’abbé, et le prie de l’aider dans son dessein, lui raconta le miracle de la croix qui venait d’arriver ; l’abbé lui conseilla de quitter le monde ; mais, pour l’éprouver, il lui représenta les rigueurs de la vie monastique, et combien il était difficile de les soutenir dans la fleur de sa jeunesse. Gualbert ne fut point ébranlé.
    Cependant un de ses vens voyant qu’il ne venait point à Florence, retourne à la maison, et dit au père de Gualbert ce qui s’était passé ; celui-ci, fort alarmé, cherche partout son fils ; et, après bien des recherches, il apprend qu’il était à St Miniat, et qu’il voulait prendre l’habit monastique. Ce père s’y transporte, demande son fils, crie et menace, si on ne le lui rend.
    Jean ne voulait point paraître devant son père, sachant bien qu’il en venait que pour le tirer du monastère. Dans cette extrémité Gualbert se dit à lui-même : de qui puis-je recevoir plus dignement le saint habit, que de l’autel où l’on offre le sang de Jésus-Christ. Alors, trouvant par hasard l’habit d’un des moines, il le porta promptement à l’église, le mit sur l’autel avec respect ; et, après s’être coupé les cheveux, il s’en revêtit avec joie. Tous les moines admirèrent sa foi ; l’abbé étant entré, et le voyant assis avec les autres, il fit aussi entrer son père. D’abord qu’il vit son fils en cet état, il déchira ses habits, se frappa la poitrine et paraissait hors de lui ; enfin l’abbé, les moines et son fils même lui parlèrent si efficacement, qu’il revint à lui ; il donna sa bénédiction à son fils, et s’en retourna adorant les desseins de Dieu.
    C’est ce même Jean Gualbert qui fonda dans la suite le célèbre monastère de Valombreuse.
    A la vue de la croix de Jésus-Christ, quel sacrifice peut-on refuser à Dieu ?
    Ce Dieu Sauveur en mourant a prié pour ses ennemis et leur a pardonné sa mort : refuserons-nous d’accorder le pardon de quelques légères offenses qu’il nous demande lui-même pour nos ennems ?
    Un acte héroïque peut devenir la force des graces les plus abondantes, et un gage de prédestination ; estimons-nous heureux si nous avons l’occasion de le pratiquer
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    Beau trait d’un officier, au sujet d’une vocation religieuse

    J’ai cherché sur le Net, et j’ai trouvé d’autres éditions ou recueils de ces ouvrages, mais pas celui qui suit, dans lequel je vous ai tappé quelques chapitres dignes de réflexion.

    Histoires édifiantes et curieuses. Tirées des meilleurs auteurs, avec des réflexions morales sur les différents sujets, Œuvres spirituelles de M. L’abbé B., 1796, 6e édition, Rouen, Labbey éditeur

  • Beau trait d’un officier, au sujet d’une vocation religieuse
  • Dans une ville de ce royaume se trouvait une famille de gens de condition ; mais, par le malheur des événements et des temps, peu accomodés des biens de la fortune. Le père et la mère n’avaient qu’une fille, à qui ils avaient donné tout ce qu’ils pouvaient lui donner dans leur situation, une excellente éducation. La jeune personne était d’ailleurs une personne, on peut dire parfaite, en qui la nature et la grace avaient réuni tous les dons ; l’esprit, le cœur, le caractère, les agréments, les talents ; et, ce qui était encore préférable, une piété tendre et solide au dessus de son âge.
    Dans ce temps vint un régiment en quartier d’hiver dans cette ville ; un officier d’un âge mur, homme d’honneur et de probité, fut logé dans cette famille ; charmé des excellentes qualités de la jeune personne, il prit inclination pour elle ; et, après un certain temps, il la demanda en mariage à ses parents, qui regardèrent cette demande comme une fortune pour leur fille et pour eux. Ils répondirent à l’officier qu’il leur faisait beaucoup d’honneur de penser à leur fille, mais qu’aux bons sentiments près, ils n’avaient que bien peu à lui donner. Je demande votre fille, dit l’officier, j’ai du bien pour elle et pour moi. On en fit donc la proposition à la jeune personne, lui laissant entrevoir la grace que Dieu leur accordait à elle et à eux. Elle ne répondit rien, et ne parut y consentir que par son silence ; la situation de ses parents ne lui permettaient pas de refuser ouvertement ; on se donne les paroles de part et d’autre, et le jour où l’on devait épouser étant venu, la demoiselle parut toute triste et toute affligée ; l’officier lui en ayant demandé la raison, elle ne put ou n’osa s’expliquer, ou ne s’expliqua que par ses soupirs et ses larmes ; mais enfin, mademoiselle, lui dit l’officier, il faut vous expliquer, je l’exige absolument de vous. Eh bien, monsieur, lui dit-elle en soupirant, puisque vous me le permettez, je vous dirai que si je m’établis, ce n’est que malgré moi ; mon désir et ma volonté ont toujours été de me faire religieuse et de me consacrer à Dieu. Mais pourquoi donc ne l’avez-vous pas dit, et ne le faites vous pas, dit l’officier ? C’est parce que mes parents ne sont pas en état de me faire une dot, répondit-elle. Ah ! si cela est ainsi, ajouta l’officier, je ne suis pas pour être le rival de Dieu, je vous ferai moi-même votre dot ; suivez les sentiments que Dieu vous inspire. La chose fut ainsi exécutée. La demoiselle se fit religieuse dans une maison où reignait la plus grande régularité. Celui de qui on tient ce fait, prêcha le semon de la vêture ; l’officier y assista, et après la cérémonie, il donna un grand repas aux parents ; le prédicateur y fut aussi invité et il a assuré que les agapes des premiers Chrétiens n’avaient rien de plus édifiant que le fut ce festin et tous les discours qui firent la matière de la conversation. La religieuse vécut dans cette communauté, dont elle fut le modèle et l’exemple ; et, après 4 ans, elle mourut de la mort des saints, comme elle avait vécu de la vie des élus.
    Que de graces de Dieu ne dut pas attirer à cet officier l’acte héroïque qu’il fit en cette occasion ?
    Un acte généreux peut devenir un principe de prédestination et de salut éternel. Heureuses les âmes capables de ces grands sentiments ! D’un seul pas elles font un chemin immense dans les voies de Dieu.

    L’inconstance de la prospérité de ce monde.

    Voici quelques extraits édifiants des lectures de nos ancêtres :
    J’ai cherché sur le Net, et j’ai trouvé d’autres éditions ou recueils de ces ouvrages, mais pas celui qui suit, dans lequel je vous ai tappé quelques chapitres dignes de réflexion.

    Histoires édifiantes et curieuses. Tirées des meilleurs auteurs, avec des réflexions morales sur les différents sujets, Œuvres spirituelles de M. L’abbé B., 1796, 6e édition, Rouen, Labbey éditeur

  • L’inconstance de la prospérité de ce monde.
  • La prospérité mondaine n’est jamais durable, et les faveurs de la fortune sont toujours inconstantes. Ainsi l’homme ne devrait point se laisser enfler par cette prospérité trompeuse ; de même qu’il ne doit point se laisser abattre par des adversités passagères. La fortune, ou plutôt la Providence, élève et abat, bâtit et renverse, glorifie et humilie comme il lui plaît dans un instant, sans qu’on puisse jamais s’assurer d’être fixe et invariable dans son état.
    C’est ce qu’on fit entendre à ce superbe roi d’Egypte, Séfostris, qui, ayant vaincu quatre roix, qu’il rendit captifs, les faisait attacher à son char toutes les fois qu’il sortait de son palais. Un de ces illustres et infortunés captifs regardant un jour une des roues de ce char, et tenant les yeux fixement attachés sur elle, la considérait attentivement. Le roi, orgueilleur, s’en était aperçu, lui demanda ce qu’il pouvait regarder avec tant d’attention. Je regarde, répondit le captif, qu’il y a beaucoup de rapport entre la roue de la fortune et celle de ce char ; je vois que ce qui est au plus haut de la roue passe en un moment dans la boue, et ce qui était dans la boue monte au plus haut dans l’instant suivant. J’ai été grand, je me vois captif, et je puis peut-être remonter encore quelque jour sur mon trône ; et vous, grand roi, vous pouvez craindre de descendre du vôtre par quelque revers de fortune. Ces paroles touchèrent ce prince superbe ; et, faisant réflexion sur la vicissitude des choses humaines, il ordonna de délier ces quatre prince, et les renvoya chargés de présents dans leurs royaumes.
    (tiré de Nicéphore)
    Apprenons à ne pas nous laisser éblouir par l’éclat de la prospérité, qui, peut-être, s’éclipsera bientôt.
    Soyons touchés de compassion sur le sort des malheureux, et pensons que nous pourrons le devenir nous-mêmes.
    Adorons les desseins de Dieu dans quelque état que nous puissions nous trouver, et tenons-nous dans sa soumission aux ordres de la Providence.