Contrat de mariage de François Caillaud, Nantais, avec Renée Cochelin, Angers 1609

et le Nantais n’est pas venu seul, non seulement il est avec son frère, mais aussi d’autres parents.
Je me demande toujours, puisque je domine la Loire, du haut de ma tour à Saint Sébastien sur Loire, si ce type de déplacement était alors par la Loire ou par terre. J’ai beau avoir lu plusieurs ouvrages d’histoire sur les transports sur Loire autrefois, je ne parviens pas toujours à saisir si de tels déplacements était par la Loire.
Car, si on veut bien considérer tout le travail que je fournis sur ce blog, il y avait bien des Nantais à épouser des Angevines !!! Il devait donc y avoir des bateaux à passagers assez fréquents !

Ici, la famille est de bourgeoisie très aisée, au regard des dots que l’on rencontre en Anjou, même si je pense savoir que les Nantais trouveront la somme moins importante à leurs yeux, car un port est signe de fortunes de mer plus importantes mais aussi moins stables, car la fortune de mer c’est aussi avec risques et périls de mer !!!
La dot de Renée Cochelin se monte à 4 000 livres en deniers plus trousseau et habits, et j’estime, au vue de mon expérieuce, qu’il convient d’estimer ces derniers à près de 500 livres et je dirai donc que la dot réelle se monte à 4 500 livres au total.
A titre de comparaison, à cette date de début du 17ème siècle, la dot d’une fille d’avocat ou notaire était plus près de 2 000 que de 4 000 livres.

collection particulière, reproduction ingterdite
collection particulière, reproduction ingterdite

Cette carte postale est assez spéciale, car avant 1914, aux tous débuts de la carte postale, on a édité quelques fantaisies qui ressemblent bien à des loupés. Ici, les photographes viennent de découvrir comment peindre de la couleur sur le noir et blanc.
Hélas, les toîts du château de Nantes n’ont connu que l’ardoise grise, etc…
J’en conclue que ce photographe n’a jamais vu le château.

Cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E8 – Voici ma retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 21 mars 1609 (René Serezin notaire royal à Angers) au taité de mariage d’entre honorable homme François Caillaud marchand demeurant à la Fosse de Nantes fils de deffunt honorable homme François Caillaud et de honorable femme Marguerite Bernard dame de la Tounnessière ? et Renée Cochelin fille de honorables personnes René Cochelin marchand bourgeois d’Angers et de Renée Crouilleau demeurant Angers paroisse st Michel de la Palluz ont esté auparavant aulcune bénédiction nuptiale fait et accordé par devant nous René Serezin notaire royal à Angers les accords et pactions matrimoniales qui s’ensuivent
c’est à savoir que lesdits Cochelin et femme ont donné et promis bailler auxdits futurs conjoints dans le jour de leurs espousailles la somme de 4 000 livres tz en advancement de droit successif de ladite Renée leur fille, de laquelle somme de 4 000 livres en demeurera 2 500 livres de meubles communs entre lesdits futurs mariés au cas qu’il y ait communauté acquise entre eux et non autrement, qui sera après l’an et jour de la bénédiction nuptiale, et où il n’y auroit communauté acquise auparavant la dissolution dudit mariage promet et s’oblige ledit Caillaud ses hoirs et ayant cause rendre à ladite future espouse ses hoirs et ayant cause ladite somme de 2 500 livres et le surplus de ladiet somme de 4 000 livres montant 1 500 livres demeurera et demeure de nature de propre paternel et maternel de ladite Renée Cochelin et laquelle somme de 1 500 livres tz ledit Caillaud et noble homme Me Jehan Caillaud son frère advocat en parlement de Bretagne demeurant à Nantes paroisse ste Croix présent tant en privé nom que eux faisant fort de ladite Bernard et en chacun desdits noms et qualités et en chacun d’iceulx un pour le tout et chacun d’eux seul et pour le tout ont promis mettre convertir et employer en acquest d’héritage de pareille nature pour et au nom de ladite Renée sans que ladite somme de 1 500 livres et acquests qui en seront fait ne l’action pour le demander puisse tomber en la communauté desdits futurs mariés, et à défault d’acquest ont iceulx Caillaud esdits noms solidairement vendu créé et constitué à ladite Renée Cochelin rente de ladite somme à la raison du denier vingt qu’ils ont assise et assignée sur tous et chacuns leurs biens meubles et immeubles hors part de communauté, laquelle rente ils sont et demeurent tenuz rachapter un an après la dissolution dudit mariage pour pareille somme de 1 500 livres
outre promettent lesdits Cochelin et femme accoustrer leur fille d’habits nuptiaulx et luy donner trousseau honneste selon sa qualité,
et à laquelle future espouse ledit Caillaud futur espoux et ledit Caillaud son frère se faisant fort de ladite Bernard leur mère ont accordé la somme de 80 livres tz par chacun an de douaire conventionnel cas de douaire advenant, sy mieux elle n’aime prendre son douaire coustumier, le tout à son choix et option, et outre cas advenant que ldit futur espoux decèderoit sans enfants dudit mariage au dedans de l’an et jour d’iceluy a ledit futur espoux dès à présent fait don à ladite future espouse de toutes et chacunes les bagues et joiaulx qu’il luy baillera en faveur dudit mariage par ce que aussy le décès dudit futur espoux advenant le premier sans enfants dans ledit an et jour dudit mariage ledit futur espoux pourra reprendre lesdits bagues et joiaulx, et au cas que ledit futur pendant iceluy mariage du consentement de ladite Cochelin ou tous deux ensemble vendent ou autrement alliennent des héritages d’icelle Cochelin ledit futur espoux est et demeure tenu et obligé d’en convertir les denirs en acquests réputés propres d’icelle Cochelin et de mesme nature que ceulx qu’il aura vendus et à faulte de de faire dès à présent luy en promet récompense sur ses propres,
et en faveur et contemplation duquel mariage a ledit Me Jehan Caillaud auditnom de procureur de ladite Bernard sa mère quité et quite par ces présentes ledit François Caillaud de toutes et chacunes ses pensions nourriture et entetennement qu’elle eust peu prétendre contre et vers luy depuis le décès de son feu père jusques à présent, sans que jamais ladite Bernard ou ledit Me Jehan Caillaud et autres ses enfants puissent faire aulcune demande, à quoy il a tant pour luy que ladite Bernard dès à présent renoncé et renonce,
et au moyen de ce que dessus se sont lesdits futurs conjoints du vouloir et authorigé de leurs père mère frère et autres leurs proches parents promis et promettent mariage l’un à l’autre et iceluy solemniser en face de sainte église catholique apostolique et romaine si tost que l’un en sera requis par l’autre pourveu qu’il ne se trouve empeschement légitime promettant ledit Caillaud faire ratiffier ces présentes à ladite Bernard et en fournir et bailler auxdits Cochelin et femme lettre de ratifficaiton et obligation vallable à peine de toutes pertes despens dommages et intérests ces présentes néantmoings etc
car ainsy a esté accordé stipulé et accepté entre lesdites parties, tellement que à ce que dessus tenir etc et à payer etc et aulx dommages etc obligent respectivement etc et lesdits Cochelin et femme au paiement de leurs promesses eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de personne ne de biens etc et ledit Caillaud esdits noms et qualités et en chacun d’eulx seul et pour le tout sans division etc renonçant respectivement au bénéfice de division discusison d’ordre de priorité et postériorité foy jugement et condemnation etc
fait et passé audit Angers maison desdits Cochelin et femme en présence de honorable homme Jacques Beranger marchand beau frère dudit futur espoux, François Boileau son cousin, Jacques Fresneau marchand demeurant à Nantes, messire Jehan Baptiste Ferrant docgteur régent en la faculté de médecine, Charles Gohier marchand demeurant Angers oncles de ladite future espouse, Jehan Lebreton marchand demeurant à Angers et Fleury Richeu praticien demeurant à Angers

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Licitation des biens de feu Pierre Grégoire, Cugand 1755

qui a 6 enfants, à ce que je compte dans cet acte, mais si peu de biens qu’un seul va les prendre et payer le peu aux autres. Il paye 60 livres aux 5 autres, ce qui met la totalité des biens du père à moins de 80 livres en 1755, ce qui est excessivement peu et je dirais même pauvreté.

Je descends bien de Baron, Luneau etc, mais suis dans la brouillard car dans cette région c’est souvent le cas.

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales de Loire-Atlantique, série 4E5 – Voici la retranscription de l’acte (voir ci-contre propriété intellectuelle)
:
Le 22 février 1755 après midy devant nous notaires de la cour et chastellennie de Clisson soussignés avec soumission de personnes et biens et prorogation de juridiction y jurée etc ont comparu Mathurin Baron comme père et garde naturel des enfants de son mariage avec feu Renée Grégoire sa femme, Jean Luneau comme père et garde naturel des enfants de son mariage avec feu Michelle Gregoire, demeurant les deux au bourg et paroisse de Cugand, René Dobigeon comme père et garde naturel des enfants de son mariage avec feue Perrine Gregoire demeurant au village de la Grange Treillbois dite paroisse de Cugand, François Gregoire chapentier demeurant à la Mosnerie, Marie Gregoire veuve René Griggon demeurant à la Charie, et Pierre Gregoire sabotier demeurant au dit village de la Charie tous paroisse de Gsetigné, lesquels considérants le peu de valeur des fonds délaissés par feu Pierre Gregoire leur père et beau père, lesquels consistent en la totalité des biens arrentés par ledit feu grégoire et Renée Bretin leur mère et belle mère, lesquels sont situés tans sur le tennement de la Charie que celuy de la Lourière et que les frais qu’ils seroient obligés de faire pour parvenir au partage d’iceux en (effacé) la majeure partie s’ils ne les consommoient ,
pour quoy ils ont fait la délibération et partage par deniers en la forme et manière qui suit par lequel lesdits Baron, Luneau, Dobigeon auxdits noms François et Marie Grégoire, ont céddé et transporté à titre de licitation et partage par deniers et non autrement avec promesse de garantie à quoy ils s’obligent sur tous leurs biens meubles et immeubles présents et futurs quelconques,
audit Pierre Gregoire acceptant, scavoir est leurs parts et portions de la totalité des biens arrentés par ledits feu Pierre Gregoire et Renée Bretin leurs père et mère sans du tout en rien réserver, que ledit Pierre Gregoire a dit bien scavoir et connaistre et a renoncé d’en demander plus ample explication et déclaration ny debornement, à la charge à luy de payer et acquiter à l’avenir quitte du passé toutes et chacunes les rentes qui se trouveront deues pour cause desdites choses et d’en faire les sertes et obéissances

selon le Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) sur http://www.atilf.fr/dmf
SERTE, subst. fém.
A. – « Service »

B. – DR. FÉOD.
1. « Charge (féodale) »
2. « Servitude (liée à un bien) »

C. – P. méton.
1. « Période de service d’un serviteur, d’un ouvrier »
2. « Salaire »

de seigneurie au seigneur de Clisson et de Tiffauges par moitié à la coutume de la marche desquels lesdites choses relèvent prochement et roturièrement
et a été ladite licitation et transport fait pour et moyennant la somme de 60 livres que lesdits Baron, Luneau, Dobigeon, François et Marie Gregoire ont reconnu avoir receue dudit Pierre Gregoire et l’en ont quitté et quittent o quiitance etc et à ce moyen se sont trouvés pour bien et justement partagés en lesdites choses, dont ils se sont désaisi pour et au profit dudit Pierre Gragoire qu’ils en ont saisy, et pour le mettre et introduire si besoing est en la corporelle possession desdites choses ils ont choisi leurs procureurs spéciaux les notaires soussignés ou autres premiers requis avec tous pouvoirs pertinents quant à ce, le tout ainsi et de la manière voulu, consenti stipulé et accepté par lesdites parties,
passé audit Clisson étude de Bureau l’un des notaires soussignés, et sur ce que les partyes ont déclaré ne scavoir signer elles ont fait signer à leur requeste scavoir ledit Baron à Me Pierre Perere, ledit Luneau à Me Joseph Hervoüet, ledit Dobigeon à François Paviot, ledit François Gregoire à Gabriel Alphonse, ladite Marie Gregoire à Louis Gautru, et ledit Pierre Gregoire à Augustin Grenouilleau tous dudit Clisson

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Contrat de mariage de Nicolas Guillouard et Guillemine Bessirard, La Sauvagère (61) 1658

les 4 frères font un mariage de rang social équivalent, avec cependant la différence que Noël ne verra pas de meubles vifs, et donc qu’il est journalier sans bêtes propres. C’est lui qui quitte la paroisse, car je pense que ceux qui partent sont le plus souvent des cadets, qui tentent d’aller faire fortune plus loin.
Il faut noter que les 2 siècles suivant cette branche Guillouard restera à ce niveau social, peu aisé.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales de l’Orne, 4E172/58 – vues 185-186/303 – La Ferté-Macé – vues 92-93/202 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 29 décembre 1658 en traitant du mariage qui au plaisir de Dieu et en face de nostre mère ste église catholique apostolique et romaine sera fait parfait et accomply les constitutions et ordonnances d’icelle bien et duement observées par entre Nicolas Guillouard fils François et de Jeanne Bordel ses père et mère d’une part, et de Guillemine Bessirard fille de deffunt Simon et de Jeanne Barré aussy ses père et mère d’aultre part, tous de la paroisse de La Sauvagère, lesquels se sont promis la foy l’ung à l’aultre et s’épouser à la première requisition de l’unge ou de l’autre des parties, à quoy ont esté présents ladite Barré mère de ladite affidée et Jacques, Michel et Guillaume Bessirard aussy frères, lesquels en faveur dudit mariage pourveu que il soit accomply comme dit est ont promis donner auxdits futurs en don pécuniel la somme de 120 livres tz pour la part et portion que ladite fille pourroit espérer de la succession tant du paternel que maternel, en oultre ont promis donner à ladite fille un habit nuptial à l’usage de ladite fille outre ce que elle en peut avoir, plus un lit garny, plus une vache pleine ou le veau après elle, avec une genisse venante à deux ans, plus 2 moyens plats avec 4 aultres petits et 6 assiettes, un pot, le tout d’estain suffisant, et oultre un grand coffre de bois de chesne fermant à clef bon et suffisant avec un demy coffre de bois de fousteau et attrousseler ladite fille de linge selon la maison d’ou elle part et celle dont elle va, de laquelle somme de 120 livres il en sera payé par lesdits Barré et Bessirards au jour des nopces ou espousailes la somme de 40 livres et du jour des nopces en un an la somme de 15 livres et ainsy d’an en an faire et payer pareille somme de 15 livres, jusques en fin du terme et payement, de laquelle somme cy dessus mentionnée il en sera remplacé par ledit François Guillouard père dudit affidé sur le plus clair de tous ses biens la somme de 40 livres tz pour servir de dot ou assignat à ladite fille, en oultre son douaire coustumier, dont du tout lesdites parties sont demeurées à un et d’accord, présents François Desjoncherets, Marguerin Bernier, Pierre Guilloaurd, Léonard Lemercier et Guillaume Duvel tesmoins
Le 18 août 1662 à La Sauvagère devant les tabellions royaulx de La Ferté Macé après midy furent présents Michel et Guillaume Bessirards frères, fils de feu Simon Bessirard, de la paroisse de La Sauvagère, ledit Guillaume faizant fort pour ledit Michel, lesquels à l’instance de Nicolas Guillouard leur frère en loy ont recogneu loué approuvé ratiffié le contenu mentionné en l’autre part escript dans une feuille de papier en forme de traité de mariage soubz seing privé après luy en avoir donné la lecture mot après autre a recogneu estre leurs propres faits et seingscedulle promesses et obligations qu’il a promis entretenir de point en point en tout son contenu sur l’obligation de tous ses biens meubles et héritages, présents Nicolas Duvel et Nicolas Guillemard de la dite paroisse tesmoins

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Contrat de mariage de Julienne Guillouard et Léonard Lemercier, La Sauvagère (Orne, 61) 1675

Je poursuis l’étude ce la fratrie Guillouard, mes plus anciens ancêtres sur ce patronyme, à travers leurs contrats de mariage.

Le mariage de la soeur de Pierre Nicolas Noël et Gilles Guillouard, dont le père vit toujours, et même sans doute la mère, est surprenant.
Les registres paroissiaux commençant plus tard, on ne peut dire si le couple a eu des enfants, et quant ils sont décédés, mais manifestement ils vivent à La Sauvagère puisqu’on apprend que Léonard Lemercier y possède une maison qu’il laisse à sa future. Mais une chose est certaine, on ne trouve aucune postérité à ce couple, soit par les mariages de la génération suivante etc…
Le père, François Guillouard, présent, ne promet strictement rien à sa fille !!!
C’est curieux, et même très curieux.
Alors, le futur, malgré son argent, est-il contrefait ??? J’en suis à me poser une telle question !!! On peut aussi supposer qu’il avait été militaire et rentré au pays car tous ne mourraient pas au service, ce qui lui donnait un petit pécule, mais l’âge et probablement les handicaps physiques. En rentrant de l’armée ils ont généralement 35 à 40 ans.

En tous cas, une chose est certaine, le père et les 4 frères casent bien leur soeur et s’économisent de la doter !!!!
Malheureusement, les archives notariales de l’Orne contiennent fort peu de successions, car les successions y étaient le plus souvent traités par un sergent royal donc sans acte qui nous soit parvenu, car ceux-ci ne conservaient pas leurs fonds. On ne peut donc savoir si le petit bien de Léonard Lemercier est retourné aux Lemercier collatéraux et à combien il pouvait se monter.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales de l’Orne, E172/60 – vues 261-262/333 – La Ferté-Macé – notariat de Briouze – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 5 janvier 1672 devant les tabellions royaux soussignés, pour parvenir au mariage qui au plaisir de Dieu et en face de nostre mère ste église catholique apostolique et romaine sera fait parfait et accomply les constitutions et ordonnances d’icelle bien et duement observées par entre Léonard Lermertier fils de deffunt André et de Robine Lenglois ses père et mère d’une part, et de Julienne Guillouard fille de François et de Jeanne Bordel aussy ses père et mère d’autre part, tous de la paroisse de La Sauvagère, lesquels se sont promis la foy l’un à l’autre et s’espouser à la première réquisition d’une des parties à quoy a esté présent ledit François Guillouard père de ladite affidée lequel a eu se présent pour agréable et en faveur d’iceluy a promis donner et garder à sadite fille sa part de sa succession et de celle de sa mère et ledit Léonard Lemertier futur espoux a promis et a donné par le présent à sadite future espouse la maison manable et tous ses héritages pour par elle en jouir sa vie durant sans les pouvoir vendre ny aliéner et en oultre luy donner en cas qu’il allast de vie à trespas auparavant sa dite future espouse tous ses meubles tant morts que vifs sans aucune réservation sans quoy le mariage n’auroit esté fait et en oultre se sont promis douaire l’un l’autre sur tous et chacuns leurs biens et ainsy demeurés à un et d’accord présentes Gilles et Jean Fourray, Pierre Nicollas Noël et Gilles Guillouard et Gilles Duvel

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Contrat de mariage de Pierre Guillouard et Marie Bernier, La Sauvagère (61) 1657

C’est l’un des frères de Gilles, vu ici ces jours-ci. En fait j’ai dans cette fratrie 4 frères et une soeur tous mariés, et dont j’ai les contrats de mariage, et mon propos sera donc de dresser un tableau comparatif des 5 contrats de cette fratrie.
D’autant qu’à La Sauvagère, selon mes observations et calculs, mis autrefois sur mon site, on vivait longtemps en général, et quand on avait 4 fils il était difficile de leur laisser la seule place du père, et de caser les autres.

Le comte de Contades raconte :

« le voisinage des forêts, et la situation élevée, étaient un gage de santé pour les habitants de La Sauvagère. Aussi le nombre des vieillards y a toujours été considérable, en dépit d’une alimentation défectueuse, générale à la Basse-Normandie. En 1781 on enterre une centenaire Anne Laisné »

Le dépouillement du registre montre beaucoup d’octogénaires, et surtout plus de naissances que de décès.

Je vous ai déjà décrit ces jours-ci les énormes registres reliés des archives notariales de l’Orne, et quelques difficultés pour trouver la fin d’un acte.
Il existe un autre problème pour trouver les contrats de mariage, car en fait puisque les dots étaient rarement payées dans les temps, on devait se référer à ce contrat souvent des décennies plus tard. Le notaire sortait donc à ce moment là le contrat de son année réelle, et le reclassait avec la transaction passée des décennies plus tard.
Ainsi, à titre d’exemple, le contrat de Pierre Guillouard, passé en 1657, est classé en 1679, soit 22 ans plus tard, et d’ailleurs dans le registre de 1679 on commence par l’intervention de reconnaissance par Jean Bernier de ce qui avait été écrit 22 ans plus tôt, et dont l’original est reporté ici comme une vulgaire copie et pièce jointe.
Vous allez voir au passage que le père de Pierre est encore vivant 22 ans après avoir marié son fils, donc il fait bien partie des vieillards dont je vous parlais, et si fréquents à La Sauvagère. Dans ces conditions, les fils tardaient à avoir leur part, phénomène que nous connaissont de nos jours, mais qui était rare autrefois.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales de l’Orne, AD61-4E174/19 vues vues 325-328/587- notariat de Briouze – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 10 janvier 1679 au bourg de La Sauvagère avant midy, furent présents Jean Bernier, François et Pierre Guillouard père et fils d’autre, de la paroisse de La Sauvagère, lesquels à l’instance les uns des autres ont recogneu approuvé et ratiffié et eu pour agréable certain escript en forme de traité de mariage soubz fait prins en dabte du 7 février 1657 après lecture à eux faite ont cogneu de part et d’autre estre leurs propres faits et signes qu’ils promettent delié chacun de celle part de point en point en tout son contenu sur l’obligation de tous leurs biens meubles et héritages présents Marguerin Feron et Marin Guilmard
Le 7 février 1657, au traité de mariage qui au plaisir de Dieu sera fait et accomply selon les constitutions et cérémonies de nostre mère sainte église catholique apostolique et romaine entre Pierre Guillouard fils de François Guillouard et Jehanne Bordel ses père et mère d’une part, et Marie Bernier fille de deffunt Jacques Bernier et Barbe Huet ses père et mère, d’autre part, tous de la paroisse de La Sauvagère, ou a esté présents Jean Bernier frère de la mariée, lequel luy a promis en faveur dudit mariage en don pécuniel pour sa part et portion de ses biens meubles et héritages la somme de 150 livres avec un habit honneste et selon son usage, un habit, un lit fourny de couette, traversier, oreiller, couverture et courtine et pendant dudit lit selon la coustume, avec une douzaine de linge, un coffre de bois de chesne fermant à clef bon et suffisant, une vache pleine ou le veau après elle, une genisse de 2 ans, 6 brebis pleines ou les aigneaux après elle, 6 écuelles, 6 assiettes, un pot, le tout d’estain, à payer ladite somme de 150 livres à scavoir aux nopces la somme de 30 livres, et dudit jour en un an la somme de 15 livres et consécutivement d’an en an à pareil jour et terme la somme de 15 livres jusques à fin de payement, à quoy a esté présent ledit François Guillouard père dudit Pierre Guillouard qui a consenty et accordé que de ladite somme de 150 livres en soit mis et employé en fond ou rente la somme de 100 livres au nom et ligne de ladite fille pour assignat et au cas que ledit Pierre son fils décédast en son vivant ladite fille ait son douaire coustumier sur tous ses biens comme sy dès à présent ledit Pierre estoit héritier, fait le 7 février 1657, présents Me Guillaume Bernier prêtre, François Desjoncherets

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Contrat de mariage de Gilles Guillouard et Marie Marguerie, La Sauvagère (61) 1667

Que mes lecteurs Angevins se rassurent, je mets toujours un acte angevin le même jour qu’un acte normand, et il leur suffit de défiler l’écran pour le voir. Je même 2 provinces parfois de frond.

Gilles Guillouard est le père de Françoise, dont je vous avais mis hier le contrat de mariage. Il est aussi frère de mon ancêtre Pierre Guillouard qui est témoin ici.
L’acte m’apprend la présenceà ce contrat de mariage d’un noble, que je dirais parlant quant à la profession de mes Guilloaurd. En effet, ils demeurent à proximité de la forêt, n’ont pas ou peu de bêtes, et ont une loge, et j’ai depuis longtemps émis l’hypothèse que leur métier de journarlier était parfois en lien avec la forêt, d’autant qu’ils ne sont jamais cités pour les métiers de la forge toute proche, mais que la forge a besoin de la forêt.
Or, si on regarde par le menu ce contrat de mariage, on trouve parmi les témoins Me Anthoine Clouet verdier des eaux et forests. Pour avoir dépouillé plusieurs contrats de mariage de l’Orne, je peux conclure que les témoins sont proches parents et dans un ordre bien défini, mais que les notables ne sont pas présents, si ce n’est pour une bonne raison.

Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) http://www.atilf.fr/dmf
VERDIER1, subst. masc.
A. – « Officier ayant la garde et la juridiction d’un domaine forestier »

La présence de ce témoin notable s’expliquerait seulement par son lien hiérarchique, à savoir il gère la forêt, et ces Guillouard sont des ouvriers journaliers de la forêt, même si je n’ai jamais rencontré pour eux le terme de bûcheron.

Enfin Gilles Guillouard semble faire un mariage confortable avec 300 livres de dot promise à la fille plus son trousseau, alors qu’hier je vous mettais le contrat de mariage de sa fille qui n’est que la moitié de celui-ci, et je vous indiquais aussi que la dot de 300 livres promise en 1667 à Gilles, n’était toujours pas soldée, ce qui se rencontre fréquemment dans l’Orne, contrairement à l’Anjou.
Il s’avère que Marie Marguerit avait au moins un frère, Jean Marguerit, qui épousa Françoise Fourey fille de Jean et Françoise Louvel, de Champsegré (AD61-B49/f°120, Ct de mariage du 29.1.1658 à Champsegré). Donc, ceci signifie que le père de Marie Marguerie décède avant d’avoir payé la dot, et son (ou ses) fils étant ses héritiers (comme je vous l’ai déjà indiqué ici les filles ne sont pas héritières) et ce sont donc le (les) frère qui doivent soldé la dot, donc parfois (ou souvent ?) sans se presser. Ainsi sur le contrat de mariage de Françoise Guillouard, fille de Gilles, que je vous mettais hier, il faut comprendre que Françoise Fourré vient en tant que veuve du frère payer ce que ce frère devait à sa soeur Marie Marguerie, mère de Françoise Guillouard, au titre de sa dot, définie dans l’acte qui suit.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales de l’Orne, AD61-4E174/18 vues 267-268/295 – notariat de Briouze – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 30 juin 1667 au traité de mariage qui au plaisir de Dieu et en face de nostre mère ste église catholique apostolique et romaine sera fait parfait et accomply les coustumes et ordonnances d’icelle bien et deuement observées par entre Gilles Guillouard fils François et Jeanne Bordel ses père et mère d’une part, et de Marie Marguerie fille de Jean et de Renée Goubert aussy ses père et mère d’aultre part, tous de la paroisse de La Sauvagère, lesquels se sont promis la foy l’un à l’autre à la première réquisition ou semonce de l’un ou l’autre, à quoy a esté présent ledit Jean Marguerie père de ladite affidée lequel a promis donner auxdits futurs affidés en don pécuniel la somme de 300 livres tz plus un habit nuptial à la disposition de ladite fille avec un manteau de drap de couleur plus un lit avec deux demys coffres de bois de chesne bons et suffisant fermant à clef, plus deux vaches pleines ou les veaux après, avec 6 bestes bergines aussy pleines ou leurs aigneaux après, plus un pot, une pinte, une chopine avec 6 petits plats le tous d’estain bon et suffisant avec 6 assiettes aussy d’estain, et attrousseler sadite fille de linge à la discreption de la dite mère et en outre le trousseau ladite mère luy a promis donner 20 aulnes de toile douge
de laquelle somme de 300 livres il en demeure entre les mains dudit Marguerie la somme de 200 livres pour estre employer par luy en fons ou rente dans toutefois et quantes ce jourd’huy passé pour servir de dot ou assignat à ladite fille et les autres cents livres les payra aussy dans le jour des nopces ou espousailles qui demeurent en don mobil pour ledit Guillouard pour les frais qu’il conviendra faire pour la (2 mots illisibles) dudit mariage et en cas de dissolution dudit mariage que ledit affidé allast de vie à trespas auparavant ladite affidée il est entendu par le consentement des mère et mère desdits affidés que ladite fille remportera pour le trousseau mentionné au présent tant morts que vifs et en cas pareil s’il advient que ladite affidée allast de vie à trespas auparavant son futur espoux il est aussy accordé qu’il luy demeurera la moitié du trousseau ainsi qu’il est mentionné cy dessus, à quoy a esté présent ledit François Guillouard père dudit affidé lequel a recogneu son dit fils pour l’un de ses présomptifs héritiers de sa succession comme à un de ses aultres enfants et luy a promis douaire sur sa contingente part et portion dès lors comme dès à présent et dès à présent comme dès lors, et ainsy demeurer à une et d’accord, en présence de Me Jacques Barberel prêtre, Guillaume Marguerie, Me Anthoine Clouet verdier des eaux et forests, François Destouches, Guillaume Penlou, Pierre Guillouard et Gilles Duvel et plusieurs autres

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