Adrien GUILLOUARD l’inventeur de la lampe-tempête en 1914 – cofondateur de la Société A. et L. Guillouard

 Je suis une petite nièce d’Adrien et de Louis Guillouard. Ils ont tous deux marqué ma vie. Adrien, qui n’avait pas eu la chance d’avoir d’enfants, aimait recevoir chaque année fin janvier les voeux de toute ma famille de 6 enfants. Et là, nous les 6 enfants, nous avions droit à un merveilleux goûter dans le grand salon, assis avec les adultes, admirant la petite poupée dansante qui sortait d’une petite boîte, écoutant Adrien jouer du piano à queue, alors que le piano jouait tout seul, puis Adrien nous faisait voir dans sa maison des découvertes récentes, c’est ainsi que je vis la première télé etc… et il adorait montrer tout cela, se projetant avec ces nouveautés toujours vers le futur. Puis nous avions même droit, toujours près des adultes, à un merveilleux tour du parc, bourré de camélias plongeant sur l’Erdre.  C’était journée émerveillement !

4ème fils des quincaillers de la rue St Jacques à Nantes

Adrien Guillouard naît à Nantes le 16 avril 1884 avec le prénom Victor Adrien Gaston en présence d »Edouard Halbert, marchand de grains, âgé de 34 ans, demeurant route de Clisson. Victor en mémoire de son oncle Victor Grelet prêtre et unique famille de sa mère. Autrefois lors des naissances, il n’était pas rare qu’on honore certains proches. Quant à Edouard Halbert, manifestement le parrain, il est mon arrière grand père, et loin de se douter qu’en 1937 son petit fils Georges Halbert épousera la nièce de ce nouveau né !!!
Vous avez l’histoire de la quincaillerie Guillouard sur mon blog – La généalogie des GUILLOUARD depuis La Sauvagère (en Normandie) à Nantes –  toutes les familles que j’ai étudiées – celle des Grelet depuis la Vendée en guerre. Et voici sa génération :
François-Louis GUILLOUARD °Nantes 20 juin 1849 †idem 11 mars 1920 Fils de François GUILLOUARD et de Jeanne MORILLE. x Nantes 6 septembre 1871 Victorine GRELET °Nantes 30 novembre 1850 †Nantes 28 septembre 1924 Fille de Jean-Mathurin Grelet et de Jeanne-Victoire Maillard
1-Françis GUILLOUARD °ca 1872 †Nantes 11.6.1879 SP
2-Victorine GUILLOUARD °ca 1874 †Nantes 2.1.1881 SP
3-Edouard GUILLOUARD °Nantes 1er février 1877 †Nantes 20 septembre 1946 Quincailler en gros rue Saint-Jacques à l’angle de la rue du Frère Louis. Il acheta la maison du 82 rue St Jacques x Nantes 6.5.1908 Aimée AUDINEAU °Nantes 6.5.1886 †Nantes 4 octobre 1973 Dont postérité
4-Louis GUILLOUARD °Nantes 11.5.1880 †Nantes 2.10.1964 Fonda avec Adrien la maison ALG pendant la première guerre mondiale x Nantes 28 juin 1905 Edith MOUILLERAS °ca 1885 †Nantes 30.12.1960 Dont postérité
5-Charles GUILLOUARD °Nantes 19.11.1882 x Alice BRELET Dont postérité
6-Victor-Adrien GUILLOUARD °Nantes 16 avril 1884 †Nantes 29 avril 1963 inventeur de la lampe-tempête en 1914 x Nantes 27 janvier 1913 Gabrielle Adrienne BRELET °Nantes 4 février 1891 †Nantes 20 mars 1972 cousine d’Alice SP
7-Joseph GUILLOUARD °Nantes 10.06.1887 †au Champ d’Honneur Bitry/Aisne 18.9.1914 x N? BEAUTAMY † de chagrin 1914 SP

enfant, opéré de l’appendicite sans anesthésie

Ses parents avaient perdu 2 enfants en bas âge, et la crise d’appendicite fut si aigüe qu’on n’eut pas le temps de franchir les 500 m qui les séparent de l’hôpital Saint Jacques. Adrien fût opéré sur la table de la cuisine, dans l’appartement situé sur la quincaillerie et sans anesthésie. C’était le début des années 1890 et l’anesthésie ne débutera qu’en 1932.
Cette opération a laissé une marque profonde dans la mémoire de la famille. Ma maman, Thérèse Guillouard, sa nièce née en 1914, bien après cette opération, nous la racontait et elle précisait bien que cela s’était passé sur la table de la cuisine en urgence totale sans anesthésie. Cette opération avait d’autant plus marqué la famille que les parents Guillouard avaient perdu plusieurs enfants en bas âge avant la naissance d’Adrien, et ils ont alors vécu l’angoisse de perdre encore un fils. La fiche militaire d’Adrien mentionne « cicatrice abdominale adhérente ».

sa mère, une maîtresse femme !

Elle est issue des bâtisseurs de l’hôpital Saint Jacques, et c’est elle qui a apporté tout l’argent du couple. Elle restera dominatrice toute sa vie, mais portant tous ses hommes, mari et 5 fils, vers l’avenir. Ils visitent les usines des fabricants, vont aux foires de Paris, et à l’exposition de 1900 longuement. Ils   avaient même pris leurs habitudes dans un hôtel à Paris.
Leur environnement était riche d’évolutions depuis que les forges d’Hennebont livrent sur Nantes les toles par voie d’eau. L’usine Saunier-Tessier sur les bords de la Loire fabrique des boites métalliques pour les florissantes conserveries avant 1903, date à laquelle elle est acquise par Jules-Joseph Carnaud, ferblantier à Paris, qui ne tarde pas à s’associer aux Forges de Basse-Indre pour produire du fer blanc.

Les fiches militaires des fils GUILLOUARD notent qu’ils n’ont que le niveau primaire donc ils n’ont pas fréquenté les collèges de la bourgeoisie Nantaise. Mais leurs parents leur ont appris bien plus que le latin, les entraînant à la gestion de l’entreprise familiale qui livre plusieurs départements, visitant les usines des fournisseurs, même fort loin de Nantes; et aussi plus prêt à Nantes, les usines travaillant le métal pour les conserveurs. Cette habitude de visiter les usines des fournisseurs est mentionnée dans le Carnet de guerre d’Edouard Guillouard, mon grand père frère d’Adrien, car il avait demandé à ses supérieurs le droit de visiter une usine, ce qui lui fut refusé et ce refus avait dû le marquer.
En outre ils ont été aux foires de Paris, dont la plus célèbre de 1900 qui dût leur ouvrir bien grand les yeux et leurs réflexions futures. Ces visites étaient toutes un énorme stimulant pour l’esprit créatif d’Adrien et Louis.
Adrien vit encore chez ses parents jusqu’à son mariage en janvier 1913. C’est donc chez eux et en famille qu’il créé ses inovations et créations. Son frère Louis est déjà marié et vit à Quiberon les premières années de son couple, mais qu’à cela ne tienne, Adrien va le voir et ensemble ils projettent bien avant 1910 la future création de leur entreprise.
Adrien avait dû beaucoup observer la vie de famille car il inventera entre autres le presse purée…

1910 premier brevet à 26 ans

Dans cet esprit d’aller de l’avant, Adrien Guillouard sait non seulement inventer des solutions techniques mais aussi les déposer. En 1910, âgé de 26 ans et déjà installé fabricant rue des Olivettes, il dépose son premier brevet, qui sera suivi de beaucoup d’autres, même à l’étranger.

1-Chassis de cheminée à rideau en tole d’acier ondulée se roulant automatiquement dans deux têtes à glissières – N° de publication FR419232 A – Date de publication 1910-12-29 Date de dépôt 1910-07-16
CIB F23J 3/04 – Demandeurs Adrien Guillouard – Inventeurs Guillouard Adrien
2-Chassis de cheminée à rideau en tole d’acier ondulée se roulant automatiquement dans deux tetes à glissières – N° de publication FR13113 E – Date de publication 1911-02-03 – CIB F23J 3/04
Demandeurs Adrien Guillouard – Inventeurs Guillouard Adrien
3-Dispositif de volet oscillant combiné avec les grilles de ventilation appliquées aux cheminées – N° de publication FR451114 A – Date de publication 1913-04-11 – CIB F24F 13/14 – Demandeurs Societe A Et L Guillouard Fils – Inventeurs
4-Perfectionnements aux lanternes-tempête
N° de publication FR536530 A – Date de publication 1922-05-04
CIB F21V 37/02 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
5-Perfectionnements aux lanternes-tempête – N° de publication FR541145 A – Date de publication 1922-07-22
CIB F21V 37/00 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
6-Réchaud à alcool – N° de publication FR559157 A – Date de publication 1923-09-11
CIB F24C 5/02 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
7-Tourne-au-vent – N° de publication FR588375 A – Date de publication 1925-05-06
CIB F23L 17/10 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
8-Dispositif de fermeture de boîtes à ordures et récipients divers
N° de publication FR588376 A – Date de publication 1925-05-06
CIB B65F 1/16 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
9-Perfectionnements aux châssis de cheminées
N° de publication FR588870 A – Date de publication 1925-05-16
CIB E06B 9/13 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
10-Perfectionnements aux lanternes-tempête
N° de publication FR30899 E – Date de publication 1926-10-04
CIB F21L 19/00 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc Inventeurs
11-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR630277 A – Date de publication 1927-11-30
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard – Inventeurs
12-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR33108 E – Date de publication 1928-08-16
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc – Inventeurs
13-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR33871 E- Date de publication 1929-03-26
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc – Inventeurs
14-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR33872 E – Date de publication 1929-03-26
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc – Inventeurs
15-Perfectionnements apportés aux régulateurs pour réchauds à alcool et ustensiles analogues
N° de publication FR730927 A – Date de publication 1932-08-26 – CIB F23D 11/44
Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
16-Nouvel aérateur-ventilateur pour cuisine, salle de bains
N° de publication FR730928 A – Date de publication 1932-08-26
CIB F24F 13/12 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
17-Perfectionnements aux boîtes à ordures et récipients analogues
N° de publication FR765636 A – Date de publication 1934-06-13
CIB B65D 45/24 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
18-Aspirateur fixe à dépression pour conduit de cheminée
N° de publication FR791577 A – Date de publication 1935-12-13
CIB F23L 17/02 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
19-Dispositif réflecteur pour signalisation routière ou autre
N° de publication FR810742 A – Date de publication 1937-03-27
CIB G09F 13/16 – Demandeurs Inventeurs Guillouard Adrien
20-Mine terrestre à déclanchement par plateau circulaire
N° de publication FR864354 A – Date de publication 1941-04-25 Date de dépôt 1940-03-26
CIB F42B 23/00 F42C 7/04 – Demandeurs A & L Guillouard – Inventeurs
21-Passe-légumes perfectionné
N° de publication FR931991 A – Date de publication 1948-03-09 Date de dépôt 1946-08-07
CIB A47J 19/00 – Demandeurs Adrien & Louis Guillouard – Inventeurs
22-Appareil pour râper, couper ou trancher
N° de publication FR1070635 A – Date de publication 1954-08-03 Date de dépôt 1953-01-12
CIB A47J 43/25 – Demandeurs A Et L Guillouard – Inventeurs
23-Passe-légumes perfectionné
N° de publication FR1072947 A – Date de publication 1954-09-16
CIB A47J 19/00 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
24-Appareil à couper les herbes potagères et la viande
N° de publication FR1091879 A – Date de publication 1955-04-15
CIB A47J 43/25 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
25-Dispositif de fixation de la grille et de la manivelle dans les appareils passe-légumes et appareils de cuisine à couper ou râper
N° de publication FR1146314 A – Date de publication 1957-11-08
CIB A47J 19/00 – Demandeurs A & L Guillouard – Inventeurs
26-Lève-verre pour lanterne tempête
N° de publication FR1159049 A – Date de publication 1958-06-23
CIB- Demandeurs A & L Guillouard – Inventeurs

Adrien aurait aimé l’IA

Outre les brevets ci-dessus, Adrien menait bien d’autres activités inventives, à l’affus de toutes les nouveautés: télé etc… Il avait même dans sa propriété des ateliers personnels ainsi pour la photo qu’il modifiait, un siècle avant l’IA. J’ai plusieurs photos, comme ci-dessous, qui illustrent son gôut du truquage photo. Il combinait 2 photos, ainsi ci-dessous en 1930, ma maman, la jeune fille au chapeau pointu est à gauche et à droite, son père à gauche d’elle se retrouve aussi derrière elle à droite et la tante Gabrielle, la femme d’Adrien, est aussi à gauche et à droite. Ces photos truquées montrent combien il aurait aimé l’IA ! 

1910, avec son frère Louis, ils créent A. et L. GUILLOUARD

La publication officielle ne fut qu’en février 1911 dans le Courrier, feuille officielle d’Annonces Judiciaires et Légales, organe spécial de l’industrie et de l’exportation parisienne, le 3 février 1911
L’Usine, journal de la Métallurgie du 9 février 1911
40 000 F or un franc 1910 vaut environ 2,69 € 2006 soit 107 600 € en 2006 (je n’ai pas trouvé 2026). Les parents sont les financeurs car la quincaillerie marche bien, et ces avancements d’hoiries, hoiries ou autres, étaient autrefois toujours repris lors de la succession des parents, donc ils ne faisaient ainsi aucune différence entre leurs 5 fils. La Chaussée de la Madeleine est l’adresse du bureau et l’atelier derrière rue des Ollivettes.
Mais en vérité, l’entreprise

1910 ils utilisent déjà la publicité 

Ils font déjà de la publicité dans l’Annuaire général de la Loire-Inférieure en 1910. Cet annuaire donne peu de publicités, et mieux leur publicité occupe les 3/4 d’une page. Ils y donnent l’adresse de l’atelier rue des Olivettes et fabriquent des produits assez complexes ou manifestement ils répondent aux problèmes de bruit et fumées des chauffages de l’époque, qui devaient nuire beaucoup dans la ville de Nantes et autres villes.
Si on compte le temps d’élaboration et publication de l’annuaire, il est certain qu’ils fabriquaient rue des Olivettes avant 1910.

Puis, ils publient la même publicité en 1912, mais cette fois avec l’adresse des bureaux de la société A. et L. GUILLOUARD, qui était de l’autre côté de l’atelier, dans la rue parallèle à celle des Olivettes, mais plus marchande qu’ouvrière et aussi plus passante.

En fait, c’est en 1908 que l’atelier a été acheté, et qu’ils s’y sont installés. La date, généralement retenue de 1911 n’est que celle de la publication dans la presse de leur société.

 

Les tôles arrivent des forges d’Hennebont par gabares

C’est grâce aux forges d’Hennebont à l’ouest de la France que des usines métalliques se sont installées à Nantes. Les tôles arrivent sur les quais de l’Erdre jusque dans les années 30, au cours desquelles la ville de Nantes modifie le cours de l’Erdre vers la Loire. Il y a certes un nouveau quai, mais un certain Belliveau y fait installer une grue électrique de 1 000 kg pour les marchandises transportées par lui, ce qui ne convient pas à A. et L. Guillouard, qui doivent s’entendre avec lui pour que leurs tôles passent aussi.

1914-1918

Ils sont 5 frères mobilisables. Adrien pour sa part avait été exclu du service militaire pour raisons de santé et il est détaché à la maison Guillouard, ainsi que Charles qui ne voit pas assez bien pour manier une arme. Louis pour sa part est « réformé le 28 décembre 1914 – détaché maison Guillouard à Nantes le 15 mai 1917 » Donc les 2 frères travaillent toute la guerre à la maison Guillouard. Joseph et Edouard sont enrôlés : Joseph meurt au front dès le début de la guerre et Edouard fait toute la guerre, nous laissant son journal quotidien, que j’ai publié. Ci-dessous la fiche militaire de Louis détaché maison Guillouard, et pour mémoire le terme détaché est l’inverse d’enrôlé, car il semble que désormais beaucoup ne sont plus capables de le comprendre… Bientôt d’ailleurs qui sera capable de lire ces archives ?

L’usine A. et L. Guillouard fabrique pour l’armée

L’armée a besoin de bassines, seaux, brocs, lampes tempête etc… en très grand nombre, et comme le courrier fonctionne bien Edouard, au front, envoit à ses frères les débris d’armes allemandes. Ainsi, le 1er septembre 1916 il écrit dans son journal de guerre « Tranchée Cie A. T103 Grenade pomme de pain envoyé à Louis (Adrien Guillouard son frère était inventeur, tandis que Louis, autre frère gérait la fabrication des inventions, c’est l’usine ALG qui existe toujours mais à quitté Nantes) ». Ce cahier de guerre a la particularité de contenir beaucoup de photos car le meilleur ami de mon grand père Fernand Leglaive avait un appareil photo et nous a restitué la vie quotidienne dans les tranchées, ainsi le nombre incroyable de seaux pour l’eau, la nourriture … que la maison Guillouard les fabriquait pour l’armée. Mon grand-père Edouard Guillouard, au front, voyait chaque jour les produits de ses frères, industriels à Nantes, fabriquant pour l’armée. Et au delà des seaux etc… aussi des armes, que le génie inventeur d’Adrien savait produire.

Voyez les archives de l’armement des armées est situé à Chatellerault et aussi la préfecture de Loire Atlantique (ex Loire Inférieure) et notamment quelques pages concernant A. et L. Guillouard.

la lanterne tempête

Voyez le site du spécialiste et collectionneur

Les nouveaux ateliers à Wattignies

Tant de fabrication pendant la guerre 14-18 ne peut plus être assumée rue des Ollivettes, trop étroite, et A. et . Guillouard construisent de nouveaux ateliers sur l’Île de Nantes, là où les vaches broutent encore les prés.  L’Île de Nantes était autrefois traversée par tant de bras de la Loire qu’il y avait pas moins de 7 ponts pour arriver à Pirmil. La carte de Cassini, réalisée entre 1756 et 1815 par la famille Cassini, montre cette présence de nombreux bras de Loire. Vous ne verrez pas cette carte sur le site de Nantes Patrimonia qui donne beaucoup de cartes de Nantes, mais surtout aucun de l’île de Nantes jusqu’à Pirmil. Allez sur Geoportail. Au 19ème siècle, la sable a eu raison des bras de Loire, laissant la place aux prés. Ce n’est qu’en 1920 que l’ancienne ligne des ponts et le quartier du vieux faubourg de Vertais feront l’objet d’un programme de rénovation dans le cadre du plan d’extension de Nantes. On va alors reconstruire les ponts de la Madeleine et de Pirmil les reliant d’une large voie qui portera plus tard le nom des Martyrs Nantais.
Cette voie nouvelle d’après guerre ne suivra pas tout à fait le même tracé que l’ancienne ligne des ponts et ne sera pas parallèle aux ateliers construits sur l’île pendant la guerre par A. et L. Guillouard, ce qui explique le léger angle mort à l’entrée de l’usine Guillouard sur le Boulevard des Martyrs Nantais.

Sur cette vue aérienne de 1950 le boulevard qui remplace l’ancienne voie est définitivement tracé et on voit que les ateliers Guillouard ne sont pas parallèles au nouveau boulevard car construits avant le plan définitif de cette ligne des ponts. On remarque aussi qu’ils joignent les prés encore présents à l’est. Je suis née en 1938 et je me souviens des vaches dans les prés encore en 1960 sur l’île de Loire qui devriendra l’île Beaulieu, et aussi de toutes les constructions qui ont suivi à grands coups d’enfoncements profonds de longues fondations pour faire tenir des immeubles sur le sable.

1916 Louis acquiert une voiture

Adrien a une voiture avant 1910, ici au volant, avec son frère Louis, à Quiberon, travaillant à la création de leur entreprise en 1910.  Louis Guillouard acquiert une Chenard et Walcker le 9 juin 1916 (registre aux archives de LA). Cette photo si ancienne illustre le binôme projeté vers les idées futures et la création de leur entreprise.

 

 

 

 

 

 

 

Adrien et Louis déposent la marque ALG

Les acronymes étaient déjà répandus à Nantes sous forme de marque : LU, BN etc… Ils déposent dès septembre 1918 une marque qui marquera pendant 2 générations les familles, à travers tous les ustenciles ménagers ALG.

1927-1929 marmite autoclave

En 1927 Adrien Guillouard obtient un brevet de marmite autoclave, l’ancêtre de ce que nous appelons cocotte minute, puis il obtient 3 autres brevets de 1927 à 1929 (ci-dessus en rose dans la liste de ses brevets). Cet autoclave ALG figure sur leur catalogue de 1929, mais ne figure plus sur celui de 1939, car il ne connaîtra pas plus de succès que ses concurrents car les femmes à la cuisine ne sont ps encore convaincues. Le catalogue de 1929 ci-dessous donne plusieurs dimensions, y compris un autoclave de 9 livres ! 

les lessiveuses ALG

Née en 1938, j’ai connu les produits ALG à tel point que je ne faisais pas le lien avec GUILLOUARD, car on s’exprimait seulement ALG. Comme dans quasiement toutes les familles, de la lessiveuse au presse-purée, en passant par les seaux, brocs, arrosoirs etc… Ma maman a élevé 6 enfants sans machine à laver car pour mémoire en 1950 elle n’est présente que dans 8 % des foyers. Au sous-sol de la maison l’une des pièces était la buanderie, ou trônait sur un gros réchaud à gaz une énorme lessiveuse ALG, celle qui a accompagné tant de foyers. Certes, à la maison, c’était une fois par semaine le travail d’une femme, qui venait faire bouillir le linge, mais nous ensuite on étendait le linge avec beaucoup de pinces à linge et de fils tendus dans le jardin. Nous ne connaissions pas encore le synthétique jetable aussi il y avait beaucoup de couches, serviettes hygiéniques etc… Certes les couches pipi étaient chaque jour lavées à la main à l’eau et étendues. La lessiveuse demandait beaucoup de travail mais elle était durable et bon marché. En 1954, chez Decré à Nantes, celle de 50 litres était à 1 590 F ce qui fait 51,25 €  de 2025. Elle a disparu car nous n’avons plus envie de travailler.

Ma vie avec des produits ALG

Paragraphe en cours de publication

Bon nombre de produits ALG ont marqué ma vie. Je commence par ce qui va le plus vous surprendre, le réchaud. Il ne m’a pas quitté depuis mes 18 ans jusqu’à mes 32 ans, âge auquel j’ai enfin eu un appartement à Nantes et pu acheter une cuisinière. Célibataire, j’ai vécu en chambre meublée à Angers, Nemours, Montreuil-Belfroy, Cologne et enfin Orléans. Je faisais ma cuisine dans un petit coin sur mon réchaud. Ici, vous voyez son prix en 1939, sachant que c’est le prix au marchand et non au client final. La vie a bien changé de nos jours avec les plaques électriques car avec le réchaud, il fallait faire attention à l’équilibre des casseroles dessus !

 

 

 

François La Noue Bras de Fer époux de Marie de Luré dame du Plessis aux Tournelles, 1585

Introduction 

Depuis peu j’étudie les Archives notariales de Provins et j’y ai eu le bonheur de remonter les ascendants de Jules Verne en Seine et Marne, car pour la Nantaise que je suis Jules Verne est un personnage Nantais. Ce jour je vous transmets la découverte d’un autre célèbre Nantais qui a laissé une trace à Provins : François de La Noue Bras de Fer

rue La Noue Bras de Fer à Nantes

Plaque rectangulaire portant, en blanc sur fond bleu, l'inscription : île de Nantes ; RUE LA NOUE BRAS de FER ; 1531-1591En 1969 je travaillais à la Biscuiterie Nantaise, place François II à Nantes. Venant travailler à pied, je traversais cette place puis je prenais à gauche la rue dont le nom m’interrogeait beaucoup, car ce Bras de Fer au 16ème siècle était pour moi un grand étonnement. Cette surprenante prothèse n’avait certainement rien à voir avec les merveilles techniques que nous avons pu voir aux Jeux Paralympiques 2026 le mois dernier. Elle ne devait pas beaucoup servir.

François La Noue Bras de Fer

Outre sa page sur Wikipedia, je découvre qu’il avait épousé en 1573 en secondes noces Marie de Luré dame de Plessis-aux-Tournelles °ca 1530-1535 †1612/
x1 avant 1552 avec Lancelot de La Vallée, seigneur de Mesrobert †/1553
x2 6 avril 1554 avec Charles de Melun, baron des Landes †1566 (contrat), dont Madeleine ca 1556-
x3 27 septembre 1567 avec Louis de Vaudrey, seigneur de Mouy †1569
x4 1573 avec François de La Noüe, seigneur de La Noë-Briord 1531-1591

Il est fait prisonnier en 1580 par les Espagnols qui le gardent cinq ans prisonnier au château de Limbourg. Il y compose ses fameux Discours politiques et militaires.
Il est libéré en 1585 seulement, or l’acte qui suit date de cette libération, et ils empruntent la somme de 9 000 euros !!!

Le Plessis-aux-Tournelles

Le lieu existait en Brie selon l’acte notarié passé à Provins en 1585, mais je ne l’y ai plus trouvé. Je trouve seulement ce nom ailleurs.

Ratiffication d’un prêt de 9 000 livres 

Marie de Luré rattifie ici un prêt d’un montant important pour son époux. L’acte est bien passé à Provins par le notaire Delanoe.

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.07.24 vue 354 – A tous ceulx que par devant (blanc) fut présente en sa personne haulte et puissante dame Marie de Luré dame du Plessis aux Tournelles et de Luminguy en Brie femme espouze de hault et puissant seigneur François de Noue chevalier dudit lieu nommé par contrat de constitution cy devant escrit icelle dame de sondit mary aucthorisée selon qu’il est contenu audit contrat demeurante audit Plessis, laquelle a confessé et confesse après lecture à elle faite par l’ung desdits notaires soubsignés l’aultre présent du contenu audit contract (illisible) ledit contract et tout le contenu en icelluy loue grée ratiffie confirme et approuve et par ces présentes loe grée ratiffie confirme et approuve et a pour bien agréable voulant consentant et accordant qu’il valle tienne et sorte son plain et entier effect force et vertu de poinct en poinct et d’article en article selon sa forme et teneur sans jamais aller ne venir contre an aulcune manière et en ce faisant icelle dame Marie de Luré fait en son propre et privé nom qu’au nom et comme procuratrice et soy faisant et portant fort dudit seigneur de la Noue son mary par lequel elle a promis (f°2) faire ratiffier et avoir agréable valablement le contenu en ces présentes et audit contract de constitution le faire obliger avecq elle l’ung pour l’aultre et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division ne discussion à la garantie paiement et continuation de la rente cy après déclarée entretenement et accomplissement de tout le contenu audit contract de constitution le faire renoncer au bénéfice de division d’ordre de discussion et en bailler lettres de ratiffication et obligation bonne et vallable au seigneur de Gouaix nommé audit contract si tost et immédiatement que ledit seigneur de la Noue sera de retour en France par lesquelles il aucthorisera derechef ladite dame sa femme pour tout l’effect du contenu audit contract de constitution et en ses déppendances, a promis et sera tenu et promet esdits noms que dudit sieur de la Noue son mary l’ung pour l’autre et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division ne discussion renonçant au bénéfice de discussion et ordre mesme aux bénéfices de Velleyan à l’autenticque si qua mulier à elle exprimés et donnés à entendre par l’ung desdits notaires l’aultre présent (f°3) que femme ne se peult obliger ne intercéder pour aultruy mesme pour son mary si elle ne renoncent auxdits bénéfices et que si elle n’y renoncent elles en pourraoient estre relevées à quoy elle renonce, garantir de tous troubles ypotheques et autres empeschemets générallement quelconques audit seigneur messire Helie du Tillet seigneur de Gouaix nommé audit contrat absent lesdits notaires stipulant et acceptant pour luy ses hoirs et aians cause les 250 escuz sol de rente mentionnés audit contrat et iceulx paier et continuer au lieu et termes et ainsi que promis a esté par ledit contrat et entretenement faire et accomplir tout le contenu en iceluy selon et ainsi que passé et accordé par Georges de Chaumont comme procureur et soy faisant et portant fort desdits seigneur et dame de la Noue, et par Me Denis Lecamus pareillement y nommé se consentent icelle dame esdits noms et la somme de 3 000 escuz sol pour laquelle a esté faite ladite vente et constitution d’icelle rente laquelle elle confesse avoir receue et (f°4) (ligne illisible) et en tant que besoing est ou seroit elle en quite ledit seigneur de Gouaix et tous aultres approuvant le domicille esleu par ledit contract et à la garantie entretennement accomplissement de tout le contenu audit contrat ladite dame Marie de Luré esdits noms a obligé et ypothéqué oblige et ypothèque par ces présesntes tous et chacuns les biens meubles et immeubles dudit seigneur de la Noue son mary et d’elle présents et advenir spéciallement les terres garennes et seigneuries de Lumigny et du Plessis aux Tournelles à plein spécifiés par iceluy contrat sans que la générale obligation puisse desroger à la spéciale ny la spéciale à la générale, promettant outre et promet ladite dame rendre et paier à plain et sans aulcun plaid ou procès tous frais mises despens dommages et intérests encourus par deffaut des choses dessusdites et d’icelles contenues audit contrat au cas aulcunes d’icelles non faites et entretenus par la forme et manière que dict est (f°5) … fait et passé au château du Plessis aux Tournelles le 28 juillet 1585 – signé Delanoe notaire, Marie de Luré »

Un patronyme disparu : Lescoufflier, Saint-Hilliers (77) 1585

Introduction 

Je rencontre depuis 2 ans que je fais des recherches sur Provins et environs, le patronyme LESCOUFFLIER, et il semble bien avoir disparu, même si certains patronymes actuels pourraient lui ressembler.

Vente de terres à Saint-Hilliers par Jehan Lescoufflier

En fait il vend pour son père qu’on suppose trop âgé (à l’époque c’était moins d’années que de nos jours) pour se déplacer à Provins traiter la vente.

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.06.07 vue 332 – Comparut personnellement Jehan Lescoufflier le jeune laboureur demeurant à Sainguy paroisse de st Yllier lequel tant en son nom que comme soy disant avoir charge et fondé de procuration de Jehan Lescoufflier lesné son père laboureur à la Corre paroisse d’Aulnoy ayant pouvoir par icelle de faire la vendition cy après déclarée et par lequel dabondant il promet faire ratiffier tenir et avoir pour bien agréable ce présent contrat quant besoing et requis en sera recognut avoir vendu ceddé et par ces présentes vend cèdde quite transporte et délaisse promis et promet tant en son nom que en ladite qualité de procureur de sondit père et en chacun d’iceulx garandir de tous troubles et empeschements à Jehan Bardot fils de Denis huillier demeurant à Provins à ce présent achepteur et acquesteur pour luy ses hoirs etc c’est à savoir 3 quartiers de terre pris en une pièce de 2 arpents 6 perches ou environ la terre comme elle se comporte assise au finage de Sainguy au lieudit Champdoré tenant d’une part aux hoirs Jacques Privé d’autre aux Marees d’un bout sur les Mareceaulx d’autre aussi – Item ung quartier de terre pris en une pièce faisant hache contenant ung arpent 3 quartiers 15 perches au finage ou lieudit les Culiers …

 

Constitution de rente en nature et rachat 18 ans plus tard, Provins 1585

Introduction

Les archives des notaires ont souvent été reliées mais la plupart du temps, lors du classement, fait sans doute chez le notaire, un acte de rachat d’une rente était classé avec la constitution de la rente, alors qu’il est des années plus tard.

format de papier différent 

Pire, parfois le format du papier du second acte est différent du premier, et la volume relié comporte ainsi des plis et autres accomodements au format. Ainsi, je vous mets la vue totale qui montre ces plis, et bien entendu dans les plis c’est totalement illisible désormais…

contitution de rente en nature et son rachat 

18 ans après la constitution de cette rente, elle a changé de mains suite au décès et les héritiers amortissent la rente au lieu de garder cette charge en nature. La somme est la même car en 1585 on utilisait les écus mais en 1603 les livres qui valent le tiers de l’écu. Ces actes sont comme tous les actes notariés de ces fonds des sources de filiation pour les généalogistes, et ici on a donc les héritiers, et c’est une filiation sure. Dans tous les autres actes même et surtout les ventes, le notaire donne la provenance des biens, donc souvent filiation.

la rente en nature est payée directement par le fermier du propriétaire

Un bourgois de Provins n’exploite pas directement les terres qu’il possède, et pour payer la rente en nature qu’il vient de constituer, il délègue cette charge à son fermier, après accord entre eux etc… Donc le blé sera versé directement par le fermier à celui auquel la rente est due chaque année en blé. Ce type d’accord n’est pas toujours le cas, et nous avons vu sur mon blog, comment le meunier était mis à contibution pour sortir de son grenier à grains des grains à des particuliers vivant en ville et non exploitants directs, qui avaient rente en nature à payer…

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1603.03.18 vue 324 – (illisible) du roy lieutenant particulier au baillage et siège présidial de Provins et Catherine Truffe sa femme receu de Me Odart Provost chanoine de l’église Notre Dame du Val de Provins héritier en partie de deffunt Me Pierre Drouard vivant huissier au baillage et siège présidial la somme de 150 livres pour le sort principal rachapt extinction de la rente de 3 septiers de bled froment de rente constituée par ledit deffunt Drouart au proffit de defunt Me Jehan Truffe advocat audit Provins père de ladite Catherine

1603.03.18 vue 325 – Fut présent en sa personne Me Pierre Drouart huissier au siège présidial de Provins lequel de sa pure volonté a vendu et constitué vend constitue et assigne par ces présentes à Me Jehan Truffe advocat à Provins présent et acceptant pour luy ses hoirs et ayans cause la quantité de 3 septiers de bled froment de rente à prendre et percepvoir par ledit Truffe par chascun an le jour de feste sainct Martin diver le premier commenceant audit jour saint Martin diver prochainement venant par portion de temps et de là en contunuant par chascun an jusques au rachapt et payement des arrérages qui en pourroient estre deubz par portion de temps lors du rachapt à prendre sur certaines terres appartenant audit Drouart assises au finage de Villers sainct Georges et es environs cy devant partaigées enttre ledit Drouart et ses enffans d’une part et Clémence Deverdières d’aultre part, de laquelle ledit Truffé a de présent le droit et lesquelles terres dudit Drouart constituant sont de présent tenues et occupées par Pierre Lefebvre dit Lepaige laboureur demeurant en la paroisse de Villers sainct Georges par les mains duqurl Lefebvre tant et sy longuement qu’il tiendra lesdits héritaiges ou autre fermier qui pourroyt venir après luy, ledit Drouart a consenty et consent que ledit Truffé soyt préallablement payé desdits 3 septiers de bled sur la moisson qui luy est deue à cause desdites terres et en bailler descharge audit fermier en apportant quictance dudit Truffé par chascun an et générallement sur tous les aultres biens dudit constituant sans que la généralité dérroge à la spécialité ny la spécialité à la généralité, ceste présente vendition faite audit Truffé moyennant la somme de 50 escuz sol que ledit Truffé en a payés comptés et nombrés audit Drouard en quarts d’escuz et aultre monnoye en présence du juré et tesmoings soubzscripts dont il s’est tenu pour content si comme et promet etc obligeant renonceant etc fait et passé le samedy 25 may 1585 es présence de Claude Gemelle clerc et Nicolas Bousier clerc demeurant à Provins

Vente d’un petit jardin sous les remparts de Provins, 1585

Introduction

Lorsque je retranscris je découvre souvent l’orthographe de l’époque, même pour les noms de lieu. Ici, je découvre MELEIN, qui est manifestement MELUN sinon le notaire aurait précisé que cette ville était dans une autre province de France, en ajoutant par exemple « pays de Normandie », or il n’ajoute rien, donc c’est bien dans la même province.

un gars de Melun a épousé une fille de Provins

Autrefois quand on quittait sa ville natale on vendait les biens qu’on y possédait, de préférence à des proches parents. Or, de Melun à Provins il y a 50 km c’est à dire plus d’une journée de cheval, qui n’est que de 40 km. Donc on ne considérait qu’il fallait vendre. Et la vente se fait bien en famille, des biens de Madame, née à Provins.

un métier de répartiteur

mais je n’ai pas bien compris ce qui est répartit !!! alors j’ai mis en rouge le terme… pour ceux qui comprendront mieux que moi, d’avance merci…

vente d’un petit jardin sous les remparts de Provins

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.05.24 vue 323 – Comparut personnellement Pierre Marlot Me répartiteur des haultes alures ? de la ville et baillage de Melein y demeurant et Françoise Berthellot sa femme de luy suffisamment authorisée lesquels de leurs bons grés sans force recognurent avoir vendu ceddé et par ces présentes vendent cèddent promis et promettent garandir de tous troubles et empeschements quelconques à Ayoul Berthelot voiturier par terre demeurant à Provins achepteur et acquesteur pour et au nom et proffict de Denis Berthellot son frère ses hoirs et ayans cause à l’advenir c’est à savoir une planche de jardin contenant environ 5 perches la pièce comme elle se comporte assise en ceste ville de Provins rue de la foire aux chevaux tenant d’une part à Ayoul Bacquet d’autre auxdits vendeurs d’un bout sur les remparts de la ville d’autre sur la rue Maunans en censive du prieuré st Ayoul à ung denier tz de cens seigneurial le jour st Eloy sans autres charges comme ils ont dit, à ladite Bethellot appartenant de son conquest par elle et deffunt son mary pour en jouir par ledit achepteur esdits noms doresnavant à tousjours perpétellement, ce vendu le prix et somme de 2 escuz 2 tiers argent franc auxdits vendeurs que pour ce ils en ont eu receu dudit achapteur avec ung teston …

Bail emphyteotique d’un pré, Saint-Brice (77) 1585

Introduction

Le bail emphyteotique existait déjà au 16ème siècle et perdure toujours, sans doute un peu modifié ?

tous les chanoines de Notre Dame du Val de Provins

Ils sont tous là, dénommés et assemblés pour traiter leurs affaires, car ce sont les bailleurs. Parmi eux on a bien sur Nicolas Desoubzmarmont dont je vous ai parlé car il est dans un famille dont descend Jules Verne. Provins comptait plusieurs églises collégiales avec chanoines, et ils étaient donc nombreux, et pour mémoire, les chanoines ne sont pas des religieux pauvres… En Anjou, que j’ai étudié, ils étaient tous de famille bourgeoise…

concours de floritures à la signature

C’est à qui aura la plus belle floriture

un pré autrefois indispensable pour son cheval

Avant la voiture, c’était le cheval, et il fallait le nourrir, donc beaucoup de marchands ont un ou plusieurs prés.

bail emphytéotique d’un pré

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.04.17 vue 303 – Claude Garnier huillyer demeurant à Provins lequel de son bon gré sans force ne contraincte aulcune recongneut avoir pris et retenu prent et retient par ces présentes à tiltre de cens et rente annuelle et amphithéotique de messieurs les vénérables doyen chanoines et chappitre de l’église collégiale Notre Dame du Val de Provins bailleurs audit tiltre par vénérables et discrettes personnes messieurs Pierre Lefebvre doyen, Ayoul Dupas chantre, André Truffé prévost, Augustin Barats Pierre Robinot Pierre Saderon, Hubert Promissart, Charles Olmules, Pierre Philipon, Jehan de St Jehan, Pierre Domenchin, Nicolas Desoubzmarmont, Pierre Depruilly et Jehan Gras tous chanoines de ladite église capitulaire agrégés et assemblés en leur chappitre à jour et heure ordinaire pour traiter desdites affaires de la dite église à ce présents qui luy ont promis garendir c’est à savoir ung demy arpent de pré ou envirion la pièce comme elle se comporte prise et faisant partie de 5 quartiers de pré en une prée dont le reste appartient audit preneur à cause de la prinse à rente à tousjours qu’il en a faite desdits vénérables bailleurs assise en la prairye et finage de st Bris au lieudit la grosse Pierre