Au coeur des villes autrefois les tanneries malodorantes mêlaient leurs effluves à celles des corps et linges pas lavés mais notre nez est heureusement muni d’un seuil !

J’avais publié il y a 5 ans ce billet, et si je le remets ce jour, c’est pour vous annoncer que j’ai fait une énorme découverte concernant mes tanneurs, et que je suis en train de vous préparer leur histoire, mais promis sans l’odeur… 

Ceux qui ont connu le quartier de Pirmil et Pont Rousseau à Nantes autrefois se souviennent des odeurs puissantes des tanneries le long de la Sèvre, des savonneries et autres usines traitant le suif.
Pestilentiel !

Nantes n’était pas une exception, car autrefois bon nombre de ces artisans malodorants étaient au cœur des villes. Allez au musée d’Angers et vous verrez ce magnifique tableau des tanneries sur la Maine côté de la Trinité, que je ne retrouve pas sur Internet.

Pour ma part, je possède le droit de vous montrer ma carte postale de la tannerie à Clisson. Les tanneries d’autrefois sont reconnaissables à leurs séchoirs à claire voie.

J’ai aussi connu le temps avant la machine à laver, où changer de culotte chaque jour n’était pas encore universel, et je ne parle pas des chaussettes etc… Michel Serres, qui a 7 ans de plus que moi, s’en souvient dans « C’était mieux avant ! », à lire absoluement, bien entendu pour clamer que ce n’était pas mieux.

Je prenais alors chaque jour l’autobus pour le Lycée Guist’hau. On entrait dans l’aurobus par l’arrière, on passait devant la dame (je n’ai jamais vu d’homme !) pointeuse, et on remontait en se poussant dans une odeur que la génération actuelle n’imagine même pas !
Que de culottes, que de chaussettes et que de corps pas lavés !!!
Mais les yeux fermés, on savait qu’on franchissait le pont de Pirmil, quand notre nez enregistrait soudain une autre nuance, encore plus désagréble : la tannerie n’était pas loin !

J’ignorais à l’époque que plus tard, penchée sur la recherche de mes racines, je me retrouverai descendante de plusieurs lignées de tanneurs, dont les Jallot à Noëllet, et les Rousselot à Clisson. J’avoue que mon nez a immédiatement « ressenti son souvenir » lorsque j’ai découvert ces ascendants odériférants. Et j’y repense souvent, car je vais ces jours-ci vous illustrer leur aisance, mais vous n’oublierez pas au prix de quel nez !!!

Jean-Louis Beaucarnot « Nos ancêtres étaient-ils plus heureux » nous décrit l’ambiance à la cour, dont les costumes somptueux sont tout sauf lavables, et où on rajoute par dessus les odeurs corporelles des parfums, mais aussi le reste de la population, où même les odeurs de cuisine s’ajoutaient à celles des vêtements et corps pas lavés.
Selon les inventaires après décès que j’ai pu déjà faire, la chemise n’était pas le lot de tout le monde, mais le nombre de chemises indique bien un rang social, et je vai vous en donner un exemple ces jours-ci. Et selon Quynh Delaunay « Histoire de la machine à laver », Puf, 1994, elle est apparue tard.

Mais rassurez-vous, même si on raconte que Louis XIV lui-même empestait à 3 m à la ronde, notre nez est ainsi fait que
« Notre sens de l’odorat est semblable à notre perception des corps chauds ou froids: l’intensité de l’odeur perçue est très forte au début puis se produit une adaptation et une baisse progressive de la sensation ressentie. Pour chaque composé odorant, il existe un seuil en dessous duquel le composé n’est pas détecté. Au-dessus du seuil, l’intensité perçue n’est pas proportionnelle à la concentration, car un effet de saturation est observé: la loi de puissance de Stevens permet de décrire cette dépendance. »

Donc, en fait nos ayeux percevaient beaucoup moins que nous les mauvaises odeurs, car ils baignaient dedans et ne les percevaient plus si intenses. En outre, l’effet de seuil épargne au nez humain de très fortes odeurs.

Mais la majorité de nos ancêtres n’a pas connu l’absence d’odeur, et encore plus l’odeur du parfum.

Et je peux vous parler ces jours ci d’odeurs, car en haut de ma tour, je viens de vivre la semaine passée sans eau, puis eau samedi, puis coupure dimanche et à nouveau eau lundi soir, mais entre temps une fuite en bas a noyé l’ascenceur, et je suis en haut avec à nouveau de l’eau et linge lavé, mais plus d’ascenceur.
Je peux témoigner que sans eau en appartement cela n’est pas terrible, au niveau de la chasse d’eau, malgré le grand nombre de bouteilles plastiques que j’avais précautionneusement remplies avant la coupure (ils refaisaient à neuf la colonne d’arrivée d’eau). Une douche aussi c’est bien !!! et ne parlons pas de la machine à laver, alors j’ai beaucoup pensé à nos ancêtres, sans notre confort habituel.

PS. Je ne vais pas mieux : douleurs comme de myalgie, frissons de glaçon permanent, céphalées etc…

Histoire de l’industrie à Nantes après la Révolution

Selon A. Guépin, Histoire de Nantes, 1839 p 506

« L’industrie avait en général moins souffert que le commerce de nos orages politiques. En l’an XI, les mines de Nort et de Montrelais livrèrent 108, 125 hectolitres de charbon de terre. Les salines nous offrent, pour 1802, un produit de 44 à 48 mille tonneaux. La fabrication des clous, liée à nos relations d’outre-mer, avait été réduite de 80 mille quintaux métriques à 10 mille ; la fabrication des toiles n’occupait plus que 230 métiers, au lieu de 500, dans la ville de Nantes. La blanchisserie au chlore avait cessé ; 7 établissements s’étaient formés pour la filature mécanique du coton. Les corderies occupées pour le compte de la marine nationale n’avaient ni prospéré, ni déchu. La chapellerie ne fournissait plus qu’a la consommation locale. La concurrence des indiennes de fraude avait entièrement ruiné nos fabriques. La verrerie ne fabriquait plus que moitié de ses anciens produits ; les raffineries et les distilleries avaient subi l’influence d’une guerre maritime. Parmi les établissements de notre ville se trouvaient : une fabrique de pipes occupant 8 ouvriers, une autre de faïence, servi par 50 ; une manufacture de porcelaine qui en employait 40. Les diverses tourbières , exploitées par 4 mille 247 ouvriers, produisaient 3 millions 247 mille centaines de mottes, au prix de 0,10 le cent. La clouterie, à Nantes, occupait 240 ouvriers ; les fonderies, 30 ; les toiles peintes, 1300 ; la verrerie , 31 ; la raffinerie , 144. On comptait, à cette époque, pour tout le département, 14 pharmaciens , 13 architectes , 174 aubergistes , 213 boutiquiers , 241 bouchers, 52 charcutiers, 243 boulangers, 1 brasseur, 4 bouquinistes , 8 constructeurs de navires, 284 maîtres-charpentiers, 247cordonniers, 1 441 cabaretiers , 35 commissionnaires de marchandises , 10 droguistes, 1 entrepreneur de roulage, 8 fabricants de mouchoirs , 24 de cotonnades , 182 épiciers , 7 fabricants d’eau-de-vie , 9 de chandelles , 1 facteur d’instruments, 4 luthiers , 25 ferblantiers , 23 fariniers , autant de grainetiers, 4 imprimeurs-libraires,3 libraires, 12 limonadiers, 24 horlogers, deux manufactures de brosses , 6 d’indiennes, 2 marbriers , 86 marchands de bois à brûler, 41 de draps, 188 de vin en gros, 142 négociants, 124 médecins , 3 dentistes , 74 perruquiers, 4 poêliers , 84 propriétaires de bâteaux caboteurs, 42 quincailliers, 32 revendeurs, 37 rouliers, 75 tanneurs. Sans doute, le plus grand vice de ce tableau , ce n’est pas d’être incomplet, mais bien d’être fautif. Cependant, il serait à désirer que, pour chaque époque , ou pût en dresser de semblables ; ils donneraient matière à des rapprochements curieux, et jetteraient un jour tout nouveau sur la distribution des produits, partie de l’économie politique que jusqu’ici l’on n’a pas encore étudiée. Les prix de la main d’oeuvre en l’an XI , étaient de 2 fr. 50 pour les tailleurs de pierre , les charpentiers , les plombiers et les menuisiers ; de 2 fr. 25 pour les maçons et les marbriers ; ils variaient de 90 c. à 1 fr. 75 c. pour les manœuvres; les serruriers étaient payés 3 fr. , et les sculpteurs 5 et 6 fr. par jour. En général, 100 fr. placés en immeubles rapportaient, à cette époque, de 5 fr. à 5 fr. 55 c. pour les prairies, de 5 fr. 60 à 5 fr.80 c. pour les terres labourables , de 5 fr. 80 c. à 6 fr. 25 c. ,pour les vignes, de 8 fr. 33 c. à 10 fr. pour les maisons de ville. Prêtés , 100 fr. rapportaient sur billet de 9 a 10 fr. 50 c. ; sur hypothèque de 6 à 9 fr. ; à la grosse, pour les Antilles de 15 à 18 fr. »
Donc 75 tanneurs en Loire-Atlantique en 1800, mais il y en avait encore à Nantes, et c’est Guépin, dans son « Histoire de Nantes » qui nous offre cette vue de l’Erdre à Nantes avant la création du quai des Tanneurs :

Création du quai des Tanneurs

Son nom lui vient des tanneries qui y sont établies. En 1790 le quai des Tanneurs est commencé (Verger, Archives I, 23) – En 1792 on a commencé les deux extrémités d’un quai, dit le Quai-Neuf, qui, devant régner de ce côté de l’Erdre, contribuera peut-être à l’utile projet d’écarter ces tanneries dont les exhalations ne peuvent qu’être pernicieuses aux habitants des environs. (Nouvelles Etrennes Nantaises, Guimar, 1792) – En 1836 par sa délibération du 9 novembre 1835, le conseil municipal a décidé que le quai des Tanneurs, rive droite du canal, sera prolongé dans la partie comprise entre la rue Le Nôtre et la route de Rennes, en acquérant soit à l’amiable, soit par expropriation pour cause d’utilité publique, les portions de propriétés qui doivent entrer dans ce quai, En mairie de Nantes, le 13 avril 1836 (Le Breton, p. 1) – 1836 Des remblais sont jetés sur les deux quais de l’Erdre qui joignent le pont du Port-Communeau à l’entrée de la route de Rennes : on assure que le quai des Tanneurs ne tardera pas à être entièrement ouvert (Le Breton, 20 octobre 1836, p.1) – 1837 L’installation de l’Etablissement du Gaz sur le quai des Tanneurs avance rapidement (Le Breton, 30 juin 1837, p.1)
Née en 1938, j’ai beaucoup connu le quai des Tanneurs car les cars Drouin 7 y avaient leur départ pour Guérande, et on me confiant petite au chauffeur, et je restais bien sage derrière lui, ma petite valise sur moi, sans la lacher. J’ai aussi connu l’usine de Gaz, et j’ai toujours été totalement surprise d’une telle usine au coeur de la ville, mais rassurez-vous cette usine n’était là que dans mon enfance, et elle n’est plus là… mais tout de même comment a-t-on pu remplacer les tanneurs par l’usine à gaz au coeur de la ville, je me le demande toujours…

Les tanneurs de Nantes étaient liés à ceux de Clisson au 17ème siècle

Et j’en descends, et je viens ce jour, 8 novembre 2022, vous conter l’incroyable relation entre tanneurs de Nantes et Clisson.

Histoire de Nantes Sud-Loire : table de mes articles

En dressant cette table je m’aperçois que j’ai encore plusieurs articles que j’ai oublié de publier. Elle va donc s’enrichir prochainement, car j’ai aimé le quartier de mes origines : Nantes Sud Loire

2011 Cimetière sans accès, Nantes saint Jacques 2011
1990 Histoire du passage devenu « terrain abandonné » : rue Georges Lemevel, Nantes
1955 René Gadel, 43 ans, boulanger 118 rue Saint Jacques : une des victimes de l’accident terrible des 24 h du Mans, 1955
1947 Photo de classe école Notre Dame de la Sagesse, Nantes St Jacques 1947
1946 Recensement route de Clisson Nantes, 1946 : du début à la pharmacie
1945 Au coeur des villes autrefois les tanneries malodorantes 
1943 Nantes Saint Jacques sous les bombes : 23 septembre 1943 et 24 juin 1944
1943 Nantes a un nouveau pont ! et voici l’ancien pont de Pirmil, son proche voisin
1936 Les Gobelets, sans les moulins, devenus ouvriers : 1936
1936 Suisse d’église, ou bedeau
1930 Henri Barbot : l’auteur oublié de Nantes en Flânant, 1930
1926 La route de Clisson, Nantes : recensement de 1926 
1926 En 1926 l’eau n’était pas encore au robinet route de Clisson
1914 Edouard 2° Halbert 1877-1932 passe 7 ans et demi au service de la France
1914 Le quartier Saint Jacques (Nantes) au front pendant la Grande Guerre 14-18
1910 Les amis d’Edouard HALBERT : le groupe des 10
1907 Noces d’Edouard HALBERT et Madeleine ALLARD : fêtes à bord du train du Petit-Anjou, 1907
1901 Les boîtiers avant la machine à faire les boîtes de conserve : ici chez Cassegrain en 1901
1901 La rue Dos d’Âne (Nantes) en 1901 : une unique famille nombreuse
1901 Autrefois beaucoup de salariés étaient logés sous le toît de l’employeur : voici 208 employés logés à l’hôpital St Jacques, Nantes 1901
1901 Le dernier meunier des Gobelets encore en action en 1901, Nantes Gobelets
1901 Porteur de pain à domicile : Nantes St Jacques 1901
1901 La pâtisserie-confiserie SELLEN place Pirmil : Nantes Sud Loire 1901-1929
1901 En 1901 la Loire faisait vivre 41 pêcheurs à Nantes Sud quartier St Jacques : quelques uns avaient leur fils reprenant le métier
1901 L’extraordinaire variété des prénoms en 1901 à Nantes Sud Loire
1901 En 1846 et encore en 1901, on fabriquait et vendait des sabots à Nantes Sud Loire, et même beaucoup !
1890 L’explosion du chômage (sans Assedic) fin 19ème siècle : Nantes Sud Loire
1890 Nantes comptait 538 épiceries de détail en 1890, mais seulement 12 passé le pont de Pirmil
1890 Nantes Saint-Jacques : les épiciers en 1890
1890 Bon courage à tous et toutes : les pâtes alimentaires ne vont pas manquer, Nantes 1890
1887 1 015 débitants de vin à Nantes en 1887 aussi appelés cafetiers
1887 Pas de pharmacien à Saint-Sébastien-sur-Loire en 1887 : il faut aller à Pirmil
1886 Histoire de la maison dite l’Ouchette, face au cimetière Saint Jacques, aujourd’hui boulevard Joliot Curie 
1882 Le dernier meunier des Gobelets encore en action en 1882, Nantes chemin de la Ripossière 
1877 Edouard 2° HALBERT 1877-1932, marchand de grains route de Clisson à Nantes
1877 Edouard 2° HALBERT 1877-1932 : train de vie
1863 Histoire d’une maison face au cimetière Saint Jacques, l’ex n°174 route de Clisson, aujourd’hui boulevard Joliot Curie
1861 Les meuniers des Gobelets encore en action en 1861, Nantes chemin de la Ripossière
1851 Les 7 occupants du pavillon du cimetière Saint Jacques : Nantes 1851
1851 Les meuniers des Gobelets encore en action en 1851, Nantes chemin de la Ripossière
1846 La fabrique d’allumettes de la côte Saint Sébastien à Nantes Sud Loire en 1846
1846 Le bousqueur, l’ouvrier non spécialisé, dans le vocabulaire de Nantes : Nantes Sud Loire 1846
1846 L’extraordinaire bureau de tabac rue Dos d’Âne à Nantes en 1846
1846 Les 5 perruquiers (coiffeurs) de Nantes Sud Loire en 1846 
1846 La côte St Sébastien, de Pirmil à la Grèneraie, encore habitée en 1846 : voici les 221 derniers habitants 
1846 Avant l’eau courante, il y avait à Nantes le métier de porteur d’eau : Nantes Sud Loire 1846
1846 Les 96 jardiniers et laboureurs de Nantes Sud Loire en 1846
1846 On pouvait emprunter un livre en 1846 à Nantes Sud Loire : chez la veuve Keramina au 25 rue St Jacques au fond de la cour
1846 Nantes Sud Loire et le noir animal : 1846
1846 Les pêcheurs de sable à Nantes Sud Loire en 1846 
1846 Les 8 perreyeurs à Nantes Sud Loire en 1846 : carrière du chemin de Vertou
1846 Les personnes âgées, sans retraite, isolées ou regroupées entre elles : Nantes Sud Loire 1846
1846 La promiscuité autrefois : rue Saint Jacques, Nantes Sud Loire, 1846
1846 La fin des scieurs de long à Nantes avant la mécanisation des usines de traitement du bois
1840 Les pierres réutilisées du moulin des Gobelets : Nantes Saint Jacques 1840
1835 Les 6 moulins des Gobelets : Nantes Saint Jacques
1835 Les moulins des Gobelets en 1835 (suite) : Nantes Saint Jacques
1827 L’ancien cimetière de Saint-Jacques, sous l’école de la rue du Frère Louis, Nantes 1827
1818 La route de Clisson en 1818, selon le recensement
1815 Mathurin Bonnissant, premier investisseur quartier Saint Jacques en 1815
1814 La route de Clisson en 1814, selon le recensement 
1792 Grand mariage dans la petite chapelle Bonne-Garde : Nantes 1792
1790 En 1790 la paroisse de Saint-Sébastien-d’Aigne perdait plus de la moitié de ses habitants  
1710 Les 16 boulangeries de Vertais et Pirmil en Saint Sébastien près Nantes en 1710
1657 Histoire de la chapelle Notre-Dame de Bonne-Garde : Nantes
1640 Amis Canadiens descendants de Louis Bureau dit « Sans-Souci », en ce jour de fête du centenaire de René Bureau, voici la rue Dos d’Âne de vos origines, presque comme elle était en 1640
1620 Huissier des Eaux et Forêts : Nantes Saint Jacques Pirmil 1620 
1615 Retranscription exhaustive des baptêmes de Saint Sébastien d’Aigne fillette (succursale) du prieuré Saint Jacques de Pirmil, Loire Atlantique : 1615-1623
1615 La porte de l’Espau : rue Dos d’Ậne, Nantes
1615 Respect missire André Ernaud : vous traitiez les femmes sur le même rang que les hommes : prieuré Saint Jacques de Pirmil, 1615
1205 Histoire du quartier de Pirmil : les sources anciennes

Recensement route de Clisson Nantes, 1946 : du début à la pharmacie

Ceci est le 74ème billet concernant la catégorie NANTES SAINT JACQUES que vous trouvez sous les billets dans la fenêtre à menu déroulant sous la catégorie HISTOIRE REGIONALE.
Nantes possède 2 séries différentes de recensement, qui n’avaient pas le même but, l’une étant manifestement d’ordre fiscal plus que démographique. L’une est conservée aux Archives Municipales l’autre aux Archives Départementales. Voici celle des Archives Municipales en 1946 du début jusqu’à la pharmacie.
C’est le parcours que je faisais souvent à pied, pour faire les courses jusque chez le pharmacien. En tant qu’aînée j’avais ce devoir, et chaque matin je me levais une demie heure avant les autres pour aller au pain et au lait, le bidon de 5 litres plein et 2 gros pains de 4 livres). Ce mode de vie a ensuite disparu avec l’apparition des grandes surfaces qui obligent tout le monde à posséder une voiture pour aller jusqu’à eux. Pire, en ce moment à la télévision, il y a une publicité hallucinante d’une très grande surface qui pleure littéralement parce que ses clients ne viennent plus voir les produits… Ils en ont marre effectivement de faire leurs courses aussi loin dans ces immenses couloirs obligés autant qu’inutiles. Peu, comme moi étant âgée, se souviennent du temps heureux où tout était à proximité !
Les métiers sont très variés et on trouve encore un meunier, et beaucoup plus de cordonniers que de nos jours, car désormais nous achetons neuf au lieu de réparer… Nous vivons l’époque du tout jeter. J’ai sur moi ces jours-ci une jupe qui a plus de 40 ans, mais j’ai peur qu’on me prenne pour une rétrograde, alors que je pense que je suis seulement écologiquement responsable de mes gestes.
La majorité des maisons ont été rasées pour laisser place à la pénétrante sud de Nantes. Et je vous mets le début du chemin de la Gilarderie, car il donne littéralement route de Clisson, comme vous le voyez sur la photo de 2019 ci-dessous. On y voit à droite la pénétrante qui a tout détruit.

route de Clisson
2 Haury Léon chef 1900 jardinier
Haury Louise épouse 1900 jardiniere
Haury Louise fille 1927 néant
Haury Benjamin fils 1930 jardinier
Haury Léon fils 1928 jardinier
Haury Jean fils 1931 néant
Haury Paul fils 1933 néant
Haury Charles fils 1935 néant
Haury Joseph fils 1937 néant
Olivier Jean employé 1925 jardinier
3 Boureau Gilles chef 1891 miroitier
Boureau Marie épouse 1901 néant
Boureau Anne Marie fille 1922 employée
Boureau Lucienne fille 1924 néant
Boureau Alain fils 1628 néant
Dénécheau Marie Louise chef 1869 néant
5 Gaudin Emile chef 1896 restaurateur
Gaudin Marguerite épouse 1896 restauratrice
Gaudin Emile 1924 fils restaurateur
Perrochaud Joseph pensionnaire 1906 maçon
Gendronneau Léon pensionnaire 1916 pointeur
Gautier Léon chef 1874 viticulteur
Gautier Marie épouse 1880 néant
Gautier Léon fils 1913 SNCF
Leroux Gaston chef 1924 cordonnier
Artus Louis chef 1925 employé PTT
Lebrun Julien chef 1908 cultivateur
Cesbron Georgette chef 1918 néant
6 Demarchi Antoine chef 1884 mécanicien chef
Demarchi Marie épouse 1889 néant
Demarchi Hélène fille 1923 dactylo
7 Halbert Madeleine chef 1886 néant
Halbert Marie Louise fille 1914
Leduc Anne Marie petite fille 1938
8 Burgaud Léon chef 1903 camionneur
Burgaud Marie Anne épouse 1917 néant
Cottenceau Aimé chef 1909 ajusteur
Cottenceau Madeleine épouse 1911 manutention
Duret Edmond chef 1895 manœuvre
Duret Reine épouse 1899 néant
Duret Yvonne fille 1927
Boisselier Philomène chef 1876
Boisselier Roger fils 1912 menuisier
Salleron Jean chef 1891 cordonnier
Salleron Armande épouse 1895 néant
Salleron Ernest chef 1918 ajusteur
Salleron Gilberte épouse 1920 fourreuse
Ménard Henri chef 1881 ajusteur
Ménard Gabrielle épouse 1886 néant
Ménard Gabrielle fille 1913 mécanicienne
Renaud Marie chef 1884 ravaudeuse
Fonteneau Marie chef 1885 néant
Guicheteau Anne Marie chef 1907 aide infirmière
Guicheteau Michel fils 1939 néant
Guicheteau Hubert fils 1941 néant
12 Grolleau Jacques chef 1921 boulanger
Grolleau Denise épouse 1921 empl. commerce
Grolleau Joël fils 194 néant
Bourget Marie chef 1881 néant
Bourget Roger fils 1939 néant
12bis Terrien Emile chef 1902 boucher
Terrien Anna épouse 1907 bouchere
Terrien Renée fille 1937 néant
13 Gaultier Gabrielle chef 1907 glaceur
Gaultier Jeanne épouse 1911 giletière
Gaultier Jean fils 1932
Gaultier Jocelyne fille 1935
Hivert Marie chef 1893 néant
Hivert Henriette fille 1921 aide comptable
Hivert Jean fils 1925 électricien
Hivert André fils 1930 apprenti électr.
Bessonnet Germain chef 1897 tôlier
Bessonnet Auguste fils 1935 ajusteur outilleur
Frion Camille gendre 1920 mécanicien
Frion Germaine enfant 1922 communauté
Frion Albert petit fils 1943
Grelet Léon chef 1911 ouvrier spécialisé
Grelet Marie épouse 1910 fille de salle
Sorin Auguste chef 1896 cheuffeur
Sorin Berthe épouse 1896 néant
Sorin Denise fille 1922 dactylo
Sorin Berthe fille 1925 empl. bureau
Huchet Eugénie chef 1903 servante
Huchet Marie Thérèse enfant 1928 app. couturière
Huchet Eugène fils 1932 néant
Huchet Yvette fille 1936 néant
Huchet Gerard neveu 1938 néant
Berthe Albert chef 1903 fonctionnaire
Berthe Germaine épouse 1899 néant
Berthe Albert fils 1929 néant
Relet Lucie chef 1885 néant
Pelletier André neveu 1922 tourneur
Plouhinec Jean chef 1917 empl. SNCF
Plouhinec Pierre chef 1914 jardinier
Plouhinec Germaine épouse 1908 néant
Plouhinec Allain fils 1943 néant
Lesault Gilberte chef 1892 empl. SNCF
Lesault Eugénie épouse 1895 néant
Lesault Annick fille 1929 néant
Lesault Guy fils 1932 néant
Lesault Yolande fille 1936 néant
Bonnet Marie chef 1889 néant
Perraud Léon gendre 1916 typographe
Perraud Madeleine fille 1914 empl. commerce
Faucheux Marie chef 1907 infirmière
14 Retière Joseph chef 1897 gardien de la paix
Retière Amélie épouse 1893 néant
Retière Yvette fille 1923 couurière
Retière Jean Claude fils 1937 néant
Favreau Marcel chef 1889 manœuvre
Favreau Angèle épouse 1895 néant
Favreau Marcelle fille 1929 néant
Favreau André fils 1930 néant
Dupont Raymond chef 1909 lithographe
Dupont Renée épouse 1905 dactylo
Dupont Yves fils 1946
Stéphany Paul chef 1907 modeleur
Duteil Albertine domestique 1906
Thibaut Marcelle chef 1924
15 Bureau Emile chef 1881 Md de chevaux
Bureau Anne Marie sœur 1871 néant
Bureau Emile chef 1911 Md de chevaux
Bureau Anne Marie épouse 1921 néant
Bureau Marie Claire fille 1942 néant
Bureau Bernard fils 1945
16 Thibaut André chef 1896 scieur ajusteur
Thibaut Yvonne épouse 1902 néant
Thibaut Claude enfant 1930 apprenti
Thibaut Edith petite fille 1942
16bis Redois Eugène chef 1871 gardien
17 Douineau Henri chef 1894 empl. SNCF
Douineau Jane épouse 1890 néant
19 Poiraud Lucien chef 1890 empl. SNCF
Poiraud Marie épouse 1897 néant
Poiraud Eliane fille 1936
20 Silvestre Jean chef 1908 gardien de la paix
Silvestre Yvonne épouse 1913 néant
Silvestre Fernand fils 1936 néant
Silvestre Jeannine fille 1939 néant
21 Basty Jules chef 1898 empl. boucher
Basty Marie épouse 1898 néant
Basty Suzanne fille 1923 comptable
23 Grisillon Léon chef 1899 camionneur
Grisillon Léon chef 1870 gardien
Grisillon Anne Marie épouse 1865 néant
Petithomme Jean chef 1911 maçon
Petithomme Eugénie épouse 1915 démarcheuse
Petithomme Jacqueline enfant 1938 néant
25 Le Ster Charles chef 1905 coiffeur
Le Ster Jeanne épouse 1912 coiffeuse
Le Ster Jean Claude fils 1934 néant
Pennarun Jean beau-frère 1921 coiffeur
25bis Paquereau Victor chef 1905 manœuvre
Paquereau Maria épouse 1905 néant
Paquereau Léone fille 1930 néant
Paquereau Danielle fille 1943 néant
Paquereau Louise mère 1880 néant
26 Crespin René chef 1879 bourrelier
Crespin Isabelle épouse 1891 débitante
Guillard Paul chef 1895 menuisier
Guillard Marie épouse 1899 néant
Guillard Paul fils 1932 néant
26bis Boutin Pierre chef 1897 manœuvre
Boutin Yvonne épouse 1903 néant
Boutin Paulette fille 1928 néant
Boutin Yvonne fille 1931 néant
Boutin Pierre fils 1937 néant
Tendron François chef 1877 cultivateur
Tendron Angélique épouse 1883 épicière
Tendron Gabriel fils 1914 menuisier
Rozen Jean chef 1898 manœuvre
Rozen Marie épouse 1894 néant
Rozen Odette fille 1931 néant
Baron Henri chef 1909 tonnelier
Baron Madeleine épouse 1912 néant
Baron Yvette fille 1937 néant
Baron Jean Yves enfant 1941 néant
Pasco victorine chef 1895 néant
Pasco Pierre enfant 1927 tourneur/métal
Pasco Jean enfant 1924 ajusteur
Morel Constant chef 1874 néant
27 Parois Eugénie chef 1903 chef expédition
Parois Marcelle épouse 1906 néant
29 Pauvert Auguste chef 1890 manœuvre
Pauvert Célina épouse 1894 néant
Pauvert Michel fils 1923 comptable
30 Ganachaud Pierre chef 1871 néant
Ganachaud Lucie épouse 1873 néant
Avril François chef 1899 agent des douanes
Avril Clotilde épouse 1898 néant
Avril Georges fils 1923 néant
Avril Georgette fille 1928 étudiante
31 Baraud Olympe chef 1883 poissonnière
Guillot Simone chef 1906 empl. SNCF
Guillot Eliane fille 1932 néant
Bouvet Désirée chef 1887 cuisinière
Bouvet Fernande fille 1924 couturière
Fleury Henriette chef 1891 femme de ménage
Fleury Jacqueline fille 1930 employée
Jousse Paul chef 1911 chauffeur
Jousse Paule épouse 1917 néant
Jousse Paul fils 1939 néant
Huet Auguste chef 1864 néant
32 Bellisson Jeanne chef 1871 néant
Bellisson Madeleine fille 1899 néant
Bellisson Edmée fille 1903 néant
Bohers Germain chef 1921 gardien de la paix
Bohers Gilberte épouse 1924 néant
Bohers Gérard fils 1945 néant
35 Cassard Ernestine chef 1878 néant
Hervouet Armandine domestique 1896 domestique
Bédier Louis chef 1905 gardien de la paix
36 Renault Georges chef 1883 industriel
Renault Henriette épouse 1890 néant
Fleurance Marguerite domestique 1887 domestique
38 Louis Marie chef 1887 couturière
Truhin Angélique domestique 1862 domestique
Tallé Albert chef 1868 néant
Tallé Clémentine épouse 1873 néant
39 Laigle Léontine chef 1876 néant
Guérin Paul chef 1912 empl. commerce
Laigle Marie Anne chef 1875 néant
Corgnet Hélène domestique 1902 domestique
40 Fort Victor chef 1903 infirmier
Fort Léone épouse 1907 manutention
40bis Turbellier Léontine chef 1873 néant
Bertineau Charles chef 1927 étudiant
41 Couteau Léon chef 1895 constructeur
Couteau Marie épouse 1896 néant
Briand Thérèse cousine 1906 ouvrière
Dené Georges neveu 1926 ajusteur
Pasco Jean locataire 1924 ajusteur
42 Voisin Louis chef 1897 comptable
Voisin Jeanne épouse 1901 caissière
Voisin René fils 1923 néant
Voisin Andrée fille 1927 néant
Voisin Huguette fille 1932 néant
42bis Rane Rémy chef 1895 comptable
Rane Léontine épouse 1895 néant
Pineau Célestine tante 1865 néant
43 Ferrand Emile chef 1875 ébéniste
Ferrand Marthe épouse 1887 néant
Brossais Georges gendre 1908 agent technique
Brossais France enfant 1908 néant
44 Niglais Victor chef 1909 épicier en gros
Niglais Jeanne épouse 1912 néant
46 Vidy Robert chef 1917 récept. en cuirs
Vidy Odette épouse 1920 néant
Vidy Michel fils 1940 néant
Vidy Danielle fille 1942 néant
48 Mouillé Telcide chef 1873 néant
Mouillé Marcel fils 1898 représentant
Maugay Marie Josèphe domestique 1891 domestique
49 Couvrand Joseph chef 1918 chaudronnier
Couvrand Fernande épouse 1916 néant
Couvrand Marie Thérèse fille 1942 néant
Couvrand Annick fille 1943 néant
Couvrand Jean Paul fils 1944 néant
Couvrand Maryvonne fille 1945 néant
Couvrand André chef 1908 chaudronnier
Couvrand Françoise épouse 1912 néant
Couvrand Jeannine fille 1939 néant
50 Potin Albert chef 1908 débitant
Potin Yvonne épouse 1909 néant
Potin Yvonne fille 1935 néant
Potin Michelle fille 1936 néant
Potin Jeanne fille 1939 néant
Potin Simone fille 1942 néant
Pivert Madeleine nièce 1927 néant
Trique Antoinette chef 1914 néant
52 Laurent Joseph chef 1875 néant
Laurent Marie épouse 1879 néant
Fortin Marcel chef 1912 menuisier
54 Auvinet Gabriel chef 1904 boulanger
Auvinet Marie épouse 1904 boulangere
Auvinet Gabriel fils 1931 boulanger
56 Dabin Jean chef 1909 meunier
Dabin Madeleine épouse 1916 épicière
Dabin Jean Pierre fils 1936 néant
Dabin Jacques fils 1943 néant
Hervouet Marie employée 1929 employée
Lepavec Clément chef 1887 manœuvre
Lepavec Alice épouse 1896 néant
Lepavec Michel fils 1932 néant
58 Huet Joseph chef 1881 empl. de mairie
Huet Eugénie épouse 1889 employée
60 Desbouit Eugène chef 1876 pharmacien
Desbouit Pierre fils 1919 étudiant
Taillat Alice employée 1888 employée
chemin de la Gilarderie
2 Halbert Georges chef 1912 négociant
Halbert Marie-Thérèse épouse 1914 néant
Halbert Odile fille 1938 néant
Halbert Nicole fille 1939 néant
Halbert Bernard fils 1941 néant
Halbert Marie-Annick fille 1942 néant
Halbert Christine fille 1944 néant
Guérin Françoise domestique 1926 domestique
Daudin Amédée chef 1905 mécanicien
Daudin Yvonne épouse 1908 néant
12 Bichon Victor chef 1882 néant
Bichon Augustine épouse 1887 néant
Bichon Anne fille 1919 rédactrice

En 1926 l’eau n’était pas encore au robinet route de Clisson à Nantes ; un siècle plus tard la France manque d’eau tant nous en consommons !

Il y a 2 ans je vous parlais des porteurs d’eau rue Saint Jacques à Nantes et personne n’y avait encore l’eau courante au début du 20ème siècle.
En 1926, après l’arrivée de l’eau rue Saint-Jacques, ceux de la route de Clisson demandent à la ville de Nantes de prolonger l’arrivée de l’eau potable au robinet jusques chez eux, et pour mémoire la route de Clisson suivait la rue Saint Jacques après le carrefour de Bonne Garde.
Donc mes grands parents paternels qui demeuraient route de Clisson n’avaient pas encore l’eau courante, et elle n’est pas encore votée raconte l’article ci-joint. Ma cousine Anne, qui a le même âge que moi, se souvient très bien de l’installation de salle de bains dans la maison de nos grands parents communs, et ce juste avant la seconde guerre mondiale. Marly, marchand de salles de bains à Bordeaux, venait d’y installer une succursale, qui installa donc beaucoup route de Clisson.
Et nous voici en août 2020 devant un pénurie d’eau en France, et de probables coupures de robinet, mais il faut dire qu’en un siècle nous avons pris des habitudes du surconsommation incroyables, et nous avons bien oublié comment vivaient nos grands parents. J’ai donc hier tenté de comprendre ma consommation par rapport à la moyenne en France, car je consomme 22 m3/an et je ne peux vraiement plus rien réduire. La moyenne en France est au dessus de 150 m3/an à cause des jardins, piscines, baignoires et de l’agriculture. Je fais partie des Français qui vivent en copropriété et ne reçoivent donc pas une facture d’eau chaque année, car c’est une ligne au milieu de tant de lignes des charges qu’il faut beaucoup d’attention pour découvrir le relevé de mon compteur individuel chaque année. Je suppose que tous ceux qui vivent en appartement sont comme moi.

Le quartier Saint Jacques (Nantes) au front pendant la Grande Guerre 14-18

Je vous ai déjà mis beaucoup de documents sur la Grande Guerre 14-18 à travers le carnet de guerre de mon grand-père Edouard Guillouard.

Il demeurait quartier Saint Jacques à Nantes, avant de partir au front. Et manifestement il a pu échanger quelques lettres avec ses amis du quartier Saint Jacques, puisque l’un de ses descendants possédait la lettre qui suit, datée du 9 mai 1915 et signée « Gaston ».

Ce Gaston tutoie mon grand-père, donc il connaît assez bien mon grand-père et je suppose qu’il s’agit de Gaston Roy, mais les Roy possédaient tous plusieurs prénoms et il est difficile d’identifier lequel a écrit la lettre, sans doute celui qui est inhumé au cimetière Misericorde (Nantes) le 25 novembre 1937 âgé de 59 ans, donc contemporain de mon grand-père et probablement tous deux ont été élèves dans leur jeunesse de l’école chrétienne de la rue St Jacques pour garçon seulement (à l’époque, plus maintenant).

Gaston (que je suppose Gaston Roy) donne des nouvelles de plusieurs autres camarades du quartier Saint Jacques, entre autres Emile Marry le coiffeur, né à Vallet le 4 février 1879, et aussi contemporain de Gaston.  Tous les autres noms qu’il cite me sont plus ou moins connus, mais je n’ai pas plus de précisions, et j’offre volontiers ce document au Quartier Saint Jacques, dans l’espoir qu’ils pourront identifier tous ces militaires, et me faire signe.
Quand il parle de « la pipe », il s’agit d’Edouard Halbert, mon grand-père paternel. Mais il en cite plein d’autres…

Je vous mets d’abord ma frappe, suivie des 3 vues !

Moridon, le 9 mai 1915
Cher Edouard
J’ai ta bonne lettre du 14 avril, excuses moi si je n’ai pu te répondre plus vite. Beaucoup de lettres à écrire, lettres commerciales ainsi que celles à ma famille, beaux-frères etc… puis ai fait un entrainement très dur et fatiguant avec ces chaleurs estivales.
On parle fortement de nous expédier dans les environs de Terns ? afin d’y faire nos tris de guerre finis point de direction le front. Mon régiment est en ce moment du côté d’Ypres et donne beaucoup aussi le dépôt se vide de plus en plus.
Je viens d’écrire à l’ami Gobin qui est à Locmaria près Auray. Il se plaint que le pays est monotone mais je suis certain que tu voudrais à sa place. Il est sergent major. La pipe est à Savenay et il gueule comme un putois, il n’a plus le goût militaire, il est comme mort mais il faut se résigner et penser à nos héros cachés et inconnus qui souffrent sans plainte. Emile Marry a été exaucé, il est mieux et va retourner au dépôt. Henri Halbert est dans les environs du camp de Chalons. Paul Halbert est toujours à Lorient et il obtient surplus de permission. Etienne Chauvet est au camp de Coëtquidan et il est téléphoniste et va partir sous peu pour le front ainsi que Blanchard Lemoine son camarade de combat. Mes beaux frères : Marcel est toujours dans les tranchées avec le 65ème du côté de Mailly Mallet ; Henri est du côté de Verdun ainsi que l’ami Louis Martin ex-caissier chez Lefèvre-Utile. Pierre Chauvet est dans les tranchées ainsi qu’André qui n’a pas encore eu le baptême du feu mais l’attend. Ma petite famille est bien et je l’ai vue encore la semaine dernière. Mon frère a dû te dire que nous avons perdu notre cousin de la champignonnière qui nous avait vendu notre représentation et qui la dirigeait depuis mon départ. Il est mort subitement d’une hémorragie centrale âgé de 53 ans c’est terrible. J’ai dû aller réorganiser l’affaire avec ma belle-sœur, mon frère et 3 employés. J’espère que la clientèle sera conservée. C’est tout ce que nous demandons pour cette terrible année.
De temps en temps nous aussi faisons des petits gueuletons, c’est la seule distraction à Issoudun et quand on a bon appétit c’est une bonne distraction.
Il passe des trains en quantité ici, c’est une ligne directe de Paris et il y passe des troupes beaucoup ;
Si tu vois mon frère tu lui serreras la main pour moi ainsi qu’aux amis Poudat Auguste etc…
Je te remercie de ta carte photo et je t’envoie ma binette ainsi que celle de quelques poilus. Mon ami Haudreau de Nantes, pâtissier rue de l’échelle, est surmonté d’une croix sur la photo, les autres ne t’intéressent pas. Tu vois qu’il faut être belle femme pour être mignon dans cette tenue.
A bientôt et cordiale poignée de mains
Gaston

Histoire du quartier de Pirmil : les sources anciennes

Pirmil de pila millia (pour milliaria), norne milliaire (Bidet)
1205 : La terre de Pirmil, paroisse de Saint-Sébastien, appartenait en 1205 à Gautier de Pirmil. Elle a été réunie à la ville de Nantes en 1790. (E. de Cornulier, dictionnaire des terres du Comté Nantais, p. 221)
1364 : … Nantes, en conséquence de ce traité, fut réunie au duc Jean IV qui, pour mieux s’assurer de la ville, expédia les ordres à Nicolas Bouchard, amiral de Bretagne, de bâtir et construire la tour et citadelle de Pirmil, à l’entrée des ponts de Nantes (Travers, I, 436)
Pirmil était une ancienne châtellenie qui fut alors érigée en gouvernement. Ce gouvernement fut supprimé par Louis XVI (Ogée, II, 122)
1365 : La forteresse de Pirmil fut construite en 1365, sur l’ordre du duc Jean IV, par Nicolas Bouchard, seigneur de Kerbouchard, amiral de Bretagne.
Dès son origine, cette citadelle fut érigée en capitainerie. Le titulaire recevait une pension annuelle de 120 livres.
Au XVIIème siècle, la municipalité, regardant comme une charge onéreuse la citadelle de Pirmil, où la milice bourgeoise fournissait une garde quotidienne, profite de l’arrivée du souverain en 1614, pour en demander la démolition. Le gouvernement refusa, mais en 1626, il permit le démantèlement (Bougouin, Officiers du château de Nantes, 13-14)
1369 : Jean de l’Angle, capitaine du château de Pirmil (Bizeul, rues de Nantes)
1409 : Affagement à Frère Jean de Blouan, aunom et comme prieur du prieuré de Pirmil… d’un auroissement assis près de Pirmil, contre la saulaie de la Babilonière, appartenant au prieuré, et la rivière de Loire attenante d’un bout au port de la Babilonière et d’autre bout à un autre fossé

je continue demain, car c’est long…