Contrat de mariage de Michel Roussière et Marie Blouin, Angers 1591

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Chaque contrat de mariage porte des clauses particulières et ne ressemble pas aux autres, même si beaucoup de clauses sont identiques. Ici, le contrat précise que c’est le futur époux qui doit payer les habits nuptiaux de la future. Cela est toujours surprenant à nos yeux actuels. Je ne sais comment vous ressentez, vous, une telle clause. Surprenante, n’est-ce-pas ?

Par ailleurs, je n’ai pas trouvé ce que le futur apporte, mais on sait que la future apporte 2 000 livres, ce qui est de la bourgeoisie moyenne en 1591, et pour mémoire vous avez sur mon site une page qui récapitule tous les contrats de mariage que j’ai retranscrit, même si ma page n’est pas à jour, elle est riche de contrats de mariage.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Je vous mets la photocopie de l’acte qui comporte 6 vues, car je ne suis pas sure de ma lecture du nom de la mère de Marie Blouin, et j’ai eu du mal à déchiffrer les noms des proches parents présents, nombreux, et signant tous bien, dont beaucoup de Jarry.

Le 2 février 1591 après midi, comme en traitant et accordant (devant Lepelletier notaire royal Angers) le mariage d’entre honneste personne Michel Roussière fils de defunts honnestes personnes Pierre Roussière et Jehanne Jousses d’une part et honneste fille Marie Blouyn fille de honnorable homme René Blouyn sieur de Pierre Cou (lieu disparu à Chalonnes) et defunte honneste femme Janette Doerau d’autre part et auparavant que aulcunes promesses ne bénédiction nuptialle fussent intervenues entre lesdits futurs espoux ont esté fait les accords pactions et conventions matrimonialles qui ensuivent, pour ce est il qu’en la cour du Roy notre sire à Angers endroit par davant nous personnellement establys ledit Michel Roussière marchand demeurant en ceste ville d’Angers paroisse de la Trinité d’une part, et ledit René Blouyn et ladite Marie sa fille demeurants en ceste ville en ladite paroisse de la Trinité d’aultre part, soubzmetant etc confessent etc c’est à savoir que ledit Roussière o l’advis auctorité et consentement de ses parents cy après nommés a promis et promet prendre à femme et espouse ladite Marye Blouyn et icelle Blouyn avec l’advis et auctorité dudit Blouyn son père a pareillement promis et promet prendre à mary et espoux ledit Roussière et s’entrespouser l’un l’autre en face de sainte (f°2) église catholique apostolique et romaine sy tost que l’un en sera par l’autre requis tous légitimes empeschements cessant ; en faveur duquel mariage qui aultrement n’eust esté fait consommé ne acomply ledit Blouyn a promis et promet bailler et paier auxdits futurs espoux en avancement de droit successif de ladite Marye sa fille des biens tant de luy que de ladite defunte Doerau mère d’icelle Marye la somme de 660 escuz deux tiers faisant 2 000 livres tz dedans le jour de leurs espousailles, de laquelle somme de 660 escuz deux tiers y en aura la somme de 100 escuz sol de don de nopces et le surplus montant la somme de 560 escuz deux tiers ledit Roussière a promis et promet icelle somme convertir et employer en acquest et achapt d’héritages immeubles et de nature immeuble pour et au profit de ladite Marye Blouyn de ses hoirs qui sera censé et réputé de nature de son propre patrimoine et matrimoine sans que ladite somme et acquets puissent tomber en la communauté desdits futurs espoux par quelque manière (f°3) que ce soit et à défaut de ce faire ledit Roussière a dès à présent comme dès lors et dès lors comme dès à présent vendu créé constitué vend crée et contitue à ladite Marye Blouyn stipulante et acceptante pour elle ses hoirs rente au denier quinze et icelle assise et assignée assiet et assigne sur tous et chacuns ses biens présents et advenir paiable ladite rente ung an après la dissolution dudit mariage et icelle continuer jusques au jour de l’admortissement, lequel Roussière futur espoux promet entièrement tenir faire et admortir ladite rente dedans 3 ans après ladite dissolution dudit mariage et payer et rembourser à une fois et seul payement ladite somme de 560 escuz deux tiers avec les arrérages de ladite rente qui lors seront deubz et escheus à ladite Blouyn ses hoirs et au moyen dudit avantage cy dessus ledit Blouyn jouira et lesdits futurs espoux accordent et consentent qu’il jouisse sa vie durant de la part et portion qui à ladite Marye compète et appartient tant meubles qu’immeubles de la succession de ladite defunte Doineau sa mère mesme des acquests qu’il a fait (f°4) en secondes nopces, sans que lesdit futurs espoux l’en puissent rechercher ne inquiéter sa vie durant et comme est ledit Blouyn tenu rembourser sadite fille de plusieurs jouissances des fruits et revenus de la portion des héritages d’elle … et oultre ce que dessus ledit Roussière a promis et demeure tenu vestir et habiller ladite Marye sadite future espouse de habits et vestements nuptiaulx honnestes comme à elle appartient. Tout ce que dessus stipulé et accepté et lesdites promesses tenir etc renonczant etc ; fait et passé audit Angers en la maison dudit Blouyn présents noble homme Marin Boilesve sieur de la Maucroisière conseiller du roy lieutenant de monsieur le sénéchal d’Anjou, honnorables hommes Me Maurice Jary sieur de Mesnil, Jehan Chailland René et Mathurin Jarry avocats Angers, Jehan Ledean sieur de la Judominière Vincent Leroyer Jehan Lepannelier

 

 

 

Naissance de triplées en 1572 à Ménéac

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Je relève beaucoup de jumeaux à Ménéac, mais cette fois des triplées. Pour mémoire, j’en ai déjà relevé en Anjou aussi.

1572.09.12 GASTEL Louise « fille Jean et Alliette Rouxel parrain Jean Leliepvre marraine Louise Agan et Jeanne Mouesan »
1572.09.12 GASTEL Guionne « fille Jean et Alliette Rouxel parrain Jean Garin marraine demoiselle Jacquemine de la Vallée dame de la Guymasière et Marie Glemot »
1572.09.12 GASTEL Elaine « fille Jean et Alliette Rouxel parrain Alain Androuet marraine Jeanne Tual et Marie Pirio »

Gabriel de Montbourcher avait droit au qualificatif « haut et puissant seigneur » : Ménéac 1613

 

Ménéac habrite plusieurs familles nobles plus ou moins apauvries, telles que Michel Nassiet les étudie dans son ouvrage Noblesse et pauvreté. Les prêtres de Ménéac utilisent le plus souvent le qualificatif « noble homme », pourtant parfois pour certains le qualificatif « écuyer » qui est le seul qualificatif ailleurs pour désigner un noble, mais ici, il utilise le titre de seigneur manifestement plus élevé que les autres « haut et puissant seigneur ». D’ailleurs c’est un baptême retardé pour attendre le parrain, alors qu’à Ménéac, dans ce que j’ai déjà relevé, on rencontre peu ce délais toléré autrefois chez les puissants.

1613.09.16 MONTBOURCHER (de) Guyonne « fille de noble et puissant Gabriel de Montbourcher et dame Françoise Massuel seigneur et dame de Tremeneuc Belouan parrain noble et puissant Jean d’Avaugour seigneur du Bois de la Motte la Grée etc marraine dame Guyonne de Tremeyon dame de Pozé Tremigon etc, et fut ladite Guyonne de Montbourcher née environ midy jeudi 30 mai »

Vente des meubles et marchandises de mercerie de défunt Pierre Chauvin : Louvaines 1774 fin

Suite et fin de l’acte d’hier sur ce blog. Tout étant vendu dans le plus grand désordre, je croyais hier que la fin de l’acte ne concernait que les marchandises, or, il n’en est rien, et voici les lits etc… et en fait très, très peu de marchandises, et même à la fin, on découvre qu’en fait il cultivait grains, fruitiers etc… donc ce marchand mercier vivait dans une closerie et non dans une maison de ville avec un seul jardin. Il se rapproche du closier et non du boutiquier.

Non seulement les marchandises de mercerie sont peut nombreuses, en quantité comme en montant monétaire, mais leur nature est surprenante, car on y trouve : mouchoirs, peignes, couteaux, cizeaux, lassets etc… et certes un peu d’articles de couture et des chatelets (que je vous explique ci-desous). Il n’y a donc pas de boutique au sens que nous imaginons, mais seulement un dépôt de marchandises rares mais nécessaires à certains. En outre personne ne sait signer, donc le mercier est tout juste un closier qui a une petite activité de vente de mercerie. Sa fortune n’est pas supérieure à celle d’un closier, ni son niveau culturel. Par ailleurs, l’expert Valleray a le droit d’acheter, donc il est juge et partit, ce qui est surprenant. 

En rose tous mes commentaires.

10 vergettes ou épousettes et 8 restes de pièces de tiret : 40 sols à ladite Hegu
Un lot de boucles, boutons, chatelets, tabatières, avec la cassette où est le tout : 9 livres 10 sols à ladite Hegu
20 peignes de corne avec la cassette où ils sont et 9 boutons de bois pour culottes : 46 sols à ladite Hegu
48 peignes de buis : 50 sols à ladite Hegu
Une petie boête de sapin : 12 sols à l’épouse de Pierre Beaumond
2 douzaines de petits échevaux de fils blanc, 5 pièces de tirets de coiffures, 12 aunes de tiret fleuré et autres petits échevaux : 3 livres 1 sol à Anne Malherbe épouse de René Trillot du bourg de Louvaines
Un lot de grosses dentelles et de petits échevaux de fil de différentes couleurs : 4 livres à ladite Morice
Lot de 2 mouchoirs de soie, de pièces de tirets de toie et fil de plusieurs couleurs, de petits pelotons de fils, un chatelet et quelques petits coints, le tout marchandise de mercerie : 6 livres 5 sols à ladite Thibault
Lot de lassets : 3 livres 5 sols à ladite Hegu
15 bonnets piqués à usage de femme : 40 sols à ladite Hegu
Un petit miroir 39 sols à ladite Hegu
(f°6) 5 autres bonnets piqués et 2 paquets de corde à rouet : 32 sols à ladite Hegu
Lot de courjons [sans doute ce que nous nommons « dragonne »] et un reste de tiret : 50 sols à ladite Hegu
3 paquets de couteaux : 46 sols à ladite Hegu
34 couteaux : 36 sols à ladite Hegu
22 autres couteaux 37 sols
7 autres couteaux à 2 cloux, 3 paires de cizeaux et 7 fourchettes : 42 sols à ladite Hegu
Lot d’épingles : 48 sols à ladite Hegu
2 ceintures de laine et 3 tabatières de buis : 25 sols audit Viel
2 aunes de linon : 4 livres 16 sols à ladite Thibault
2 aunes de linon : 5 livres 12 sols audit Velleray
3 aunes de mi fil : 4 livres 3 sols à ladite Houdebine
5 quarts de toile de Laval : 45 sols à ladite Beaumond
8 aunes de toile blanche : 12 livres 15 sols à ladite Thibault
15 bonnets de laine à usage d’homme et une paire de bas de laine à usage d’enfant : 10 livres 5 sols audit Valleray
5 mouchoirs de coton de demi aune chacun [une aune fait plus d’1,20 m donc le mouchoir ferait 60 cm !!! actuellement en France c’est parfois 25 cm ¼ du mouchoir de 1774 mais chez Linvosges les femmes ont un mouchoir de 32 les hommes de 43 et même un mouchoir à 46 cm, donc on se rapproche des 60 cm d’antan ! Il est vrai qu’autrefois on ne faisait pas souvent la lessive aussi le mouchoir devait servir longptemps entre 2 lessives ] : 50 sols à Mr le prieur d’Aviré
(f°7) 6 autres mouchoirs de coton : 4 livres à demoiselle Jeanne Houdemont du bourg d’Aviré
8 mouchoirs de coton : 77 sols audit Pierre Chauvin
2 autres mouchoirs de coton : 38 sols à Louis Chauvin
10 autres mouchoirs de coton : 4 livres 7 sols à ladite Thibault
7 mouchoirs de toile de Cholet : 3 livres 1 sol audit Viel
6 autres mouchoirs de coton : 52 sols audit Prieur
3 mouchoirs et une moitié de mouchoir de Cholet : 24 sols audit Valleray
4 mouchoirs de coton : 45 sols à la demoiselle Ferron
2 mouchoirs de fil et 2 de coton : 44 sols à la demoiselle Beaumond
4 autres mouchoirs de coton : 36 sols à René Deshays
3 mouchoirs d’indienne : 43 sols à la demoiselle Beaumond
2 autres mouchoirs d’indienne : 61 sols à la demoiselle Leroy du bourg d’Aviré
un mouchoir de toile de Cholet : 24 sols à la femme Poüillet de Nyoiseau
Un mouchoir d’indienne : 33 sols à ladite Trillot
3 autres mouchoirs de coton [soit au total 66 mouchoirs, article rare et cher, et plus cher en indienne qu’en coton] : 3 livres 3 sols à ladite Thibault

(f°8) Une couette : 8 livres 13 sols à ladite Morice
Un viel lodier : 30 sols à ladite Morice
20 nombres de lin non brayé : 6 livres 14 sols audit prieur d’Aviré
Un charlit : 3 livres audit Chauvin
Un autre charlit : 3 lires 1 sol à ladite Delaunay
Une couchette : 3 livres 8 sols à ladite demoiselle Beaumond
Un berceau avec la bersoire : 48 sols à ladite Delaunay
Une huche : 59 sols au sieur Leroy du bourg d’Aviré
Un coffre fermant de clef : 4 livres 10 sols audit Leroy
Une paonne de bois [c’est la cuve pour la lessive, mais d’habitude elle est en terre] : 10 sols audit Deshays
3 brayes à brayer : 79 sols à ladite demoiselle Morice
27 livres d’étoupe non filée : 42 sols à la demoiselle Houdebine
Un hachereau : 20 sols à Pierre Thibault du bourg de Louvaines
Une faux et un siot : 15 sols à ladite demoiselle Morice
Un cerceau : 8 sols à ladite Hegu
Une petite table : 7 sols à ladite Hegu
3 barquets : 32 sols à Guillaume Croissant
(f°9) Une vieille baratte : 2 sols audit Delaunay
Un boisseau mesure d’Angers : 16 sols à ladite Hegu
Une poêle fustière : 11 sols à ladite Hegu
Un passoir : 6 sols audit Pierre Chauvin
Une cuve sans fonds [sic ! à quoi peut-elle servir ?] : 2 sols 3 deniers à ladite Hegu
Un petit barquet : 6 sols à ladite Hegu
Une petite cuve et un petit coffre : 20 sols à ladite Hegu
2 fusts de busse : 43 sols à ladite Hegu
2 autres busses : 45 sols à François Boivin
Un lot de marchandise de mercerie de bonnets de laine à usage d’homme mouchoirs tant d’indienne, coton que Cholet, un mouchoir de soie, bonnets piqués à usage de femme, rubans ou padous de soüle ? laine, de petits cours ?, grosses dentelles, peignes de corne et buis, boutons, chapelets, tabatières de buis, couteaux, épingles, cizeaux, lassets, toile blanche, mi fil, tirets, vergettes et courjous ? : 141 livres 3 sols à ladite Hegu
Un charli avec sa carrée, le tour de lit de coutis barré, unlodier fourré de filasse, une couette et 2 traversins de coutis remplis de plume d’oie : 55 livres à ladite Hegu
(f°10-11) Une armoire à 2 batants fermant de clef : 18 livres à ladite Hegu veuve dudit Pierre Chauvin
Un cabinet à un batant fermant de clef : 15 livres à ladite Hegu
Une huche 3 livres : à ladite Hegu
Une table et 2 bancelles : 3 livres à ladite Hegu
Un vieil cabinet sans clef ni serrure : 24 sols à ladite Hegu
Un trepied de fer : 40 sols à ladite Hegu
Une petite paonne de terre rouge : 3 livres à ladite Hegu
6 draps, une poche, 2 nappes et une souille : 13 livres audit Pierre Chauvin
5 draps, 4 nappes, 2 poches et une souille : 13 livres à ladite Thibault
2 sas à passer farine : 12 sols à ladite Hegu
Un fust de busse : 22 sols à ladite Thibault
2 autres vieux fusts de busse : 22 sols audit Pierre Chauvin
6 vieilles chaises foncées de jong : 24 sols à ladite Hegu
18 douzaines de chatelets [de l’Anjou et du Poitou et du Centre, dévidoir à axe vertical sur lequel on met les échevaux de fil pour les dévider en bobines (M. Lachiver, Dictionnaire du Monde Rural, 1997)] à rouets : 16 livres à ladite Hegu
Un cent de fagots : 12 livres à ladite Hegu
(f°12) 7 lives de résine : 17 sols à ladite Hegu
Ce qu’il y a de foin : 12 livres au sieur Ferron du bourg de Louvaines
Ce qu’il y a de vieille paille : 12 livres audit Ferron
TOTAL 715 livres 3 deniers + 10 livres que ladite Hegu nous a déclaré avoir en argent et monnaye
moins les dettes passives de la communauté savoir :
à Mr le curé de Louvaines 8 livres pour sépulture, messes, enterrement et le service divin dudit defunt Pierre Chauvin
à François Boivin pour avoir sonné audit enterrement 3 livres
aux collecteurs de la taille, capitation et brevet de la paroisse de Louvaines pour la présente année 1774 : 4 livres 14 sols 9 deniers
aux collecteurs du sel de la paroisse de Louvaines 4 livres 16 sols
plus auxdits collecteurs du sel, mesme année, 4 livres 10 sols
à la demoiselle Houdebine de Segré 10 sols pour arrérages de la gerde des marchandises dudit defunt Chauvin 6 sols
(f°13) au sieur Beaumond l’aîné 7 livres 10 sols pour avoir charué et refourché cette année un journal et demi de terre dépendant de ladite maison 7 livres 10 sols
Lesquelles passives reviennent à 32 livres 16 sols 9 deniers, laquelle déduite sur celle susdite de 725 livres 3 deniers, et du montant de l’argent déclaré par ladite Hegu, 692 livres 3 sols 6 deniers, sur laquelle déduisant 10 livres payées audit Valleray pour ses honoraires et 38 livres pour le contrôle de la présente vente, papier timbré etc… et copie de la présente vente, vacation et les 4 deniers pour livre du montant de cette dite vente, il ne reste plus que 644 livres 3 sols 6 deniers, moitié de laquelle appartient à ladite Hegu veuve dudit defunt Pierre Chauvin, moitié audit Pierre Chauvin.
A l’égard de la chair de porc salé et aussu dupeu de grain qui reste, il n’en est autrement parlé, attendu qu’il en est nécessaire pour cueillir et agrener les grains qui sont et dépendent desdites communauté et aussi cueillir les fruits et faire les cidres

Vente des meubles et marchandises de mercerie de défunt Pierre Chauvin : Louvaines 1774 suite

Suite de l’acte d’hier sur ce blog. Le défunt était mercier, et sa veuve doit racheter son nécessaire à faire la cuisine. Ils avaient cependant beaucoup d’instruments de cuisine,  mais on voit peu de luxe, en particulier je suis toujours attentive à l’absence de verre non encore fabriqué en quantité qui permet sa diffusion plus large. Il faut vous avouer que la chimiste que je fus à commencer sa carrière dans la plus grande verrerie d’Europe à Bagneaux sur Loing, qui existe toujours, utilisant le merveilleux sable de Fontainebleau. Alors le verre m’est resté en tête.

En rose tous mes commentaires.

Un gril, une petite broche à rôtir et une broche à feu : 22 sols à la demoiselle épouse du sieur François Morice Me d’étoffes à Segré
Une poêle gresloire et un réchaud : 14 sols à ladite Hegu
4 pots à lait : 8 sols à h. h. René Hegu Md
Une petite pottine et 4 autres pots à lait : 11 sols à Pierre Chauvin
4 autres pots à lait : 13 sols audit René Hegu
2 autres pots à lait, 2 bouteilles à mettre huile et un petit plat et une autre bouteille, le tout de terre : 11 sols à ladite Hegu bigre, cela fait 14 pots à lait ! et les bouteilles sont en terre pas en verre, le verre est rarissime et plus cher comme je le constate encore une fois
Une baratte de terre rouge aec son baratton de bois et la terrine : 23 sols au sieur Pierre Beaumond
Une vache poil brun et un cochon masle : 80 livres audit sieur Beaumond Je suis toujours étonnée de trouver des animaux chez les petits marchands, car Pierre Chauvin était mercier. En fait les petits marchands devaient vivre en autarcie, et faire leur lait. Je vois nos écolos actuels vivre en appartement et produire leur lait !!!
Un plat à soupe, un petit pot à lait, un pichet, 2 petits pots à soupe, une petite écuelle à oreille, une petite baratte de bois et un petit pot de faïence : 10 sols à la demoiselle Houdebine de Segré
Un virrolet, un entonnoir, une gouge et un gohuau et un siot à eau : 34 sols audit Hegu
Un plat de faïence, 2 plats de terre et une terrine : 18 sols à la demoiselle Allaire d’Aviré La faïence est rare, et tout le reste est en étain et en terre. On voit plus de faïence chez les bourgeois plus aisés.
Une marmite : 8 sols à ladite Hegu veuve Chauvin
Un chaudron de fer : 26 sols à la femme de Girard employé dans les fermes du Roy
(f°3) Une marmite : 37 sols à ladite Hegu veuve Chauvin
2 petits goblets d’étain : 11 sols à ladite Thibault veuve Gervais Chauvin
2 petis coins de fer, et 2 petits marteaux de fer : 18 sols à ladite Houdebine
Une poêle à frire : 33 sols à ladite Hergu veuve Chauvin
Une autre poêle à frire : 21 sols à ladite demoiselle Houdebine
Un poêlon d’airain : 16 sols à ladite demoiselle Allaire
Une casserole de cuivre ; 17 sols à ladite demoiselle Houdebine
Une petite passette de cuivre jaune : 29 sols à ladite demoiselle Houdebine
Une cuiller de cuivre : 14 sols à ladite Hegu veuve Chauvin Le cuivre est rare dans les inventaires, il était certainement au dessus de l’étain, mais en dessous de l’argent, car il n’y a aucune argenterie ici, mais pour l’argenterie on sait pas d’autres inventaires que les ventes pouvaient les soustraire.
Un couvercle de cuivre à pot : 9 sols 6 deniers audit Valleray
Une lampe de potin et un chandelier de fer : 50 sols à ladite Thibault Il n’y a pas beaucoup de lampes et je suis inquiète pour la veuve qui ne pourra plus s’éclairer !!
Un moulin à poivre : 39 sols à Jacques Viel de Monguillon J’ai rarement vu ce moulin et il atteste donc une certaine évolution
Une süe (pas compris) : 41 sols à Simon Huau du Tremblay en Louvaines
Un fer à dresser : 40 sols à la demoiselle Allaire La veuve est comme moi, elle ne repassera plus en vieillissant !
Une petit chaudron d’airain : 35 sols à ladite Hegu veuve Chauvin
Un autre petit chaudon d’airain : 3 livres 7 sols à ladite veuve Pierre Pierre Chauvin
(f°4) Un chaudron d’airain tenant 4 seaux : 11 livres 10 sols à ladite veuve Pierre Chauvin Finalement elle avait pas mal de moyens de faire la cuisine mais en garde tout de même plusieurs
Une poële d’airain tenant 7 seaux : 24 livres à Pierre Lemesle de la Chapelle sur Oudon
Une paile à bécher et un broc : 9 sols 6 deniers audit Valleray
Une autre poêle et un croc à rayonner : 20 sols à ladite Morice
2 tranches fourchées : 26 sols audit Valleray
Une tranche et un rateau de fer : 17 sols à ladite demoiselle Morice Manifestement elle est venue monter son ménage
2 vans à vanner : 3 livres 5 sols à la femme de Jacques Delaunay
Un crochet à peser : 28 sols à ladite veuve Pierre Chauvin Serait-ce qu’elle va continuer le petit commerce ?
Une autre marmite et 4 poillons : 31 sols à ladite demoiselle Morice
4 autre poillons : 14 sols 6 deniers à ladite Thibault
7 livres et demie d’étain commun en plats, assiettes, écuelles et cuillers : 106 sols audit Valleray La fourchette n’existe pas
11 draps : 17 livres 10 sols à ladite Hegu veuve Chauvin
4 nappes : 3 livres à ladite Hegu
4 serviettes : 4 livres à ladite veuve Pierre Chauvin
3 poches : 30 sols à ladite Hegu
(f°5) 8 livres et demie en vaisselle d’étain commun : 127 sols 6 deniers à ladite Hegu Il y avait donc 16 livres de vaisselle d’étain mises en 2 lots dont l’un pour le nécessaire de la veuve. Cette quantité de vaisselle est la marque d’un foyer relativement aisé, car c’est généralement de l’ordre de 8 à 12 livres.
Un coffre fermant de clef : 4 livres à ladite Hegu

C’est très curieux, il n’est pas question du lit, pourtant la veuve semble avoir été obligée de racheter tout son nécessaire. Je suppose que le lit n’est pas mis en vente, pourtant il fait partie des meubles.

 

La suite demain, car nous allons voir les marchandises