Michel Guyonneau et Marguerite Allaneau se font donation mutuelle, Chavaignes 1693

Cette Allaneau figure dans le journal de Toysonnier, que j’avais ici numérisé, et que vous trouvez sous une catégorie à la fenêtre catégorie sous HISTOIRE REGIONALE. Il est paru sous 43 billets. :

« Le 17 novembre 1690 le Sr Guyonneau fils de †Sr Guyonneau de la Riaillerie (Cernusson,49) lieutenant à Brissac épouse la fille du †Sr Alasneau Md poislier en cette ville »

Toysonnier ne notait dans son journal que les mondanités, donc un rang social aisé, donc le marchand poîlier n’était pas un petit marchand, mais manifestement il revendait dans tous l’Anjou.

Curieusement ce mariage n’est pas relevé dans BIGENET

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E30 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 23 février 1693 avant midy, par devant nous Pierre Maugrain notaire royal à Angers réservé pour Thouarcé et Barthélémy Thibaudeau notaire de la chastelenie de la commanderie de Saulgé l’Hospital, furent présents en leurs personnes et soumis noble homme Michel Guyonneau sieur de la Riaillerie et damoiselle Marguerite Allaneau son épouse de luy deument authorisée par devant nous quant à ce, demeurant au bourg et paroisse de Chavaignes, lesquels pour l’amour qu’ils se portent réciproquement, les assistances qu’ils se sont toujours rendu et désirent rendre pendant leur vie et que très bien leur a plu et plaist, se sont fait et font réciproquement par ces présentes don mutuel et pur et simple au survivant d’eux deux de toutes les choses que la coustume leur permet tant en immeubles, acquests et conquests, que meubles et choses censées et réputées pour meubles et à eux appartenant en quelque manière que ce soit au jour du décès du premier mourant d’eux deux, desquelles choses ledit premier mourant s’est dès à présent devestu et dessaisy pour et au profit dudit survivant, lequel il l’en a vestu et saisy dès à présent par ces présenes pour par luy ses hoirs et ayans cause jouir et disposer desdites choses à perpétuité et en pleine propriété comme de ses autres biens au droit et charges de ladite coustume, et pour faire publier et insinuer ces présentes partout ou besoin sera ont lesdits establis fait et constitué leur procureur le porteur d’icelles auquel ils donnent pouvoir d’en faire et en retirer tous actes nécessaires, tout ce que dessus a ainsy eté voulu, consenty, stipulé et accepté par les parties et à ce tenir etc se sont obligées et obligent leurs hoirs etc biens etc renonçant etc dont etc fait et passé au bourg dudit Chavaignes en la maison et demeure desdits sieur et damoiselle Guyonneau en présence de Me Charles Millard prieur curé dudit Chavaignes, Me Jean Fortin prêtre habitué audit lieu, et Joseph Pellerin tailleur d’habits demeurant audit Chavaignes tesmoins

Je mets ci-dessous les vues à la demande exprimée ce jour mais je suis très étonnée car cette date n’a rien à voir avec la paléographie, et comme vous pouvez le voir cette graphie est moderne et non de la paléograpie, par contre vous trouvez beaucoup de vues de paléographie véritable sur mon site, en prenant ci-dessus la case CATEGORIE qui donne un menu déroulant et en allant vers la fin à la catégorie PALEOGRAPHIE.


En Normandie autrefois, la salière d’étain dans la dot au mariage, facteur de vie sociale, de différenciation sociale, mais aussi de risques pour la santé.

Je viens de retranscrire beaucoup de contrats de mariage en Normandie, et j’y trouve quelques détails sur la vaisselle d’étain apporté en dot par la mariée, très variable quantitativement, notamment les écuelles varient de 12 pour les plus aisés à 2 pour les pauvres, mais la salière d’étain se touve aussi un facteur de différenciation sociale.

Nous avons de nos jours oublié ce que nous avons gagné avec l’inertie du verre, de la faïence et de la porcelaine qui baignent notre quotidien, sans parler de l’acier ou la fonte de nos batteries de cuisine. Nous avons oublié que l’étain n’était pas chimiquemenent neutre, souvent contenant du plomb et néfaste à long terme pour la santé, mais aussi donnant du goût. Oui, nous avons oublié les conditions de vie de nos ancêtres sur ce plan quotidien !

Donc, en Normandie, la salière était présente dans la dot, ou absente chez les pauvres, qui se contentaient de mettre le sel dans un coquillage, ou petite coupelle de leur fabrication en bois ou en poterie. La salière était source de convivialité, comme le raconte l’article de Pierre Boyer : Le symbolisme et les traditions attachés au sel par Pierre BOYER « Certains affirment que la présence d’une salière sur la table est due au fait qu’à une époque, le sel pouvait être considéré comme un produit de luxe et, en le mettant à la disposition des convives, on leur témoignait de l’estime. Aujourd’hui, c’est plus pour satisfaire les goûts de certains convives qui n’apprécient que très modérément la cuisine sans sel devenue à la mode. »

Tous nos ancêtres ne devaient pas recevoir souvent, avec la salière sur la table, et je doute que dans la majorité des familles on ait songé à permettre à chacun de doser son goût pour le sel car je suppose que la mère de famille, cuisinière de tous temps, mettait ou non, ce qu’elle jugeait utile pour tous.

Voici les salières que j’ai rencontrées dans les actes que j’ai vus :

Le 11 mai 1656[1], entre Jean Guillochin (m), fils de Louis Guillochin (m) et de Marie Dellange ses père et mère, de la paroisse du Grais d’une part, et Marie Brouttin (m), fille de Jean Broutin (s) et de Mathurine Héron, ses père et mère, de la paroisse de Beauvain – 350 L une salière

Le 6 septembre 1665 au village de la Pistardière paroisse de Faverolles, faisant et traitant le mariage qui au plaisir de Dieu sera fait et parfait en face de sainte église catholique apostolique et romaine par entre Thenegui Jean fils de feu Guillaume Jean et de Regnée Regnult d’une part, et Gabrielle Feron fille de feu Marin Feron et Françoise Guillochin ses père et mère de la paroisse de Faverolles – 300 L une salière

Le 15 décembre 1693[2] entre François Guillochin (s) fils de feu Jean et Marie Broutin, de la paroisse du Grès, et Françoise Perdriel (m) fille de François et Anne Bodé, de la paroisse de Briouze – 200 L une salière

Le 2 janvier 1697[3] entre Louys Desnos (s) fils de feu Margrin Desnos et de Anne Chable ses père et mère d’une part, et Marie Guillochin (m) fille de feu Jean Guillochin et de Marie Broutin ses père et mère d’autre part, tous de la paroisse du Grez – 120 L une salière

Le 14 décembre 1621[4] entre honneste homme Mathurin Guillochin (m) fils de Girard et Marie Lefebvre, de la paroisse du Grès, et Jacqueline Nugues fille de feu Denis et Marie Aumouette de la paroisse de Rannes – 150 L une salière

Le dimanche 11 octobre 1609[5] entre Charles Heron (s) fils de Tenneguy et de Anne Guendier de la paroisse de Montereux, et Saincte Guillochin fills de Louis et Marie Gondouin, de la paroisse du Grès – 400 L 2 salières Ils sont les seuls avec 2 salières, et sans doute recevaient-ils plus souvent que d’autres, je les suppose marchands

Le 19 février 1655[6] entre honneste homme Jacques Heurtin fils de feu Julien Heurtin et de Mathurine Leportier de la paroisse de St Georges d’Asnebecq, et Marguerite Guillochin fille de Marin Guillochin et Louise Bourdin, de la paroisse du Grès – 200 L une salière

Le 14 décembre 1664[7] entre honneste homme Jacques Féron (m), fils de Marin Féron (m) et de Françoise Guillochin d’une part, et de Anne Lecousteur (m), fille de Charles Lecousteur et de Gilette Leprovosteau, tous de ladite paroisse de Faverolles – 400 L une salière

 

[1] AD61-4E174/10 Notariat de Briouze vue 169/209

[2] AD61-4E174/42/216

[3] AD61-4E174-42 notariat de Briouze vues 246-247,279/416

[4] AD61-4E119/15/260

[5] AD61-4E119/13/316

[6] AD61-4E174/5

[7] AD61 4E174/6/5 tabellionnage de Briouze

Il reste que le sel dans l’étain était épouvantable sur le plan santé, car le sel ne devait pas rester inactif, surtout par temps d’humidité. J’ai pour ma part connu autefois la salière-poivière à poignée centrale et 2 petits réceptacles ouverts, mais en verre sur métal argenté, donc seul le verre était en contact avec le sel, ce qui n’était pas le cas avec les salières d’étain que j’ai relevées dans les contrats de mariage : elles ne connaissaient pas le réceptable de verre pour limiter le contact. C’est fou ce que nous avons progressé sur le plan santé depuis les derniers siècles !!!

Celle qui vous écrit ces lignes vit depuis plus de 50 ans sans mettre de sel dans les aliments, et se contente du sodium contenu dans le pain etc… donc son organisme n’en manque pas. Alors riez qu’elle ait le courage de vous parler des salières, mais elle fut chimiste, dans le verre, les métaux puis l’alimentation, donc elle sait de quoi elle parle quand elle évoque l’inertie des matériaux, et les dangers des matériaux non inertes comme l’étain, et chaque fois qu’elle tappe un contrat de mariage ou autre document, et qu’elle rencontre la vaisselle d’étain, elle éprouve une telle dose d’empathie pour tous nos ancêtres !!!

Les importantes différences de niveau social, d’après les contrats de mariage : Le Grais (61, Orne) 1678

Le Grais était une petite paroisse, avec tout au plus 1 000 habitants, et de nos jours moins de 200. J’y ai dépouillé plusieurs contrats de mariage, qui attestent que la majorité des habitants avaient une dot en don pécuniel de 150 livres et moins, auxquels il faut ajouter le don en nature : la vache, les brebis, les meubles… qui doublent cette somme. Dans cette tranche, peu savaient signer.

Il y avait peu de dots plus élevés et de classe sociale sachant toujours signer, mais ces rares personnes ne recoivent que 400 livres en don pécuniel. Les métiers n’étant jamais spécifiés, hélas !, on ne peut que supposer qu’il y avait quelques marchands. Mais leur fortune n’avait rien à voir avec celle des THIBOULT, car même si la baronnie de Juillé a dû être vendu par décision de justice en 1612 (voyez mes billets précédents), la famille de Thiboult a de beaux restes, ainsi voyez en 1678 la somme très élevée apportée par le future. Elle apporte 100 fois plus que la majorité des paroissiens du Grais. Et donc 50 fois plus que ces marchands.

Le 23 septembre 1678[1] traité de mariage entre messire Jacques de Thiboult chevalier seigneur et patron du Grès et seigneur des terres et seigneuries de Puisac et du Bigon et de Beauvais et seigneur de la terre et seigneurie de Grand Feillier, fils de défunt messire François de Thiboult en son vivant chevalier seigneur de Puisac et de feu noble dame Lucresse de Samay, et noble dame Charlotte Turpin veuve de défunt messire Guillaume de Chennevières en son vivant chevalier seigneur du Haut Bois fille de défunt Jacques Turpin en son vivant écuyer sieur de la Fontaine et de noble demoiselle Louise de Fromont … lesdites parties demeurent séparées de biens sans que le bien de l’un puisse être pris pour celui de l’autre, à laquelle fin répertoire et estimation de tous les meubles appartenant à ladite dame a été fait en la présence de Jacques Gueront écuyer sieur de Grouville, tuteur actionnaire des enfants mineurs dudit feu sieur de Chennevières et de ladite dame, duquel répertoire et estimation il en sera donné un extrait audit sieur de Grouville, laquelle estimation se trouve monter à la somme de 20 000 livres, de tous lesquels meubles tant morts que vifs brevets obligations et contrats de ladite dame après son serment saisi ledit seigneur du Grès pour s’en faire payer ainsi qu’il advisera bon être au moyen de ce que ledit seigneur du Grès a dès à présent remplacé ladite somme de 20 000 livres qui est le prix desdits meubles sur tous et chacuns ses biens et a ladite somme de 20 000 livres dès à présent constituée à procréer arrérages du jour de la dissolution dudit mariage toutefois s’il y avait des contats obligataires brevets caduques et sur gens insolvables après que ledit sieur aura fait ses diligences pour empescher la prescription et après avoir fait perquisition et diligence valable ledit seigneur demeurera déchargé du remploi et contribution du prix auquel lesdites obligations brevets ou contrats de cette nature se trouveront monter et aura ladite dame son hypothèque privilégiée à toutes forces de créanciers sur lesdits meubles, et en outre a ledit seigneur du Grès pris ladite dame sa future épouse avec tout ce qui lui peut appartenir tant en rentes douaires que meubles et est aussi accordé entre lesdites parties que ladite dame pourra si faire le veut remettre tout ou partie de son douaire qu’elle prend sur ses enfants à leur an d’âge et non plus tôt sans que cette présente stipulation puisse obliger en aucune manière ladite dame à en faire aucune remise si elle ne l’a agréable, et aussi demeure d’accord entre les parties que si décès de ladite dame arrivant et que le sieur peut jouir de tous les biens de ladite dame il en relachera en faveur des enfants 12 100 livres entrées en la maison du feu sieur de Chennevières et si il n’y avait point d’enfants de leur mariage ladite dame donne la jouissance dans ses biens audit seigneur du Grès son futur époux autant comme aun de ses enfants et comme pour don mobile et après la mort dudit seigneur du Grès la propriété en retournera à ses enfants, et en cas que ses enfants vinsent à décéder et leur ligne affessée, ladie dame a donné audit seigneur du Grès son futur époux tout ce que la coutume luy peut permettre de donner, et lors qu’il sera fait des amortissements des rentes des propres de ladite dame ledit seigneur du Grès les recepvra et les remplacera sur tous ses biens et en acquitera ses dettes et sera tenu d’employer dans ses contrats d’amortissement qu’il fera ou sans ses quittances qu’il retirera que les deniers proviennent des propres de ladite dame, laquelle demeurea subrogée au lieu et place des créanciers qui seront admortis sans aucune novation d’hypothèque d’iceux pour en préférer du jour et date qu’ils portent et si ledit seigneur du Grès acquite des dettes ou fasse des acquets de la somme de 20 000 livres ci-devant exprimée et constituée et remplacée au nom et ligne de ladite dame sur tous ses biens il emploira en iceux que des deniers de ladite dame, et a ledit seigneur du Grès dès à présent gagé douaire coutumier à ladite dame sa future épouse sur tous et chacuns ses biens en quelque lieu et province qu’il puisse être situés lequel n’aura lieu que du jour du décès dudit seigneur du Grès sans qu’il soit besoin d’en faire aucune autre demande en justice, dont et de tout ce que dessus lesdites parties furent contentes et demeurées d’accord et fut fait et passé le 23 septembre 1678 en présence de Jacques Gourout écuyer sieur de Grouville, Jacques Gautier marchand de la paroisse de Beslou et Jacques Letessier sieur de la Houssais du Grès témoins.

[1] AD61-La-Forêt-Auvray

Guillemette de Thouars, veuve de Jacques de Thiboult sieur du Grais (aliàs Grès), 1595

Guillemette de Thouars a épousé Jacques de Thiboult sieur du Grais en 1566 (contrat du mariage du 5 mai 1566). Par les actes concernant la famille Allaneau, prêteuse de la somme de 11 000 livres, je sais qu’en 1590 elle est veuve puisque c’est elle qui traite les affaires financières concernant cette dette, et voici ce que j’avais trouvé à Angers et que je vous indiquais hier : Au fil des successions, les impayés s’accumulent, et ses héritiers intentent à plusieurs reprises des procès.  Le 26 janvier 1588[2] Clément Alaneau Sr de la Grugerie nomme Vincent Menard Sr de Langenerie At pour poursuivre Messire Thiboust Sr du Grés à fin de payement de 611ÑÑ 6 s 8 d faisant le 1/3 de 5 500 L faisant 1/2 de la somme de 11 000 L qu’il doit audit Alaneau & à ses cohéritiers. A la suite de quoi un accord est signé le 10 février 1590 par Guillemette de Thouars femme de Jacques Thiboust Sr du Grés. (Dvt René Héron tabellion de Fallaize).

Malgré une semaine de recherches, je ne suis parvenue à trouver cet acte passé à Falaize le 10 février 1590 (si quelqu’un me trouve cet acte je lui serai infiniement reconnaissante), mais j’ai trouvé beaucoup d’actes en 1593-1595 qui attestent une grande activité de Guillemette de Thouars pour gérer les affaires de son défunt mari, et ces actes sont tous passés au manoir seigneurial du Grais aliàs Grès. Manifestement elle fait face à plusieurs terres à gérer, et elle a 2 fils déjà en âge d’aider leur mère dans les affaires, donc probablement 25 ans ou plus, ce sont Jacques, l’aîné, et Pierre le puiné, mais elle a aussi des enfants mineurs. Donc au total elle a beaucoup plus d’enfants que ceux que Roglo connaît.

Au passage, vous remarquerez que ce sont les notaires qui se déplacent chez les familles importantes pour passer leurs actes, et non la famille qui vient chez le notaire. Donc ici tout se passe bien au manoir seigneurial du Grais.

« Le 15 septembre 1595[1] au lieu et manoir seigneurial du Grès devant les tabellions, furent présents noble dame Guillemette de Thouars veuve de defunt noble seigneur Jacques Thiboult vivant sieur du Grès Saint Malo et baron de Juillé, pour elle et faisant fort pour les enfants mineurs d’ans dudit défunt et d’elle, et noble seigneur Jacques Thiboult sieur du Grès Saint Mallo et baron de Juilley fils et héritier aisné dudit défunt, lesquels recognurent et confessèrent que par noble homme Marc Dauversier absent leur a esté baillé et mis entre leurs mains une quittance de noble homme Jehan de Choisy conseiller secrétaire du roi commis par sa majesté à la recepte des deniers provenant de la vente de son domaine en Normandie suivant son édit du mois de septembre 1591, icelle quittance en date du 20 juillet dernier contient comme ledit sieur du Grès défunt avoir payé pour la somme de 3 450 écuz pour la vente de la baronnie de la Ferté Macé et par André Guillebault et Jehan Pinson écuyers ses associés 3 450 écuz faisant ensemble 6 900 écuz, laquelle quittance avoit esté mise es mains dudit Dauversier par noble homme Pierre Morel sieur de Garselle qui l’avoit receue dudit sieur Choisy à la faveur dudit Dauversier stipulant pour ledit sieur du Grès, lequel sieur de Garselle avoit baillé récépissé auxdits Guillermer et Pinson, dont et de quoi lesdits dame et sieur baron de Juillé pour eulx et les autres héritiers dudit sieur du Grès furent comptents et s’en sont obligés chacun pour le tout en décharger ledit Dauversier vers lesdits Guillermer et Pinson, mesmes en décharger et faire décharger ledit Morel sieur de Garselle et faire rendre audit Dauversier dedant un mois le récépissé dudit More, duquel comme dit est sont saisis lesdits Guillermer et Pinson afin de retirer celle dont est saisi ledit Morel, et fait dudit Dauversier, et à ce tenir entretenir et accomplir obligent lesdits dame et sieur baron son fils chacun pour le tout sans division ni ordre de discussion biens et héritanes En présence de Nicolas Petron et Raullin Vinier »

Le 7 novembre 1595[2] au lieu et manoir seigneurial du Grès devant les tabellions, furent présents noble dame Guillemette de Thouard veuve de défunt noble seigneur Jacques Thiboult vivant sieur du Grès Saint Malo Bray Espaney aultremens Guee le Bremont la Guigoinre la Guiguyère et baron de Juilley au nom et comme gardienne par justice des enfants mineurs d’ans dudit défunt et d’elle, noble seigneur Jacques Thiboult sieur de Saint Mallo, fils aisné dudit défunt et de ladite dame audit lieu du Grès, lesquels ont constitué establi et ordonné leurs procureurs généraux et certains messagers especiaux (blanc) auxquels et chacun d’eux portant ces présentes lesdits constituants chacun en la qualité que dessus, ont donné et donnent pouvoir puissance et authorité défendre pour eulx par devant tous juges et commissaires qu’il appartiendra soit en la cour de parlement pour le roi à Rouen, et partout ailleurs où il appartiendra aux fins de présenter requeste narrative pour empescher la vente et aliénation que l’on prétend faire des bois et forests de la baronnie de la Ferté Macé pour estre les dessus dits franchiers et usagers auxdites forests selon les titres et enseignements qu’ils en portent, fournir opposition, contre ladite prétendue aliénation, le tout poursuivre et soustenir et procurer au nom desdits constituants comme ils feroient si présents y estoient, et généralement etc promettant etc obligent biens etc présents Jean Jonchere et Baptiste Leboucher

 

 

Le 22 novembre 1595[3] au lieu et manoir seigneurial du Grès devant les tabellions, fut présente dame Guillemette de Thouars veuve de noble homme Jacques Thiboult vivant sieur du Grès St Malo et baron de Juillé, laquelle pour elle et comme gardienne par justice des enfants dudit défunt et d’elle constitue establi et ordonne ses procureurs en toutes ses causes et généralles Jacques Héron (s) Moulinet

Le 1er décembre 1595 au lieu et manoir du Grès devant les tabellions, furent présents noble dame Guillemette de Thouars, veuve de défunt noble seigneur Jacques Thiboult vivant sieur du Grès Saint Mallo Bray l’Espancey aultre de Gravelle Brenou le Guignon et baron de Juillé tant en son nom que au nom et pour gardienne par justice des enfants mineurs d’ans dudit défunt et d’elle selon les lettres de ladite garde vues au baillage de Falaize, y recours, et noble seigneur Jacques Thiboult fils aisné dudit défunt et d’elle sieur du Grès Orvaulx et baron de Juillé, lesquels ont constitué estably et ordonné leurs procureur généraux et certains messagers especiaux noble seigneur Pierre Thiboult sieur de Saint Mallo[4] fils dudit défunt et de ladite dame présent et acceptant, auquel ladite dame poue elle en ladite qualité, mesme ledit sieur baron, ont donné et donnent pouvoir puissance et authorité audit sieur de Saint Mallo leur procureur de requérir inventaire estre fait de tous et chacuns les biens meubles tant morts que vifs, délaissés par le décès dudit défunt et qui sont à présent appartenant à ladite dame et ses enfants sur le lieu de la Guignière[5] terres fermes et héritages qui en dépendent en circonstances et dépendances et iceux biens meubles en tout ou partie sont altérés vendre ou faire vendre par tel prix qu’il voirra bon recepvoir et faire sortir à payement les prix provenant d’iceux biens, ensemble ce qui est de ladite terre de la Guignière et dépendances d’icelle soit à cause de fermage que autrement en toutes choses, louer et affermer ladite terre de la Guinière en son intégrité ou en partie, avec les terres  métairies et autres closes à ce appartenant, pour telle somme et à telles personnes que bon lui semblera et qu’il pourra s’il y a  … recepvoir et des autres choses prendre et recueillir par ledit sieur de St Mallo en bailler bons et vallables acquits, passer contrats desdits fermages par telles conditions qu’il voirra bon estre et faire toutes diligences de justice par exécutions ou assignations, plaider et procéder si besoing et du tout en rendre et tenir bon et loyal compte et généralement promettant et obligeant biens et choses ; présents François Cotier et Estienne Le provost

 

Le 13 décembre 1595[6] au lieu et manoir seigneurial de Grès devant les tabellions, fut présente noble dame Guillemette de Thouars veuve de défunt noble homme Jacques Thiboult vivant sieur de Grès St Mallo et baron de Juilley tant en son nom que au nom et comme gardienne décrétée par justice des enfants dudit défunt et d’elle, laquelle pour elle et audit nom à constitué establi et ordonné ses procureurs généraux et spéciaux  (blanc) auxquels ladite dame constituante donne plein pouvoir et autorité de pour elle en ladite qualité en la juridiction du baillage pour le roi à Falaize, faire faire requeste de honneste homme Fleury Vincent des réparations nécessaires faire aux maisons et héritages de la terre et seigneurie de Bray … pour et au nom d’elle et sesdits enfants, enchérir et mettre à prix au rabais lesdites réparations à tel prix et somme raisonnable que ses dits procureurs voiront bon estre

 

 

Le 18 juin 1603[7] au lieu et manoir seigneurial du Grès devant les tabellions, fut présent noble seigneur Jacques de Thiboult sieur et baron de Juilley et du Grès lequel transporte et délaisse à Michel Milcent demeurant au Grès présent et acceptant, scavoir est la somme de 800 livres en 2 parties à prendre et avoir sur noble Jacques de Sevron ? sieur de la Boulière au droit et à la représentation de damoiselle Renée Le Verrier, laquelle ledit sieur représente de droit par le transport qui luy a esté pareillement fait passé en ce tabellionnage … ledit transport fait pour le prix de 800 livres laquelle somme ledit sieur du Grès confesse avoir eu et reçue dudit Michel Milcent

 

Le 25 juillet 1603[8] au bourg de La Ferté Macé devant les tabellions, comme procès eust peu se mouvoir entre noble seigneur Jacques de Thiboult seigneur du Grès et baron de Juilley d’une part, et noble seigneur Philippe de Clinchamp sieur de Saint Germain, et demoiselle Renée Le Verrier sa femme, héritière en intégrité des successions de defunts Thomas et Jacques Le Verrier écuyers père et fils, vivants seigneurs de la Chaux, ses père et frère, mesme héritière de defunte demoiselle Catherine de Moirier sa mère vivante femme et épouse dudit défunt Thomas Le Verrier d’autre, résultant des demandes que ledit sieur du Grès prétendoit faire audit sieur de Saint Germain et sadite femme de plusieurs deniers qui lui estoient deubs de l’obligation desdits défunts Thomas et Jacques Le Verrier,

 

[1] AD61-4E172-3-466

[2] AD61-4E172/3/529

[3] AD61-4E172/3/548

[4] saint-malô, 61210 Putanges-le-Lac – au N.E. de St Hilaire de Briouze et Les Yveteaux

[5] la guinière, 61150 Écouché-les-Vallées – environ 25 km au N.E. du Grais

[6] AD61-4E172/3/587

[7] AD61-4E172/472/30

[8] AD61-4E172/472/328

La vente de la terre de Juillé sur la famille de Thiboult seigneur du Grais, 1612

Il y a fort longtemps, lorsque j’avais étudié à fonds les actes notariés concernant les ALLANEAU, j’avais trouvé 2 obligations exceptionnelles par les montants élevés, l’une de 20 000 livres sur la baronnie de Château-Gontier en faveur de Nicolas Allaneau, mon ancêtre, passée en 1567, et qui ne sera remboursé que des décennies plus tard après de multiples et longues procédures, l’autre de 11 000 livres en faveur de Jean Allaneau chatelain de Pouancé  sur Thiboust baron de Juillé. Juillé (Sarthe, près Beaumont). De Juillé[1] il reste aujourd’hui 431 h, un château féodal ruiné, des vestiges de la villa Juliacus, l’église romane des 12e, 15e avec statues classées.

Ces dernières semaines, étudiant mes ascendants au GRAIS, commune de l’Orne proche Faverolles et Briouze, j’observe la présence de cette famille Thiboult, et je m’aperçois, comme je vais vous le démontrer demain, qu’elle vivait  à la maison seigneuriale du GRAIS dont cette famille était seigneur. Et, j’ai donc vérifié qu’il s’agissait bien de cette famille seigneur du Grais, et baron de Juillé, et encore bien d’autres titres. Mais comment un Normand avait-il pu emprunter en Anjou à un Angevin une pareille somme, car au 16ème siècle elle équivaut au double un siècle plus tard du fait de l’inflation, autant dire que c’est le prix d’une dote de famille noble aisée, etc… Mais malgré mes recherches, je ne peux m’expliquer comment mes Allaneau on prêter à des gens aussi lointains, sachant que la base même de l’obligation s’est qu’on ne prête qu’à ses obligés, bien connus comme fiables, donc connus dans la région environnante à défaut de la famille proche. D’ailleurs, ces 2 obligations vont engendrer toutes les deux d’énormes procédures de recouvrement, qui occuperont plusieurs générations d’ALLANEAU, et elle figuerea dans beaucoup de succession ALLANEAU, tout en se divisant à chaque fois, mais même un 48ème de la rente annuelle était encore un montant très appréciable, à condition toutefois de pouvoir l’encaisser.

Je vous mets donc ce jour la procuration qui atteste que le parlement de Paris a fini par se prononcer pour la vente de la baronnie de Juillé, et les Allaneaux de la branche d’Alain qui avait prête ces 11 000 livres mandatent l’un d’eux pour aller toucher la somme. Ce n’est pas rien, j’imagine mal comment se déplacer avec plusieurs millions d’euros sur soi de nos jours ….

Au fil des successions, les impayés s’accumulent, et ses héritiers intentent à plusieurs reprises des procès.  Le 26 janvier 1588[2] Clément Alaneau Sr de la Grugerie nomme Vincent Menard Sr de Langenerie At pour poursuivre Messire Thiboust Sr du Grés à fin de payement de 611ÑÑ 6 s 8 d faisant le 1/3 de 5 500 L faisant 1/2 de la somme de 11 000 L qu’il doit audit Alaneau & à ses cohéritiers. A la suite de quoi un accord est signé le 10 février 1590 par Guillemette de Thouars femme de Jacques Thiboust Sr du Grés. (Dvt René Héron tabellion de Fallaize).

[1] Dict. d’Amboise des Pays de Loire, 1996

[2] AD49-E4263 Mathurin Grudé notaire royal Angers

Et je vous mets les vues pour vous excercer en paléographie :

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :
 

Le lundi 16 juillet 1612[1] après midy, (Jullien Deille notaire royal Angers) comme ainsi soit que par devant Guillot notaire royal en ceste ville d’Angers chacuns de Me René Hamelin sieur de Richebourg advocat au siège présidial dudit Angers, mari de Renée Eveillard, François Trippier sieur de la Bajullière aussi advocat audit siège, mari de Marie Eveillard, Mathurin Seguyn sieur de Beaunays mary de Jehanne Eveillard et Me Laurent Gault aussi advocat audit Angers, curateur aux causes de Jean Eveillard sieur de la Gasnerie, interdit, lesdits Eveillard frère et soeurs enfants et héritiers de deffunts Jacques Eveillard et Marie Alaneau vivant sieur et dame de la Gasnerie, eussent dès le 28 juin dernier constitué leur procureur irrévocable François Alaneau escuier sieur de la Grugerie et d’Orvaulx conseiller du roy en sa cour de parlement de Bretagne o pouvoir de substituer le tout à l’effet de la poursuite, à sa possibilité et de ses substituts, de la vente et adjudication (f°2) par decret de la terre et seigneurie de Juillé et autres biens de leurs débiteurs par devant nosseigneurs de la cour de parlement à Paris, ledit de Beaunes et toutes autres choses requises et nécessaires ainsi et aux charges et conditions amplement raportées par ladite procure et pouvoir, mesme de payer et bailler audit sieur Alaneau une huitième partie de ce que chacun d’eulx pourroit toucher de deniers procédant de ladite debte soit de principaulx arrérages de rente ou intérets frais et despens et toutes autres natures de deniers en provenant par quelque voie et forme que ce soit, dont ils auroient donné advis audit sieur Alaneau et de ladite procure envoyé production en forme, et lequel ne l’ayant désir accepter auroit chacun de Gilles de Rommellin escuier sieur de Mille Lestien père et garde naturel des enfants de luy et de deffunte damoiselle Charlotte Alaneau vivante son espouse, et Gilles Du Bouillis (f°3) escuier sieur de Reguin Bonnabry et Carmoien, mari de damoiselle Sainte Alaneau autorisée à cest effet dudit sieur son mary de l’authoriser et constituer ledit Hamelin leur procureur aulx mesmes charges et conditions portées par ladite procuration, à la charge de damoiselle Renée Alaneaun soeur desdits Alaneaux, lesdits Trippier, Seguyn et Gault esdits noms fournir le semblable et bailleront pareille procuration audit Hamelin, en sorte que chacun d’eulx ne puissent estre et ne soient tenus que chacun pour une huitième de l’évennement de ladite procuration et autres charges et conditions amplement raportées par ladite procure desdits sieurs Alaneau, de Rommellin et du Bouillis passé par Nazette et Gicquel notaires royaulx à Rennes le 3 mars dernier et aparu de copie signée desdits notaires, portant entre autres choses que le tout sera accepté par ledit Hamelin et certifié de ladite instance dans la huitaine, (f°4) ou quinzaine. Pour ce est il que par devant nous Julien Deille notaire royal à Angers furent présents establis et deument soubzmis ladite damoiselle Renée Alaneau demeurant Angers paroisse de Saint Denis, lesdits Trippier et Marie Eveillard son espouse, Seguin et Jehanne Eveillard son espouse authorisées respectivement par leurs dits maris par devant nous quant à ce, et encores lesdits Trippier, Seguyn et leurs femmes eulx faisant fort dudit Gault curateur dudit Jehan Eveillard interdit, promettant luy faire ratiffier ces présentes et en fournir en mains dudit sieur de la Grugerye dans huitaine ratification vallable à peine de toutes pertes despens dommages et intérestsn cesdites présentes néanmoings demeurant en leur force et vertun demeurant audit Angers paroisse de la Trinité, lesquels confessent volontairement après que leur avons de mot à autre lu les deulx procurations cy dessus datées la première passée par ledit Guillot ledit 26 juin dernier et la seconde par lesdits Nayotte et Gicquel le 1er mars, et furent lesdites (f°5) procurations en tous points et articles d’icelles fait entendre, ont aussi de leur part nommé et constitué leur procureur irrévocable ledit Hamelin sieur de Richebourg ainsi que ont fait lesdits sieurs Alaneau, de Rommelin et de Bouillis esdits noms par ladite procuration dudit 3 de ce mois sans aucune exception ne réservation se conformant à la constitution et nommination faite de la personne dudit Hamelin par lesdits sieurs Alaneau, de Rommelin et de Bouillis, par leurs procurations, ce que ledit Hamelin à ce présent a accepté ce requérant lesdits constituants cy dessus dénommés et à la charge de ce que chacun d’eux touchera par l’évennement desdits poursuites conformément à ladite procure dudit 8 juin dernier et autrement n’eust ledit Hamelin accepté et n’acceptera lesdites charges et procuration, et aux dommages intérests et despens amandes et restitution en cas de deffaut se sont (f°6) obligé et obligé eulx leurs hoirs etc renonçant etc foy jugement condemnation etc fait et passé audit Angers maison de nous notaire en présence de Me Pierre Desmazières et Nouel Perier clercs demeurant audit Angers »

PS ! Le 20 dudit mois de juillet 1612 avant midy devant nous Julien Deille notaire royal susdit fut présent establi et deuement soubmis ledit Gault sieur de la Saulnerie advocat au siège présidial d’Angers y demeuran tparoisse st Pierre, curateur de Jacques Eveillard sieur de la Gasnerie interdit, lequel audit nom après avoir veu et lu l’acte de procuration cy dessus consenti par ladite Allaneau et lesdits Trippier Seguyn et leurs femmes en leurs noms eulx faisant fort d’elles, ledit Gault (f°7) audit nom assisté par ledit Hamelin sieur de Richebourg aussi y desnommé comme à luy agréable a ratiffié et approuvé et par ces présentes ratiffie et approuve voulu et consenti veult et consent que lesdites procures et procurations sortent effet

 

[1] AD49-5E121/132 Devant Deille Notaire Angers

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Accord succession Thomas et Pierre Guillochin, frères, entre leurs fils devenus majeurs : Le Grais (61) 1613

Il y a 6 jours, je vous mettais ici, un acte de 1618 au Grais, où on pouvait justifier de l’existence de 2 Louis Guillochin, l’un signant, l’autre pas, et ce dernier fils de Thomas, donc j’avais la preuve que le père de mon Louis Guillochin était Thomas Guillochin, ici, je vous mets ce jour un acte merveilleux qui vient plus que compléter cette précieuse information.

Pierre et Thomas étaient frères, et faisaient pot commun, sans doute faute d’avoir les moyens de vivre séparément, mais ils étaient mariés et laissent des enfants mineurs, élevés par la veuve de Pierre qui a vécu plus longtemps. Devenus en âge de traiter leurs affaires, et sans doute songeant au mariage, les fils demandent que cette communauté de biens soit rompue et que chacun retrouve son apport. L’acte permet ainsi de nommer le frère de Thomas, les noms des fils respectifs, mais aussi nous permet de remonter un peu l’année de naissance de notre ancêtre Louis Guillochin fils de Thomas, car s’il est en 1613 en âge de traiter ses affaires c’est qu’il est majeur ou tout au moins proche de la majorité, et je suppose qu’en Normandie cette majorité était à 25 ans comme en Anjou ? Voici l’arbre que je peux reconstituer :

N. GUILLOCHIN

1-Thomas GUILLOCHIN †quelques années avant 1613 x N. †quelques années avant 1613

11-Jacques GUILLOCHIN assez censé en 1613 pour traiter ses affaires

12-Louis GUILLOCHIN assez censé en 1613 pour traiter ses affaires

2-Pierre GUILLOCHIN †quelques années avant 1613 x N. qui vit encore en 1613

21-Jean GUILLOCHIN assez censé en 1613 pour traiter ses affaires

22-fille GUILLOCHIN x /1613 N. [Fleury Ameline a épouse en 1611 Guillemette fille de Pierre et Marie Gautier, donc beau-frère de Jean Guillochin] donc cette fille est Guillemette

Ils traitent ensemble le 10 mai 1613 en présence de honnestes hommes Louis Guillochin (s) et Noël Bistu (s) du Grès, Jehan Heudiart (s) fils de Jehan de St Hillaire et Fleury Ameline (m) de Rânes »

Et voici la retranscription de l’acte parlant, car cet acte parle filiativement alors, pour ceux qui ne connaissent pas Le Grais, il n’existe aucun registre avant 1697  (entre parenthèse m pour marque de ceux qui ne savent pas signer – s pour les autres qui signent – parmi les témoins vous voyez un autre Louis Guillochin, qui signe, que nous pouvons appeler celui de la branche aisée, époux Gandoin et pour mémoire je descends du premier Louis Guillochin, celui qui ne signe pas et qui est fils de feu Thomas)

« Le 10 mai 1613[1] comme ainsi soit que Thomas et Pierre Guillochin, frères, de la paroisse du Grès, eussent fait leur actuelle résidence et demeure ensemble en communauté de biens jusqu’au jour du décès dudit Thomas et après lequel décès ledit Pierre eust nourrit et gouverné tout le ménage encore par communauté et nourri et gouverné les enfants dudit Thomas aussi jusqu’au jour de son décès peu de temps après lequel estoit aussi décédée la femme dudit Thomas, et estoit seulement restée la veuve dudit Pierre qui auroit sans faire faire aucune garde ni délibération de parents, nourri gouverné et entretenu les enfants dudit Thomas comme les siens jusques à présent, et pendant ladite festion elle auroit fait quelques acquêts et augmentations, et que aujourd’huy Jacques (s) et Louis Guillochin (m) fils dudit Thomas, et Jehan Guillochin (s) fils dudit Pierre soient duement censés et âgés, désirant rompre et dissoudre leur communauté à l’avenir et que avant (f°2) de ce faire, lesdits Jacques et Louis voulaient demander quelque récompense en prenant lieu de la récompense de la promesse de mariage de leur mère qui avoit entré dedans la maison et quelques deniers auroient esté employés par ledit defunt Pierre à plusieurs affaires où ils n’estoient point sujets et de ce qu’il avoit cousté au mariage de la sœur dudit Jehan où ils en eussent peu tomber en procès : pour à quoi faire furent présents lesdits Louis et Jehan Guillochin de la paroisse du Grès, lesquels ont accordé ce qui ensuit, c’est à savoir qu’ils partageront également tous et chacuns leurs meubles morts comme vifs, et également par moitié à savoir pour lesdits Jacques et Louis une moitié et pour ledit Jehan et sa mère pour laquelle il s’est fait fort promettant qu’elle aura ces présentes agréables et les faire ratiffier toutefois etc, l’autre moitié, et que ledit Jehan aura le mariage de sa mère en ce qui en est encore deub à son profit, et s’aidera de l’état de … ainsi qu’il advisera bon, ensemble partageront avec leur propre tous les conquests tant de leursdits deffunts père mères que d’eux et pour récompenser lesdits Jacques et Louis des récompenses qu’ils eussent peu prétendre et demander ledit Jehan pour et auditnom leur a donné et promis payer après leur part fait la somme de 200 livres tz, laquelle somme sera payée 3 mois après ledit partage fait, et partant se sont quittés l’un l’autre de toutes récompenses qu’ils eussent peu demander les uns aux autres ; dont et quant à ce tenir et obligent respectivement chacuns etc ; présents honnestes hommes Louis Guillochin (s) et Noël Bistu (s) du Grès, Jehan Heudiart (s) fils de Jehan de St Hillaire et Fleury Ameline (m) [il a épouse en 1611 Guillemette fille de Pierre et Marie Gautier, donc beau-frère de Jean Guillochin] de Rânes »

[1] AD61-4E119/9/113