Analyse du mariage non filiatif de Léon Marchandie et Jeanne Lefebvre : Saint Poix (53) 1682

Je descends d’une Jeanne Lefebvre que je n’ai pu remonter à ce jour. J’ai travaillé beaucoup de Lefebvre, sans pouvoir entrevoir un lien quelconque. Je suis en train de toucher au but et vous tiendrai au courant ces jours-ci

Mariage à Saint-Poix (53) « Le 15 avril 1682 furent par nous curé de St Poix soubsigné espouzés en la chapelle du Boisrayer en nostre paroisse suivant la dispense de monseigneur l’évesque d’Angers dabtée du 10 du présent mois portant permission d’espouzer les cy après nommés en chapelle privé, et donnant dispense d’un ban, et les certificats des proclamations des vicaires de Pouancé en dabte du 5 du présent mois signé Planté et Vallas, et le certificat du sieur curé de Méral en dabte du 9 mars dernier signé Yves de Villiers, chacuns de Me Léon Marhandye sieur de la Grandmaison, licencié ès loix, advocat au siège et bailliage de Pouancé, et sénéchal de Combrée, demeurant audit Pouancé, et damoiselle Jeanne Lefeubvre demeurant au bourg dudit Méral »

Voici d’abord la Motte Bois Rahier :

Motte-Boisrahier (la), f., c de Saint-Poix, à 2 kil. S.-E. du bourg. — Le manoir de la Motte Bois Rahier, XVs. (Arch. de la M., E. 138). — Le château seigneurial de la Motte Bois Rahier, 1705 (Reg. par.). — La Motte-Boisraier, chât., étang (Jaillot). — La Motte Bois Rahier, chât. (Cassini). — La Motte-Bois-rahier (Recens). — Fief, domaine mouvant de la Motte-Saint-Péan. Le château, habité du XV au XVIII s., n’est plus qu’une maison de ferme, avec tour à l’un des angles, encore en partie entourée de douves. La motte qui lui vaut son nom est dans une prairie de la Grande-Motte. Une chapellenie de N.-D. et de Saint-Nicolas fut fondée par Gilles de la Davière et sa femme dans la chapelle qu’ils avaient fait construire près de leur manoir, dotée du lieu de la Ménagerie pour une messe le samedi, et augmentée d’un second ordinaire de messe par Madeleine et Marguerite de la Davière en 1538. « Révérend Père en Dieu M Verrier, » par commission du vicaire de l’évêque d’Angers, avait bénit le sanctuaire en 1504. Un mariage s’y célèbre en 1647 avec permission du curé de Méral. Parmi les chapelains : François de la Davière, fils du fondateur ; Mathurin Le Picquard, 1618, seigneur du Châtelier, 1632 ; Charles Boutry, de Barenton, au diocèse d’Avranches, 1688, mort à Saint-Poix, 1709. Seigneurs : Macé du Boisrahier, 1387. — Yvon du B., frère du précédent, 1400. — Jeanne de Scépeaux, veuve de Jamet du B., et Guillaume de Maimbier, mari de Jeanne du Bois-rahier, 1406, 1409. — Yvon du B., 1456. — Gilles de la Davière, mari de Renée du Boisrahier. — Mathurin d’Andigné, mari : 1° de Renée de la Davière, avant 1535 ; 2° de Jeanne de Bouillé. — Jean d’A., mari de Louise Le Porc, donne partage à Louis, Jean-Baptiste et Renée, ses frères et sœur, 1574, 1577. — Louis d’A. vend en 1596 à Nicolas de Briand, mari de Perrine Samoyeau. — Jacques de B., écuyer, sieur de Malabry, épouse en 1614, à Saint-Poix, Marie Le Picard, 1645. — Alexis de Lancrau, mari de Françoise-Marie de Bréon, nièce et héritière de Marie Le Picard, 1681. Urbaine de Bréon, D de la Guyardière, meurt à la M.-B., âgée de soixante ans, en 1705, et la dame du lieu en 1716. — Marc-Antoine-Alexis-Louis de L., mari de Geneviève du Tertre, d’où : Madeleine-Renée-Françoise, 1740 ; Geneviève, 1742 ; Marie-Anne-Henriette, 1744 ; Michelle-Colombe, 1744, baptisées à Château-Gontier. — On mentionne aussi la Grande-Motte, et, sur la carte de Cassini, la Petite-Motte.
Arch. de la M., B. 2.972 ; E. 138. — Reg. par. — Ch. Pointeau, Certificats, p. 196. — Tit. de Chanteil. — Abbé Charles, Maison du Buat. — Arch. nat., G/7. 525. (Dictionnaire de l’abbé Angot, Tome III)

Analyse du mariage à Saint-Poix : Le mariage n’est pas filiatif, et je recherche depuis plusieurs dizaines d’années l’ascendance paternelle de Jeanne Lefeuvre.
1. Aucun des 2 époux n’est de Saint-Poix
2. Léon Marchandye est de Méral qui touche Saint-Poix
3. Le mariage en chapelle privée est réservée aux seigneurs possesseurs, ce qui n’est pas le cas, car la Motte-Bois-Rahier appartient alors à « Alexis de Lancrau, mari de Françoise-Marie de Bréon, nièce et héritière de Marie Le Picard, 1681. Urbaine de Bréon, D de la Guyardière, meurt à la M.-B., âgée de soixante ans, en 1705, et la dame du lieu en 1716 »
4. Il a fallu une dispense pour s’y marier. Comme il n’y a aucun lien de famille avec le seigneur, c’est que la Motte-Bois-Rahier est affermée et que ce fermier est le père de l’un des époux.
5. Le père de Léon Marchandie, que j’ai étudié, ne peut être alors fermier de ce lieu.
6. Ce ne peut pas être le père de Jeanne Lefebvre, car en juin 1683 au baptême du premier enfant du couple à Pouancé, c’est Yves de Villiers qui est parrain, alors qu’on mettait toujours les grands parents quand ils étaient vivant. C’est donc que le père de Jeanne Lefebvre est décécé avant avril 1682.
7. C’est dommage, car on aurait pu penser que les seigneurs, qui sont aussi dans les alentours du Lion d’Angers, avaient nommé un fermier de la région du Lion d’Angers pour gérer leur terre de la Motte-Bois-Rahier à Saint-Poix.
8. Ceci serait en phase avec le peu de pistes Lefebvre à travers parrainages rares etc… qui donneraient un lien de parenté plus ou moins proche avec Perrine Rigault épouse à Grez-Neuville en 1621 de h.h. Jean Le Febvre car elle est marraine de Jeanne Villiers °Thorigné-d’Anjou 10 b le 18 mars 1645 Baptisée par Toussaint Le Febvre chapelain de Notre Dame de Bon [passage], filleule de Messire Jean Crannier curé de StClément de Craon. Enfin ce Toussaint Lefebvre qui est à Cherré est plusieurs fois présent.
9. Selon mon étude de Villiers, très longue et riche d’infos, Jeanne Lefeuvre, nièce du curé de Méral Yves de Villiers, vivait alors chez son oncle à la cure au bourg de Méral.
10. L’absence d’Yves de Villiers, pourtant très proche voisin, au mariage de sa nièce, est le signe d’une mésentente.

A demain, pour les longues preuves que j’ai d’une mésentente, et donc que ce mariage était contre la volonté de l’oncle Yves de Villiers curé de Méral.
Odile

Le contrat de mariage de Pierre Fleurs et Catherine Letessier contenait une clause illicite : Champigné 1619

Incroyable, mais vrais !
Et pourtant l’auteur du don illicite est prêtre.
Il a marié sa nièce, Catherine Letessier, à Pierre Fleurs, en lui donnant la jouissance du lieu de la Guillotière. Hélas, ce lieu dépend du temporel du prieur de Querré, dont il n’est pas titulaire.
En d’autres termes il a donné quelque chose sans en posséder les droits !!!
Je suppose que Pierre Fleurs vient de découvrir la chose et réclame donc autre chose. On en profite pour faire les comptes des pensions de la nièce etc…

J’ai fait beaucoup de contrats de mariage. J’en ai parfois rencontré qui témoignaient d’une volonté de donner plus qu’on ne possédait, et qu’on aura du mal à payer, mais jamais un tel mensonge !!!

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E8 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 15 septembre 1619 par devant nous René Serezin notaire royal à Angers furent présents et personnellement establys Pierre Fleurs marchand couraieur demeurant à Pruillé d’une part et vénérable et discret Me Jehan Letessier prêtre demeurant en la paroisse de Champigné d’autre part, lesquels pour éviter aulx disputes qui pourroient naistre entre eulx sur l’exécution des promesses faites par ledit Letessier audit Fleurs par le contrat de mariage de luy et de Catherine Letessier sa niepce passé par devant Buscher notaire soubz la cour de st Laurent des Mortiers le 18 juin dernier en raison de la jouissance du lieu de la Guillotière que ledit Letessier a baillé audit Fleurs par iceluy, lequel est du temporel du prieuré de Querré dont il n’est titulaire donc que la clause est illicite, ont recogneu et confessé avoir par l’advis de leurs amis fait et accordé ce qui s’ensuit, c’est à savoir que ledit Letessier a en faveur dudit mariage donné et promis bailler audit Fleurs en advancement de droit successif de ladite Letessier sa niepce et pour luy tenir lieu de son propre immeuble et des siens (f°2) la somme de 1 000 livres tournois et cependant et jusques au réel paiement leur en payer chacun an au terme de Toussaintz la somme de 72 livres 10 sols de rente le premier payement commençant de la Toussaints prochaine en un an et à continuer jusques au réel payement de ladite somme de 1 000 livres, au payement de laquelle somme de 1 000 livres iceluy Letessier ne pourra toutefois estre tenu par lesdits futurs espoux payant ladite somme de 72 livres 10 sols de rente par an audit terme, et au moyen de ce demeure iceluy Letessier deschargé de la nourriture qu’il auroit promise auxdits futurs conjoints par ledit contrat de mariage et eulx du service qu’ils estoient tenu lui rendre par iceluy, et au regard de la jouissance dudit lieu de la Guillotière demeure ledit contrat nul et de nul effet, et au surplus reste iceluy contrat en sa force et vertu, et pour les pensions nourritures et entretenement de ladite Catherine Letessier du temps qu’elle ne pouvoit gaigner gaiges ils demeurent compenser avec les gages et services qu’elle a peu prétendre du temps qu’elle en pouvoit gagner, tellement que lesdites parties se sont respectivement quitées et quitent desdites pensions nourriture entretenement et gaiges ; ce qui a esté stipulé et accepté, et à ce tenir etc et à payer etc et aux dommages etc obligent lesdites parties (f°3) respectivement etc renonçant etc foy jugement condemnation etc fait et passé audit Angersmaison de nous notaire en présence de Me Pierre Letessier prêtre demeurant audit Querré, Nicolas Jacob et Pierre Blouyn tesmoins, le samedi 15 septembre 1619

Les femmes de Cuillé avaient obtenu séparation de biens par justice avant 1619 !

Je vous avais mis il y a 4 ans une obligation de 8 400 livres et je vais vous mettre dans ce qui suit la splendide procuration qui allait avec.
Voici donc l’emprunt :
René Lefebvre, marchand à Cuillé, emprunte 8 400 livres, Angers 1619
La procuration est splendide car :
1-la somme est élevée
2-donc elle n’est pas disponible sur Cuillé par plus que Craon et Pouancé, et il faut aller à Angers
3-c’est loin, aussi les 3 emprunteurs, proches parents manifestement, ou du moins bons alliés, obtiennent de leurs 3 épouses procuration.
4-pourtant, regardez bien, car chacun d’elle est séparée de biens de son mari.
5-et c’est ahurissant quand on sait que peu de femmes ont obtenu ce statut à cette époque, et pour cause, la justice est à Angers, c’est à dire loin.
6-alors j’en conclue qu’à Cuillé au début du 17ème siècle, les femmes échangeaient leurs idées, les méthodes pour les mettre en oeuvre, pourtant dans un milieu relativement modeste car elles ne savent pas signer, et l’un des messieurs aussi.
7-alors un immense bravo à ces dames de Cuillé.
9-pourtant il faut bien conclure que dans le cas de cet emprunt je ne vois pas en quoi la séparation de biens leur est utile.

Je descends d’une famille Lefebvre que je n’ai pu remonter à ce jour, étant bloquée à un mariage en 1679 à Méral, dont les registres de 1679 ont disparu.

J’ai travaillé beaucoup de Lefebvre, sans pouvoir entrevoir un lien quelconque.
Ici, compte-tenu de la proximité entre Cuillé et Méral, il serait possible que je me rattache à ces Lefebvre. Pourtant après tant d’années de recherches j’en doute.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

La procuration sur parchemin « Sachent tous présents et advenir que le 15 mars 1619 avant midy en nos cours de Pouancé et Craon endroit par devant nous François et René les Maugars notaires d’icelle personnellement establys et deument soubzmis avec tous et chacuns leurs biens présents et advenir Marie Person femme de François Lefebvre marchand demeurant à Lorgery paroisse de Cuillé authorisée dudit Lefebvre son mary à ce présent quant à l’effet des présentes, Andrée Maugars femme de Charles Chrestien femme séparée de biens et authorisée par justice à la poursuite de ses droits et encores en tant que mestier est dudit Charles Chrestien son mary à ce présent, demeurant au lieu de la Bourgelière dite paroisse et Julienne Chrestien femme de René Lefebvre aussi séparée de biens d’avec luy et authorisée par justice à la poursuite de ses droits et encores dudit Lefebvre son mary à ce présent pour l’effet des présentes en tant que métier est ou seroyt, lesquelles ont nommé et constitué, nomment et constituent par ces présentes leur procureur général et spécial scavoir ladite Person ledit François Lefebvre son mary, ladite Maugars ledit Charles Chrétien son mary, et ladite Julienne Chrestien dudit René Lefebvre aussi son mary, pour leurs personnes représenter pour elles partout où besoing et mestier sera et par especial d’emprunter pour et en leur nom d’une ou plusieurs personnes soyt par obligation personnelle ou contrat de rente constituée tout ainsi que leursdits procureurs voyront et jugement bon estre jusques à la somme de 8 000 livres, ladite somme de 8 000 livres prendre et recepvoir par leursdits procureurs, la réception de laquelle ainsy par eux faite elles ont déclaré dès à présent avoir pour agréable et en ont deschargé et quitté et par ces présentes deschargent et quittent celuy ou ceux qui feront le prest tout ainsi que si elles mêmes présentes et en personne, et au payement de ladite somme de 8 000 livres et icelle rendre à celuy ou ceux qui auront fait le prest aux termex qui auront esté advisés par leursdits procureurs obligent solidairement lesdites constituantes avec leursdits procureurs chacunes d’elles seules et pour le tout sans division discussion de priorité et postériorité sur l’hypothèque de tous et chacuns leurs biens présents et advenir prometant tout ce qui sera ainsi fait par leurdits procureurs l’avoir agréable sans jamais y contrevenir ny aller au contraire, et ratifier le tout toutefois et quantes qu’elles en seront requises, et au cas que pour trouver ladite somme il feust besoing de faire intervenir et obliger avec elles constituantes et leursdits procureurs d’autres personnes, ont donné et donnent pouvoir à leursdits procureurs comme dessus d’en bailler en leur nom à celuy ou ceux qui interviendront contre-lettre et promesse d’indemnité et de les tirer et descharger de ladite intervention et obligation toutefois et quantes et à ce faire les obliger avec leursdits procureurs seules et pour le tout comme dessus à peine de tous despends dommages et intérests, et généralement faire par lesdits procureurs pour l’exécution de ce que dessus ce qu’ils voyront bon estre renonçant par devant nous à toutes choses à ce contraires etc dont et de tout ce que dessus lesdites parties en sont demeurées à un et d’accord, à laquelle procuration et tout ce que dessus est dit tenir et accomplir par lesdites parties sans jamais aller ne venir encontre en aulcune manière que ce soit, lesquelles constituantes s’en sont obligées par la foy et serment de leur corps sur ce d’elles donné en nos mains dont jous les en avons jugé et condamné à leur requeste par le jugement et condamnation de nostre cour renonçant par devant nous à toutes choses à ce contraires encontre tout ce que dessus est dit, fait et passé au bourg de Cuillé maison de nous François Maugars l’un des notaires soubzsignés en présence de Me Charles Lemoyne sieur du Chemin et y demeurant et Me Guillaume Cointet demeurant à Bizé en ladite paroisse de Cuillé, lesquels François Lefebvre, Renée Maugars et Julienne Chrestien ont dit ne savoir signer »

Contrat de mariage d’Henry Fauvel meunier et Anne Vallée : Montmartre 1693

Cet acte est aux Archives Nationales, MC/ET/CXIV/6 Henri Venant notaire à Paris – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

25 octobre 1693 : contrat de mariage d’Henry Fauvel
Fut présent en sa personne Henry Fauvel meusnier demeurant en le lieu de Montmartre, fils de deffunt Nle ? (sans doute Nicolas) Fauvel vivant meusnier demeurant audit Montmartre et de Marguerite Caillourt/Cailleux aujourd’huy femme de Adrian Fallantine meusnier demeurant audit Montmartre, ledit Henry Fauvel … pour la présence et comparant pour luy en son nom d’une part, et Pierre Vallée marchand de vin demeurant audit Montmartre et Elizabeth Lenoir sa femme au nom et comme stipullants pour Anne Vallée leur fille, ladite Lenoir dudit Vallée bien et duement authorisée pour l’effet des présentes, ladite Anne Vallée pour elle en son nom aussy présente en personne d’autre part ; lesquelles parties vollontairement en la présence et assistance de leurs parents et amis cy après nommés scavoir de la part dudit Henry Fauvel de ladite Marguerite Caillour sa mère, Jacques Fallantin meusnier demeurant audit Montmartre son frère [probablement demi-frère puisque sa mère est remariée à Adrien Fallantin], Pierre Louis mareschal demeurant audit Montmartre, Vincent Evrard boulanger demeurant aux Porcherons, et Nicolas Cabry aussy boulanger demeurant audit lieu des Porcherons, Bertran Furalange ?? et Geneviefve Fauvel, Françoise et Marie Fauvel leur femme, et de la part de ladite Anne Vallée Pierre Vallée et Elisabeth Lenoir ses père et mère, Jouachim Vallée garçon compagnon scellier demeurant audit lieu de Montmartre, (illisible) lesdits Pierre Fauvel et Anne Vallée ont promis et promettent réciproquement se prendre l’un l’autre par mariage et le faire célébrer en face de nostre mère ste église le plus thost que faire se pourra (illisible) entre eux (illisible) biens et droits à chacun … appartenant scavoir ledit Fauvet avec les biens et droit à luy appartenant comme héritier dudit feu Nle ? Fauvet, … et en 12 années de ses services et gages à luy deues par ledit Adrian (sic) Fallentin son beau père pour raison de quoy … par devant (f°2) monsieur le prévost de Montmartre en la somme de 100 livres pour la valeur de ses habits linge et ustenciles à son usage, en faveur duquel mariage les père et mère de la future épouse luy constituront en dotte la somme de 300 livres en avancement d’hoirs de leur succession future et promettent de fournir ladite somme de 300 livres et habits linge et hardes à l’usage de ladite future et payer y compris un lict à la veille de leurs épousailles sy tant lesdits habit linge hardes et lit montent sinon le surplus en argent comptant pour estre lesdits futurs époux uns et communs en tous biens acquest et conquest immeuble qu’ils auront et feront ensemble constant leur futur mariage suivant et au désir de la coutume de la ville prevosté et vicomté de Paris, sur laquelle leur dite communauté sera réglé … lesdits futurs époux feroient leur demeure et acquisitions en pays de coutume et dispositions contraires auxquelles lesdits futurs époux ont expressement renoncé et renoncent pour ce regard, ne seront néantmoings lesdits futurs époux tenus de debte … faite et créées avant leur épousailles … seront paiées sur les biens de celuy qui en sera débiteur ; ledit futur époux a douéré et douère ladite épouse de la somme de 100 livres de douaire prefix une fois paiée à prendre sur tous et un chacun les biens meubles et immeubles dudit futur époux présents et advenirs qu’il en a dès à présent chargés obligés affectés et hypothéqués au douaire coutumier au choix obtenu de ladite future épouse duquelle douaire tel que choisy par ladite future épouse (f°3) elle aura … du jour du décèd dudit futur époux sans qu’elle soit tenue de demander … si elle fait choix du prefix luy demeurera propre sans estre subjet à retour ; le survivant desdits futurs époux aura et prendra par préciput et hors part de leur dite communauté tel qu’il voudra choisir suivant la … de l’inventaire qui en sera fait et sans … jusques à la somme de 30 livres ou ladite somme en deniers comptant aux choix dudit survivant ; sera possible à ladite future épouse aux siens à ses parents collatéraux de renoncer à ladite future communauté ou de l’accepter et y renonçant reprendront franchement quittement tout ce que ladite future épouse y aura apporté à son futur époux et tout ce que durant le mariage luy sera advenu et echeu par donation avancement avec les douaires debte préciput telle que dessus, le tout quittement sans (illisible car le papier est replié) sur les biens dont elle sera acquitée par les héritiers pour … ; car ainsi obté convenu entre lesdites parties promettant etc obligent etc renonçant etc fait et passé audit Montmartre en la maison dudit sieur Vallée … (f°4) Venant commis tabellion en la prevosté dudit lieu soubsigné l’an 1693 le 25 octobre après midy en la présence de Marcel Allennent praticien demeurant audit Montmartre témoins

Au restaurant de Pierre Belloeil, cabaretier à Montmartre, on servait de la salade secouée en panier d’osier : 1700

Voici donc la fin de l’inventaire commencé hier, après le décès en 1700 de Pierre Belloeil cabaretier à Montmartre.

Vous avez ici ses habits, dont une culotte en peau de bouc !!!!

Mais j’aime beaucoup le panier en osier à secouer la salade, car j’ai moi-même longtemps, du temps de ma jeunesse, secoué dans ce panier que nous connaissions, certes en fer blanc de nos jours. Je sortais dans le jardin et j’agitai mon bras longuement d’avant en arrière.

Cet acte est aux Archives Nationales, MC/ET/CXIV/6 Henri Venant notaire à Paris – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

  • Le linge
  • 26 draps de différentes toiles demy usées dont 2 neufves 71 livres
    30 nappes de différentes toiles et grandeurs 22 livres
    6 douzaines de serviettes et 200 serviettes tout de toile et 10 serviettes de toile ouvrée 17 livres 10 sols
    Une pièce de toile jaune … (f°10) de 54 aulnes 50 livres

  • Ensuit les habits à usage du deffunt
  • 11 chemises à usage d’homme de différentes toiles 11 livres
    6 cravattes tant de toile qu’autres, 3 camisoles de futaine 2 livres
    5 tabliers de grosse toile 15 sols
    Un évanteau de camelot brun doublé d’une revache de même couleur, un juste au corps, une culotte de drap d’Angleterre couleur de noisette, une culotte et une chemisette de peau dont la culotte de bouc (sic) et la chemisette chamois garnie de boutons de cuivre doré, un autre juste au corps et culotte de drap de Muniere ? de couleur gris de fer 30 livres
    Un vieux manteau de bouracan gris, 2 paires de souliers, un autre juste au corps de drap gris, un rapiétié, une vieille paire de bas, un vieux chapeau 20 livres

  • Dans ladite cuisine
  • Un grand entonnoir et un petit de fer blanc, 3 cruches de terre, une huguenotte de même terre, 2 ler… (f°11) de bois, un verrier d’osier garni de 12 verres de faucheur ?, un panier d’osier à secouer salade, un petit miroir à bourdure de bois noircy 2 livres
    28 livres de plusieurs poids de fer ??? 2 livres

  • Ensuit les titres papiers
  • Le contrat en parchemin du mariage d’entre ledit defunt Beloueil et ladite Lenoir passé par devant Bazire et Lemercier tabellions royaux en la vicomté de Livarot en date du 19 septembre 1666 signé Lemercier et Bazire … à la fin duquel est en marge quittance donnée par ledit Belloeuil ainsi que le tout est plus au long …
    Un contrat de constitution de rente de la somme de 8 livres de rente faite par Lemercier prêtre curé de la paroisse de st Michel de … de Pierre Belloeuil et Elisabeth Lenoir par chacun an passé par devant Lafosse notaire en la vicomté de Livarot en date du 4 octobre 1697
    (f°12) Une liasse de quittances du droit de huitième et gros du vin au nombre de 75 qui n’ont esté estimé n’en faire plus ample déclaration pour éviter proxilicité
    Un contrat en parchemin passé par devant Nicolas Moisys Jacques Bonnau tabellion royaux à Livarot le 21 mars 1669 par lequel Gilles Delaunay a receu de Guillaume Lenoir 70 livres pour le rachapt de 100 sols de rente due par Gilles Belloeil

    En 1700 Pierre Belloeil, cabaretier à Montmartre, tient en fait ce que nous appelons maintenant un restaurant

    Et parmi sa clientèle, il doit y avoir des personnes plus notables que les autres qui ont droit à des couverts d’argent tandis que tous les autres on l’étain.
    Mais une chose est certaine, tout le monde s’essuie comme l’attestent les innombrables serviettes. Et on se lave les mains, il y a 2 fontaines de cuivre.
    On a des fauteuils, en nombre, pour discuter, ou admirer le paysage !
    Et même 3 miroirs pour se regarder.
    Par contre, pas d’hôtel, et la famille et le personnel ont même des lits plus que modestes.
    Je vous mets ce jour le début de l’inventaire, et je pense être en mesure de poursuivre demain, si je ne succombe pas à la chaleur, avec tous mes arbres rentrés dans l’appartement pour cause de ravalement qui l’exige maintenant, ce qui n’était pas exigé autrefois.

    Cabaret. s. m. Taverne, maison où l’ on donne à boire & à manger à toutes sortes de personnes en payant. Le Dictionnaire de l’Académie française 1694
    Cabaret, m. Est la taverne en laquelle on assied à pieces et destail. Popina, Et est entre hostellerie, où gens et chevaux sont receus en gros, qu’ on dit à table d’ hoste: et Taverne, qui est où l’ on ne debite que du vin tant seulement. Thresor de la langue francoyse tant ancienne que moderne T.1 [ 1606 ]

    Cet acte est aux Archives Nationales, MC/ET/CXIV/6 Henri Venant notaire à Paris – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    A monsieur le lieutenant civil, supplie humblement Elizabeth Lenoir veuve de deffunt Pierre Belloeil dit Vallée vivant cabaretier demeurant à Montmartre tant en son nom que comme tutrice des enfants mineurs dudit defunt et d’elle disant qu’en cette qualité elle souhaiteroit faire procéder à la prisée des meubles qui se sont trouvés après le décès dudit deffunt son mary et attendu la suppression arrivée des huissiers priseurs c’est ce qui l’oblige d’avoir recours à vous pour luy estre sur ce pourveu.
    Ce considéré monsieur il vous plaise attendu comme dit est la suppression des huissiers priseurs ordonner que la prisée des meubles en question trouvés après le déceds dudit deffunt Vallées sis à Montmartre … dans la banlieux de Paris sera faite par l’huissier de la justice de Montmartre pour éviter à frais ou par tel autre huissier qu’il vous plaira commettre et vous ferez bien.
    Permis de faire la prisée desdits meubles par Hannille huissier priseur fait ce 13 février 1700
    Signé : Lecamus
    (f°2) Le lundi 15 février 1700 et les jours suivants à la requête de Elisabeth Lenoir veuve de feu Pierre Belloeüil dit Vallée vivant marchand de vin demeurant à Montmartre tant en son nom à cause de la communauté qu’elle avait avec son deffunt mari conformément néanmoings à son contrat de mariage et sans y déroger et aux protestations d’y renoncer si elle le juge à propos, que comme mère et tutrice de Nicolas et Maurice ? Belloeüil dit Vallée enfants mineurs dudit deffunt et d’elle, et encore en la présence de Henry Fauvel beau-frère et subrogé tuteur desdits mineurs par acte de tutelle fait et passé par devant Mr le prevost de Montmartre le 3 du présent moi, tant en son nom à cause de Anne Belloeüeil dit Vallée sa femme habile à la dire et porter héritiers dudit deffunt Belloeüeil dit Vallée père de ladite femme que comme subrogé tuteur desdits mineurs, lesdits mineurs à ce présents à se dire et porter héritiers de leurdit defunt père habiles et aussi en la présence de Jouachim Belloeüil dit Vallée compagnon scellier demeurant à Paris rue Neuf des Petits Champs aussi habile à se dire et porter héritier dudit deffunt Belloeüil dit Vallée son père, Nicolas Enou compagnon masson et Jeanne Belloeüil sa femme dite Vallée aussi à cause d’elle habile à se dite et porter héritier dudit deffunt Belloeïl son père et Magdeleine Belloeüil dit Vallée fille majeure demeurant à Paris rue St Sauveur, et Barbe Belloeüil dit Vallée fille aussy majeure demeurante audit Montmartre avec sa mère, lesdites Magdeleine et Barbe aussi habiles à se dire et porter héritières dudit deffunt Belloeüil leur père, (f°3) à la conservation des biens desdites parties esditsnoms et de tous autres qu’il appartiendra par moy Henry Venant tabellion commis en la prévosté haute et moyenne et basse justice dudit Montmartre en la présence de Pierre Bourdin cordonnier et Marcel Venant greffier commis en ladite prévosté demeurant audit lieu témoins, ladite a esté fait loyal inventaire et description de tous et chacuns les biens meubles et immeubles ustenciles d’hotel, habits linge hardes vins et argent monnaié et non monnaie lettres titres papiers enseignements et autres choses demeurées après le déceds trouvés en la maison où ladite veuve elle demeure en laquelle ledit defunt est décédé le premier jour du présent mois et an, montés et mis en évidence par ladite veuve et par ladite Barbe Belloeüil sa fille … fait et porté ès mains du tabellion commis …
    Signé : Nicolas Duru
    (f°4) … selon et ainsi qu’il ensuit, aux protestations que fait ladite veuve de prendre ladite communauté ou de renoncer à icelle et tournée à ses dots douaire préciput … conventions matrimoniales que ledit deffunt son mari luy a accordés par son contrat de mariage ainsi qu’elle advisera par conseil et ont tous signé à la réserve desdites Magdeleine, Jeanne et Barbe Belloeüil dite Vallée qui ont déclaré ne savoir signer
    Signé Elisabeth Lenoir, Joachim Belloeüil, Henry Fauvel, Nicolas Duru, Hannille, Venant, Anne Belloeuil dit Vallée, Pierre Bourdin, Venant
    Meubles

  • Dans la cave de ladite maison s’est trouvé
  • un cuvier de vin gris du cru d’Argenteuil, et 2 … du cru de Coulombe prisés par ledit Hannille huissier présent à raison de 32 livres le muide revenant à 85 livres
    4 futailles tenant demi quart (f°5) au long ?, 2 vieux limoy ? de charrette, et 5 buches levant de chantres ? 6 livres

  • Dans l’écurie de ladite maison s’est trouvé
  • 2 cavalles l’une soub poil bais l’autre soub poil gris blanc hors d’âge ayant crain … et oreille avec leurs harnachement l’une de Limoy et l’autre de cellier … et une vieille selle à monter à cheval à labineu ?? 110 livres
    Dans la cour de ladite maison s’est trouvé un haquet roux et tasseau de fereu, une petite savatte, une taux ? et un esselle ? de bois 34 livres
    5 petites planches servant de table, 5 méchants morceaux de bois pourris servant de bois 1 livre
    Dans une petite estable au fond de la cour s’est trouvé 7 demy queux et un cuvier le tout de futaille et un autre demy cuvier dans lequel il y a environ 3 … de vin, un table en ovale son chassis 5 livres

  • Dans la cuisine de ladite maison
  • Une cremaillère, une pelle à feu, une pi…, (f°6) 2 chenets, 2 cheuvrettes, 2 grilles, 2 broche, 2 grands lechefrittes, une petite lechefritte, 3 rechauts, 3 poisles, un tournebroche, un crocq rond à mettre de la viance le tout de fer avec un grand couperet, un moyen couperet, une serpe, un petit pezon le tout de fer, avec une marmitte et son couvercle, une cuiller à port une fourchette et une autre broche 16 livres
    Une bassinoire de cuivre rouge, une fontaine de même cuivre, une platine, 2 chenpets à 2 pommes chacun, une passoire, 2 rechaux, 3 poislons, 2 écumoires, une petite cuiller, 4 chaudrons, une paire de blances, le tout de cuivre jaune, 2 flambeaux de même cuivre, et 6 chandeliers de potin tant petit que grand 60 livres
    250 livres d’ustenciles d’étain commun à 10 sols la livre soit 125 livres
    33 livres d’ustenciles d’étain fin à 12 sols la livre soit 19 livres 16 sols
    (f°7) Une tasse à 2 anses avec 4 autres tasses à coquilles, 4 cuillets et une douzaine de fourchettes le tout d’argent pesant ensemble 5 mars 5 onces 4 gros 159 livres
    Une table à l’anticque et 2 petits bancs, un hais ? porté sur 2 morceaux de bois, un hais servant de table, un banc, 2 petits sauniers non fermant à clefs, un petit garde manger, un hais servant de contoir enfoncé de dorure ?, 9 hais servant à présent à la vaisselle, le tout de différents bois avec un petit garde manger de chêne et de sapin garni de toile 10 livres
    Une lampe et 6 lamperons de cuivre jaune 4 livres
    11 couteaux et 11 fourchettes d’assier 3 livres
    3 chaises de bois blanc garnies de paille, un (illisible) de tonnelerie garni de sa fontaine de cuivre et une pante garnie de toile 1 livres
    4 saladiers de différente grandeur et un petit saladier de fayence 1 livre

  • Dans un cabinet à costé de ladite salle
  • 2 coffres de bahut carré et une (f°8) coffrette couverte de cuir noir fermante à clef, une petite armoire de bois noir, un fauteuille couvert de vieille tapisserie 12 livres
    Une petite couche à 2 pilliers garnie d’une paillasse, lict traversin rideaux oreiller de coutil rempli de plume, une couverture de laine blanche et 2 petits morceaux de vieille tapisserie faisant pantes du tour de ladite couche 25 livres
    Dans la chambre au dessus de la cuisine
    2 vieilles tables tirant par les 2 bouts, une planche servant de table, une autre planche servant de table, et 10 gamelles le tout de différents bois, une paire de chenets de fer à pomme de cuivre, un chaise de blois blanc garnie de paille, une chaise couverte de vieille tapisserie 4 livres

  • Dans un petit cabinet à costé de ladite chambre
  • Un vieux coffre couvert de cuir noir non fermant, une chaise de bois blanc couverte de paille, 3 planches servant de couchette sur lesquelles sont une paillasse, 3 vieilles couvertures le tout fort vieux 3 livres

  • Dans une chambre au deuxième étage
  • 2 coffres de bahut carré couverts l’un de cuir (f°9) noir l’autre de cuir rouge, un fauteuil et 6 chaises de noyer tourné couvertes de toile verte garnies de crain et bourre, une autre chaise couverte de vieille tapisserie à l’anticque et une chaise de bois blanc garnie de paille 15 livres
    Une couche à hauts pilliers de chêne et une paillasse, lict et traversin de coutil rempli de plume, une couverture de laine jaune avec le tour de ladite couchette de toile blanche garnie de franges 25 livres
    Un vieux bois de lict de noyer garni 2 livres

  • Le linge
  • 26 draps de différentes toiles demy usées dont 2 neufves 71 livres
    30 nappes de différentes toiles et grandeurs 22 livres
    6 douzaines de serviettes et 200 serviettes tout de toile et 10 serviettes de toile ouvrée 17 livres 10 sols
    Une pièce de toile jaune … (f°10) de 54 aulnes 50 livres

    la suite à demain