Bonne année à tous, toute pleine du miel de vos découvertes, et de joies en famille !
La légende veut que des moines venus de l’abbaye de Pontron (au Louroux-Béconnais) s’en vinrent au pays de Bretagne fonder un monastère. Arrivés au bourg de Moisdon, se dirigeant vers le midi, ils errèrent dans la forêt, passèrent la nuit sous un vieux chêne dans lequel ils découvrirent du miel sauvage… et résolurent de s’arrêter à cet endroit. (d’après les Annales de Melleray). Ceci se passait dans les années 1134 à 1142.
abbaye de la Melleraye, photo Odile Halbert, 2006, reproduction interdite
Ce portail à arc brisé, en grès roussard, de l’ancienne entrée de Melleray, daté de la seconde moitié du 12e siècle, est le seul vestige de cette époque de fondation.
L’abbaye est toujours là, et vous accueille dans son hôtellerie moderne, et sa librairie.
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Cette transaction illustre les risques encourus pour les cautions solidaires dans les obligations, car ils sont 3 emprunteurs dans l’obligation impayée, donc il y en a forcément 2 qui sont caution du 3e.
Mais ils sont tous dans la galère des poursuites, qui, à l’époque, consistaient en saisie immédiate des biens, aussitôt vendues aux enchères.
Les Eveillard ici en cause savent signer, mais maladroitement.
Ils demeurent à La Boissière en pays craonnais.
L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici la retranscription de l’acte : Le 1er juillet 1602 après midy dudit jour, comme ainsi soit que Julien et Françoise les Eveillard et René Gratien se fussent dès le 2 avril 1592 obligés par devant Galiczon et Cheruau notaires soubz la cour de Pouancé vers Jacques Garanger en la somme de 108 écus un tiers duquel René Gracien, Pierre Gratien son frère fut héritier par bénéfice d’inventaire et se seroit obligé vers lesdits Julien Eveillard et Mathurin Meslier mari de Françoise Eveillard de payer audit Garanger ladite somme de 108 écus un tiers par accord passé entre eulx par devant René Motay notaire de Roche d’Iré le 19 octobre 1594 et contre lequel Pierre Gratien lesdits Eveillard et Meslier auraient obtenu jugement au siège présidial de ceste ville le 15 février 1596 d’acquitter lesdits Julien Eveillard et Meslier vers ledit Gazanger de ladite somme de 108 escuz un tiers
en vertu de laquelle obligation et jugement ledit Garanger soubz le nom desdits Eveillard et Meslier aurait fait plusieurs longues procédures et bannies des biens dudit Gratien qui ont esté adjugés et soubz le mesme nom des dessus dictz aurait faict establissement de commissraires sur lesquels biens dudit Gratien
de la part desquels Pierre Gratien Julien Eveillard Louis Vignon à présent mari de ladite Françoise Eveillard estoit dit que la saisie et bannies que aultres grandes poursuites faites par ledit Garanger tant en son nom que soubz le nom desdits Julien et Françoise les Eveillard estoit nulles erc (encore 3 longues pages comme celle-ci)
ont de ce que dessus et tout lesquels dépens pour éviter à procès par le conseil de leurs amis transigé et accordé ce que s’ensuit pour ce est il que en la cour du roy nostre site à Angers endroit par davant nous personnellement establis et duement soubmis et obligés lesdits Julien Eveillard et Louis Bignon demeurant en la paroisse de la Bouessière au lieu de la Moraudière et ledit Pierre Gratien demeurant à la Curaye paroisse de Renazé soubmettant chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens renonczant au bénéfice de division de priorité et postériorité leurs hoirs etc confessent devoir et promettent rendre payer et bailler audit Garanger à ce présent et stipulant et acceptant dedans d’huy en 3 mois prochainement venant la somme de 101 écus vallant 303 livres tournois et moyennent le payement de ladite somme lesdits dessusdits demeurent quites tant du contenu de ladite obligation montant 108 écus un tiers en date du 2 avril 1591 que de tous les intérêts d’icelle jusqu’à ce jour ensemble de tous frais et procédures criées et bannies exploits et aultres frais faits par ledit Garanger tant en son dit nom que au nom d’aultres que lesdits obligés demeurent tenus payer et satisfaire les frais des commissaires et en acquiter et indemniser ledit Garanger, tout ce que dessus est dit fait consenti et accordé sans préjudicier ne desroger par ledit Garanger à son obligation pour le regard de l’hypothèque de priorité d’icelle ni pareillement à l’effet et exécution des sentences et jugements contre eux obtenus à laquelle obligation et sentences il se pourra aider contre lesdits obligez à faulte de payement de ladite somme dans ledit temps comme il eust pu faire auparavant ces présentes demeurant lesdites parties hors de court et de procès sans despens dommages et intérests
à laquelle transaction et tout ce que dessus est dit tenir lesdites parties s’obligent, etc… sur les biens à prendre vendre et mesmes leurs corps à tenir prison comme pour les propres affaires du roi notre sire,
fait et passé audit Angers en nostre tabler ès présence de Maistre François Daguin praticien demeurant Angers paroisse St Maurille et Pierre Faulcheux demeurant audit Angers tesmoins Cliquez sur l’image pour l’agrandir :Cette image est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Je la mets ici à titre d’outil d’identification des signatures, car autrefois on ne changeait pas de signature.
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En tant que Nantaise, j’ai été bercée dans le commerce du port autrefois, et rien de me surprend, quoi que parfois, je suis totalement dépourvue de connaissances sur le trafic à l’intérieur du royaume de France.
Certes, je sais qu’à Vitré et Laval on entretenait des liens commerciaux étroits avec l’Espagne, où la toile de Laval partait !
J’ignorais qu’à Laval on ne se contentait pas d’apprécier le vin d’Anjou, remontant par bateau, car voici le vin d’Espagne, et à quel prix !!!
Bigre, les Lavalois étaient de fins gourmets ! enfin, certains… sans doute les mêmes qui exportaient les toiles.
C’est un négociant d’Angers qui va fournir la commande, pour un montnt de 2 700 livres, ce qui est une somme importante, pour du vin ! Pour le prix on pourrait avoir une grosse métairie ! Je suppose que si c’est un commerçant d’Angers c’est qu’il a l’habitude d’acheter sur Nantes et faire acheminer ses marchandises sur Loire puis sur Maine. Cela suppose tout un réseau et toute une organisation… car le prix s’entend franco au port de Laval.
237,8 x 20 = 4 756 litres à 2 700 livres soit 0,57 livre le litre
Vendu au détail, cela devait revenir cher le verre !
L’acte qui suit est extrait des Archives de la Mayenne, série 3E2/740 – Voici la retranscription de l’acte : Le 18 décembre 1632 après midy devant nous Jean Manceau notaire de la cour de Laval y demeurant ont été présents et personnellement etablis chacun de Martin Crosnier sieur de la Presenstière demeurant en la ville de Vitré paroisse de St Martin d’une part,
et Gabriel Sollybelle marchand demeurant en la ville d’Angers, lesquels pour l’éxécution des présentes ont prorogé de juridiction et a ladite Sollybelle éleu domicile en la maison de Denis Crosnier en ceste ville et ledit Martin Crosnier en la maison de Jean Crosnier son frère en ceste ville d’autre part,
lesquels soubzmis etc confessent avoir fait entre eulx ce qui ensuit c’est à scavoir que ledit Martin Crosnier a promis et s’est obligé de rendre et livrer d’huy en ung moys prochain sur le port St Jullien de ceste ville le nombre de vingt buttes (sans doute les busses) de vin nouveau d’Espagne creu de Malgue (sans doute Malaga) bon loyal et marchand et de la cuvée ? dudit Malgue à la charge de payer par ledit Sollibelle en ladite maison en ceste ville de Laval par chacune busse la somme de six vingts quinze livres tz revenant 20 busses à la somme de 2 700 livres tz au payement de laquelle somme demeure ledit Sollibelle oblige mesme par lors de ladite livraison à peine de tous despens dommages et intérests dont lesdites parties sont demeurées d’accord et à leur requeste et de leur consentement les avons jugé etc
fait et passé audit Laval ès présence de Me Guillaume Baunaye advocat au siège et Hélye Caillon sur du Pré demeurant audit Laval
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Voici une situation totalement moderne !
Un papa, qui refuse de mourir (on n’a pas idée ! ce n’est pas bien de ne pas faire la place aux jeunes), possède une maison de maître, une métairie et une closerie. Il a un fils et 2 filles mariées, mais a imprudemment logé son fils avec lui dans la maison de maître, et ils jouissent des revenus de tout le patrimoine. (ceci dit que ferait un vieux monsieur seul dans une grande maison ?)
Cet énorme avantage concédé à son fils n’est pas du goût des 2 gendres, qui demandent des comptes, y compris par voie de justice. Tant et si bien qu’une transaction est négociée entre eux.
Et là, surprise, non seulement tout ce petit monde va partager les revenus du tout, mais le fils est prié de déguerpir !
Pauvre papa, qui va rester tout seul dans sa grande maison, qui, à en juger par ce qu’en dit Célestin Port, était une vieillerie manifestement peu confortable… J’en grelote…
Mais avant de voir l’acte, partons d’abord en paléographie, identifier les lieux. Car bien souvent, ce que je vous rends si bien tappé, est le fruit d’une longue recherche dans mes usuels (Port, Angot etc…).
En paléographie, on aime bien les abréviations, et parmi elles, la chandelle en fin de mot, pour toutes sortes de terminaisons…
Voici donc une magnifique chandelle, que je n’ai pas vu du premier coup d’oeil, et j’ai d’abord cherché Randis, pour finir après moult recherches par identifier la Raudière.
la Raudière, commune de Miré. Ancien fief et seigneurie, avec antique château et chapelle fondée le 15 mai 1504 par Renée Duchemin, dame de Miré, femme de René Frézeau. La terre appartenait aux seigneuries de Miré jusqu’aux premières années du 16e siècle et fut de nouveau réunie par Victor Cohon du Parc qui en exerça le retrait féodal en 1696 sur Vincent Béron, acquéreur cette même année de René Hamon. Elle appartenait en dernier lieu à Denis-Edouard-René-Xavier Amelot du Guépéan, mort le 15 juin 1832 à Beaupréau et a été acquise de ses héritiers le 20 mai 1833 par M. Etienne Lemonnier de Lorière, propriétaire à Laval. (C. Port, Dict. du Maine-et-Loire, 1876)
Le site des Monuments Historiques ne relève pas cette maison, probablement disparue.
L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales de la Mayenne, série 3E19 – Voici la retranscription intégrale de l’acte : Le 5 février 1599 : comme par jugement donné à Sablé le 14 décembre dernier, honneste homme René Hamon eust esté condamné avecques Jehan Hamon son fils aîné faire lot et partaiges à Me Symon Lemaistre mary de Anne Hamon et Jehan Levarlet mary de Marie Hamon ses beaux frères du lieu de la Raudière en ladite paroisse de Myré pour en présence de chacune desdites parties chacun en son droit au prorata chacun de ce qu’il y est fondé ainsi qu’il est plus amplement rapporté par ledit jugement en exécution duquel ledit René Hamon estoit prest de faire procéder au cordelage desdites choses quoi faisant lesdites parties se seroient assemblées et eussent avisé ensemble que faisant lesdits partages lesdites choses demeureroient grandement que loppins et ne fussent de si grande valeur et revenu qu’elles sont estant exploitées sans les partaiger à quoi lesdites parties après mure délibération faite entre eulx ils en ont accordé et transigé comme s’ensuit
pour ce est il que ce jourd’huy 5 février 1599 après midy en la court royal de St Laurent des Mortiers par devant nous François Morin l’aîné notaire d’icelle demeurant à St Denis d’Anjou personnellement establiz chacuns dudit René Hamon demeurant à présent audit lieu de Raudière paroisse dudit Myré, Symon Lemaistre mary d’Anne Hamon demeurant à Sablé, Jehan Le Varlet mary de Marie Hamon demeurant en ladite paroisse de Myré, lesdits les Hamons enfants dudir René Hamon et de défunte Jacquine Gileberet d’autre part,
lesquelles parties ont accordé par entre eulx ce qui ensuit scavoir que pendant et durant la vie dudit René Hamon les lieux de la Raudière et Crepignon ne seront aucunement partaigés mais seront chacun desdits lieux exploités tout ensemblement les mestairies et choses à ceste fin en jouiront lesdites parties pendant la vie dudit René Hamon comme s’ensuit scavoir que dudit lieu de la Raudière lesdits Jean Hamon Lemaistre et Levarlet esdits noms pour ung tiers de tout ledit lieu tant en fief qu’en domaine et ledit René Hamon pour les deux parts et à ceste fin a ledit René Hamon remis à sesdits enfants l’usufruit à luy acquit par la mort de deffunts Jehan et Françoise les Hamons ses enfants puisnés,
et pour le regard dudit lieu de Corpigneul ledit René Hamon en jouira pour une moitié et lesdits Hamon Lemaistre et Levarlet pour l’aultre moitié et en seront les fruictz de chacun desdits lieux à commencer du jour d’huy partaigez entre lesdites parties à ceste raison au temps de moissons avec les mestayer et closier dudit lieu sans que l’une desdites parties y puissent rien prendre les ungs sur les autres
et à ceste fin promet et demeure tenu ledit Jehan Hamon vyder de corps ledit lieu de la Raudière dedans le jour de Toussaint prochainement venant pour estre tout ledit lieu tenu et exploité par les mestayers dudit lieu sans aucun empeschement
fors que ledit René Hamon poura luy seul disposer de la grand maison pressoir et celier dudit lieu sans que lesdits Jehan Hamon Lemaistre et Levarlet y puissent à présent faire leur demeure pendant la vie dudit René Hamon,
et payeront lesdites parties à raison de leur jouissance chacun leur part de la façon des vignes avias de la vendange et coustz des tonneaux
et pour le regard des boys que ledit Jehan Hamon auroit couppé et vendus de sus ledit lieu de la Raudière il a confessé en debvoir audit Lemaistre pour sa part 3 écus sol et audit Levarlet aussi pour sa part ung écu 20 sols, lesquelles sommes il leur promet payer toutefois et quantes
et au moyen des présentes demeure ledit Jehan Hamon quite de l’exploitation de ladite grand maison et jardin dudit lieu pour le passé et fera ledit Grand jardin jusqu’au dit jour de Toussaint à moitié de tous fruits et revenus
et est ce fait sans déroger et préjudicier aux accords cy davant faits entre lesdites parties passez par Chauveau notaire entre ledit René Hamon Jehan Hamon Symon Lemaistre en dapte du 22 janvier 1596 et aussi sans déroger au contrat de mariage fait par ledit René Hamon avecques ledit Levarlet dudit mariage de sa fille qui demeurent en leur entier et parfait,
aussi le présent accord faisant lesdits Jehan Hamon Lemaistre et Levarlet veulent et consentent que ledit René Hamon baille ledit lieu de la Randie sa vie durant à tiltre de moitié à tel mestayer que bon luy semblera à telles charges et conditions qu’il voyra sans le consentement desdits Jehan Hamon Lemaistre et Levralet
auquel accord tenir d’une part et d’autre obligent etc renonçant etc foy jugement etc
fait passé audit St Denis en la maison dudit René Hamon ès présence de Me Jehan Courtin régent
Miré, château de Vaux, collections personnelles, reproduction interdite Voici un autre lieu de Miré, celui-ci conservé, et cliquez sur l’image vous voyez Miré
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Or, il se trouve que j’ai rencontré le prénom Innocent en 1611 ces jours-ci. J’ai donc cherché à comprendre s’il se référait à ces enfants massacrés par Hérode, et Nominis sur son site semble le penser.
Mais mon missel, enfin celui que j’ai reçu à ma communion il y a donc 60 ans de cela, donne bien le 28 juillet fête de saint Innocent :
Innocent 1er, naquit à Albano et vécut au temps de saint Augustin et de saint Jérôme. Cer dernier écrivait de lui : « Gardez la foi de saint Innocent, qui siège sur la chaire apostolique et ne recevez pas une autre doctrine, si sage et si séduisante qu’elle paraisse. » Il mourut en l’an 417.
Pour sa part, le dictionnaire hagiographique des saints, de l’abbé Pétin, encyclopédie Migne, donne pas moins de 9 saints ayant porté le prénom d’Innocent, dont le pape Innocent 1er, dont la biographie permet de comprendre pourquoi saint Jérôme parlait de lui ainsi. (voir ci-dessus).
Parmi ces 9 personnages, je trouve que 2 d’entre eux ont un lien avec notre région, et je vous ai mis en rouge leur texte. Je me suis alors demandée si ce n’était pas plutôt l’un d’eux qu’on commémorait en donnait le prénom d’Innocent en Anjou au 17e siècle ? La question reste ouverte…
INNOCENT (saint), Innocentius, martyr, était Athénien de naissance, et après avoir souffert diverses tortures pour la foi chrétienne, il fut décapité par ordre du président Triponce, avec saint Isaure, diacre, et plusieurs autres. — 17 juin.
INNOCENT (saint), martyr à Sirmich avec sainte Sebastie et trente autres, est honoré le 4 juillet.
INNOCENT (saint), sous-diacre de l’Eglise romaine et martyr pendant la persécution de l’empereur Valérien, fut décapité l’an 258, avec le pape saint Sixte II. — 6 août.
INNOCENT (saint), soldat de la légion thébéenne, souffrit en 286 avec saint Maurice et ses compagnons. Son tombeau fut découvert au milieu du VIIe siècle sur les bords du Rhône, et son corps fut levé de terre par les évêques de Genève, d’Aoste et de Sion. Les églises de Vienne et d’Angers obtinrent de ses reliques. — 22 septembre.
INNOCENT (saint), martyr à Gaëte, était originaire d’Afrique. — 7 mai.
INNOCENT (saint), évêque de Tortone et confesseur, eut beaucoup à souffrir pour la foi sous l’empereur Dioclétien, et il mourut en paix sous Constantin le Grand.— 17 avril.
INNOCENT 1er (saint), pape, né à Albano, l’an 360, fut élevé à l’âge de quarante-deux ans sur le saint-siège en après la mort d’Anastase I. Ce ne tut qu’avec peine et comme en tremblant qu’il acquiesça à son élection. En effet le gouvernement de l’Eglise présentait alors de grandes difficultés : Honorius tenait d’une main faible les rênes de l’empire d’Occident, et Alaric, à la tête d’une armée de Goths, menaçait de porter la désolation dans toute l’Italie. Innocent commença son pontificat par exhorter les fidèles a recevoir avec résignation les malheurs qui allaient fondre sur eux ; ce qui ne l’empêcha pas d’employer, pour les prévenir, tous les moyens que prescrivait la prudence. Il fit plusieurs démarches pour ménager la paix entre Alaric et Honorius, mais sans succès. Les Romains, commandés par Stilicon, beau-père de l’empereur, en vinrent aux mains avec les Goths en 403, et ces derniers furent défaits. Alaric, voulant prendre sa revanche, marcha sur Rome pour la saccager ; il l’épargna cependant, après en avoir exigé de fortes rançons ; mais sur le refus de l’empereur de lui donner le commandement de ses troupes, il vint fondre de nouveau sur cette ville, et cette fois il la livra à la fureur de ses soldats. Rien ne fut épargné que l’église de Saint-Pierre et de Saint-Paul, que le vainqueur, tout irrité qu’il était, avait ordonné de respecter comme un asile inviolable. Pendant ce pillage de la capitale du monde, qui, selon l’énergique expression de saint Jérôme, était devenue le tombeau de ses habitants, Innocent était à Ravenne avec Honorius, et après le départ des Goths, il revint à Rome, et sa présence contribua beaucoup à consoler son peuple, qui venait de supporter avec une patience admirable les plus grands désastres. Ce courage chrétien au milieu de l’adversité excita l’admiration des idolâtres, et ils se présentèrent en foule pour demander le baptême. Le saint pape profita de ces dispositions salutaires pour abolir dans Rome les restes du paganisme. Pendant que l’Italie était ravagée par les barbares, les autres parties de la chrétienté fournissaient à Innocent d’autres sujets de douleur. L’Eglise d’Espagne était troublée par un schisme qu’il fit cesser en écrivant aux évêques de cette contrée une lettre pressante pour les exhorter à la concorde et à l’observation des règles cdnoniques. L’Eglise d’Orient était encore dans un état plus triste, à cause de la persécution à laquelle était en butte saint Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople.Quand il apprit que ce saint évêque avait été déposé par la cabale de ses ennemis, il ordonna un jeûne public dans la ville de Rome, afin d’arrêter ce nouveau schisme dont l’Eglise était menacée. Il accueillit l’appel du saint patriarche, et cassa l’inique sentence portée contre lui dans le conciliabule du Chène. Il chassa de Rome les donatistes, condamna les novatiens et porta les premiers coups à l’hérésie de Pélage, qui commençait sous son pontificat à infester l’Eglise de Dieu. Les évêques recouraient de toutes parts à ses lumières dans les cas difficiles, et ses décrétales ainsi que ses lettres sont tout à la fois des monuments précieux pour la discipline, et des preuves immortelles de sa science et de sa sagesse. Il confirma les conciles de Carthage et de Milève, tenus contre les pélagiens, et mourut en défendant la grâce de Jésus-Christ en 417, à l’âge de cinquante-sept ans, et après avoir occupé quinze ans le saint-siège. — 28 juillet.
INNOCENT (saint), innocent, évêque du Mans, né après le milieu du Ve siècle, fut baptisé et élevé par saint Victoire, l’un de ses prédécesseurs. Il succéda, vers l’an 502, à saint Principe, et continua la chaîne des saints pontifes qui avaient gouverné jusqu’alors l’église du Mans. Il fit achever la cathédrale, et y fit placer les reliques des saints martyrs Gervais et Protais. Il favorisa l’établissement d’un grand nombre de solitaires dans les vastes forêts du Maine, et prit une part active aux principaux événements religieux qui eurent lieu de son temps. Saint Innocent mourut vers l’an 542, après un épiscopat de quarante ans. — 19 juin.
INNOCENT (saint) est honoré à Mérida, en Espagne, le 21 juin.
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Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite. Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930
Dans les mois de février et mars 1706, la fille de Mr Grandet cy-devant maire de la ville et conseiller honoraire au présidial et de défunte Dame Jousselin a épousé Mr de Broc de Chemiré : il lui a donné 64 000 livres en mariage
Mr d’Andigné des Ecottais, fils de feu Mr d’Andigné des Ecotais et de la dame (blanc) a épouse la fille de Mr Gencian et de la dame Artaud
Le 7 mars (1706) mourut Mr Bruneau, avocat
Mr Germain Artaud, fils de feu Mr Artaud, bourgeois, et de la Delle (blanc) épousa mademoiselle Ganches veuve de Mr Bachelot assesseur de l’hôtel de ville et subdélégué de Mr l’intendant
Mr de Pincé (veuf de la fame de Ribier) a épousé la fille de Mr Grimaudet et de la dame Trouillet
Mr de (blanc) a épousé la veuve de feu Mr du Ronceray Bernard président de l’élection
Mr Gourreau a épousé la veuve de feu Mr Sicault lieutenant de la prévôté ; elle est fille de Mr Cesbron, avocat
Le fils de Mr Audouin de Danne, docteur professeur des droits de l’université de cette ville et de la feue dame Ménage, fille de Mr Ménage, avocat du roy, et de la dame Foussier, a épousé la fille de feu Mr Bault de Villenières écuyer et de la dame Angot
Le 1er mai 1706 Mrs Gandon, assesseur de l’hôtel de ville, et Touchais marchand ont été élus échevins
Le 4 (mai 1706) Me Ménage, conseiller au présidial, fils de feu Mr Ménage, avocat du roy et de la dame Foussier, a épousé la fille de Mr Louet, conseiller audit siège, et de la défunte dame Blouin
Le 11 (mai 1706) Mr de Monplacé fils de feu Mr de Monplacé et de la dame Gueniveau, épousa la fille de Mr de Sorhouet de Pommerieux, et de la dame du Tremblay Frain
Le 22 juin 1706 Mr Doublard du Vignau, bourgeois, épousa la fille du Sr de Vaux Legouz, aussy bourgeois.
Le même jour,le Sr (blanc) marchand à Nantes, épousa la fille du feu sieur Avril de la Dublière et de Delle (blanc)
Dans le même temps mourut la femme de Mr Gilles de Volaines ; elle était veuve de feu Mr Girard de Gatines, duquel mariage il y a des enfants et aucuns du second ; elle était fille de Mr de Cossé, abbé de Bégare.
Le 21 juillet 1706 mourut Mr Blanchard, avocat, notre syndic, nommé le 19 may dernier. Il a épousé deux femmes ; de mademoiselle Dugué sa 1ère il a eu une fille, et de mademoiselle Provost 8 enfants tous en bas âge
Le 29 (juillet 1706) à 8 h du matin, le tonnerre tomba sur le clocher de l’église des Cordeliers, et en brisa toutes les ardoises, et ensuite rompit le crucifix dont une pièce tomba sur la tête d’une fille âgée de 9 ans du Sr Hernault le Jeune imprimeur, qui la tua sur place
Le 29 (juillet 1706) Mr Poirier, de la Cornuaille, cy-devant échevin, fut élu conseiller de ville en la place de Mr Renou de la Féauté, par sa démission.
Le 31 (juillet 1706) mourut la veuve de feu Mr Trochon de Champagné, président au présidial de Château-Gontier ; elle s’appelait Sourdrille.
Le 7 août 1706 mourut la femme de Mr de la Garde Petit ; elle s’appelait Trochon
Le 8 (août 1706) mourut le fils aîné de la dame Trochon de Champagné, veuve de Mr Trochon président à Château-Gontier ; il aimait la fille de Mr Maunoir, assesseur de l’hôtel de ville et il l’aurait épousé ; il lui a donné par son testament 10 000 livres
Le 10 (août 1706) la fille de Mr Avril de la Dublière, assesseur en l’hôtel de ville, et de la défunte Delle Provost, épousa le Sr Roblastre, veuf de la Delle Vanbredenbec, dont il a 3 enfants.
Dans ce même temps mourut à Pouancé la femme du Sr Saillant de la Mazure ; elle s’appelait (blanc)
Le 21 (août 1706) Mrs Valleau et Allard plaidèrent leur première cause
Le 9 précédent (août 1706) mourut à Paris Messire Michel Le Pelletier, cy-devant évêque de ce diocèse et nommé à l’évêché d’Orléans
Dans ce même temps mourut Mr du Parc Bardin, veuf de la Delle (blanc) duquel mariage est issu un fils qui a épousé Mademoiselle Poullain de la Forestrie
Dans ce même temps mourut la femme du sieur Legris, marchand ; on prétend qu’étant dans l’église des Cordeliers, elle fut frappée du tonnerre qui tomba sur le clocher.
Le 30 (août 1706) Mr Peyneau de la Giraudière épousa mademoiselle du Puy Cadoret
Le 31 (août 1706) le fils de Mr Buret Sr de la Reüe, ancien juge consul, et de la Delle (blanc) épousa la fille de Mr de Lisle Ribault aussy ancien juge consul et de la Delle Berthelot
Le 12 septembre 1706 mourut Mr Denyau, curé de St Maurille, âgé de 44 ans ; il avait beaucoup de piété et de mérite.
Dans ce mois d’octobre 1706 mourut le sieur Cordon de Longue-Haye, bourgeois.
Le 17 (octobre 1706) Mr Michel Poncet de la Rivière, prit possession de cet évêché avec les cérémonies ordinaires
Note de Marc Saché : Michel Poncet de la Rivière, fils d’un intendant d’Alsace, nommé à l’âge de 7 ans abbé de Vierzon, grand vicaire de l’évêque d’Uzès, fut appelé à l’évêché vacant d’Angers le 20 avril. La prise de possession donna lieu à une imposante cérémonie dont le registre des conclusions de la mairie conserve le procès verbal avec l’ordre du défilé et la place de chaque corps dans l’église (BB 103 f°147). Le registre du Présidial consigne également la participation des magistrats à la procession et au service (f°161)
Le 2 novembre 1706 mourut Mr Doublard, avocat, sans enfants de son mariage avec la fille du feu sieur Ponceau.
Le 4 (novembre 1706) mourut la femme de Me de Bonchamps de Maurepas, gentilhomme ; elle s’appelait Boylesve du Planty. De ce mariage sont issus 2 enfants.
Il y a eu cette année grande mortalité causée par la dyssenterie, dans les campagnes particulièrement, savoir dans le faubourg d’Azé à Château-Gontier et dans les paroisses de Cantenay et de Mazé.
Cette année cy a été abondante en vin et en bled, mais sans commerce à cause de la guerre.
Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite. Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930 Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.