Chrysostome Aubert, Morannes

Chhrysostome Aubert portait un joli prénom qui signifie en grec bouche d’or. Chrysostome n’est pas le nom d’un saint, mais le nom d’un saint Jean surnommé Bouche d’Or

Benoît XVII a rendu hommage à Saint Jean Chrysostome dans son audience générale le 26 novembre 2007, à l’occasion du 16e centenaire de sa mort.

  • Après avoir lu le magnifique texte de Benoît XVII, vous pouvez aussi lire la biograhie de Saint Jean Chrysostome (G. Beleze, Dict. des noms de baptême, Paris, 1863) :
  • Jean Chrysostome, évêque de Constantinople, Père de l’église aux 4e et 5e siècles, honoré le 27 janvier
    Jean, que son éloquence a fait surnommer Chrysostome, c’est-à-dire bouche d’or, naquit vers l’an 344, dans la ville d’Antioche.
    Il faut élevé dans la foi chrétienne par sa mère, et reçut les leçons des plus habiles maîtres. Il était jeune encore, lorqu’un ami chrétien, zélé comme lui, voulut l’entraîner dans un désert de la Syrie, où quelques solitaires pratiquaient la pénitence. Ce projet ne fut combattu dans le cœur de Chrysostome que par la résistance et les regrets de sa mère. Il faut l’entendre lui-même raconter cette scène touchante :
    « Lorsque ma mère, dit l’apôtre chrétien, eut appris ma résolution de me retirer dans une solitude, elle me prit par la main, me conduisit dans sa chambre, et, m’ayant fait asseoir auprès d’elle sur le même lit où elle m’avait donné naissance, elle se mit à pleurer, et me dit ensuite des choses encore plus tristes dans ses larmes. »
    Rien d’égale, dans le récit de Chrysostome, la plainte naïve de cette mère désolée qui, depuis son veuvage, avait éprouvé bien des peines et des embarras.
    « Mon fils, dit-elle, ma seule consolation, au milieu de ces misères, a été de te voir sans cesse et de contempler dans tes traits l’image fidèle de mon mari qui n’est plus. Ne me rends pas veuve une seconde foit ; attends au moins le jour de ma mort. Quand tu auras réuni mes cendres à celles de ton père, entreprends alors de longs voyages, personne ne t’en empêchera ; mais, pendant que je respire encore, ne t’ennuie pas de vivre avec moi. »
    Chrysosstome n’eut pas le courage d’affliger sa mère, et renonça pour le moment au projet d’un lointain voyage. Ne pouvant fuir au désert, il se fit une solitude au milieu du monde, vivant avec Dieu, avec sa mère et quelques amis. Cependant il n’avait jamais cesser de nourrir des pensées d’une retraite plus profonde, et, quelques années après, quand il eut rendu les derniers devoirs à sa pieuse mère, il se retira parmi les anachorètes qui habitaient les montagnes voisines d’Antioche. Ce fut là que, revêtu d’un habit grossier, le corps ceint d’un cilice, il passa six ans dans les exercices de la plus austère pénitence. Obligé de revenir à Antioche, parce que les veilles et les mortificaitons avaient profondément altéré sa santé, il fut élevé au sacerdoce par saint Flavien et chargé d’instruite le peuple de la parole de Dieu, fonction qu’il remplit avec d’autant plus de succès, qu’à une éloquence touchante et persuasive il joignait des vertus vraimenet célestes. La ville d’Antioche comptait alors 100 000 chrétiens parmi les habitants ; ils chérissaient leur vénérable pasteur ; aussi, lorsque l’empereur Honorius voulut élever Chysostome au siège de Constantinople, on eut recours à la ruse pour l’y attirer.
    Chrysostome, conduit hors de la ville sous prétexte de visiter les tombeaux des martyrs, se vit tout à coup saisi et confié aux soins d’un officier, qui l’accompagna à Constantinople, où il fut sacré évêque par le patriarche d’Alexandrie.
    Enflammé d’un saint zèle, il commença son espiscopat par la réforme des abus qui s’étaient glissés dans l’église de Constantinople. Il fonda plusieurs hôpitaux, et tous ses revenus furent consacrés au soulagement des pauvres. Il ne portait jamais de riches vêtements, et de tout son palais il ne voulait qu’une cellule, où il étudiait et priait sans cesse. En même temps, fidèle à la voix de sa conscience, incapable de transiger avec le pouvoir, il s’élevait dans ses prédications contre l’orgueil et les violences des grands de l’empire ; la cour même éprouva les effets de son zèle.
    La vigueur épiscopale de Chrysostome lui suscité de puissants ennemis, au nombre desquels était surtout l’impératrice Eudoxie, qui croyait voir des reproches directs de sa conduite dans les discours du saint évêque. N’écoutant que ss haine, elle le fit exiler. Mais, la nuit suivante, un violent tremblement de terre s’étant fait sentir à Constantinople, Eudoxie, effrayée, courut suppliser l’empereur de rappeler Chrysostome. Le vénérable évêque, reçu aux acclamations de tout le peuple, heureux de revoir son pasteur, fut conduit en triomple dans la ville et reprit les fonctions de son ministère.
    Mais le calme ne fut pas de longue durée. Huit mois après, une statue, qu’on avait élévée devant l’église de Sainte-Sophie en l’honneur de l’impératrice, donna lieu à des réjouissances mêlées de superstitions extravagantes, dont les chants et les cris troublaient le service divin. Le pontife, avec sa liberté ordinaire, blâma hautement des désordres. Eudoxie en conçut une haine plus furiseuse contre le saint évêque, qui fut déposé une seconde fois et exilé à Cucuse, petite ville d’Arménie, dans les déserts du mont Taurus.
    Chrysostome, après 70 jours de marche sous un ciel brûlant, arriva au lieu de son exil, où il supporta courageusement toutes les rigueurs de la persécution, dont il était dédommagé par le respect et l’amour de tous les chrétiens. Le pape, indigné, réclama vainement contre cette inique détention. La vengeance des ennemis du saint évêque n’était pas encore satisfaite, et l’empereur ordonna qu’il fût transféré sur les bords du Pont-Euxin, à Pityonte, ville située aux derniers confins de l’empire.
    Les soldats qui l’escortaient eurent si peu d’égards pour son grand âge, que ses forces étaient épuisées quand il arriva à Comane. On voulut le contraindre à continuer sa marche ; mais sa faiblesse devint si grande, que ses gardes, malgré leur cruauté, se virent obligés de le ramener à Comane. Il fut déposé dans l’oratoire de saint Basilisque, martyr ; là, après avoir reçu la communion, il adressa à Dieu sa prière, qu’il termina, selon sa coutume, par ces paroles :
    « Dieu soit glorifié de tout ! » et il expira le 14 septembre de l’an 407. L’église perdit en lui un de ses plus saint évêques et son plus illustre docteur. Les écrits de saint Jean Chrysostome ont fait l’admiration de tous les âges.

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.

    Entrée au couvent de la Visitation d’Angers, 1637

    Aujourd’hui au menu, l’ingression aux Archives Départementales du Maine-et-Loire. Oui, oui, suivez-moi bien !

    ingression s. f. : Ancien terme d’astronomie. Entrée d’une planète, d’un corps céleste dans un signe, dans une constellation. ÉTYMOLOGIE : Lat. ingressionem ; de ingredi, marcher, de in, en, sur, et gradior, aller. (Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877)

    De nombreux actes notariés portent en marge : « ingression », mais les dictionnaires sont tous muets, si ce n’est le Littré ci-dessus, mais pas dans le sens souhaité. En fait, il nous ouvre tout de même la clef, grâce à l’étymologie : marcher, aller. Ce qui nous rappelle aussi les ingrédients, ce qui entre dedans.
    Car une ingression était bel et bien une entrée… au couvent. Remarquez, au couvent on n’est pas loin du firmament de Littré, puisqu’on est près du ciel !

    Cliquez l’image, vous avez la vie de Saint François de Salles

    Je vais vous proposer quelques ingressions à la Visitation, que je vais d’abord vous présenter :

    L’ordre de la Visitation a été fondé par François de Salles et Jeanne de Chantal, en Savoie, à Annecy le 6 juin 1610.
    Les Visitandines furent autorisées à se fixer à Angers par l’évêque le 12 mars 1635, par la ville le 26 mars 1641, d’abord dans la chapelle Saint-Eloi, puis dans les deux closeries des Champs-Marais, acquise par elles de Jouet de la Saulaye le 26 février 1643. Les bâtiments, commencés le 6 mars 1644, ne furent jamais achevés ni l’église dédiée. Au bout du jardin, une belle chapelle, consacrée à Notre-Dame-de-la-Miséricorde, contenait une remarquable statue de la Vierge qui est aujourd’hui dans la chapelle de Nozé. A la Révolution, le couvent, dont elles avaient été explusées, servit successivement de refuge, d’hôpital, puis fut transformé en caserne en 1810.
    Au 19e siècles, les Visitandines du Mans viennent à Angers et acquièrent la propriété de l’Image, rue de Frémur, où elles installent une communauté, qu’elles quitteront à la fin du 20e siècle.
    En 1985 le Conseil général général du Maine-et-Loire, devenu propriétaire des lieux, programme la construction d’un nouveau bâtiment devant l’étroitesse des bâtiments des Archives Départementales, rue de Frémur, sur le site de l’ancien couvent de la Visitation. Elles y seront inaugurées en 1987.

    Vous y êtes, nous partons en ingression à la Visitation (vous ne vous doutiez pas être si près du ciel aux Archives Départementales ?)
    L’acte est remarquable car il se situe aux premiers recrutements à Angers.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5 – Voici la retranscription : Le 26 juin 1637 avant midy, par devant nous Nicolas Leconte notaire royal à Angers furent présentes en personne sœur Marye Euphrozinne Turpin, sœur Marye Gabrielle de Beauregard, Anne Françoise de Belnal, Marye Dugué consoeurs, toutes religieuses du monastère de l’ordre de la Visitation sainte Marie establi en ceste ville d’Angers, assemblées au parloir dudit lieu acoustumé pour traicter des affaires particulières dudit monastère d’une part,

    et damoyselle Marie Dubois veufve de deffunt noble homme Louys Guedier vivant conseiller du Roy en l’élection de ceste ville y demeurant paroisse de St Michel du Tertre d’autre part,
    disant lesdites parties mesme ladite Delle Dubois pour le zèle et affection que Delle Anne Guedier sa fille a de longtemps tesmoigner envie d’estre religieuse, elle l’auroit plusieurs fois requise donner son consentement à une sy bonne et louable intention et de se rendre par comprendre à la piété et dévotion de sadite fille elle se seroit avecques elle adressée auxdites dames supérieures religieuses et icelles priées de l’accueillir au nombre des religieuses dudit ordre de sainte Marie lesquelles auroient accordé après avoir recoigneu sa grande dévotion et persévérance au service de Dieu, à cette cause lesdites supérieures religieuses de leur bon gré et vollonté ont receu ladite damoiselle Guedier présente de son bon voulloir et consentement comme bien des autres religieuses dudit ordre sainte Marie pour luy estre baillé l’habit dans tels temps qu’elles veront bon estre pour le noviciat finy faire la profession de religieuse et après icelle profession vivre et mourir selon les vœux et statutz et constitution dudit ordre ainsy que lesdites autres religieuses,

    en faveur de quoy et a ce que ladite Delle Guedier ne soit à charge audit ordre ladite Delle Dubois sa mère promet et s’oblige payer auxdites dames religieuses la somme de 3 300 livres scavoir 100 livres la veille du jour que ladite Guedier prendra l’habit et 3 000 livres la veille du jour qu’elle fera profession et advenant décès de ladite damoiselle Guedier avant ladite profession les 100 livres receues lors de la veture demeureront au profit dudit monastère et sy elle sortait d’iceluy pendant ledit temps de noviciat il sera rendu desdites 100 livres par lesdites dames religieuses à ladite damoiselle Guedier la somme de 50 livres,

    à tout ce que dessus ladite damoiselle Dubois s’oblige payer auxdites dames religieuses jusques au jour de ladite progession la pention de sadite fille à raison de 150 livres par chacun an, protestant que ladite somme de 3 300 livres sera par elle Dubois reprise sur le bien paternel de ladite Guedier en temps qu’il pourra suffire et moyennant ladite somme de 3 300 livres lesdites religieuses seront tenu des habits vesture et autres frais …

    fait au parloir dudit monastère de la Visitation en présence de Mathurin Margariteau marchand, de Me Jacques Janvier et de Claude Ogeron praticiens demeurant audit Angers tesmoins

    La somme de 3 300 livres est l’équivalent d’une dot aisée, donc on ne peut pas dire que la jeune fille est ici sacrifiée pour des questions d’argent à des frères et soeurs mieux dotés…

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    Etude de l’INSEE : France, portrait social – Edition 2008

    Lorsque j’ai une info actuelle, je resitue toujours l’équivalent autrefois : comment cela se passait, comment cela ce serait passé.
    Ainsi, l’INSEE vient de publier son rapport social 2008.

  • Population
  • Au milieu du 16e siècle, la France, avec approximativement 18 millions d’habitants, est le pays le plus peuplé d’Europe. (Jouanna A., La France du 16e siècle, 1483-1598, PUF, 1996)
    Selon l’INSEE, en 2008, avec 63,8 millions, elle vient au 2e rang, derrière l’Allemagne, et talonnée par le Royaume-Uni.

  • Naissances hors mariage
  • AU 16e siècle, fort peu.
    Selon l’INSEE, en 2008 en France, plus d’une naissance sur deux se fait hors mariage.

  • Logement
  • AU 16e siècle, la nourriture est le poste principal des budgets, pas la logement qui n’a ni électricité, ni eau courante, ni sanitaires.
    Selon l’INSEE, en 2008, les logements sont plus confortables mais pèsent plus sur le revenu des ménages. Mais, 350 000 logements sont encore dépourvus soit d’eau courante, soit de sanitaires. L’électricité pour sa part doit être partout, encore qu’il y a peu de temps j’ai vu à la télé des maisons isolées ne la possédant pas.

  • Structure des dépenses
  • L’alimentation est le poste principal du budget au 16e siècle.
    Selon l’INSEE en 2008, c’est le logement suivi par les transports, puis vient l’alimentation talonnée par les loisirs.

  • Revenus
  • Autrefois, pas de revenu distinct pour la femme, alors dite « femme au foyer » quelque soit sa charge de travail dans l’exploitation agricole et à la maison.
    Selon l’INSEE, en 2008, 17 700 euros de salaire moyen : C’est ce qu’ont touché en moyenne l’ensemble des salariés en 2006, avec un avantage pour les fonctionnaires d’État (22 851 euros, contre 17 156 dans le privé).
    La rémunération des femmes est inférieure de 27 % à celle des hommes. Dans le privé, les femmes gagnent même, en moyenne, 32 % de moins que les hommes

    Je coyais vraiement que les femmes rattrapaient un peu le fossé des rémunérations depuis les 15 ans que j’ai cessé le travail. Manifestement, il n’en est rien. Bigre, les choses avancent plus que lentement…

    Contrat de mariage d’un quincailler, Angers, 1663

    Contrats de mariage retranscrits et analysés sur ce blog.

    Le journal d’Etienne Toisonnier nous apprend à trier les bourgeois du reste de la population, enfin c’est lui qui trie… par moi.
    Il s’avère qu’il met les quincaillers parmi les bourgeois.
    Les quincaillers étaient en fait des marchands modestes, comme on le voit ici, et leurs biens et revenus sont comparables à ceux d’un artisan. Pour en revenir à Etienne Toisonnier et à son esprit bourgeois, le fait qu’ils exercent un commerce mais ne travaillent pas de leurs mains, doit faire la distinction, plus que l’argent.
    Vous allez voir que dans ce milieu de marchands, on est cultivé puisque les signatures sont nombreuses. Cependant les dots montrent un milieu qui ne vit pas de ses rentes mais du travail. Elles sont bien insuffisantes pour vivre sans travailler.

    Les métiers méritent le détour :

    quincailler : marchand de quincaille, c’est à dire de toute sorte d’ustensiles, d’instruments de fer ou de cuivre.
    gaînier : ouvrier fabricant des gaînes. (Ce qui atteste l’existence de corsets à Angers en 1663, sans doute pour la taille des dames)
    leschallier : manifestement dans les échelles
    cordier : autrefois un métier important à cause de la navigation fluviale et maritime

    Cet acte fleure bon la Normandie ! en effet, généralement les quincaillers venaient de Normandie, dont on peut supposer une telle origine, d’autant que vous allez découvrir à la fin de l’acte un cousin Jean Mezange, qui est tout à fait susceptible d’origines normandes.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5 – Voici la retranscription de l’acte : Le 3 février 1663 après midy, par devant nous François Crosnier notaire royal à Angers, furent présents establys et duement soubzmis honneste femme Suzanne Besnard veuve de deffunt honneste homme Jacques Babin marchand quincailler et honneste homme François Babin leur fils aussy marchand quincailler d’une part
    et honnestes personnes René Madelin marchand Me gaisnier et Françoise Placé sa femme de luy authorisée quant à ce, et Françoise Madelin leur fille tous demeurant en la paroisse de St Maurice de cette ville d’autre part,

    lesquels traitant et accordant du futur mariage d’entre lesdits François Babin et Françoise Madelin avant fiance et bénédiction nuptialle ont fait et convenu comme s’ensuit

    c’est à savoir qu’ils se sont de l’advis authorité et consentement savoir ledit Babin de sadite mère, et ladite Madelin de sesdits père et mère, et autres leurs parents et amis cy-après nommés soubsignés ont promis et promettent mariage et le solemniser en l’église apostolique et romaine si tost que l’un en sera requis par l’autre tout légitime empeschement cessant,

    en faveur duquel mariage lesdits Madelin et placé sa femme chacun d’eux solidairement renonçant au bénéfice de division ont donné et par ces présentes donnent à leurdite fille future espouze en advancement de ses droits successifs paternels et maternels le lieu et closerie de la petite Berrye situé en la paroisse de Saint Barthélemy ainsy qu’en jouit Julien Legendre à titre de ferme sans en rien réserver à la charge par les futurs conjoints d’entretenir le bail dudit Legendre …

    plus lesdits Madelin et femme baillent et donnent à leurdite fille aussy en advancement de droits successifs la somme de 300 livres en argent un trousseau de la valleur de 300 livres payables savoir ledit trousseau et 200 livres en argent dans le jour de la bénédiction nuptialle et les autres 100 livres un an après,

    desquels 600 livres d’argent et trousseau en entrera en la communauté des futurs conjoints que s’aquérera suivant la coustume la somme de 100 livres et le surplus montant 500 livres sera et demeurera à ladite future espouze et aux siens en ses estocs et lignées de nature de propre patrimoine et matrimoine que ledit futur espoux et sadite mère chacun d’eux solidairement renonçant au bénéfice de division s’obligent employer et convertir en acquets d’héritages en ceste province pour tenir à ladite future espouse et aux siens en ses estocs et lignées de ladite nature de son propre quant à tous effets sans que ladite somme et les acquets en provenant ni l’action pour l’avoir puisse tomber en ladite communauté, ains demeurera perpétuellement de nature de propre à ladite future espouse et aux siens en ses estocs et lignées quant à tous effets, et à faute dudit employ en ont dès à présent constitué rente au denier vingt à ladite future espouse et aux siens, qu’ils seront contraignables et admortissables deux ans après la dissolution dudit mariage ou de ladite communauté,

    comme aussi en faveur dudit mariage ladite veuve Babin a ceddé et délaissé par ces présentes à sondit fils le bail à loyer de la maison par elle occupée présentement sur la rue Baudourle de cette ville à la charge par sondit fils de l’acquiter du prix dudit bail et autres charges d’iceluy et d’entretenir les baux de soubz loyer qu’elle en a fait dont il prendra le prix du jour de la bénédiction nuptialle

    de plus luy a ceddé et délaissé le fons de sa boutique tant en outils que marchandises dont sera fait inventaire auparavant le jour de la bénédiction nuptiale, sur le prix de laquelle elle donne à sondit fils aussi en advancement de droits successifs sur la succession de sondit père et sur la sienne à venir la somme de 400 livres sauf à sondit fils à luy payer le surplus dans un an après ladite bénédiction nuptiale et à elle à fournir lesditses 400 livres dans le jour de ladite bénédiction ladite boutique n’estant suffisante

    et outre habillera sondit fils d’habits nuptiaux convenables à sa condition desquels 400 livres en entrera en ladite communauté la somme de 100 livres et le surplus montant 300 livres demeurera audit futur et aux siens en ses estocs et lignées quant à tous ses effets de pareille nature de son propre patrimoine et matrimoine et pourra si bon luy semble le convertir en acquests d’héritaiges pour tenir de mesme nature,

    plus s’oblige ladite veuve Babin d’acquitter sondit fils de toutes debtes de quelque nature qu’elles soient sans qu’elles puissent entrer en ladite communauté,

    à laquelle ladite future espouze et les siens pourront renoncer toutefois et quante quoy faisant elle et ses enfants reprendront franchement et quittement de toutes debtes ses habits hardes à son usage ladite somme mobilière avec tout ce qu’elle y aura porté mesme ladite future espouze sa baque et joyaux desquelles debtes ils seront acquités par ledit futur espoux et les siens par hypothèque quoi qu’elle y fut obligée,
    et cas d’aliénation de leurs propres pendant ledit mariage ils en seront respectivement raplacés et récompensés sur les biens de leur communauté ladite future espouze par préférence et à défaut sur les propres dudit futur espoux qui en a assuré aussi par hypothèque de ce jour quoi qu’elle eust part aux contrats d’aliénation sans stipuler
    ce qui leur eschera cy-après de successions droites et collatérales ou autrement demeurera de nature de propre à celui de l’estoc et lignée dont il rendra aussi quant à tous effets les meubles meublants dans ladite communauté

    aura ladite future espouse douaire sur les biens de sondit futur espoux cas d’iceluy advenant suivant la coustume

    et ains en dons et advancements ainsi faits lesdits père et mères jouiront leur vie durant savoir ladite Besnard de la part afférante à sondit fils en la succession de sondit père et lesdits Madelin et sa femme de la part appartenant à leurdite fille en celle du prédécédé d’entre eux, et advenant ladite Besnard à rien prétendre contre sondit fils pour ses pensions et entretenement depuis le décès de sondit père d’autant qu’ils demeurent compensés avec ce qu’elle a peu toucher de son bien paternel,

    par ce qu’ils l’ont ainsi voulu consenty stipulé et accepté et à tous dommages lesdits parties respectivement etc à prendre vendre etc

    fait et passé audit Angers maison desdits Madelin et femme présents honnestes personne Jacques Minthier aussy marchand quincailler beau-frère dudit futur espoux, François Babin aussi marchand tonnelier, et Nicollas Besnard Me tailleur d’habits, ses oncles, François Babin le jeune René Bersette Me boulanger, Me Charles Galpin ses cousins, Me René Madelin leschallier frère de ladite future espouse, honneste homme René Placé marchand cordier son oncle, honnorable homme Jean Mezange Philippe Madelin Me chirurgien cousins tous demeurant audit Angers, et autres leurs parents et amis pour ce présents et assemblés, lesdits Besnard veuve Babin, Madelin père ont dit ne savoir signer

    Cette image est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Je la mets ici à titre d’outil d’identification des signatures, car autrefois on ne changeait pas de signature.

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    Soldat de milice, Thorigné, 1689

    La télé nous montrait récemment comment on achetait sous le manteau le numéro de permis d’un tiers pour se dédouaner de points en chute libre sur son propre permis. J’ai compris que c’était interdit mais que l’administration ne pouvait pas prouver qui était au volant.

    Autrefois, on pouvait acheter un autre à sa place, en particulier pour partir à la milice : c’était tout à fait officiel, et nous avons déjà vu que cela était un marché passé devant notaire, donc par acte tout ce qu’il y a de plus authentique et officiel.
    Naturellement, celui qui acceptait de partir à la place d’un autre avait pour seule motivation le besoin d’argent, et prenait le risque… Ici, il a femme et probablement enfants à nourrir… Lisez bien, il part pour que sa femme touche. Moi, j’en ai conclu qu’ils en avaient un besoin extrême, par contre j’ignore tous les détails de cette famille, en particulier le nombre de bouches à nourrir au moment des faits, c’est à dire le 15 mars 1689. Il s’agit de Pierre Planchet et Anne Houssin de Montreuil-sur-Maine.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici la retranscription de l’acte, à l’orthographe très médiocre : Le 15 mars 1689 avant midy, par devant nous Pierre Bodere notaire de la baronnie de Montreuil-sur-Maine y demeurant furent présents en leurs personnes establiz deument soubzmis et obligez soubz ladite cour prorogeant juridiction d’icelle, chascuns de noble et discret Me René Rigault prêtre curé de la paroisse de Thorigné sur Maine, honorable homme René Nigleau Sr de Haut Aviré,
    h. h. Pierre Jallot marchand et Jacques Nail procureur de la fabrice dudit Thorigné y demeurants, iceux establiz tant en leurs noms privez que pour et au nom et sa faisant forts du général des autres habitants dudit Thorigné, promettant qu’ils ne conviendront à ces présentes ains les approuveront touttefois et quantes à peine etc ces présentes néanmoings etc d’une part,

    et Pierre Planchet demeurant au bourg dudit Montreuil d’autre,

    entre lesquelles parties a esté fait l’acte convention et obligations suivants, c’est à scavoir qu’iceluy Planchet s’est obligé et s’oblige par ces présentes d’aller au service du roy en callité (on a la qualité qu’on peut !) de soldat pour la milice pour la paroisse de Thorigné pendant le temps et espace de 2 années entières parfaites et consécutives qui commenceront lundy prochain 21 du présent mois et à continuer pendant ledit temps, et sans pouvoir pour quelque raison que ce soit s’apsanter (on s’absente comme on peut ! mais ouvez que phonétiquement on est parfait) dudit service sur les peines portées par les ordonnances de sa Majesté,

    pour lequel cervice (service) ainsi faire iceux susdits establiz esdits noms et un chacun d’iceux seul et pour le tout sans divition de personne et de biens ont promis

    et se sont obligez habiller ledit Planchet dudit abit (habit) complet avec chapeau bordé, une père de bas (paire), un père de souliers neufve, un fuzil, une épée avec un ceinturon, le tout conformément aux ordres de sa majesté, lequel abit fuzil et épée ils deslivreront audit Planchet dans cette présente semaine,

    et oultre de payer audit Planchet la somme de 55 livres tournois en argent et 40 boisseaux de blé mesure du Lion d’Angers, savoir 25 livres dans ledit jour de son départ, et les 30 livres et ledit blé à Anne Houssin femme dudit Planchet, jusque à parfait poimant (paiement), sera de mois en mois à conter (compter) dudit jour de lundy prochain trente sols et 2 boisseaux de blé, et lors dudit poimant ladite Houssin en consentira acquits qui vaudront comme si fait estoit à la personne dudit Planchet,
    à leffait (l’effet) de quoy il l’a des à présent authorisée avecq protestations faite par ledit sieur Rigault et establiz tant pour eux que pour le général des autres habitants de rendre responsable en privé nom ceux qui ont esté nommez pour servir à ladite milice, et de leur faire payer ladite somme et blé cy-dessus tant en principal que tous accessoirs pour cestre apsantez (s’être absentés) de ladite paroisse après ladite nomination, ce qui a obligé iceux establiz de conquester ledit Planchet et convenir avecq luy du prix cy-dessus attendu la nécessité pressante dudit soldat, pour ladite paroisse,

    car les parties ont le tout respectivement ainsi voulu consenti et stipulé et accepté, à se tenir etc s’obligent solidairement comme dit est chacun en leur égard savoir lesdits establiz esdits nom au poiment desdites choses et ledit Planchet par corps comme pour les affaires de sa Majesté, à l’accomplissement de ce qui dit est le tout à peine etc renonçant etc dont etc
    fait et passé audit Montreuil à notre tabler ès présence de vénérable et discret Me Jacques Jallot prêtre sacriste audit lieu, Jacques Bonjour tissier et François Lucas hoste demeurant audit Montreuil tesmoings, ledit Planchet a déclaré ne scavoir signer. Constat, por les 14 sols à quoy ils ont conveneu pour la semaine présente ledit Sr Curé les a présentement payées audit Planchet dont il se contente.

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    Vente de la closerie des Guillomeaux à Montreuil-Belfroy, 1567

    J’ai autrefois travaillé 3 ans dans la métallurgie des alliages d’aluminium à Montreuil-Belfroy, aujourd’huy du groupe Péchiney :

    Rassurez-vous je ne vais pas vous compter ma vie, mais, je faisais juste un petit retour sur mes connaissances pratiques, car nous partons précisément à Montreuil-Belfroy, aujourd’hui fusionnée avec Juigné sous le nom de Montreul-Juigné, pour vendre une closerie.
    Ne me demandez pas où elle se trouve dans Montreuil, car ni C. Port, ni le cadastre Napoléonien ne m’ont renseignée, mais il faut dire qu’avec les dates que je remue, je suis souvent dans un monde disparu.

    Le vendeur doit s’en séparer parce qu’il doit une forte somme empruntée par obligation à l’acquéreur, et ne pouvant probablement plus assurer les annuités, doit se séparer d’un bien foncier… Cela arrivait autrefois, même si de nos jours il paraît que c’est le cas de beaucoup d’Américains, qui croient depuis 3 jours que tout va se régler d’un coup de baguette magique ! Enfin, dans le cas présent, notre surendetté avait un bien foncier valant plus que sa dette, ouf ! Si j’ai bien compris le cas des Américains, c’est le contaire, leurs dettes dépassent la valeur du bien foncier. (je ne suis pas calée en économie moderne, et si mes connaissances vous paraissent limitées, veuillez m’en excuser, c’est la faute des média, ils ne font rien pour…)

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5 – Voici la retranscription de l’acte : Le Le 6 juin 1567 en la cour du roy nostre sire à Angers (Hardy notaire royal à Angers), endroit par devant nous personnellement estably Jehan Mesnard et Renée Chassebeuf sa femme de luy suffisamment auctorisée par devant nous quant à ce qui s’ensuit, demeurant en la paroisse de Chastelais pays d’Anjou,
    soumis chacun d’eux seul et pour le tout sans division etc confesse etc avoir vendu quicté cédé délaissé et transporté et encore etc perpétuellement par héritage
    à Pierre Allain marchand demeurant Angers Saint Maurille à ce présent et acceptant
    qui a acheté et achète pour luy ses hoirs etc le lieu closerie appartenances et dépendances vulgairement appelé la closerie des Brinches aultrement les Guillomeaulx sise au Bourneuf de Montreuil Belfroy composée de maison ayreaux jardins terres labourables prés bois hayes et tout ainsi qu’elle est demeurée par partage à ladite Chassebeuf fait avecque ses cohéritiers sans aulcune chose en retenir ni réserver tenant du fief et seigneurie de l’abbesse du Ronzeray à 21 sols 9 deniers tz de rentes cens ou debvoir pour toutes charegs et debvoirs, transportant etc

    et est faire ladite vendition cession et transport pour le prix et somme de 600 livres tz sur laquelle somme lesdits vendeurs ont confesse debvoir et être tenus envers ledit acheteur en la somme de 375 livres 15 sols tz, restée de plus grande somme comme appert par obligation passée sous ladite cour par Me Michel Herault le 13 décembre 1566 et pour les raisons y contenues laquelle obligation ledit acheteur a présentement mis entre les mains desdits vendeurs pour s’en faire relever pour une moitié de la somme contenue en icelle à l’encontre de François Guymon etc…


    Ce manoir est aujourd’hui la mairie de Montreuil-Juigné.
    Mais l’église aussi vaut le détour :

    Photo Grelier 2005

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