François Du Buat venu de Saint-Gault à Angers emprunter 400 livres, 1615

En fait c’est pour Anceau Du Buat, sans doute empêché de monter à cheval pour se déplacer.

Nous avons l’habitude de voir Angers place financière pour trouver de l’argent rapidement à emprunter, et aussi de la forme la plus courante, l’obligation. Nous avons aussi l’habitude de voir des cautions, le plus souvent au nombre de deux, mais ici un seul, c’est déjà curieux, mais le plus curieux consiste à comprendre comment on trouvait les cautions. Souvent c’étaient des proches ou tout au moins des gens issus du même pays et en quelque sorte des clans géographiques, mais ici je ne comprends pas ce que vient faire cet apothicaire, bien aimable de servir de caution, ce qui est toujours risqué.
En tous cas, cela nous fait un apothicaire de plus dans notre page APOTHICAIRE, et cela me surprendra toujours de constater qu’il a existé autant d’apothicaires à une époque aussi reculée, certes la vie était courte et ils n’exerçaient pas chacun 40 ans loin de là, et en outre leur apprentissage était un des plus longs !

Gabrielle Louet, celle qui prête, est en fait l’épouse de Guillaume Bautru, mais l’acte ne le mentionne pas, et l’absence de cette mention est rare, sans doute Gabrielle Louet avait-elle une telle dimension que son état civil était superflu !

Acte des Archives du Maine-et-Loire 5E8 – Ma retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :
Le 11 août 1615 avant midy, devant nous René Serezin notaire royal à Angers furent présents et personnellement establys François Du Buat escuyer sieur du Teillay y demeurant paroisse de St Gault tant en son nom que comme procureur de Anceau Du Buat escuyer sieur du Teillay et damoiselle Marie de Chauvigné son espouse ses père et mère comme il a fait apparoir par leur procuration cy attachée, et honorable homme Pierre Habert marchand Me apothicaire en ceste ville y demeurant paroisse de St Maurille, lesquels soubzmis soubz ladite cour eux et chacun d’eux seul et pour le tout sans division de personne ne de biens etc ont recogneu et confessé avoir ce jourd’huy vendu créé et constitué et par ces présentes vendent créent et constituent perpétuellement à damoiselle Gabrielle Louet dame du Chevalier ? demeurant en ceste ville à ce présente stipulante et acceptante et laquelle a achapté et achapte pour elle ses hoirs etc la somme de 25 livres tournois d’annuelle et perpétuelle rente rendable et payable et laquelle lesdits vendeurs et chacun d’eux seul et pour le tout sans division ont promis rendre payer servir et continuer à ladite damoiselle achapteresse en ceste ville en sa maison franche et quite par chacun an au 11 août le premier paiement commençant d’huy en un an prochainement venant, et à continuer, et laquelle rente lesdits vendeurs ont assise et assignée et par ces présentes assignent et assient sur tous et chacuns leurs biens meubles et immeubles présents et advenir et de chacun d’eux f°2/ solidairement et sur chacune pièce seule spécialement sans que la généralité et la spécialité puissent desroger nuire ne préjudicier l’une à l’autre en aucune manière que ce soit, avecq puissance à ladite acqueresse d’en demander et faire faire particulière et spéciale assise en tel lieu qu’il luy plaira toutefois et quantes que bon luy semblera suivant la coustume ; la présente vendition et création de ladite rente faite pour le prix et somme de 400 livres tz payée baillée manuellement contant par ladite damoiselle acquéresse auxdits vendeurs qui icelle somme ont eue prise et receue en présence et ad veue de nous en espèces de pièces de 16 sols et autre monnaye au poids et prix de l’ordonnance, dont ils se sont tenuz contant et en ont quité et quittent ladite damoiselle acquéresse ; à laquelle vendition et ce que dessus tenir etc et à payer etc et aux dommaiges etc obligent lesdits vendeurs esdits noms et qualités chacun d’eulx seul et poru le tout sans division de personne ne de biens renonçant au bénéfice de division discution et d’ordre de priorité et postériorité foy jugement et condemnation etc fait et passé audit Angers maison de nous notaire f°3/ en présence de Me Nicolas Jacob et Pierre Boyleau praticiens demeurant Angers temoings

  • l’amortissement 7 ans plus tard
  • fut présent Me Sébastien Rousseau conseiller au grenier à sel d’Angers au nom et comme procureur de Nicolas Baultru escuyer sieur du Percher par sa procuration passée par devant nous le 16 mai 1622 a receu en présence et au vue de nous de noble et discret Chrisophle de Maumechin prêtre curé de Peuton y demeurant qui luy a payé et baillé de ses deniers sur et pour l’exécution de l’escript entre luy et ledit Habert passé par devant Coueffe notaire soubz cette cour le 20 avril dernier, la somme de 400 livres

    François Jallot baille la Delinaie à Sulpice Geslin : Vergonnes 1824

    A cette époque les Français apprennent progressivement à compter en francs, mais on leur indique aussi le montant en livres. Ceci me rappelle notre passage à l’euro, et les calculs nous ont longtemps été indiqués en francs à titre indicatif, sur nos relevés bancaires.

    Mais les francs ne sont pas leur seul apprentissage, car le système métrique entre peu à peu en vigueur, et là aussi on leur donne encore l’ancienne mesure.

    Mais une chose n’est pas encore au point : l’impôt foncier ! Alors, le notaire doit rédiger cette clause en précisant qu’il sera à payer quelque soit son montant, c’est à peu près ce qu’il veut dire. Autrement dit, tout au moins jusqu’à Armaillé et Vergonnes, l’impôt foncier n’était pas encore calculé. Sans doute ailleurs, car tout ne s’est pas fait du jour au lendemain d’un coup de baguette magique.

    Et revoici les fameuses pépinières dont je vous ai déjà parlé, qui apparaissent après la Révolution dans les baux, jamais auparavant puisqu’elles étaient chez le seigneur, et sans doute un droit seigneurial ? Je me pose toujours la question, qui ne découle en fait que de mes observations.

    Acte des Archives du Maine-et-Loire 5E49 – Ma retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :
    Le 29 janvier 1824 par devant Victor Auguste Leclerc et son collègue notaire à Pouancé arrondissement de Segré département de Maine et Loire, ont comparu Mr François Jallot propriétaire demeurant en la commune d’Armaillé, lequel a par ces présentes donné à ferme pour 7 années entières et consécutives qui commenceront à la Toussaint 1824, à Mr Jean Sulpice Geslin propriétaire demeurant à la Garenne en la commune de Vergonnes preneur ici présent et acceptant, savoir : la métairie de la Delinaie située en la paroisse de Vergonnes telle qu’elle se poursuit et comporte et qu’en jouit à colonie partiaire d’après conventions verbales le sieur Troisvalet, sans réserve ; le preneur jouira en bon père de famille sans commettre ni souffrir commettre aucune malversation et dégradations ; il n’abattra aucun arbre par pied, tête, ni autrement, si ce n’est les émondables qu’il émodera en due saison, sans avancer ni retarder le sèves, Il nettoyera et taupinera les prés, et en curera les canaux de manière qu’ils soient arrosés utilement ; il élèvera et élaguera avec soin les jeunes arbres de bellevenue qui ercitront sur les haies, sans en récolter ou détruire aucun ; il laissera la dernière année le foin et chaume sur pied et les pailles à l’aire. Il labourera, fumera et ensemencera les terres en saison et de semences convenables sans les surcharger ni dessoller. Il plantera la première année une pépinière qu’il graissera et rebechera tous les ans et dont il ne pourra disposer que pour transplanter sur les terres de ladite métairie.Il plantera annuellement 6 pommiers ou poiriers qu’il greffera de bonne espèce de fruit et rendra ainsi greffé à la fin du présent. Et entretiendra en bon était les claies barrières et échalliers et les fera faire au besoin le bois lui sera fourni par le bailleur. Il fera faire par année 175 metres réprésentant 70 toises de fossé neuf ou réparé. Le preneur fera aussi par année 4 journées de réparations de couverture en se fournissant de toutes matières fors le bois. Et recevra à son entrée le cheptel et les semences propres à l’exploitation de ladite métairie du dit sieur Troisvalet et en donnera au bailleur une reconnaissance notariée. Le preneur payera outre le prix de ferme cy après les impositions foncières mises ou à mettre sur sa dite métairie, à quelque taux qu’elles se montent et sous quelque dénomination qu’elles soient établies. Il fera pour le compte du bailleur et sans diminution du prix de ferme 3 journées de bœufs par an soit sur le domaine du bailleur à Armaillé soit à Segré ou à pareille distance. Le présent bail a été ainsi fait pour la somme de 591 francs 60 centimes, représentant celle de 612 livres ancienne valeur nominale, que le preneur s’est obligé à payer au bailleur en son domicile le 1er novembre de chaque année, le payement de la première année aura lieu le 1er novembre 1825 et ainsi de suite. Le preneur entretiendra jusqu’à son expiration le bail verbal en vertu duquel jouit ledit Troisvalet. Ledit Mr Jallot a également donné à sous ferme pour 5 années entières et consécutives qui commenceront aussi à la Toussaint prochaine, audit Geslin, le pâtis de Toulon, la petite Couere ? et le pâtis de la Garanne, situés commune de Vergonnes, dont il est fermier en vertu du bail passé devant ledit Leclerc le 23 décembre 1819. Les frais du présent et d’une grosse pour le bailleur seront acquités par le preneur.Fait et passé en l’étude dudit Me Leclerc le 29 janvier 1824

    Généafolie : la loupe mondaine et la diagonale

    Ma génération, née avant guerre, a donné une majorité d’ados, puis adultes, plutôt obéissants que rebelles, j’appartiens à ces zombis qui ne discutaient pas beaucoup voire pas du tout les déclarations des parents. On avait même quelque chose qui semble oublié, le respect des parents.
    Parmi les amis proches des miens, une généalogiste des années 1960, époque d’une généalogie naissante. Elle nous vantait en long et en large telle propriété que telle famille de ses ancêtres avait possédée.
    Et tout le monde de la croire !
    D’autant qu’à cette époque je n’avais pas commencé mes propres recherches.

    Des années plus tard, débutante, je découvrais la richesse de Clisson dans ma filiation, et parallèlement j’utilise la micro-informatique naissante. J’entreprends alors les tables des mariages de Clisson bien avant que le système actuel existe.

    L’un des mariages FORGET, concernant mes collatéraux, m’interpelle. En effet, curieusement, il donne la filiation des ascendants de l’amie de mes parents.
    Mais pas du tout la filiation énoncée plus haut.

    Rencontrant l’amie, je l’informe avoir trouvé le mariage et le nom de ses parents. En vain, elle me répond que j’avais tord.

    Au passage suivant aux Archives (rares étaient mes passages car je travaillais encore) je prends une photocopie du microfilm, et je dépose l’acte en question dans la boîte aux lettres de l’amie.
    Les années qui suivirent virent la même réponse : « je m’étais trompée »

    Et, comme je vous exposais au début de ce billet, à cette époque ma génération ne contredisait pas facilement les aînés, surtout quand on risquait une crise diplomatique familiale. Je dus donc me taire. D’autant que l’amie clamait haut et fort comment elle avait fait et que c’était ma méthode qui était erronnée, du moins c’est ce qu’elle prétendait.

    Voici donc sa méthode :

    Mes (cette amie) ascendants sont d’un certain milieu ou plutôt « je veux que mes ancêtres sortent d’un certain milieu, donc je ne vois pas les autres, et surtout je ne les cherche pas car je risquerais de les trouver « 
    Donc ils sont forcément dans le fonds Freslon
    Donc, inutile d’utiliser les registres paroissiaux
    Puisque le fonds Freslon pour Clisson donne UNTEL c’est mon ancêtre
    Un homonyme dans les registres paroissiaux ne peut pas être mon ancêtre (cf les 2 premiers énoncés) cela s’appelle la loupe mondaine
    D’autant que j’évite de regarder et/ou croire qu’il existe des homonymes. cela s’appelle la diagonale

    Cette dernière méthode, qui consiste à utiliser la diagonale sans vérifier tous les mariages de la lignée, donnant expréssement la filiation, mais à se contenter d’un homonyme en sautant dessus, sur que c’est le sien, est un travers hélas toujours existant. J’ai bien d’autres vécus à vous conter concernant l’utilisation de la diagonale.

    Mais qu’est ce donc que le fonds Freslon pour les non initiés et/ou non habitués de mon département de Loire-Atlantique.
    Ce fonds est le relevé manuscrit partiel du vicomte de Freslon, qui parcourut les registres paroissiaux muni d’une puissante loupe mondaine, laissant impitoyablement tomber tous ceux qui à ses yeux mondains, ne méritaient pas qu’on les note. Oh là là, ils travaillaient de leurs mains !!! Il alla même jusqu’à écrire de telle famille qu’il avait commencé à relever, que la suite « tombait » et il ne la notait plus.
    La loupe mondaine a été (et est encore) beaucoup utilisée.
    Ainsi il a y a des années de cela, Bernard Mayaud, voyant mes travaux sur les Alaneau, chatelains de Pouancé sur plusieurs générations, me les demande pour les publier dans ses recueils. L’entrevue fut brêve, il refusait de mettre la branche trop descendue, au point de travailler de ses mains. Mon refus fut à la hauteur de mon caractère, désormais connu de beaucoup pour « mal-commode » : c’est tout ou rien, la vérité ou rien.

    Et depuis, j’ai été confronté à nombre d’obsédés de la loupe mondaine, loupe au reste très courante autrefois. J’ai des vécus que je qualifierais d’hallucinants, mais que je peux vous conter, car souvent avec menaces à la clef si je parle.
    Eh oui, toute vérité n’est pas bonne à dire.
    Et qu’est-ce que la vérité sans traçabilité en généalogie ?

    Mais, moi, il n’y a pas de jours où je ne pense à cette amie de mes parents, à travers laquelle j’ai été brutalement confrontée à la loupe mondaine, pas de jours où je ne sois écoeurée de la généalogie, car elle est encore pervertie.
    Et vice-versa, pas de jours où je n’ai l’obsession du devenir de mes travaux, bardés de preuves, dont certains généalogistes n’ont rien à faire, au point des les altérer, ou pire de continuer à croire les pseudo-mondains d’antan.

    Alors comment transmettre des travaux fiables ? Comment faire pour que ce qui est duement prouvé ne soit jamais altéré ?
    J’ai autrefois écrit sur mon site des pages de GENEAFOLIE. Je viens de les relire et je n’en retire rien, au contraire j’ai ici entrepris de compléter mon témoignage, pour en dresser une histoire (ou des éléments pour servir à l’histoire) de la généalogie.

    Antoinette Joubert emprunte 1 300 livres pour payer l’entrée de sa fille, Marie Liboreau, à l’abbaye de Nyoiseau : 1619

    Antoinette Joubert est la cousine de René Joubert sieur de la Vacherie. Ceci n’est pas spécifié dans l’acte qui suit, ce lien est extrait d’un autre des nombreux actes que j’ai trouvés sur cette famille. On voit seulement ici qu’Antoinette Joubert emprunte en fait à un proche parent.

    Elle paye l’entrée en religion de sa fille, sur ses biens propres, d’ailleurs elle est séparée de bien d’avec son mari, qui vit encore, mais on peut en conclure qu’il ne paye pas l’entrée de sa fille en religion!!! Cela semble assez surprenant ! Ce qui est encore plus surprenant dans cet acte et que nous voyons parfois, c’est qu’une femme séparée de biens doit avoir l’autorisation de son mari pour passer seule un acte chez le notaire. Cela nous paraît totalement illogique.

    Acte des Archives du Maine-et-Loire 5E5 – Ma retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :
    Le 8 mai 1619 après midi par devant nous Guillaume Guillot notaire du roy à Angers fut présente en personne soubzmise et obligée honneste femme Anthoinette Joubert espouse de François Liboreau, séparée de biens d’avec luy et authorisée par justice à la poursuite de ses droits et d’abondant autorisée quant à ce de sondit mari par acte passé par Frouteau notaire de cette cour le 17 juillet dernier, demeurante en cette ville paroisse de la Trinité confesse avoir vendu créé et constitué et par ces présentes créé et constitue dès maintenant et à présent, promet payer fournir et faire valoir par hypothèque général et universel sur tous et chacuns ses biens présents et futurs à honneste homme Me René Joubert sieur de la Vacherie advocat Angers demeurant paroisse st Michel du Tertre, présent et acceptant pour luy ses hoirs la somme de 18 livres 15 sols de rente hypothécaire annuelle et perpétuelle payable et rendable franchement et quittement par ladite venderesse ses hoirs audit achapteur ses hoirs par chacun an en sa maison en cette ville à un seul et entier paiement, le premier paiement commençant d’huy en un an prochain, et à continuer … . et est faite ladite création et constitution de rente pour le prix et somme de 1 300 livres payées manuellement content en présence et à veue de nous par ledit achapteur à ladite venderesse qui l’a eue et receue en monnaye ayant cours ; et laquelle somme ladite venderesse a dit estre pour employer aux frais de l’entrée de Marie Liboreau sa fille en religion en l’abbaye de Nyoiseau au désir d’un acte passé par Frouteau, et à ce que dessus dit est tenir etc oblige etc renonçant etc foy jugement et condemnaiton etc fait et passé audit Angers maison de ladite venderesse

    Partages en 7 lots des biens de René Joubert sieur de la Vacherie : 1633

    Le 6ème lot contient : le lieu de la Vacherie comme il se poursuit et comporte situé en l’Isle de Béhuard paroisse de Denée, tout ainsi qu’en jouit Pierre Guilloux à titre de ferme et qu’il appartenoit audit defunt Joubert père
    C’est ainsi que la Vacherie des Joubert n’est pas à Chemazé et je maintiens ce que je vous disais hier, à savoir que cette ultra rarissime nano-erreur de l’abbé Angot, qui la donnait à Chemazé, est oubliée, même si je reconnais être tombée dans le piège autrefois, moi qui prône toujours haut et fort qu’il faut tout vérifier. Enfin, c’est tellement rare chez l’abbé Angot que je continuerai encore à lui faire confiance, et je vous invite à en faire autant.

    Il faut dire que les Joubert venus en Mayenne compliquent singulièrement leur analyse, puisqu’il faut donc distinguer 3 familles totalement différentes venus successivement s’installer à Château-Gontier :
    1-Nicolas Joubert sieur de la Bodière, fils de René Joubert sieur de la Vacherie, donc issu de Denée et Saint-Lambert-du-Lattay
    2-Pierre-Pascal Joubert, issu de Morannes, qui donne les Joubert de la Mothe
    3-André Joubert l’historien, en réalité Joûbert-Bonnaire, issu d’une famille industrielle ayant donné des maires à Angers, où elle était venue s’installer mais originaire de Noirmoutier et bien étudiée sur le site http://famillesdevendee.fr/

    Heureusement que j’ai relevé autant d’actes notariés sur mes Joubert, car à force de tout en retranscrire, j’ai fini par y voir définitivement clair dans les Joubert.

    Acte des Archives du Maine-et-Loire 5E5 – Ma retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :
    Le 4 juillet 1633 (Guillot notaire Angers) Lots et partages des biens immeubles et choses héritaulx de la succession de deffunt Me René Joubert sieur de la Vacherie advocat Angers que Me René Maugars sieur de la Grandinière et Louise Joubert sa femme comme sœur aisnée présentent et fournissent à chacuns de Me Anthoine Brillet sieur de la Chauvière advocat audit siège curateur à la succession bénéficiaire de defunt Me René Joubert le jeune, vivant curé de st Lambert du Lattay, noble homme Nicolas Joubert sieur de la Bodière, conseiller du roy assesseur en la maréchaussée de Château-Gontier, Ysabel et Jeanne les Jouberts, Me Estienne Romain advocat audit siège et Marguerite Joubert sa femme, et Me Estienne Petrineau aussi advocat audit siège, curateur à la succession bénéficiaire de sœur Marye Joubert religieuse professe aux carmelites de cette ville, tous héritiers dudit defunt Joubert lesné sieur de la Vacherie, leur père, pour estre procédé à la choisie d’iceulx en leur rang et ordre
    1er lot : Un grand corps de logis cour rues et issues appartenances et jardins en dépendant, sis et situé en la paroisse de St Aubin des Ponts de Cé, tout ainsi qu’il est eschu audit defunt Joubert par partaiges faits entreledits copartageants de la communaulté de luy et de defunte Marguerite Avril sa seconde femme par devant Guillot notaire royal en cette ville le 3 mars 1633
    2ème lot : Une pièce de terre et un pré au bout appellé l’Homeau Bize situé en la paroisse de St Aubin des Ponts de Cé – Une petite maison et cour derrière le jeu de paulme de l’isle fort du Pont de Cé – Un logis au bourg de Saint Lambert du Lattay avec partie de la cour de la Croix Blanche suivant les bornes, qui y sont avec le jardin du Jonchereau proche le bourg tout ainsi que René Leroy fermier en jouit – 6 livres 5 sols de rente foncière deue sur la maison de defunt Me Pierre Falligot sise au devant de la chapelle de ladite Isle fort du Pont de Cé, non comprise en ladite petite maison de derrière le jeu de paulme cy-dessus par indivis en une moitié appartenant aux héritiers de defunt Me René Avril, de Mathurin Avril et des Beauheres, celui qui aura le présent lot sera tenu tenir compte de ses parts et portions pour l’advenir – Les offices et droits de jaugeage et bauge de tonneaulx des paroisses de St Lambert du Lattay et Chanseaux tout ainsi qu’ils ont esté acquis du roy notre site par ledit defunt Joubert y compris les rachapts et suppléments qu’il en a faits, sans que celui ou celle auquel arrivera ce présent lot puisse prétendre en avoir de remboursement ou suppression plus grande somme que celle payée par ledit defunt Joubert pour l’acquisition desdits offices
    3ème lot : le clos de vigne soubz Peranelle contenant 5 quartiers ou environ situé en ladite paroisse de St Lambert du Lattay – Un morceau de terre autrefois en vigne au dessous dudit clos de vigne de Peranelle contenant 5 boisselées ou environ faisant partie d’une portion de terre en hache dont le surplus est échu en la succession de Louise Davy femme en premières nopces dudit defunt Joubert compris un petit morceau de pré au dessoubz la rivière d’Hyrosme acquis par ledit defunt Joubert de Léonard Attois Perrine Gallard sa femme et de Claude Gallard par devant Deillé notaire royal en cette ville le 17 janvier 1604 – 25 livres de rente foncière deue sur une maison sise en la rue de l’Esgaillerie en cette ville – 25 livres de rente hypothécaire deue par Louis de Sauson escuyer sieur du Million par contrat de constitution passé par devant Mezin notaire royal en cette ville de 20 décembre 1604
    4ème lot : Le petit corps de logis de la Bodière auquel demeure le closier dudit lieu avec le droit de presser et de mettre le vin recueilly ès vignes de la Bodière au pressouer jusqu’à ce que ledit vin soit vendu, ledit pressouer dépendant de l’autre corps de logis eschu en partage à Me Anthoine Brillet advocat Angers curateur à la succession bénédiciaire de defunt Me René Joubert le jeune vivant curé de St Lambert du Lattay avec les autres droits et servitudes dépendantes dudit logis – Un petit jardin où y a un petit lopin de vigne proche ledit logis – Une pièce de terre appellée les Sablons dépendant dudit lieu de la Bodière contenant 2 septerées et demie de terre ou environ – 2 planches de bois de haulte fustaye proche ladite pièce des Sablons – La moitié du clos de vigne de la Bodière à prendre au costé de la pièce de terre su sieur des Moulins et depuis la pièce de terre de la Grolleryère jusques au pré dudit sieur des Moulins – Le pré dudi tlieu de la Bodière dont jouit à présent le closier – 3 quartiers de vigne ou environ appellés les Creusettes
    5ème lot : 46 livres 5 sols de rente foncière à prendre sur plus grande rente deue par David Gaultier sieur de Nardanne sur les mestairies du Passouer Genetay et Rantes au pays de Loudunois paroisse de Bouman près la commanderie ed Moulins, ladite rente rendable en cette ville d’Angers – Une pièce de terre appellée les Grands Champs située près le bourg de la Possonnière – Une ouche contenant en terre mazereaux et bois 6 boisselées ou environ dont y en a 3 qui sont labourables située au lieu de la Chaslonneraie aliàs la Savattrie paroisse de Blaison – Une boisselée et demie de terre qui autrefois fut en vigne au lieu des Cycardières paroisse de Blaison tout ainsi que lesdites 2 pièces ont esté baillée pour raplacement de deniers deubz audit defunt Joubert père par acte passé par devant Guillot notaire royal en ceste ville le 29 décembre 1632 – Trois quarterons de vigne ou environ situés au clos des Chesnays acquis de René Couilleaud et Françoise Ogeron sa femme par devant Deillé notaire royal en cette ville de 28 avril 1601 –
    6ème lot : le lieu de la Vacherie comme il se poursuit et comporte situé en l’Isle de Béhuard paroisse de Denée, tout ainsi qu’en jouit Pierre Guilloux à titre de ferme et qu’il appartenoit audit defunt Joubert père – 3 quartiers et un quarteron de vigne situés au clos de Bretonneau acquis de Judic Boucault par contrat passé par devant Deillé notaire en cette ville d’Angers le 4 décembre 1601 – 3 autres quartiers de vigne situées audit clos de Bretonneau acquis de ladite Boucault par contrat passé par devant ledit Deillé le 20 février 1601 – Un quartier de vigne sis au clos de la Ferrière acquis par François Boudeau de Judic Boucault par contrat passé par Jean Mesnard notaire de Cour de Pierre le 24 avril 1602 et retiré par ledit defunt Joubert par retrait lignager en la sénéchaussée de la ville d’Angers le 28 août 1602 –
    7ème lot : 650 livres que lesdits Maugars et Louise Joubert sa femme ont dit faire rapport à la succession dudit defunt Joubert père, faisant partie de la somme de 2 400 livres à eux donné par leur contrat de mariage en avancement de droit successif suivant la transaction faite entre les parties passée par Guillot – La moitié par indivis du moulin à eau de Chauveau estables et issues en dépendant, situé en ladite paroisse de St Lambert du Lattay comme il se poursuit et comporte sans aulcune réservation – Les bois taillis appellés le Bois Breteau en ladite paroisse de St Lambert du Lattay comme ils se poursuivent et comportent sans réservation – Un lopin de terre en longueur et un cloteau de terre y joignant audit Bois Breteau comme ils se poursuit et comporte – Tout ainsi que lesdites choses cy dessus se poursuivent et comportent et qu’elles appartenaient audit defunt Joubert tant de son patrimoine que acquets et par le partage de sa communauté et de ladite defunte Marguerite Avril sa seconde femme et comme elles sont plus amplement spécifiées et confrontées tant par les contrats, partages et division que par le procés verbal d’apréciation fait entre lesdits copartageants ès paroisses de St Lambert du Lattay, St Aubin du Pont de Cé, Blaison, Béhuard, la Possonnière, Bounann en Loudounnois que ailleurs ; ès fiefs et seigneuries sont elles se trouveront estre tenues à la charge auxdits copartageants de s’entre garantir chacuns leurs lots f°10/ de payer auxdits seigneurs dont les choses sont tenues au temps advenir les cens rentes charges et debvoirs seigneuriaux fonciers et féodaulx chacun pour son partage et outre à la charge de s’entre prester passage par sur les terres les uns des autres si besoing este au moins endommageable que faire se pourra – auxquels lots lesdits Maugars et Joubert sa femme ont fait arrest … sans préjudice par ledit Maugars de se pourvoir cy après sur l’hérédité bénéficiaire dudit defunt René Joubert le jeune pour raison de son deub.

  • La choisie
  • Le 5 juillet 1633 … ledit Petrineau audit nom a choisi le 5ème lot, ledit Romain et sa femme le 3ème, ladite Jeanne le 2ème, ladite Elisabeth le 6ème, Me Nicolas Joubert le 1er, ledit Brillet audit nom le 4ème, et audit Maugard et Louise Joubert sa femme est demeuré le 6ème lot.

    Hommage à l’abbé Angot dont le dictionnaire de la Mayenne m’a été si utile et si pertinent

    Je n’en dirais pas de même du dictionnaire de Célestin Port.
    Mais revenons à l’abbé Angot, car il est un véritable compagnon de route, quasiement chaque jour, dans mes recherches. L’exactitude des données est précieuse, et j’ai pu chaque jour constater qu’il avait utilisé des méthodes beaucoup plus sérieuses que Célestin Port.
    Bref, je voue à l’abbé Angot un profond respect, et c’est l’un des ouvrages les plus utiles que j’ai été en mesure d’acquérir. (Ceci dit si vous débutez, je pense qu’il est toujours disponible chez l’éditeur à Mayenne (la ville dans le département du même nom))
    Donc, quite à me répéter, le dictionnaire de l’abbé Angot est un outil on ne peut plus fiable pour naviguer dans les lieux et personnages.

    C’est dire que je lui pardonne volontiers l’aventure qui vient de m’arriver, et que vous allez suivre ces jours-ci.
    Donc, je suis sur mes JOUBERT, et je tente de revoir à fonds tout ce que j’avais plu glaner dans les notaires à Angers. Comme vous avez pu le constater, j’avais des km de frappe à effectuer, tant les actes sont longs et nombreux, et il y a une quinzaine d’années, j’avais été un peu vite, sans doute en diagonale, même si je crie toujours haut et fort qu’il faut à tout prix éviter la diagonale dans les actes notariés.

    Ces derniers jours, revoyant toutes mes frappes à fonds, je découvre ahurie 2 lignes (sur des milliers) qui bouleversent toute ma vision des Joubert.
    Voici comment.
    J’avais donc relever autrefois dans le dictionnaire de l’abbé Angot, tome 3, page 820 très exactement :

    la Vacherie, commune de Chemazé – En est sieur Nicolas Joubert, 1617.

     

    Inutile d’ajouter que j’avais été bien aise de localiser la Vacherie, et je m’en étais tenue là, faute d’avoir trouver une quelconque piste dans mes innombrables actes notariés et autres sur cette famille.
    Je vous mets demain l’acte qui contient les lignes me permettant d’identifier la Vacherie de mes Joubert, et pour un scoop c’est un scoop, car elle n’est surtout pas en Mayenne.

    Monsieur l’abbé Angot, je vous pardonne volontiers, ce minuscule écart de votre part, tant votre oeuvre fut belle et immense et fiable. Sans doute ce minuscule point est-il là pour illustrer toute la rigueur de vos travaux, et sauf votre respect, je pense qu’une oeuvre aussi immense ne fut pas sans doute sans l’assistance de quelques curés ici et là, et l’un d’eux aura sans doute vu un peu vite une info non fondée, car il est vrai que Nicolas Joubert avant de se dire sieur de la Bodière, fut aussi sieur de la Vacherie comme son père, et qu’il demeura à Château-Gontier, alors que son père était avocat à Angers.

    Monsieur l’abbé Angot, merci pour votre oeuvre, merci pour sa grandeur et sa fiabilité, et encore une fois, je vous pardonne le coup de massue que j’ai reçu la semaine dernière en découvrant que mes JOUBERT avaient des racines à Denée, et non à Chemazé, car vous êtes fiable à bien au delà de 99,99 %.
    Et je conseille à tous mes lecteurs de vous lire sans modération.
    Odile HALBERT