Transaction entre les religieux de l’abbaye Toussaint d’Angers et le seigneur de Grez, Angers, 1662

De nombreuses donations pieuses furent faites au 12e et 13 siècles, constituant le temporel des prieurés et abbayes. Parfois les religieux éprouvaient au fil des siècles certaines difficultés à percevoir les rentes ainsi léguées perpétuellement.
Voici l’une d’elle, relevant de la seigneurie de Grez, mais sur le prieuré de l’Hermitière qui lui est situé à Sceaux :

Les Ermitiers, commune de Sceaux : l’Hermitière aux 13, 18e siècles, ancien prieuré de Toussaint d’Angers, mentionné en 1262, dépendant de la Chantrerie et réuni à la mense abbatiale (Dict de C. Port)

J’habite un appartement, et c’est la première fois que je rencontre le terme autrefois. J’en ai conclu que le seigneur de Sautré n’habitait pas tout le logis de Hautemulle, mais une partie car :

APPARTEMENT. s.m. Logement composé de plusieurs chambres, de plusieurs pièces de suite dans une maison. (Dictionnaire de L’Académie française, 4th Edition, 1762)

La transaction qui suit porte sur une mesure, et on sait que celles-ci étaient autrefois très nombreuses, et même variables. Michel Le Mené, dans Les Campagnes angevines à la fin du Moyen-âge, précise :

En Anjou, pour les grains, l’unité de base était le boisseau. Son multiple, le setier, se subdivisait selon les régions d’Anjou en 8, 12, 14 ou 16 boisseaux…. Est-il nécessaire de rappeler qu’il exista dans le duché, comme dans toutes les provinces, une très grande variété de boisseaux…

En simplifiant, trois types de boisseaux ont dominé :

    11,31 litres
    14,14 litres
    16,97 litres

Le boisseau des Ponts-de-Cé étant de 14,14 litres, je conclue, bien que je n’ai pas trouvé celui de Grez, qu’il était de 16,67, car l’acte suivant tant à montrer que le seigneur de Sautré négocie un alignement de la mesure de Grez à celle des Ponts-de-Cé, et que ceci signifie qu’il négocie un alignement par le bas, dont de 16,97 à 14,14 litres le boisseau.

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire série 5E5 – Voici la retranscription de l’acte : Le 18 février 1662, par devant nous François Crosnier notaire royal à Angers furent présents establiz et duement soubzmis les révérends religieux prieur et converts de l’abbaye de Toussaint d’Angers … duement congregés et assemblés en leur chapitre ordinaire en la manière acoustumée d’une part
et messire René Leclerc chevalier seigneur de Sautray et de Grez, demeurant en son appartement de Hautemulle en la cité dudit Angers d’autre part

lesquels de l’instance pendant entre eux au siège présidial de cette ville pour raison des arrérages de 8 années échues au jour et feste de Notre Dame Angevine dernière de la rente, ancien don ou legs d’un septier de bled seigle deub chacun an audit terme à ladite chantrerie de ladite abbaye à cause du prieuré de l’Hermittière son annexe, ladite rente requérable sur et à cause de la terre et seigneurie dudit Grez à la mesure d’icelle, desquels arrérages ils demandoient le paiement, savoir de la dernière année en espèce, et des précédentes suivant la commune estimation qui en a esté faite par chacune d’icelle, et que ledit seigneur de Sautray adjudicataire de ladite terre de Grez fut condamné de leur payer servir et continuer ladite rente d’un septier de bled seigle mesure de sadite terre suivant le titre qu’ils luy ont communiqué

à quoi ledit seigneur de Sautray disoit n’avoir aucune cognoissance de ladite rente, n’ayant esté chargé d’icelle, par le décret de ladite terre et seigneurie de Grz, prétendoit d’ailleurs que les titres desdits religieux n’estoient asses suffisants pour justifier que ledit septier de bled de rente leur fut deub, mais quand il eust esté, disoit qu’ils ne pouroient le prétendre qu’à mesure des Ponts de Cé, qui est la mesure royale, à laquelle on se doibt régler y ayant toutes sortes de mesures en la paroisse dudit Grez, que néanlmoings pour éviter à procès il offroit leur payer servir et continuer chacuns ans audit terme d’Angevine ledit septier de bled seigle de rente à la mesure desdits Ponts de Cé, et au lieu qu’il est requérable par lesdits religieux sur ladite terre de Grez, offroit le rendre à ses dépends tous les ans audit jour d’Angevine dans ladite abbaye de Toussaint, et payer lesdites 8 années d’arrérages suivant la commune estimation qui a esté faite du prix du bled seigle par chacune desdites années,
sur laquelle proposition ayant été délibéré par lesdits religieux prieur et converts assemblés comme dessus, ont lesdites parties transigé pacifié et accordé ainsi que s’ensuit, c’est à savoir que lesdits religieux prieur et converts de ladite abbaye de Toussaint d’Angers, tant pour eux que pour leurs successeurs ont reconnu et par ces présentes reconnaissent ladite rente, ancien don ou legs, d’un septier de bled seigle mesure ancienne de Grez requérable à un septier de bled seigle de rente mesure des Ponts-de-Cé rendable franc et quitte dans ladite abbaye de Toussaint d’Angers
et ledit seigneur de Sautray a promis et s’est obligé leur payer servir et continuer chacuns ans audit terme d’Angevine ladite rente d’un septier de bled seigle dite mesure des Ponts-de-Cé, rendable dans ladite abbaye de Toussaint d’Angers franc et quitte à commencer le premier payement et fournissement au jour et feste de Nostre Dame Angevine aussi longtemps qu’il sera seigneur et possesseur en tout ou partie de ladite terre et seigneurie de Grez,
et à l’égard desdits arrérages des 8 années échues audit jour d’Angevine dernière lesdits religieux prieur et converts ont recogneu les avoir eues et receues dudit seigneur de Sautray et l’en ont quitté et décharge et tous autres, moyennant quoy ladite instance demeure nulle terminée et assoupie, sans d’iceux dommages et intérests de part et d’autre, et a ledit seigneur de Sautray protesté de se pourvoir our son recours et remboursement desdits arrérages ensemble pour le fond de ladite rente contre et ainsi qu’il verra bon estre fors contre lesdits religieux prieur et converts de Toussaint, par ce que ainsi ils ont le tout voulu consenti stipulé et accepté et à ce tenir etc dommages etc s’obligent lesdites parties respectivement savoir lesdits religieux prieur et converts tant pour eux que leurs successeurs les biens fruits et revenus du temporel de ladite abbaye et ledit seigneur de Sautray ses hoirs et ses biens à prendre vendre et recouvrir etc
fait et passé audit chapitre de ladite abbaye de Toussaint Angers en présence de Mr René Moreau et François Besson praticiens demeurant audit Angers

ruines de labbaye Toussaint, au début du 20e siècle
ruines de l'abbaye Toussaint, au début du 20e siècle

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Un Angevin dans la Manche, Philippe Defaye, 1629

Voici une vente de biens pour cause de départ au loin, plus précisément à Coutances dans la Manche.
L’acte donne miraculeusement le nom de la mère Perrine Boullay et d’un oncle Charles Boullay.

Par contre c’est une vente à rente foncière, payable à Angers. J’ignore si le couple revenait en Anjou chercher son dû chaque année… car je vois mal comment l’argent aurait pu leur parvenir.

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E2 – Voici la retranscription de l’acte : Le 31 juillet 1629 par devant nous Louys Couëffe notaire royal Angers furent présents establis et deument soubzmis honorables personnes Me Philippe Defaye et Anne Dupas sa femme de luy authorisée demeurant à Coutances pays de Normandie d’une part, et honnorable homme Mathieu Doucher marchand demeurant en ceste ville paroisse St Michel de la Pallud,
lesquels Defaye et sa femme chacun d’eux seul et pour le tout sans division de personnes ni de biens leurs hoirs etc renonçant au bénéfice de division discussion etc confessent avoir fait et font entre eux la baillée de prise à rente convention et obligation suivantes c’est à savoir que ledit Defaye et sa femme ont baillé et baillent par ces présentes et promettent perpétuellement garantir de tous troubles hypothèques évictions audit Doucher qui a pris et accepté audit tiltre de rente foncière annuelle et perpétuelle pour luy ses hoirs,
les lieux et closeries de Nauvet paroisse St Silvin, du Boispin, du Pin et de la Maison Bruslé le tout en la paroisse de Marcé, comme ils se poursuivent et comportent avecq leurs appartenances et dépendances tels qu’ils tons escheus et advenus audit Defaye des successions de défunte Perrine Boullay vivante sa mère et de défunt Charles Boullay vivant son oncle par les partages faits entre luy et Me Pierre Brunsard curateur quand à partages de Jehan Anne Marguerite et Charlotte les Defaye enfants mineurs de défunt Charles Defay et Anne Legoux ses cohéritiers …
et est faite ladite baillée et prise à rente pour en payer chacun an par ledit preneur ses hoirs auxdits bailleurs leurs hoirs ou autre qui aura charge d’eux en ceste ville maison de nous notaire à pareil jour et date des présentes la somme de 90 livres tz de rente foncière annuelle et perpétuelle …
fait à notre tablier présents Me Louys Collet et Jehan Myette demeurant à Angers

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Journal d’Etienne Toisonnier, Angers 1683-1714 (1702)

Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 2 janvier 1702 se fit l’ouverture du grand jubilé par une procession générale de l’église cathédrale en celle de St Aubin où Mr Lepelletier évêque d’Angers célébra la messe pontificalement sous le pontificat du pape Clément XI. Il doit durer deux mois et finir par une procession générale comme la 1ère ; il a été en même temps ordonné pour la campagne. En même temps s’est fait la mission fondée par feu Mr Subleau pour 30 capucins qui ont prêché et confessé pendant le cours du jubilé.
  • Le 14 (janvier 1702) mourut la femme de Mr Denys Guilbault avocat, avant veuve du sieur Audiau bourgeois ; il y a des enfants des deux mariages.
  • Le 15 (janvier 1702) mourut Mr Dupont avocat ; il fut enterré le lendemain dans l’église Sainte-Croix
  • Le 23 (janvier 1702) Mr de la Galaizière Boylesve épousa la fille de feu Mr Chotard de la Grellerie et de la demoiselle Tessier
  • Le 31 (janvier 1702) Mr Gouin avocat fils de feu Mr Jean Gouin, aussi avocat, épousa la fille du Sr Lusson fermier et de Anne Hullin, en l’église de la Trinité.
  • Le 8 février 1702 Mr Falloux élu en l’élection de cette ville épousa la fille de Mr Boisard de Marolle gentilhomme servant chez le roy et de la défunte dame Lefebvre de la Guyverderie
  • Dans ce même temps mourut la femme du Sr de Lépinière Boisard ; elle s’appelait du Planty Frain, fille de feu Mr du Planty Frain assesseur en l’élection et de la dame Boisard.
  • Le 13 (février 1702) Mr de Pantigné Rousseau, fils de Mr de Pantigné Rousseau, conseiller honoraire au présidial et de la défunte dame Butin, se fit installer dans la charge de conseiller audit présidial, cy-devant remplie par Mr Hameau du Marais
  • Le 30 mars 1702 mourut madame Eveillard veuve de feu Mr Eveillard président à la prévôté ; elle fut enterrée en l’église de St Michel du Tertre ; elle s’appelait de la Roche Avril ; elle a laissé trois garçons et une fille ; le premier est chantre de St Pierre, le 2e conseiller au Parlement de Bretagne, et le 3e est officier d’armée ; la fille a épousé Mr Gilles de la Bérardière.
  • Le 5 avril (1702) mourut Mr Blanchet de la Martinière, avocat ; son fils aîné est conseiller au siège de la prévôté vérificateur des défauts ; sa fille a épousé Mr Huslin de la Poissonnerie escuyer.
  • Le 18 (avril 1702) mourut mademoiselle Paunetier fille, âgée de 60 ans ; elle avait beaucoup de dévotion et de mérite, bienfaisante aux pauvres.
  • Le 26 (avril 1702) mourut Mr Macé, prêtre, docteur en théologie et chanoine de St Maimbeuf, âgé de 57 ans. Il avait beaucoup de mérite.
  • Le 1er mai 1702 Mr Toublanc de la Richelière docteur aggrégé en l’université des droits de cette ville et le sieur Bouchard marchand droguiste furent élus échevins à la place du Sr Mabit bourgeois et du Sr Buret marchand
  • Le 2 (mai 1702) mourut Delle Françoise Guillot, fille, âgée de 62 ans, sœur de ma femme ; elle était d’une grande simplicité.
  • Le 4 (mai 1702) mourut Mr de Grée Poulain, Sr de Vaujoie, mari de la fille de Mr de Changé Nicolon, assesseur en l’hôtel de ville, dont il a laissé deux enfants.
  • Le 5 (mai 1702) mourut la femme du Sr Favrie, préposé pour le recouvrement des finances et taxes imposées sur les officiers ; elle était fille de Mr Cochon avocat ; elle a laissé deux enfants.
  • Dans ce même temps mourut le Sr Denys Malville, greffier au présidial.
  • Le 22 (mai 1702) mourut Mr de Pantigné Rousseau, conseiller honoraire au présidial. Il avait épousé la fille du feu Sr Butin, greffier au criminel, duquel mariage sont issus un fils conseiller au présidial, un fils chanoine en l’église d’Angers et une fille mariée avec Mr de la Porte conseiller au présidial. Il y a encore d’autres enfants.
  • Le 29 (mai 1702) Mr Charlot des Loges, fils de Mr Charlot, escuyer, sieur des Loges et de la dame Deschamps, fut insitallé dans la charge de président au présidial cy-devant remplie dignement par Mr Gohier.
  • Le 30 (mai 1702) la fille de Mr Bruneau, avocat, et de la Delle Trochon, épousa le fils du feu Sr Destriché, bourgeois, et de la Delle Chaillant.
  • Le même jour, le sieur Boussac, épousa la Delle Dupont, fille du Sr Dupont, monnayeur, et de la Delle Baillif
  • Le 4 juin 1702 mourut la veuve de feu Mr Boylesve de la Galaisière ; son fils aîné est curé de Liré en Bretagne (sic), un cadet a épousé la Delle Chotard de la Grelleraye et une fille est veuve de feu Mr de Pincé Brulon.
  • Dans ce même temps mourut le sieur René Raffray, l’un des administrateurs de l’hôpital général de cette ville, où il était attaché depuis 20 ans avec beaucoup de zèle et d’affection, et cy-devant notaire royal en cette ville. Il n’a point laissé de postérité ; sa femme s’appelle de Fresne.
  • Le 10 (juin 1702) Mr René Pasqueraye, fils de Mr René Pasqueraye, avocat, plaida sa première cause contre moi, où je plaidais avec beaucoup de succès grâce à Dieu.
  • Le 12 (juin 1702) mourut la femme de Mr de Loubes de l’Ambroise écuyer ; elle s’appelait Moreau, fille de feu Mr Moreau notaire et de la dame Nouleau.
  • Le même jour mourut la femme du sieur du Perry Romain bourgeois ; elle s’appelait Duport.
  • Le 13 (juin 1702) mourut Mr Boucault de la Houssaie, doyen des conseillers au présidial.
  • Le 26 (juin 1702) Mr Volaige de Vaugirault conseiller au présidial épousa la fille de Mr Gandon, cy-devant lieutenant des eaux et forêts et de la Delle Chatelain.
  • Le 27 (juin1702) Mr Ayrault, avocat et fils de feu Mr Ayrault, sénéchal de Vihiers et de la Delle … épousa la fille du Sr Buret marchand, à présent juge consul et de la dame …
  • Dans ce même temps, le Sr Grézil des Ambillons, fils du Sr Grézil et de la Delle Nail, épousa la fille du sieur Marchais et de la Delle Saget.
  • Le 4 juillet 1702 mourut la femme du feu sieur Garciau, commis greffier au présidial ; elle s’appelait Jeanne Gaufestre ; elle a laissé plusieurs enfants ; son fils aîné greffier aux appellations, a épousé la fille du feu Sr Dupré Me chirurgien à Château-Gontier, une fille mariée avec le Sr Paytrineau cy-devant marchand de soie.
  • Le 11 (juillet 1702) Mr de la Béraudière de Maumusson, escuyer, épousa la fille de Mr Davy du Mottay et de la Delle Chotard.
  • Le 17 (juillet 1702) Mr Boguais de la Boessière, asseseur en l’élection de cette ville, fils de défunt Hector Boguais, marchand, et de Delle Sébastienne Guillot, épousa la fille du feu sieur de la Tousche Pasqueraye, bourgeois, et de la Delle Verdier.
  • Le 18 (juillet 1702) mourut la femme de feu Mr du Hardaz, avocat ; elle s’appelait Grudé ; elle a laissé deux filles, la première a épousé Mr André Gontard, avocat, et la cadette Mr Benoist Pasqueraye aussy avocat.
  • Le 19 août 1702 Mr Baudry, fils de Mr Baudry, bourgeois, et de la défunte Delle Bault, fut installé en la charge de conseiller au présidial cy-devant remplie par Me Maussion.
  • Le même jour mourut la femme du feu Sr Pasqueraye Me chirurgien en cette ville ; de son mariage sont issus Mr Pasqueraye avocat et la femme du Sr Esnault droguiste ; elle s’appelait Martin.
  • Le 24 (août 1702) mourut la femme du feu Mr Bault de Baumont ; elle a laissé deux garçons ; l’aîné a épousé la fille du feu Sr de la Marre Duport et de la Delle Grudé ; elle s’appelait Guilbault de la Boulaizière.
  • Le 29 (août 1702) Mr de Pantigné Rousseau, conseiller au présidial, fils de feu Mr de Pantigné Rousseau, aussy conseiller, et de la défunte dame Butin, épousa la fille du Sr Béguyer et de la défunte Delle Thibaudeau.
  • Le 30 (aôut 1702) mourut Mr Antoine Gasté cy-devant avocat au siège présidial et procureur du roy de l’hôtel commun de cette ville ; sa vie a été bien tracassée et il est mort de chagrin.
  • Le 9 septembre 1702 mourut la dame Rousseau de Millieu âgée de 30 ans ; elle s’appelait de Villemorge ; elle a laissé des enfants.
  • Dans ce même temps la fille de feu Mr d’Orvaulx de la Beuvrière et de la dame Letourneux épousa Mr de Bossard.
  • Le 16 (septembre 1702) mourut Mr Bernard, avocat ; il n’a point laissé de postérité ; sa femme s’appelle Bertelot.
  • Le 19 (septembre 1702) Mr de la Barre Bernard, fils de Mr Bernard, conseiller honoraire au présidial et de la dame Bodeau de la Beunoche, épousa la fille de feu Mr Hernault de Montiron, conseiller audit présidial et de la dame Pinard.
  • Au mois d’octobre 1702 mourut la femme du feu sieur Trioche de la Bétonnière ; il y a plusieurs enfants de leur mariage ; elle s’appelait Renard
  • Le 4 novembre 1702 mourut la femme du sieur Buscher, notaire royal ; elle s’appelait de la Haye ; de leur mariage est issue une fille mariée avec le sieur Quelier de Marcé, lieutenant de Mr le prévost.
  • Le 8 (novembre 1702) mourut à Beaupreau Mr François Raymbault de la Foucherie, maire de cette ville, élu le 1er mai dernier. Il en avait rempli les fonctions pendant plusieurs années en qualité de maire perpétuel, ayant traité de la charge érigée en titre mais ayant été remboursé, il a été continué pour 4 ans afin de s’acquérir la noblesse. Il a ordonné par son testament que son corps soit enterré dans l’église de Notre Dame de Beaupreau afinde ménager à la ville les grands frais qu’il aurait convenu faire si son corps avait été apporté en cette ville, comme il arriva en 1628 à l’occasion de l’enterrement de Mr du Martray Barbot avocat décédé maire, qui coûta à la ville plus de 8 000 livres. Le cœur de Mr de la Foucherie fut apporté en cette ville et mis dans le mur du chœur de l’église de St Michel du Tertre. La vigile, toutes les cloches de la ville sonnèrent à 7 heures du soir, à la réserve de celles de l’église cathédrale au refus du chapitre. Mr Lepelletier évêque d’Angers fit la cérémonie ; toutes les compagnies y assistèrent ; un prêtre de l’Oratoire fit son oraison funêbre ; toutes les communautés y vinrent chanter le marin un subvenite ; l’église était tendue en noir avec les armoiries de la vielle et du défunt ; il y avait des bandes de velours sur le drap noir ; le cœur était sous un dais avec des cierges blancs et noirs en grande quantité ; cette cérémonie a coûté 100 pistoles à la ville. Mr de la Foucherie avait un cœur plein de douceur et de charité et a été regretté de tout le monde ; il avait été longtemps à Rome banquier, où il avait amassé de gros biens. Il vint en cette ville où il épousa sa nièce Delle Jacquine Couraut fille des défunts Sr Couraut de Pretiat bourgeois, et de la Delle Raymbault, en conséquence de dispence de deux papes. (Note de Marc Saché : François Raimbault, sieur de la Foucherie, baptisé le 5 juillet 1641, avocat au présidial, banquier en cour de Rome, fut le premier maire perpétuel d’Angers nommé en vertu de l’édit d’août 1692 et installé le 20 avril 1693. Il avait acheté l’office 50 000 livres aux gages de 2 000 livres par an, plus 10 543 livres pour le paiement des droits royaux, les frais de provision et d’installation que la ville lui remboursa. Il fut prorogé dans ses fonctions lorsqu’en 1702 la mairie fut redevenue élective. Il fut élu le 1er mai de cette année même. Sa pierre tombale fut retrouvée en 1863 et son épitaphe fixe la date de son décès au 7 novembre 1702. Fils de Michel R. de la Foucherie, avocat au Parlement, il avait épousé, le 13 octobre 1692, sa nièce, Jacqueline, fille de n. h. Antoine Courau de Pressiat, sieur de la Roussière, et de Jeanne Raimbaud, sa propre sœur. Nous possédons deux jetons différents de ses mairats, l’un de 1696, l’autre de 1700 – Voir Registre du Présidial, p. 159 ; C. Port, Dictionnaire, t. III, p. 220 ; A. de Soland, Bulletin historique et monumental, années 1859-1860 pp. 76, 177 ; Adr. Planchenault, Jetons Angevins, p. 289 ; Gontard de Launay, Recherches sur les familles de maires d’Angers, t4 ; état civil de St Michel du Tertre)
  • Le 13 (novembre 1702) le sieur Vilson, fils d’un couvreur d’ardoise à Durtal, épousa la fille de défunt Mr Gasté, écuyer, avocat au présidial, et cy-devant procureur du roy de l’hôtel de ville et de la demoiselle Noirault ; on dit qu’il est riche des bienfaits d’une dame de qualité de Paris.
  • Le 15 (novembre 1702) Mr Cupif avocat fils de feu Mr Cupif, aussi avocat, et de la Delle Dootel, épousa la fille du feu Sr Urbain de Beauvais et de la Delle Lechamp.
  • Le même jour mourut le sieur Coquilleau de la Blestrie ; il avait épousé la Delle Davy, dont sont issus plusieurs enfants.
  • Le 21 (novembre 1702) Mr de Boumois Berthelot, fils de Mr de Boumois Berthelot, auditeur des comptes à Nantes, et de la feue dame Poisson, épousa la fille de Mr Lebloy, docteur régent ès droits en l’université de cette ville et de la feue Delle Gontard.
  • Le 22 (novembre 1702) mourut Mr du Boulay Chevaye gentilhomme ordinaire chez le roy, à sa maison de campagne près la ville de Beaufort ; il avait épousé la fille de feu Mr Poisson premier apothicaire du roy.
  • Le 24 (novembre 1702) mourut Mr Gilles Guilbault avocat âgé de 78 ans ; il a laissé plusieurs enfants entr’autres Mr Claude Guilbault aussy avocat.
  • Le même jour mourut le sieur Portier notaire royal.
  • Le 27 (novembre 1702) mourut la femme de feu Mr Gaultier de Chanzé, conseiller au présidial ; elle s’appelait Françoise Renou. De leur mariage est issu Mr Gaultier doyen de St Martin, Mr Gaultier de Landebry conseiller de l’hôtel de ville, et une fille décédée femme de Mr Boylesve de Goismard conseiller au présidial.
  • Le 16 décembre 1702 mourut la femme de Mr Baudry l’aîné, conseiller au présidial, âgée de 25 ans ; elle a laissé trois enfants ; elle était fille de feu Mr Paulmier avocat et de la Delle Ménard.
  • Le 13 prédécent mourut Mr François Babin, avocat au présidial, âgé de 89 ans, doyen de Mrs les avocats ; son fils aîné est chancelier de l’université et Me école ; il a laissé un autre fils prêtre et plusieurs autres enfants.
  • Le 16 (décembre 1702) mourut Mr Avril de Pignerolle Me de l’académie, âgé de 50 ans
  • Cette année, les grains ont été assez en abondance ; ily a eu peu de vin et peu de fruits.

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Donation entre filles célibataires, 1633 : les soeurs Vandellant

Aujourd’hui nous abordons une famille illustre autrefois en Anjou, les Vandellant, dont une rue d’Angers honore la mémoire de nos jours.
Cette famille de peintres, rivaux, amis, et alliés des Lagouz, serait d’origine Suisse ou Germanique, et aurait été attirée par le roi René en Anjou, avec Gilbert 1er Vandellant, qui eut un fils du même nom, qui prit la suite de son oeuvre… d’où parfois une certaine confusion entre les deux hommes.
D’ailleurs on lui attribue non pas un mais 2 voire 3 fils : Gilbert, Roland et ? tous peintres.

Roland, fils de Gilbert 1er, peintre, figure dans la liste que donne Louvet des huguenots en fuite sur l’accusation d’avoir participé en 1562 au pillage de Saint-Maurice comme son cousin Roland Lagouz. Il avait épousé Isabelle Cousin dont il eut 6 enfants

    Maurice °15 décembre 1549 filleul de Gilbert Vandellant son oncle
    Imbert °14 janvier 1554 (n.s.) filleul de Guillaume Collas curé d’Andard
    Perrine °16 septembre 1554
    Jean °13 janvier 1560 (n.s.)
    Roland °16 mars 1561 (n.s.)
    Marie °6 août 1562

Gilbert II Vandellant, souvent confondu avec son père Gilbert 1er, était aussi dénommé Jean dit Gilbert (1530). Il épousa d’abord Guillemine Prevost dont il eut 3 filles

    Jeanne °1528
    Renée °1530
    Catherine °1534

puis en seconde noces, Jeanne Guillard, dont il eut 5 fils et 3 filles

    Eaumond °3 novembre 1536
    René °30 novembre 1537
    Jacques °25 janvier 1539
    Françoise °21 juin 1541
    Raouline °3 décembre 1542
    Ambrois °13 juillet 1545
    Adam °10 février 1546
    Françoise °19 février 1555 n.s.

Adam Vandellant, fils de Gilbert II, égala en réputation son père et son grand’père. Il est dit peintre ordinaire de la maison de M. le duc d’Anjou, dans le baptême du fils de l’orfèvre René Boivin le 10 juin 1580. Il épousa Marie Biguet dont il eut
Gilbert IV (car le Gilbert III est mal rattaché par C. Port)

    René °8 janvier 1573
    Marie °23 février 1574
    Pierre °1er juin 1576
    Pierre II °14 septembre 1578
    Michel °10 février 1580
    Roland °11 mai 1580
    Michel II °15 avril 1584
    Renée °13 janvier 1590

Gilbert IV Vandellant, fils d’Adam, peintre comme les précédents. Il meurt le 9 novembre 1635. Il avait épousé Catherine Dudet, dont il eut :

    Catherine °15 novembre 1597
    Marie °17 février 1600
    Jacques °30 décembre 1601
    Gilbert °15 décembre 1602
    Jean °15 août 1605 qui se fit prêtre au lieu de peindre
    Charlotte °10 avril 1608
    Marie °8 décembre 1609
    Perrine °25 février 1613
    Paul °20 juin 1615 qui perpétua la tradidion familiale
    Joseph °18 avril 1619

Catherine et Charlotte, célibataires en 1633, vivent ensemble. Elles ont 36 et 25 ans. Elle se font alors donation à la dernière survivante. Je pensais qu’elles avaient hérité de leurs parents, mais Célestin Port donne bien leur mère décédée en 1625, mais le père en 1635, et cela me semble curieux, car je pensais sincèrement que les filles célibataires mettaient en commun les biens hérités.. Mystère ?
Elles signent fort bien, ce qui n’est pas surprenant, dans ce milieu aisé !

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5 – Voici la retranscription de l’acte : Le 1er avril 1633 avant midy, par devant nous Nicolas Leconte notaire royal à Angers, ont esté présentes establyes et deument soubzmies honnestes filles Catherine et Charlotte Vandellant sœurs germaines demeurantes en ceste ville paroisse Saint Pierre

lesquelles ont volontayrement recognu et confessé que depuis huit ans elles ont tousjours vescu et demeuré en communauté et société (écrit sossietté) de tous biens mesmes des acquests et debtes actives et passives (si elles vivent ensemble depuis 8 ans, soit depuis 1625, c’est depuis le décès de leur mère, et c’est sur ce point que je m’étonne que C. Port donne leur père décédé en 1635 car manifestement elles vivent de leur héritage paternel et maternel)

et désirent y vivre et demourer jusques au déces de celle qui déceddera la première ce qu’elles ont voulu estre rédigé par escript à ce que personne n’en prétende avoyr d’ygnorance
à ceste cause elles se sont d’habondant assossyées et assossient ensemble pour vivre en ladite sossietté de tous et chacuns leurs biens meubles futurs quelconques sans aucune exception tant des choses actives que passives ne que l’une y contribue ou participe en plus ne en moings que l’autre
à condition et charge expresse que la survivante d’elles jouyra et disposera playnement paysiblement et librement de tous les biens de la première deceddée sans estre tenue fayre aucun inventayre en apretiation desdits biens ny non plus bailler caution de la représentation d’iceux et ce nonobstant touttes coustumes loix et ordonnance,
à quoy elles ont expressement desrogé renoncé et renoncent par ces présentes qu’elles ont ainsy voulu stipullé et accepté, tellement que ladite sossietté et ce que dit est tenir etc dommages etc obligent lesdites establyes elles leurs hoirs (on n’est jamais trop précis, mais il est vrai que la plus jeune n’a que 25 ans. Par contre je suis surprise qu’elles ne fassent aucune allusion à un éventuel mariage de l’une ou de l’autre, ce qui était possible au vue de leur âge…) renonczant à tout ce contraire
fait audit Angers maison de nous notaire présent Me Paul Foyer et Jacques Janvyer demeurant audit Angers témoins

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Vente d’une maison à Angers carrefour de la Porte Girard, 1587

Le vendeur vit à Nantes et compte convertir la somme en acquêts en Bretagne, sous-entendu près de Nantes ou à Nantes même.
En l’absence de banque, il est sans doute parti avec la somme sur lui !
Et cette somme est importante, et la maison devait être belle ! En effet elle est vendue 5 300 livres, ce qui est impressionnant.
Je suis également impressionnée par le double métier patissier et cabaretier : on ne boit pas le thé avec la patisserie ! D’ailleurs, les caves contiennent 15 + 40 pippes de vin, doit 55 pippes de vin à 475,6 litres par pippe, soit au total 26 158 litres !!! Je reste sans voix !
Mieux, cela rapporte donc, car il passe de locataire de la maison à propriétaire pour un prix élevé, mais ni lui ne sa femme ne savent signer ! Une chose du moins est certaine, ils savent compter !

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E2 – Voici la retranscription de l’acte : Le mercredy après midy 25 février 1587 en la court du roy notre sire Angers endroict par davant nous Guillaume Aubry notaire d’icelle a esté présent et personnellement estably Jehan Ryotte lesné marchant demourant en la ville de Nantes paroisse Saint Sambin estant de présent en ceste ville d’Angers soubzmettant luy ses hoirs etc confesse tant en son nom privé que au nom et comme soy faisant fort de Julienne Mabit se femme en en chacun desdits noms seul et pour le tout et à laquelle il a promis et promet est et demeure tenu et obligé faire ratiffier et avoir agréable ces présenes et la faire obliger en icelles o les renonçiations au bénéfice de division ordre discussion etc… à l’entretenement des présentes et en fournir et bailler à l’achapteur cy-après nommé lettres de ratiffication bonnes et valables aux despens dudit vendeur dans quatre semaines prochainement venant à peine et ces présentes néantmoinfs demeurant,
avoir ce jourd’huy vendu quité ceddé délaissé et transporté et encores vend quicte cèdde délaisse et transporte dès maintenant et à présent et à jamais perpétuellement par héritaige à honneste homme Bernard Chartier marchant Me Pasticier cabaretier demeurant en ceste ville d’Angers et à Thienette Baillif sa femme à ce présents stipulant et acceptant qui ont achapté et achaptent tant pour eux que pour leurs hoirs etc c’est à savoir ung corps de logis et appartenances d’iceluy situé sur le carrefour de la Porte Girard de ceste dite ville paroisse de Saint Maurillecomposé d’une bouticque au davant dudit logis une salle basse deux chambres à chemynée au dessus et deux autres chambres encores au dessus, dont y en a une à chemunée et l’autre servant d’antichambre ou grenier aussi à chemynée, et ung grenier au dessus estant sur une chambre basse et bouticque qui appartient aux héritiers de deffunct Me Pierre Ronflé vivant advocat audit Angers et au dessoubz de ladite chambre et bouticque dudit Ronflé une cave à mettre et loger 15 pippes de vin ou environ, d’une petite cour au bout de ladite salle cy-dessus au costé de laquelle y a une chambre basse à chemynée servant de cuisine ou vivanderie et une chambre hault aussi à cheminée au dessus, et au dessus de ladite chambre ung galletais (sans doute le galletas)
Item deux autres chambres vieilles au costé desdites chambres cy dessus et au dessoubz d’icelles ung buscher, une grande chambre sans chemynée et au costé d’icelle des garderobes et au dessoubz de ladite grande chambre une cave à mettre 40 pippes de vin ou environ
et tout ainsi que lesdites choses se poursuyvent et comportent et que ledit Chartier et sa femme achapteurs en ont jouy et jouissent encores à présent et qu’elles appartiennent et sont escheues et demeurés audit vendeur à cause de la succession de deffunte Thomine du Plessis sa mère et a ledit vendeur asseuré audit achapteur toutes lesdites choses estre demeurées en son lot et partaige de ladite succession sans aucune chose en excepté retenir ne réserver
lesdites choses joignant d’ung costé la maison des héritiers de deffunct Denys Frotté vivant drappier d’autre costé à la maison des héritiers dudit feu Ronflé et la maison des héritiers de feu (blanc) la Barre Rouen, aboutant d’ung bout sur le carrefous et grand rue de la Porte Girard et d’autre bout à une petitte rue par laquelle on va de la rue de la Jaille à la maison du sieur de la Claye avec le droict de passage à aller et venir par ledit Chartier par ladite petite rue pour mettre provisions en la cave et maison cy-dessus vendue
à la charge desdits achapteurs de payer et acquiter à l’advenir tous et chacuns les cens rentes et debvoirs féodaulx et seigneurieux et autre debvoirs anciens et qui ont accoustumé estre deuz et payez pour raison desdites choses à quelques sieurs ou seigneurs que ce soit, lesquelz ledit vendeur n’a peu déclarer combien que de ce l’avons adverty suyvant l’ordonnance royal, franches et quites du passé, transporte quicte cèdde et délaise ledit vendeur esditsnoms renonçant au bénéfice de division et ordre de discurrion auxdits achapteurs leurs hoirs la possession et jouissance desdits choses o le fonds domaine et seigneurie d’icelles etc
et est faite la présente vendition cession délais et transport pour le pris et somme de 1 766 escuz deux tiers d’escu de laquelle somme ledit vendeur s’est tenu et tient à contant et bien payé de la somme de 1 000 escuz sol pour laquelle somme ledit Riotte vendeur et ses cohéritiers avoyent vendu audit Chartier les mesmes choses par contrat passé par Me Denys Fauveau notaire soubz ceste cour le 26 mai 1584 sauf audit Riotte son recours contre ses cohéritiers qu’il a dict estre tenuz et chargez faire la rescousse et reméré audit Chartier ladite somme de 1 000 escuz et auquel Riotte ladit Chartier a céddé et cèdde ses droits et actions pour remboursement de ladite somme de 1 000 escuz sans aucun garentage éviction ne restitution de prix et est néantmoings convenu et accordé que si ledit Chartier estoit troublé es choses dudit contrat et d’icelles ou partye évincé il pourra retourner à ses droits d’hypothèque à luy acquis par le moyen dudit contrat passé par ledit Fauveau et néantmoings pour pris de ses dommages et intérests contre ledit Ryotte vendeur, à faulte de garentaige desdites choses
et le surplus de ladite somme de 1 766 escuz deux tiers lesdits 1 000 escuz déduits et rabatuz montant 766 escuz deux tiers, lesdits achapteurs l’ont payée contant audit vendeur qui icelle somme a eue prise et receue et emportée en notre présence et veue de nous en espèces de 2 300 francs d’argent de 20 sols et dont et de toutte laquelle somme de 1 766 escuz deux tiers ledit vendeur s’est tenu et tient par davant nous à contant et bien payé et en acquite et quicte par ces présentes lesdits achapteurs leurs hoirs etc et a ledit vendeur dict et déclaré vouloir et entendre mettre et convertit les deniers cy-dessus en l’acquêt en Bretaigne pour estre réputés de son propre comme sont lesdites choses vendues
à laquelle vendition et cession délais transport et quictance et tout ce que dessus est dict tenir entretenir faire et accomplir etc et lesdits choses auxdits vendeurs par ledit (surchargé) esdits noms garentir etc dommaiges etc oblige ledit vendeur esdits noms et en chacun d’iceulx seul et pour le tout etc renonçant au bénéfice de division ordre de discussion etc o touttes choses à ce contraires mesmes lesdits vendeurs pour ladite Mabit sa femme a renoncé au droit vélléyen à l’espittre de divi adriani à l’autanticque si qua mulier et à tous autres droictz faits et introduicts en faveur des femmes que luy aurait donné à entendre este telz que femme ne se peult obliger ne intercedder par aultres mesmes par son mary synon qu’elle ait expréssément renoncé auxdits droits autrement elle en seroit relevée, et à ce tenir etc
fait et passé audit Angers en la maison cy-dessus vendue où demeure ledit achapteur ès présence de Michel Guerinault marchand demeurant Angers paroisse de sainte Croix, Paul Richauldeau marchant demeurant audit Angers paroisse de Saint Pierre et Jehan Venier Me poeslier en ceste ville demeurant audit Angers paroisse saint Maurille tesmoings, et ont ladite le Baillif et Pierre Chartier déclaré ne scavoir escrire ne signer
Pièce jointe : Le mercredy après midy 25 février 1587 en la court royal d’Angers endroict par davant nous Guillaume Aubry notaire d’icelle a esté présent et personnellement estably honneset homme Jehan Ryotte lesné marchand demeurant en la ville de Nantes paroisse de sainct Sambin, lequel tant en son nom privé que au nom et comme procureur et soy faisant fort de Jehan Riotte le Jeune son frère, et en chacun desdits noms et quallitez seul et pour le tout renonczant au bénéfice de division ordre de discussion de personnes et de biens soubzmettant luy ses hoirs etc confesse avoir ce jourd’huy eu et receu de Bernard Chartier marchant me pasticier cabarettier demeurant audit Angers paroisse de Sainct Maurille qui a payé et baillé contant en notre présence et à veue de nous audit Riotte lequel a eu et receu dudit Chartier la somme de 250 escuz sol et icelle somme emportée en espèces de 750 francs d’argent et 20 sols en laquelle somme de 250 escuz sol ledit Chartier et Thienette Baillif sa femme estoient tenuz et obligez vers ledit Riotte le Jeune par obligation passée par contrat soubz ceste cour par Me Denys Fauveau notaire en dabte du 26 mai 1584 pour laquelle somme lesdits Chartier et sa femme auroyent vendu et constitué audit Riotte le Jeune la somme de 16 escuz deux tiers de rente hypothécaire sur tous et chascuns leurs biens et dont et de laquelle somme de 250 escuz sol ledit Riotte lesné esdits noms acquitte et quitte par ces présentes lesdits Chartier et sa femme, et icelle somme de 250 escuz sol a promis payet et bailler audit Riotte le Jeune pour et au nom desdits Chartier et femme pour la rescousse extinction et amortissement de ladite somme de 16 escuz deux tiers de rente hypothécaire portée par ledit contrat du 26 mai 1584
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Saint Maurille, honoré le 13 septembre

Les fouilles archéologiques préventives de la place du Ralliement à Angers, en vue du futur tramway, ont permis des découvertes exceptionnelles.
Et la télé avant-hier d’ajouter que parmi les sarcophages découvers se trouvaient sans doute celui de saint Maurille. Décidément, le saint aura toujours suscité le merveilleux et les légendes, même à la télé en 2008 !

Voici sa vie, assez remplie de légendres tant cette époque manque de documents authentiques. Je me suis inspirée, en partie, de l’ouvrage de Jacques Levron, Les Saints du Pays Angevin, Arthaud, 1943

Maurille naît vers 335 à Milan dans une famille chrétienne, d’un père gouverneur de la Gaule transalpine. Saint-Martin de Tours, venu à Milan, l’enthousiasme au point qu’il n’hésite pas à le rejoindre à Tours.
Après 2 années de formation, il reçoit les ordres sacrés et est envoyé en Anjou.
Abbé de Chalonnes, il doit affronter les cultes païens encore existants, prêchant la vraie religion, et même guérissant les malades, enfin du moins guérit leur âme.
A cette époque, la succession d’un évêque se faisait par acclamation du peuple, or, Prosper, évêque d’Angers vint à mourir. L’évêque de Tours fait alors acclamer Maurille, qui doit alors abandonner son monastère pour répondre à cet appel des fidèles.
Mais les prodiges continuent, jusqu’à ce qu’une femme stérile, lui ayant demandé conseil, et ayant obtenu la grâce d’enfanter, lui amena son enfant à baptiser dans la cathédrale par un temps glacial. Hélas, l’enfant mourut avant d’avoir reçu le baptême, et Maurille, se croyant alors fautif et incapable d’accomplir sa mission, se démit de ses fonctions, quitta l’Anjou et serait même parti en Angleterre, à ce que l’on croit. Il y aurait travaillé comme jardinier dans un monastère.
Mais les Angevins restaient inconsolables de son départ. Ils croyaient même que si Maurille ne revenait pas leur cité serait détruite. Ayant eu connaissance du lieu de sa retraite, sans doute par un de ses innombrables pélerins, ils envoyèrent une délégation en Angleterre, mais Maurille ne voulut rien entendre.
Pourtant, il eut un songe la nuit suivante, et un ange lui serait apparu annonçant

qu’à l’enfant, il rendrait la vie

Maurille rentra à Angers, s’agenouilla devant la tombe de l’enfant pour prier. La légendre poursuit :

Sitôt que l’oraison faite
Fut, et Maurille se ressort
Lors l’enfant se lève de mort
Visiblement et devant nous…

Cette légende, dite de saint René, car « né deux fois », persistera durant des siècles… Il est vrai que dans ces temps, les documents font souvent défaut pour établir la vérité.
Poursuivant ses miracles, Maurille affronte bientôt des réunions païennes près de Rochefort. Chassant des mégères païennes du rocher de leur culte, il y fonde une dévotion à la Vierge : Notre-Dame du Marillais.
On dit même que les Angevins lui doivent la fête du 8 septembre, fête de la Nativité de Notre-Dame, plus connue sous le nom de Notre Dame Angevine. Outre les pélerinages et les fêtes, la date fut si importante en Anjou qu’on avait fait un terme pour les baux !
Est-ce Maurille lui-même qui donna ce nom de Notre Dame Angevine, nul ne le sait, certains le disent ?
Vers 426, alors âgé de 90 ans, il meurt, ayant demandé à être inhumé dans une crypte au milieu du cimetière de Saint-Pierre, qu’il avait eu soin de faire creuser pour lui.
Naturellement, le lieu devint bientôt un lieu de miracles !
Puis, dès le haut moyen âge, son corps est porté dans l’église bâtie en son honneur. Cependant, sous Charlemagne, il est transféré dans la cathédrale. Puis, au 13e siècle l’évêque Guillaume de Beaumont fait confectionner une chasse et Maurille y est déposé solemnellement le 16 août 1239.
Deux siècles plus tard, cette chasse fut jugée insuffisante par les chanoines, et ayant reçu l’accord du roi René, ils firent exécuter par Pierre de Bourges, orfèvre, une statue en or du saint, qui fut placée devant la châsse en 1473., où elle restera jusqu’au 18e siècle, largement décrite par les chroniqueurs.
La Révolution survenue, la châsse détériorée et les ossements dispersés !
Deux vitraux du 13e siècle, dans le chœur, des tapisseries, et une cloche, gardent le souvenir de saint Maurille à la cathédrale. Malheureusement restauré en 1858, l’un des vitraux est désormais mélangé à des scènes de la vie de saint Marin, tandis que le second le montre mettant en fuite le démon à Chalonnes.
La tapisserie, commandée en 1460 par les chanoines, est désormais incomplète, car après avoir disparu à la Révolution, seul un fragment fut retrouvé puis restauré. On y voit deux tableaux, sur l’un il bêche, sur l’autre il présente au roi d’Angleterre un plat de fruits. Cette image de Maurille à la cour d’Angleterre est pour le moins surprenante, car ce n’est certes pas là qu’il aurait établie sa retraite.
La seconde tapisserie, exécutée vers 1616, sans doute par des tapissiers d’Aubusson et de Felletin, de passage, comporte 4 tableaux, dont l’un consacré à la destruction du temple de Chalonnes.
L’église qui lui fut dédiée a disparu à la Révolution, mais une rue rappelle son emplacement.
Chalonnes de son côté a gardé la mémoire de saint Maurille.

Nous connaissons la paroisse saint Maurille pour avoir recherché dans ses registres paroissiaux. C’est donc un nom bien familier à travers ces registres, aux chercheurs.

C’est sans doute sur ce point que la découverte archélogique faite en 2008 place du Ralliement, apporte un élément nouveau. Cependant les sarcophages, qu’à la télé avant hier on disait ni plus ni moins renfermer sans doute saint Maurille, ne le contiennent très probablement pas ! Il avait été mieux honoré au fil des siècles !

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.