Les moulins à vent disparus, Nantes Sud Loire 1861

En 1861 (AM Nantes) des moulins à vent tournaient encore : 1 à St Jacques, 4 à la Grèneraie, 4 route de Clisson aux Gobelets et 5 route de Vertou à la Tache, les Côteaux de Sèvre et aux Chirons. Tous ces moulins disparaîtront avec la création des minoteries mécaniques au cours des années suivantes. Le recensement de 1886 montre que tous ces meuniers ont cessé leur activité. Ils ont quitté Nantes sans doute pour les minoteries hors Nantes, car leur métier est un savoir faire sans doute récupéré par les minotiers.

Voici d’abord les meuniers et leur famille, à leur mémoire, puis les plans cadastraux de 1834 que vous pourrez télécharger pour mieux zoomer et voir le détail car les moulins sont figurés avec un petit dessin d’ailes au dessus du bâtiment (avec de bons yeux).

Les meuniers de Nantes Sud Loire et leur famille.

Tous ces meuniers sont propriétaires de leur moulin selon le recensement qui donne cette précision. Certains ont une domestique sans doute parce que madame aide monsieur au moulin. Sur ce tableau (lieu,n° dans la rue, nom, prenom, âge, profession, détail du logement)

Rue St Jacques 95 Peltreau Jean 33 meunier 1P rz, 1P 1er
Rue St Jacques 95 Moratte Marguerite 30 femme
Rue St Jacques 95 Peltreau Augustine 8 fille
Rue St Jacques 95 Peltreau Marie 5 fille
Ch. de la Grèneraie 1 Fonteneau Jean 37 meunier 2P rz, moulin, écuries
Ch. de la Grèneraie 1 Maillard Marie 28 femme
Ch. de la Grèneraie 1 Fonteneau Jean 4 fils
Ch. de la Grèneraie 1 Fonteneau Marie 8 fille
Ch. de la Grèneraie 1 Boursier Ve Fonteneau 76 mère
Ch. de la Grèneraie 1 Niglais René 32 meunier 2P rz, moulin, dépendances
Ch. de la Grèneraie 1 Fonteneau Jeanne 39 femme
Ch. de la Grèneraie 1 Niglais Jeanne 1 fille
Ch. de la Grèneraie 1 (blanc) Annette 16 domestique
Ch. de la Grèneraie 2 Blanchard Mathurin 58 meunier 2P rz, moulin
Ch. de la Grèneraie 2 Aubin Marie 59 femme
Ch. de la Grèneraie 2 Blanchard Joséphine 32 fille
Ch. de la Grèneraie 2 Blanchard Mathurin 29 fils
Ch. de la Grèneraie 2 Blanchard Rose 22 fille
Ch. de la Grèneraie 2 Blanchard Louise 14 fils
Hte Grèneraie 1 Fonteneau François 36 meunier 1P rz, moulin, dépendances
Hte Grèneraie 1 Fonteneau Marie 33 sœur
Hte Grèneraie 2 Davieaud Perrine 70 rentière 2P rz
Hte Grèneraie 2 Dubreuil Anne 34 domestique
rte de Clisson 10 Poislane Laurent 50 meunier maison 2P rz, moulin
rte de Clisson 10 Paré Marie 44 femme
rte de Clisson 10 Poislane Laurent 18 fils
rte de Clisson 10 Poislane Louis 12 fils
rte de Clisson 10 Poislane Charles 2 fils
rte de Clisson 10 Poislane Julien 45 frère 1P rz
rte de Clisson 11 Allard Laurent 84 meunier maison 2P rz, moulin
rte de Clisson 11 Allard Joseph 48 fils
rte de Clisson 11 Allard Perrine 50 fille
rte de Clisson 11 Allard Laurent 59 meunier 2P rz, moulin
rte de Clisson 11 Allard Jeanne 50 femme
rte de Clisson 11 Allard Jeanne 21 fille
rte de Clisson 11 Pineau François 55 domestique
rte de Clisson 12 Pinard Toussaint 66 propriétaire 3P rz, 3P 1er, jardin
rte de Clisson 12 Marinier Jeanne 66 femme
rte de Clisson 12 Vetu Marie 23 domestique
rte de Clisson 12 Bigeard Pierre 68 meunier logement moulin dépend.
rte de Clisson 12 Bigeard Julien 65 meunier 2P rz, moulin
rte de Clisson 12 Bouyer Renée 64 femme
rte de Clisson 12 Bigeard Rose 26 fille
rte de Clisson 12 (blanc) Louise 21 domestique
ch. haut de Vertou 3 Brebion François 52 meunier pte maison, moulin
ch. haut de Vertou 3 Sicot François 24 fils 1er lit
ch. haut de Vertou 3 Brebion Françoise 17 fille
ch. haut de Vertou 3 Brebion Jean 21 fils
ch. haut de Vertou 3 Brebion Marie 15 fille
ch. haut de Vertou 6 Allereau René 46 meunier petite maison, moulin
ch. haut de Vertou 6 Godin Jeanne 49 femme
ch. haut de Vertou 6 Allereau Marie 20 fille
ch. haut de Vertou 6 Allereau René 18 fils
ch. haut de Vertou 6 Allereau Reine 14 fille
ch. haut de Vertou 6 Allereau Louise 9 fille
ch. haut de Vertou 6 Allereau Baptiste 8 fils
ch. haut de Vertou 6 Allereau Joséphine 8 fille
ch. haut de Vertou 7 Fonteneau Gabriel 61 meunier maison de 2P, enclos
ch. haut de Vertou 7 Menard Rose 61 femme
ch. haut de Vertou 7 Fonteneau Louise 21 fille
ch. de Vertou ouest 2 Durand Guy 28 meunier maison, moulin
ch. de Vertou ouest 2 (blanc) Jeanne 27 femme
ch. de Vertou ouest 3 Jarravé Ve Menard 72 meunière moulin, 2P rz
ch. de Vertou ouest 3 Menard Jeanne 45 fille
ch. de Vertou ouest 3 Menard Louis 38 fils meunier 1P 1er
ch. de Vertou ouest 3 Maillard Marie 25 femme
ch. de Vertou ouest 3 Menard Louis 3 fils
ch. de Vertou ouest 3 Menard Marie 0,5 fille
ch. de Vertou ouest 3 Bigaud Joseph 41 domestique

Les moulins de Nantes Sud Loire en 1834

Les plans cadastraux les mieux conservés sont ceux des Archives Départementales que voici.

Le moulin de St Jacques figure sur le même plan que celui des Gobelets. Vous voyez au milieu ce qui est aujourd’hui la rue de la Ripossière, en haut la route de Clisson, et le moulin de St Jacques est à gauche en bas. Pour ceux des Gobelets je vous en avais déjà parlé

Les 2 moulins de la Tache sont en bas au début de la route de Vertou. Ce cadastre de 1834 est celui des Archives Municipales puis suivent ceux des Coteaux de Sèvres. La rue actuelle nommée la Tache se trouve un peu plus haut et plus proche des moulins du Chiron qui suivent.

Voici ceux du Chiron un peu plus loin et plus haute route de Vertou, et la carte d’Etat Major de 1866 qui vous situe ces lieux :

et voici quelques moulins de la Grèneraie.

J’ai travaillé dans les années 1960 en haut d’un immense moulin moderne à Cologne sur le Rhin et vous ai déjà raconté ce merveilleux moulin sur le Rhin, mais je suis née près des anciens moulins des Gobelets quartier que j’ai dû quiter en 1956, alors à la mémoire des anciens meuniers de Nantes Sud Loire j’ai écrit ces lignes.  

 

 

 

La miroiterie Marly route de Clisson, Nantes dès 1913

Dans les années 1970-2006, avant que Suma s’agrandisse et que la ville de Nantes restructure le quartier du Clos-Toreau pour le désenclaver, les piétons du Clos Torreau avaient seulement une passerelle par-dessus le boulevard, qui atterrissait rue des Herses, le long d’un immense atelier qui fut la miroiterie Marly, face au grainetier Haury. Ci-contre, le plan en 2023, à gauche en gris Suma, le chemin des Herses n’est plus en ligne droite car il dessert maintenant la traverse vers le Clos-Toreau (à droite) et l’annexe de la mairie.

Histoire des miroirs

Jusqu’en 1691, le miroir est plus que rare car il n’existe alors que le verre soufflé. Depuis, grâce à une invention française, on sait laminer le verre et Louis XIV en fut le premier bénéficiaire avec sa galerie des glaces. Puis la pénétration du miroir dans les foyers est extrêmement lente, uniquement chez les gens aisés, comme j’ai pu le constater dans les multiples inventaires après décès que j’ai retranscrits et mis en ligne. La fabrication de miroirs va bouger dans les années 1835, en particulier à Bordeaux avec Poncet Marly et ses descendants.
« Très rapidement, sa production se développa dans les multiples spécialités de la glace et du verre, depuis la grande glace pour l’agencement des magasins jusqu’à la miroiterie de mobilier et de décoration (glaces pour salle de bains, glaces biseautées pour l’ameublement, verres à vitres, dalles, etc.). » (Les Glaces de Marly, Sud-Ouest, 11.2012)
L’affaire se développe de sorte que Marly essaime « Nantes (1913), Limoges (1924), Toulouse (1930). Très vite, la marque Marly sera présente à partir de 1951 en Afrique du Nord et dans tous les territoires d’Outre-mer, notamment en Algérie et au Maroc. » (idem)

Pour l’histoire du verre, voyez mon site et voyez le Colloque de 2005

La miroiterie Marly à Nantes

Marly s’installe à Nantes en 1913 au n°1 route de Clisson et le directeur est logé à côté en face de la graineterie Haury.

 

La France autorisait encore l’emploi des enfants de 12 ans, comme on le faisait depuis des siècles et même encore plus jeunes avant. Les petites annonces de cette époque sont nombreuses pour les enfants et Marly n’est en aucun cas une exception. L’emploi des enfants existe encore dans le monde, et nous l’oublions souvent dans nos achats à pas cher !!!

Le biseautage nous vient des Vénitiens et les glaces de Versailles sont biseautées. Cette technique difficile donc manifestement couteuse, semble avoir disparu du commerce des glaces à de très rares exceptions près. (J‘en ai 2 mais impossible de photographier le biseau et sur internet les photos de glaces biseautées ne rendent pas plus le biseau que moi)

En 1933, l’entreprise s’est diversifiée dans le sanitaire, et quelques maisons à Nantes St Jacques en furent clients.

En 1936, Nantes, toujours pionnière en matière de grèves, en connu beaucoup. Marly aussi. 

 

En 1938 on n’a plus droit d’embaucher des enfants de 12 ans !

 

 

Et pendant la seconde guerre mondiale l’usine Marly doit même embaucher des retraités faute de main-d’oeuvre.

 

 

 

Toutes les usines Marly fermèrent avant 1982, et celle de Nantes bien avant. Il faut dire que le grand concurrent était alors Saint-Gobain comme le montre cette très ancienne annonce Nantaise.

Histoire de la Croix des Herses, Nantes

J’ai écrit ces lignes le 8.1.1989 et je vous les offre en ligne, en souhaitant que dans le PLUM de la ville de Nantes, on conserve avec respect ce calvaire (toutes les photos en noir et blanc sont de 1938, et vous pouvez les zoomer) :

La Croix des Herses est située au milieu de cette vue du ciel au bout de la ligne des nouveaux Ponts. Elle fera l’entrée de l’accès prévu par le PLUM de la ville de Nantes aux espaces verts.
Les Herses et la Gilarderie étaient des terres autrefois dépendantes de la paroisse de Saint Sébastien d’Aigne. Les habitants y étaient surtout des laboureurs, par opposition à Saint Jacques de Pirmil où les habitants étaient surtout des artisans.
L’église paroissiale était si éloignée, que les laboureurs de la Gilarderie allaient souvent recevoir les sacrements au Prieuré St Jacques de Pirmil, plus proche. Si vous faites des recherches de vos ancêtres, il est indispensable d’aller aux Archives Municipales pour Pirmil, et aux Archives Départementales pour l’église de St Sébastien.
Un calvaire se dressait avant la Révolution à l’entrée du terrain vague communal à l’emplacement de l’actuel feu tricolore qui commande le pont de la route de Clisson sur la pénétrante Sud.
Ce calvaire fut détruit en 1793 à l’époque de la persécution des catholiques. Quelques années plus tard, on le remplaça par une croix de bois sur un piédestal.
Cette croix des Herses marquait le début de la pièce des Herses et de celle de la Gilarderie plus étendue. Les fermiers, qui avaient des parcelles de terre dans cette pièce des Herses, avaient pris l’habitude de passer à travers un terrain vague situé le long du moulin des Gobelets.

Ce plan retrace les lieux au 19ème siècle, ainsi que raconté ci-dessous.
Le moulin à vent des Gobelets était situé à l’emplacement actuel de la pénétrante Sud, presque en bordure de la route de Clisson. Vers 1840, Marie-Judith LEBRAIRE qui en était alors propriétaire le fit détruire. Avec les matériaux, elle fit contruire en bordure de la route de Clisson une modeste maison basse constituée uniquement de 2 chambres : l’une située sur la route de Clisson, l’autre derrière. Mais la maison supprimait le passage aux fermiers.
Bien qu’il ne s’agisse pas d’une servitude, mais d’une simple tolérance, les fermiers intentèrent un procès à l’issue duquel Melle LEBRAIRE fut condamnée à démolir sa maison. Elle fit appel à Rennes et obtint finalement une transaction : elle conservait sa maison et en contrepartie elle cédait un passage de l’autre côté de la maison.
Le chemin de la Gilarderie était né ! tel qu’il exista pendant près de 140 ans, pour devenir depuis peu la rue Georges LE MEVEL.
La maison de Marie-Judith LEBRAIRE ne fut détruite qu’en 1982 pour laisser le passage à la nouvelle pénétrante Sud. On se souvient encore de ces 2 petites maisons basses dans lesquelles un laboratoire et une société d’assurances s’accrochèrent longtemps résistant aux COUPS de bulldozers des démolisseurs !
Dans les années 1920, la croix de bois située à l’angle de la route de Clisson et du chemin de la Gilarderie menaçait ruine.
En 1930, la municipalité Nantaise fit demander à Monsieur le Curé de Saint Jacques à qui appartenait cette croix. Les recherches qui furent faites à cette occasion n’aboutirent à aucun résultat.
Bien qu’elle fût propriétaire des maisons touchant la croix, la famille HALBERT ne voulut pas en reconnaître la propriété.
En vue de la sécurité publique, la municipalité, d’un commun accord avec Mr le Curé, décida de la démolir. Tous les matériaux furent remis à Mr le Curé…
On ne pouvait pas songer à rétablir la croix sur le même emplacement. Il était frappé d’alignement. La famille HALBERT sollicitée refusa d’abord de donner le petit triangle de terrain situé a droite de l’entrée des magasins à fourrages. C’était pourtant le seul emplacement où la croix des Herses pouvait être rétablie. Les histoires (1928) de l’école chrétienne n’étaient pas encore très éloignées. Heureux peut-être de manifester un petit reste de mécontentement, Mr HALBERT s’y opposa nettement. Puis l’affaire tomba en sommeil.
Elle se réveilla en 1936. Dans l’intervalle, Mr HALBERT était mort (février 1932).
En 1936, février et juillet, Mme HALBERT maria les deux ainées de ses jeunes filles. Au premier mariage elle manifesta à Mr le curé le désir d’offrit un cadeau à l’église. Celui-ci lui dit que le seul cadeau qu’il désirait était le sacrifice du petit terrain triangulaire qui se trouvait à droite de l’entrée des magasins à fourrages, afin d’y rétablir la Croix des Herses.
« Je vais en parler à mes enfants, répondit-elle. Vous savez combien Mr HALBERT y était opposé. »
Les pourparlers duraient encore, quand survint le second mariage (juillet 1936) et avec lui, l’offrande d’un nouveau cadeau à l’église. Mr le Curé fit savoir que son désir était toujours le même que l’offrande à l’occasion du premier mariage. Quant au cadeau, à l’occasion du second mariage, la famille HALBERT n’avait qu’à faire élever une croix sur ledit terrain, et la reconstruction de la Croix des Herses serait ainsi réalisée.
Mme HALBERT demanda à réfléchir, mais peu de temps après, poussée par ses deux gendres, elle fit savoir qu’elle acceptait les deux propositions.
En 1937, Mr DROUIN, architecte, dressa un plan (malheureusement trop mesquin). Mr REFFÉ fit la croix en ciment armé. La croix était sans Christ.
Mais au mois de Juin 1937 eut lieu le mariage Georges HALBERT-Thérèse GUILLOUARD. En guise de cadeau Mr GUILLOUARD offrit un Christ qui coûta 500 F.
La bénédiction fut décidée pour le carême 1938. Mme HALBERT, à plusieurs reprises, manifesta le désir que Monseigneur 1’Evêque vint lui-même procéder à cette bénédiction. Pour lui être agréable, Mr le Curé en parla à son Excellence, qui accepta aussitôt la proposition. Elle fixa elle-même la cérémonie au dimanche 13 mars 1938, à 14 heures.

La population en fut avisée et, à l’heure marquée, une foule considérable se trouvait massée aux abords de la Croix. Monseigneur en fut charmé. A 14 heures sonnant il était là.
Les tambours et clairons du patronage, qui paraissaient pour la première fois, battent et sonnent « aux champs ». Une magnifique cantate à la Croix est exécutée par la chorale paroissiale, à laquelle se sont joints les aveugles de la Persagotière. Le R.P. MALO, le prédicateur de carême, prend la parole. Monseigneur bénit solennellement la croix et attache 50 jours d’indulgence à la récitation d’un « Pater et d’un Ave » devant elle. Il adresse la parole à la foule pendant quelques minutes et lui annonce officiellement que bientôt il reviendra (15 jours plus tard) à St Jacques pour assister à la représentation du beau drame de la Passion. Enfin, le cantique populaire « Vive Jésus ! Vive sa Croix ! » chanté par tout le monde, termine la cérémonie.
Après la cérémonie. Monseigneur accepta bien simplement d’aller sabler le champagne, avec les invités, dans le salon de la famille HALBERT. Le R.P. de Porgues, supérieur de la Joliverie, et Mr Lemerle, directeur de la Persagotière, étaient présents.
En 1974, à la mort de Georges HALBERT, Mr et Mme Bernard LANDRON achetèrent le magasin de grains et fourrages pour y transplanter leur carosserie, devenant ainsi propriétaires de la Croix des Herses. Bien que non pratiquants, les nouveaux propriétaires de la Croix des Herses eurent à coeur de la respecter et de l’entretenir.
C’est ainsi que depuis 14 ans, la Croix des Herses entretenue, nous rappelle la Croix du XVIIIème siècle, tout en faisant face à la pénétrante Sud qui a coupé notre quartier en deux.
fait à Nantes, le 8.1.1989
selon les sources :
– HALBERT Paul, « Histoire de la famille HALBERT », 1939
– Archives Municipales de Nantes, Dossier Croix des Herses » (1844, pour le procès de Melle LEBRAIRE)
– Cure de Saint Jacques, livre de Paroisse (pour la reconstruction en 1938 du calvaire actuel)

Création de la filature de laine Leduc rue Dos d’Âne, Nantes 1860

Avant la filature Leduc

En 1860 Nantes compte 2 filatures de laine, l’une Cheguillaume rue de Briord, l’autre Pequin rue Latour-d’Auvergne.

la filature Leduc


Mais en 1863 une nouvelle filature de laine s’est installée 22 rue Dos dÂne, la filature Leduc.
Mathurin Leduc est Angevin, natif de Chalonnes en 1815, et venu à Nantes où il a épousé en 1845 la soeur de François Pierre Leglas le tapissier, plus connu sous le nom de Leglas-Maurice, parce que leur mère était Joséphine Marie Maurice. Les tapissiers sont alors en fait des fabricants de meubles tapissés, tels qu’on les aime encore dans la bourgeoisie.

TAPISSIER. subst. masc. Ouvrier qui travaille en toute sorte de meubles de tapisserie et d’étoffe. C’est un tel Tapissier qui a fait ce meuble. (Dictionnaire de l’Académie française. Cinquième Édition. T.2 [1798])

Voici la filiation angevine de Mathurin Leduc, à Chalonnes (49) :
Etienne LEDUC †/1797 x Jacquine BARAULT †/1797
1-René Etienne LEDUC °Chalonnes-sur-Loire 30 avril 1766 †1820/ x Saint-Germain-des-Prés (49) 15 mai 1798 Renée DOLBEAU °1776 †1818
11-Mathurin LEDUC °Saint-Germain-des-Prés 28 mai 1815 †Nantes 4°C 17 octobre 1888 « décédé au numéro 22 de la rue Dos d’Âne à Nantes, s’éteignait Mathurin Leduc, filateur, âgé de 73 ans, né à Saint-Germain-des-Prés (49), veuf de Marie Joséphine Leglas, rentière, fils de feus René Etienne Leduc et Renée Dolbeau, propriétaires ». Il n’est pas inhumé au cimetière Saint-Jacques, qui est le plus proche, mais à la Bouteillerie, cimetière plus bourgeois, et probablement cimetière des Leglas. x Nantes 4°C 21 juin 1845 Marie-Joséphine LEGLAS fille de Joseph tapissier et Joséphine Maurice, petite fille de François Maurice et de François Marie Clergeaud négociant


Le 4 novembre 1880 il dépose une marque de fabrique.


Cette marque donne en bas les armes de la ville de Nantes entourées d’un L et un D, qui sont sans doute le nom Leduc, mais on voit en haut qu’il évoque Paris et Londres, avec lesquels il faisait manifestement du commerce.

sous-vêtements de laine en 1880

Dans la boutique de la place Royale à Nantes, bien située voici :

La laine est partout, y compris dans les jupons des dames et les chaussettes.  Aujourd’hui, nous isolons les murs, c’est obligatoire, mais on ne se couvre pas beaucoup, et encore moins de laine, même si les synthétiques peuvent être assez chauds. La laine avait l’immense avantage de ne pas prendre d’odeurs et cela nous l’avons oublié.

FLANELLE. s. f. Étoffe légère de laine. Flanelle d’ Angleterre. Gilet de flanelle. Porter de la flanelle sur la peau. Flanelle de santé. Dictionnaire de l’Académie française. Sixième Édition. T.1  [1835]

Après le décès en 1888 de Mathurin Leduc

Il décède en 1888 sans héritiers directs, et des années plus tard la filature bonneterie de la rue Dos d’Âne est rachetée par Auguste Blouin et racontée par son petit fils dans le n°9 de l’histoire de Nantes-Sud. 

 

Les habitants de la rue Saint Jacques, Nantes 1890

L’Annuaire-almanach général des cent mille adresses de la Loire-Inférieure, janvier 1890 en ligne rubrique Presse des Archives Départementales de Loire-Atlantique, donne les habitants par rue. Il y avait beaucoup de cabarets rue Saint-Jacques et en 1950 il existait encore de très nombreux bistrots. Par contre en 1890 l’annuaire ignore le terme « épicier » et je suppose que sont les regratiers qui revendent l’épicerie, car sinon pour se nourrir on a bien boucher, charcutier, tripier, boulanger et même pâtissier. L’horloger est en bas de la rue, et remontra en face l’église lors de la démolition du bas de la rue. On se chauffe (quand on peut) alors au bois et au charbon dont un marchand sur place. Les aumôniers qui sont là sont ceux de l’école alors catholique. Il y a bien médecin et pharmacien, mais au bas de la rue. Enfin, mes ascendants, et sans doute les vôtres sont là, et Francis Guillouard, le quincailler dont je vais vous parler, est bien dans l’annuaire.

Bonne lecture, et si vous le souhaitez je peux vous les mettre en ordre alphabétique car j’ai tous mis sur tableur dans ma machine ! Mais ne cherchez pas l’hôpital, car il n’est pas nommé, alors pour mémoire le voici car c’est lui qui a le plus grand nombre d’habitants :

 

Rousseau L., cabar. bill. 3
Cassin Ménard.
Coignard V., pâtissier. 5
Lecoq Mich., cabar.
Cremet Fr., boulanger. 7
Dezaunay Gél., cabar.
Benesteau F., tissus. 9
Pergeline B., regrat.
Dadin Jul., veuve.
Dadin L., fils.
Chesneau J.
Tarlet Prud., horloger. 11
Bauquin L., boucher. 13
Brémont, veuve.
Lallier Aug., veuve, débit.
Sauvestre J., veuve.
Baron Al. 15
Leloup L., veuve, Mde de faïence.
Vallin Al., bourrelier. 17
Vallin J.
Langlois Ch., cabar. log. 19
Le Bastard CL, boulang. 21
Le Bastard G.
Jannin Alf., regrat. 23
Ruette Joséphine.
Salmon M., veuve. 25
Berger J., boucher.
Rethoré L.
Dugué Donatien.
Lecomb L., veuve. 27
Perrin Phil., eaux gazeuses.
Libeau Jul., veuve.
Guerrois P., bois et charb. 29
Bertreux, dame.
Bilon Fr.
Brelet Hip.
Chevalier Ch. 35
Ménard Aug., curé. 37
Maillard Fr., mercerie. 41
Houssais, demoiselle, regrat. 43
Jonin Félix.
Jousset J., veuve. 45
Turpin P., serrurier. 49
Doullain P., débitant. 55
Chuchu Aimé. 57
Havequiez Eug.
Cassard Fr. 61
Minier V. (Mme), md de laine. 63
Gruais Math., tissus. 65
Baud J., galochier.
Cormerais Arm. 67
Glet J., cabar.
Chapelle Val., boisselier.
Prinelle J.
Hymenne J., aumônier. 69
Gaillard, id.
Boissier V. 87
Garnison, veuve.
Sourdille Phil., trav. public. 91-93
Boucher J., veuve.
Boucher, demoiselle.
Mesnard, veuve. 95
Cocaud Ch. 97-99
Bernier L., aubergiste. 101bis
Bouix L., chiffon. 103-105
Huet Rod. 107
Mazé Leguidard. 109
Braud Math. 113
Fleuriot Clém.
Roulland P., md de planches.
Truen J.-B.
Lalot Benj.
Blanchard René, pharmacien. 2
O’Neil Fél., doct. méd.
Ferreira, veuve.
Meresmes J., md forain.
Jeanneaux P., cabar. bill. 4
Rabreau Benj., teinturier.
Pavageau Fél.
Salais J., chapelier.
Lefeuvre Al., boulanger.
Naux Ch., regrat. 6
Tenaud Jul.
Boquin Jul. 8
Maraut Martin, chiffon. 10
Guilloys L., tabacs. 12
Lemarchand L., peintre. 14
Lemarchand Eug.
Gouin Arm.
Babonneau J., cabar. 16
Bretagne, dame., modiste. 26
Ortais Aug.
Ertaud Joséphine.
Ertaud V., regrat.
Duval Anna, veuve, cabar. 28
Robert Th., veuve.
Busseau J., menuisier. 32
Renaud L., cabar. bil. 34
Bernachon J., veuve, tissus. 36
Fresneau Marie, volailles.
Fournier Rémond, cabar. 42
Remaud Félicité. 44
Meynier V.
Macé Eug. 46
Dezaunay Céline, cabar. 48
Guilloré J. M.
Renaud Fr. 50
Salma Em. 52
Mahé Caroline.
Gillet Ed.
Conan B., mercerie. 54
Beillevaire L., veuve. 56
Beillevaire Marie.
Beillevaire Anne.
Boireau Cél., charcut. 58
Huteau Fr.,
Armand Hip. 60
Armand Marie L.
Armand Henriette.
Landais Jul. 62
Laroche, nég. com. 66
Halbert. H., veuve, boulangère.
Veillet J., veuve. 68
Berlho, veuve.
Lebraire Marie.
Guillouard J., tripier. 70
Terrien Fr.
Terrien, veuve, regrat. 72
Audusseau, dame, tripière.
Allaire.
Cassin Ferd., cabar. bill. 74
Ricoul Fr. 76
Le Goyat J.-B., menuisier.
Ricou Aug., perruq.
Perrin, veuve.
Guilbault, demoiselle.
Meyer, veuve.
Cassin C.
Rousselot Jul., cab. bill. 78
Pau vert L., regrat. 80
Guillouard Fr., quincaillier. 82
Baron J.-B. 84
Foucaud H. 88
Babonneau.
Le Croizier, demoiselle.
Clément J.-B.
Dauce, veuve, tissus 90
Rousselot Marie. 92
Puisais.
Lebris J., veuve, cabar. 102
Marion Ch., veuve, mercerie. 108
Dupras-Marion.
Jouis Marie. 126
Jouis, veuve. 128
Leblouck J., cabaret 130
Mary J.-B., id.
Fonteneau J., regrat.
Marboz F., mar.-ferrant.
Nicolas Math. 132
Bouchaud Hon. 138
Porcher Clair 140
Tenant J.B. cabar. log. 142
Guilbaud  veuve 144
Corgnet Anne
Martin P., veuve 146
David René, fils 148
David B. veuve
Perron-Emeriau J. 150
Guitton P. bouquetier 158
Guérin P.
Guitton O. veuve
Joubert J. B. veuve 160
Joubert Victor
Roy CH. Dame coutur.
Bretonnière Fr. 162
Garnier Math cabar. bill. 164
Praud L. regrat. 166
Pageot j.
Claquin 168-170
Menoret, veuve
Berthy J.P.
Bertin Gast. 172
Buisson Denis charron 174-176
Monnier Jacq.
Tautain
Tourman
Métaireau L. 180
Touchy Guil. 182-184
Joubert Alf.
Patron L. cabar.
Vautrin receveur d’octroi 186
Rezaud G.
Ragot P.

La graineterie Moriceau Nantes Saint-Jacques 1814-1860

la graineterie Moriceau

Avant la graineterie Haury route de Clisson, les Moriceau ont tenu une graineterie Rue Dos d’Âne puis rue Saint-Jacques, à l’époque où la route de Clisson commençait à voir des maisons apparaître et les jardiniers de Saint Jacques aller de plus en plus loin sur la route de Clisson, déjà sous la pression de l’urbanisme.
En 1809, Louis Cornet tenaît graineterie Rue Dos d’Âne à Nantes Sud Loire proche de la boutique de Julien Moriceau et Jeanne Morandeau, mes ascendants, arrivés du Bignon à Nantes en 1794.  La boutique rapporte si peu qu’ils sont notés « indigents » sur le recensement de 1809 (collection des AM Nantes). Les indigents sont alors nombreux à Saint-Jacques et c’est sans doute le fait qu’ils arrivent seulement à se nourrir qui les distingue des misérables, encore plus pauvres, ne pouvant même pas se payer assez de nourriture.

Louis Cornet disparaît avant 1814 laissant l’opportunité à Julien Moriceau de devenir lui-même grainetier comme l’attestent les nombreux recensements tant aux Archives Municipales que Départementales. ainsi que son décès en 1831 :

Nantes le 22 avril 1831 décès de Julien Moriceau grénetier 71 ans né au Bignon époux de Jeanne Morandeau. La signature Maillard est celle de son gendre car une des filles est mariée. Ses 2 filles continueront la graineterie, la déplaçant même en 1836 au n°80 rue Saint Jacques dans une boutique et maison dont elles ont fait l’acquisition. Cette maison était à l’angle de la rue du Frère Louis et deviendra plus tard la quincaillerie Guillouard.

La maison acquise en 1836 par les 2 soeurs Moriceau et François Maillard, forgeron, le mari de l’une d’elles, est la parcelle 2024 et le cadastre de 1834 montre que cette maison et celle qui est à l’arrière dépassent sur la rue de Vertou (future rue du Frère Louis) et sont alors condamnées à être un jour alignées. Les vendeuses sont les soeurs de la Sagesse, demeurant à l’hôpital St Jacques, qui possèdent manifestement cette maison à la suite d’un legs. La maison a « façade sur les 2 rues et porte le n°80 rue Saint Jacques, composée de 3 pièces au rez de chaussée, 3 greniers au dessus, droit de puisage au puits situé dans une cour dépendant de la maison de la veuve Bernard au n°75 rue Saint Jacques, et généralement toutes les aisances… » Mais en fait d’aisances, la maison n’a pas de latrines aussi en 1840, ils achètent un vieux cellier en ruine au fond de la cour pour y faire construire des latrines communes, avec porte de sapin et clefs aux voisins. Ne me demandez pas comment on faisait avant, et comment faisaient tous les habitants de la rue Saint Jacques qui n’avaient pas de latrines, mais j’atteste que certaines maisons possédaient latrines dehors au jardin derrière la maison, et j’ai personnellement, née en 1938, utilisé les latrines jardin du n°60 rue Saint Jacques, maison alors de ma grand mère maternelle, car celle-ci ne laissait aux enfants que ces latrines. C’était impressionnant de s’assoir sur ces planches de bois et cet énorme trou ! Mais ma grand mère n’était pas la seule à agir ainsi, car j’ai le même souvenir à Montjean sur Loire, dans la maison d’une tante de mon père, et là les latrines étaient encore plus impressionnantes, car elles possédaient en droite ligne 3 trous adultes et 2 enfants. Des années plus tard, environ 1970, je me souviens fort bien rentrant du centre de Nantes en bus, derrière mois 2 personnes plus âgées et elles racontaient comment c’était avant leur logement au Clos Torreau, et leurs latrines, comme celles que j’avais connu dans mon enfance, en d’autres termes, le Clos Torreau leur avait apporté le confort moderne des latrines modernes. J’étais très émue de les entendre et je possède un tel don d’empathie que je les entends encore…

Jeanne-Françoise Moriceau, la grainetière épouse de François Maillard, n’aura que 2 enfants : l’un prêtre, l’autre Jeanne-Victoire Maillard, qui va épouser en 1848 Jean Mathurin Grelet maçon. Ce couple ne poursuivra pas l’activité de leur mère à son décès en 1862. La graineterie disparaît pour réapparaître en d’autres mains, un peu plus loin, au 2 route de Clisson, et l’histoire de cette grainetrie est parue en 2009 dans le bulletin n°2 du Groupe Mémoire Nantes Sud : Un quartier, une vie, un homme : Charles Haury.

l’origine Angevine des Haury


Les Ory sont tisserands au moins depuis 1600 à Cossé-le-Vivien, commune dont j’ai fait l’histoire sur mon site depuis longtemps déjà, du temps où j’y étudiais mes ascendants issus de ce bourg. Après 7 générations d’Ory à Cossé-le-Vivien, l’un d’eux, né en 1820 vient à Bonnoeuvre et s’y marie en 1845. Autrefois, quand on n’était pas l’aîné, il n’y avait plus de travail pour s’installer sur place et on devant prendre son balluchon et partir chercher ailleurs fortune.

Voici depuis 1600 la liste des ascendants ORY qui font les HAURY (x pour mariage, /pour avant, °pour naissance, †pour décès)  :

Jean Ory x /1598 Jeanne LELARDEUX
Jean ORY °ca 1606 x /1635 Jacquine HATIER
Michel ORY °Cossé-le-Vivien (53) 28 janvier 1635 †Cossé-le-Vivien 28 avril 1718 x Marguerite LECONTE
Michel ORY °Cossé-le-Vivien 10 février 1673 †Cossé-le-Vivien 7 juin 1742 tissier x Cossé-le-Vivien 28 janvier 1702 Renée PINOT
René ORY °ca 1714 Tissier à la Bucherie en 1750 x Cossé-le-Vivien 21 novembre 1750 Mathurine FOUCHER °1729 Fille de Jean FOUCHER closier à la Rivière Suzanne et Françoise DOISNEAU « mariage en présence de Pierre Simon cousin germain de l’époux, Jean Foucher frère de l’épouse »
René ORY °1753 x Cossé-le-Vivien 13 février 1781 Renée CHANCEREUL fille de Denis et Marie Hocdé
Marin ORY °1789 x Cossé-le-Vivien 13 novembre 1815 Renée JEUDY fille de Joseph et Renée Triboulet
Julien ORY aliâs HAURY °Cossé-le-Vivien (53) 25 septembre 1820 †Bonnoeuvre (44) 25 juin 1885 tisserand x Bonnoeuvre 8 juillet 1850 Jeanne Marie PÉNOT
Jean-Marie HAURY °Bonnoeuvre 10 juillet 1856 †Bonnoeuvre 2 août 1914 tisserand x Bonnoeuvre 16 janvier 1883 Léonie Marie SIONNIÈRE
1-Jean Marie HAURY maréchal ferrant 138 rue St Jacques à Nantes en 1900
2-Léon Louis Marie HAURY °Bonnoeuvre (44) 23 août 1900 †Nantes 7 avril 1966 Vit à Nantes route de Vertou à la Tâche en 1900 x Bonnoeuvre 14 août 1925 Louise Francine GUILLARD °Nantes 22 janvier 1900 jardinière route de Clisson à Nantes en 1900 Fille de Benjamin Louis GUILLARD †/1900 et Marie Joséphine LEFLOCH °Nantes 4°C 29 juin 1868 †Nantes 25 août 1945 jardinière route de Clisson à Nantes en 1900, fille de Joseph Marie Lefloch et Jeanne Céleste Dadin. Belle-sœur de Jules Henri Chevalier jardinier route de Vertou à la Tâche en 1900

la pesée des graines en vrac

Charles Haury tenait la graineterie de sa femme née Guillard, et nul doute que les Guillard acquirent des Moriceau du moins en partie meubles ou balances du magasin. C’était alors l’époque du vrac, avant le blister qui nous interdit de voir les graines et autres marchandises. La graineterie était meublée de meubles à petits tiroirs, et lorsqu’on y entrait on avait l’odeur des graines, odeur dont le blister nous a privé, mais il nous a aussi privé de bien plus … il nous a privé du spectacle de la Roberval.

Lorsque la graineterie Haury  a fermé, j’ai fait l’acquisition d’une de leurs balances Roberval. Je rêve en la regardant à mon ancêtre Jeanne-Françoise Moriceau qui l’utilisa sans doute avant. Alors, je vois l’un des petits tiroirs du grand meuble à graines s’ouvrir, la pelle à grains y plonger, puis l’index du grainetier la tappoter et j’entends les petits grains tombés un à un sur le plateau de la Roberval. Oh, pas nombreux, on achetait souvant par 5 ou 10 g, comme le montrent les petits poids devant ma photo de la Roberval des Haury. Et Dieu sait si une Roberval cela me parle, car en 1960 j’étais technicienne chimiste au loin, dans l’immense laboratoire d’une immense usine, et à cette époque la chimie était encore à l’ancienne. La balance Roberval me parle maintenant de mes ascendants Moriceau grainetiers rue Saint Jacques, et de mes débuts dans la chimie d’autrefois, de toute une époque oubliée bien souvent…

A bientôt avec l’histoire suivante, la disparition de la graineterie et la construction de la quincaillerie GUILLOUARD