Gervais Travers, orfèvre, en affaires avec Renée Guillou, Angers 1558

sur 2 actes passés le même jour chez Legauffre.
Je suis très surprise de ne pas voir de signature de Travers car selon moi ce métier savait toujours signer et c’était le haut de gamme des artisans, même des artistes au sens propre.

Cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E8 – Voici ma retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 9 février 1558 (avant Pâques, donc le 9 février 1559 n.s.) en la cour du roy notre sire à Angers par devant nous (Legauffre notaire royal Angers) personnellement estably Loys Legauffre sergent royal ordinaire et sergent d’Anjou paroissien de st Morille d’Angers d’une part et Gervaise Travers orfèvre demeurant audit Angers d’autre part, soubzmetant etc confessent savoir ledit Legauffre avoir vendu ceddé et transporté audit Travers à ce présent et acceptant pour luy ses hoirs la somme de 21 livres 13 soulz 4 deniers de rente ypothécaire que ledit Legauffre vendeur a droit d’avoir et prendre chacuns ans et est deue par Renée Guillou veufve de feu André Delanoe comme apert par contrat de création de ladite rente qui fut fait et passé soubz ceste cour du 14 janvier 1547 par devant nous notaire soubz signé
et est faite ladite vendition pour la somme de 286 livres tz quelle somme ledit Travers achapteur a promis payer audit Legauffre dedans Pasques prochainement venant, sans que ledit vendeur soit tenu en aucun garantage ne restitution de deniers fors de son fait et pour tout garantage ledit cedant a baillé audit achapteur qui a prins et receu le contrat de création et constitution de ladite rente, à ce tenir etc obligent lesdites parties eulx leurs hoirs et mesmes ledit achapteur ses biens à prendre vendre etc renonçant etc foy jugement et condemnation etc fait et passé à Angers en présence de Guillaume Thibault et Louys Deschamps tesmoins

  • 2ème cession de rente

Le 9 février 1558 (avant Pâques, donc le 9 février 1559 n.s.) en la cour du roy notre sire à Angers par devant nous (Legauffre notaire royal Angers) personnellement establye honneste femme Renée Huillou veufve de veu André Delanoe tant en son nom que comme tutrice naturelle des enfants mineurs d’ans dudit deffunt et d’elle soubzmectant en chacun desdits noms ung seul et pour le tout sans division etc confesse avoir aujourd’huy vendu ceddé et transporté et par ces présentes vend cedde et transporte à Gervaise Travers orfèvre demeurant audit Angers à ce présent et acceptant pour luy ses hoirs etc la somme de 10 livres de rente deue à ladite Guillou esdits noms par Me Michel Herault sur et par raison de certaine portion de maison amplement déclarée par le contrat par nous passé entre ladite Guillou et Herault à la charge de la grâce e faculté de recousse et amortissement audit contrat de baillée à rente et est faite la présente vendition pour la somme de 214 livres tz poyée content ce jour en notre présence et à veue de nous par ledit achapteur à ladite venderesse et dont etc à ce tenir etc garantir etc obligent renonçant etc foy jugement et condemnation etc fait et passé à Angers par devant nous Jehan Legauffre notaire royal en présence de Me Guillaume Thibault et Loys Deschamps tesmoins

7 réponses sur “Gervais Travers, orfèvre, en affaires avec Renée Guillou, Angers 1558

  1. Bonjour Odile, je tombe sur votre billet ci dessus qui date un peu en cherchant des données sur les orfèvres. En effet je fais des recherches sur un orfèvre de Château Gontier, Gervaise Tressard, qui entre autres, a fait fait en 1470 le reliquaire du bras de Saint Just qui est en temps normal visible à l’Eglise Saint Jean Baptiste de Château Gontier (la crypte est actuellement en travaux). Il a travaillé aussi plusieurs fois (vaisselle et bijoux dont on a la trace des commandes ) pour Marguerite de Feschal épouse de Louis Bourré (né à Château Gontier également). Le patronyme est écrit Tressard, Thessard (pour son père Geoffroy) voire Trassard. Votre Gervais Travers ne pourrait-il être Trassars ou Tressard? Le prénom et le métier (rare car contingenté) me ferait penser à un lien, avant de creuser j’aimerai avoir votre avis.
    Bonne soirée.

  2. Odile je rajouterai que oui normalement un orfèvre était tenu de savoir lire et écrire pour exercer, cela avait été confirmé par l’ordonnance de François Ier de 1542 réglementant l’activité des orfèvres dans tout le royaume.

  3. Bonjour Michèle
    Merci de votre question.
    J’ai été relire mes originaux, et je vous ai même mis en ligne les vues (à l’intérieur de l’article ci-dessus, car plus pratique à insérer une vue que dans un commentaire)
    Je vous ai surligné le patronyme qui est bien écrit TRAVERS, et le notaire LEGAUFFRE est un notaire de haut niveau et fiable.
    S’il y avait eu dérive du patronyme, il serait étrange de ne plus retrouver SS qui eux sont toujours très visibles (même si parfois on peut les confondre avec ff) et donc les 2 actes que j’ai de LEGAUFFRE ne montrent aucun S
    Je suppose que vous connaissez le merveilleux ouvrage de la DRAC des Pays de Loire sur les Orfèvres – si vous demeurez près de Château-Gontier il est sans doute dans l’une des bibliothèques car il est un ouvrage indispensable que je n’ai malheureusement pas chez moi.
    Et je suppose que vous avez consulté aussi le dictionnaire en ligne de l’abbé Angot, et même mes pages d’histoire de CHâteau-Gontier sur mon site. (j’y avais passé de nombreuses semaines)
    Bien à vous
    Odile

  4. Odile, j’avoue que je suis toujours sans voix devant vos capacités, même en grossissant le tout sur mon grand écran, je suis bien incapable de juger par moi même, si je n’avais vos explications.
    Oui pour l’Abbé Angot, et vos pages sur Chateau Gontier, le tout plutôt deux fois qu’une , ainsi qu’un petit ouvrage de quatre fascicules  » Chateau Gontier mille ans d’histoire » qui synthétise bien et permet de se recentrer par des shémas. Je n’ai pas lu l’ouvrage sur les orfèvres, je le rajoute sur ma petite liste à voir à la médiathèque! Encore merci Odile !

  5. Bonjour Odile, et avant le livre sur l’orfèvrerie, suivant le lien de votre site, je suis partie sur galica parcourir Étude sur la vie privée au XVe siècle en Anjou / par André Joubert (1847-1891) : une mine de détails, naturellement sur Jean Bourré et ses proches, mais aussi sur Château Gontier et ses environs…!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *