Claude Haton, prêtre auteur de Mémoires, vivait rue de Troyes à Provins en 1585

Introduction

Les actes notariés donnent une foule de détails, non seulement sur les proches parents, mais aussi sur les lieux car autrefois on bornait chaque parcelle par le nom de tous les voisins. C’est ainsi que je trouve que Claude Haton, célèbre pour ses Mémoires, demeurait rue de Troyes à Provins en 1585.

Claude Haton

Son patronyme me passionne car je descends des Haton d’Anjou, sans lien apparent avec ceux de Seine-et-Marne, dont voici ce que j’ai déjà publié :
Claude Haton, auteur des Mémoires de la Champagne 1553-1582, conseille sa nièce devenue veuve, Le Mériot 1597
Pierre Haton et Lupien Chevrier cèdent leur droit de succession à celui qui a en charge les enfants mineurs du défunt, Melz sur Seine (77) 1597

rue de Troyes à Provins

La rue de Troyes existait encore en 1823 : « Dans la rue de Troyes, ainsi nommée parce qu’elle était autrefois la route pour la ville de Troyes, il y a un ancien bâtiment sous lequel est une double voûte, dont une très déformée par vétusté ; au-dessus étaient des magasins voûtés. On en a depuis longtemps détruit les cintres encore apparents, pour en faire une habitation. Denièrement on a percé dans le mur de devant des fenêtres, et abattu les anciennes ouvertures. Cet endroit, qui n’avait pas toujours servi de magatin, s’appelle Château-Fort. Actuellement c’est une maison : elle a des titres qui datent de plus de cinq cents ans. Voyez, dans les notres, Château-Fort. Dans la même rue était le petit hôtel-Dieu, le marché aux orges et une halle aux draps. » (OPOIX Christophe, Histoire et description de Provins ; Provins 1823)

La voici dénommée route de Troyes à la même époque : en bas à droite – Elle était au S.E. de la ville. Il y avait aussi une porte, disparue, mais que Claude Haton a connue :

le petit hôtel-Dieu de Provins

Dans certaines grandes villes on retrouve non seulement un Hôtel-Dieu mais aussi un petit hôtel-Dieu. Le petit devait être très ancien à Provins, probablement même avant la construction de l’Hôtel-Dieu, et il a disparu en 1740.

  • « Des femmes, logées au petit hôtel-Dieu de la rue de Troyes, sont maltraitées et violées par Nicolas Yver, maître du guet, et ses gens. » (Mémoires de Claude Haton : contenant le récit des événements accomplis de 1553 à 1582, principalement dans la Champagne)
  • Notice sur le petit Hôtel-Dieu de Provins… En 1740, le petit Hôtel-Dieu disparaissait après que les masures et dépendances qui en restaient encore eurent été données à cens et rentes à un particulier (Bulletin de la Société d’archéologie, sciences, lettres et arts du département de Seine-et-Marne 1865-1925)

le bornage avec Claude Haton, 1585

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins
1585.01.11 vue 225 – Michelle Jossot veuve de feu Gilles Ogeneau demeurant à Provins donne en pur vrai et loyal don entre vifs à Jacqueline Veloudart fille de Denis Veloudart sa niepce la moitié par indivis de tout tel droit qui lui appartient en une maison couverte de thuille court et jardin derrière appentils les lieux comme ils se comportent assis à Provins rue de Troyes tenant d’une part au petit hostel Dieu et à Me Claude Hatton prêtre d’un bout sur le pavé avec les passages et aisances de ladite maison

Les femmes de Provins géraient pour leur mari lorsqu’il s’absentait pour affaires ou guerre, 1585

Introduction

Je vous ai déjà parlé de l’éducation exceptionnelle des femmes à Provins. Elles secondaient aussi leur époux en affaires, car si Provins est connu pour avoir été une place importante dans le commerce, les marchands étaient aussi souvent en déplacement pour affaires, et leurs épouses traitaient alors devant notaires des actes importants. Pour mémoire, je vous rappelle que les femmes n’avaient aucun droit de traiter devant les notaires et que cette délaguation était exceptionnelle, ainsi j’ai vu à Angers les épouses de conseillers au parlement de Bretagne etc.. mais ceci est fort rare.

les Philippe à Provins

J’ai étudié les ancêtres de Jules Verne et il se trouve descendre d’une famille PHILIPPE de Provins.
Claude PHILIPPE †/octobre 1632 (selon le baptême du 31 octobre 1632 de Claude Prevost) sergent au baillage de Provins x ca 1605 Denise DESOUBZMARMONT
1-Claude PHILIPPE parrain à Provins St Quiriace le samedi lendemain de St Paul 1613 de Gabriel Philippe fils de Daniel Philippe et Anne Lelorgne – Parrain Provins St Quiriace le 31 octobre 1632 de Claude Prevost fils de Jean et Anne Philippe et dit « Me Claude Philppe fils de feu Claude »
2-Pierre PHILIPPE °Provins St Quiriace
3-Perrette aliàs Petronille PHILIPPE °Provins St Quiriace janvier 1607 « en latin, Petronilla Claudii Philippe et Denisia Marmont patrinus Carolus Georget matrina Petronilla de Romilly (s) – vue 14 5Mi6277 »
4-Anne PHILIPPE °Provins St Quiriace 27 juillet 1609 « baptisé Anne fille de Claude Philippe marchand demeurant au chastel de Provins et Denise Desoubzmarmont parrain honneste personne … praticien demeurant audit lieu et marraine Jehanne Chanterie femme de Jehan Desoubzmarmont huissier audiencier au bailly du Palais à Paris et Marye Triollet (ns) fille de noble homme Jehan Triollet
5-Marguerite PHILIPPE °Provins St Quiriace 15 janvier 1612 « baptisé Marguerite fille d’honneste personne Claude Philippe sergent royal à Provins et Denise Marmont parrain François Briantes (s) fils d’honorable homme Me Jehan Briantes Me chirurgien à Provins marraines honneste femme Marguerite Petit (s) femme d’honorable homme Me Edmé Fleury notaire royal à Provins, et Anne Marchand fille d’honorable homme Me André Marchant bourgeois à Provins » x (contrat de mariage 14 novembre 1636 AD77-260E8 père vivant huissier élection de Provins) Nicolas MICHAL
6-Pierre PHILIPPE °Provins St Quiriace 1er août 1614 « baptisé Pierre fils d’honorable homme Claude Philippe sergent au baillage de Provins et Denise Doubzmarmont parrain honneste personne Pierre Legrand marchand demeurant au chastel de Provins, et Claude Philippe fils de feu Pasquier demeurant audit chastel, marraine Loyse Desoubzmarmont fille d’honneste personne Nicolas Desoubzmarmont marchand demeurant audit Provins »
7-Marie PHILIPPE °Provins St Quiriace 17 janvier 1617 « baptisé Marie fille d’honorable homme Claude Philippes sergent à Provins de de Denise Soubzmarmont parrain Abraham Briantes (s) fils d’honneste personne Me Jehan Briantes chirurgien audit Provins marraines Marie Colombeau fille d’honneste personne Pierre Colombeau marchand audit Provins et Anne Benard (s) fille d’honneste personne Jacques Benard aussi marchant audit Provins »
Cette famille n’est pas étudiée sur les bases de données, et elle est manifestement rare donc ceux qui sont du même milieu bourgeois de Provins sont très probablement liés. Ainsi, je vous mets ce jour Catherine Philippe, bourgeoise de Provins, qui constitue une rente pour la somme principale de 132 écus, somme importante en 1585.

le patronyme Philippe en abrégé

Eh oui ! les patronymes subissaient aussi les abréviations paléographiques, aussi je vous ai entouré de rouge le patronyme Philippe abrégé par le notaire car c’est ainsi qu’il est le plus souvent écrit, mais rassurez-vous la signature de Catherine Philippe n’est pas en abrégée !

constition de rente par Catherine Philippe

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.01.02 vue 220 – Comparut personnellement Jacques Girard laboureur demeurant à Marival paroisse de Villegruys lequel de son bon gré sans force recogneu avoir vendu ceddé quicté transporté constitué assis assigné et par ces présentes vend constitué assiet et assigne promis et promet garentir fournir faire valloir par chacun an à ses propres sousts et despens à honorable homme Jehan Robinot marchant et bourgeois de Provins absent stipulé et accepté par honneste femme Katherine Philippe à ce présente achepteresse pour eulx leurs hoirs etc c’est à savoir sa femme la somme de 11 escuz d’or sol de rente annuelle … ceste constitution ainsi faicte moyennant le prix et somme de six vingts douze (132) escuz d’or sol argent fournis audit vendeur constituant a eu et receu dudit Robynot par les mains de ladite Philippe sa femme et à luy délivrés comptés et nombrés présent le notaire et tesmoins

 

L’anniversaire de la naissance d’un individu est une fête récente : autrefois il était donc difficile de connaître son âge et celui de ses proches.

Indroduction

J’avais publié cet article sur ce blog le 1er janvier 2010. Malheureusement, je découvre aujourd’hui, horrifiée, qu’il existe des généalogistes qui croient à l’âge au décès que le prêtre écrivait dans son acte de décès. Ils n’ont rien compris aux modes de vie de nos ancêtres !!! 

L’anniversaire du baptême était interdit par l’église 

Autrefois la date de naissance n’était pas connue des intéressés ni de leurs parents.
Comme la plupart d’entre vous sans doute, je me souviens de ma première recherche d’acte de naissance. J’avais le mariage qui donnait un âge, et j’avais naïvement retranché l’âge de l’année de mariage, croyant trouver la naissance. Et bien sûr je n’avais pas trouvé, car elle était quelques années plus tôt. Puis j’ai découvert dans les registres que la mention la plus fréquente était :  « ou environ »
Dur, dur, de comprendre d’où sortait cette mention d’approximation, et pourquoi nos ancêtres ne connaissaient leur âge qu’environ.
J’ai enfin trouvé l’explication, et aujourd’hui je vous emmêne découvrir les pratiques de nos ancêtres en matière de calcul d’âge et d’anniversaire.

TANT QUE VOUS N’AVEZ PAS LES DEUX ACTES (naissance et décès) VOUS N’AVEZ PAS LE DROIT DE VOUS CONTENTER DU SEUL ACTE DE DECES POUR DONNER UN ÂGE AU DÉCÈS

Histoire de l’anniversaire

Tout ce qui suit traite uniquement de la France, car de nos jours, avec la mondialisation, on ne sait plus très bien de quelle pratique on parle, surtout sur le Web ! Mon blog est dédié à ceux qui ont vécu autrefois en Haut-Anjou et il faut donc revenir aux pratiques françaises avant la Révolution. Voici d’abord les dictionnaires, pour mémoire :
Anniversaire, Annua parentalia. (Jean Nicot: Le Thresor de la langue francoyse, 1606)
Anniversaire. adj. Ce qui se fait d’année en année au mesme jour, l’année estant revoluë. Feste anniversaire. Procession anniversaire.
Anniversaire. s. m. Ne se dit que du service que l’on fait pour un mort une fois chaque année à perpetuité. C’est aujourd’huy que se fait l’anniversaire du feu Roy. (Dictionnaire de l’Académie française, 1st Edition, 1694)
Autrefois en France, comme c’est encore le cas dans certains pays, l’anniversaire était le « jour du souvenir », que le souvenir soit joyeux, et c’est alors une fête comme la prise de la Bastille, ou triste et c’est la Saint Barthélémy.
Les fêtes étaient nombreuses, à tel point qu’au Moyen Age on ne compte que 200 jours ouvrables par an. Elles sont toutes catholiques, dédiées à Dieu, selon le calendrier liturgique, et aux saints. Et je vous ai préparé un billet sur le nombre de fêtes autrefois.
Mais, à propos des saints, leur fête est l’anniversaire du jour de leur mort, et non celui de leur naissance. Selon saint Augustin :

« Nous célébrons justement l’anniversaire de ceux que le monde a conduit plus heureusement à la vie éternelle que la matrice qui conduit au monde ».

Ce qui signifie qu’un martyr naît par sa mort en entrant dans la vie éternelle. Célébrer sa naissance (évoquée ici par le terme de « matrice ») n’est qu’un péché d’orgueil individuel. On fête seulement l’anniversaire de la naissance du Christ.
Durant le Moyen Age, la célébration de la personne est bannie, l’individu ne compte pas. Célébrer son anniversaire personnel comme nous le faisons aujourd’hui aurait été péché d’orgueil selon l’église.
Les mémoires personnels, dont celui de Thomas Platter, fort détaillé et absoluement à lire, ne font état d’aucun anniversaire de la personne, mieux, Thomas Platter lui-même précise que lorsqu’il s’enquérit de sa date de naissance on lui répondit qu’il était venu au monde le dimanche de la Quasimodo 1499. On ne s’exprimait qu’en terme de jour religieux : fête liturgique ou saint du jour. Quand la fête est mobile, qui aurait été en mesure de calculer ?

L’individu, condamné en quelque sorte à ne pas connaître sa date de naissance, fête par contre le saint dont il porte le nom, mais tous ensemble à l’église, et non individuellement au foyer. Ce que nous appelons de nos jours « notre fête », était donc autrefois l’unique fête de l’individu et encore, elle n’était pas fêtée dans l’intimité du foyer, mais collectivement à l’église. Ceci devait être impressionnant lorsqu’on s’appelait Marie, Pierre etc… mais cela devait certainement être plus compliqué, voire inexistant, lorsqu’on portait un prénom rare !

l’individu commence un peu à émerger

A partir de François 1er le prêtre tient un registre paroissial des baptêmes, mais il est le seul à y avoir accès, d’ailleurs le droit canonique interdit l’accès aux registres de moins de 100 ans. Il est le seul a donner des certificats de baptême à ses confrères pour un mariage hors de la paroisse, que l’immense majorité de la population est incapable de lire. Ce sont donc les prêtres et eux seuls qui calculent l’âge de la majorité pour le mariage.
Quant aux tutelles et curatelles, elles relèvent du même cheminement de l’information, cette fois vers les représentants de l’autorité judiciaire, qui calculent donc l’âge de la majorité, bien sûr communiqué aux notaires qui devront procéder aux actes authentiques concernant le mineur puis le compte de tutelle à la majorité.

du péché d’orgueil qui est le culte du moi, à un début d’anniversaire

Le temps passe, et nous voici à l’époque de Louis XIII. Même le roi ne fête aucun de ses anniversaires, par contre le jour de la saint Louis feu d’artifice , grande fête populaire. Jusquà la Révolution, même les rois de France ne marquent qu’un anniversaire dans leur vie, et encore sans fête, c’est celui qui marque une étape importante de leur vie : le jour de leur 17 ans, qui leur donne majorité royale.

Il faudra attendra la fin du règne de Louis XIV pour voir les mentalités évoluer, et la date de naissance connue, tout au moins citée, par des nobles, hommes de plume, et bourgeois. On ne sait s’ils l’ont fêtée, car le mot « anniversaire » n’est pas évoqué à cette occasion. Mais les 2 pratiques, celle de la fête du saint, et celle de l’anniversaire ont dû commencer à se mélanger dans ces classes sociales.

L’histoire de l’anniversaire de la naissance commence seulement au 19e siècle

Alors, en ce jour du 1er jour de l’an, qui fut toujours une fête, même du temps du calendrier Julien, qui confondait alors le 1er de l’an et Pâques, je suis persuadée que ceux de nos ancêtres qui savaient compter jusqu’à 100, se donnaient ce jour-là un an de plus, puisqu’ils ne connaissaient que l’année de leur naissance, et encore, quand ils la connaissaient !
Alors je vous souhaite à tous un joyeux anniversaire, car au terme de ce qui précède, vous venez tous en ce premier jour de l’an de faire comme nos ancêtres l’on pratiqué : prendre une année de plus !
Et ne soyons plus étonnés des âges aléatoires que nous observons dans les registres, car le plus souvent le prêtre ne faisait pas la recherche dans son registre paroissial, si tant est que les mariés ou les morts y soient nés. Il indiquait l’âge approximatif soit à l’estimation visuelle, soit au chiffre approximatif connu des proches. C’est la fameuse mention « ou environ »
Pourtant, parfois, un prêtre a conscieusement pris le temps avant la sépulture de consulter l’acte de baptême, ce fut le cas pour mon ancêtre Perrine Coquereau inhumée à Cheffes le 3 février 1653 « Perrine Cocquereau femme de Jehan Choisy des Grois âgée de 50 ans 7 jours, a esté ensépulturée au cimetière de céans après avoir receu tous les saints sacrements par moy prêtre vicaire soussigné, et à esté fait service solemnel le jour de sa sépulture huit luminaires comme l’ordinaire le jour de St Blaise 3 février 1653 ». Et le baptême se trouvait bien là dans le registre, comme j’ai pu le constater. Les scientifiques facétieux disent que c’est l’exception qui confirme la règle !

Encore une fois, vous venez de prendre ce jour un an au compteur, car tel était autrefois le sort de nos ancêtres.

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Suzanne d’Aribert nomme Clément Gault son procureur, Valpuiseaux 1614

Introduction

Depuis 3 ans Association Valpuiseaux histoirE m’envoie aimablement ce qui concerne Clément Gault car il est issu de mes Gault d’Armaillé et était parti faire carrière chez des seigneurs puis avait fini par épousé en 1614 la fille d’un petit noble de Valpuiseaux, Claude d’Aribert. Voici ce que j’avais déjà sur mon blog :
Pouvoir de Françoise Gault pour recevoir de Maurice Barré 7 000 livres : Valpuiseaux (91), Bunou 1650
Il y avait 2 René Gault de la Grange dans les années 1640 signant à Pouancé : voici la preuve par les signatures
La maison appelée « la Grange » hostellerie en 1538 au bourg d’Armaillé, appartenant à René Gault
Contrat de mariage de Clément Gault de la Grange avec Claude d’Arribert, Paris 1614
Clément Gault de la Grange emprunte 2 400 livres à Angers, Paris saint Eustache 1613
Clément Gault de la Grange reçoit 623 livres de la duchesse de Mercoeur en 1612
Clément Gault de la Grange avait 2 signatures : l’une de bourgeois Angevin, l’autre imitant la noblesse à Paris
Clément Gault de la Grange 1587-1640 de La Prévière (49) à Valpuiseaux (91), de la bourgeoisie à la noblesse
Clément Gault de la Grange est décédé à Valpuiseaux sans meubles, seulement un cheval

Suzanne d’Aribert

Plus âgée que sa soeur Claude, elle vit à Paris, sans doute dans une famille noble plus aisée pour s’occuper des enfants, mais reviendra à Valpuiseaux sans doute pour s’occuper des enfants de sa soeur Claude. Elles sont d’une fratrie de 7 enfants, dont la soeur aînée, Perrone, est mariée. Mais 3 frères ont été décapités en place de grève pour volerie, car dans la famille d’Aribert, c’est leur occupation depuis plusieurs générations. Seules Claude et Perrone ont postérité, et leur génération voit l’extinction de la lignée masculine.

leur mère n’était sans doute pas noble

L’acte qui suit est une procuration de Suzanne d’Aribert, vivant à Paris, à son beau-frère Clément Gault, pour s’occuper des biens dont elle a hérité de sa mère. Or, elle a hérité d’un septième ce qui est un partage non noble. En outre ce partage égalitaire a donné lieu à un arrêt du parlement du 23 décembre 1611, or, à cette date les 3 frères étaient décapités depuis plusieurs années, et je pensais qu’en 1611 un partage égalitaire devrait ne prendre en compte que les vivants. Bref, l’acte qui suit m’a beaucoup intriguée !!!

Procuration de Suzanne d’Aribert

AN-MC/ET/LXII/50 « Le 29 juillet 1614 par devant les notaires et gardenotes du roy en son chastelet de Paris soubsignés fut présente en sa personne damoiselle Suzanne Daribert majeure usant et jouissant de ses droits, fille de deffunts Emery Daribert vivant escuyer sieur de la Grange sans terre et de damoiselle Philippe Lecoincte jadis sa femme, laquelle a fait et constitué son procureur général et spécial noble homme Clément Gauld sieur de la Grange auquel ladite damoiselle constituante donne pouvoir et puissance de pour elle et en son nom vendre cedder transporter et aultrement alliéner avec toute puissance de garantye à telles personnes pour tel prix et somme de deniers changes et conditions que ledit sieur … la septiesme partye en la moitié de la terre et seigneurye de la Grange Santerre et aultres fiefs terres et seigneuryes à elle adjugées pour son droit de douaire sur les biens dudit deffunt Emery Daribert son père et encore la septiesme partye des terres et seigneuries de Megueres et … de la Gallannelle à elle aussy adjugées pour sa part et portion en qualité d’héritière par (f°2) bénéfice d’inventaire des biens de ladite deffunte damoiselle Philippe Lecointe sa mère le tout par arrest de la cour de parlement du 23 décembre 1611, recevoir les deniers qui proviendront de ladite vente … fait et passé à Paris jeudy 8 juillet dernier  … le 29 juillet 1614 »

 

 

La disparition d’un proche est un drame : les 2 disparitions dans ma famille maternelle

Introduction

Bonne année 2026 à tous, et surtout à tous ceux qui vivent des moments douloureux, soit guerre, soit drame dans la famille ou absence d’informations familliales. Je prie pour eux.

la disparition

Souvent volontaire, elle est fréquente de nos jours et la France comptait 5000 disparus en 2024, vivants mais ayant rompu tout contact, laissant leurs proches dans tous les doutes et douleurs.

le poids de l’absence d’informations

La première disparition dans ma famille remonte à 1846, la seconde à 1924. Elles ont touché mon arrière grand mère Aimée Guillot, qui a ainsi perdu son père à 18 mois, et un fils mais après son décès donc touchant ma grand mère maternelle dont il était frère.
Lorsque j’ai entrepris des recherches fin des années 1970, ma maman qu’un divorce difficile avait profondément abimée psychologiquement, s’opposa à mes recherches sur la famille. Elle croyait que j’allais découvrir des horreurs et il fallait surtout ne pas les remuer.
J’ai beaucoup travaillé sur ce 2 disparus, et j’avais trouvé le père d’Aimée Guillot après une année de recherches intensives, mais il me restait son fils, que je n’ai découvert qu’en 2024. Pour le premier j’ai un dossier si volumineux qu’il faudrait un livre pour le publier.

Alfred Audineau, disparu en 1924

Lorsque j’ai commencé mes recherches sur ma famille, c’était fin des années 70, je n’ai eu aucune archive familiale, même pas le mariage de mes parents. Et à l’époque la numérisation et mise en ligne d’archives n’existait pas encore, et même beaucoup était non communiquable.
J’ai cependant alors découvert que ma grand mère, qui n’avait jamais parlé de ses frères, en avait eu 2. Le silence de ma grand mère, encore plus que celui de ma mère, m’a alors profondément émue.
Voici l’un des 2 frères, le disparu. Je vous ai mis mon fichier .pdf, et en cliquant dessus vous allez pouvoir le dérouler car il comporte 13 pages, et comme toujours dans mes documents, vous avez au début le plan.

Audineau-Alfred

 

Provision d’office de sergent royal à Ingrandes pour Philippe Halbert de Liré, mai 1715

Introduction

Vous avez sur mon blog une catégorie OFFICES que vous trouvez ci-dessous, en déroulant sous les commentaires, une case OFFICES apparaît et cliquez à droite pour accéder au menu déroulant de tous les catégories, en ordre alphabétique. Il y a pas moins de 74 offices sur mon blog.

Les Halbert du Maine-et-Loire

Outre les HALBERT tonneliers au Loroux-Bottereau, ceux de Rezé et Saint Sébastien ouvriers de la monnaie, je descends aussi de ceux de Chalonnes et Montjean, mais je ne suis pas parvenue à faire le lien avec ce Philippe Halbert, qui a des descendants.

Provision d’office de sergent royal à Ingrandes

Archives Nationales V/1/224 Grande Chancellerie (sous-série V/1). Lettres de provision d’office

« Louis par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre à tous ceux qui ces présentes lettres verront salut scavoir faisons que pour le bon et louable raport qui nous a esté fait de la personne de nôtre aimé Phylipe Halbert et de ses sens suffisance loyauté prud’hommie capacité et expérieuce au fait de pratique pour ces causes et autres nous luy avons donné et octroyé donnons et octroyons par ces présentes l’office de sergent royal résidant à Ingrandes en Anjou que tenoit et exerçoit René Pichonnier dernier possesseur d’iceluy, lequel estant décédé Louis Pichonnier comme acquéreur des biens de la succession abandonnée dudit René Pichonnier son frère nous auroit nommé par acte du 27 janvier 1714 ledit Halbert qui nous auroit en conséquence payé la finance du droit de survivance attribué audit office par nôtre édit du mois de décembre 1709 ainsi qu’il apert par coppie collationnée de la quittance du trésorier de nos revenus casuels ayant ladite nommination et autres pièces attachées sous le constrescel de nôtre chancellerie pour ledit office avoir tenir et doresnavant exercer en jouir et user par ledit Halbert à titre de survivance conformément à notre édit du mois de décembre 1709 aux honneurs autorités fonctions franchises libertés droits pouvoir fruits proffits revenus et émolumens audit office appartenant et y attribués, tels et semblables qu’en a jouy ou deu jouir ledit Pichonnier et qu’en jouissent (f°2) les pourvus de semblables offices sans toutefois qu’en vertu des présentes ledit Halbert puisse exploiter hors de l’étendue de son ressort à peine de faux, sy donnons en mandement au sénéchal d’Anjou ou son lieutenant général à Angers à gens tenant le siège audit lieu qu’après leur estre aparu des bonnes vie mœurs âge compétance conversation religion catholique apostolique et romaine dudit Halbert qu’il sache lire et écrire et de luy pris et receu le serment en tel cas requis et accoutumé ils le reçoivent mettent et instituent de par nous en possession dudit office c’en faisant jouir et user aux honneurs autorités fonctions franchises libertés droits pouvoirs fruits proffits revenus et émoluments susdits pleinement et paisiblement luy faisant obéir et entendre de tous ceux et ainsy qu’il appartiendra es choses touchant et concernant ledit office, car tel est nôtre plaisir en témoins de quoy nous avons fait mettre notre scel à cesdites présentes. Donné à Versailles le 8 may 1715 »