Les merveilleux dessins du vieux Nantes du Dr Alcime Sinan

Le docteur Alcime Sinan (1875-1947) aimait dessiner les anciens monuments, et je me demande comment il faisait puisque les monuments qu’il dessine étaient disparus depuis longtemps avant lui. Il a publié 2 ouvrages, l’un sur Nantes, l’autre sur Châteaugontier. J’ai 2 iconographies de lui, tirées de son ouvrage sur Nantes et vendues comme iconographies sous verre à son époque. Je vous laisse admirer ses 2 magnifiques dessins.

Nantes : Tour et Pont de Pirmil La tour, dernier vestige du château de Pirmil a disparu en 1839

Nantes : le château et l’ïle de la Sausaye (aujourd’hui Île Feydeau) l’île Feydeau s’appelait île de la Saulzaie jusqu’en 1721, et l’orthographe avec le S provient manifestement de sa prononciation car le LZ se prononce S

L’ouvrage qui a été publié est : Le vieux Nantes qui s’en va : ses transformations successives : orné de 300 dessins de l’auteur / Dr Alcime Sinan

 

 

 

Photo de mariage à identifier : photographie de Georges Tillé 6 rue de la Sèvre à Pont-Rousseau

J’ai dans le fonds de mes ascendants Guillouard-Audineau une belle photo de mariage qui ne concerne ni la famille ni les amis de la famille, et je suppose qu’elle concerne la « soeur de lait  » de ma grand-mère Aimée Audineau fille de Charles Audineau boulanger rue Contrescarpe à Nantes et Aimée Guillot sa femme. En effet, dans la famille, et jusqu’à ma génération qui fut directement élevée par ma maman, les enfants étaient placés en nourrice, même ceux de ma grand-mère.

Je viens offrir cette photo à ceux qui s’identifieront descendants de ce couple inconnu de moi, mais vivant manifestement à Pont-Rousseau et marié dans les environs des années 1911 car Georges Tillé demeurait 6 rue de la Sèvre dans les années 1911 à Pont-Rousseau.

La photo mesure 105 x 162 mm c’est dire qu’elle est assez grande comme une carte postale environ, mais elle est sur carton bien plus rigide et pouvait être posée sur un meuble en portrait de famille.

Guillaume Forest marchand nautonnier à Angers vend un pré à Saint Jean des Mauvrets (49), 1522

Il y a tout juste 5 siècles !  Le transport fluvial est important, et ce jusqu’à l’arrivée du train, donc il y a beaucoup de nautoniers. Le nautonier est alors un patron qui ne se contente pas d’être un transporteur, comme c’est le cas de nos jours. Autrefois le nautonier était un véritable marchand qui achetait la marchandise, la transportait et la revendait. Et je vous l’accorde le terme « nautonnier » est du vieux français. Mais vous allez voir qu’il est bien dit « marchand nautonnier », donc c’est bien un marchand avant d’être un transporteur.
Le pré qu’il vend est situé à Saint-Jean-des-Mauvrets où je remonte mon ascendance GUILLOT mais je les remonte pas si haut dans le temps, seulement jusqu’en 1613.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription  :

Le 19 juillet 1522 en la cour du roy notre sire à Angers personnellement estably Guillaume Forest marchand nautonnier demeurant en la paroisse de Lesvière lez Angers ainsi qu’il dit soubzmectant etc confesse avoir aujourd’huy vendu et octroié et encores vend et octroie dès maintenant et à présent à toujoursmais perpétuellement par héritage à Jehan et Jehan et Mathurin les Cheroz enfants mineurs d’ans de deffunt Micheau Cherot et Marie Guerin sa femme leurs père et mère ladite Marie leur mère stipulant pour lesdits mineurs paroisse de Saint Jehan es Mauvretz qui a achacté pour lesdits mineurs et pour ceulx qui d’eulx auront cause la tierce partie par indivis de tout tel autre droit action part et portion que ledit vendeur avoit et pouvoit avoir en une ousche contenant 3 boisselées de terre ou environ avecques les fruitières et vollières estans en ladite ousche ses appartenances et dépendances assise en la paroisse de St Mathurin sur le Louere joignant d’un cousté à la terre de Laurens Angelus et d’autre cousté à la terre des Jubeaux aboutant d’un bout à la rivière de Loire la levée entre deux et d’autre bout (blanc), ou fye de Beaufort et tenu de là aux debvoirs anciens et accoustumez et ce pour tous debvoirs et charges quelconques ; transportant etc (f°2) et est faite ceste présente vendition pour le prix et somme de 12 livres tournois de laquelle somme ladite achactereses en a payé baillé et nombré contant en notre présence et à veue de nous audit vendeur la somme de 100 sols tz que ledit vendeur a euz prins et receuz en monnaie blanche dont ledit vendeur s’en est tenu par davant nous à bien payé et content et en a quité et quite ladite achacteresse stipulante susdite et le surplus de ladite somme qui sont 7 livres tz ladite achacteresse a promis doibt et sera tenue payer et bailler audit vendeur dedans ung an prochainement venant à la peine de tous intérestz, et confesse ladite achacterresse que les deniers de ce présent achact est l’argent desdits mineurs et non des siens et a promis ledit vendeur faire lyer et obliger Jehanne sa femme à ce présent contrat et iceluy luy faire avoir agréable et en rendre et bailler à ses despends lettres vallables de ratiffication …

René Amenard seigneur de Montbenault reconnaît la vente d’un pré par son père : Faye-d-Anjou 1523

René Amenard est seigneur de Montbenault comme son père Jean Amenard époux de Renée de Puyguyon. Cette dernière vit encore en 1523 car elle est parti prenante avec son fils dans l’acte qui suit et vit manifestement à Montbenault avec son fils, comme elle y vivait du temps de son défunt mari. L’acte qui suit est un banal différend de propriété d’un pré, car l’acte de vente date de quelques décennies et a manifestement été oublié Par certains dont René Amenard lui-même, mais on finit par lui montrer cette preuve.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription  :

Le 17 mars 1523 comme procès fus meu et pendant par devant monsieur le juge royal ordinaire d’Anjou ou monsieur son lieutenant à Angers entre chacun de Jamet Chaillou Jehan Chaillou et Jehan Gourdon demandeur d’une part et noble homme René Amenard seigneur de Monbenault tant en son nom privé que comme garand de damoiselle Renée de Puyguyon Collas Bertin Jehan Mussault Jehan Chaillou de Monbenalt Guillaume Hamon Guillaume Grenoy Mathurin Lemosnier Collas Trepart René Bon Jehan Lambert Estienne Gasnier et Juhel Bertroux déffendeurs et opposants d’autre, touchant ce que lesdits Gourdon et Jehan Chaillou disoient que à cause de leurs femmes et succession de leurs prédecesseurs ils estoient seigneurs et possesseurs et ledit Jamet Chaillou à cause de sa femme usufruitière en partie d’une pièce de pré vulgairement appelée les Gogères sise en la paroisse de Faye en la rivière du Layon près le pont de Rablay joignant d’un cousté à ladite rivière du Layon et d’autre au chemin tendant du bout dudit pont de Rablay à Gillousse ? abutant d’un bout à une osche appartenant audit Jehan Chaillou et à une pièce de pré que tient et possède à présent Jehan Legnaut, au fief et seigneurie de Montbenaul et tenue dudit fief à certain debvoyr et d’icelle pièce de pré au tiltre et moyen de l’achapt d’icelle fait par feu Jehan Boucher de feu messire Jehan Clements Amenard en son vivant seigneur (f°2) de Monbenault dès le 25 mars 1453 et autrement deuement acquist de leurs prédécesseurs soy par le temps de 30 ans et plus, tellement qu’ils avaient acquis droit de propriété et en estoient en pleine possession et saisine d’icelle pièce et néantmoins ledit Amenard et sesdits prins ? en garantage auroyent troublé et empescher lesdits demandeurs en leurs droits possessions et saisines, au moyen de quoi lesdits demandeurs en vertu de lettres royaulx en forme de complainte ont fait et formé complainte à l’encontre desdits deffendeurs … et ont obtenu sentence à l’encontre desdits deffendeurs … (milieu de la page 5) confessent de leurs bons grès sans contrainte ne aucun pourforcement mais de leur pur esvenement et délibaration de leurs conseils et amis avoir transigé pacifié accordé et appointé et par ces présentes transigent pacifient accordent et appointent de et sur les procès questions et débats dessusdits leurs circonstances et dépendances en la forme et manière qui s’ensuit c’est à savoir que ledit René Amenard escuyer après avoir vu le contrat de l’achapt dudit pré qui est une bonne pure et simple vendition sans aucune condition s’est délaissé désisté et départy et par ces présentes se délaisse désiste et départ de l’effet desdits procédures faites tant sur le principal de ladite complainte que sur l’exécution desdites lettres et y a renoncé et renonce et a voulu et consenti veult et consent que lesdite sentences données et dessus déclarées sortent leur plein et entier effet et soient exécutées selon leur forme et teneur …

Lourde peine pour avoir tué le chien de chasse du seigneur : Ménil (53) 1734

Non seulement la peine est très lourde en somme d’argent, mais le jugement est publié partout aux frais du condamné, qui est closier à Ménil (53). Gageons que dans la population, il y en avait pour le soutenir, et même sans doute pour organiser une petite caisse de soutien, car le chien avait probablement causé quelques dégâts sur ses cultures, d’où sa colère contre le chien.
Autrefois la chasse était un droit exclusif du seigneur.
De nos jours il est toujours interdit de tuer un animal et les peines sont encore bien sonnantes.

Cet acte est aux Archives Départementales du la Mayenne, série 108J59 – Voici sa retranscription (qui n’était pas difficile)  :

Le 22 mars 1734 extrait du jugement rendu par Messieurs les Officiers du Siège Présidial de Châteaugontier entre Messire Louis-René-Marc du Boisjourdan, chevalier, seigneur de Chasnay, demandeur, contre Mathieu Besson l’aîné closier au lieu de la Plaudière paroisse de Ménil, deffendeur. Duquel jugement le dispositif suit : Par jugement dernier, nous avons condamné ledit Besson de payer audit seigneur du Boisjourdan la somme de soixante livres pour le prix du Chien de Chasse appartenant audit seigneur du Boisjourdan, que ledit Besson et son fils ont tué vers le bourg de Ménil, au bord de la rivière de Mayenne le 8 février dernier : Avons fait et faisons deffenses audit Besson et tous autres paysans et autres personnes de tuer les Chiens de Chasse, à peine de deux cent cinquante livres d’amende et de punition corporelle ; Ordonnons que nôtre présente sentene dera lue, publiée et affichée dans les paroisses de nôtre ressort aux frais dudit Besson, et avons condamné ledit Besson aux dépends esquels entrera le coust desdites Publications : En mandant, etc… Donné à Châteaugontier par devant nous les gens tenant le siège présidial dudit lieu ; et prononcé par nous Jean-Laurent Trochon de Beaumont, seigneur de Mortreux, conseiller du roy, premier et ancien présidint audit siège, où assistoient les sieurs Le Masson du Haras, lieutenant particulier ; Dublineau, assesseur ; Bellanger ; Armenauld ; Syette ; Bonneau ; Gallais de la Malonnière ; Maumouosseau de Changrenu et Buhigné de Grandval aussi conseillers du roy, juges-magistrats au même siège, lundi 22 mars 1734.

Contrat de travail de l’exécuteur de la haute justice à Laval, Craon, Pouancé etc… 1727

L’acte est très moderne car il donne des paiements au mois, alors qu’à cette époque c’est à l’année ou rarement au semestre. Et surtout il utilise un terme que nous utilisons familièrement pour ce que nous voulons céder pour nous en débarasser, car nous refilons, et ce verbe est tout à fait officiel en 1727 pour céder une charge. Ainsi, je croyais parler vulgairement quand je disais « je refile », et je découvre que c’est un terme ancien officiel.

Cet acte est aux Archives Départementales du la Mayenne, série 3E9 – Voici sa retranscription  :

Le 4 février 1727 par devant nous Jacques Lemoyne notaire résidant au comté de Laval, y demeurant, furent présents Nicolas Lecocq capitaine des gabelles en cette ville y demeurant paroisse de la Trinité, au nom et faisant pour Pierre Carlier adjucataire général des gabelles de France, d’une part, et Jacques Etienne Boistard exécuteur de la haute justice en cette ville y demeurant paroisse st Vénérand d’autre part, entre lesquels a été fait le traité qui suit, c’est à savoir que ledit Boistard promet et s’oblige de mettre à l’exécution de peine et sentence les sentences qui seront rendues par messieurs les officiers des greniers à sel de Laval, Ste Suzanne, Sablé, Pouancé, Mayenne, Ernée, Craon et Lassé et des quatre déposts de Fougère Vitré La Guerche et Châteaubriant, à la réserve et excepté le grenier à sel de Château-Gontier qui n’est point compris au présent traité ; ensemble exécuter les arrests qui interviendront sur lesdites sentences, le tout suivant les ordres qui seront donnés audit Boistard par ledit sieur Carlier ou ses proposés, auxquels il aportera certificat (f°2) de l’exécution desdites sentences et arrests ; le présent traité fait pour le cours entier du bail dudit sieur Carlier à commencer le 1er janvier dernier et néanlmoins autant de temps qu’il plaira audit sieur Carlier auquel cas il fera avertir ledit Boistard lors qu’il voudra refiller le présent traité, lequel est fait moyennant la somme de 800 livres par chacun an et un minot de sel qui lui sera délivré au grenier à sel de Laval, laquelle somme de 800 livres sera payable à 12 termes de mois en mois à l’échéance de chacun an d’iceux montant pour chacun 66 livres 13 sols 4 deniers à monsieur le receveur général en cette ville en vertu des présentes à quoi ledit sieur Lecocq pour ledit sieur Carlier demeure obligé, et promet ledit Boistard exécuter les ordonnances sans y contrevenir sous les peines y portées, ce que les parties ont ainsi voulu dont les avons (f°3) jugées, fait et passé audit Laval en présence de Michel Langlois Me tailleur et Lorier Bourdet Me cordelier demeurans audit Laval