Jean Dupas, sergent royal aux Foires de Champagne et Brye, à Provins, signait DUPAIS, 1563

Introduction

La signature de Jean Dupas montre clairement un i pour faire Dupais, ce qui laisse supposer que la prononciation était un peu entre ces deux orthographes à l’époque car nul doute qu’un sergent royal savait correctement signer son nom. L’accent d’autrefois est ce que nous avons le plus perdu, et impossible de le retrouver.

signature de Jean Dupas, 1563

Il cèdde à un tiers une forte somme qui lui est due par sentence.

AD77-1056E476 Ponthus Baisela notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

1563.04.02 n.s. vue 274 – 1562 avant Pasques fut présent en sa personne honorable homme Jehan Dupas sergent royal aux foires des Champagne et Brye demeurant à Provins lequel de son bon gré sans force recognut et confessa avoir baillé ceddé transporté délaissé et promis garantir fournir et valloir rendre d’huy en ung an suivant et dudit an passé à ses forts et posession à François Richard marchant boucher demeurant audit Provins la somme de 47 livres 2 sols 9 deniers d’une part et 3 septiers 4 bechets … le tout bon grain cours et marchand mesure de Provins et y rendables, à luy deubz par Nicolas Legrans surnommé Groz Front laboureur demeurant à Champcordes (non identifié) et en quoi il a esté redevable envers ledit Dupas par sentence donnée par monsieur le bailly de Provins au proffit dudit Dupas ..

Philipon Boucher, vigneron à Villenauxe la Grande (51), a une magnifique signature, 1562

Introduction

Non seulement Philipon Boucher signe, mais les lettres sont très bien formées et avec des pleins et déliés, ce que j’aime beaucoup voir, car cela me rappelle mon enfance, avec les plumes et l’encre, avant l’invention du stylo Bic, et j’aimais faire des lignes de pleins et déliés. Je vois aussi un fioriture en étoile, mais par contre je suis très intriguée car il semble bien que son frère ne signe pas, ou bien, il suffisait que l’un signe pour engager les deux ?

signature de Philipon Boucher

Philipon Boucher signe sans le R à la fin de son nom, et je suppose que son nom était bien prononcé comme un  » é  » et je rapproche donc cette écriture dans le R final de mes propres ascendants Angevins du nom de Goussé pour lesquels j’avais mis beaucoup de temps et de recherches car les accents ne s’écrivaient pas au 16ème siècle.

AD77-1056E476 Ponthus Baisela notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

1562.11.28 vue 204 – furent présents en leurs personnes Benoist Boucher et Philipon Boucher frères vignerons demeurant à Villenauxe la grande lesquels recognurent debvoir l’un pour l’autre sans division à Symon Lescouflier laboureur la somme de 24 livres tz pour livraison et délivrance de 12 boisseaulx de bled … seront tenus .. l’un pour l’autre sans division … corps et biens … pour prest à eulx fait de la somme de 16 livres tz

 

Nicolas Lambert était pelletier à Provins, 1563

Introduction

J’avais connaissance des fourrures du Canada et avant le Canada, j’avais entendu parlé de l’hermine. J’ignorais en fait tout des manteaux de fourrure avant le Canada, et je découvre https://manuel-de-methodologie-historique.blog.tudchentil.org/le-commerce-des-fourrures/ 
Avant le Canada et ses fourrures (17ème siècle) on utilisait des fourures de renard, vison, chinchilla, lapin, ours, loup, martre, hermine et même écureuil (dont la fourrure est dite« vair »). Aux XIVe et XVe siècles, la fourrure en vogue est la zibeline d’Europe de l’Est surtout Russie.
On comprend vite à cette énumération que la fourrure pouvait être un signe de richesse ! C’est ainsi qu’à Provins, ville assez bourgeoise, il y avait un pelletier.
Vous remarquerez au passage que son métier est ortographié PELEFIER en 1563 !

Reçu de 160 livres par Nicolas Lambert

Cette somme est très élevée pour l’époque et semblerait relever d’une vente de maison plus que d’un manteau de fourrure !!! Et au passage, je vous signale que le fonds de ce notaire contient presqu’uniquement des reçus ou l’inverse des reconnaissances de dettes. Mais rarement des sommes importantes comme celle-ci.

AD77-1056E476 Ponthus Baisela notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

1563.01.20 n.s. (1562) vue 212 – fut présent en sa personne Nicolas Lambert marchant pelefier demeurant à Provins lequel recognut avoir eu et receu de Toussaint Corcessin bourgeois de Provins présent la somme de 40 livres tz faisant partie et restant de la somme de 160 livres tz que ledit Corcessin estoit tenu luy payer par transaction faite entre lesdites parties le 17 juillet 1562 dernier passé, de laquelle somme de 160 livres tz ledit Lambert s’est tenu pour comptant et en a quicté et quicte ledit Courcessin …

Ganche Froncesne, laboureur à Aulnoy (77), signe sa dette, 1562

Introduction

C’est le deuxième laboureur que je vous mets avec signature et comme le premier il convient de souligner qu’ils n’habitent pas à Provins, mais dans un village du Provinois. Je suis donc considérablement admirative de ces signatures s’agissant d’aussi petits bourgs.

Ganche Froncesne au prénom rare

AD77-1056E476 Ponthus Baisela notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

1562.09.27 vue 203 – Ganche Froncesne laboureur demeurant à Bally paroisse d’Aulnoy recognut debvoir à Pierre Ythier présent … 4 septiers d’avoine que pour prest d’argent à luy fait …

Nicolas Gennay, vigneron à Provins, signe avec une jolie fioriture, 1562

Introduction

Le fonds 1056E476 du notaire Ponthus Baisela à Provins en 1562 contient quelques signatures de laboureurs, vignerons etc… dont quelques unes sont mêmes accompagnées d’un ornement que j’appelle « fioriture ». Je pense qu’il faut que j’en fasse même un tableau, en indiquant en face nom, profession, lieu et date, car ces signatures le méritent.

Nicolas Gennay vigneron à Provins

Les Gennay sont nombreux à Provins et leurs descendants peuvent s’en réjouir :

AD77-1056E476 Ponthus Baisela notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

1562.09.16 vue 196 – Nicolas Gennay fils de Denis vigneron demeurant à Provins recognut debvoir à honnorable homme Edmé Posteau marchant demeurant audit Provins la somme de 16 livres tz du compte ce jourd’huy fait entre lesdites parties de toutes choses qu’elles ont cy devant en affaire l’un avec l’autre et pour demeurer quicte du contenu en quatre obligations passées l’une par devant Jehan Dargent notaire le 20 octobre 61 de 17 livres 10 sols, les trois aultres par devant ledit juré en date du 9 octobre 61 montant 4 livres … signé Nicolas Gennay

Mathurin Lecourt bourgeois de Provins a perdu un procès contre Louis Ythier, Provins (77) 1562

Introduction

Je descends des LECOURT mais ils sont très nombreux à Provins, même au début du 16ème siècle, aussi je les note tous pour resconstituer tout ce qui concerne ce patronyme, qu’ils soient parents ou collatéraux. L’immense majorité est tanneur, marchand, bourgeois et/ou une fonction juridique… Ils sont dans mon ascendance FAUCHON à Provins.

Reçu de 15 livres de dommages et intérêts

En faut les dommages et intérêts couvraient autrefois surtout les frais de justice, ce qui ne coute rien aux coupables de nos jours, mais qui coute à tous les contribuables…

AD77-1056E476 Ponthus Baisela notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

1562.07.22 vue 142 – fut présent en sa personne honorable homme Loys Ythier marchand demeurant à Provins lequel recognut avoir eu et receu de honorable homme Mathurin Lecourt bourgeois dudit Provins ad ce présent et acceptant la somme de 15 livres tz moyennant laquelle ledit Ythier a quitté et quitte par ces présentes ledit Lecourt de tous les dommages et intérests qui luy estoient adjugés par sentence rendue au siège présidial de Provins à son profit contre ledit Lecourt le 7 may 1562 et pour ce que de ladite sentence y auroit appel interjetté de la part dudit Lecourt en la cour de parlement à Paris en laquelle il auroit fait inthimer ledit Ythier, se sont lesdites partyes désistées et désistent moyennant ces présentes dudit provès et appel sans aulcuns autres despends ne demandes l’un vers l’autre …signé Ythier, Lecourt