Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

1692 : juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre

Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 14 juillet (1692) Mr de Chazé seigneur de Craye écuyer épousa la fille de Mr François Le Royer avocat au siège présidial de cette ville et de la Delle Rigault.
  • Dans le même temps, mourut Monsieur de Brissac baron du Lavoir. Il était bâtard de la maison de Brissac ; il avait épousé Melle Martineau de la Bertière.
  • Le 25 (juillet 1692) mourut Mr Guillot diacre chanoine de St Aubin, mon beau-frère, âgé de 33 ans.
  • Le 27 (juillet 1692) Mr Tremblier de la Varanne fils de feu Mr Tremblier de la Varanne conseiller au siège présidial et de la dame Eveillard épousa la fille de feus Mr Aveline de Narcé aussi conseiller au présidial et de la dame Guilbault.
  • Le même jour (27 juillet 1692) il y eut des feux de joie et l’on chanta le Te Deum dans l’église St Maurice avec les cérémonies ordinaires pour la prise de la ville et de la citadelle de Namur par le Roy. (Note de Marc Saché : C’est la victoire de Steinkerque, dans le voisinage d’Enghien, remportée le 3 août après la prise de Mons.)
  • Le 30 (juillet 1692) Mr Dupuy gentilhomme neveu de feue Madame l’abbesse du Ronceray épousa la fille de feu Mr Hatton écuyer seigneur de la Mazure et de la dame de Cantariery.
  • Le 30 juillet (1692) le sieur Benoist notaire royal épousa la fille du sieur Béron de Faye (Masseron femme en 1ères noces Marcadé, en 2e) ; elle s’appelait Marthe Marcadé.
  • Le 1er août (1692) mourut la femme de Mr Gilles Guilbault avocat au siège présidial ; elle s’appelait Garnier.
  • Le 17 (août 1692) se fit l’ouverture de la cérémonie pour la canonisation de St Jean de Sahagun hermite religieux de St Augustin, par la procession générale depuis St Maurice jusques en l’église des pères Augustins, ou assistèrent tous les chapitres et communautés. (St Jean de Sahagun, ermite en Espagne au 15e siècle est fêté le 12 juin)
  • Le même jour (17 août 1692) le fils du feu sieur Guérin marchand cirier et de la dame Gaudin épousa la fille du sieur Chauveau l’aîné marchand Me apothicaire en cette ville et de la dame de la Roche.
  • Le 9 (août 1692) Me Gault fils de Mr Gauld sieur de la Grange plaida sa première cause.
  • Le 21 (aôut 1692) mourut la femme de Mr Guérin de la Guimonnière ; elle s’appelait Aveline fille de feu Mr Aveline de Narcé conseiller au présidial et de la défunte dame Guilbault. Elle a laissé un garçon ; elle mourut après en avoir accouché.
  • Dans ce même temps mourut la femme de feu monsieur de Brissac baron du Lavoir ; elle s’appelait Martineau de la Bertière ; elle a laissé cinq petits enfants.
  • Le 30 (août 1692) Mr Gouin fils de feu Mr Gouin avocat et Mr Blanchet fils de Mr Blanchet aussy avocat plaidèrent leur première cause.
  • Le 31 (août 1692) il y eut des feux de joie et l’on chanta le Te Deum dans l’église de St Maurice avec les cérémonies ordinaires pour la victoire remportée sur l’armée du prince d’Orange et celle de ses alliés dans la bataille d’Enguyen, par l’armée du Roy commandée par Mr le maréchal duc de Luxembourg.
  • Le 31 (août 1692) mourut monsieur Martin sieur de Didray lieutenant de Mr le prévôt.
  • Le 17 septembre (1692) mourut la femme de Mr Guy Delorme avocat au siège présidial de cette ville ; elle s’appelait Veau ; elle avait épousé en 1ères noces le Sr Chedran.
  • Le 23 (septembre 1692) Mr Cordelet avocat au siège présidial de cette ville épousa la fille du feu sieur Martineau de la ville des Ponts de Cé.
  • Les 25, 27, 28 et 29 (septembre 1692) trente deux compagnies de cavalerie passèrent par cette ville un jour de séjour franc seulement.
  • Le 28 (septembre 1692) les cent cinquante gentilshommes qui étaient icy en garnison, partirent pour s’en aller chez eux.
  • Le 2 octobre (1692) neuf cent soldats de milice de Loraine passèrent par cette ville un jour franc de séjour.
  • Le 13 (octobre 1692) Mr Raimbault de la Foucherie, cy-devant banquier à Rome, fils du feu Sr de la Foucherie Raimbault bourgeois et de la défunte Delle Chauvin, épousa la fille du sieur Courant de Pretiat bourgeois et la Delle Jacquine Reimbault sa nièce, en conséquence de dispenses du défunt pape confirmée et approuvées par le présent pape. (On appelle Banquier en Cour de Rome, certains Officiers dont la fonction est de faire venir des expéditions de la Cour de Rome, comme provisions de Bénéfices, dispenses, etc.)
  • Le 3 novembre 1692, la femme du sieur Champeing hôte à la Galère, mourut âgée de 32 ans, après être accouchée fort heureusement ; elle s’appelait …
  • Le même jour (3 novembre 1692) on a commencé à vendanger ; ce retardement vient de ce qu’il n’y a presque pas eu de chaleurs pour murir et assaisonner le raisin, et le froid excessif étant survenu a gelé une grande partie des vignes, ce qui a causé une disette générale de vin, et tel en avait recueilli trente pipes l’année dernière qui n’en a eu cette année que deux ; le vin vieil se vend à présent cent vingt livres la pipe, la charge de marc pour faire les boissons 30 livres. Le vin a été de la plus méchante qualité du monde ; on l’appelle du grince dents.
  • Le 10 (novembre 1692) le fils du Roy de Danemarck arriva en cette ville. Il loge à l’Académie et doit passer ici une partie de l’hyver. Il a quarante à cinquante personnes à sa suite. (Note de Marc Saché : Frédéric, fils de Christian V et de Charlotte-Amélie de Hesse-Cassel. Il succéda à son père en 1699 sous le nom de Frédéric IV. C’est le premier roi de Danemark qui ait obtenu, en France, le titre de Majesté. Il était descendu à l’Académie d’Equitation établie sur les Lices dans l’hôtel de Casenove et dirigée par François Avril de Pignerolles. Mais,bien qu’elle eût jadis beaucoup de vogue, surtout auprès des étrangers allemands et suédois sous son premier fondateur, Joachim Martin, sieur des Loges, les guerres et la misère générale rendaient la situation précaire. C’est ce qui explique le court séjour du prince. (Voir Péan de la Tuillerie, Description de la ville d’Angers, édit. C. Port, pp. 211, 213). – Pour son séjour à Paris et à Versailles voir Dangeau, Journal, t.IV, p. 224 et suiv.))
  • Le 16 (novembre 1692) mourut la femme de feu monsieur Bréchu conseiller au présidial de cette ville. Il a un fils conseiller au parlement de Bretagne, une fille dévote et l’autre à épousé Mr Le Clerc assesseur au Présidial.
  • Le 18 décembre 1692) le fils cadet de feu monsieur Boylesve seigneur de la Maurouzière Me d’hôtel chez le Roy et de la dame Huslin épousa la fille de monsieur Poisson de Neuville et de la dame Peneau de Pegon.
  • Le 25 (décembre 1692) mourut la femme de feu monsieur Jean Gouin avocat au siège présidial ; elle s’appelait … (Jacquine Gallais)
  • Le 26 (décembre 1692) mourut le sieur Guynoiseau marchand. Il est mort dans la disgrâce de la fortune ; il avait été juge et consul.
  • Cette année a été peu abondante en blé ; le froment est sur le pié de seize livres le septier, le métail quatorze et le seigle treize, l’orge vingt sols et l’avoine dix. On a peu recueillé de vin ; il est d’une très méchante qualité, les raisons ayant gelé.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

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    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1692 : janvier, février, mars, avril, mai, juin

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 8 (janvier 1692) le fils de Mr Le Goust chirurgien en cette ville et de la dame Collin épousa mademoiselle des Fourcelles Cupif. Il est avocat au siège présidial de cette ville.
  • Le Sr Poulain de la Gaudinière a cy-devant épousé une des filles des défunts Sr du Brossé Coutard et de la dame Yvert.
  • Le 13 (janvier 1692) il y eut des feux de joie avec les cérémonies ordinaires pour la prise de la ville de Monmelian.
  • Le 14 (janvier 1692) le fils de Mr François Le Royer Sr des Palluaux avocat au présidial et de la Delle Rigault épousa la fille du feu Sr des Brosses Poitras bourgeois et de la défunte dame Aubert/Hubert, un des frères a épousa cy-devant la Delle Babault, et une autre sœur le Sr Dermier.
  • Le 15 (janvier 1692) Mr Chotard, fils de feu Mr Chotard de la Sablonnière et de la Delle Chevrollier épousa la fille de feu Mr de la Vau Landevy cy-devant avocat au conseil et de la Delle Nivard.
  • Le 14 (janvier 1692) mourut la femme de feu Mr Paytrineau avocat. Ils ont laissé quatre enfants, trois garçons et une fille ; l’aîné mort à l’armée, le second encore garçon et faisant profession de dévotion, le troisième cy-devant président à la prévôté, marié avec la Delle Bridou et la fille mariée avec Mr Maugars cy-devant avocat au présidial et à présent avocat au parlement de Rennes. Elle s’appelait Hiret. (Il s’agit d’une de mes tantes Hiret, dont je connaissais le mariage et la naissance des enfants, mais pas la destinée du second fils, et pour cause, Toysonnier m’apprend qu’il faisait profession de dévotion)
  • Le 21 (janvier 1692) Mr Lanier de Ste James, fils de feu Mr Lanier maître des Requestes et qui avait été ambassadeur en Portugal, mais disgracié sur la fin de sa vie et de la dame Licquet, épousa la fille de Mr Méguion et de la défunte dame Jousselin.
  • Le 11 février (1692) le sieur Lejeune marchand de blé en cette ville épousa la fille du feu Sr Benard.
  • Le même jour (11 février 1692) le Sr Dupont épousa la fille du feu sieur Janvier.
  • Le même jour (11 février 1692) Mr Chantelou avocat fils du feu Sr Chantelou notaire royal épousa la fille de défunts Mr Phelipeaux avocat et de la Delle Guyonne Blouin.
  • Le 12 (février 1692) mourut Mr Denyau chanoine de St Maurice.
  • Le 27 mars (1692) mourut la femme Mr Pelletier de la Lorie, grand prévôt d’Anjou. Elle s’appelait Lejeune.
  • Il a passé par cette ville huit mil Irlandais dont quatorze cent séjournèrent ici dix huit jours. (Note de Marc Saché : Voir la note précédente qui explique le passage et aussi la détresse de beaucoup d’Irlandais)
  • On a levé sur les habitants trente et sept mil cinq cent livres pour les ustanciles.
  • Le 14 avril (1692) le sieur Macé épousa la fille du sieur Boisard marchand confiseur.
  • Le 19 (avril 1692) mourut subitement le sieur Guérin, marchand cirier en cette ville. Il fut enterré le lendemain en l’église de la paroisse St Maurice.
  • Le 15 (avril 1692) mourut Mr de la Jousselinière Verdier escuier.
  • Dans ce même temps, Mr d’Héliand d’Ampoigné, escuier, fils de défunts Mr d’Héliand d’Ampoigné et de la dame Lefebvre de la Guyberdrie, épousa la fille de feu Mr de Hardouin de la Girouardière écuier
  • .

  • Le premier may (1692) mourut Mr Trioche de la Bétonnière âgé de 55 ans. Il fut enterré à la Trinité.
  • Le même jour (1er mai 1692) messieur Cesbron conseiller au siège présidial de cette ville et Guillot marchand mon beau-frère, furent élus échevins.
  • Dans ce même temps mourut mademoiselle des Sourcelles Cupif. Une de ses filles a épousé Mr Legoust, avocat. Elle s’appelait Le Vannier.
  • Dans ce même temps mourut les Sr et dame de la Haye tanneur ; elle s’appelait Perron. Ils ont laissé sept petits enfants.
  • Le 7 (mai 1692) Me Mesnier avocat fils de Mr Mesnier aussy avocat et de la demoiselle … épousa la fille du feu Sr …
  • Le 13 (mai 1692) mourut la femme du feu Sr Guilbault âgée de 78 ans. Son mari avait été veuf de la dame Dupille duquel mariage sont issus Mr Gilles Guilbault avocat et autres, et du dernier Mr Denys Guilbault avocat, Mr Guilbault prêtre et deux autres garçons mariés ; elle s’appelait Le Bec.
  • Le 16 (mai 1692) le fils de Mr Barthelot avocat et de la Delle Garnier épousa la fille du sieur de la Marinière Garnier et de la Delle Amat.
    Dans ce même temps mourut mademoiselle Levoye.
  • Le 25 (mai 1692) mourut monsieur de Miribel d’Autichamp lieutenant du Roy gouverneur de cette ville et château. Il fut enterré le 27 dans la chapelle dudit Château. Son fils aîné a sa survivance ; une fille a épousé monsieur Binet de Montifray. (Note de Marc Saché : Charles de Beaumont d’AUtichamp, comte de Miribel, né en 1621, avait été, après de brillants états de service, nommé en 1667, commandant pour le roi en la ville et château d’Angers sous l’autorité du comte d’Armagnac, gouverneur de l’Anjou. Il faisait partie des trente premiers académiciens et était directeur de cette société en 1687. C’est à ce titre surtout que Daburon fit de lui un éloge éclatant qui fut imprimé aux frais de la ville et que Pocquet de Livonnière lui réserva une place dans ses Illustres de l’Anjou, où la pompe des louanges officielles laisse parfois percer quelques réserves : « Il avoit un esprit ferme et vigoureux dans un corps grage et robuste. Il estoit hardy dans l’entreprise, sage dans l’exécution, également infatigable et intrépide. Il était véhément et sujet à la colère. C’estoit un homme agréable et de bonne société, aimant le mérite partout où il le trouvoit, bon amy, un peu trop cherchant. » De son côté, Grandet, en son Histoire du Séminaire, révèle sa vie comme « une continuelle préparation de la mort. Il fut longtemps cruellement tourmenté de la goutte. Dieu luy donna cet exercice de patience pour réprimer les mouvements de son esprit qu’il avoit naturellement colère et emporté » (Voir Pocquet de Livonnière, man. 1300-anc. 1069 à la BM d’Angers, p. 27 ; Grandet, t 1, pp. 99, 102 ; C. Port, Dictionnaire, t 1, p. 253). Marié avec Louise de Rostaing, d’Autichamp avait épousé en secondes noces Françoise de Jouy))
  • Le 2 juin (1692) le fils du feu Sr Chartier marchand de cette ville à La Flèche épousa la fille du feu Sr Janvier.
  • Le 3 (juin 1692) Me Berthelot avocat fils de Mr Berthelot aussy avocat, épousa la fille du feu Sr Allasneau.
  • Le 8 (juin 1692) monsieur Le Roy, chevalier seigneur de la Pottrie, de Chantdemanche et de Mancy, conseiller en Bretagne, fils de Messire Roberet Le Roy chevalier seigneur de Chantdemanche et de la dame de Moucé, épousa la fille de messire Louis Boylesve seigneur de la Gillière conseiller du Roy et son lieutenant général d’Anjou à Angers et de la dame Perrine Lechat.
  • Le 8 (juin 1692) mourut Missire Henri Arnauld Évêque d’Angers et abbé de St Nicolas, âgé de 95 ans. Il fut enterré le samedy 14 au pié du degré de la chapelle des évêques pour monter dans la salle de l’évêché. Son corps fut porté processionnellement par six chanoines et six chapelains alternativement depuis l’évêché par la place Neuve, la rue St Martin, la rue St Aubin, par la vieille Chartre et devant le château. Monsieur Lepelletier abbé de St Aubin fit la cérémonie ; tous les chaîtres, paroisses, communautés religieuses, Mrs du présidial, du corps de ville, de la prévôté, de l’élection, Mrs les avocats, les notaires, le corps des marchands y assistèrent, tous les officiers et avocats avec leurs bonnets quarrés sur la tête. Mrs de l’université n’y marchèrent point ; ils se trouvèrent seulement à l’église et affectèrent de sortir un peu avant la fin de la cérémonie. C’était un évêque d’un mérite extraordinaire. (Note de Marc Saché : Nous renvoyons, pour la bibliographie du célèbre Henri Arnauld, le second fils de l’avocat Antoine Arnauld et le frère d’Arnault d’Andilly, à la notice que lui a consacrée C. Port et aux références dont il l’accompagne. On y trouvera sur son épiscopat, qui dura quarante-deux ans, sur ses efforts pour redresser la discipline ecclésiastique, sur son rôle pendant les troubles de la Fronde et les époques de dure misère, enfin sur ses opinions jansénistes, les indications élémentaires. (Voir C. Port, Dictionnaire, t 1, p. 136 : également Cochin, Henri Arnauld))
  • Dans le même temps, le fils du feu Sr Goujon marchand droguiste et de la dame … épousa la fille du Sr Berthelot marchand et de la défunte dame …
  • Le 18 (juin 1692) mourut monsieur Payneau de Pégon conseiller honoraire au siège présidial de cette ville. Il avait épousé la défunte dame Gaudicher duquel mariage il n’y a qu’une fille qui a épousé Mr de Neuville Poisson.
  • Le 28 (juin 1692) mourut la femme du Sr Galisson chirurgien ; elle n’a point eu d’enfant ; elle s’appelait Fauveau.
  • Dans ce même temps le sieur Herreau du Perron, bourgeois, épousa Melle Panetier de la Ferandrie, veuve de feu Mr Galard de Mongazon conseiller au siège de la prévôté de cette ville, duquel mariage il y a huit enfants.
  • Le 27 (juin 1692) mourut monsieur Eveillard prêtre doyen de St Pierre, âgé de 57 ans.
  • Le 30 (juin 1692) Mr Georges Daburon avocat fut receu aggrégé en l’université de cette ville en la place de Mr Lebloy aussi avocat et à présent docteur régent, en conséquence d’arrest, en la place de feu Mr Voisin.
  • Le 9 de ce mois (juin 1692) cent cinquante gentilshommes de l’Isle de France convoqués pour l’arrière ban arrivèrent en cette fille en garnison et 70 pour la ville des Ponts de Cé. (Note de Marc Saché : Le ban et l’arrière-ban, jadis éléments essentils de l’armée féodale, avaient perdu à peu près toute leur importance et à partir de 1697 on n’en entendit plus parler. L’arrière-ban était composé des arrière-vassaux tenus envers le roi au service militaire. Leur convocation se bornait à un service de deux ou trois mois à l’intérieur du royaume. Déjà Toisonnier nous signale une de ces convocations le 28 mai 1689. Conseil de ville et commandants des gentilshommes s’entendaient pour le logement de ces derniers chez l’habitant, leur nourriture et le prix des fourrages, conformément aux ordres du roi ; vivres livrés contre paiement de gré à gré, coût du logement de 15 sous par jour pour maître et valet (voir Archives Municipales, BB 99, f°34))
  • Dans ce même temps mourut la demoiselle Primault veuve de feu Mr Gontard, avocat au siège présidial de cette ville.
  • Dans ce même temps, le fils de la veuve du Sr Vallée imprimeur épousa la fille de la veuve du Rocher revenderesse.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet (blog, forum ou site, car alors vous supprimez des clics sur mon travail en faisant cliquer sur l’autre support, et pour être référencé sur Internet il faut des clics sur ma création) seul le lien ci-dessous est autorisé car il ne courcircuite pas mes clics.

    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1691 : juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 2 juillet (1691) Mr Goujon avocat fils du feu Sr Goujon marchand droguiste en cette ville et de la dame Laporte, épousa la fille des défunts Sr Coustard du Brossé et de la dame Yvert.
  • Le 3 (juillet 1691) Mr de la Chevalerie Hunault gentilhomme épousa la fille de Mr de Gastines Poisson bourgeois et de la défunte Delle Lefebvre de Chamboureau.
  • Le 8 (juillet 1691) Mr Hunault, docteur en médevine, fils de feu Mr Hunault aussi docteur en médecine et de la Delle Jurois, épousa la fille des défunts Sr Avril et de la dame Beauregard.
  • Le 16 (juillet 1691) le fils de Mr Daigremont garde-marteau des eaux et forests d’Anjou et de la Delle Alaneau épousa la fille du Sr Brichet cy-devant président au grenier à sel de St Fleurant et de la Delle Rose Poulard.
  • Le 7 (juillet 1691) Mr Eveillon fils du feu Sr Eveillon marchand ferron en cette ville et de la dame Crespy se fit installer dans la charge de maître des eaux et forêts cy-devant possédée par Mr de Chevaigné Aubin.
  • Le 28 juillet (1691) mourut mon fils Etienne, âgé de trois ans moins quelques jours. Il m’était extrêmement cher ; il avait une mémoire et un jugement fort avancé.
  • Le 30 juillet (1691) messieurs Gontard et Cordelet plaidèrent leur première cause.
  • Le 8 août (1691) monsieur de la Vau Landevy mourut âgé de 80 ans. Il avait été avocat au conseil.
  • Le 13 (août 1691) l’on monta les six grandes colonnes de marbre du grand autel de l’église des Cordeliers.
  • Le 18 (août 1691) le fils de feu Mr Bernard du Roncerai président en l’élection et grenier à sel de cette ville et de la défunte dame Bouteiller de la Pinardière, se fit installer dans la charge de chevalier d’honneur au siège présidial de cette ville, de nouvelle création. (Note de Marc Saché : Cet office nouveau de conseiller chevalier d’honneur, vrai miroir où se prenait une fois plus de plus la vanité humaine, pour le profit de la fiscalité royale toujours en quête de ressources extraordinaires, conférait au titulaire dans chaque présidial, aux termes de l’édit de mars 1691, le privilège héréditaire de siéger, l’épée au côté, immédiatement après les lieutenants généraux et les présidents et avant les conseillers. Comme eux il avait voix délibérative. Daté d’août 1691, le brevet délivré à Jacques-François Bernard, bien qu’il lui manquât deux ans et sept mois pour avoir l’âge requis, rappelle que François-René, marquis du Bellay, avait été pourvu de cette charge nouvelle, mais « ne désirant s’y faire recevoir », l’avait résignée en sa faveur. Elle fut supprimée d’ailleurs au bout de quelques années et n’eut qu’un autre titulaire, Mathieu Renou de la Féauté, installé le 16 février 1699. Outre certains privilèges et exemptions d’impôts elle assurait 400 livres de gages au dignitaire. Jacques-François Bernard, baptisé le 8 mars 1669 à Saint-Michel-du-Tertre, était fils de Jacques B., écuyer, président au siège de l’élection et grenier à sel d’Angers, décédé le 15 janvier 1689, et de Marie Boutilier de la Pinardière. Il épousa, le 31 mai 1683, Françoise Poisson, fille de n. h. Pierre Poisson, sieur de Gastines, conseiller secrétaire du roi, et d’Elisabeth Lefebvre de Chamboureau. Il mourut en la paroisse Saint-Maurille le 10 octobre 1705 et fut, comme son père, inhumé dans l’église des Cordeliers (Voir Arch. Dép. E 1652 ; Bibl. Mun. man 1215, bis anc 1005 f°101-104 ; état civil de Saint Michel du Tertre et de Saint Maurille ; Bernard de la Frégeolière, Généalogie de la maison de Bernard, Angers, 1888, pp. 204, 206-207)
  • Le 20 (août 1691) mourut Mr Decorce avocat. Il avait épousé défunte Delle Gault duquel mariage il n’y a point eu d’enfant.
  • Le 27 (août 1691) le Sr de la Houssaye Binet épousa la fille du Sr de la Martinière Viel.
  • Dans ce même temps, le Sr de Forges Gueniveau veuf en premières noces de la défunte Delle Valtère, et en secondes de la défunte Delle de la Hurtaudière Chauvin, desquels mariages il n’y a point eu d’enfant, épousa Melle de la Roche Goizeau.
  • Le 3 septembre (1691) mourut le Sr Chaudet Me apothicaire. Il avait beaucoup de science et de mérite. Il avait été échevin de ville, consul des marchands et capitaine de ville. (Note de Marc Saché : C’est sans doute, bien que Toisonnier ne précise pas, celui qui, au dire du P. Maurille de Saint-Michel dans sa Physiologie Sacrée, possédait un remarquable cabinet d’histoire naturelle (Voir C. Port, t1 p. 647)
  • Le 14 (septembre 1691) mourut la dame Dousseau ; elle fut enterrée le lendemain en l’église des P. Carmes.
  • Dans ce même temps, mourut monsieur Girault de Souvigné. Il avait été longtemps procureur du Roy au siège de la prévôté de cette ville.
  • Le 24 (septembre 1691) sur les deux heures après midy, trois maisons joignant les arches des grands ponts de cette ville, y allant du côté droit de la porte St Michel, tombèrent dans l’eau. Le nommé Gallière marchand poislier, sa femme étant grosse et trois enfants, y périrent. La femme s’appelait Marie Trouillet proche parente de Mrs Trouillet. (Note de Marc Saché : L’acte de sépulture de l’état civil de la paroisse de la Trinité porte : « Mathurin Gallière, marchand, tué par un soliveau le jour d’hier, 24 septembre, dans la ruine totale de sa maison, qui est tombée dans la rivière, dans laquelle sa femme et deux de ses enfants ont esté ensevelis. » A la suite de la chûte des deux maisons bâties sur les grands ponts, le conseil de ville décida « qu’il ne sera basty à l’avenir aucunes maisons sur lesdits points pour quelque prétexte et cause que ce soit » 18 octobre 1691 (BB 99, f°48)
  • Dans ce même temps, mourut la femme du feu Sr Chartier. Il était messager de cette ville à la Flèche.
  • Le 28 (septembre 1691) mourut monsieur de Chanzé Gaultier, conseiller honoraire au siège présidial de cette ville et échevin perpétuel de l’hôtel de ville, âgé de 69 ans. Il avait beaucoup de science et de mérite. Mr Boylesve de Goismard aussy conseiller audit siège a épousé une de ses filles, laquelle est morte depuis quelque temps et a laissé une fille.
  • Dans ce même temps, mourut à la campagne la femme de Mr des Touches Maunoir conseiller à la prévôté. Elle a laissé deux enfants ; elle s’appelait Beaugrand.
  • Dans ce même temps, les cent cinquante gentilshommes de la province de Berry partirent pour s’en aller dans leur pays, après trois mois de séjour de garnison.
  • Le 27 (septembre 1691) mourut madame Teullin de Monfrou ; elle avait été mariée deux fois, en première noces avec Mr de Gentien duquel mariage est issu Mr Gentien marié avec la fille du feu Mr Artaud maîtré des Comptes à Nantes, et de la dame Aveline, et du second deux filles, l’une mariée avec feu Mr de Maillé de la Tourlandry Comte de St Jean, et laquelle est aussi morte depuis quelque temps, et l’autre avec Mr de la Jaillière Lebel. Elle s’appelait Charlotte Martin des Loges.
  • Le 8 octobre (1691) le fils du Sr Daigrement cy-devant marchand de soie et de la dédunte dame … épousa Melle Lenfantin.
  • Le même jour (8 octobre 1691) le Sr Hameau Sr du Haut-Plessis mourut âgé de 70 ans.
  • Le même jour (8 octobre 1691) mourut le Sr Pillegauld de la Besneraye. Il avait épousé en premières noces la fille de feu Mr Fuyer avocat et en secondes la fille de Mr Ferrand docteur en médecine, duquel mariage il y a des enfants.
  • Le 10 (octobre 1691) mourut Mr de Gastines Poisson. Il avait épousé feue mademoiselle Lefebvre de Chamboureau. Une fille a épousé depuis peu Mr Hunault de la Chevalerie gentilhomme.
  • Le 17 (octobre 1691) mourut monsieur Jean Jouin avocat au siège présidial de cette ville. Il plaidait d’une voix fort enrouée.
  • Le 15 (octobre 1691) mourut monsieur Trouillet prêtre conseiller honoraire au siège présidial. Il a laissé plusieurs enfants de la feue dame Héart ; monsieur Trouillet lieutenant particulier audit siège, une fille mariée avec Mr de Meliand Boucault conseiller, feu Mr de l’Échasserie Trouillet marié avec la Delle Briand duquel mariage il y aune fille, ladite Briand remariée avec Mr de l’Épinay Lemarié, conseiller audit siège, une autre fille veuve de feu Mr de Pecherat conseiller audit siège, remariée avec Mr de la Sablonnière Chotard conseiller audit siège, une autre fille mariée avec Mr Grimaudet, Mr Trouillet prêtre et Mr Trouillet prêtre de l’Oratoire.
  • Le 29 (octobre 1691) le fils du feu sieur Daburon marchand épousa la fille du Sr Marchand cy-devant messager de cette ville à Paris.
  • Dans ce même temps mourut madame Chantelou veuve de Mr Chantelou de Portebize procureur du Roy en l’élection de cette ville ;
  • Le 5 (novembre 1691) Mr Raimbauld avocat fils du Sr Raimbauld Me apothicaire et de la défunte Martin épousa la fille du Sr Thibaudeau, chirurgien à Thouarcé, et de la dame Verdon.
  • Le 12 (novembre 1691) madame Chauvel de la Boulaie, veuve de feu monsieur Chauvel de la Boulaye, procureur du Roy au siège présidial de cette ville. Elle a eu trois garçons et cinq filles savoir, Mr de la Boulaie Chauvel l’aîné, conseiller aux requestes du parlement de Bretagne, qui a épousé mademoiselle de Crespy ; le second mort capitaine de cavalerie à Gyroune, et le troisième religieux chartreux. Le première fille mariée avec Mr de Crespy de la Mabilière procureur du Roy au siège présidial ; la seconde a été religieuse au couvent de la Fidélité de cette ville, elle s’est relevée de ses vœux au moyen d’un bref du pape ; la quatrième mariée avec Mr de Sanson de Lorchère et la cinquième mariée avec Mr Eveillard aussy conseiller aux requestes du parlement de Bretagne. Elle s’appelait Grimaudet.
  • Le 17 (novembre 1691) mourut la femme de monsieur de l’Éperonnière Sansonnière ; elle s’appelait du Chiron Davy ; elle s’était mariée le 18 d’octobre 1690, duquel mariage il y a un enfant.
  • Le 20 (novembre 1691) mourut le Sr Davy, huissier ; il a laissé neuf filles ; sa femme s’appelle Coutard.
  • Le 21 (novembre 1691) mourut Melle de la Plante Mauvif, fille, âgée de 57 ans.
  • Dans ce même temps mourut la femme du Sr Hameau du Marais ; elle s’appelait Gremont.
  • Le 2 décembre (1691) le Sr Aubin de la Blanchardière, fils de feu Mr Aubin avocat, épousa la fille du feu Sr de Lizière Margariteau aussy avocat et de Delle Garciau.
  • Le 7 (décembre 1691) mourut la femme du Sr Thibaudeau notaire royal en cette ville ; elle s’appelait Mornac.
  • Le 11 (décembre 1691) monsieur Terrien prêtre, chapelain de St Michel du Tertre. Il avait beaucoup de science et de mérite.
  • Le 18 (décembre 1691) monsieur Gaultier de Landebry fut élu conseiller et échevin perpétuel en la place de feu monsieur de Chanzé son père.
  • Le même jour arriva en cette ville Jacques Stuart, second du nom, Roy d’Angleterre. Il coucha à l’hôtel de ville. Il entendi le lendemain la messe en l’église des prêtres de l’Oratoire et partie ensuite pour Nantes, et de là à Brest. (Note de Marc Saché : On connaît le soulèvement de l’Irlande catholique contre le nouveau roi d’Angleterre, Guillaume III, en faveur de Jacques II, la descente de ce dernier dans l’île, sa défaite à la Boyne, le 11 juillet 1690, et la capitulation de sa dernière place de Limerick, en octobre 1691. Elle avait été suivie de l’exode de nombreux Irlandais. A son passage à Angers Jacques II ne resta qu’une nuit à l’hôtel de ville et repartit le lendemain en chaise de poste pour Nantes et Brest. Le roi fit connaître à la compagnie « qu’après le prise de Limeril, il aurait fait passer beaucoup de ses troupes et de ses sujets en France (24 à 25 000 tant hommes que femmes) qui étaient nouvellement débarqués à Brest. S.M. voulant en former des corps complets pour les attacher au service de la France, avait jugé à propos d’aller au lieu du débarquement pour y donner ses ordres nécessaire et faire connaître à ses sujets en arrivant dans un royaume qui leur est étranger, que S. M. avait toujours conservé pour eux sa même affection et qu’ils n’avaient point changé de maître. » (Arch.mun. BB 99 f°119)
  • Le premier janvier (1692) le fils de Mr de Grée Poulain conseiller honoraire au siège présidial et de la dame Denyau épousa la fille du Sr Nicolon de Chanzé bourgeois et de la défunte Delle Croizet ?
  • Le 22 décembre 1691 monsieur de Grée Poulain se fit installer en la charge de conseiller au siège présidial possédée par Mr de Grée Poulain son père.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

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    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1691 : janvier, février, mars, avril, mai, juin

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 8 janvier (1691) Mr Romain, fils de feu Mr Romain avocat au siège présidial de cette ville, veuf de la Delle Lezineau, duquel mariage il n’y a point d’enfant, épousa la fille de madame Duport veuve. (Je me permets d’insister, lourdement, sur ces couples sans enfants, qui sont nombreux lorsqu’on lit Toysonnier, car, en généalogie, on les occulte le plus souvent, alors qu’ils ont joué un rôle important dans les successions, tant ils ont été une mane pour leurs neveux, je crois que j’y reviendrai pas des exemples)
  • Le 15 (janvier 1691) la fille du sieur Pouneau marchand à Saumur et de la dame Pigeon veuve du feu Sr Carré fils de Mr Carré notaire et de la défunte dame Chesneau, duquel mariage il n’y a point eu d’enfant, épousa le sieur Hary Me apothicaire en cette ville.
  • On a commencé de ce jour (15 janvier 1691) à lever la somme de quarante et deux mil sept cent cinquante livres sur les habitants de cette ville, à laquelle elle a été taxée pour être déchargée des ustanciles de gens de guerre pendant le quartier d’hyver. Le rôle s’est fait sur un chacun suivant ses biens et facultés, mais toujours d’une manière fort inégale. Ce qui donne lieu à plusieurs plaintes. (Note de Marc Saché : L’ustencile désignait les fournitures dues à la troupe par les gens qui la logeaient ou l’impôt de remplacement. Pour le répartir, on faisait le recensement des habitants. Injonction est adressée par le maire à tous les particuliers non taxés ou qui ne l’ont pas été suivant le prix de leurs baux, voire même à ceux qui sont en pension et jouissent de leur bien, de faire leur déclaration à l’hôtel de ville sous peine de voir tripler la taxe imposée (Arch. Mun. BB 98, f°28). On envoyait même des garnisaires chez ceux qui refusaient de payer la taxe (Ibid, BB 99 f°37))
  • Ce même jour (15 janvier 1691) monsieur Dupont fils de Mr Dupont avocat à ce siège, et Mr Margariteau, fils de défunt Margariteau aussi avocat au siège présidial de cette ville, plaidèrent leur première cause.
  • Le 17 (janvier 1691) mourut madame Lezineau femme de monsieur Lezineau docteur régent ès-droit en l’université de cette ville. Elle a laissé quatre enfants. Elle s’appelait René Bouard fille de feu monsieur Bouard avocat au siège présidial de cette ville et de la demoiselle Renard. Elle fut enterrée le lendemain dans l’église de St Michel du Tertre.
  • Le 19 (janvier 1691) mourut la femme du Sr de la Touche barbier perruquier en cette ville ; elle n’a point laissé d’enfant. Ledit Le Touche avait épousé en premières noves la dame Jarry dont il y a quatre enfants.
  • Le 22 (janvier 1691) mourut la femme du feu Sr Lejeune marchand, âgée de 75 ans ; elle s’appelait … Elle a laissé plusieurs enfants ; une fille a épousé le Sr Sailland des Mazières, le Sr Lejeune de la Grandmaison, le Sr Lejeune de la Vincendière marchand à Nantes qui a épousé la fille du sieur de la Plante Mauvif marchand de laine en cette ville, et un garçon.
  • Le 28 (janvier 1691) le fils de monsieur Gilles Sr de Volaine, maître des Comptes à Tours, capitaine d’infanterie, épousa la veuve de feu Me de Gastines dit Bras d’argent, dont il y a cinq enfants.
  • Il y a trois mois que le sieur Gaspard Geslin chirurgien mourut âgé de 84 ans dans sa maison de Savigné. Il avait laissé un fils mort depuis quelques années qui avait épousé une nommée Goisbet, et une fille morte qui avait épousé le Sr Camus, duquel mariage il n’y a point eu d’enfants.
  • Le 3 février (1691) mourut la femme de monsieur Fleuriot avocat au siège présidial de cette ville, âgée de 54 ans. Elle a laissé plusieurs enfants ; elle s’appelait Cordier.
  • Le 5 (février 1691) mourut la femme du sieur Aubert marchand de soie en cette ville ; elle a laissé 7 enfants ; elle était âgée de 45 ans ; elle s’appelait Le Maçon.
  • Le 8 (février 1691) le fils aîné de feus monsieur de Chemant et de la dame Crespin épousa la fille de la dame veuve feu Mr de Chevreüe.
  • Le 18 (février 1691) mourut le Sr Bessonneau cy-devant marchand de soie en cette ville âgé de 80 ans. Il a laissé plusieurs enfants, un garçon chanoine à St Martin, l’autre marchand droguiste.
  • Le 19 (février 1691) le fils de Mr Jarry avocat, et le fils de Mr Reimbault Me apothicaire, plaidèrent leur première cause.
  • Le 21 (février 1691) la fille du sieur Boisard marchand confiseur en cette ville épousa la fille du Sr Lepage marchand tanneur.
  • Le 23 (février 1691) mourut monsieur Cherot avocat au présidial de cette ville, âgé de 54 ans. Il avait du mérite et plaidait avec beaucoup de netteté. Il était d’une humeur fort agréable et fort enjouée. Il n’a que deux filles, dont l’aînée est veuve de monsieur de Louzil Avril conseiller au présidial.
  • Le même jour (23 février 1691) mourut le Sr Potry, notaire royal en cette ville.
  • Le 26 (février 1691) monsieur Boulay, avocat au siège présidial de cette ville épousa la fille du feu Sr Dupré de Forge.
  • Le 14 mars (1691) mourut monsieur de Lorchère Varlet. Il avait autrefois été avocat au siège présidial de cette ville.
  • Le 9 avril (1691) mourut la dame Guillotin ; son mari avait été cy-devant messager de cette ville à Tours.
  • Dans ce temps, on a commencé à bastier la porte St Blaize et le Collège. On a aussi planté d’ormeaux la place Martineau devant le couvent des dames religieuses de la Fidélité.
  • Le 24 (avril 1691) Mr Constantin bachelier en théologie et recteur de l’université de cette ville, mit la première pierre du Collège. (Note de Marc Saché : Ce fut en effet Joseph Constantin qui posa la première pierre. A la fin de mars 1690, le maire, Grandet de la Plesse, et le procureur de l’hôtel de ville, Daburon, furent délégués auprès de l’intendant pour arrêter, de concert avec de Sainte-Marthe, supérieur général de l’Oratoire, l’emplacement du nouveau collège « tant pour la commodité de la ville et des écoliers que pour lui donner une décoration telle qu’il convient à un pareil établissement. » Après de nombreux démélés des Oratoriens avec les Ursulines, qui ne voulaient point de ce voisinage, l’adjudication des travaux fut faire pour 37 000 livres à l’architecte de la ville, Lecomte, le 5 août 1690. Mais le chiffre fut bien dépassé. (Arch. Mun. BB 98 f°40, 42, 55). On sait que la mairie actuelle occupe les bâtiments de ce collège)
  • Le 27 (avril 1691) monsieur Grandet, maire de cette ville, posa la première pierre de la nouvelle porte St Blaise. (Note de Marc Saché : Un arrêt du conseil autorisait la construction d’une porte de ville au bout de la rue de l’Hôpital, rue qui partait de l’hôtel de Lantivy, hôtel actuel de Chemellier, et se terminait à la place du Lion-d’Or, détruite par le prolongement de la rue Lenepveu. La porte ouvrait du côté des Minimes. On dut racheter, au prix de 1 200 livres, des maisons pour le dégagement de la nouvelle construction. Le 24 février 1691 le corps de ville décida qu’avec l’assentiment du lieutenant du roi « on fera graver sur une lame de cuivre, pour estre encastrée entre deux grandes pierres de marne et mise à ladite porte », une inscription commémorative composée par Frain du Tremblay (Voir le texte de cette inscription BB 99 f°14 in Bulletin historique et monumental, années 1867-1868, pp. 9, 10)
  • Le même jour (27 avril 1691) mourut subitement Mr Bault d’Aubdré, s’étant, dit-on, échauffé à la chasse.
  • Le même jour mourut la femme de feu Mr Allard droguiste ; elle s’appelait Phelipeau.
  • Le premier may (1691) furent élus échevins messieurs de la Blanchardière Gourreau conseiller au siège présidial et Bachelot bourgeois de cette ville.
  • Le 7 (mai 1691) monsieur Drouet de Grasigné se fit installer dans la charge de conseiller au siège de la prévôté de cette ville, qu’occupait Mr du Roger Dangené son beau-père.
  • Le 8 (mai 1691) Mr Blanchard avocat veuf de demoiselle Barbe Dugué, duquel mariage il y a une fille, fils du feu Sr Blanchard et de la dame Loyseau épousa la fille du feu Sr Provos ancien juge consul et de la feüe dame Barbereau.
  • Le 21 le fils de Mr de Grée Poulain conseiller au siège présidial de cette ville épousa la fille du feu Sr …
  • Le 4 juin (1691) mourut la femme de feu Mr Board avocat elle s’appelait Renard ; elle a été malade pendant neuf mois d’un cancer au téton. Elle n’avait qu’une fille morte depuis quelques mois femme de Mr Lezineau, docteur ès-loix.
  • Le 7 (juin 1691) mourut la femme du Sr des Brosses Panetier bourgeois ; elle a laissé trois petits enfants. Elle s’appelait Neveu, fille de Mr Neveu docteur en médecine.
  • Le 12 (juin 1691) le fils de monsieur de Grée Poulain, doyen de messieurs les conseillers au siège présidial de cette ville, épousa la fille de la dame de la Chenaye Béritault.
  • Le 25 (juin 1691) le fils de monsieur Le Clerc, assesseur au siège présidial de cette ville épousa la fille du Sr du Laurens.
  • Le 23 (juin 1691) Mr Airault prêtre fils du feu Me Ayrault lieutenant criminel et de la dame Lefebvre, prit possession de la cure de St Michel du Tertre.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

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    Testament d’Augustin Le Vavasseur, chaudronnier au Mesnil-Garnier (50), 1639

    fait à Corzé (49) où il est malade (Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E)

    Nos ancêtres se déplaçaient, et on les retrouve parfois dans les registres paroissiaux, mais aussi dans les actes notariés. Parmi ces déplacements, celui de nos voisins Normands, constituait une véritable route Normande, que j’appelle LA ROUTE DU CLOU, tant elle elle est liée à tous les métiers de la grosse forge et ses petits produits dérivés.
    Bien souvent, dans les métiers de la forge, on retrouve de véritables dynasties, tant le métier était spécialisé, aussi certains noms de famille sont pour ainsi dire réservés, il en est ainsi des Vavasseur, souvent issus de la forge. Je les retrouve à Riaillé etc….
    Parfois, le chemin de ces voyageurs, commerçants ou pélerins, s’arrêtait là où la maladie les emportait. Ce chaudronnier aura eu le temps de nous laisser ce bouleversant testament, qui comme tout testament commence par les affaires spirituelles, mais vous allez voir que les affaires temporelles d’Augustin sont importantes, y compris sur le plan généalogique. Donc, augustin Le Vavasseur meurt de l’épidémie, et j’ai ensuite mis en caractères gras sa recommendation de payer ceux qui porterons son corps en terre, cela signifie clairement qu’en période d’épidémie, les volontaires pour porter en terre au cimetière les morts d’épidémie, étaient courageux, et qu’il craignait qu’on ne le porte pas au cimetière.

    Voici la retranscription de l’acte : Le 20 octobre 1639 devant Christofle Davy notaire royal à Baugé résidant à Corzé furent présents établis et duement soubmis Augustin Le Vavasseur chaudronnier de la paroisse du Mesnil Garnier (dans la Manche, entre Coutances et St Lô, autrement dit vers la route des poîles et Villedieu) pays de Normandie, étant de présent au bourg de Corzé, étant de présent au lit malade, sain néanmoins en la grasse (grâce bien entendu, car je laisse toujours l’orthographe originale de l’acte, et ceci vaut à mon site d’être qualifié de site bourré de fautes d’orthographe.) de Dieu d’esprit et entendement, ne désirant décéder sans avoir ordonné de ses affaires spirituelles et temporelles, a fait le présent son testament de dernières volontés en la forme qui ensuit, et d’aultanct que les choses spirituelles sont à présent devant les temporelles il a recommandé son âme à Dieu à la glorieuse vierge Marie à tous les saintz et sainctes du Paradis, les suppliant intercédder pour luy vers sa grandeur, à ce qu’il luy plaise lors que son âme sera séparée d’avecq son corps (très jolie formule pour désigner le trépas, formule que je rencontre dans tous les testaments angevins) la recevoir en son paradis ;
    Item veult et entend que lors que son âme sera séparée d’avecq son corps sondit corps estre livré à la sépulture iceluy enterré au petit simetière audit Corzé, ou au grand simetière (je sais bien que c’est cimetière, mais une retranscription doit respecter l’original et non le corriger) à l’endroit qu’il plaira à monsieur le curé ;
    Item veult et entend que le jour de son enterrage (eh oui ! c’est l’enterrement) ou le lendemain il soit dit et célébré en l’église dudit Corzé ung service solempnel scavoir trois messes à haulte voix et à basse voix aultant, comme il y aura de prêtres habitués en ladite église avecq pareil service huit jours après ;
    Item veult et entend qu’il soit dit et célébré incessement après son décès en l’église de ladite paroisse du Mesnil Garnier ung trentain à haulte voix avecq pareil service à la fin ;
    Item veult et entend que ceulx qui porteront son corps à la sépulture ensemble ceulx qui le gouverneront en sa malladie soient payés et pour ce faire déclare qu’il donne à la confrairie du Rosaire établie en l’église dudit Corzé la somme de 60 sols à une fois payée pour participer aux prières qui seront célébrées ;
    Item veult et entend qu’il a donné et donne par ces présentes aux enfants de Laurent Cavalle et de défunt Germaine Le Vavasseur sa fille, la somme de 100 livres outre et parsus ce qu’il pourra avoir donné à sadite fille en advancement de droit successif lors de son mariage que pour leurs parts et portions qu’ils pourront prétendre en sa succession après son décès, sy mieulx n’ayment ses autres enfants (là, j’avoue avoir eu du mal à comprendre pourquoi il parle de Germaine sa fille, serait-ce un autre lit ?) consentir aux enfants de ladite Germaine Le Vavasseur sa fille partaigent avecq eux suivant la coustume de Normandie (sage précision, car nous sommes alors en pays de droit coutumier, lequel varie d’une province à l’autre, et les différences sont souvent importantes);
    Item veult et entend que toutes autres debtes qui se trouveront estre par luy instemment deues lors de son décès soient payées et acquitées
    et pour ses exécuteurs testamentaires il nomme Gervaise (autrefois utilisé pour Gervais, car l s’agit bien entendu d’un homme, je n’ai jamais rencontré de femme exécuteur testamentaire, pas plus que témoins dans les actes notariés d’ailleurs) Michel de ladite paroisse du Mesnil Garnier et Pierre Trouillard marchand audit Corzé, qu’il prie en prendre la charge, et exécuter fidèlement selon sa forme et teneur pour ce faire leur a dès à présent céddé quitté et délaissé tous et chacuns ses biens meubles et immeubles qu’il veut et entend estre convertis et employés jusqu’à parfaite et entière exécution d’iceluy, que ledit estably a voulu stipulé etc…
    Item déclare ledit testateur ne debvoir aulcune somme ne marchandie à Julien Le Vavasseur demeurant en ladite paroisse du Mesnil Garnier ;
    fait et passé au bourg dudit Corzé au devant de la maison Doucher ou est de présent ledit testateur en présence de Me Jehan Piron sergent royal demeurant au fauxbourg Sainct Michel du Tertre d’Angers, Vincent Minot aussi sergent royal

    J’ai mis la date en caractères gras, car nous sommes alors en épidémie, et elle emporte durant des mois une grande partie de la population. J’ai déjà mis sur mon site plusieurs dépouillements de cette épidémie, terrifiante, durant laquelle on n’avait parfois des familles entières atteintes et pas le temps de les enterrer au cimetière.
    Enfin, le don à sa fille Germaine est remarquable, car normalement tous les enfants ont la même chose, et la phrase, que j’ai fidèlement retranscrite, n’est pas clair, car s’il a d’autres enfants, cela pourrait signifier qu’elle est d’un autre lit… bref, sans doute un élément pour ceux qui en descendraient le cas échéant. On nomme toujours 2 exécuteurs testamentaires, et l’un d’eux est du Ménil Garnier, mais je ne pense pas qu’il soit venu après avoir été prévenu, car l’épidémie ne le permettait pas. Je pense qu’Augustin Le Vavasseur ne voyageait pas seul, et qu’il nomme son compagnon de voyage. Et bien sût le voyage était commercial et ils vendaient chaudrons et poîles…

    A demain, pour les émotions rocambolesques dignes de la chasse au trésor.

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    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1690 : juillet, août, septembre, octrobre, novembre, décembre

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 1er juillet (1690) mourut la veuve du feu Sr Gaudais. Elle s’appelait Marguerite Blondeau ; elle a laissé un garçon et une fille.
  • Le 2 (juillet 1690) le sieur Poitras épousa Melle Babault.
    Dans ce même temps mourut la femme du feu Sr Gannes Me apothicaire.
  • Le 8 (juillet 1690) le Sr Carré notaire en cette ville, veuf de défuntes dames Chesneau et Pelletier ses premières femmes, épousa en troisièmes noces la fille du feu Sr Quellier docteur en médecine et de la Delle Desportières.
  • Dans ce même temps, le Sr Trochon, épousa la fille du Sr de la Gaulerie Brondeau.
  • Le 31 (juillet 1690) la fille de Mr Jean Gault avocat au siège présidial de cette ville épousa monsieur Huslin gentilhomme.
  • Le 6 août (1690) une des filles de Mr Leroyer de la Baronnière avocat audit siège épousa le nommé Mariet receveur du tabac en cette ville (eh oui ! déjà un impôt sur le tabac) ; il est de la ville de Château du Loir.
  • Le même jour, la fille de défunts Mr Aveline de Narcé conseiller au siège présidial de cette ville et de la dame Guilbault, épousa le fils unique de Mr Guérin avocat et de la Delle Mussault.
  • Le 29 (août 1690) la fille de défunts Mr Guynoiseau avocat au siège présidial de cette ville et de la Delle Rossignol, épousa Mr Moreau Sr de la Mustière, fils du défunt Sr Moreau et de la dame Augereau du diocèse de Poitiers.
  • Le 28 (août 1690) le fils de défunts Sr Poilpré bourgeois de cette ville et de la demoiselle Baufait, épousa la fille de monsieur Louët, cy-devant lieutenant particulier au siège présidial de cette ville, et de la défunte dame Sérézin.
  • Le 18 septembre (1690) le fils du feu sieur Gyrois de l’Aiglerie épousa la fille du feu Sr Gannes Me apothicaire en cette ville et de la défunte dame …
  • Le 24, mourut le Sr Allard cy-devant marchand en cette ville, et depuis hoste de l’hôtellerie où pend pour enseigne le Roy des gardons en Reculée. Sa femme s’appelle Brouteau de la ville de Château-Gontier. (les auberges avaient franchement de jolis noms, c’était tout de même plus beau que nos chaînes hôtellières actuelles...)
  • Le 2 octobre (1690) mourut Mr Cordier garçon, avocat, fils de défunt Mr Cordier aussy avocat et de la Delle Saget.
  • Le 9 (octobre 1690) le fils du Sr Préjan marchand, lieutenant des eaux et forêts d’Anjou, épousa la fille du Sr Yvard, notaire en cette ville.
  • Le 10 (octobre 1690) Mr Delorme, fils de Mr Guy Delorme, avocat, épousa la fille du feu Sr ….
  • Le 12 (octobre 1690) la femme du Sr Sourdrille praticien mourut et fut enterrée en l’église de St Michel du Tertre ; elle s’appelait Rousseau.
  • Le 26 (octobre 1690) mourut la femme du Sr Gilbert cy-devant marchand en cette ville ; elle s’appelait Leliepvre.
  • Le 1er novembre (1690) mourut mademoiselle Bachelot fille de défunts Mr Bachelot contrôleur au grenier à sel de cette ville et de Delle Renée Panetier ; elle était âgée de 35 ans.
  • Le 7 (novembre 1690) mourut monsieur François Maudoux, prêtre, curé de St Michel du Tertre. C’était une personne d’un rare mérite, d’une grande piété et d’un bon exemple. Il savait l’art de toucher le cœur par ses prônes. Il était de la ville de La Flèche ; il a été curé pendant vingt et cinq ans.
  • Dans ce temps, monsieur Boucault de la Houssaye, conseiller au siège présidial de cette ville, veuf de la dame Gandon et ayant cinq enfants de ce mariage, épousa mademoiselle Lepetit de la Besnerie.
  • Le 13 (novembre 1690) on publia l’établissement de deux nouvelles foires, savoir pour le premier jour du mois de may et pour le 6 du mois d’août de chaque année. (Note de Marc Saché : Il existait déjà 2 autres foires régulières depuis l’octroi des lettres patentes de décembre 1646, l’une le lendemain de la Fête-Dieu, l’autre à la Saint-Martin d’hiver, chacune d’une durée de 8 jours.)
  • Le 16 (novembre 1690) le sieur Chatelain épousa la fille du Sr Planchenaut.
  • Le 27 (novembre 1690) le Sr Guyonneau, fils du feu Sr Guyonneau de la Riaillerie, lieutenant à Brissac épousa la fille du feu Sr Alaneau marchand poislier en cette ville.
  • Le 28 (novembre 1690) mourut le Sr Caternault, fils du feu Sr Caternault notaire royal en cette ville et de la dame Perrouin. Il avait épousé la fille du feu Sr Lancelot.
  • Le 29 (novembre 1690) mourut Mr Viot avocat au siège présidial de cette ville. Il avait épousé la fille du Sr Cireul notaire royal en cette ville, duquel mariage il a laissé cinq enfants.
  • Le même jour (29 novembre 1690) mourut la mère du Sr Bourneuf huissier audiencier au siège présidial.
  • Dans ce même temps, le Sr Beguyer, fils de défunt Antoine Beguier barbier baigneur en cette ville, fut receu dans l’office de greffier de l’hôtel de ville, créé par le Roy et cy-devant possédée par Me des Portes Poitevin.
  • Le 30 (novembre 1690) mourut la femme du feu Sr Tonnelier marchand de draps de laine. Elle a laissé trois enfants, un garçon chanoine régulier, et deux filles ; la première est morte femme de Mr Guilbault avocat. Elle s’appelait …
  • Le 5 décembre (1690) mourut Mr Boisourdy bourgeois, capitaine de ville ; son fils est avocat du Roy.
  • Le 11 (décembre 1690) monsieur de Vurie gentilhomme épousa la fille de feu monsieur Boylesve de la Maurouzière Me d’hôtel du Roy et de la dame Lanier.
  • Le 15 (décembre 1690) mourut madame du Ménil femme en secondes noces de monsieur du Ménil cy-devant avocat du Roy, duquel mariage il n’y a point d’enfant, et en premières noces en 1652 femme de feu monsieur Cupif d’Aussigné, duquel mariage il y a un enfant qui fut tué au sortir du Louver par monsieur Duplanty Boylesve. Elle s’appelait Lemarié, fille de François Lemarié et de Delle Licquet.
  • Le 18, monsieur de l’Eperonnière Sansonnière, escuier, épousa la fille de feu monsieur du Chiron Davy conseiller au siège présidial et de la dame Deroye.
  • Cette année a été assez heureuse et fertile en bleds et en vin.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

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