Partages de la succession de Maurice Pasquer et Marguerite Delacroix, 1656

Le partage suivant, qui ne concerne nullement mes ancêtres, comme d’habitude sur ce blog, mais le Haut-Anjou en général, qui est ma passion, a 3 mérites :

    Comme tout partage, il donne les enfants, au nombre de 4 et leurs conjoints, le tout dans l’ordre de naissance.

    Il donne des prix pour chaque pièce de terre, et les prix sont rarement donnés lors des partages, d’où tout l’intérêt. D’ailleurs, ils permettent de calculer le prix à l’hectare, car la superficie aussi est indiquée.

    Il y a une métairie et une closerie à partager en 4, et au lieu de tout diviser en 4 comme nous l’avons déjà vu, ils ont choisi de diviser la métairie en 2, et on découvre alors que la closerie est d’une valeur bien inférieure à la moitié d’une métairie, puisque ceux qui ont une moitié de métairie vont verser de l’argent au 4e lot, qui lui n’a rien que ces sommes de retour de partage. Ce retour de partage fait 985 livres, donc on peut conclure que la closerie est de la même valeur puisqu’elle fait un lot à elle seule, et que la métairie vaut environ 3 000 livres, puisque divisée par deux, soit 1 500 livres, chacune des moitiés reverse 500 livres au 4e lot.
    Le montant total de l’héritage est donc de 4 000 livres.
    Mais le plus spectaculaire est que lors de la choisie, les moitiés de métairie l’emportent, puis la closerie, et le non choisissant à la somme d’argent. J’y vois la preuve que la terre est une valeur sure.

Le père était marchand tanneur. On sait donc que sa fortune, après avoir marié ses 4 enfants, c’est à dire après avoir doté 4 enfants, est tout de même de 4 000 livres. C’est beau ! Cela situe bien les marchands tanneurs comme beaucoup plus aisés que la plupart des artisans, les meuniers, etc…

    Voir ma page de Brain-sur-Longuenée
    Voir mes ascendants Pasquer

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E6 – Voici la retranscription de l’acte : Le 30 juin 1656 (René Garnier notaire Angers) lots et partages en 4 que François Reboux marchand corroyeur et Maguerite Pasquer sa femme font et présentent à honnestes personnes Mathurin Brault marchand Me tanneur et Marie Pasquer sa femme, Robert Papon marchand Me peletier et Françoise Pasquer sa femme, Jean Crochet marchand et Claude Pasquer sa femme, et à honorable personne Louis Seard aussy marchand curateur à le personne eet biens quand à la choisie des présents partages de ladite Claude Pasquer, des biens des successions de deffunctz honnestes personnes Maurice Pasquer vivant aussi Me tanneur et Marguerite Delacroix leur père et mère et de deffunt René Pasquer leur frère présumé mort par son absence de ce royaume depuis 10 ans ou environ, pour iceux partages estre choisis par les dessusdits chacun en leur rang et ordre suivant la cousume de ce pays d’Anjou

  • Premier lot, choisi par Claude Pasquer et Jean Crochet, premiers choisissants
  • Pour le premier lot mettent lesdits Rebours et sa femme la maison du lieu et mestairye de la Courtaudaye (pas dans C. Port) située en la paroisse de Brain sur Longuenée ou demeura à présent Anthoine Delaistre mestayer dudit lieu compozée de trois chambres à costé l’une de l’aultre dont y en a deux ou y a four et cheminée et grenier au dessus, à la réserve de l’usage du grand four pour le segond lot pendans cinq ans en cas qu’il ne bastisse de four plus tôt pour luy, et ledit four estant fait ledit usage cessera
    Item demeure du présent lot l’issue estant au devant de ladite maison en la largeur de 33 pieds de long du pignon de davant ladite maison, et de 50 pieds de long en tirant depuis l’ouverture de la porte de ladite maison jusques à ladit longueur de 53 pieds où il pourra mettre ce que bon lui semblera et le surplus dudit davant au long de la grange sur pilliers du segond lot
    Item la moitié du verger touchant au jardin de derrière …
    Item la moitié de la grange servant d’estable aux bestes le bout le plus proche du vinier et pour exercer passera par la porte à présent faite et sera fait à frais communs une séparation …
    Item demeure au présent lot l’issue qui est au derrière dudit logis entre le fossé du verger et le bout des deux granges du segond lot et ledit logie pour y faire une aire à battre bled deulement sans incomoder le puitz et sans comprendre le cheminpour aller de la maison de ce lot au préz du segond lot …
    Item une soue à porcs proche du four dudit logis
    Et au surplus toutes issues et rues demeurent communes entre le premier et segond lot
    Ne pourra le segond lot prétendre d’issue par le bout desdites granges
    Item un jardin nommé le Petit jardin contenant demie boisselée
    Item un jardin nommé le pré de la maison contenant une boisselée
    Item un jardin nommé le jardin de derrière le four … contenant un tiers de boisselée …
    etc…

  • Segond lot, choisi par Françoise Pasquet et Robert Papon, 2e choississants.
  • Pour le segond lot les deux granges se joignant l’une l’autre avec l’aire davant ainsi qu’elle est close et la moitié du verger, en laquelle moitié ne sera compris le chemin de 18 pieds de long qui est au premier lot
    Item l’autre moitié desdites estables servant audit bestiaux …
    Item la soue à porcs faite à murailles couverte de chaulme touchant au petit jardin qui est devant lesdites estables
    Item le jardin de derrière les estables contenant une boisselée
    Item un jardin proche le vinier nommé le jardin du Vinier contenant une boisselée
    Item l’autre moitié dudit pré … apprécié 500 livres
    Item une pièce de terre nommée le Vigneau contenant 7 boisselées apprécié 90 livres
    Item une pièce de terre nommée la Grée contenant 2 journeaux et 2 boisselées appréciée 120 livres
    Item une pièce de terre nommée le Payrmin contenant 4 journeaux appréciée 200 livres
    Item une pièce de terre nommée La Nauvy contenant 5 journeaux appréciée 160 livres
    Item une pièce de terre nommée les Bretelières contenant 3 journeaux appréciée 120 livres
    Item une pièce de terre nommée les Petites Bretelière contenant 2 boisselées appréciée 20 livres
    Item une pièce de terre nommée le Landereau contenant 8 boisselées appréciée 40 livres
    Item un clotteau de terre nommé le Toulay contenant 2 boisselées apprécié 20 livres
    Item l’autre moitié de la grande lande le costé joignant le chemin de Brain à Chastillon, ladite moitié contenant 3 journée et appréciée 100 livres
    Item jouiront le premier et le segond lot en commun l’année présente dudit lieu de la Coutodière
    Payera ce présent lot avec le premier lot par moitié les cens rentes etc…
    Payera le présent lot au 4e lot la somme de 500 livres de retour de partage

  • Troisième lot, choisi par Marie Pasquer et Mathurin Brault
  • Pour le troisième lot le lieu et closerie de la Couvrardière situé au village de la Couvrardière paroisse de Brain Sur Longuenée …

  • Quatrième lot, resté à la fille aînée, Marguerite Pasquer épouse de François Reboux
  • Pour le quatriesme lot prendra la somme de 485 livres du premier lot et la somme de 500 livres du second lot

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    Pierre Bodin, notaire de Mortiercrolle, a hérité de dettes, 1651

    Enfin, il avait hérité et encaissé l’actif, laissant un peu le passif aux oubliettes. Il est rappelé à l’ordre !

    Même si j’ai des Bodin à Châtelais, tout près des Anges, ce Pierre Bodin ne semble pas lié aux miens, du moins pour ce que j’en connais à ce jour, car curieusement il y a un François Trouillault nommé dans cet acte, et j’ai aussi une Trouillault.

    Anne Marchais, épouse de Pierre Bodin, notaire de la baronnie de Mortiercrolle, a hérité de sa soeur, qui était 2 fois veuve. Comme nous l’avons déjà vu, il y avait dans un héritages les dettes actives et les dettes passives. Ici il y avait une dette passive en obligation de 600 livres impayée.
    On découvre que pour se faire payer la dame créancière a fait faire une saisie, mais par n’importe qu’elle saisie, car elle s’en est pris tout bonnement aux deniers que le prince de Guémené devaient à Bodin. On a donc ici le sentiment que ces saisies, spectaculaires à mes yeux, faisaient immédiatement réagir les débiteurs !

    Mortiercrolle, collections personnelles, reproduction interdite
    Mortiercrolle, collections personnelles, reproduction interdite

    Ce sont bien des poules qui courent ici il y a 100 ans dans la cour du château de Mortiercrolle, et cliquez sur la carte postale pour en voir d’autres.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E6 – Voici la retranscription intégrale de l’acte : Le 1er juillet 1651 après midy devant nous Louis Coueffé notaire royal à Angers damoiselle Françoise Guillot veufve de deffunt Me Mathieu Arnou vivant sieur de la Féauté demeurante en cette ville d’une part
    et Me Pierre Bodin notaire de la baronnye de Mortiercrosle demeurant aux Anges paroisse de l’Hostellerie de Flée tant en son nom privé que comme mary de Anne Marchais sœur et héritière de deffunte Renée Marchais femme en dernières nopces de Me René Gaslard auparavant veufve de deffunt Bonaventure Chevrollier soubmettant chacun esdits noms seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens renonçant au bénéfice de division d’ordre discussion d’autre part

    les Anges : commune de Saint-Quentin, s’alignant des deux côtés de la route de Châtelais à Saint-Sauveur-de-Flée, qui sépare la paroisse de l’Hôtellerie de Flée de celle de Saint-Quentin. Ce village tire son nom du couvent Notre Dame des Anges, fondé en 1500 par Pierre de Rohan, maréchal de Gyé. Pour le couvent et la moitié du village, qui appartient à la paroisse de l’Hôtellerie-de-Flée, voir Dict. du Maine-et-Loire, I, 115. D’après un monitoire de 1690, le prince de Guéméné ordonna, en 1637, au sieur Meslier de la Rue, de construire au village des Anges, du côté de Mortiercrolle, un bâtiment pour servir d’auditoire à cette seigneurie. Ce fut, avec une autre maison, le commencement de l’agglomération, qui, du côté de l’Hôtellerie-de-Flée, outre le couvent, ne comptait alors que deux maisons et une petite hutte. Depuis le village s’est considérablement augmenté. Avant la Révolution il s’y tenait un foire, l’assemblée subsiste. (A. Angot, Dict. de la Mayenne, 1900)

    lesquels sur les poursuites que faisait ladite dame de la Féauté pour avoir payement ou acquit vallable de la somme de 600 livres de principal à elle deue par ledit défunt Chevrollier sa femme et François Trouillault de reste de plus grande somme contenue par contrat passé par Me Guillaume Guillot et François Martin notaires de cette court le 25 mars 1640 et obligation par nous passée le 6 décembre 1631 de quoy elle avait fait saisir et arrêter entre les mains de Me Martin Gaignard procureur de monseigneur le prince de Guesmené les deniers qu’il doibt audit Bodin et prière faite par iceluy Bodin à ladite dame de la Féaulté de consentir deslivrer et main lever desdits deniers offrant luy payer contant partie de sa debte et s’obliger en privé nom solidairement au payement a esté accordé ce que s’ensuit c’est à savoir que ladite Guillot à la prière dudit Bodin esdits noms s’est désistée et despartie de ladite saisie faite à sa requeste es mains dudit Gaygnard auxdits deniers et a consenty et consent deslivrance et main levée au profit dudit Bodin au moyen de ce que iceluy Bodin luy a payé contant présentement au veu de nous la somme de 200 livres qu’elle a receue en monnoye courante et desduit et rabattu sur ce qui se trouvera estre deub d’arrérages de la rente et intérests desdits 600 livres sauf à compter entre les parties et de ce que iceluy Bodin esdits noms et qualitez solidairement comme dict s’est dabondant obligé et oblige payer à ladite dame de la Féauté en sa maison en cette ville ladite somme de 600 livres de principal et ce qui se trouvera estre deub de reste desdits arrérages de rente et intérests du passé et encore ce qui en pourra courir à l’advenir jusques au parfait payement au désir et à la raison desdits contrats et obligation … etc…
    fait et passé audit Angers maison de nous notaire en présence de Me René Buscher et Julien Besnard demeurant audit lieu tesmoins
    Signé : Bodin, Gaignard, Françoise Guillot, Buscher, Besnard, Coueffe

    les Anges, commune de l’Hôtellerie-de-Flée, et, en partie de celle de Saint-Quentin (Mayenne). Il tire son origine d’un couvent de Cordeliers fondé, sur l’extrême confin du département actuel du Maine-et-Loire, par Pierre de Rohan, maréchal de Gyé, sous l’invocation de Notre Dame des Anges, avec non bien propre et le patrimoine légué, spécialement par Françoise Porhouet, sa femme, de qui il exécutait les intentions. Une bulle d’Alexandre VI (31 mars 1500), adressée à l’Official d’Angers, autorisa cette fondation et permit aux frères d’avoir une petite cloche, cloître, réfectoire et dortoir. Le fils du fondateur, François de Rohan, évêque d’Angers, date du couvent même, le 6 octobre 1504, le mandement qui autorise les religieux à prêcher et quêter dans les paroisses du diocèse et qui les recommande aux curés. Les bâtiments n’étaient pas encore terminés en 1509. L’église fut consacrée seulement le 23 novembre 1512 par l’évêque de Léon. En 1519 des indulgences à perpétuité de cent jours y appelaient les donateurs et les pélerins. Des indulgences spéciales de Paul V en 1617 et 169, d’Urbain VIII en 1624 et 1634 convièrent les fidèles à la dévotion des fêtes de la Vierge. L’église possédait dans ce temps une épine de la sainte Couronne. Jusqu’à la Révolution, le couvent servir de maison de force pour les jeunes gens. Il s’y trouvait à cette époque un fils de famille de Craon. Lors du départ des moines, le père gardien se cacha dans le village, chez une demoiselle Bellanger, en la maison du Pavillon, où il célébrait la messe et mourut vers 1800… (C. Port, Dict. du Maine-et-Loire, 1876)

    Cette maison de force pour les jeunes gens m’intrigue car j’en cherchais une pour un fils de famille de Laval, et je la cherchais à Angers, et si cela se trouve c’était les Anges.

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    Testament de Pierre Crannier, homme de bras, Cheffes, 1602

    Un testament n’est pas obligatoirement le fait de quelqu’un d’aisé.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici la retranscription exacte de l’acte : Le jeudi 21 novembre 1602 après midi.

    Au nom du père et du fils et du Saint Esprit, Amen.

      Un testament commençait toujours ainsi, mais le plus souvent cette phrase est écrite en latin

    En la court du roy notre sire à Angers personnellement estably Pierre Crannier homme de bras demeurant en la paroisse de Cheffes sain d’esprit d’entendement et de pensée par la grâce de Dieu considérant qu’il convient à toute créature vivante mourir et finir ses jours ne sachant quand ne comment, qu’il n’est rien plus certain que la mort ni rien plus incertain que l’heure d’icelle, ne voulant décéder intestat sans avoir disposer de ses affaires soubzmettant etc confesse etc avoir fait et encores fait par ces présentes son testament et ordonnance de dernière volonté par lequel il ordonne de ses affaires et biens qu’il a plu à Dieu luy donner en ce mortel monde

    premier a recommandé son âme à Dieu le créateur, à la bienheureuse et sainte vierge Marie messieurs Saint Pierre et Saint Raoul et cour du paradis quand plaira à Dieu séparer son âme d’avec son corps veut et ordonne sondit corps estre enterré et inhumé au cimetière dudit Cheffes et estre sondit corps conduit processionnellement à ladite sépulture par le curé ou vicaire et chapellains de ladite paroisse en la manière accoustumée et qu’il y ait du luminaire de la fabrice de ladite paroisse,

      les saint invoqués varient d’une paroisse à l’autre, car saint Raoul est rarement invoqué ici

    veult et ordonne aussi estre dit et célébré le jour de son enterrement une chanterie solemnelle par le vicaire et chapelains de ladite paroisse et pareil service à la huitaine après et que à la quinzaine suivante sera dit et célébré un service en ladite église de Cheffes et qu’il sera dit deux autres services en ladite église au jour que ses exécuteurs testamentaires ci après nommés adviseront et verront bon estre jusques à la concurrence des deniers qu’il laissera d’argent à sondit décès

      en d’autres termes, il ne possède rien, qu’un menu porte-monnais, tout juste de quoi faire dire quelques messes

    Item veult et ordonne que ses habits qu’il aura à son décès seront donnés aux pauvres comme sondit exécuteur verra bon estre et pareillement le bled qu’il aura sera donné en aulmone aux pauvres

      il y a plus pauvre que lui !

    et pour l’exécution du présent testament a ledit testateur nommé et esleu vénérable et discret missire André Dalibon prêtre vicaire dudit Cheffes, lequel il prie et supplie en vouloir prendre le fait et charge et pour cest effet lui cèdde à toujours tous et chacuns ses biens présents et advenir jusques à la concurrence du présent testament, qu’il veult porter son plain et entier effet comme testament solemnels etc renonçant etc
    auquel testament et tout le contenu cy dessus tenir etc renonçant etc

    fait et passé audit Angers à notre tabler ès présence de Me René Housset et Guillaume Chevrollier clercs demeurant Angers, et Mathurin Lemarchant demeurant en la paroisse de Cheffes, ledit testateur a déclaré ne scavoir signer

      Cheffes est située à 23 km au Nord d’Angers, et l’acte est passé à Angers devant Jean Chevrollier notaire Angers. On voit dans l’acte que Pierre Crannier, notre homme de bras, testateur, n’est pas venu seul à Angers, mais avec Mathurin Lemarchant, et sans doute aussi avec missire André Dalibon prêtre vicaire de Cheffes, qu’il nomme son exécuteur testamentaire.

      La géographie des actes notariés est le plus souvent tournée vers Angers, jamais je ne cesserai de la répéter, même dans une affaire aussi minime, qui aurait pu être traitée par n’importe quel notaire seigneurial local.

    Cet acte nous donne le niveau de fortune de l’homme de bras, et je dois dire que je suis toujours étonnée de voir qu’autrefois une partie de la population vivait sans autres vêtements que ceux qu’il portait sur lui !
    Le Dictionnaire du monde rural de Lachiver, ne donne pas de définition de l’homme de bras, mais nous le rencontrons en Anjou, je pense pour le journalier, ou homme de labeur, c’est à dire un homme qui travaille à la journée. Je dois dire cependant que j’ignore où il passait la nuit et les repas, sans doute dans les granges pour la nuit, et les repas faisant partie du salaire. Et les jours où il ne trouvait pas travail ? Je suis sans réponse.

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    Françoise Crannier, soeur d’Etienne et Jean, 1575

    Encore des gens modestes, puiqu’ils ne savent signer, mais l’acte laisse entrevoir qu’outre les meubles des parents, il y a eu un petit bien immobilier, dont on ne sait si c’est une pièce de terre ou une chambre de maison. Françoise Crannier est probablement servante chez l’apothicaire à Angers, et François Vallin tissier en toile.

    Mais, aussi petit soit cet acte, il donne des liens, sans doute un jour précieux à quelqu’un.

      Françoise Crannier a pour frères Etienne et Jean, témoins de l’acte, et ne sachant pas plus signer qu’elle. Ceci est une certitude car explicité dans l’acte.

      François Vallin est probablement un beau-frère ou autre proche parent, car s’il a eu en garde les meubles de Françoise Crannier, c’est que lors du partage elle n’a pu les enlever et ils sont restés à un proche. Il a sans doute épousé une soeur Crannier.

    Le patronyme Crannier est présent au 16e siècle dans une triangle allent du Lion-d’Angers au Louroux-Béconnais à descendre sur Angers. J’ai travaillé l’une des familles Crannier, dont la première génération comporte aussi une fratrie incluant Etienne, Jean Crannier, mais ce ne sont pas les mêmes que ceux qui suivent.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E7 – Voici la retranscription de l’acte : Le 9 février 1575, en la cour du roy notre sire à Angers (Grudé notaire) etc personnellement establye Françoise Crannier fille de defunt Michel Crannier demeurant à présent en la rue St Aulbin de cette ville d’Angers en la maison de Gilbert Gohier apothicaire soumettant etc
    confesse etc avoir aujour’huy eu et reçu de François Vallin tixier en toile demeurant en la paroisse de Juigné Béné à ce présent et stipullant et acceptant etc tous et chacuns les meubles et argent que ledit Vallin avait eu en garde et dépôt appartenant à ladite Crannier de tout le temps passé jusqu’à ce jourd’huy,
    lesquels meubles et argent estaient provenus et issus de ce qui pouvait et peut appartenir à ladite Crannier de la succession de ses défunts père et mère
    desquels elle s’en est tenu à contente et en a quicté et quitte ledit Vallin,
    aussi a ladite Crannier confessé avoir esté payée de tout le temps passé jusqu’à ce jour d’huy dudit Vallin de tous et chacuns les fruits ferme et louage qui luy pouvaient estre dus par ledit Vallin pour certains héritages à ladite Crannier appartenant et à elle eschus à cause de ladite succession et généralement lesdites parties sont quittés et quittes respectivement de toutes et chacunes les autres choses qu’ils pouvaient par cy-devant avoir eu affaire ensemble tant à cause de vendition de meubles que fermes louages quoy qu’elles ne soyent déclarés par ces présentes et desquelles choses lesdites parties sont demeurées à un et d’accord obligent lesdites parties respectivement l’une vers l’autre etc renonçant etc foy jugement condamnation etc
    fait et passé audit Angers en présence de Etienne Crannier et Jean Crannier frères germains de ladite établie et Guy Planchenault praticien en cour laye demeurant Angers tesmoins etc les jours et an susdits et nous ont dit lesdites parties et lesdits les Crannier ne scavoir signer.

    Juigné-Béné, collections personnelles, reproduction interdite
    Juigné-Béné, collections personnelles, reproduction interdite

    Juigné-Béné a fusionné depuis quelques années aves Montreuil-Belfroy pour donner la commune de Montreuil-Juigné.
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    Accord pour la jouissance de la Raudière, Miré, 1599

    Voici une situation totalement moderne !
    Un papa, qui refuse de mourir (on n’a pas idée ! ce n’est pas bien de ne pas faire la place aux jeunes), possède une maison de maître, une métairie et une closerie. Il a un fils et 2 filles mariées, mais a imprudemment logé son fils avec lui dans la maison de maître, et ils jouissent des revenus de tout le patrimoine. (ceci dit que ferait un vieux monsieur seul dans une grande maison ?)
    Cet énorme avantage concédé à son fils n’est pas du goût des 2 gendres, qui demandent des comptes, y compris par voie de justice. Tant et si bien qu’une transaction est négociée entre eux.

    Et là, surprise, non seulement tout ce petit monde va partager les revenus du tout, mais le fils est prié de déguerpir !

      Pauvre papa, qui va rester tout seul dans sa grande maison, qui, à en juger par ce qu’en dit Célestin Port, était une vieillerie manifestement peu confortable… J’en grelote…

    Mais avant de voir l’acte, partons d’abord en paléographie, identifier les lieux. Car bien souvent, ce que je vous rends si bien tappé, est le fruit d’une longue recherche dans mes usuels (Port, Angot etc…).
    En paléographie, on aime bien les abréviations, et parmi elles, la chandelle en fin de mot, pour toutes sortes de terminaisons…
    Voici donc une magnifique chandelle, que je n’ai pas vu du premier coup d’oeil, et j’ai d’abord cherché Randis, pour finir après moult recherches par identifier la Raudière.

    la Raudière, commune de Miré. Ancien fief et seigneurie, avec antique château et chapelle fondée le 15 mai 1504 par Renée Duchemin, dame de Miré, femme de René Frézeau. La terre appartenait aux seigneuries de Miré jusqu’aux premières années du 16e siècle et fut de nouveau réunie par Victor Cohon du Parc qui en exerça le retrait féodal en 1696 sur Vincent Béron, acquéreur cette même année de René Hamon. Elle appartenait en dernier lieu à Denis-Edouard-René-Xavier Amelot du Guépéan, mort le 15 juin 1832 à Beaupréau et a été acquise de ses héritiers le 20 mai 1833 par M. Etienne Lemonnier de Lorière, propriétaire à Laval. (C. Port, Dict. du Maine-et-Loire, 1876)

    Le site des Monuments Historiques ne relève pas cette maison, probablement disparue.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales de la Mayenne, série 3E19 – Voici la retranscription intégrale de l’acte : Le 5 février 1599 : comme par jugement donné à Sablé le 14 décembre dernier, honneste homme René Hamon eust esté condamné avecques Jehan Hamon son fils aîné faire lot et partaiges à Me Symon Lemaistre mary de Anne Hamon et Jehan Levarlet mary de Marie Hamon ses beaux frères du lieu de la Raudière en ladite paroisse de Myré pour en présence de chacune desdites parties chacun en son droit au prorata chacun de ce qu’il y est fondé ainsi qu’il est plus amplement rapporté par ledit jugement en exécution duquel ledit René Hamon estoit prest de faire procéder au cordelage desdites choses quoi faisant lesdites parties se seroient assemblées et eussent avisé ensemble que faisant lesdits partages lesdites choses demeureroient grandement que loppins et ne fussent de si grande valeur et revenu qu’elles sont estant exploitées sans les partaiger à quoi lesdites parties après mure délibération faite entre eulx ils en ont accordé et transigé comme s’ensuit
    pour ce est il que ce jourd’huy 5 février 1599 après midy en la court royal de St Laurent des Mortiers par devant nous François Morin l’aîné notaire d’icelle demeurant à St Denis d’Anjou personnellement establiz chacuns dudit René Hamon demeurant à présent audit lieu de Raudière paroisse dudit Myré, Symon Lemaistre mary d’Anne Hamon demeurant à Sablé, Jehan Le Varlet mary de Marie Hamon demeurant en ladite paroisse de Myré, lesdits les Hamons enfants dudir René Hamon et de défunte Jacquine Gileberet d’autre part,

    lesquelles parties ont accordé par entre eulx ce qui ensuit scavoir que pendant et durant la vie dudit René Hamon les lieux de la Raudière et Crepignon ne seront aucunement partaigés mais seront chacun desdits lieux exploités tout ensemblement les mestairies et choses à ceste fin en jouiront lesdites parties pendant la vie dudit René Hamon comme s’ensuit scavoir que dudit lieu de la Raudière lesdits Jean Hamon Lemaistre et Levarlet esdits noms pour ung tiers de tout ledit lieu tant en fief qu’en domaine et ledit René Hamon pour les deux parts et à ceste fin a ledit René Hamon remis à sesdits enfants l’usufruit à luy acquit par la mort de deffunts Jehan et Françoise les Hamons ses enfants puisnés,
    et pour le regard dudit lieu de Corpigneul ledit René Hamon en jouira pour une moitié et lesdits Hamon Lemaistre et Levarlet pour l’aultre moitié et en seront les fruictz de chacun desdits lieux à commencer du jour d’huy partaigez entre lesdites parties à ceste raison au temps de moissons avec les mestayer et closier dudit lieu sans que l’une desdites parties y puissent rien prendre les ungs sur les autres

    et à ceste fin promet et demeure tenu ledit Jehan Hamon vyder de corps ledit lieu de la Raudière dedans le jour de Toussaint prochainement venant pour estre tout ledit lieu tenu et exploité par les mestayers dudit lieu sans aucun empeschement

    fors que ledit René Hamon poura luy seul disposer de la grand maison pressoir et celier dudit lieu sans que lesdits Jehan Hamon Lemaistre et Levarlet y puissent à présent faire leur demeure pendant la vie dudit René Hamon,

    et payeront lesdites parties à raison de leur jouissance chacun leur part de la façon des vignes avias de la vendange et coustz des tonneaux
    et pour le regard des boys que ledit Jehan Hamon auroit couppé et vendus de sus ledit lieu de la Raudière il a confessé en debvoir audit Lemaistre pour sa part 3 écus sol et audit Levarlet aussi pour sa part ung écu 20 sols, lesquelles sommes il leur promet payer toutefois et quantes
    et au moyen des présentes demeure ledit Jehan Hamon quite de l’exploitation de ladite grand maison et jardin dudit lieu pour le passé et fera ledit Grand jardin jusqu’au dit jour de Toussaint à moitié de tous fruits et revenus
    et est ce fait sans déroger et préjudicier aux accords cy davant faits entre lesdites parties passez par Chauveau notaire entre ledit René Hamon Jehan Hamon Symon Lemaistre en dapte du 22 janvier 1596 et aussi sans déroger au contrat de mariage fait par ledit René Hamon avecques ledit Levarlet dudit mariage de sa fille qui demeurent en leur entier et parfait,
    aussi le présent accord faisant lesdits Jehan Hamon Lemaistre et Levarlet veulent et consentent que ledit René Hamon baille ledit lieu de la Randie sa vie durant à tiltre de moitié à tel mestayer que bon luy semblera à telles charges et conditions qu’il voyra sans le consentement desdits Jehan Hamon Lemaistre et Levralet
    auquel accord tenir d’une part et d’autre obligent etc renonçant etc foy jugement etc
    fait passé audit St Denis en la maison dudit René Hamon ès présence de Me Jehan Courtin régent

    Miré, château de Vaux, collections personnelles, reproduction interdite
    Miré, château de Vaux, collections personnelles, reproduction interdite

    Voici un autre lieu de Miré, celui-ci conservé, et cliquez sur l’image vous voyez Miré

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci de laisser un commentaire sur ce blog.

    Succession de Michel Lefebvre, Morannes, 1574

    Les Lefebvre sont multiples, voici ceux de Morannes.

    En l’occurence, il s’agit d’un partage en 4 en 1574, entre les 4 enfants de Michel Lefebvre et Marguerite Morteau. Mais ce partage a une particularité.
    D’habitude l’aîné prépare avec le notaire 4 lots, puis ces 4 lots sont tirés au sort en commençant par le plus jeune et en remontant, de sorte que le dernier lot reste toujours à l’aîné.
    Or, ici, il n’y a aucun tirage au sort.

    Il y a bien 4 lots, d’ailleurs très découpés alors que manifestement le tout était franchement indivisble. On obtient alors de si petites parcelles, qeu chacun devra passer sur la petite parcelle de l’autre pour aller à sa parcelle. On peut même se demander comment un tel découpage pouvait être exploité, d’autant qu’ils ne savent pas écrire, donc pas lire, et que le découpage est donc transmis oralement.

    Enfin, il n’y a aucun tirage au sort, comme si chacun semblait avoir été d’accord au préalable. C’est assez surprenant.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales de la Mayenne, série 3E19 – Voici la retranscription de l’acte : Le 11 septembre 1574, en notre court de Saint Denis d’Anjou endroit par devant nous François Morin notaire d’icelle personnellement establiz chacuns de honnestes personnes Jehan Lefebvre et Renée Pele sa femme de luy authorisée, Anthoine Gandon et J. (mangé) sa femme de luy authorisée, M. (mangé) et Julien les Febvres tous paroissiens de Morannes, souzmettant confessent avoir aujourd’huy fait et par ces présentes font par entre eulx les partaiges et divisions des choses héritaulx à eulx advenus et escheuz par la mort et le trépas de défuntz Michel Lefebvre et Marguerite Morteau sa femme, en leur vivant demeurant au lieu de la Serclerie paroisse de Morannes, père et mère desdites parties, et mises en 4 lots et partages par ledit Jehan Lefebvre, fils aîné desdits défunts en la manière qui s’ensuit,

  • c’est à scavoir que pour le lot et partaige part et portion desdits Jehan Lefebvre et sadite femme
  • est et leur demeure pour eulx leurs hoirs perpétuellement par héritage une longère de maison où est la cheminée sise au lieu de la Megnannerie paroisse du Pé ladite chambre tant hault que bas à prendre depuis la moitié de la partie qui traverse ledit logis avecques le four estant en icelle chambre et fera son entrée au droit de soy avecques une portion du grand jardrin qui abute à ladite chambre ladite portion prinse au melieu au long depuis une vielte jusques à 2 boisselées et demi qui sont merquées pour ung autre lot cy après ladite portion abutant d’un bout à la vigne du cloux de la Dehaiserie d’autre bout à ladite maison cy dessus avecques la moitié de la pièce de terre de la Grotellerie sise en ladite paroisse de Morannes à prendre au long joignant à la terrre de Julianne Renoust
    Item ung cloteau de terre labourable tendant le champs du Pastiz près du lieu du Pastiz joignant à la terre de Lucas Ganron avecques les appartenances desdites choses
    Item 7 seillons de terre en la pièce des Grands Guytiers joignant des deux coustés à la terre des Renoustz avecques les 2 parts d’un loppin de pré des Tourneries paroisse dudit Moranne, icelles deux tierces parties à prendre joignant au pré des Renoustz abutant d’un bout à la pièce de la Grotellerie avecques deux planches de vigne en ung tenant sises au cloux de la Dehaiserie paroisse du Pé les deux proches et joignant à la vigne de Ollivier Mouteau avecques une autre blanche de vigne audit cloux de la Dehaiserie joignant à la vigne de Pierre Legaigneulx abutant d’un bout à la vigne de Guillaume Seullays avecques ung petit bregeon de vigne sis audit cloux des la Dehaiserie joignant à la vigne de Estienne Gandon
    Item deux planches et ung bregeon de vigne en un tenant sises au cloux de la Serclerie au melieu dudit cloux joignant à la vigne de Guillaume Quocu abuté d’un bout à la terre de Blanchard avecques une aultre planche de vigne au cloux de la Serclerie nommé la Magdelayne joignant à la vigne Ollivier Mouteau abutant d’un bout à la vigne Macé Gilebert d’autre bout à la vigne de la Grandrivière avecques deux bregeons de vigne en ung tenant sises au cloux de la Serclerie joignant à la vigne de Estienne Gandon l’esné avecques une autre planche de vigne sise au cloux des Evelettes joignant à la vigne de ladite Michelle Lefebvre avecques la moitié de la place de maison et muraille que ledit défunt avait fait faire audit lieu de la Megnannerie le bout proche de l’ayre cy abutant et aussy large de l’acroissance de devers jusqu’au feste (faite)
    Item la quarte partie des trois planches de vigne dudit cloux de la Serclerie à prendre au bout proche du Morty et Auger avecques une quarte partie des deux bregeons de vigne sis audit cloux de la Hayserie à prendre ensuivant le lot de ladite Michelle Lefebvre avecques deux bregeons de vigne en ung tenant sis audit cloux de la Serclerie joignant à la vigne de Estienne Gandon l’esné
    Item une quarte partie du taillis de la Ryalasne à prendre ensuivant le lot de ladite Michelle Lefevbre avecques une autre quarte partie dudit loppin de vigne de la plante de Lhommigneau à prendre ensuivant le lot de ladite Michelle Lefebvre
    Item la quarte partie du petit cloteau de terre des Petits Champs à prendre ensuivant le lot de ladite Michelle Lefebvre avecques les appartenances desdites choses

  • et pour le lot et partage part et portion dudit Jullien Lefebvre
  • est et lui demeure pour luy ses hoirs perpétuellement par héritaige scavoir est le reste de la chambre de la Magnannerie depuis la moitié de la poutre qui traverse ledit logis qui est le bout proche du jardin d’Antoine Gandon ledit reste tant hault que bas comme il se comporte avecques l’autre partie des ladite place de maison et muraille que avoit fait faire ledit défunt audit lieu de la Megnannerie le bout proche du jardin et aura ce présent lot autant et aussi grand de la croissance du devers de ladite place comme laditemoitié lenlieur ? jusques à l’estraige des talluz avecques ung loppin de terre au grand jardrin de la Megnannerie à prendre depuis la Virette jusques à la vigne de Louys Rigault abutant d’un bout à ladite maison d’autre bout au cloux de la Hayserie avecques l’aultre moitié de ladite pièce de la Groytellerie le cousté qui joinct au pied des Touqueriers
    Item ung cloteau de pré nomme le journeau avecques ses appartenances joignant à la vigne et terre Michel Renoust avecques ung loppin de terre ou cloteau des Corbaillonnyères joignant à la terre de René Guesdon avecques 3 seillons et demy de terre ou environ au cloteau des grands Guitières joignant ledit cloteau du journeau aussi comme ils appartenaient audit défunt avecques ung loppin de jardrin nommé les Corbaillons joignant au jardin de Jacques Alleaume
    Item la tierce partie du loppin de pré des Fourneries ledit tiers prins joignant le pré Estienne Gandon et abuté d’un bout à la pièce de la Groitellerie
    Item le plus petit loppin de pré à eulx appartenant du pré Boylesve joignant au pré des Evelettes avecques deux planches de vigne en ung tenant sises audit cloux de la Dehaysterie joignant à la vigne Michel Renoust avecques une autre planche de vigne audit cloux nommée la planche Perier avecques ung bregeon de vigne audit cloux qui joint de tous les coustés à la vigne de Pierre Legaigneulx
    Item 3 planches de vigne au cloux des Clouettières et 3 bregeons de taillis en 2 endroits proches de Launay
    Item 4 planches de vigne en ung tenant sises audit cloux de la Serclerie nommées la planche de sur le Pastiz avecques une planche de vigne audit cloux abutant à la terre de Blanchard joignant à la vigne de Jehan Renoust avecques une quarte partie dudit taillis de Ryalesve à prendre ensuivant les lots desdits Michelle et Jehan les Febvres avecques une planche et ung bregeon de vigne sise audit cloux de la Serclerie joignant aux 4 planches de la Plante cy dessus déclarée, avecques une autre quarte partie de ladite plante de Commigneau à prendre ensuivant les lots desdits Michelle et Jehan les Febvres avecques une planche de vigne sise audit cloux des Evelettes joignant au lot de Jehan Lefebvre avecques une autre quarte partie dudit cloteau des petits champs ensuivant les lots desdits Michelle et Jehan les Febvres
    Item une autre quarte parties des 3 planches de vigne audit cloux de la Serclerie à prendre ensuivant le lot proche du Mortier Angers avecques la quarte partie des deux bregeons de vigne dudit cloux de la Haiserie à prendre ensuivant les lots de Michelle et Jehan les Febvres et les estraiges ayre et yssue dudit lieu de la Megnannièrie demeurent moitié par moitié aux deux lots

  • et pour le lot et partaige et portion desdits Anthoine Gandon et sadite femme
  • est et leur demeure pour eulx leurs hoirs perpétuellement par héritages scavoir une chambre de maison et une tournaille de jardrin enung tenant avecques une estable et une petite noe de pré droit d’estraige et yssue qui en dépendent le tout sis au lieu de la Place paroisse du Pé ainsy que le tout appartenait auxdits défunts avecques ung cloteau de terre nommé le champ Martin joignant à la terre de Jehan Lemaczon avecques ung loppin de terre en la pièce des Fontaines joignant la terre de la Hypelière avecques ung cloteau de terre nommé le grand Champ joignant à la terre de Michel Renoust, avecques ung loppin de pré au pré Nogon joignant au pré des hoirs feu Macé Luzureau ? avecques ung cloteau de terre nommé les grands Champs joignant à la terre de Estienne Gandon avecques deux boisselées et demie de terre au grand jardin de la Mergonnière prises au long joignant aux petits champs y compris dans les deux boisselées et demie la haie d’entre les petits champs et autres appartenances, et au droit de chemin par sur les autres avecques bœufs et chartes et autres bestieux pour aller et venir pour exploiter ce présent lot au moings endommageable que faire se pourra
    Item une planche de vigne sise au cloux de Lecanderye joignant à la vigne de Louis Furetier avecques deux bregeons de vigne en ung tenant sis audit cloux de la Serclerie joignant à la vigne dudit Jehan Lefebvre et abutant d’un bout à la vigne de Jacques Alleausme avecques une planche audit cloux des Evelettes joignant à la vigne des 3 autres lots avecques les vignes qui appartenaient auxdits défunts sises au cloux de la Doué qui est un quartier de vigne ou environ avecques les appartenances desdites choses joignant à la vigne de Ollivier Mouteau avecques 4 planches de taillis des Clouettières les proches de la Mergonnière avecques ung petit bregeon de bois au Broullais le proche à eux appartenant des 3 planches au dessus
    Item une autre quarte partie dudit taillis de Ryalesve prise au bour proche du chemin de Ryaliesve avecques autre planche de taillis des Clouetières le proche à eux appartenant des 4 planches cy dessus
    Item une autre quarte partie de ladite planche de Lhomigneau prise au bout ou sont les noues avecques une autre quarte partie du petit cloteau des petits champs avecques une autre quarte partie des deux bregeons de vigne dudit cloux de la Dehayserie icelle à prendre au long joignant la vigne de Jacques Alleausme
    Item la quarte partie desdites trois planches de vigne dudit cloux de la Serclerie à prendre ensuivant le lot de ladite Michelle Lefebvre les autres lots seront tenus de garantir ce présent lot 5 res de lieu ? et demeure de ce présent lot toute la chaume la tuille cleuze et clou qui sont au lieux de la Mergonnière et pareillement les engrais et fourrages dudit lieu de la Place demeurent de ce présent lot à la charge de tenir le marché tel que ladite défunte l’avoit baillé à Jehan Pernut dudit lieu

  • et pour le lot et partage part et portion de ladite Michelle Lefebvre
  • est et luy demeure pour elle ses hoirs perpétuellement par héritage scavoir est une chambre de maison tant hault que bas comme elle se poursuit avecques le selier estant soubz ladite chambre sise au lieu de la Serclerie paroisse dudit Morannes avecques tel droit de jardin qui auxdits défunts pouvoit appartenir au derrière de ladite chambre cy abutant avecques tel droit d’estraige cy dessus qui en dépend de ladite maison de la Serclerie avecques une pièce de terre labourable nommée Ryalasne sise en ladite paroisse de Précigné aussi comme ladite pièce se comporte avecques ses appartenances et dépendances joignant au chemin tendant du Pé aux Moullins de Pendu
    Item deux petits loppins de jardrin au jardrin des Bregeons joignant feu Jehan Renoust aussi comme il appartenait auxdits défunts et comme ils le exploitaient en leur vivant avecques le plus grand loppin de pré à eulx appartenait sis au pré Boylesme paroisse du Pé joignant des deux coustés au pré de Estienne Gandon avecques ses appartenances et comme il appartenait auxdits défunts avecques ung petit cloteau de terre nommé le Petit Guitier avecques ses appartenances paroisse du Pé joignant d’un cousté la terre de Guillaume Seullaye
    Item ung cloteau de terre avecques ses appartenances nommé la Noette près la Megnannerie joignant des 2 coustés au pré et terre de Estienne Gandon
    Item 5 planches de vigne en ung tenant sises au cloux de la Serclerie avecques leurs appartenances réservé desdites 5 planches ung bregeon qui appartient à Pierre Leroy lesdits 5 planches nommées les planches de soubz le Jardin joignant d’un cousté à la terre de René Guesdon abutant du bout du hault au jardrin des Renoust avecques 3 bregeons de vigne en ung tenant sis audit cloux de la Serclerie joignant à l’estraige dudit lieu de la Serclerie avecques ung petit chaveau de vigne gast sis audit cloux de la Serclerie joignant à la vigne des Renoustz avecques deux bregeons de vigne en ung tenant sis audit cloux de la Serclerie joignant à la vigne de Jacques Aleausme abutant d’un bout à la vigne de Macé Gilebert avecques la quarte partie des 3 planches de vigne sises audit cloux de la Serclerie acquises de la veuve Julien Mouteau, le quart à prendre au bout proche de la vigne de Ollivier Mouteau
    Item la quarte partie d’un loppin de vigne nommé la Plante de Lommygneau ladite quarte partie à prendre au bout du haut abutant à la vigne de Lecenderie avecques la quarte partie du petit cloteau de terre des Petits Champs à prendre icelle quarte partie joignant au jardrin de Jacques Aleausme
    Item la quarte partie de deux bregeons de vigne sis audit cloux de la Dehaiserie paroisse du Pé icelle quarte partie à prendre le long joignant à la vigne d’Estienne Gandon avecques une planche de vigne sise au cloux des Velettes paroisse dudit Pé proche et joignant à la vigne des Symon Besnard avecques les appartenances desdits choses
    Item la quarte partie du taillis de Ryalasne à prendre du cousté de la veuve Jehan Segrier et demeure quart à quart droit de puigeaige au puys (puits) de la Serclerie et ledit Gandon aura et prendra 2 chênes qui sont merquez en la pièce de la Groistellerie
    s’entre porteront chemin les ungs par sur les autres ou nécessité en sera au plus près et moings endommageable que faire se pourra et où ils ne abuteront à chemin en desservant les passages
    paieront et acquiteront au temps advenir lesdites parties les cens rentes charges et debvoirs que peuvent debvoir lesdites choses aux seigneurs des fiefs dont elles sont tenues et du passé ils les acquiteront à commun jusque à huy toutefois il les paieront pour ceste présente année à commun jusques au jour de Nouel prochain venant
    tous les fruictz et revenus qui sont esdites choses demeurent communs par entre eulx et les partageront par égales portions la part des laboureurs réservée
    auxquels partages tenir et garantir etc obligent etc renonçant etc et par espécial lesdits femmes au droit vélléyen cy par foy jugement
    fait au lieu de la Serclerie en présence de honnestes personnes Mathurin et Jehan les Auberts demeurant audit Morannes lesquels nous ont déclaré lesdites parties et tesmoings ne savoir signer

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