L’anniversaire de la naissance d’un individu est une fête récente : autrefois il était donc difficile de connaître son âge et celui de ses proches.

Indroduction

J’avais publié cet article sur ce blog le 1er janvier 2010. Malheureusement, je découvre aujourd’hui, horrifiée, qu’il existe des généalogistes qui croient à l’âge au décès que le prêtre écrivait dans son acte de décès. Ils n’ont rien compris aux modes de vie de nos ancêtres !!! 

L’anniversaire du baptême était interdit par l’église 

Autrefois la date de naissance n’était pas connue des intéressés ni de leurs parents.
Comme la plupart d’entre vous sans doute, je me souviens de ma première recherche d’acte de naissance. J’avais le mariage qui donnait un âge, et j’avais naïvement retranché l’âge de l’année de mariage, croyant trouver la naissance. Et bien sûr je n’avais pas trouvé, car elle était quelques années plus tôt. Puis j’ai découvert dans les registres que la mention la plus fréquente était :  « ou environ »
Dur, dur, de comprendre d’où sortait cette mention d’approximation, et pourquoi nos ancêtres ne connaissaient leur âge qu’environ.
J’ai enfin trouvé l’explication, et aujourd’hui je vous emmêne découvrir les pratiques de nos ancêtres en matière de calcul d’âge et d’anniversaire.

TANT QUE VOUS N’AVEZ PAS LES DEUX ACTES (naissance et décès) VOUS N’AVEZ PAS LE DROIT DE VOUS CONTENTER DU SEUL ACTE DE DECES POUR DONNER UN ÂGE AU DÉCÈS

Histoire de l’anniversaire

Tout ce qui suit traite uniquement de la France, car de nos jours, avec la mondialisation, on ne sait plus très bien de quelle pratique on parle, surtout sur le Web ! Mon blog est dédié à ceux qui ont vécu autrefois en Haut-Anjou et il faut donc revenir aux pratiques françaises avant la Révolution. Voici d’abord les dictionnaires, pour mémoire :
Anniversaire, Annua parentalia. (Jean Nicot: Le Thresor de la langue francoyse, 1606)
Anniversaire. adj. Ce qui se fait d’année en année au mesme jour, l’année estant revoluë. Feste anniversaire. Procession anniversaire.
Anniversaire. s. m. Ne se dit que du service que l’on fait pour un mort une fois chaque année à perpetuité. C’est aujourd’huy que se fait l’anniversaire du feu Roy. (Dictionnaire de l’Académie française, 1st Edition, 1694)
Autrefois en France, comme c’est encore le cas dans certains pays, l’anniversaire était le « jour du souvenir », que le souvenir soit joyeux, et c’est alors une fête comme la prise de la Bastille, ou triste et c’est la Saint Barthélémy.
Les fêtes étaient nombreuses, à tel point qu’au Moyen Age on ne compte que 200 jours ouvrables par an. Elles sont toutes catholiques, dédiées à Dieu, selon le calendrier liturgique, et aux saints. Et je vous ai préparé un billet sur le nombre de fêtes autrefois.
Mais, à propos des saints, leur fête est l’anniversaire du jour de leur mort, et non celui de leur naissance. Selon saint Augustin :

« Nous célébrons justement l’anniversaire de ceux que le monde a conduit plus heureusement à la vie éternelle que la matrice qui conduit au monde ».

Ce qui signifie qu’un martyr naît par sa mort en entrant dans la vie éternelle. Célébrer sa naissance (évoquée ici par le terme de « matrice ») n’est qu’un péché d’orgueil individuel. On fête seulement l’anniversaire de la naissance du Christ.
Durant le Moyen Age, la célébration de la personne est bannie, l’individu ne compte pas. Célébrer son anniversaire personnel comme nous le faisons aujourd’hui aurait été péché d’orgueil selon l’église.
Les mémoires personnels, dont celui de Thomas Platter, fort détaillé et absoluement à lire, ne font état d’aucun anniversaire de la personne, mieux, Thomas Platter lui-même précise que lorsqu’il s’enquérit de sa date de naissance on lui répondit qu’il était venu au monde le dimanche de la Quasimodo 1499. On ne s’exprimait qu’en terme de jour religieux : fête liturgique ou saint du jour. Quand la fête est mobile, qui aurait été en mesure de calculer ?

L’individu, condamné en quelque sorte à ne pas connaître sa date de naissance, fête par contre le saint dont il porte le nom, mais tous ensemble à l’église, et non individuellement au foyer. Ce que nous appelons de nos jours « notre fête », était donc autrefois l’unique fête de l’individu et encore, elle n’était pas fêtée dans l’intimité du foyer, mais collectivement à l’église. Ceci devait être impressionnant lorsqu’on s’appelait Marie, Pierre etc… mais cela devait certainement être plus compliqué, voire inexistant, lorsqu’on portait un prénom rare !

l’individu commence un peu à émerger

A partir de François 1er le prêtre tient un registre paroissial des baptêmes, mais il est le seul à y avoir accès, d’ailleurs le droit canonique interdit l’accès aux registres de moins de 100 ans. Il est le seul a donner des certificats de baptême à ses confrères pour un mariage hors de la paroisse, que l’immense majorité de la population est incapable de lire. Ce sont donc les prêtres et eux seuls qui calculent l’âge de la majorité pour le mariage.
Quant aux tutelles et curatelles, elles relèvent du même cheminement de l’information, cette fois vers les représentants de l’autorité judiciaire, qui calculent donc l’âge de la majorité, bien sûr communiqué aux notaires qui devront procéder aux actes authentiques concernant le mineur puis le compte de tutelle à la majorité.

du péché d’orgueil qui est le culte du moi, à un début d’anniversaire

Le temps passe, et nous voici à l’époque de Louis XIII. Même le roi ne fête aucun de ses anniversaires, par contre le jour de la saint Louis feu d’artifice , grande fête populaire. Jusquà la Révolution, même les rois de France ne marquent qu’un anniversaire dans leur vie, et encore sans fête, c’est celui qui marque une étape importante de leur vie : le jour de leur 17 ans, qui leur donne majorité royale.

Il faudra attendra la fin du règne de Louis XIV pour voir les mentalités évoluer, et la date de naissance connue, tout au moins citée, par des nobles, hommes de plume, et bourgeois. On ne sait s’ils l’ont fêtée, car le mot « anniversaire » n’est pas évoqué à cette occasion. Mais les 2 pratiques, celle de la fête du saint, et celle de l’anniversaire ont dû commencer à se mélanger dans ces classes sociales.

L’histoire de l’anniversaire de la naissance commence seulement au 19e siècle

Alors, en ce jour du 1er jour de l’an, qui fut toujours une fête, même du temps du calendrier Julien, qui confondait alors le 1er de l’an et Pâques, je suis persuadée que ceux de nos ancêtres qui savaient compter jusqu’à 100, se donnaient ce jour-là un an de plus, puisqu’ils ne connaissaient que l’année de leur naissance, et encore, quand ils la connaissaient !
Alors je vous souhaite à tous un joyeux anniversaire, car au terme de ce qui précède, vous venez tous en ce premier jour de l’an de faire comme nos ancêtres l’on pratiqué : prendre une année de plus !
Et ne soyons plus étonnés des âges aléatoires que nous observons dans les registres, car le plus souvent le prêtre ne faisait pas la recherche dans son registre paroissial, si tant est que les mariés ou les morts y soient nés. Il indiquait l’âge approximatif soit à l’estimation visuelle, soit au chiffre approximatif connu des proches. C’est la fameuse mention « ou environ »
Pourtant, parfois, un prêtre a conscieusement pris le temps avant la sépulture de consulter l’acte de baptême, ce fut le cas pour mon ancêtre Perrine Coquereau inhumée à Cheffes le 3 février 1653 « Perrine Cocquereau femme de Jehan Choisy des Grois âgée de 50 ans 7 jours, a esté ensépulturée au cimetière de céans après avoir receu tous les saints sacrements par moy prêtre vicaire soussigné, et à esté fait service solemnel le jour de sa sépulture huit luminaires comme l’ordinaire le jour de St Blaise 3 février 1653 ». Et le baptême se trouvait bien là dans le registre, comme j’ai pu le constater. Les scientifiques facétieux disent que c’est l’exception qui confirme la règle !

Encore une fois, vous venez de prendre ce jour un an au compteur, car tel était autrefois le sort de nos ancêtres.

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La disparition d’un proche est un drame : les 2 disparitions dans ma famille maternelle

Introduction

Bonne année 2026 à tous, et surtout à tous ceux qui vivent des moments douloureux, soit guerre, soit drame dans la famille ou absence d’informations familliales. Je prie pour eux.

la disparition

Souvent volontaire, elle est fréquente de nos jours et la France comptait 5000 disparus en 2024, vivants mais ayant rompu tout contact, laissant leurs proches dans tous les doutes et douleurs.

le poids de l’absence d’informations

La première disparition dans ma famille remonte à 1846, la seconde à 1924. Elles ont touché mon arrière grand mère Aimée Guillot, qui a ainsi perdu son père à 18 mois, et un fils mais après son décès donc touchant ma grand mère maternelle dont il était frère.
Lorsque j’ai entrepris des recherches fin des années 1970, ma maman qu’un divorce difficile avait profondément abimée psychologiquement, s’opposa à mes recherches sur la famille. Elle croyait que j’allais découvrir des horreurs et il fallait surtout ne pas les remuer.
J’ai beaucoup travaillé sur ce 2 disparus, et j’avais trouvé le père d’Aimée Guillot après une année de recherches intensives, mais il me restait son fils, que je n’ai découvert qu’en 2024. Pour le premier j’ai un dossier si volumineux qu’il faudrait un livre pour le publier.

Alfred Audineau, disparu en 1924

Lorsque j’ai commencé mes recherches sur ma famille, c’était fin des années 70, je n’ai eu aucune archive familiale, même pas le mariage de mes parents. Et à l’époque la numérisation et mise en ligne d’archives n’existait pas encore, et même beaucoup était non communiquable.
J’ai cependant alors découvert que ma grand mère, qui n’avait jamais parlé de ses frères, en avait eu 2. Le silence de ma grand mère, encore plus que celui de ma mère, m’a alors profondément émue.
Voici l’un des 2 frères, le disparu. Je vous ai mis mon fichier .pdf, et en cliquant dessus vous allez pouvoir le dérouler car il comporte 13 pages, et comme toujours dans mes documents, vous avez au début le plan.

Audineau-Alfred

 

Paléographie : Provins est souvent relevé Paris par erreur dans certains relevés

Introduction

En paléographie il existe des abréviations, dont celle pour PRO. Par ailleurs, au 16ème siècle la lettre P était encore souvent écrite presque comme un X. Et pire, à Provins, il y avait beaucoup de prêtres, et ils se succédaient sur une même page de baptêmes, et chacun avait sa méthode d’écriture, donc impossible comme en Anjou, de lire toute la page pour identifier une écriture. C’est dire que PROVINS était écrit au 16ème siècle de toutes les façons imaginables.

exemple d’écritures de Provins en 1584

Voici un acte du notaire à Provins Jacques Delanoe en 1584. Il a des clercs et ses actes sont donc écrits par l’un ou l’autre mais c’est lui qui signe. L’extrait qui suit concerne des Guérins de Provins, et Provins y est déjà cité donc lorsqu’il réécrit Provins il précise « audit Provins ». Et vous constatez qu’il écrit « audit Provins » de 2 façons différentes, mais chaque fois on lit bien Provins.

Guerins frères demeurant audit Provins et Anthoine Gaulthier marchand demeurant audit Provins pour son droit d’usuffruit

Les relevés donnent souvent Paris au lieu de Provins

Et même trop souvent, car sans doute emportés par l’élan d’un IA dégénérée ils donnent très souvent Paris même quand Provins est lisiblement écrit. J’ai un nombre élevé de baptêmes comportant cette erreur alors que Provins est bien lisible. Je crois qu’il faut conclure qu’une IA dégénérée sévit sur Provins.

Voici un exemple de relevé incompréhensible car il donne 2 fois Paris alors que Provins est bien lisible comme le montre l’acte original en ligne sur le site des Archives Départementales de Seine et Marne. J’ai vu de très nombreux actes ainsi relevés.

Le mardy 29 may 1590 a esté baptisé Estienne fils d’Ayoul Ythier et de Marie Guion sa femme les parrains honnorables personnes Estienne Barrier lieutenant criminel de robe courte à Provins lequel a donné le nom et Me Mathurin Pichard advocat du roy en l’eslection dudit Provins, la marraine dame Marie Ythier veufve de Me Colas Domenchin en son vivant eslu audit Provins

 

 

 

à Provins il y avait des FAUCHON, CAUCHON et TRUCHON à ne pas confondre

Introduction

Les patronymes FAUCHON, CAUCHON et TRUCHON existent dans une même période à Provins. J’étudie toujours mes FAUCHON et depuis 3 semaines, j’ai encore entrepris de relever tous les actes où ils/elles parrainnent car le Cercle Genéalogique de la Brie a en ligne 2 des 4 paroisses. Je veux ainsi avoir tout tenté.

Ayoul Truchon parrain

J’affirme que l’acte ci-dessous concerne Ayoul Truchon et non Fauchon, d’ailleurs quand on prend son temps, on observe bien le T du prénom Thibault qui suit et qui est fait exactement comme le T de Truchon.

« Provins Ste Croix samedi 20 novembre 1546 Ayoul filz de Guillaume  Benard et de Clere Dupont levé par Ayoul Truchon et Loys Benard et Regnaulde Benard veufve de feu Thibault Crespin »

Les 2 Nicolas Desoubzmarmont, proches parents de Denise Desoubzmarmont épouse de Claude Philippe, ancêtres de Jules Verne

Introduction

Je suis Nantaise, et enfant, j’aimais lorsque mon papa nous emmenait dans les années 40 voir la maison de Jules Verne qui domine le port. C’était merveilleux et j’en garde un si bon souvenir.  Bien plus tard, en 2024, je découvre que j’ai des ancêtres à Provins, là où Jules Verne en a aussi. Depuis un an, inlassablement, je tente de remonter aussi bien les miens que ceux de Jules Verne qui n’ont été remontés que jusqu’en 1668 à peine. Or, comme vous le savez, je tente de tout reconstituer à travers aussi les actes notariés etc…

les signatures pour distinguer 2 homonymes

Dans les années 1590-1610 à Provins, je trouve 2 Nicolas Desoubzmarmont, l’un doyen de l’église collégiale Notre Dame du Val, l’autre père de famille probablement marchand. Mais, comme le métier est souvent absent dans les baptêmes, je les distingue parfois par leur signature.

signatures des 2 Nicolas DESOUBZMARMONT

Je peux nettement les différencier à travers les signatures, car le doyen de l’église Notre Dame du Val orthographie son nom avec 2 différences : il écrit Desoubzmermot et non Desoubzmarmont car il utilise l’abréviation du N dont on voit la boucle au dessus. En outre, il ajoute toujours une immense floriture alors que l’autre Nicolas Desoubzmarmont ne met jamais de floriture. Voici les deux signatures :

Nicolas Desoubzmarmont doyen de l’église Notre Dame du Val (sur acte notarié de 1597)

Nicolas Desoubzmarmont parrain à Provins St Quiriace en 1606. C’est l’époux de Perrette Deromilly, dont plusieurs enfants.

 

Baptiste Trumeau notaire royal à Chalmaison (77) 1587-1624

Introduction

J’ai beaucoup de mal à m’y retrouver dans le classement des fonds des notaires en Seine et Marne. Au lieu de faire des tables indexant les noms des notaires ils ont fait des tas de fichiers ou on se perd complètement quand on cherche un lieu ou un notaire, et encore plus une cote.  Le classement des notaires est incomprablement mieux fait pour les recherches en Maine et Loire où j’ai eu la chance d’être une pionnière il y a longtemps. Pourquoi la France est-elle si riche qu’elle autorise chaque département à réinventer l’informatisation de ses archives au lieu d’avoir un unique logiciel intelligent ? Quel gachis pour la France !

Baptiste Trumeau notaire à Chalmaison

Il n’est connu des Archives de Seine et Marne que sous son patronyme, sans prénom, et le but de cette page de mon blog est de donner son prénom. J’en avais déjà trouvé 2 autres il y a quelques mois et j’avais envoyé courriel aux archives qui ne répondent pas, ainsi pour les notaires Ponthus Baisela etc…
Voici ce que donnent les Archives en ligne, puis quand vous allez ensuite voir PROVINS II et PROVINS V on ne le trouve surtout pas, donc on ne sait même pas s’il existe un fonds de ce notaire aux archives de Seine et Marne :

Trumeau
1587 – 1624
Lieu(x) d’exercice : Chalmaison
PROVINS II ET PROVINS V

Son prénom est BAPTISTE

Je l’ai souligné en rouge et je vous donne uniquement un résumé de l’acte qui est un échange foncier du notaire Baptiste Trumeau au nom de la veuve Duroux.

AD77-1057E422 Jacques Delanoe notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

1597.12.20 vue 656 – maistre Baptiste Trumeau notaire royal au baillage de Provins demeurant à Chalmaison au nom et comme soy faisant et portant fort de dame Françoise Daugets veuve de messire Nicolas Duroux vivant escuyer demeurant à Chalmaison échanges