Cession de rente foncière en nature, payée en argent liquide, Saint Martin des Champs et Provins (77), 1585

Introduction

Les vendeurs sont des Domenchin, proches parents, qui ont hérité de cette rente et la possèdent donc en commun. L’origine du bien étant précisée, tous ces actes sont intéréssants, si ce n’est que j’ai l’impression d’être bien seule sur ce travail… Bref, sans doute qu’après moi, un/e autre prendra le flambeau et sera bien heureux de trouver tout l’avancement que j’ai pu faire sur ces familles briardes, et autres familles d’Anjou et de Normandie…

Desoubzmarmont

Jules Verne descend de Denise Desoubzmarmont. Hors la rente ici cédée provient de la succession d’Antoinette Desoubzmarmont, manifestement épouse d’un Domenchin.
Les 2 Nicolas Desoubzmarmont, proches parents de Denise Desoubzmarmont épouse de Claude Philippe, ancêtres de Jules Verne
Il y a 120 ans Jules Verne s’éteignait le 24 mars : il descendait de Denise Desoubzmarmont à Provins

cession de rente Saint Martin des Champs (77) 1585

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.03.16 vue 278 – comparurent vénérable et discrette personne Me Jacques Domenchin prêtre habitué en l’église parochial monsieur de Provins et Edmé Marlot son beau frère laboureur demeurant à Borllot paroisse de St Martin des Champs à cause de Jehanne Domenchin sa femme par laquelle il promet faire ratiffier leprésent contrat quant requis en sera lesquels de leurs bons grés sans force ni contrainte aulcune recognurent avoir vendu ceddé et par ces présentes vendent cèddent promis et promettent l’un pour l’autre et l’un d’eulx seul pour le tout sans division ne discussion garendir de tous troubles à vénérable et discrette personne Me Nicole de Soubzmarmont prêtre chanoine en l’église collégiale Notre Dame du Val de Provins à ce présent achepteur et acquesteur pour luy ses hoirs, c’est à  savoir la quantité de 7 boisseaulx de bled froment de rente fontière annuelle et perpétuelle bon grain loyal et marchand mesure de Provins et y rendu en ses greniers qu’ils avoyent droit de prendre et percepvoir par chacun an le jour st Martin d’hiver en et sur plusieurs terres et héritages assises au finage de Borllot et es environs à présent tenus et occupés par Eloy Baudry Jehan Boucher Marcelle Bouterny femme de Jehan Garnier et autres à eulx advenus par les successions de feu Anthoinette Desoubzmarmont … (f°2) faisant partie de 18 septiers de bled de rente dont le reste appartient audit achepteur à la veuve Me Gilles Domenchin en son vivant esleu à Provins et à Claude Angenost à cause de sa femme, pour en jouir par ledit achepteur et icelle rente prendre à toujours … Ceste vente faite moyennant le prix et somme de 14 escuz 2 tiers argent franc auxdits vendeurs qu’ils ont eu et receu  dudit achepteur et à eulx comptés par devant le notaire et tesmoins en franc d’argent le tout bon et ayant cours …

Fiacre Gilquin, voisin de Claude Hatton, rend aveu, Blunay à Melz sur Seine (77) 1585

Introduction

Dans les fonds des notaires on trouve aussi des aveux, et Jacques Delanoe notaire à Provins dans les années 1585 en donne plusieurs.  Les aveux, tout comme les ventes etc… donnent l’origine du bien, et le plus souvent c’est successif et donc on a la filiation.  Mieux encore, comme ces actes donnent toujours les bornages, et autrefois, par suite des partages successifs, on voisinait souvent en famille !

les aveux pour rente annuelle et perpétuelle

L’aveu qui suit n’est pas féodal, mais une reconnaissance de rente annuelle et perpétuelle par suite de succession. Donc, en cas de changement du débiteur ou du créditeur, on passait devant notaire pour reconnaître qui devait combien à qui.

Claude Haton

Claude Haton, auteur des célèbres Mémoires de Champagne 1555-1582 vivait encore en 1585. Il était natif de Blunay en Melz sur Seine et je vous ai déjà publié plusieurs articles le concernant.
Pierre Haton et Lupien Chevrier cèdent leur droit de succession à celui qui a en charge les enfants mineurs du défunt, Melz sur Seine (77) 1597
Claude Haton, auteur des Mémoires de la Champagne 1553-1582, conseille sa nièce devenue veuve, Le Mériot 1597
Claude Haton, prêtre auteur de Mémoires, vivait rue de Troyes à Provins en 1585

Aveu à Blunay, Melz-sur-Seine en 1585

Blunay est aujourd’hui un village si important qu’il est plus grand que le bourg de Melz sur Seine dont il relève. J’ignore s’il était aussi important autrefois.

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.03.02 vue 277 – Comparut personnellement Fiacre Gilgquin vigneron demeurant à Blunay paroisse de Melz fils et héritier pour moitié de deffunt Denis Gilguin son père en son vivant demeurant audit lieu lequel recogneut et confessa estre détempteur propriétaire et possesseur de vingt perches faisant moitié de quarante assises au finage de Blunay au lieudit Mareschegand, tenant d’une part à la rue au Buour d’autre Mardoul Fortin d’un bout sur Abraham Gilguin d’autre sur Claude Tabnet – Item de quinze perches faisant moitié de trente une perches assises audit finage près ledit lieu tenant d’une part audit Gilguin d’autre à Claude Hatton d’un bout sur la garenne de Montmulen, d’autre sur ledit Abraham Gilquin, lesquels héritages sont tenuz chargés et redebvables par chacun an le jour st Martin d’hiver envers honneste femme Augere Guilin veuve de feu Martin Mouton de la somme de trente sept sols six deniers tz de rente faisant moitié de plus grande somme …

Clément Gault de la Grange , intendant des maisons et affaires de monsieur le maréchal de Lavardin, 1614

introduction

Je vous ai mis déjà beaucoup sur mon blog concernant Clément Gault de la Grange.  Et par ailleurs j’ai récapitulé son histoire dans un immense document .pdf

intendant qui prête sur ses fonds propres

Clément Gault de la Grange fut d’abord intendant des affaires de la duchesse de Mercoeur, puis on le trouve intendant dans la famille de Beaumanoir. Il se déplaçait beaucoup pour les affaires qu’il devait gérer, et manifestement il a passé une bonne partie de sa vie à cheval à travers la France. Mais l’acte qui suit me trouble depuis plusieurs semaines, car en fait d’intendant il prête sur ses fonds propres, et c’est assez difficile de comprendre pourquoi le notaire n’a pas précisé si c’était les fonds propres de Beaumanoir.

 

prêt de 1 800 livres à l’évêque

AN-MC/ET/LXII/50 « Le 5 avril 1614 fut présent révérend père en Dieu Me Charles de Beaumanoir conseiller du roy en son conseil d’estat, évesque du Mans, estant de présent à Paris logé rue Barbette paroisse St Gervais, lequel a recogneu et confessé debvoir bien et loyaulment à noble homme Clément Gauld sieur de la Grange, intendant des maisons et affaires de monsieur le mareschal de Lavardin à ce présent et acceptant ou au porteur la somme de 1 800 livres tournois pour cause de pur vray et loyal prest faict audit sieur évesque par ledit sieur de la Grange qui luy a ladicte somme baillée comptée nombrée et déllivrée en présence des notaires soubzsignés en pièces de 16 sols et aultre monnoye tout bon et de présent ayant cours, pour subvenir à ses affaires sans préjudice des 3 902 livres que ledit sieur évesque du Mans recognoit debvoir d’aultre part audit sieur de la Grange pour le payement desquels il luy a assigné le revenu temporel de la dixmerye de Seausée membre dépendant de sondict évesché, de laquelle il luy auroit fait bail pour 6 années consécutives commançant au jour de Pasques que l’on comptera 1617 et oultre auroit accordé qu’icelluy sieur de la Grange jouisse du revenu de ladite dixmerye depuis le jour de Pasques dernier jusques à pareil jour de ladite année 1617 que le bail qui en a esté faict à ung nommé Maceot doibt expirer selon que le contrat plus au long certain contrat de ce fait et passé entre eulx par devant les notaires soubzsignés le 17 janvier dernier, de laquelle somme de 1 800 livres présentement prestée ainsi que dict est ledit sieur évesque s’est trouvé et tient pour contant par devant lesdits notaires, ensuivant desquels il a promis sera tenu promet et gage icelle rendre et payer en ceste manière (f°2) c’est à savoir qu’il consent et accorde que ledit sieur de la Grange s’en puisse rembourser par ses mains sur les deniers ferme et pention qui escheront cy après et ainsi que ladite dixmerye de Sceaucée après qu’il aura esté actuellement payé et remboursé desdits 3 902 livres 19 deniers qui luy sont premièrement deubz ainsi qu’il est stipullé par le susdit contrat sans que icelluy sieur de la Grange soit tenu de rachapter les 50 livres de rente y mentionnées ny en payer aulcuns arrérages qu’il ne soit actuellement payé et satisfait tant desdits 3 902 livres 19 deniers que des 1 800 livres cy dessus prestées à l’effet de quoy le revenu de ladite dixmerye de Seaucé

AN-MC/ET/LXII/50 « Le 12 mai 1614 fut présent Messire Jehan de Beaumanoir marquis de Lavardin, comte de Negreplice, de Malicorne, chevalier des ordres du Roy, conseiller en ses conseils d’état et privé, capitaine de 100 hommes d’armes de ses ordonnances, gouverneur et lieutenant général pour sa Majesté au pays et comté du Mayne Laval et le Perche, maréchal de France, estant de présent à Paris, logé en son hostel place royale paroisse St Paul, lequel a volontairement promis et promet à noble homme Clément Gauld sieur de la Grange, intendant des maisons et affaires dudit seigneur maréchal à ce présent et acceptant pour luy, de l’acquiter garantir et indempniser à toujours de l’évenement de la promesse de 6 540 livres tz, que ledit sieur maréchal et ledit de la Grange ont solidairement faire au profit de (blanc) en date du 6 des présents mois et an, et par eulx aujourd’huy recognu par devant les notaires soubzsignés ensemble de la promesse d’indempnité qu’ils ont promis aussi solidairement faite au sieur Laurent Vaunelly ? banquier … de Paris qui auroit soubzscript et signé lesdites promesses, et … d’aultant que ledit maréchal a recognu la vérité estre telle que ce que ledit sieur de la Grange en a fait n’a esté que par le commandement dudit seigneur maréchal et pour luy faire service n’ayant ledit sieur de la Grange touché ni veu aulcune chose de ladite somme ains a esté entièrement perçue par iceluy seigneur maréchal pour employer à ses affaires … fait et passé en l’hostel dudit seigneur maréchal à Paris le 12 mai 1614 »

 

 

 

Claude d’Aribert unique héritière noble, Valpuiseaux (91) 1634

Introduction

L’acte qui suit appelle quelques remarques :
1-Clément Gault son défunt mari est dit écuyer, mais il n’était pas noble. Issu des Gault de Pouancé, qui sont roturiers mais savent gérer, il était monté gérer les affaires de grands nobles et c’est à vivre à leur côté qu’il a fréquenté la noblesse et s’est allié à une noble.
2-le nom de la mère de Claude Daribert est bien Philippe Lecointe. Je suppose que c’est un acte en latin dans lequel elle apparaît comme Philippa, mais je pense qu’il faut oublier le latin et écrire Philippe. Ce prénom était à l’époque aussi bien féminin que masculin, et je trouve à la même époque beaucoup de femmes portant ce prénom Philippe à Provins que j’étudie. Par ailleurs, le nom de famille est bien Lecointe, parfois écrit Lecointte.
3-Claude Daribert est dite première et principalle créantière de leur succession mais elle avait frères et soeurs et n’était pas l’aînée du tout. Donc, si elle est principale héritière c’est que tous ne sont plus vivants et que les plus âgés qu’elle n’ont pas laissé d’héritiers.
4-Gilbert, Salomon et Gilbert ont été auparavant décapités place de Grève à Paris.
5-Suzanne, que nous avons déjà vue sur mon blog, est décédée avant puisqu’elle était bien plus âgée que Claude, donc il faut la donner décédée entre 1619 et 1634
5-Genevrier, qui était absent, est manifestement décédé
5-Perrone pose un problème, car à ce jour, on la donne fille aînée d’Emery et née vers 1556 soit 25 ans avant Claude. Comme elle a au moins un descendant encore vivant en 1634, il est très possible que Perrone soit soeur d’Emery et son sa fille. Sinon, il est impossible que Claude soit la principale héritière en dénommée en 1634.

demande au bailly, 1634

AD91-B1882  « Monsieur le bailly de la … ou monsieur son lieutenant. Supplye humblement damoiselle Claude Daribert veufve feu Clément de Gault vivant escuyer sieur de la Grange, héritière soubz bénéfice d’inventaire de deffuncte damoiselle Phillippes Lecointe douairière de feu Esmery Daribert vivant escuyer seigneur de la Grange Santerre le Val de Puyseaux et aultres lieux ses père et mère, première et principalle créantière de leur succession, dame de ladite Grange Santerre le Val de Puyseaux Chantambre Mesières les fiefs de Conches et Nerville, Chastres et Danonnille et aultres lieux, disant que depuis qu’elle en a esté remise en la possession et jouissance de ladite Grange Santerre et aultres lieux cy dessus despendant de la succession de sesdits père et mère elle auroit trouvé et recognu que plusieurs subjectz redevables et déptempteurs des terres et héritages subjetes et rellevant desdites seigneuries se seroient émancippés tant de nier à ladite damoiselle les cens rentes et aultres droits seigneuriaux qui luy peuvent estre eubz depuis le décès de sesdits père et mère, que mesme se seroient approprié et mis en possession et jouissance de plusieurs terres appartenant à ladite succession, c’est pourquoi ayant obtenu lettres de sa majesté à vous adressantes affin de faire assigner et convaincre lesdits subjects détempteurs et redevables desdites seigneuries tant à luy passer tiltres nouveaux et déclarations des terres et héritages qu’ils tiennent et possèdent rellevant de ses (f°2) seigneuries que de luy paier les cens rentes et aultres droicts seigneurieux qui luy sont deubs elle desireroit icelles mettre à exécution selon leur forme et teneur, à ces causes en enthérinant icelles qu’ils vous plaise luy décerner vos lettres de commission et commandement pour faire faire les affiches et commandements y contenus, affin de faire procéder par nottaires royaux à la confection … déclarations et recognoissances nouvelles de sesdits subjets desdites terres et héritages qu’ils possèdent dedans sesdites seigneuries … présentant à cest effet la personne de Me Nicollas Courts nottaire royal à Maisse, ordonnont suyvant et confirmément auxdites lettres commandement estre fait auxdits subjets et détempteurs desdits héritages subjets desdites seigneuries qu’ils ayent à comparoir par devant ledit (blanc) pour faire et passer tiltres nouveaux et déclarations des maisons masures terres et héritages qu’ils tiennent et possèdent rellevant et appartenant à sesdites seigneuries … » Note de bas de page : obtenu le 7 mai 1635

 

 

Aliénation de 50 000 écus sur le clergé décrétée par le roi, 1576

Introduction

Actuellement l’état cherche de l’argent et il semble que les riches soient une cible potentielle. En 1576, le roi savait où trouver de l’argent et il prélève 50 000 écus sur les biens de l’église catholique, certes alors riche, ce qui n’est plus le cas de nos jours. Les biens de l’église étaient alors constitués de dons fonciers par testament, tant autrefois on léguait à l’église.

Vente de 2 terres par le prieur de St Barthelemy près Provins

devant  Delanoe notaire AD77-1057E414

1584.10.27 vue 164 – vénérable et discrete personne Me Simon Degentry prêtre prieur du prieuré monsieur st Berthelemy du Buisson près Provins au diocèse de Sens d’une part, et Jehan Boucher marchant laboureur demeurant à Brollot paroisse de St Martin de Champs d’autre part, disant lesdites parties mesmes ledit prieur que par le mandement et lettres patentes du roy notre sire et mandement de nosseigneurs les cardinaulx délégués et députés par notre st Père le Pape pour le fait de l’aliénation de 50 000 escuz de rente accordés audit seigneur roy par le clergé de France en l’an 1576 sondit prieuré auroyt esté cottisé à la somme de 2 escus de rente racheptable au denier 24 pour sa part et portion des deniers dudit regent et non valloyres modérations et exemptions des 1 450 escuz de rente à quoy le diocèse de Sens auroyt esté cotté et taxé selon et ainsi que porté est par la signiffication et injonction faite audit prieur de fournir ladite somme et rachapt au prix susdit, par Jehan Dublot sergent royal à Sens lequel mesmes par icelle auroyt enjoinct audit prieur mettre ou faire mettre et exposer en vente de jour en jour à aultre du moings dommageable bien et alueu dudit prieur pour satisfaire et jusques à la concurrance et rachapt de sadite dette comme porté est par les mémoires et instructions qui furent faits pour lesdites aliénations des ladite année 1576 suyvant (f°2) lesquels mesmoires instructions signiffications et lettres ledit prieur auroyt pour satisfaire au mandement du roy et desdits sieurs les desputés, fait scavoyr mettre et exposer en vente 2 pièces de terre contenant 2 arpents estans de présent en savart fachon ? et qui soulloit par cy devant estre en vignes assises au finage de Cortans paroisse de St Loup de No estans distans de plus de 3 lieues dudit prieuré, la première contenant 6 quartiers ou environ (blanc), l’autre contenant demy arpent … pour lesdits deniers de ladite vente estre employés au rachapt de sadite debte, et comme estans de notre rapport

 

Jean Blondet, torcheur à Provins, rend aveu pour sa maison couverte de tuiles, 1584

Introduction

Le torcheur en 1584 est : A. – « Ouvrier qui fait des torchis » B. « Celui qui essuie, qui frotte » (selon le dictionnaire du Moyen Français en ligne sur ATLIF)
Je découvre ainsi que le terme torcher qui existe toujours mais que je croyais  vulgaire n’avait rien de vulgaire. On frottait en 1584 et on appelait cela torcher. Les maisons en 1584 étaient écologiques au torchis.

aveu de Jehan Blondet

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1584.07.14 vue 137 – Comparurent personnellement Pierre Maisières tixerand en thoilles demeurant à Provins et Jehan Blondet torcheur audit Provins lesquels recognurent et confessèrent estre détempteurs d’une maison couverte de thuille sise audit Provins en la rue Pavée tenant d’une part à Claude Robynot et autres, d’autre à Jehan …