Inventaire des meubles de feue Marie Derennes épouse de René Laurent, Angers 1572 (fin de l’acte)

la première partie a été publiée hier sur ce blog, et ici nous poursuivons l’inventaire avec les chambres d’en haut et le fameux trousseau préparé pour sa fille Marie.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E7 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

En la première chambre haulte estant sur la salle et en laquelle décéda ladite deffunte de Rannes avons trouvé les meubles qui s’ensuivent :
et premier une table de noyer tirante par les 2 bouts presque neufve et godronnée par le bas 18 livres
Item 6 cherres (pour les « chaires » qui étaient les « chaises ») de noyer tournées presque neufves à 50 sols pièce soit 15 livres
Item une autre cherre à hault doulcier en faczon de quaquetoire couverte de tapisserie plusque my usée 50 sols
Item une autre cherre … sans acoudouere faite à hault doulcyer et couverte de tapisserie fort usée 20 sols
Item un tabouret couvert de tapis de velours verd 10 sols
Item ung vieil escabeau de chêne et de noyer 10 sols
Item ung buffet de noyer godronné par le bas presque neuf garny de 2 guichets fermant à clef à 2 serrures par dedans aussi garni d’une lyette 25 livres
Lequel buffet a esté ouvert en présence des dessus dit et en iceluy a esté trouvé ce que s’ensuit
et premier en la lyette d’iceluy plusieurs vieilles pièces de nulle valeur et que n’avons prisées et en l’un des guichets dudit buffet a esté trouvé deux bouestes de poudres cordialles et autres bouestes de terre qui servayent lorsque ladite deffunte estoyt malade, lesquelles ne requièrenet aucune apréciation, et lesquelles n’ont esté apréciées pour estre de petite valeur
Item en l’autre desdits guyschets a esté trouvé une paire de gants parfumés 5 sols
Item une vitre de myrouer 2 sols
Item une petitte bource de velours noir à usage de femme avecques un petit pacquet de lopins de soye de Florence 10 sols
Item audit guyschet a esté trouvé ung mouchoir auquel estoyt une cédule signée Jehan Cupif en dabte du 23 octobre dernier montant la somme de 292 livres tz
Item audit mouchoir a esté trouvé 14 escuz pistolets et 6 deniers monnoie par une part
Item audit mouchoir 40 escuz pistolets doubles et simples
Item audit mouchoir en ung lopin de papier trouvé 3 testons et 11 réalles tant simples que doubles
Item audit mouchoir 15 escuz soleil et et 6 demys escuz soleil aussi envolopés en papier
Item audit guyschet a esté trouvé ung petit buletin non signé contenant ce que s’ensuit « ce jourd’huy 12 juin 1570 j’ai presté à ma fille la Robinaye 40 doubles milerets ? et qui a esté parafé par nous à la requeste desdits (ici des ratures et on lit dudit Laurens) à ce qu’il en soyt varye (sic, et je ne lis pas vraye) »
Item audit guyschet a esté trouvé 2 demyes feuillets de papier esquels estoyent escriptes 2 sonnets adressants audit Laurent et à la dite deffunte et faits par ledit deffunt François Bailler lesquels n’ont esté prisés
Item en ladite chambre ung coffre de bahut en faczon de garderobbe couvert de cuir rouge et de fer blanc presque neuf de quatre pieds de long ou environ fermant à clef 12 livres 10 sols
Lequel bahue ouvert et en iceluy s’est trouvé le nombre de linge qui s’ensuit que ledit Laurens et Marye Laurens et ladite Bailler ont dit et confessé avoir esté mys à part par ladite deffunte pour le trousseau de ladite Marye pour lequel trousseau y a scavoir est 12 draps de gros lin neufs contenant 9 aulnes chacun en laize de 3 quartiers prisés pièce l’un portant l’autre 4 livres pour ce 48 livres
Item 12 autres draps de toille de brin tenant chacun 5 aulnes et demye en aulne blanc prisés chacun l’un portant l’autre 50 sols pour ce 30 livres
Item une autre douzaine de draps de brin en brin contenant chacun 4 aulnes et demye prisés pièce l’un portant l’autre 40 sols pour ce 24 livres
Item 10 douzaines de serviettes de toile de brin en réparon neufves prisées chacune douzaine l’une portant l’autre 50 sols pour ce 25 livres
Item 6 nappes de toile de brin en réparon tenant chacune une aulne 3 quartiers de longueur prisées l’une portant l’autre 14 sols pour ce 4 livres 4 sols
Item 5 nappes de toile de brin en brin presque neufves dont y en a partye contenant 3 aulnes et les autres 2 aulnes un quart prisées pièce l’une portant l’autre 20 sols pour ce 100 sols
Item 2 douzaines de grandes serviettes de lin presque my usées chacune douzaine 100 sols pour ce 5 livres
Item 2 tabliers de toile de lin l’un my usé tenant chacun 3 aulnes 6 quarts et demy de longueur dont y en a un plus que my usé prisés l’un portant l’autre 6 livres
Item 18 souilles d’oreiller de toile de lin et partie presque neufves et les autres my usées prisées ensemble l’une portant l’autre 4 sols pièce pour ce 72 sols
Item une douzaine et demye de couvre chef de gros lin dont y en a partie neufs et partie my usés prisés l’un portant l’autre 4 sols pièce pour ce 72 sols
Item un autre coffre de bahut de faczon de Flandres ferré à petites bandes de fer blanc fermant à clef et serrure par dehors contenant 4 pieds de long et presque my usé 4 livres
Auquel coffre l’on avoit accoustumé mettre acoustrements de nuit et autres menues hardes et autre linge qui en a esté tiré de dedans pour mettre avec autre linge pour inventorier
Item ung charlit de grand lit a lipenalle ? et les coustés godronés ledit charlit presque neuf sur lequel y a une couette de grand lit vestue d’une souille de linge seulement garnue de son traverslit vestu d’une souille de coustiz et le tout de bonne plenne ensemble une vieille paillasse et 2 mantes l’une blanche et l’autre verte presque neufves plus sur ledit charlit ung ciel de camelot rouge garny de 3 rideaux tant grands que petits et ledit ciel et rideaux garny de ses franges et frangettes de soye violette t blanche le tout presque neuf, le tout 72 livres
Item ung autre charlit moyen de pareille faczon du précédent et acoustré de pareille faczon garny d’une couette de pareille faczon garny d’une couette moyenne vestue de deux souilles dont y en a une de couetiz et garnye de son traverslit, avecques une vieille paillasse, 2 mantes l’une blanche et l’autre verte, presque neufves, le tout prisé ensemble 64 livres
Item une petite paire de landiers de fer garnis par le hault de cuivre 10 livres
Item ung petit coffre en faczon de boueste couvert de cuit doré et bandé à petites bandes de fer blanc fermant à clef et d’une serrure par dehors contenant 2 pieds de longueur et d’un pied en carré 20 sols
Auquel petit coffre avons trouvé plusieurs vieux linges qui servayent à la maladye de ladite deffunte de Rennes lesquels linges ont esté prisés 5 sols
et depuis a esté ordonné ledit inventaire estre parachevé par auctorité de justice fait audit Angers comme nous a dit ledit Meignan ne scavoir signer

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog.

Inventaire des meubles de feue Marie Derennes épouse de René Laurent, Angers 1572

on est dans la haute bourgeoisie, donc de l’argenterie, des chaises à tapisserie, etc….
la mode des meubles est aux godrons. Et vous allez découvrir mille détails illustrant ce rang social : le nombre de chaises, les coffres ornés cuir et fer blanc, le noyer plus présent que le chêne, l’argent de poche dans un mouchoir montre de très nombreuses pièces, et enfin la dernière des enfants, Marie Laurent, n’est pas encore mariée, mais sa mère avait préparé son trousseau et nous avons donc le détail de cet impressionnant trousseau, qui illustre bien ce rang social élevé.

Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) http://www.atilf.fr/dmf
GODERON, subst. masc.
A. – « Ornement renflé au bord d’une vaisselle d’argent »
B. – P. méton. « Récipient à boire de peu de profondeur à bord godelé, godronné » (synon. godet)

Je vous signale que les godrons sont très connus des tricoteuses car nous tricotons toujours le point de godron, qui est 2 rangs à l’endroit 2 rangs à l’envers. Et c’est fou comme ce point ressemble à s’y méprendre aux ornements renflés.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E7 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 6 décembre 1572 (Mathurin Grudé notaire royal à Angers) Inventaire et appréciation des biens meubles lettres titres et enseignements demeurés du décès de noble homme René Laurens sieur de P… Me des eaux et forests d’anjou à Angers et de deffunte honorable femme Marie Derennes lors qu’elle vivoyt sa femme et nagères décédée, fait par nous Mathurin Grudé notaire royal et de monseigneur duc d’Anjou à Angers, prins avecques nous pour adjoint Me Guy Planchenault praticien en cour laye demourant Angers pour la partie et à la requeste de honneste homme Jehan Cupif marchand demourant Angers mary de Claude Bariller et de Pierre Menard curateur ordonné par justice quant à faire ledit inventaire et prisage à Me René et Marye les Laurens enfants mineurs dans dudit Laurens et de ladite deffunte de Rennes présents et assistans lesdits Laurent Cupif et Menard, aussi présents et assistants pour le fait de l’appréciation desdits meubles Michel Meignan Me priseur juré en ceste ville d’Angers pour lequel inventaire faire et parfaire avons vacqué par jour et en la manière qui s’ensuit :
Du 6 décembre 1572 avons procédé à l’apréciation dudit inventaire
en la salle basse du grand corps du logis ont esté trouvés les meubles qui s’ensuivent :
premier une table de noyer qui se tyre par les deux bouts 20 livres
et 6 chaires de noyer ornées et à médalles 15 livres
2 autres chaires de noyer les doussiers fait à arceaulx 10 livres
6 escabeaulx de noyer … my usés 7 livres 5 sols
Item 2 bancelles chaires de chêne en façàn de caquetoires garnies de tapisserie fort usée et … ensemble 12 sols
un autre meuble de chêne en façon de caquetoire non couverte de tapisserie 8 sols
4 vieulx tabourets de noyer et chêne couverts de tapis de velours 24 sols
ung buffet de noyer godronné en façon de buffet de salle 12 livres 10 sols
ung porte bassin de noyer 10 sols
ung grand garde robe de 3 pieds de long et garny de 2 serrures pour mettre les accoustrements … lesquels accoustrements ont esté portés et mis avec les autres accoustrements 10 livres
ung coffre de noyer de 4 pieds de long … imageries fermant à clerf auquel est accoustumé mettre linge qui a eté mis et porté avec l’autre pour estre ledit linge prisé ensemble 4 livres
une paire de landiers garnie de cuivre godronnée 50 livres
Item une barre de fer et une paire de pincettes ung casse feu et une petite pinse de fer emmanchée de boys, un petit garde casse, 2 bas chesnets et supports boys, une crammaillère, ung petit soufflet le tout prisé ensemble 40 sols
Item ung refredysseur ? de cuivre 10 livres
Item une estaminette ? de 4 pieds de long 6 livres

Et en la despance joignant ladite salle a esté trouvé ce que s’ensuit :

dépense : resserre, réserve à aliments, pièce aveugle qui sert de garde-manger -M. Lachiver, Dictionnaire du Monde rural, 1997)

Premier 4 coupes, une esguyere, 2 sallières, une escuelle à oreilles, 18 cuillers d’argent, et une raclouère le tout d’argent, et le tout pesant ensemble 14 marcs une once et 17 livres le marc
Item ung marchepied de chêne servant à mettre partye du linge de table … taille à l’ouzaiges de 6 pieds de lont et fermant à clef d’une serrure par dedans 60 sols
Item un garde manger de 7 pieds de hault auquel l’on met la vesselle d’argent 6 livres
Item ung vieil escabeau de chêne et de cuir et une seille de service 20 sols
Item ung crochet à peser à poids de marc 12 sols

En la cuisine joignant ladite salle avons trouvé les meubles qui s’ensuivent :
premier une table de 6 pieds et demi de long, de chêne et fort vieille, ensemble 6 vieulx escabeaux le tout de chêne 30 sols
Item ung vieil buffet de chêne à 3 fons 12 sols
Une vieille seille servant de hache vyande 6 sols
Ung coquemard de cuivre façon de Lyon 40 sols
Item une petite marmyte d’airain 30 sols
Item 2 bassines d’airain servant à laver 60 sols
Item une autre petite bassin rond aussi d’airain 12 sols
Item ung godet d’airain 12 sols
Item une poysle ronde d’airain contenant demye seillée ou environ fort usée 10 sols
Item un grand poislon aussi d’airain avecques ung fricquet et une cuiller et ung passet le tout d’airain garnis de leur queue de fer 20 sols
Item une poysle de cuyvre ronde tenant une seillée ou environ fendue par le fond 20 sols
Item ung chaudron aussi d’airain non percé ny apiécé 30 sols
Item une autre petite poysle d’airain tenant ung quart de seillée 7 sols
Item 2 chandeliers de cuivre godronnés 60 sols
Item 2 autres grands chandeliers formés à faces 40 sols
Item 7 autres chandeliers moyens 60 sols
Item 2 lampes de fonte 4 sols
Item ung grand chandelier d’estude de cuivre 20 sols
Item plus ung petit chandelier de cuivre 8 sols
Item 4 chandeliers d’étain 40 sols
Item ung bassin d’étain servant à laver 20 sols
Item ung pot de nuit de cuivre 10 sols
Item ung chauldron d’airain tenant une seillée ou environ non percé 30 sols
Item ung autre petit chauldron ne servant que à minitaille ? 4 sols
Item 2 poysles de fer à queue 24 sols
Item une autre petite poysle de fer à queue 7 sols 6 deniers
Item 2 vieilles casses de fer 20 sols
Item 4 broches de fer, une grande et 3 petites, 25 sols
Item une paire de landiers de fer à chauferette 60 sols
Item une vieille panne de terre tenant 6 seillées par la hault avec sa selle 15 sols
Item en vieille vesselle d’étain tant creuze que platte pesant le tout à poids de marc 198 livres et demie prisée chacune livre portant l’autre 5 sols vallant en somme 49 livres 12 sols 6 deniers
Item ung virllettier (ou viollettier) et ung beurrier le tout d’estain pesant ensemble 12 livres à 6 sols chacune livre soit 72 sols

En l’alée à l’issue de la salle tirant vers la place neufve près la petite aire a esté trouvé ce qui s’ensuit
premier ung vieil banc à dousier de chêne à 2 coffres 30 sols
ung vieil falot de fer blanc rompu 18 deniers

    a suivre et terminer demain

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Les héritiers de feu Jean Vallin, prêtre à Angers, sont à Andigné : 1540

et ils sont venus à Angers faire les comptes avec les exécuteurs testamentaires.
Parmis les héritiers, je note un barbier, et je m’interroge, mais ceci restera sous forme d’interrogation, de la possibilité de passer d’un barbier à Andigné à mes VALLIN chirurgiens à Saitnt Quentin.

Cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E1 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 16 septembre 1540 en notre cour royale à Angers (Quetin notaire) personnellesment establyz discretes personnes maistres Michel Delestre et Gervays Vallin prêtres demeurant audit lieu d’Angers, exécuteurs du tesetament ordonnance de dernière volonté de deffunt Me Jehan Vallin en son vivant prêtre demeurant en la cité dudit lieu d’Angers d’une part, et Jehan Esnault boullangier et Michele Vallin sa femme de luy auctorisée par davant nous suffisamment quant à ce que s’ensuit, Jacques Vallin barbier et Symon Creusart menuisier mary de à cause de Guillemine Vallin sa femme et soy faisant fort d’elle en ceste partie à la peine de tous dommages et intérests tous paroissiens d’Andigné en ce pays d’Anjou ainsi qu’ils disent, héritiers dudit deffunct Vallin d’autre part, soubzmectans d’une part et d’autre chacun endroit soy eulx leurs hoirs etc ou pouvoir etc confessent avoir aujourd’huy fait et font entre eulx fin et compte de l’entremise par lesdits exécuteurs faite en ladite exécution testamentaire et de la mise par eulx faite en ladite exécution et à l’occasion d’icelle, laquelle mise a esté trouvée monter la somme de 82 livres 13 sols 2 deniers, ensemble de la recepte par iceulx exécuteurs faite de certains deniers appartenant audit deffunt et de certaines debtes qui luy estoient deues par eulx recuillies et de la vendition de portion de biens meubles d’iceluy deffunt venduz par action de justice pour exécuter ledit testament, laquelle recepte a esté trouvée monter la somme de 81 livres 19 sols 10 deniers, et partant ladite mise monte plus que ladite recepte de la somme de 13 sols 4 deniers tournois, laquelle somme de 13 sols 4 deniers tournois lesdits héritiers ont promis promettent sont et demeurent tenuz poyer et bailler auxdits exécuteurs ou audit Me Gervays Vallin pour le tout sur les premiers deniers qui proviendront des sommes de deniers qui estoient deues audit deffunt non payées …

    Ceci m’a été envoyé sans la suite, mais elle est sans importance car l’essentiel, c’est à dire les héritiers, hélas sans les liens filiatifs, sont là.

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Héritiers de Jean Lefebvre, prêtre à Gouis, 1595

dont Marguerite Lefebvre, l’épouse Buscher, qui fait les Buscher de Chauvigné.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 20 mai 1595 en la cour du roy notre sire à Angers endroit par devant nous (Lepelletier notaire) personnellement establyz honnestes personnes Me François Lefebvre greffier en la juridiction des juges et consuls des marchands estably pour le roy à Angers et y demeurant, tant en son nom que pour et au nom et soy faisant fort de Me Estienne Jolivet et Marie Lefebvre sa femme et Marguerite Lefebvre leur soeur, vénérable et discret Me François Buscher prêtre chapelain de la chapelle de notre Dame de Bon Port demeurant en la paroisse de Cherré aussi tant en son nom que soy faisant fort de Marguerite Lefebvre sa mère, Anthoine Lefebvre marchand demeurant audit Cherré, honneste femme Michelle Salmon veufve de feu René Lefebvre tant en son nom que soy faisant fort de ses enfants et dudit deffunt son mary, demeurant en ceste ville d’Angers, et François Thibault marchand en la paroisse de La Jaille Yvon, tous héritiers de deffunt missire Jehan Lefevbre en son vivant prêtre, demeurant à Gouys, soubzmettans eulx leurs hoirs etc ou pouvoir etc confessent avoir ceddé quité et transporté et par ces présentes cèddent quitent et transportent à honneste personnne Pierre Louettière marchand demeurant à Gouys présent stipulant et acceptant le contrat d’aquest tel que ledit deffunt missire Jehan Lefebvre l’avoit fait de Berthelemy Olivier ou autres d’une maison et appartenances sise au bourg dudit Gouys, laquelle joint d’un cousté les maisons et vergers de missire René Morineau …
et ung autre contrat d’acquest que ledit deffunt Lefebvre avoir fait de Blaise Guiblet et Jehanne Baudaye sa femme de la moitié par indivis d’une vieille maison et jardin situés audit bourg de Gouis et tenant à la maison cy dessus…
à cause desdites réparations et autres conditions d’icelle ferme en la recherche et poursuite que leur faisoit Ambroys Bazot et du procès qu’il en avoit entre eulx intenté mesme entre ledit François Lefebvre et de la sentence et jugement qu’il en avoit obtenu, et audit Bazot payer sesdits despens et frais dommages et intérests et de faire cesser toutes ses poursuites tant du passé que de l’advenir, et outre payer aussi lesdits contrats obligations et conditions cy dessus et aussi paier ceux du passé tant de celuy dudit Bazot, tout ce que dessus en la maison de nous notaire en ceste ville et les despens et frais pour les procès cy davant intentés … et autres que tous autres tant cy davant intentés que à intenter et mouvoir et de toutes …
et ont promis les dits ceddans esdits noms faire ratiffier et avoir agréable ces présentes à ceulx dont ils se faisoient fort cy dessus chacun pour leur regard dedans le jour de la Magdelaine prochainement venant sauf pour le regard de ladite Salmon qui fera ratiffier Jehan Menaud et Jehanne Lefebvre fille d’icelle Salmon, et quant à Renée Gouesbault fille de deffunts Louys Gouesbault et Barbe Lefebvre sa femme, la fera ratiffier lors qu’elle sera en âge, néanlmoins a promis en son privé nom ladite Salmon qu’elle contreviendra à ces présentes d’aultant que ledit Bazot avoyt cy davant fait procès à l’encontre de Me François Buscher comme exécuteur dudit deffunt Me Jehan Lefebvre par devant le juge de Duretal, ledit Louettière a aussi promis et promet à iceluy Buscher de garantir et acquiter dudit procès vers ledit Bazot, et iceluy faire cesser et en acquiter ledit Buscher tant en principal que despens dommaiges et intérests vers ledit Bazot, et néanlmoins convenu et accordé que le payement de ladite somme de 20 escuz ne pourra estre retardée ne empeschée alors que chacun fournira de la ratiffication comme dessus et payra à chacun pour son cinquiesme …
a promis et promet payer auxdits establis la somme de 20 escuz sol en ceste ville d’Angers en la maison de nous notaire dedans le jour et feste de ste Madgeleine prochainement venant, et pour l’effet exécution et entretenement de ces présentes a ledit Louettière prorogé juridiction davant monsieur le lieutenant général d’Anjou à Angers, promis y respondre et procéder comme par devant son juge naturel et renoncé à décliner, et pour le regard des debtes passives si aulcunes ledit deffunt Me Jehan Lefebvre debvoir en la dite paroisse de Cherré, seront pour ce regard seulement payées et acquitées par lesdits establis, et ledit Louettière tenu acquiter toutes les autres debtes ainsi que dessus, dont les dites parties sont demeurées à ung et d’accord et ont ce que dessus stipulé et accepté, auxquelles choses cessions promesses et obligations et tout le contenu cy dessus tenir etc obligent lesdites parties respectivement etc renonçant etc foy jugement condemnation etc fait et passé audit Angers au tablier de nous notaire environ midy présents à ce Me Jehan Vendangeon et Pierre Richoust demeurant Angers et Jacques Chevalier marchand demeurant à Soeurdres tesmoings

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Les héritiers Lefaucheux/Meillet nomment des arbitres pour régler leurs différents après le décès de leur frère Jacques, La Membrolle 1647

car l’un d’eux prétend un droit d’hommage.
Les arbitres sont des avocats, et autrefois les avocats avaient le pouvoir de transiger entre eux au lieu de toujours uniquement poursuivre.
Ils s’engagent à respecter le jugement des avocats.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E1 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 6 décembre 1647 après midi, pardevant nous François Delahaye notaire royal à Angers furent présents et personnellement establis et soubzmis chacuns de honneste personne René Lefaucheux marchand demeurant au bourg de La Membrolle paroisse de Pruillé, René Delahaye et Loize Lefaucheux sa femme, Claude Delahaye et Magdeleine Lefaucheux sa femme demeurant au Lion d’Angers, et Pierre Papiau et Guionne Lefaucheux sa femme demeurant audit bourg de La Membrolle, lesdites Loize Magdeleine et Guionne les Faucheux de leurs dits maris autorisées par devant nous quant à ce, tous lesdits les Faucheux enfants et héritiers de deffunts honorables personnes Jean Lefaucheux et Magdeleine Feillet sa femme et Jacques Lefaucheux vivant aussi fils desdits deffunts Jean Lefaucheux et Feillet, lesquelles parties sur les différends d’entre eux à raison desdites successions partaiges de celle dudit deffunt Jacques Lefaucheux rapports qu’ils ont à faire entre eux droit d’hommaige prétendu par ledit René Lefaucheux sur lesdites successions et autres droits qu’ils peuvent avoir ensemble à raison desdites successions,

Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) http://www.atilf.fr/dmf
HOMMAGE, subst. masc.
I. – « Allégeance, fidélité »
A. – DR. FÉOD.
1. « Acte symbolique par lequel un vassal, à genoux, place ses mains jointes dans celles de son seigneur (qui referme celles-ci sur elles), en prononçant une déclaration de volonté d’entrer en dépendance (l’hommage étant suivi de l’investiture d’un fief) ; devoir qui en résulte »
2. P. méton.
B. – [P. métaph.]
1. [Domaine de l’amour]
2. « Engagement pris à l’égard de Dieu lors du baptême »
3. « Fidélité entre époux »
C. – P. anal.
1. « Marque de déférence »
2. « Pouvoir, autorité, domination »
3. Faire hommage à une femme. « Épouser une femme »
II. – « Nature humaine »

pour iceux terminer, ils ont respectivement convenu des chascuns de nobles hommes Me Pierre Augeart sieur de la Planche, Sébastien Valtère sieur de la Chesnays, Pierre Fayet sieur de Launay, Jacques Pouriatz sieur de la Hanochaie et Michel Bonneau sieur de la Gilletaye advocats au siège présidial d’Angers pour juges arbitres et aimables compositeurs pour par eux estre lesdits différends jugés et terminés dans le jour de la Chandeleur prochaine, promettant lesdites parties d’obéir au jugement arbitral qui sera rendu par eux comme par arrest de nosseigneurs de la cour vallablement jugé et plégé et payer par les contrevenants ou contrevenant à ceulx qui voudront obéir audit jugement arbitral la somme de 150 livres auparavant que d’estre receu, et rien dire et proposer contre ledit jugement arbitral, à cette fin comparaîtront les parties en personne par devant lesdits juges arbitres dans 15 jours et s’entre communiqueront les pièces dont ils entendent s’aider dans 8 jours et mesme ledit Papiau qu’il fournisse à ses cohérities les pièces justificatives qu’il a entre les mains dudit foyer pour en estre par les … communication si bon leur semble et feront les parties impétrer les présentes par les sieur arbitres dans 3 jours, ce qu’ils ont respectivement stipulé et accepté et à ce tenir etc obligent lesdites parties chacun en son esgard eulx et chacun d’eux l’un pour l’autre sans division de personne ne de biens etc biens etc renonçant etc et par especial au bénéfice de division discussion et ordre de priorité et postériorité etc foy jugement contempnation etc fait et passé audit Lion d’Angers maison dudit René Delahaye en présence de Julien Revers compagnon maréchal et noble homme Guy Allasneau sieur de Bribossé demeurant audit bourg de La Membrolle tesmoings
lesquelles Lefaucheux ont dit ne savoir signer

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Contrat de mariage de Julien Duchesnay et Gilette Gigan, Beauchêne (Orne) 1706

Vous savez maintenant que les dots dans l’Orne étaient payées sur plusiieurs années, parfois tard, mais le contrat de mariage donnait le plus souvent sur 5 ans ou envirion.
Hier, c’étaient les parents de Gilette Gigan et il avaient la somme de 200 livres payée par virements annuels de 15 livres et pire le premier paiement commence un an après le mariage. Et il faudra donc attendre presque 20 ans après le mariage pour avoir vu les 200 livres !
Mais ici, nous sommes 20 ans plus tard, et le père Gigan est déjà décédé, et les revenus sont en baisse, soit 80 livres, toujours à commencer un an après les épousailles et par des virements annuels de 8 livres donc 10 ans de virement ce qui met la fin de paiement 11 ans après les épousailles.

    Voir mes CHENAIS
    Voir mes GIGAN
    Voir mes AUMONT
    Voir mes DUCHESNAY
    Voir mes DUMAINE

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales de l’Orne, AD61-4E80/530 – vue 70-71/134 – notariat de Saint-Cornier-des-Landes – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 3 janvier 1716 au lieu Ducreche paroisse de Beauchesne avant midy devant nous tabellions soussignés, pour parvenir au mariage entre Julien Duchesnay fils de feu Pierre Duchesnay et Julienne Aumont ses père et mère d’une part et Gillette Gigan fille de feu Jacques Gigan et de Jeanne Chesnays ses père et mère d’autre part, tous de ladite paroisse, et à ce a eté présente ladite Jeanne Chenays veufve dudit defunt Jacques Gigan laquelle en ladite qualité pourveu que ledit mariage soit fait et accompli et toutes les cérémonies de notre mère la ste église catholique apostolique et romaine duement accomplies et observées pour partager ladite Gigan sa fille de la succession légitime qu’elle pouroit espérer des biens meubles et immeubles de ses père et mère a promis et par le présent s’oblige payer aux futurs mariés scavoir est la somme de 80 livres pour don pécunier de laquelle somme en sera remplacé par ledit futur espoux les deux parts pour tenir nom costé lignée de ladite Gigan sous le plus bien et mieux apparaissant de ses immeubles, laquelle somme de 80 livres payable par termes par ladite Chesnaye savoir est le premier la somme de 8 livres du jour des épouzailles en un an, et ainsi d’an en an jusques au parfait payement de ladite somme de 80 livres, et la somme principale restera pour don mobil et en outre ladite Chesnaye a promis donner auxdits futurs un lit garni couette traversiers et orilliers courtine et rideaux tel qui l’est dans la maison et qu’il a été montré audit futur à ladite future, auquel ils se sont contentés, et pour la castalogne la somme de 8 livres, avec un grand coffre de bois de chesne fermant à clef tel qu’il est de la maison et qu’il a été montré auxdits futurs, et desquels ils se sont contenetés, en outre a promis ladite Chenaye 6 coiffes, 6 mouchoirs, 6 serviettes nappes de toile que ladite fille sorte à présent, 4 livres de vaisselle d’étain neuves tous lesdits meubles seront livrés au jour des espouseilles particulièrement le lit et linge et au cas que ladite Chesnaye soit redevable de quelque partie du linge, elle s’oblige le fournir avec la moitié de la vaisselle du jour des épousailles en deux ans, et ainsi à ce moyen et en ces termes les parties sont demeurées à un et d’accord, en la présence de leurs parents et amis se sont donné la foy de mariage et promis s’épouser à la première requisition que l’un fera à l’autre, présents à ce Julien Dupont prêtre curé de ladite paroisse, Julien Chenais oncle de ladite Gilette Gigan, Julien Duchesnay et Loy Robinne, Olivier Duchesnay oncle dudit Julien Duchesnay, Julien Gigan frère de ladite fille, Antoine de la Co…, Me Julien Gigan prêtre temoins et est en outre accordé entre les parties qu’il ne courra aucun intérest de la somme que du jour et échéance du dernier payement

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