Dégradations au presbitère de Montreuil sur Maine, 1722 transaction pour réparer la porte et payer une amende de 30 livres

Avec ce billet, j’ai ouvert une nouvelle catégorie JUSTICE (voyez colonne de droite).
Autrefois, beaucoup de différents étaient traités à l’amiable par acte notarié, en forme de transaction, souvent pour éviter un procès couteux.

Le 19 juillet 1721 Dvt nous Jacques Bodere Nre royal en Anjou résidant à Montreuil sur Mayenne, furent présents en leurs personnes, établis soumis Missire Pierre Laillault prêtre prieur baron seigneur au spirituel et temporel de la paroisse de Montreuil d’une part, (Montreuil sur Maine avait la particularité d’avoir à la fois un prieur et un curé et qui plus est le premier avait titre de baron.)
Ambrois Alluce charpentier en bateaux faisant tant pour lui que pour Ollivier Alluce son cousin germain et autre,

entre lesquels parties a été fait l’acte qui suit c’est à savoir que de la part dudit seigneur prieur aurait été fait demande de réparation dommages et intérêts pour les exactions et violence commises par ledit Ambrois Alluce et les dénommés, tant à la porte d’entrée de la cour dudit seigneur prieur que sur ladite maison, le mardi 15 de ce mois et dont ledit sieur prieur était en droit d’informer ; sur les environs 18 h du soir ;

que ledit Alluce a reconnu, dont a demandé ses excuses et pardons audit seigneur prieur, pour laquelle instance que ledit seigneur prieur était prêt à faire mouvoir, et icelle assoupir et ont par l’avis de leurs conseils et amis transigé par transaction irrévocable comme cy après s’ensuit (l’affaire est rapidement réglée, 3 jours après on était chez le notaire pour une transaction !!! Il faut croire que les amis d’Alluce lui ont rapidement démontré l’utilité d’aller faire des excuses…)

c’est à savoir que ledit seigneur prieur a bien voulu recevoir ledit Alluce tant pour lui que pour les autres ci-dénommés auxdites excuses et soumissions, aux offres que si malheureusement pareil leur arrivait de payer au profit de l’église de la paroisse la somme de 30 livres sans que ladite amende (amande) puisse être réputée comminatoire, et sous les mêmes peines et amendes d’insultes anciennes des habitants et paroissiens d’icelle, et s’oblige ledit Alluce rétablir la porte en question en le même état qu’elle était auparavant, (cela lui coûte cher, car avec cette somme il pouvait s’offir un lit de chêne garni, ou une formation de tonnelier etc...)
et délivrera ledit Alluce à ses frais une copie des présentes en 8 jours prochains
auquel acte et ce que dit est lesdites parties en sont respectivement demeurées d’accord et tout ainsy vouly consenti stipulé et accepté à l’entretenir obligent et renonçant etc dont etc
fait et passé audit prieuré en présence de Me Vincent Quenion prêtre curé dudit lieu, et h. h. Alexis Delahaye marchand demeurant audit lieu témoins à ce requis et appelés, ledit Alluce a déclaré ne savoir signer de ce enquis et interpellé.

Ce document illustre le rôle de médiateur des notaires autrefois. Il apporte aussi un chiffre, sur lequel il est utile de s’arrêter : le montant de l’amende fixé à 30 livres, outre les réparations. Dans la rubrique NIVEAU DE VIE, je vais en effet m’efforcer de vous inculquer la valeur de l’argent autrefois. Donc, notez déjà qu’avec 30 livres ont a de quoi payer une amende, et vous verrez bientôt que c’est juste un lit de métayer, etc… bref, des équivalences de l’époque, qui ne sont surtout pas transposables de nos jours, encore moins en euros…

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Dispense de consanguinité entre Jean Juliot et Anne Pipard, La Rouaudière (53), 1754

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine et Loire, série G

Je poursuis les dispenses.
Comme vous l’avez remarqué, elles étaient classées à l’évêché, étant de nature religieuse, puis ces archives ont été versées aux Archives Départementales, mais comme la carte d’un diocèse différe de celle d’un département, il faut trouver dans le département voisin beaucoup de paroisses d’antan…
J’ai le même problème en Normandie, où La Sauvagère n’est pas à ALençon mais relevait de l’évêché du Mans et non existant, à la Cornuaille relevant de l’évêché de Nantes, etc… donc c’est très fréquent…

Voici la retranscription de l’acte : Le 22 novembre 1754, en vertu de la commission à nous adressée par monsieur l’abbé de Monteclerc grand doyen et vicaire général de monseigneur l’évêque d’Angers en date du 15 de ce mois, signée l’abbé de Monteclerc, vicaire général, et plus bas par Monsieur Péan avec paraphe, pour informer de l’empêchement qui se trouve au mariage qu’ont dessein de contracter Jean Julliot de la paroisse de la Rouaudière âgé de 24 ans, et Anne Pipard de la paroisse de Saint Aignan, âgée de 25 ans, n’ayant plus ni père ni mère tous deux de ce diocèse, et de famille de laboureur, nous prieur curé soussigné avons dressé le procès verbal qui suit, pour y être fait droit, selon les raisons à nous alléguées tant de la part des parties que des témoins et parents y appelés,
de tous lesquels ayant pris serment séparément pour nous dire vérité, nous ont affirmés que ledit Jean Juliot et ladite Anne Pipard se recherchent de bonne foie en mariage depuis longtemps, de sorte que s’il ne leur était par accordé permission de s’épouser, il pourrait s’ensuivre un scancale et un grand préjudice à l’un et à l’autre, (de vous à moi, le scandale était surtout pour la fille, et je vous rappelle qu’on était scandalisé de peu, en l’occurence de simples fréquentations)
de plus ils nous ont attestés que cette dite Anne Pipard n’a jamais été recherché par aucun autre parti convenable à sa famille à cause de sa difformité naturelle,
en outre nous ont protesté que dans leurs paroisses voisines limitrophes, ils sont presque tous parents et alliés sans pouvoir trouver en ce petit pays de si peu d’étendue, autre parti convenable qu’il ne s’y trouve même empêchement, (ces arguments marchent bien, comme nous l’avons déjà vu, aussi sont-ils toujours avancés, même si cela n’est pas tout à fait vrai…)
de plus par appréciation faite en conscience par Pierre Juliot père (tiens tiens !!! tout à l’heure il n’y avait plus de père ! j’ai l’impression qu’on fait dans l’approximation…) et par Pierre Juliot frère dudit réquérant et cy présents, ledit Jean Julien leur fils et frère n’a de tout bien valant, y compris la dot de 100 livres qu’on lui promet que la somme de 300 livres,
et ladite Anne Pipard par estimation faite de même nature, aux dires de François Jeufreau son beau-frère, et de Jean Gasnier son cousin germain, aussi présents, et de tous serment pris, comme déjà dit cy-dessus, n’a tout au plus tant en bien fond qu’effets mobiliers qu’à la concurrence de 1 500 à 1 600 livres (il peut fermer les yeux sur la diformité ! Descendants si vous existez, pardonnez moi et riez … on s’amuse quand on fait l’histoire des familles…), jointes à celle de 300 livres dudit Jean Juliot, font de total ensemble celle de 1 800 ) 1 900 livres, (notez bien que cette somme de 1 900 livres est jugée trop faible pour envoyer à Rome, et payer la dispense de Rome, donc, même avec cette somme, qui n’est pas la pauvreté, mais l’aisance moyenne de l’époque, l’évêché n’est pas trop exigeant et octroie tout de même la dispense à son niveau. Je reviendrai sur les chiffres de fortune, soyez patients)
en outre lesdites parties et témoins nous ont protesté que ledit Jean Juliot et ladite Anne Pipard n’étaient parents que du 3 au 4e degré selon l’arbre généalogique qu’ils nous ont fait dresser cy-après, à quoi comme à tout cy-dessus mentionné ils sont souscrit avec nous pour en constater,

de Jacques Faguier et de Jeanne Geslin, souche commune, sont issus

  • Fiacre Faguier mari de Mathurine Poisson – 1er degré – Jacques Faguier mari de Jeanne Geslin
  • Louise Faguier épouse de Philippe Desestre – 2e degré – Jeanne Faguier mariée à Michel Pipard
  • Perrine Desestre mariée à Pierre Juliot – 3e degré – Anne Pipard requérante, fille dudit Michel Pipard et de ladite Anne Faguier
  • Jean Juliot Reguérant, issu de Pierre Juliot et de Perrine Desestre – 4e degré
  • à Brain ce même jour et an que dessus, nous parents témoins appelés souscrivons à toutes les raisons mentionnées cy-dessus pour foie y être ajoutée, les deux parties ont déclaré ne savoir signer, également que Pierre Juliot le jeune. Signé Pierre Juliot (c’est donc le père, et il n’a pas appris à ces fils… tiens, tiens !!!), P. Girard, François Jeuffrault, Poirier curé de Brain

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    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1686 : juillet, août, septembre, (octobre absent du mansucrit), novembre, décembre

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 1er juillet (1686) le Sr Bodard grenetier à Candé épousa la fille du défunt Sr Durand Me apothicaire en cette ville, et de la dame Coueffé.
  • Le même jour (1er juillet 1686) se fit la cérémonie de l’établissement de l’Académie royale. Le canon tira le matin ; toutes les cloches de la ville sonnèrent depuis midy jusques à une heure. Les habitants sous les armes firent quantité de décharges ; plusieurs pièces devin coulèrent, les harangues commencèrent sur les cinq heures du soir Mr l’intendant et Mr Goureau conseiller honoraire au présidial y parlèrent savamment ; toutes les dames qui y furent, firent un des principaux agréments de cette feste ; cela fut suivi d’un superbe repas ; il y eût sur les neuf heures du soir des feux d’artifice et des illuminations par toutes les fenêtres des maisons de la ville. On éleva ce même jour l’effigie du Roy en buste dans le fond du jardin de l’Hôtel de ville.
  • Le 10 (juillet 1686) mourut le sieur Fagotin sergent ; son fils marchand de soye a épousé la fille du feu Sr Mabit.
  • Le 16 (juillet 1686) Mr Souché marchand à Nantes, riche de trente mil écus, épousa la fille de Mr Desmazures Sailland et de la dame Lejeune. Cette fille l’engagea par son mérite et sa beauté ; il est âgé de 54 ans.
  • Le même jour (16 juillet 1686) mourut monsieur Guynoiseau prêtre curé de la Salle.
  • Le 18 (juillet 1686) les ambassadeurs du Roy de Siam arrivèrent en cette ville. On tira la canon et on leur fit les présents. Ils partirent le lendemain pour Paris, chargés de plusieurs présents très riches pour le Roy.
  • Le 22 (juillet 1686) le fils de Mr Yvard notaire en cette ville épousa la fille du sieur Delmur marchand de soye.
  • Le 23 (juillet 1686) mourut la femme de monsieur Davy, notaire royal en cette ville, âgée de 34 ans. Elle a laissé 5 petits enfants ; elle s’appelait Boisard.
  • Le 24 (juillet 1686) mourut la femme de feu monsieur Petit de la Pichonnière de Piedfelon gentilhomme. Elle a laissé cinq enfants ; elle s’appelait Eveillard. Elle a été enterré en l’église de St Michel du Tertre.
  • Le même jour (24 juillet 1686) le nommé Gibert de Champfleury, de la paroisse de Thouarcé, fut pendu pour avoir tué deux femmes sortant de l’église de Thouarcé, et une autre qu’il tua dans son lit. Il y avait dans cette action de la rage et de la folie, ces femmes ne luy ayant jamais rendu aucun mauvais service. La mère sur Sr Simon praticien en était une. Il avoué que s’il n’avait été arresté il aurait tué tous ceux qui se seraient présentés devant luy.
  • Le 2 août (1686) mourut madame … veuve de feu monsieur La Chapelle et remariée avec monsieur Jacquelot, gentilhomme. Elle est morte fort riche et elle a plusieurs héritiers fort pauvres ; elle n’a point laissé d’enfants. (E. Toysonnier donne souvent la mention sans enfants, et je découvre une fréquence relativement importante de ces couples sans enfants, qui signifiaient toujours une succession fort interressante pour les collatéraux, j’y reviendrai)
  • Le 10 (août 1686) mourut la femme de Mr du Ribet Duménil ; elle s’appelait Jameray sœur de feu Mr Jameray avocat.
  • Le 12 (août 1686) le Sr Chouteau praticien, veuf de la dame Rigault épousa la fille de défunts Goubault Me chirurgien en cette ville et de la dame Gendry.
  • Le 18 (août 1686) la fille de défunt monsieur Bachelot, grenetier en cette ville et de la demoiselle Panetier, fit profession au couvent des religieuses Ursulines ; elle s’appelle Lézine.
  • Le 19 (août 1686) la fille de monsieur Butin et de la dame Gigon épousa monsieur de Vaulogé de la ville du Mans.
  • Le 25 (août 1686) mourut le sieur Briand praticien ; il avait épousé la fille du Sr Rocher, hôte de la Bataille.
  • Ce même jour (25 août 1686) mourut la femme du Sr de la Chaussée Me écrivain.
  • Le 26 (août 1686) le fils de Mr Deniau Me apothicaire et de la dame Chaudet épousa la fille du St Delhommeau huissier.
  • Le même jour (26 août 1686) mourut la femme du feu sieur Guyollay Sr de Puirengeard praticien ; elle s’appelait Françoise Janvier ; elle n’a point laissé d’enfants.
  • Le 1er septembre (1686) mourut Mr Pasqueraye prêtre chantre de St Martin
  • Le 10 (septembre 1686) le sieur Rigault clerc fils du défunt sieur Rigault huissier audiencier au siège de la prévôté, épousa la fille du Sr Richomme sergent et de la défunte dame Bovet.
  • Le 15 (septembre 1686) il y eut des feux de joie à la manière ordinaire pour l’heureuse naissance de Monsieur le Duc de Berry, fils de monseigneur et de madame la Dauphine.
  • Le 17 (septembre 1686) mourut Mr Duhalay maître chirurgien ; c’était un des plus habiles hommes du royaume pour accoucher les femmes.
  • Le mesme jour (17 septembre 1686) mourut le sieur Barault âgé de 89 ans. Il a laissé une fille mariée avec le Sr Gaultier huissier audiencier en l’élection de cette ville.
  • Le 20 (septembre 1686) Mr de la Grange Salmon, avocat à Saumur, épousa Melle Dupont. Cette fille avait été auparavant toute sa vie au service de madame de Milière.
  • Le même jour (20 septembre 1686) monsieur de Lancrau gentilhomme épousa mademoiselle de Bréon. (Le qualificatif de gentilhomme est réservé aux nobles et E. Toysonnier reflète dans sa manière de s’exprimer, la manière dont parlait entre eux les bourgeois d’Angers, j’y reviendrai)
  • Le 18 (septembre 1686) mourut la femme du feu Sr Guerin ; son fils est commis au greffe de la prévôté de cette ville.
  • Le 27, 28, 29 et 30 (septembre 1686) arrivèrent en cette ville seize cent hommes du régiment d’Alsace, les mêmes que nous avions l’année dernière pour y passer leur quartier d’hyver. (cette mention fait allusion à l’impôt de l’ustencile, qui était le logement par les habitants des militaires, et vous allez voir bientôt que la ville d’Angers tentera de négocier une somme avec le roi, pour éviter les militaires… sans doute peu appréciés durant autant de mois…inactifs…)
  • Le 28 (septembre 1686) le fils de feu monsieur Lanier qui avait été maître des requestes et ambassadeur en Portugal, et de la dame Liquet sa femme, épousa la fille de monsieur Vollaige de Vaux Girault et de la demoiselle de la Cartrie Talour. Le mois d’octobre est absent du manuscrit original et semble avoir été sauté par l’auteur.
  • Dans ce même temps, le sieur Goubault Me chirurgien, veuf de la dame Salais et fils de feu Sr Goubault aussy Me chirurgien et de la dame Gendry épousa la fille du feu Sr Delhommeau marchand de dentelles et de la dame Deschamps.
  • Le 4 novembre (1686) le fils du Sr Bertelot marchand épousé la fille du sieur Bridié aussy marchand et de Delle Brintaut.
  • Le 7 (novembre 1686) mourut la femme du sieur de la Carte Lesourd, commis au greffe de l’élection de cette ville ; elle a laissé trois petits enfants ; elle s’appelait Delommeau.
  • Le 9 (novembre 1686) mourut la femme du sieur Cireul ; elle n’a point laissé d’enfants ; elle s’appelait Cheminant.
  • Le 10 (novembre 1686) mourut monsieur de la Saunerie Gault, avocat. Ce n’était qu’un brouillon et qui plaidait de fort mauvaise grâce. Il était avocat de 1645 ; il a été enterré dans l’église d’Etriché.
  • Le 2 décembre (1686) monsieur Bachelot, fils de défunt Mr Bachelot contrôleur au grenier à sel de cette ville et de la demoiselle Panetier épousa la fille du feu sieur Ganches de la Fourerie et de la demoiselle Margaritteau.
  • Le 6 (décembre 1686) mourut le Sr Robert, commis au greffe du siège présidial de cette ville.
  • Le 8 (décembre 1686) mourut d’hydropisie le sieur de la Mothe Vieil praticien en cette ville. (HYDROPISIE. s.f. Enflure causée en quelque partie du corps par les eaux qui se forment & qui s’épanchent Dictionnaire de L’Académie française, 4th Edition, 1762)
  • Le 16 (décembre 1686) mourut monsieur de Narbonne Coutard, cy-devant marchand, de paralysie et de létargie. Il était d’une taille extraordinairement grosse.
  • Le 22 (décembre 1686) le fils de monsieur Dumenil cy-devant avocat du Roy au siège présidial de cette ville et de la défunte dame des Roches Gurie épousa la fille de monsieur Poullain Sr de Greez doyen de messieurs les conseillers du présidial et de la dame Deniau avant veuve du feu Sr la Marche Gandon.
  • Le 26 (décembre 1686) mourut madame Gohin ; elle a laissé plusieurs enfants ; une fille a épousé Mr Belot Sr de Martou ; une autre a épousé Mr du Planty Boylesve, lequel était veuf auparavant de la dame Juliot ; et un garçon a épousé la fille du Sr Bertelot auditeur des Comptes de Bretagne ; elle s’appelait Sérézin.
  • Le 28 (décembre 1686) mourut la femme de Mr Coutard avocat ; elle s’appelait Subleau sœur du feu Mr Subleau secrétaire du Roy.
  • Le 30 (décembre 1686) monsieur Avril Sr de Louzil conseiller au siège présidial de cette ville, fils de feu Mr de Louzil Avril aussy conseiller audit siège et de la dame Galisson, épousa la fille de monsieur Chérot avocat et de la demoiselle de la Combe Garciau.
  • Dans ce même temps, mourut Mr de Vaulogé gentilhomme du pays du Maine, mari de la demoiselle Butin.
  • Le mesme jour monsieur de la Hussaudaye Robert sénéchal de Craon, épousa mademoiselle Harangot, fille de défunts Mr Harangot receveur des décimes à Poitiers et de la demoiselle de la Butte Sara.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
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    Contrat d’apprentissage de tonnelier à Saint Lambert du Lattay (49), 1723

    pour Jean Vaillant chez Pierre Gaultier

    Nous poursuivons les contrats d’apprentissage.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Voici la retranscription intégrale. Ce contrat est fort mal écrit, et pour le comprendre il faut faire de la phonétique mentalement. Pour vous aider, j’ai parfois mis en italique l’orthographe exacte. : Le 29 may 1723, par devant nous Charles Billault notaire royal Angers résidant à Rablay, furent présents établis et soubmis Pierre Gaultier thonelier (tonnelier) demeurant à la Mulonnière paroisse de Saint Lambert du Lattay,
    Renée Chevallier veufve René Vaillant et Jean Vaillant son fils, demeurant au bourg de Rablay,
    entre lesquelles parties a esté fait le marché d’aprentisage qui suit pour le temps et espasse (espace) de 18 mois qui commanseront (commenceront) le 18 juillet prochain et qui finiront le 10 janvier de l’année 1725,
    c’est à scavoir que ledit Gaultier a promis et par ces présentes promet et s’oblige montrer et enseigner sondit métier de thonelier audit Jean Vaillant sans rien luy en celer scavoir doller à faire les tonneaux de toutes fasons façons le norir (nourrir) coucher et reblanchir et luy donner bon trestement traitement ainsy que les mestres (maîtres) sont tenu de faire à leurs aprantifs à la charge par ledit Jean Vaillent d’obéir audit Gaultier et de faire ce qui luy commandera touchant sondit métier de thonnelier d’aller et venir où il voudra l’envoyer

    et est fait le présent marché d’aprantisage (apprentissage) pour la somme de 50 livres que ladite veufve Vaillent promet et s’oblige payer et bailler audit Gaultier scavoir 25 livres dans le jour et feste de Magdelaine prochaine et les 25 livres restent de la Saint Jean Baptiste prochaine en un an à paine (peine) etc
    ce qui a esté ainsy voulu consenty stipulé et accepté, s’obligeant lesdites parties leurs hoirs etc biens etc renonçant etc dont etc s’oblige ladite veufve Vaillant fournir coppie des présentes audit Gaultier dans un mois prochain, aussy à paine (peine),
    fait et passé audit Rablay en notre étude présents Pierre Chosteau couvreur d’ardoise Louis Beugnon sergent et René Vaillant Vigneron, demeurants audit Rablay, ladite veufve Vaillant et dedit René Vaillant ont déclaré ne scavoir signer

    Planche extraite de l’Encyclopédie de Diderot, article Tonnelier, Outils.

    DOLER, v. act. DOLOIRE, s. f. Doler apartient à tous les Arts, qui travaillent sur le bois. Égaler, aplanir; blanchir et unir le bois. — Doloire est un instrument de tonnelier, qui sert à doler le bois. (Jean-François Féraud, Dictionnaire critique de la langue française, Marseille, Mossy 1787-1788). Le doloire de tonnelier était une sorte de hache dont le manche, très gros, est déporté pour faciliter le travail de l’ouvrier.

    La durée d’apprentissage est de 18 mois, et ce tonnelier travaille au coeur du vignoble Angevin, des côteaux du Layon, donc on peut le considérer comme représentatif de son métier.
    Or, une fois encore (voir Commentaire de la durée d’apprentissage du vinaigrier), j’observe une durée d’apprentissage totalement différente de ce que dit l’Encyclopédie de Diderot : L’apprentissage est de six ans, après lequel l’aspirant doit faire chef-d’oeuvre, pour être admis à la maîtrise. Cette phrase de Diderot semble extraite de Statuts exclusivement Parisiens et le moins qu’on puisse dire c’est qu’une fois encore ils ne représentent pas la France entière… Sans doute à Paris ne travaillait-on que des objets de luxe, pour la Cour ou autre, mais dans tous les cas qui n’avaient strictement rien à voir avec les objets du Français moyen…

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    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1686 : janvier, février, mars, avril, mai, juin

    Ce billet fait suite aux précédents, dans cette catégorie (cliquez à droite ANGERS, JOURNAL TOYSONNIER) et il sera à suivre. Le carnet mondain est souvent incomplet, et ouvre seulement la piste, mais par contre il regorge de données qu’il est rare d’avoir en généalogie : les maladies. J’y reviendrai. Je répondrai également à toutes les questions que vous posez… patience…

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
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  • Le premier janvier (1686) mourut monsieur de la Peroussaye Gaillard ; il s’emporta si violemment contre son soldat qu’il luy en prit un tremblement dont il mourut quelques heures après ; il n’a point laissé d’enfants ; sa femme s’appelle …
  • Dans ce temps mourut Mr Blandouët gentilhomme mari de demoiselle Hyron. Il laissa sa femme grosse qui est accouchée d’un garçon qui mourut quelques jours après.
  • Le 5 (janvier 1686) mourut la veuve du feu sieur Deschamps revendeur ; elle a laissé plusieurs enfants, savoir la défunte femme du feu Sr Hubon droguiste ; une autre fille a épousé le Sr Métayer marchand de bled, et une autre le Sr Lebreton marchand de draps de laine.
  • Le 13 (janvier 1686) la fille de Mr de Chenedé, procureur du Roy en l’élection de Paris et de dame Louise Aveline ; elle s’appelait Marie-Anne, âgée de 17 ans ; elle est morte de phtysie ; cette maladie a duré un mois. Elle m’honorait d’une amitié toute particulière et j’ai l’honneur d’avoir été son compère. Elle fut enterrée le lendemain dans l’église de St Michel du Tertre avec grande pompe.
  • Le 14 (janvier 1686) Mr Blanchard, avocat, Sr de la Pinaudière, fils du feu Sr Blanchard bourgeois de cette ville et de la dame Loyseau, épousa la fille de feu Mr Dugué, aussy avocat et de défunte Delle Viel.
  • Le mesme jour (14 janvier 1686) Mr Delaunay avocat fils du Sr Delaunay marchand et de la dame Robert épousa la fille du sieur Allard, banquier, et de la défunte dame Lagou.
  • Le 15 (janvier 1686) monsieur Charlot, cy-devant maire de cette ville, se fit installer dans la charge de conseiller et échevin perpétuel de l’Hôtel de ville, possédée cy-devant par Mr Elie des Roches, conseiller honoraire à la Prévôté.
  • Le 21 (janvier 1686) le nommé Hubert de la ville du Mans fut convaincu de l’assassinat commis dans la personne d’un particulier dans les bois du Fouilloux le 11e de juillet dernier. Les preuves n’étant pas assez fortes, on l’appliqua le 19 à la question ordinaire et extraordinaire préparatoire ; il avoua le crime de bonne foy ; il fut condamné d’être rompu et exécuté le même jour. J’avais fait un voyage avec luy de cette ville à Rouen depuis 10 ans ; je ne lui avais rien remarqué indigne d’un honnête homme. Il avoua encore plusieurs vols qu’il avait fait en différents lieux.
  • Le même jour (21 janvier 1686) le fils de défunts monsieur Desmazières et de la demoiselle Bardin épousa mademoiselle de Dieusie (ou de la Blairie)
  • Le 24 (janvier 1686) mourut Mr Deroye docteur régent en droit fils de feus Mr Deroye conseiller au siège présidial de cette ville et de la dame Davy d’Argenté. Il a mis au jour plusieurs beaux ouvrages entr’autres les Instituts du droit canon, son livre de jure patronatus, de juribus honorificiis et autres. C’était un des beaux esprits de ce siècle ; il est mort garçon âgé de 68 ans ; on m’a dit qu’il tombait du mal caduc.
  • Le même jour (24 janvier 1686) mourut Mr Galard bourgeois de cette ville ; il se mêlait de la chimie ; on dit que s’étant enfermé dans son opératoire, la fumée du charbon l’étouffa. Il a laissé sa femme appelée Leveau chargée de six enfants.
  • Le 4 février (1686) mourut mademoiselle d’Artois fille de feu Mr d’Artois bourgeois et de Delle Courant, âgée de 26 ans ; elle avait de l’esprit et du mérite infiniement. Elle fut enterrée le lendemain dans l’église des pères Jacobins en grande pompe.
  • Le même jour (4 février 1686) mourut Melle Anne Phelipeau, cy-devant directrice de l’hôpital général. C’était une fille d’une dévotion et d’un mérite consommé.
  • Le 6 (février 1686) mourut mademoiselle Gautier fille, âgée de 77 ans, sœur de feu monsieur Gaultier, prêtre, abbé de Montron.
  • Le 7 (février 1686) mourut la femme de défunt Mr Bousselin marchand de laine âgée de 87 ans ; elle s’appelait Gaury. Elle a laissé plusieurs enfants ; Mr Pichard avocat a épousé une fille.
  • Le 9 (février 1686) mourut madame Le Cout veuve de feu monsieur Le Cout marchand de bleds.
  • Le 12 (février 1686) mourut monsieur Hunault de la Chevalerie gentilhomme. Il fut enterré le lendemain dans l’église des Augustins.
  • Le même jour (12 février 1686) mourut la femme de Mr Potier docteur en médécine ; elle s’appelait Raimbaut fille du feu Sr Raimbault Me apothicaire en cette ville et de la dame Grézil ; elle était âgée de 35 ans ; elle a laissé quatre petits enfants.
  • Le même jour (12 février 1686) mourut le sieur de la Feronière Benois, marchand cirier.
  • Le 12 (février 1686) Mr Landereau avocat à Baugé épousa la fille de Mr Crosnier notaire et de la défunte dame …
  • Le même jour (12 février 1686) le sieur Duveau épousa mademoiselle Daburon nièce de Mr Daburon avocat.
  • Le 18 (février 1686) le sieur Girard Cordon fils du St Corson cy-devant marchand de soye et de la défunte dame … épousa la fille de défunts Mr Valtère avocat au siège présidial de cette fille de Delle Cécile Ménard.
  • Le même jour (18 février 1686) mourut la femme de feu Mr de la Varanne du Tremblier conseiller au siège présidial de cette ville ; elle s’appelait Eveillard. Elle a laissé plusieurs enfants ; son fils aîné aussi conseiller au siège présidial a épousé la fille de feu Mr de Louzil Avril aussy conseiller et de la dame Galisson ; un autre est curé de Villevesque ; une fille a épousé Mr Avril Sr de Pignerolle, académiste de cette ville.
  • Le 21 (février 1686) mourut le sieur Gandon, marchand droguiste en cette ville ; il était d’une taille extraordinairement puissante.
  • Le 25 (février 1686) mourut le sieur Dupuy huissier audiencier au siège présidial. Il avait épousé la défunte fille de feu Mr de la Jumelière Moreau dont il n’y a point eu d’enfants.
  • Le 1er mars (1686) mourut la femme de Mr Baillif docteur en médecine. Elle a laissé plusieurs enfants, une fille a épousé Mr des Monceaux Avril, lieutenant en l’élection de cette ville ; elle s’appelait Héard.
  • Le 20 (février 1686), la fille de Mr Coutard Sr de Narbonne cy-devant marchand de draps de laine épouse le Sr Marquis marchand de fil et de toiles.
  • Le 25 (février 1686) mourut Mr Loyant avocat au siège présidial de cette ville.
  • Le 5 (mars 1686) mourut la femme de défunt Mr Phelipeau vivant avocat au siège présidial de cette ville ; elle s’appelait Guyonne Blouin, âgée de 48 ans. Elle est morte de langueur, maladie héréditaire en sa famille. Elle a laissé plusieurs enfants, deux filles sont religieuses dans la ville de Rennes, un fils est mort à l’armée.
  • Le 8 mars (1686) mourut monsieur de la Possardière Brichet, avocat au siège présidial de cette ville, âgé de 54 ans ; il ne plaidait point.
  • Le même jour (8 mars 1686) mourut la femme de défunt Mr Loyant aussy avocat. Elle s’appelait Malville ; elle a laissé 4 enfants.
  • Le même jour (8 mars 1686) mourut monsieur Guyard notaire royal en cette ville. Il est mort d’une maladie de langueur.
  • Le 11 (mars 1686) mourut monsieur de Narcé Aveline, conseiller honoraire au siège présidial de cette ville, âgé de 58 ans. Il avait épousé la fille de défunts Mr de la Boulaisière Guilbault marchand de bétail et de la dame Paytrineau. Il était fils de feu Mr Aveline qui faisait un gros commerce de vin et de la dame Louise Beauchêne ; il a laissé un garçon et 4 filles dont deux sont religieuses au couvent de St Fleurant. Il fut enterré le lendemain dans l’église de Saint Michel du Tertre.
  • Le 17 (mars 1686) mourut la femme de Mr de la Richelière Toublanc bourgeois de cette ville ; elle s’appelait … Elle a laissé deux garçons dont le fils aîné a épousé Melle …
  • Le même jour mourut subitement la femme de feu Mr de Lizières Margariteau avocat, âgée de 59 ans. Elle s’appelait Garciau ; elle a laissé 13 enfants ; son mari est aussy mort d’apoplexie.
  • Le 19 (mars 1686) un soldat du régiment d’Alsace fut passé par les armes pour avoir tué son camarade.
  • Le 30 (mars 1686) mourut le sieur Bouët marchand de dentelles.
  • Le 1er (avril 1686) mourut le Sr Martin, marchand cirier
  • Le 4 (avril 1686) mourut mademoiselle Martineau, fille de monsieur Martineau conseiller honoraire au siège présidial de cette ville et de la feu dame … Cette fille était du beau monde et de la belle galanterie ; elle n’a été malade que 4 heures.
  • Le 2, 4, 5 et 6 (avril 1686) seize cent hommes du régiment d’Alsace qui étaient icy en quartier d’hyver depuis le 25 de novembre dernier partirent pour le camp Maintenon pour travailler à la continuation des ouvrages.
  • Le 10 (avril 1686) mourut le sieur Poitras, bourgeois.
  • Le 22 (avril 1686) Mr de la Maurinière Margariteau cy-devant assesseur en l’élection de cette ville, fils du feu sieur Margariteau marchand et de la dame Avril épousa la fille de défunt Sr Trochon marchand droguiste en la ville de Nantes époux de la dame Panetier ; une autre fille a cy-devant épouse Mr Bruneau avocat.
  • Le 23 (avril 1686) Mr Rousseau fils de feu Mr Rousseau conseiller au présidial de cette ville épousa mademoiselle Charbonneau.
  • Le même jour (23 avril 1686) mourut Mr de la Chalerie Héard ; il avait épousé une femme de Paris, que sa famille n’a jamais voulu considérer.
  • Le 28 (avril 1686) Mr Louët fils de feu Mr Louët l’aîné, cy-devant conseiller au siège présidial de cette ville et de la dame Grimaudet épousa la fille de défunts Mr Gueniveau Durceau éleu et de la demoiselle Guedier.
  • Le 30 (avril 1686) mourut Mr Pierre Sr de la Plante, bourgeois, fils du feu Sr Pierre marchand droguiste et de la dame Barbier. Il avait épousé le 11 de juin dernier la fille des feus Sr du Brossé Ganches, et de la Delle Toublanc. Il n’a point laissé d’enfants ; il était âgé de 36 ans.
  • Le 1er mai (1686) les sieurs de Fougeray Artaud et Guitteau marchand furent élus échevins.
  • Le 2 (mai 1686) le sieur Richard marchand droguiste épousa la fille du sieur Henriette marchand.
  • Le 6 (mai 1686) mourut le sieur Boussion, fils de Boussion boucher, cy-devant marchand de draps de soye ; il tomba aussitôt après son mariage dans la disgrâce ; il avait épousé la fille du sieur Plé Me chirurgien. Il est mort d’hydropisie.
  • Le 17 (mai 1686) mourut Mr Antoine Gasté avocat. Il était savant et plaidait bien. Il avait épousé en premières noces la demoiselle de Boisguérin dont il y a plusieurs enfants, Mr Gasté avocat qui a épousé Melle Nairault, deux religieux Augustins, un prêtre chanoine à St Pierre.
  • Le 22 (mai 1686) mourut Monsieur Goureau Sr de … Il avait épousé …
  • Le 23 (mai 1686) mourut la femme de Mr Grimaudet sieur de la Roirie. Il avait épousé la dame de la Chausseraye Bérault, dont elle a laissé un enfant ; elle n’a été mariée que 10 mois ; cette femme était très vertueuse.
  • Le 26 (mai 1686) le sieur Bouët marchand de dentelles épousa la fille du St Viot marchand droguiste.
  • Le 27 (mai 1686) monsieur de la Maurousière Boylesve président au siège présidial de cette ville, fils de feu monsieur de la Maurousière Boylesve maître d’hôtel du Roy et de la dame Lanier, épousa la fille de feu monsieur de Ménardeau et de la dame Ayrault
  • Le 28 (mai 1686) Mr Saget, fils de défunts Me Saget commis au greffe de la prévôté de cette ville épousa la fille du feu Sr Poilpré et de la dame Bachelot.
  • En ce même temps, Mr de la Marsilière Musard, capitaine au régiment de Pompone, fils du Sr Musard secrétaire de Mr l’évesque d’Angers et de la dame Le Masson, épouse la demoiselle … fille du sieur … procureur au parlement.
  • Le 4 juin (1686) monsieur de Longueil épousa la fille de monsieur de la Béraudière Cupif et de Delle Leroyer.
  • Le même jour (4 juin 1686) monsieur Brouard avocat épousa la veuve du feu Sr Pelletier de Terrière, Me chirurgien.
  • Le 7 (juin 1686) mourut monsieur du Tertre Babin avocat au siège présidial de cette ville. Il était retenu au lit depuis 8 ans par les gouttes ; il était très habile homme et plaidait avec un grand feu.
  • Le 10 (juin 1686) monsieur de l’Étoile de Bouillé gentilhomme épousé mademoiselle Claude Lefebvre fille de défunts Mr de la Guiberdrie Lefebvre gentilhomme ordinaire chez le Roy et de la dame Guedier.
  • Le 10 (juin 1686) monsieur Dumas Gurie major du château de Saumur, épousa mademoiselle Moncelet.
  • Le même jour (10 juin 1686) monsieur de la Haye Grandet épousa la fille de Mr Hardy sieur de la Jouannière avocat au siège présidial de Château-Gontier ; elle était veuve du sieur …
  • Le même jour (10 juin 1686) mourut madame Trochon veuve du défunt sieur Trochon marchand. Elle a laissé plusieurs enfants ; un garçon est religieux Carme, une fille a épousé Mr Allard cy-devant marchand de soye ; elle s’appelait Gault de Beauchêne.
  • Le même jour (10 juin 1686) monsieur de Fontenay Thomas se fit installer en la charge de conseiller honoraire au siège présidial possédée par Mr de la Rousselière Thomas son oncle.
  • Le 12 (juin 1686) le fils de Mr Jameron procureur du Roy à Beaufort épousa la fille de défunt sieur Tissier clerc juré au greffe du siège présidial de cette ville.
  • Le 15 (juin 1686) les lettres accordées par le Roy pour l’établissement d’une académie royale française en cette ville furent lues et enregistrées à l’audience sur les conclusions de Mr l’avocat du Roy Martineau qui parla fort éloquemment.
  • Le 22 (juin 1686) un orage de grêle d’une grosseur prodigieuse tomba sur les paroisses de Chalonnes, St Laurent de la Plaine, St Germain, Ste Christine et plusieurs autres qui en désola toutes les campagnes et brisa les bleds vignes et bois en sorte qu’il n’y a rien à recueillir cette année, tout étant entièrement perdu.
  • Le 24 (juin 1686) mourut Melle Hardy, fille, âgée de 78 ans ; son père était avocat qui mourut huguenot corrompu par les sollicitations d’un clerc.
  • Le 30 (juin 1686) mourut Mr Maugin ; il était garçon, âgé de 56 ans ; il est mort d’apoplexie.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930
    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.Collections privées – Reproduction interdite, y compris sur autre lieu d’Internet comme blog ou site

    La maison à chambre haute pour les gentilshommes et bourgeois,

    et la maison sans chambre haute des agriculteurs, autrefois

    J’ouvre une nouvelle catégorie (en colonne de droite) NIVEAU DE VIE, terme que je préfère à VALEUR DE L’ARGENT parce que je compte vous exprimer comment on vivait selon les métiers etc… Il est vain de vouloir transposer en monnaie actuelle le prix puisque le contenu des dépenses est totalement différent. A titre d’exemple, il est indispensable au 17e siècle d’avoir un ou plusieurs coffres, fermant si possible à clef. Or, le coffre a quasiement disparu de nos jours, donc à l’image du coffre, comprenez bien que ce qui importe c’est de comprendre ce qu’il faut pour vivre et combien cela coûte à l’époque par rapport au budget de l’époque. Il faut donc appréhender le contenu des dépenses, et du budget d’alors, et même où trouver et acheter etc… ce qui est aussi important que le prix, vous en conviendrez, donc cette rubrique sera aussi un peu l’annuaire du qui fait quoi.

    Au fil de cette rubrique, je tenterai de distinguer le nécessaire et le superflu. Je voulais commencer par le lit, et j’allais le faire, lorsque j’ai constaté que je mettais la charue avant les bœufs, car ce qui surprend le plus dans les modes de vie d’antant c’est le type de maison, et l’endroit où sont les lits. Pire, au-delà du type de maison, c’est le mode de vie dans cette maison.
    Je m’explique :
    Nombre de gentilshommes ou bourgeois ont construit des maisons manables dans leur campagne d’origine, fin 16e siècle. Les nombreux auteurs s’entendent à reconnaître un nom comme maison manable ou gentilhommière, à tout ce qui a des chambres hautes avec cheminée et un escalier fut-il en tour ou inclus par la suite dans le corps de maison, alors que toutes les autres maisons étaient basses.
    Dans les baux à ferme en Anjou, elle est souvent nommé maison de maître, et, plus récemment manoir.

    Mais, ces mêmes gentilshommes durent rapidement trouver un office à la ville, à Angers, voir Tours ou Paris, car leurs revenus fonciers ne leur permettaient plus d’assumer leur train de vie (ou, quand ils sont restés à la campagne, ils se sont appauvris, et à ce sujet voyez : NASSIET Michel, Noblesse et pauvreté, la petite noblesse en Bretagne, 15e-18e siècle, Archives historiques de Bretagne, 1997
    Quittant leur campagne pour la ville, ils louèrent par bail à moitié, leurs terres et maison à un agriculteur, qui eut souvent pour logement la maison de maître. Durant des siècles, ces agriculteurs ont vécu au rez de chaussée de la maison, et les chambre hautes étaient grenier à foin ou céréales.
    Dans les années 1990, visitant de telles maisons manables faisant office depuis 4 siècles de logement de l’agriculteur, j’ai rencontré encore de tels agriculteurs, et vu des mes yeux vu, qu’on vivait encore uniquement au rez de chaussée à la fin du 20e siècle, dans ses ex-maisons manables…
    Ceci signifie clairement qu’il y a eut un mode de vie du monde agricole, probablement allant à l’économie de chauffage, et l’harmonisation des modes de vie entre eux. D’ailleurs, un agriculteur qui aurait le mauvais goût d’installer son lit dans la chambre haute, aurait sans doute été la risée de ses confrères…
    Dans le même ordre d’idée, il y a une vingtaine d’années, j’ai visité avec des généalogistes l’écomusée de la Bintinaie, près de Rennes. La Bintinaie était une grosse ferme ayant récemment cessé son activité. La salle, car c’est ainsi qu’il convient d’appeler la pièce à vivre et tout faire des agriculteurs au rez-de-chaussée, comportait quelques lits, et le guide nous assurait que 13 (ou 17) personnes dormaient dans cette pièce. A l’époque, je n’avais pas encore cherché et dépouillé autant d’inventaires après décès que je l’ai fait depuis, et ce fut pour moi, comme pour tous les autres visiteurs, un choc. Je me souviens fort bien que nous tentions d’imaginer combien par lits, etc… en vain. Nous avions beaucoup de mal à nous imaginer la scène… Malheureusement, cet écomusée n’a pas de site Internet, mais allez le visiter, c’est frappant…
    Voyez également ANTOINE Annie, Fiefs et villages du Bas-Maine au 18e siècle, Editions régionales de l’Ouest, Mayenne, 1994

    Changé, Mayenne
    Changé, Mayenne

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    Dans ce Vieux Manoir, ici il y a 100 ans, à Changé (53), la fenêtre de la chambre haute n’est pas d’origine, mais elle atteste un usage en maison de maître au fil des siècles, sinon cette chambre haute aurait été transformée en grenier et cette fenêtre aurait l’air d’un accès au grenier par l’extérieur, pour engranger les récoltes de céréales.

    Alors me direz-vous, j’ai bien de la chance d’avoir trouvé quelle maison avait chambre haute ou non. Je ne sais pas si j’ai eu de la chance, car j’ai surtout longuement et même plus que longuement cherché.
    Au fil de cette rubrique, je vais tenter de vous donner une image exacte de l’intérieur des divers métiers, car il se trouve que j’ai tout l’échantillonnage des métiers dans mon escarcelle maintenant, et vous pourrez alors extrapoler sur vous, même sans avoir un acte vous concernant directement. Mais d’abord, souvenez vous bien de l’histoire de la chambre haute à la campagne… ceci sera moins vrai en ville car on y construit plus en hauteur… Mais comme l’immense majorité des Français étaient paysans, il est important de se pencher sur leur mode de vie…

    La semaine prochaine, avant de voir les lits, maintenant que vous savez qu’on ne le met pas n’importe ou, il faut que nous parlions propriété versus bail à moitié et bail à ferme. En effet, dans le budget d’aujourd’hui le logement est la part importante, et il faut donc y passer un moment.

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.