Lavoirs en Maine-et-Loire, cartes postales

Avant la machine à laver il y avait la lessiveuse, la panne, et le lavoir. Seul le lavoir nous est parvenu à travers les cartes postales, mais je vous reparlerai longuement des deux premières.
Dans mon enfance, un chanson en vogue, si mes souvenirs sont bons, chantée par Luis Mariano, nous contait :

et tappe, et tappe, et tappe sur son battoir.

Voici quelques lavoirs en Maine-et-Loire à travers les cartes postales de ce site.
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Lavoir à Angers, avant 1914
Lavoir à Armaillé, avant 1914

Lavoir à Angers, avant 1914
Lavoir à Chambellay, avant 1914

Lavoir à Angers, avant 1914
Lavoir à Doué-la-Fontaine, avant 1914

Lavoir à Angers, avant 1914
Lavoir à Doué-la-Fontaine, avant 1914

Lavoir à Angers, avant 1914
Lavoir au Lion-d'Angers, avant 1914

Lavoir à Angers, avant 1914
Lavoir au Lion-d'Angers, avant 1914

Lavoir à Angers, avant 1914
Lavoir à Segré, avant 1914

Lavoir à Angers, avant 1914
Lavoir à Segré, avant 1914

Lavoir à Angers, avant 1914
Lavoir à Segré, avant 1914

Lavoir à Angers, avant 1914
Villevêque, avant 1914

Lavoir à Angers, avant 1914
Lavoir à Angers, avant 1914

Lavoir à Angers, avant 1914
Lavoirs à Angers, avant 1914

Lavoir à Angers, avant 1914
Lavoirs à Angers, avant 1914

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Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet (blog, forum ou site, car alors vous supprimez des clics sur mon travail en faisant cliquer sur l’autre support, et pour être référencé sur Internet il faut des clics sur ma création) seul le lien ci-dessous est autorisé car il ne courcircuite pas mes clics.

la civière rouleresse, petite charette à bras

Nous avons découvert ces jours-ci la civière rouleresse dans un inventaire après décès.
Lorsque j’ai consulté les dictionnaires anciens, j’ai été troublée par les explications de la civière, car souvent dite à deux roues. Vous trouvez ces dictionnaires anciens sur ma page de FAVORIS.
Je me suis alors posée la question de sa ressemblance ou non avec la brouette.
C’est le dictionnaire du Monde Rural de Lachiver, qui donne :

Civière : Engin à quatre bras, propre à transporter des fardeaux, et qui est porté par des hommes. Une civière à fumier. La brouette en quelques provinces, aussi bien en Anjou, qu’en Saintonge et en Mâconnais.

Comme l’inventaire en question était Angevin, j’avais conclu à une brouette, mais à la réflexion, cette civière rouleresse était probablement une petite charette à bras, et non à cheval, comme celles que vous allez voir ci-dessous.
D’ailleurs, dans une exploitation agricole, la charette à bras a plus sa place que la brouette, plus petite, et faite pour de plus petites exploitations, comme un jardin particulier.
Voici donc quelques charettes à bras, et une brouette, début du 20ème siècle, en Maine-et-Loire. Ces cartes postales me font penser que la civière rouleresse est une charette à bras.

Baugé
Baugé, Maine-et-Loire, avant 1914

Doué-la-Fontaine, Maine-et-Loire
Doué-la-Fontaine, Maine-et-Loire

Le Lion-dAngers, Maine-et-Loire
Le Lion-d'Angers, Maine-et-Loire

Chanzeaux, Maine-et-Loire
Chanzeaux, Maine-et-Loire

Doué-la-Fontaine, Maine-et-Loire
Saumur, Maine-et-Loire

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Cession de sous-ferme des traites et imposition de Château-Gontier, 1608

Parfois un office ou ici une sous-ferme d’office, était interrompu par le décès du détenteur.

  • Il s’ensuivait souvent des litiges sur les comptes puisqu’ils n’étaient pas arrêtés convenablement à une date fixe
  • Parfois même le successeur n’avait pas en mains les quittances et papiers (que nous appelons de nos jours les justificatifs)
  • Et il devait faire face à plusieurs héritiers, à mon avis le plus souvent noyés dans le problème, et de bonne foi.
  • L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, bien qu’il concerne une sous-ferme des traites à Château-Gontier.

    Voici la retranscription de l’acte passé devant Claude Garnier Nre Angers (jai fait court dans les longueurs…) : Le samedy 9 août 1608 sur les différends et procès entre honneste homme Nicolas Blanche marchand demeurant Angers paroisse St Maurice tant an con nom que soy faisant fort de honneste homme Claude Legros marchand demeurant à Beaufort cy-devant fermier à sous-ferme du droit de traite imposition par terre d’Anjou Angers, honneste homme Jehan Aubry marchand demeurant à Château-Gontier mary de Loyse Hamelot tant en son nom comme mary et se faisant fort de Jehan Demont mari de Françoise ? Beaufait par leur procuration se faisant fort de Pierre Hamelot et Loys Beaufait prêtre, Lancelot Trochon mary de Françoise Hamelot et Renée Hamelot tous héritiers de deffunct Jehan Hamelot et Françoise Morin vivant demeurant à Château-Gontier receveur des traites de Château-Gontier déffendeurs d’autre part,

  • ledit Blanche esdit nom disait que ledit feu Hamelin aurait fait la recepte du droit de traite par les ans finis en septembre 1607 etc… ledit Hamelot aurait encore entre ses mains plus de 4 ou 500 livres outre les gaiges des offices … a esté appellé par devant messieurs les juges des traites Angers et les deffendeurs auroient esté comdemnés rendre compte audit Legros et Blanche pour parvenir audit compte, etc…
  • transigent comme s’ensuit c’est à savoir que ledit Blanche a quité lesdits héritiers Hamelot en la personne et stipullant dudit Aubry de tout ce qu’il pouroit debvoir audit Legros et lui comme fermier de sa sous-ferme desdits droits de traite par terre pour les années demandées et de tout reliquat de cmpte que lesdits héritiers eussent deu si le compte eust esté bien et duement examiner et de toutes recherches quelconques que lesdits Legros et Blanche comme fermier eussent peut avoir droit d’avoir et demander comme fermiers et avoir droit d’avoir et demander et en pour ledit Blanche audit nom a quité lesdits héritiers Hamelot vers ledit seigneur propriétaire pour lesdites années
  • moyennant la somme de 330 livres que ledit Aubry promet et s’oblige en vertu de sa procuration esdits noms chacun d’eux seul et pour le tout sans division de personne les payer audit Blanche savoir la somme de 150 livres payée présentement comptant de ses deniers et le reste montant 180 livres dans un mois d’huy audit Angers audit Blanche, et en oultre ledit Aubry a promis fournir audit Blanche les quittances passées par ledit Hamelot …

    Cette vue est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire.

    Pièce jointe : Le dernier jour de juillet 1608 devant nous Nicolas Girard notaire soubz la court roial de Château-Gontier, furent présents en leurs personnes Jehan Aubry mary de Louize Hamelot Jehan Demont mari de Renée Beaufet, lesdits Aubry et Demont se faisant fort de Pierre Hamelot, Me Louys Beaufet prêtre Lancelot Trochon le jeune mary de Françoise Hamelot et Renée Hamelot tous héritiers de deffuncts Me Jehan Hamelot et de Françoise Morin vivante son épouze demeurants en cette ville de Château-Gontier paroisse de St Remy lesquels ont aujourd’hui constitué (blanc) leurs procureurs généraux et spéciaux chacun d’eulx seul et pour le tout auxquels ils ont donné pouvoir de leurs personnes représenter par davant tous juges qu’il appartiendra en toutes et chacunes leurs causes tant demandeur que déffenteur plaider et icelles poursuivres jusques à sentence définitive …

    Cette vue est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire

    Je descends d’un Nicolas Blanche, contemporain, du même milieu social, même géographie vers Château-Gontier et Segré (ce qui est aussi un élément troublant), et je suppose que ce Nicolas est le mien, mais pour le moment ceci reste une supposition et je vais dresser un taleau des signatures que je possède déja.
    Mon site donne aussi l’étude de la famille Beaufait, mais je n’identifie pas sur cette étude les Beaufait cités dans cet acte.

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  • saint Symphorien, honoré le 22 août

    Dans mes débuts, j’avoue que les prénoms me semblaient parfois un peu lointains. J’ai ainsi rencontré souvent Symphorien, qui était très connu autrefois.

  • site de la ville d’Autun (je n’aime pas car il faut absorber toute la vidéo et toutes les époques, et je n’ai rien trouvé après avoir passé trop de temps dessus)
  • site de l’office du tourisme d’Autun (je n’y ai rien vu sur Symphorien, mais vous verrez sans doute mieux que moi !)
  • Heureusement, si Autun l’honore peu, il existe pas moins de 30 communes, dont plusieurs fusionnées à d’autres, qui portent son nom, preuve qu’il fut très connu.
  • La biographie qui suit est extraite de l’Encyclopédie de Migne, tome de l’hagiographie des saints, abbé Pétin, tome 2
  • SYMPHORIEN (saint), Symphorianus, martyr à Autun, était d’une des familles les plus distinguées de cette ville.

    Il fut baptisé par saint Bénigne, apôtre du pays, que Fauste, son père, avait reçu chez lui, et qui déposa dans ce jeune coeur les précieuses semences des plus belles vertus. Symphorien s’appliqua à l’étude des lettres, sans négliger les devoirs de la religion. Son mérite, sa sagesse et ses belles qualités lui avaient acquis l’estime universelle, lorsqu’il fut appelé a donner son sang pour la loi chrétienne.

    Un jour que les habitants d’Autun, qui étaient encore presque tous idolâtres, célébraient la fête de Cybèle et promenaient sa statue sur un char, Symphorien, en voyant passer ce cortège pompeux, ne put s’empécher de témoigner hautement le mépris qu’Il ressentait pour cette idole venérée.

    On le pressa d’adorer la déesse, et, sur son refus, on le conduisit à Héraclius, gouverneur de la Province, qui se trouvait alors à Autun, occupé à rechercher les chrétiens. Ce magistrat, ayant appris de sa propre bouche qu il était de cette religion proscrite par les édits de l’empereur, s’étonna de ce qu’il eût pu échapper jusque-là aux recherches qu’on avait faites de ceux de sa secte. Il lui demanda ensuite pourquoi il avait refusé d’adorer la mère des dieux : Je vous l’ai déjà dit, c’est parce que je suis chrétien, et si vous voulez me donner un marteau, je suis prêt à mettre en pièces cette idole devant laquelle vous voulez que je me prosterne. — Il n’est pas seulement un sacrilége, mais il joint la révolte à l’impiété.

    Héraclius, après cette réflexion, demanda aux assistants d’où il était. On lui répondit qu’il était d’Autun même et d’une des premières familles.
    Alors s’adressant à Symphorien : C’est donc votre noblesse qui vous rend si fier ; mais si vous ignorez les ordonnances de nos princes, on va vous en donner lecture.

    Le greffier ayant lu l’édit de Marc-Aurèle, le magistrat dit à Symphorien : Qu’avez-vous à répondre à cela ? La loi du prince est formelle, et si vous n’obéissez pas il faut que votre résistance soit punie de mort. — L’image que vous me voulez faire adorer est une invention du démon pour perdre les âmes ; car notre Dieu, aussi magnifique dans ses récompenses que terrible dans ses châtiments, donne la vie à ceux qui craignent sa puissance et la mort à ceux qui se révoltent contre elle.
    Héraclius, le voyant inébranlable, le fit frapper par ses licteurs, et ensuite on le conduisit en prison. Il le fit comparaître deux jours après ; il employa d’abord les voies de douceur et lui dit : Vous seriez bien plus sage de servir les dieux immortels, et en échange je vous promets une gratification sur le trésor public et un grade dans l’armée. — Je ne connais d’autres richesses et d’autres honneurs que ceux qui me sont offerts de la main de Jésus-Christ. — Vous lassez ma patience, et si vous ne sacrifiez sur-le-champ, je ferai tomber votre tête aux pieds de la déesse. — Je ne crains que le Dieu tout-puissant qui m’a créé ; mais mon corps est en votre pouvoir. Le saint martyr s’étant mis ensuite à exposer l’absurdité de l’idolâtrie, pendant qu’il détaillait les aventures d’Apollon et de Diane, il fut brusquement interrompu par le gouverneur, qui ne se possédant plus, prononça cette sentence : Nous déclarons Symphorien coupable du crime de lèze-majesté divine et humaine, pour avoir refusé da sacrifier aux dieux et pour avoir parlé d’eux avec irrévérence. Pour réparation de ce crime, nous le condamnons à périr pur le glaive vengeur des dieux et des lois.

    Comme on le conduisait au supplice, sa mère, qui était une dame vénérable par son âge et par ses vertus, l’exhortait, du haut des murs de la ville, à mourir eu digne soldat de Jésus-Christ. Mon fils, lui criait-elle, mon cher Symphorien, pensez au Dieu vivant, qui règne au haut des cieux. C’est aujourd’hui que vous changez la vie qu’on vous ôte contre la vie éternelle. Il eut la tête tranchée vers l’an 178, sous l’empire de Marc-Aurèle.

    Quelques fidèles enlevèrent secrètement son corps et l’enterrèrent près du Champ-de-Mars.
    Saint Euphrône évêque d’Autun, bâtit en son honneur une église, dans le 5e siècle, avant son élévation à l’épiscopat.

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    la porte marinière de Port Joulain sur la rivière de Maine, 1625

    litige entre bateliers et meuniers

    litige au sujet d’une porte marinière :

    Le terme « marinier » peut paraître à certains assez incongru s’agissant de navigation sur les rivières. Les dictionnaires anciens donnent deux points de vue, assez différents :

  • marinier : de la mer, relatif à la mer (Dict. Larousse du Moyen Français, 1992). Je suggère d’oublier cette définition pour les suivantes, à mon sens meilleures
  • Le marinier est le batelier, celui dont la profession est de conduire les bâtiments sur les rivières et les canaux navigables (Dictionnaire de L’Académie française, 4th Edition, 1762)
  • Marinier : Abusivement, celui qui conduit un bateau sur les grandes rivières ; en ce sens il s’oppose à « marin » (Dict. du Monde rural, Lachiver, 1997). Cette définition me semble plus claire, car elle distingue marinier et marin : l’un sur eau douce l’autre sur la mer.
  • En Anjou, et ailleurs, on disait le plus souvent « voiturier par eau », par opposition au voiturier par terre : le terme voiturer signifiant transporter.
  • La porte marinière est l’ancêtre de l’écluse : installée pour créer une retenue d’eau suffisante pour faire tourner la roue d’un moulin, c’est la porte, généralement en bois, qui se hausse & se baisse pour laisser passer les bateaux.
  • Bien entendu, la porte marinière est en bois, à panneaux multiples qu’on soulevait. Et l’acte notarié suivant, que j’ai trouvé aux AD49 série 5E4, atteste que la porte appartenait aux moulins, mais que les meuniers n’avaient pas trop envie de servir d’éclusier, et ici, ils vont jusqu’à proposer aux batelier aliàs mariniers aliàs voituriers par eau, d’ouvrir et fermer eux-même la porte marinière. Ce qui me paraît tout à fait soutenable.
  • L’acte notarié qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire – AD49-5E4
    Voici la retranscription de l’acte : Le 12 mai 1625, devant nous Pierre Bechu notaire royal Angers, furent présents et personnellement establis et soubzmis
    Ollivier Hayer cy devant fermier des moullins du Port Jouslain sur la rivière de Mayne à présent fermier des moullins de Charraye sur ladite rivière paroisse de Monstreuil et y demeurant
    et Nicollas Chassebeuf son serviteur demeurant avecq luy, (j’avoue que le serviteur poursuivi en justice jusqu’à Paris pour un affaire de porte marinière semble dérangeante. J’en conclue que c’est lui qui devait ouvrir la porte aux bateaux, et qu’il avait ordre de ne pas l’ouvrir le jour incriminé)
    lesquels ont nommé et constitué nomment et constituent Me Pierre Guillier procureur en la cour de parlement à Paris leur procureur spécial pour comparoir pour eulx en ladite cour au procès mené contre eux en iceluy à la requeste des marchands servants la rivière de Loyre et aultres fleuves y descendants, sur ce qu’on les accuse d’avoir ouvert la porte marinière desdits moullins du Port Joullain sittués sur ladite rivière de Mayne, qui avait esté fermée par les basteliers estant dans les bapteaux de Pierre Eon et René Aleaume chargez de vin par le moyen de laquelle ouverture lesdits batteaux montant sur ladite rivière se virent quelque temps demeurez à sec
    et en ladite court dire et déclarer pour et au nom desdits constituants qu’ils n’ont fait par faute aulcun tort et dommage audit Eon et Alleaume aussy qu’ils sont sans faute en justice et ne sont parties au procès,
    que néanlmoins pour éviter à procès et faire voir qu’ils n’entendent point empescher la navigation au contraire la veullent favoriser en tant qu’ils pourront offrant et n’empeschant que lesdits batteaux montant et descendant par ladite rivière de Mayne passent comme ils ont toujours fait par la porte marinière ordinaire despendant desdits moullins les faisant par les marchands bapteliers et voituriers ouvrir par eulx leurs gens et serviteurs, lors de l’arrivée des batteaux et après icelle refermer, voullant et entendant lesdits constituants leur estre à ceste offre prester (attention) sans qu’il leur soit fait raison des demandes par eux constituants leurs gens et serviteurs ne exiger aulcune chose soit argent vin ou aultre chose soubs quelque prétexte que ce soit et quant aux offres cy dessus de laisser et souffrir passer lesdits batteaux montant et descendant ladite rivière de Mayne comme ils ont accoustumé …, offrant néantmoings lesdits constituants pour que de raison pour évitter à plus long procès et généralement promettent y obliger ledits constituants ..
    fait et passé audit Angers en nostre tablier en présence de Me Jacques Baudin et Hardouin Chartier clerc demeurant audit Angers tesmoings, ledit Chasseboeuf a dict ne scavoir signer. Signé Hayer, Baudin, Chartier, Bechu

    Si j’ai bien compris, les meuniers devaient ouvrir la porte aux bateaux, et proposent que ce soient les mariniers qui l’ouvrent eux-mêmes !

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    Bail à ferme des biens de Jean Allain, Angers, 1573

    parti à Château-Gontier

  • L’ascencion sociale, qu’on appelle de nos jours, la carrière, passe le plus souvent par un déplacement géographique. Il en allait de même autrefois. Lorsqu’on se déplace, il faut donc confier la gestion de ses biens immobiliers à un tiers, par bail à ferme. L’objet de ce jour est donc le bail à ferme des biens de Jean Allain, qui ne pourra plus surveiller de près ses biens.
  • Château-Gontier, sera bientôt élevée au rang de présidial par Henri IV et cela va créer un appel d’air dans les rangs des avocats, magistrats etc… Henri IV fit beaucoup, en si peu de temps ! Outre la réforme du droit vélléien des femmes (1606), je l’admire pour le Pritanée à La Flèche, le présidial à Château-Gontier, et bien sur l’Edit de Nantes, tout cela rien que dans les Pays-de-Loire.

  • Ces officiers viendront en grande majorité d’Anjou, province concernée. Voici donc notre Jean Allain, que nous voyons ces temps-ci à travers beaucoup d’actes à Angers, parti à Château-Gontier, mais lui est parti avant le coup de pouce donné par Henri IV.
  • l’acte notarié qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E7.
  • Voici la retranscription intégrale (ou presque car il était fort long et vous allez voir quelques … parce que je vous ai épargné les longueurs) de l’acte : Le 14 février 1573 en la cour du roy nostre syre et de monseigneur duc d’Anjou fils et frère de roy Angers et de présent par devant nous Mathurin Grudé notaire royal ont esté presonnellement establis
    honorable homme Me Jehan Allain licencié en droits lieutenant de monsieur le sénéchal de Beaumont au siège de Château-Gontier, bailleur, d’une part,
    et honneste homme Mathurin Viredoux sieur de Champchec et Jehanne Allain sa femme marchand demeurant fauxbourgs St Jacques en ceste ville d’Angers preneurs d’aultre preneurs d’aultre ladite Jehanne Allain de sondit mari par devant nous présentement autorisée quant à l’effet et contenu des présentes laquelle et mesme ledit Viredoux et sa femme, et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division confessent avoir fait et par ces présentes font le bail et prise à ferme qui s’ensuit
    c’est à scavoir que ledit Me Jehan Allain a baillé et baille par ces présentes audit Viredoux et sa femme qui ont pris et accepté audit tiltre de ferme et non autrement pour le temps et espace de 7 ans et sept cueillettes parfaites commençant le jour et feste de la Nativité monsieur St Jehan Baptiste prochainement venantes et finissant à pareil jour lesdits sept ans finis et rendant
    ses maisons étables jardins et appartenances audit bailleur appartenant situés ès fauxbourgs St Jacques de ceste ville maison et jardine de la Bahays assis situé ès fauxbourgs St Jacques joignant la grand maison et appartenances d’icelle, le lieu et closerye appartenances et dépendances de la Barre avecque la pièce de terre nommée les Doussets, contenant 3 journaux de terre ou environ et 3 arpends de terre situés ès prairie de Loyau sur la rivière de Maine de ceste ville proche ledit faubourg St Jacques ;
    Item la grand maison de la Barre en laquelle est à présent demeurant Michel Bassin appartenances et dépendances d’icelle ainsi que lsdites choses sont demeurées audit Allain par le partage fait avec ladite Jehanne Allain sa sœur sans rien en retenir ne réserver et ce non compris les 2/5e parties d’ung quartier et demi de vigne ou environ situées au cloux des Fouassières aussi demeurées audit Allain par ledit partage qui estait eschu et advenu à défunte Françoise Mellet mère desdits Me Jehan et Jehanne Allain à cause de la succession de Renée Luceau lesquelles 2/5e parties ledit bailleur a retenu et réservé ;
    Item ledit bailleur baille par ces présentes audit tiltre de ferme ung arpend de terre situé auprès de Loyau joignant les terres cy-dessus par ledit bailleur acquis de Guillaume de la Perdrix et Renée Maugars sa femme pour desdites choses icelles en jouit et user par lesdits preneurs et en prendre les fruits et esmoluements durant ledit temps à la charge des preneurs et chacun d’eulx de payer et acquitter durant le temps de ladite ferme les cens rentes debvoirs et aultres charges dues et acoustumées … à la charge oultre desdits preneurs de tenir et entretenir lesdites maisons les terres vignes et autres choses du présent bail en bonne et suffisante réparation et les rendre à la fin … et de entretenir les volières desdits jardins … et de rendre les vignes faites de toutes les quatre faczons et les terres labourées et sepmées de pareil nombre comme ils seront ledit jour de St Jehan prochainement venant aux frais desdits preneurs et sans qu’ils puissent prendre la cueillette des terres et vigne par le temps que fera ladite ferme au par devant le jour de St Jehan passé ni que les preneurs puissent rien prendre en herbe et foings ni icelui faire faucher auparavant ledi terme de St Jehan prendront les foings de l’année présente … à la St Jehan prochaine …
    faire faire les vignes desdits lieux durant le temps de ladite ferme des quatre faczons ordinaires … en temps et saison convenable et de planter èsdites vignes le nombre de 200 de plants et aultre grand nombre que les vignes pourront en pourront prendre par chacun an et faire de provaings et enterrer les semis ès lieux et endroits nécessaires et les faire bien et duement greffer et les rendre prises à la fin de ladite ferme
    et de tenir et user comme ung bon père de famille et comme ung bon mesnager doibt faire et à la charge oultre desdits preneurs de laisser à la fin de ladite ferme une bonne forme de fumier et engrais tellement que (blanc) de présent fermier de ladite Grande Maison est tenu laisser et qu’elle sera par luy laissé
    et à la charge oultre desdits preneurs de garder et entretenir Michel Busson et Pierre Guerilleau et René Desnoys au marché qu’ils ont scavoir ledit Busson du bas de la grande maison de la Barre et ung lopin de jardin joignant à icelle non compris le cellyer et les chambres et grenier de ladite maison pour le temps du louage baillé par ledit bailleur audit Busson du bas de la dite maison et jardin non compris ledit cellyer ni les chambres ni grenier pour le temps de 4 ans qui commencèrent à la Toussaint dernière pour en payer par ledit Busson par chacun an 9 livres et charges de rentes dues pour raison de ladite maison et quant au marché dudit Desboys dudit lieu et closerie de la Barre de luy garder son marché durant le temps de la présente ferme lequel Jean Desboys est tenu rendre les jardins et terres dudit lieu à moitié des fruits et de faire par ledit Desboys les vignes au prix qu’il sera convenu entre eulx et sera fourny par lesdits preneurs audit Desboys une charetée de foin par chacun an et de payer par ledit Desboyz la moitié des rentes de la maison et terres dudit lieu de la Barre et faire par ledit Desboys les redevances accoustumées et quant au marché de Guerilleau user garder le marché de ferme de la maison et jardin de la Bahaye au prix et pour le temps contenu en son marché pendant ledit temps prendre sa ferme payée desdites choses affermées à la charge des preneurs entrentenir les maisons dudit lieu de la Barre en bonne et suffisante réparation de la luy rendre à la fin de ladite ferme
    et oultre pour en payer par lesdits preneurs oultre les charges … par chacun an aux termes de Noël et Saint Jehan par moitié la somme de 400 livres tournois le premier payement commençant au terme de Nouel prochainement venant et à continuer esdits termes par chacun an durant la ferme et est convenu et accordé entre les parties que les preneurs garderont et entretiendront audit Mathieu Aubert le marché de ferme et louage à luy baillé par ledit bailleur de la maison et jardin situés esdits faubourg près du lieu des Doisson de 3 arpents de terre ou environ près la maison et jardin de la Baherye pour une année qui finira à la St Jehan qui sera 1574 et en prendront les preneurs la ferme montant à 140 livres et en cette condidération le bailleur déduira aux preneurs la somme de 60 livres sur ladite somme de 400 livres …
    renonçant ladite Jehanne Allain au droit vélléien et à tous autres droits introduits en faveur des femmes…
    fait et passé à Angers en présence de Mathurin Nepveu marchand demeurant ès faubourg St Jacques Me Guillaume Martineau et Jehan Guyon praticien en cour laye demeurant Angers témoins
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