Contrat de mariage de Guillaume-René Rabeau avec Anne Dominique Gatinais, Sainte Gemmes d’Andigné et La Chapelle sur Oudon 1806

le vocbulaire est laïc et républicain, et le notaire n’est plus royal, le mariage est une rédaction civile, le code Napoléon a bien été promulgé, mais on trouve la coutume d’Anjou encore présente à Segré en 1806. Sans doute une petite erreur d’inatention du notaire ?
Le futur est frère de la future que je vous mettais hier en ligne sur ce blog. C’est donc intéressant de comparer, et ici je peux dire que la future est d’un milieu social plus modeste, et que le futur fait probablement un mariage d’amour ? La Révoluton aurait-elle fait évolué déjà les mentalités dans le Segréen ???

Il s’agit d’un couple de mes collatéraux GUILLOTJ’aime beaucoup relire cette famille car tout près de ces Rabeau, dans l’arbre, il y a Jeanne Odart de Rilly d’Oysonville, comtesse Haward de la Blotterie (1850-1897), l’une des victimes de l’incendie du Bazar de la Charité, et si vous ne connaissez pas encore cet incendie, je vous conseille la lecture de cette page qui dresse un tableau saisissant de cette terrible affaire.L’article est d’ailleurs si bien fait, que je viens à le relire de réaliser qu’en fait de Bazar c’était un hangar de bois goudronné, et à l’intérieur des décors de théatre reconstituant le vieux Paris !!!

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E32 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 1er mars 1806 avant midy, par devant nous Pierre Louis Champroux notaire résidant à Segré, département du Maine et Loire, furent présents le sieur Jean Rabeau propriétaire demeurant à sa maison du Prieuré commune de Sainte Gemmes près Segré, et le sieur Guillaume-René Rabeau son fils majeur et de feue demoiselle Renée-Perrine Guillot vivante épouse dudit sieur Rabeau d’une part, demeurant ledit sieur Rabeau fils chez ledit sieur son père, et le sieur Nicolas Gastinais propriétaire veuf de demoiselle Monique Lépine demeurant à la maison principale de la Lorye commune de La Chapelle sur Oudon et demoiselle Anne Dominique Nicolas Gatinais sa fille majeure de de ladite deffunte demoiselle Lépine, ladite demoiselle Gatinais demeurant à la maison du Perrin à La Chapelle sur Oudon, tous deux commune de La Chapelle sur Oudon. Lesquele sur le mariage proposé entre ledit sieur Guillaume René Rabeau et ladite demoiselle Anne Dominique Nicolas Gastinais en ont arrêté les conditions civiles qui suivent :
Le sieur Guillaume René Rabeau fils et ladite demoiselle Anne Dominique Nicolas Gastinais se sont, le premier du consentement et en présence dudit sieur Rabeau son père, la seconde de celui dudit sieur Nicolas Gastinais son père, du sieur Pierre Huau et de demoiselle Catherine Meignan son épouse, demeurants au dit lieu du Perrin, respectivement promis de se prendre en mariage et d’en rédiger l’acte civil aux termes de la loi, sitôt que l’un en sera par l’autre requis.
Ledit sieur Rabeau père dote ledit sieur Rabeau son fils de la somme de 4 000 francs tournois, en ce non compris ses habits, hardes, et linge, à valoir sur la succession de ladite deffunte demoiselle Renée-Perrine Guillot sa mère, de laquelle somme il luy a présentement constitué la rente au denier vingt franche et quitte de toutes retenues, laquelle rente montante à 200 francs tournois il promet et s’oblige lui payer et servir annuellement à partir du jour de la rédaction de son mariage devant l’officier public
Quant à ladite demoiselle Gastinais elle entre audit mariage avec la comme de 4 000 livres tournois qu’elle a par devers elle tant en habits, hardes, linges, meubles et effets mobiliers, espèces sonnantes et provenant de ses pécules, profits et aménagements particuliers tout quoi elle a fait apparoir et réalisé audit sieur futur époux qui le reconnait et s’en contente, sans plus ample détail ni spécification. Plus ledit sieur Nicolas Gastinais son père la dote de la somme de 600 livres tournois qu’il promet et s’oblige lui compter et délivrer dans l’an de son mariage, à valoir sur la succession de sa dite deffunte mère.
Lesdits sieur et demoiselle futurs époux selont une et communs dans tous leurs biens meubles et revenus et leurs propres, même conquêts et immaubles, du jour de leur mariage aux termes de la loi, et pour composer leur dite communauté ils déclarent y verser et faire entrer de chaque côté la somme de 300 livres tournois mais le surplus de leurs autres biens, ensemble ce qui pourra leur échoir de successions directes, donnations ou autrement, tiendront à chacun desdits sieur et demoiselle futurs époux, nature de propres immeubles patrimoine et matrimoine en leurs estocs et lignes, fors les meubles qui tomberont dans ladite communauté ainsi que les effets mobiliers.
En cas de vente ou aliénation des biens propres dedits futurs époux ou amortissement de leurs rentes, eux leurs hoirs et ayant cause en ce excerceront sur les biens de la communauté ladite future épouse par préférence et en cas d’insuffisance à son égard, elle en sera récompensée sur les biens propres dudit futur époux, quand même elle eut été stipulante et consentante aux dites ventes et amortissements. Les dettes passives et mobilières que pourraient avoir contracté les dits sieur et demoiselle futurs époux avant leur mariage non plus que celles qu’ils pourront devoir à raison des successions qui pourront leur échoir ou des donnations qui leur seront faites ne seront que pour le compte de celui qui les aura contractées et payées sur les biens qui pourront y donné lieu, sans que ceux desdits sieur et demoiselle futurs époux puissent en être tenus, ni la communauté aucunement diminuée. Pourront ladite demoiselle future épouse ses hoirs et ayant cause renoncer toute fois et quantes à ladite communauté, quoi faisant ils reprendront tout ce qu’ils justifiront y avoir port, ladite demoiselle future épouse seulement ses habits, hardes, linge, joyaux et toutes choses à l’usage et ornement de sa personne, sans estimation ni inventaire, le tout franc et quitte de toutes dettes et charges d’icelle, desquelles audit cas de renonciation, elle ses hoirs et ayant cause seront acquités par ledit sieur futur époux et sur ses biens par hypothèque de ce jour, quant même ladite demoiselle future épouse se fut personnellement obligée ou eut été solidairement condamnée auxdites dettes.
En cas de dissolution dudit futur mariage ou communauté, chacun desdits futurs époux prendra par préciput et hors part d’icelle sans commune et élimination ni confusion, ses habits, hardes, linge, montre, toilette à son usage, même ledit futur époux ses armes et son cheval. Les actions d’emplois, remplois, reprises et récompenses, les donations et biens donnés en emploi et remploi, reprises et récompenses, tiendront à chacun desdis sieur et demoiselle futurs époux nature de propres immeubles patrimoine et matrimoine en leurs estocs et lignes, sans que l’action pour les avoir et exercer puisse tomber en ladite communauté au contraire elle leur sera immobiliaire. Ledit futur époux a présentement assigné douaire, cas d’iceluy arrivant, à ladite demoiselle future épouse sur tous et chacuns ses biens suivant et aux termes de la ci-devant coutume d’Anjou, sans toutefois que ledit douaire puisse aucunement être diminué par les reprises des deniers dotaux, l’exercice de ses remplois et toutes autres conventions matrimoniales, au contraire il sera par elle perçu en entier sur le restant de ses biens. Le tout a été ainsi voulu, stipulé et respectivement accepté par les parties, nous les avons jugées de leur consentement. Fait et passé en notre étude en présence des sieurs Joseph-Félix Furet perruquier et François Foureau huissier public demeurants audit Segré témoins requis et soussignés avec lesdites parties

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Jacques Callier et sa soeur Hardouine épouse Rousseau partagent les biens de leur père à Sermaise, 1605

et même s’il s’agit pour chacun d’une closerie, tout y est en ruines, des maisons aux vignes, ce qui me semble surprenant car cela révèle un abandon.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 16 juin 1605 (René Moloré notaire royal à Angers) lots et partaiges que maistre Jacques Callier le jeune baille et fournit à Me Lorend Rousseau et Hardouine Callier sa femme des choses héritaulx appartenant tant à Me Jacques Callier lesné leur père que de deffunte Hardouine Duboys femme dudit Callier lesné et mère desdits Callier le jeune et Hardouine Callier pour estre par lesdits Rousseau et sa femme obtés et choisis ainsi qu’il voyront, lesdits lots faits par ledit Callier le jeune suivant et au désir d’une transaction faite entre lesdits Callier Rousseau et sa femme passée par Moloré notaire le 13 janvier dernier, desquels lots la teneur s’ensuit

  • Premier lot
  • Le lieu et closerie appartenances et dépendances de la Jousselinière sis et situé en la paroisse de Sermaise sans aulcune réservation en faire composé de maison toute en ruines jardrins rues et issues avecques une pièce de terre au coing de laquelle est située ladite maison jardrin aireaux contenant le tout ensemble comme à l’estimation de 8 journaux de terre ou environ joignant d’un costé au chemin tendant de Sermaise à Beaufort d’autre costé aux pastures prés bois et jardrins cy après confrontés qui tendent dudit lieu de la Jousselinière au lieu de la Torte d’autre bout au bois de la Bouere dépendant de la seigneurie de la Sermaise ; Item une autre pièce de terre labourable contenant 10 journaux de terre ou envirion joignant d’un costé ledit chemin tendant dudit lieu de la Jousselinière audit lieu de la Porte et d’autre costé les terres et appartenances de la cour de la Sermaise et d’un bout à une petite pièce de terre cy après confrontée dependant dudit lieu et aulx terres et seigneurie dudit Sermaise, chacun par son endroit, d’autre bout le chemin tendant dudit Sermaise à Beaufort ; Item une petite pièce de terre labourable contenant ung journau ou environ joignant d’un costé la terre de ladite seigneurie de Sermaise et à la terre de Me Jehan Thouanault d’autre costé ladite ruette à aller audit lieu de la Porte d’un bout à la terre que dessus confrontée dépendant dudit lieu de la Jousselinière d’autre bout à la terre dudit sieur de Sermaise ; Item une pasture de pré ung taillis ung jardrin clos à douve le tout en ung tenant contenant le tout ensemble à l’estimation de 5 journaulx ou environ joignant d’un costé au bois de la Baude et aux terres de noble homme Daniel Louet et aboutté d’un bout et d’autre costé et d’autre bout à la ruette à aller audit lieu de la Porte et aux terres des hoirs feu Pierre Daubrué et dudit Thouault chacun par son endroit ; Item ung loppin de vigne en gast comme à l’estimation de 2 petits quartiers sis au cloux de Sauger joignant d’un costé à la terre du prieur de Sermaise d’autre costé à la terre de Christofle Crepineau et aulx terres dudit Thouanault d’autre le chemin tendant dudit Sermaise au lieu de Rouveray ; Item ung petit pré clos à part contenant 3 cartiers ou environ où il y a des chesnes autour qui joingt d’un costé le chemin tendant dudit lieu de la Jousselinière audit lieu de la Porte et aboutté d’un bout d’autre costé à la terre dépendant dudit lieu de la Griponnière d’autre bout à la pasture de (blanc) ; Item ung loppin de terre sis au champs des Bonnaières contenant à l’estimation de 2 journaux ou environ joignant de toute part aux terres dudit Louet ; Item ung autre loppin de terre sis audit lieu des Bonnaières contenant à l’estimation de 3 journaulx de terre ou environ joignant des deux costés et d’un bout aux terres dudit lieu de la Gripponnière et tout ainsi que ledit lieu se poursuit et comporte sans aulcune réservation en faire aulx rentes charges et ebvoirs que peult debvoir ledit lieu et fera le présent lot de retour au second et dernier lot la somme 250 livres payable dedans ung an après la choisie dedits lots sans aulcuns intérests

  • second et dernier lot
  • le lieu et closerie de Laigrefrie sis et situé en la paroisse de Liré fors la huitiesme partie sur le total dudit lieu, à la charge néanlmoings que celui à qui demeurera ce présent lot jouira de ladite huitième partie la vie durant de Me Jacques Callier lesné père des partaigeants, ledit lieu composé de maisons granges estables, la plus grand part tout en ruine, de 2 jardrins estant de 2 costés desdites maisons et granges ; Item une pièce de terre labourable appellée l’ouche estant derrière de ladite maison contenant à l’estimation de deux journaulx de terre ou environ ; Item ung journau et demy de terre aussi labourable estant en la pièce des champs de Legieterie joignant l’ouche cy dessus une haie entre deux ; plus 8 seillons de terre aussi labourable estant en ladite pièce des champs qui joint les terres des enfants de deffunt Gilles Morier et autres ; Item 2 pièces de terre estant à présent en pastis contenant ensemble 3 journaux ou environ joignant aux landes d’Entirre et le cloux de vigne dépendant de Legreterie cy après confronté ; plus ung petit pastureau de terre de trois boisseaulx près les landes cy après qui despend dudit lieu de Legretière et qui joint les pastures de la Preverye ; Item 10 journaux de lande ou environ tout en ung tenant joignant une pièce de terre en gast et le clous de vigne cy après ; Item au davant de ladite maison ung petit pré contenant 2 journaux ou environ ; Item en ung clous de vigne en gast tout ruiné joignant les 2 pièces de terre estant en pasture et les landes cy davant nommées contenant 12 cartiers ou environ ; Item 2 cartiers de vigne en fast en plusieurs morceaulx sis au clous des Grois ; Item 3 cartiers de vigne aussi en gast en 3 endroits joignant les vignes du lieu de la chapelle Bellet sis au clous Bertelot ; Item ung quartier de vigne en gast sis au clous du Mortier en 2 endroits ; Item ung septier de forment de rente avec 12 soubz 6 deniers tz deubz chacuns ans par le sieur de Millon à prendre en la maison seigneuriale dudit Millon et tout ainsy que lesdites choses dudit lieu du Legieterie avec les aireaux rues et issues qui en dépendent fors ladite huitiesme partie du septier de froment et 12 sols 6 deniers tz se poursuivent et comportent sans aulcune réservation en faire, aux debvoirs de 18 boisseaulx de froment de rente que partie dudit lieu doit au curé de Cornillé et autres debvoirs deubz tant audit curé de Cornillé que autres, lesquels debvoir de 18 boisseaux de froment que autres debvoirs que ledit lieu de Legreterie peut debvoir lesdits partaigeans les paieront par moitié en ceste présente année seulement et partaigeront les fruits qui proviendront tant audit lieu de Legreterie que au lieu de Jousselinière de ceste année présente par moitié et pour le temps advenir les partaigeants poyeront les rentes des lieux qui leur demeureront

  • la choisie
  • Le 16 juin 1605 après midy par devant nous René Moloré notaire royal à Angers ont esté présents honorables hommes Me Jacques Callier aussi notaire royal audit lieu demeurant en la paroisse st Maurice en ceste ville d’une part, et ledit Me Laurent Rousseau et Hardouine Callier sa femme de luy suffisamment autorisée par devant nous quant à ce demeurant en la paroisse de st Maurille d’autre part, lequel Callier a présenté les lots cy dessus pour estre procédé à la choisie d’iceulx par ledit Rousseau et sa femme, lesquels Rousseau et sa femme ont dit avoir eu connaissance desdits lots desquels ledit Callier leur a baillé copie … ont opté et choisy le premier desdits lots …

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