Cet article était en préparation quand les canicules ont transformé mon appartement en chaudière et j’ai dû lutter avec mon corps à 38° et peur de mourir. Je vais mieux et je vais le reprendre, mais j’ai un lecteur impatient qui sera content de lire cette ébauche en attendant mes relectures finales. Je suis une petite nièce d’Adrien et de Louis Guillouard. Ils ont tous deux marqué ma vie. Adrien, qui n’avait pas eu la chance d’avoir d’enfants, aimait recevoir chaque année fin janvier les voeux de toute ma famille de 6 enfants. Et là, nous les 6 enfants, au lieu d’être expulsés dehors loin des
adultes, comme c’était le cas chez ma grand mère Guillouard, nous avions droit à un merveilleux goûter dans le grand salon, assis avec les adultes, puis Adrien nous faisait voir dans sa maison des découvertes récentes, c’est ainsi que je vis la première télé etc… et il adorait montrer tout cela, se projetant avec ces nouveautés toujours vers le futur. Puis nous avions même droit, toujours près des adultes, à un merveilleux tour du parc, bourré de camélias plongeant sur l’Erdre. C’était journée émerveillement !
4ème fils des quincaillers de la rue St Jacques à Nantes
Adrien Guillouard naît à Nantes le 16 avril 1884 avec le prénom Victor Adrien Gaston en présence d »Edouard Halbert, marchand de grains, âgé de 34 ans, demeurant route de Clisson. Victor en mémoire de son oncle Victor Grelet prêtre et unique famille de sa mère. Quant à Edouard Halbert, manifestement le parrain, il est mon arrière grand père, et loin de se douter qu’en 1937 son petit fils Georges Halbert épousera la nièce de ce nouveau né !!! Vous avez l’histoire de la quincaillerie Guillouard sur mon blog – La généalogie des GUILLOUARD depuis La Sauvagère (en Normandie) à Nantes – toutes les familles que j’ai étudiées – celle des Grelet depuis la Vendée en guerre. Et voici sa génération :
François-Louis GUILLOUARD °Nantes 20 juin 1849 †idem 11 mars 1920 Fils de François GUILLOUARD et de Jeanne MORILLE. x Nantes 6 septembre 1871 Victorine GRELET °Nantes 30 novembre 1850 †Nantes 28 septembre 1924 Fille de Jean-Mathurin Grelet et de Jeanne-Victoire Maillard
1-Françis GUILLOUARD °ca 1872 †Nantes 11.6.1879 SP
2-Victorine GUILLOUARD °ca 1874 †Nantes 2.1.1881 SP
3-Edouard GUILLOUARD °Nantes 1er février 1877 †Nantes 20 septembre 1946 Quincailler en gros rue Saint-Jacques à l’angle de la rue du Frère Louis. Il acheta la maison du 82 rue St Jacques x Nantes 6.5.1908 Aimée AUDINEAU °Nantes 6.5.1886 †Nantes 4 octobre 1973 Dont postérité
4-Louis GUILLOUARD °Nantes 11.5.1880 †Nantes 2.10.1964 Fonda avec Adrien la maison ALG pendant la première guerre mondiale x Nantes 28 juin 1905 Edith MOUILLERAS °ca 1885 †Nantes 30.12.1960 Dont postérité
5-Charles GUILLOUARD °Nantes 19.11.1882 x Alice BRELET Dont postérité
6-Victor-Adrien GUILLOUARD °Nantes 16 avril 1884 †Nantes 29 avril 1963 inventeur de la lampe-tempête en 1914 x Nantes 27 janvier 1913 Gabrielle Adrienne BRELET °Nantes 4 février 1891 †Nantes 20 mars 1972 cousine d’Alice SP
7-Joseph GUILLOUARD °Nantes 10.06.1887 †au Champ d’Honneur Bitry/Aisne 18.9.1914 x N? BEAUTAMY † de chagrin 1914 SP
enfant, opéré de l’appendicite sans anesthésie
Ses parents avaient perdu 2 enfants en bas âge, et la crise d’appendicite fut si aigüe qu’on n’eut pas le temps de franchir les 500 m qui les séparent de l’hôpital Saint Jacques. Adrien fût opéré sur la table de la cuisine, dans l’appartement situé sur la quincaillerie et sans anesthésie. C’était le début des années 1890 et l’anesthésie ne débutera qu’en 1932.
Cette opération a laissé une marque profonde dans la mémoire de la famille. Ma maman, Thérèse Guillouard, sa nièce née en 1914, bien après cette opération, nous la racontait et elle précisait bien que cela s’était passé sur la table de la cuisine en urgence totale sans anesthésie. Cette opération avait d’autant plus marqué la famille que les parents Guillouard avaient perdu plusieurs enfants en bas âge avant la naissance d’Adrien, et ils ont alors vécu l’angoisse de perdre encore un fils. La fiche militaire d’Adrien mentionne « cicatrice abdominale adhérente ».
sa mère, une maîtresse femme !
Elle est issue des bâtisseurs de l’hôpital Saint Jacques, et c’est elle qui a apporté tout l’argent du couple. Elle restera dominatrice toute sa vie, mais portant tous ses hommes, mari et 5 fils, vers l’avenir. Ils visitent les usines des fabricants, vont aux foires de Paris, et à l’exposition de 1900 longuement. Ils avaient même pris leurs habitudes dans un hôtel à Paris.
Leur environnement était riche d’évolutions depuis que les forges d’Hennebont livrent sur Nantes les toles par voie d’eau. L’usine Saunier-Tessier sur les bords de la Loire fabrique des boites métalliques pour les florissantes conserveries avant 1903, date à laquelle elle est acquise par Jules-Joseph Carnaud, ferblantier à Paris, qui ne tarde pas à s’associer aux Forges de Basse-Indre pour produire du fer blanc.
La fiche militaire des fils GUILLOUARD note qu’ils n’ont que le niveau primaire, et ils n’ont pas fréquenté les collèges Nantais. Mais leurs parents leur ont appris bien plus que le latin, les entraînant à la gestion de l’entreprise familiale qui livre plusieurs départements ; et ils ont souvent été aux foires de Paris, donc la plus merveilleuse qui dût leur ouvrir bien grand les yeux et leurs réflexions future.
Adrien vit encore chez ses parents jusqu’à son mariage en janvier 1913. C’est donc chez eux et en famille qu’il créé ses inovations et créations. Son frère Louis est déjà marié et vit à Quiberon les premières années de son couple, mais qu’à cela ne tienne, Adrien va le voir et ensemble ils projettent bien avant 1910 la future création de leur entreprise.
Adrien avait dû beaucoup observer la vie de famille car il inventera entre autres le presse purée…
1910 premier brevet à 26 ans
Dans cet esprit d’aller de l’avant, Adrien Guillouard sait non seulement inventer des solutions techniques mais aussi les déposer. En 1910, âgé de 26 ans et déjà installé fabricant rue des Olivettes, il dépose son premier brevet, qui sera suivi de beaucoup d’autres, même à l’étranger.
1-Chassis de cheminée à rideau en tole d’acier ondulée se roulant automatiquement dans deux têtes à glissières – N° de publication FR419232 A – Date de publication 1910-12-29 Date de dépôt 1910-07-16
CIB F23J 3/04 – Demandeurs Adrien Guillouard – Inventeurs Guillouard Adrien
2-Chassis de cheminée à rideau en tole d’acier ondulée se roulant automatiquement dans deux tetes à glissières – N° de publication FR13113 E – Date de publication 1911-02-03 – CIB F23J 3/04
Demandeurs Adrien Guillouard – Inventeurs Guillouard Adrien
3-Dispositif de volet oscillant combiné avec les grilles de ventilation appliquées aux cheminées – N° de publication FR451114 A – Date de publication 1913-04-11 – CIB F24F 13/14 – Demandeurs Societe A Et L Guillouard Fils – Inventeurs
4-Perfectionnements aux lanternes-tempête
N° de publication FR536530 A – Date de publication 1922-05-04
CIB F21V 37/02 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
5-Perfectionnements aux lanternes-tempête – N° de publication FR541145 A – Date de publication 1922-07-22
CIB F21V 37/00 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
6-Réchaud à alcool – N° de publication FR559157 A – Date de publication 1923-09-11
CIB F24C 5/02 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
7-Tourne-au-vent – N° de publication FR588375 A – Date de publication 1925-05-06
CIB F23L 17/10 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
8-Dispositif de fermeture de boîtes à ordures et récipients divers
N° de publication FR588376 A – Date de publication 1925-05-06
CIB B65F 1/16 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
9-Perfectionnements aux châssis de cheminées
N° de publication FR588870 A – Date de publication 1925-05-16
CIB E06B 9/13 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
10-Perfectionnements aux lanternes-tempête
N° de publication FR30899 E – Date de publication 1926-10-04
CIB F21L 19/00 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc Inventeurs
11-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR630277 A – Date de publication 1927-11-30
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard – Inventeurs
12-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR33108 E – Date de publication 1928-08-16
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc – Inventeurs
13-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR33871 E- Date de publication 1929-03-26
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc – Inventeurs
14-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR33872 E – Date de publication 1929-03-26
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc – Inventeurs
15-Perfectionnements apportés aux régulateurs pour réchauds à alcool et ustensiles analogues
N° de publication FR730927 A – Date de publication 1932-08-26 – CIB F23D 11/44
Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
16-Nouvel aérateur-ventilateur pour cuisine, salle de bains
N° de publication FR730928 A – Date de publication 1932-08-26
CIB F24F 13/12 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
17-Perfectionnements aux boîtes à ordures et récipients analogues
N° de publication FR765636 A – Date de publication 1934-06-13
CIB B65D 45/24 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
18-Aspirateur fixe à dépression pour conduit de cheminée
N° de publication FR791577 A – Date de publication 1935-12-13
CIB F23L 17/02 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
19-Dispositif réflecteur pour signalisation routière ou autre
N° de publication FR810742 A – Date de publication 1937-03-27
CIB G09F 13/16 – Demandeurs Inventeurs Guillouard Adrien
20-Mine terrestre à déclanchement par plateau circulaire
N° de publication FR864354 A – Date de publication 1941-04-25 Date de dépôt 1940-03-26
CIB F42B 23/00 F42C 7/04 – Demandeurs A & L Guillouard – Inventeurs
21-Passe-légumes perfectionné
N° de publication FR931991 A – Date de publication 1948-03-09 Date de dépôt 1946-08-07
CIB A47J 19/00 – Demandeurs Adrien & Louis Guillouard – Inventeurs
22-Appareil pour râper, couper ou trancher
N° de publication FR1070635 A – Date de publication 1954-08-03 Date de dépôt 1953-01-12
CIB A47J 43/25 – Demandeurs A Et L Guillouard – Inventeurs
23-Passe-légumes perfectionné
N° de publication FR1072947 A – Date de publication 1954-09-16
CIB A47J 19/00 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
24-Appareil à couper les herbes potagères et la viande
N° de publication FR1091879 A – Date de publication 1955-04-15
CIB A47J 43/25 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
25-Dispositif de fixation de la grille et de la manivelle dans les appareils passe-légumes et appareils de cuisine à couper ou râper
N° de publication FR1146314 A – Date de publication 1957-11-08
CIB A47J 19/00 – Demandeurs A & L Guillouard – Inventeurs
26-Lève-verre pour lanterne tempête
N° de publication FR1159049 A – Date de publication 1958-06-23
CIB- Demandeurs A & L Guillouard – Inventeurs
Adrien aurait aimé l’IA
Outre les brevets ci-dessus, Adrien menait bien d’autres activités inventives, à l’affus de toutes les nouveautés: télé etc… Il avait même dans sa propriété des ateliers personnels ainsi pour la photo qu’il modifiait, un siècle avant l’IA. J’ai plusieurs photos, comme ci-dessous, qui illustrent son gôut du truquage photo. Il combinait 2 photos, ainsi ci-dessous en 1930, ma maman, la jeune fille au chapeau pointu est à gauche et à droite, son père à gauche d’elle se retrouve aussi derrière elle à droite et la tante Gabrielle, la femme d’Adrien, est aussi à gauche et à droite. Ces photos truquées montrent combien il aurait aimé l’IA ! 
Associé à son frère Louis, ils créent l’entreprise
Le Courrier, feuille officielle d’Annonces Judiciaires et Légales, organe spécial de l’industrie et de l’exportation parisienne, le 3 février 1911 
L’Usine, journal de la Métallurgie du 9 février 1911

40 000 F or un franc 1910 vaut environ 2,69 € 2006 soit
107 600 € en 2006 (je n’ai pas trouvé 2026). Les parents sont les financeurs car la quincaillerie marche bien, et ces avancements d’hoiries, hoiries ou autres, étaient autrefois toujours repris lors de la succession des parents, donc ils ne faisaient ainsi aucune différence entre leurs 5 fils. La Chaussée de la Madeleine est l’adresse du bureau et l’atelier derrière rue des Ollivettes.
1912 ils utilisent déjà la publicité
Celle qui suit figure dans l’Annuaire général de la Loire-Inférieure, qui donne peu de publicités, et mieux elle occupe les 3/4 d’une page. Ils y donnent l’adresse de l’atelier et fabriquent des produits assez complexes ou manifestement ils répondent aux problèmes de bruit et fumées des chauffages de l’époque, qui devaient nuire beaucoup dans la ville de Nantes et autres villes.

Les tôles arrivent des forges d’Hennebont par gabares
C’est grâce aux forges d’Hennebont à l’ouest de la France que des usines métalliques se sont installées à Nantes. Les tôles arrivent sur les quais de l’Erdre jusque dans les années 30, au cours desquelles la ville de Nantes modifie le cours de l’Erdre vers la Loire. Il y a certes un nouveau quai, mais un certain Belliveau y fait installer une grue électrique de 1 000 kg pour les marchandises transportées par lui, ce qui ne convient pas à A. et L. Guillouard, qui doivent s’entendre avec lui pour que leurs tôles passent aussi.
1914-1918
Ils sont 5 frères mobilisables. Adrien pour sa part avait été exclu du service militaire pour raisons de santé et il est détaché à la maison Guillouard, ainsi que Charles qui ne voit pas assez bien pour manier une arme. Louis pour sa part est « réformé le 28 décembre 1914 – détaché maison Guillouard à Nantes le 15 mai 1917 » Donc les 2 frères travaillent toute la guerre à la maison Guillouard. Joseph et Edouard sont enrôlés : Joseph meurt au front dès le début de la guerre et Edouard fait toute la guerre, nous laissant son journal quotidien, que j’ai publié. Ci-dessous la fiche militaire de Louis détaché maison Guillouard, et pour mémoire le terme détaché est l’inverse d’enrôlé, car il semble que désormais beaucoup ne sont plus capables de le comprendre… Bientôt d’ailleurs qui sera capable de lire ces archives ?


L’usine A. et L. Guillouard fabrique pour l’armée
L’armée a besoin de bassines, seaux, brocs, lampes tempête etc… en très grand nombre, et comme le courrier fonctionne bien Edouard, au front, envoit à ses frères les débris d’armes allemandes. Ainsi, le 1er septembre 1916 il écrit dans son journal de guerre « Tranchée Cie A. T103 Grenade pomme de pain envoyé à Louis (Adrien Guillouard son frère était inventeur, tandis que Louis, autre frère gérait la fabrication des inventions, c’est l’usine ALG qui existe toujours mais à quitté Nantes) ». Ce cahier de guerre a la particularité de contenir beaucoup de photos car le meilleur ami de mon grand père Fernand Leglaive avait un appareil photo et nous a restitué la vie quotidienne dans les tranchées, ainsi le nombre incroyable de seaux pour l’eau, la nourriture … que la maison Guillouard les fabriquait pour l’armée. Mon grand-père Edouard Guillouard, au front, voyait chaque jour les produits de ses frères, industriels à Nantes, fabriquant pour l’armée. Et au delà des seaux etc… aussi des armes, que le génie inventeur d’Adrien savait produire.
Voyez les archives de l’armement des armées est situé à Chatellerault et aussi la préfecture de Loire Atlantique (ex Loire Inférieure) et notamment quelques pages concernant A. et L. Guillouard.
Les nouveaux ateliers à Wattignies
Tant de fabrication pendant la guerre 14-18 ne peut plus être assumée rue des Ollivettes, trop étroite, et A. et . Guillouard construisent de nouveaux ateliers sur l’Île de Nantes, là où les vaches broutent encore les prés. L’Île de Nantes était autrefois traversée par tant de bras de la Loire qu’il y avait pas moins de 7 ponts pour arriver à Pirmil. La carte de Cassini, réalisée entre 1756 et 1815 par la famille Cassini, montre cette présence de nombreux bras de Loire. Vous ne verrez pas cette carte sur le site de Nantes Patrimonia qui donne beaucoup de cartes de Nantes, mais surtout aucun de l’île de Nantes jusqu’à Pirmil. Allez sur Geoportail.
Au 19ème siècle, la sable a eu raison des bras de Loire, laissant la place aux prés. Ce n’est qu’en 1920 que l’ancienne ligne des ponts et le quartier du vieux faubourg de Vertais feront l’objet d’un programme de rénovation dans le cadre du plan d’extension de Nantes. On va alors reconstruire les ponts de la Madeleine et de Pirmil les reliant d’une large voie qui portera plus tard le nom des Martyrs Nantais.
Cette voie nouvelle d’après guerre ne suivra pas tout à fait le même tracé que l’ancienne ligne des ponts et ne sera pas parallèle aux ateliers construits sur l’île pendant la guerre par A. et L. Guillouard, ce qui explique le léger angle mort à l’entrée de l’usine Guillouard sur le Boulevard des Martyrs Nantais.

Sur cette vue aérienne de 1950 le boulevard qui remplace l’ancienne voie est définitivement tracé et on voit que les ateliers Guillouard ne sont pas parallèles au nouveau boulevard car construits avant le plan définitif de cette ligne des ponts. On remarque aussi qu’ils joignent les prés encore présents à l’est. Je suis née en 1938 et je me souviens des vaches dans les prés encore en 1960 sur l’île de Loire qui devriendra l’île Beaulieu, et aussi de toutes les constructions qui ont suivi à grands coups d’enfoncements profonds de longues fondations pour faire tenir des immeubles sur le sable.
1916 Louis acquiert une voiture
Adrien a une voiture avant 1910, ici au volant, avec son frère Louis, à Quiberon, travaillant à la création de leur entreprise en 1910. Louis Guillouard acquiert une Chenard et Walcker le 9 juin 1916 (registre aux archives de LA). Cette photo si ancienne illustre le binôme projeté vers les idées futures et la création de leur entreprise.
Adrien et Louis déposent la marque ALG
Les acronymes étaient déjà répandus à Nantes sous forme de marque : LU, BN etc… Ils déposent dès septembre 1918 une marque qui marquera pendant 2 générations les familles, à travers tous les ustenciles ménagers ALG.


les lessiveuses ALG
Née en 1938, j’ai connu les produits ALG à tel point que je ne faisais pas le lien avec GUILLOUARD, car on s’exprimait seulement ALG. Comme dans quasiement toutes les familles, de la lessiveuse au presse-purée, en passant par les seaux, brocs, arrosoirs etc… Ma maman a élevé 6 enfants sans machine à laver car pour mémoire en 1950 elle n’est présente que dans 8 % des foyers.
Au sous-sol de la maison l’une des pièces était la buanderie, ou trônait sur un gros réchaud à gaz une énorme lessiveuse ALG, celle qui a accompagné tant de foyers. Certes, à la maison, c’était une fois par semaine le travail d’une femme, qui venait faire bouillir le linge, mais nous ensuite on étendait le linge avec beaucoup de pinces à linge et de fils tendus dans le jardin. Nous ne connaissions pas encore le synthétique jetable aussi il y avait beaucoup de couches, serviettes hygiéniques etc… Certes les couches pipi étaient chaque jour lavées à la main à l’eau et étendues. La lessiveuse demandait beaucoup de travail mais elle était durable et bon marché. En 1954, chez Decré à Nantes, celle de 50 litres était à 1 590 F ce qui fait 51,25 € de 2025. Elle a disparu car nous n’avons plus envie de travailler.
