Fernand Leglaive Paris 1878-1948 photographe de génie sur le front 14-18 au 84° RIT

Introduction

J’avais mis en ligne il y a 25 ans le carnet de guerre d’Edouard Guillouard et les photos de Fernand Leglaive. Ils passèrent ensemble toute la grande guerre, restèrent amis toute leur vie, et ma famille possède encore les photos de Leglaive durant la guerre. Lors ce ma mise en ligne, j’avais alors lu sur Internet que les appareils photos étaient interdits pendant la grande guerre. Or, depuis ma publication les mises en ligne se sont beaucoup multipliées et le Ministère de la Culture a  des sites sur la grande guerre et en particulier un site nommé L’HISTOIRE PAR L’IMAGE sur lequel une page est dédiée à la photo pendant la grande guerre. Selon ce site officiel, il s’avère que les appareils photos n’étaient pas interdits, et furent assez utilisés, donc l’information que j’avais lu ailleurs prétendant une interdiction est erronée. Sans doute une autorisation préalable était nécessaire, et accordée.


Edouard Guillouard (carnet de guerre) Fernand Leglaive (appareil photo)

Fernand Leglaive : biographie

Fernand Louis Prudent LEGLAIVE est né à Paris 22 mars 1878 est décédé à Paris le 6 juin 1948. Il est le 6ème enfant de Prudent Eloi LEGLAIVE, né à Hans (Marne) le 8 janvier 1835 décédé à Mauves-Sur-Huisne (Orne) le 18 juin 1896 et Augustine Antoinette DAMON, née à Paris 8° le 18 novembre décédée à Paris le 24 mars 1920
Son père est marchand layetier « Celui qui fait des layettes, des caisses de bois blanc. Layetier emballeur’. (Dictionnaire de la langue française Littré). Tome 3, 1873) – « Les maîtres de la communauté des layetiers de Paris se qualifient [en 1767] maîtres layetiers écriniers de la ville et faubourgs de Paris » (Dict. des arts et métiers). Ce métier existe encore en 2021 mais on dit « cagettes en bois » ou « cageots » pour transporter beaucoup de produits agricoles et autres.
Après la mort de leur père, Fernand Leglaive et ses frères reprirent l’affaire sous le nom de « LEGLAIVE FRÈRES ». La fiche militaire de Fernard Leglaive le donne « industriel transport et emballage »
Il a pour frères et sœurs :
1-Louise Augustine LEGLAIVE 1863-
2-Emile Arsene LEGLAIVE 1866-
3-Emile Antoine LEGLAIVE 1867-1950 Marié le 22 janvier 1906, Coulommiers, 77120, Seine-Et-Marne, Île-De-France, FR, avec Juliette Alice CHEVALLIER
4-Ernestine Eugenie LEGLAIVE 1869-
5-Eugene Ernest LEGLAIVE 1872-
Fernand Leglaive est encore étudiant lorsqu’il passe le conseil de révision (selon sa fiche militaire), donc il a un niveau d’études supérieures, ce que n’avait pas Edouard Guillouard, manifestement niveau Brevet Elementaire, qui était le niveau le plus répandu à l’époque.
Fernand Leglaive avait acquit avant la guerre un appareil photo, qu’il aura avec lui durant toute la guerre, manifestement après autorisation car les appareils photos sur le front devaient être autorisés sinon ils étaient interdits. Il partage sa passion pour la photo avec son frère Émile, et le 24 juin 1924 ils adhèrent tous deux à la Société d’excursions des amateurs de photographie, fondée en 1887. Ils y restent longtemps, selon le fonds des bulletins de cette société numérisés sur Gallica.

Leglaive photographiait la vie dans les tranchées

Fernand Leglaive n’était par reporter de guerre et ses photos sont des témoignages de la vie durant ces 4 années. Parmi toutes ces photos il n’y a que 7 photos d’armes et une photo de masque à gaz, mais un masque très spécial. Voici les rares photos d’armes, toutes autres sont sur mon blog : carnet de guerre d’Edouard Guillouard


photo Leglaive « avril 1915, tranchée de Gastineau, canon de 37

photo Leglaive [je vois une arme couverte pour la protéger ou camoufler, mais l’homme n’est pas couvert]
photo Leglaive

« mai 1915 Bailleulval, canon de 420 camouflé »

« été 1915 Bailleulval, compagnie de mitrailleuses

photo Leglaive

« été 1915 Gastineau » je crois voir mon grand père et un canon

photo Leglaive

« septembre 1917 Saint Jacques, appareil Tissot

photo Leglaive

« Morville, l’aumônier divisionnaire lançant une grenade »

fonds Guillouard, tir antiaérien (c’est seulement une séance d’entraînement pendant les cours suivis par Guillouard fin 1917)

Leglaive aimait se faire photographier

[Leglaive aimait aussi poser lui-même, et cette seconde photo le montre offrant son image dans la glace, ce qui atteste beaucoup de recherche d’originalité de rendu des photos. En outre, on voit qu’en tant qu’officier il est là chez l’habitant, sans doute logé ou au moins en « popo »
En 14-18 il est capitaine au 84° RI et c’est là qu’il fait la connaissance d’Edouard Guillouard, alors lieutenant sous ses ordres. Ils vont se lier d’amitié jusqu’à la mort de Guillouard en 1947.
Il partage sa passion pour la photo avec son frère Émile, et le 24 juin 1924 ils adhèrent tous deux à la Société d’excursions des amateurs de photographie, fondée en 1887. Ils y restent longtemps, selon le fonds des bulletins de cette société numérisés sur Gallica.
Le 6 juillet 1917, il reçoit du général Deligny qui commande le 39e corps d’armée, la citation à l’ordre du Corps d’Armée. Motif de la citation : a pris part aux combats de Tournay et Beaumont-Hamel en 1914 – Blessé au visage dans les tranchées de Bailleulval en 1915, n’a consenti à être évacué que sur l’ordre du colonel commandant le régiment – dans la nuit du 24 au 25 mai 1917, à la suite d’un coup de main, montré beaucoup de sang-froid et un expert de décision rapide qui ont permis de repousser l’ennemi.
Le 30 janvier 1927, son beau-frère Hector Beissier, chevalier de la légion d’honneur, demeurant 182 rue de Rivoli à Paris, le fait introduire chevalier de la légion d’honneur.
Son dossier est en ligne, dans la base « Leonore ».
Il demeure alors 30ter avenue Daumesnil Paris 12e.
Il a fait prendre beaucoup de portraits de lui durant ces 4 années de la grande guerre, et toutes posées, quelques unes avec beaucoup de recherche.
Et après la guerre il les conserva dans ses albums photos. Même la photo assise ci-contre est déjà une forme de portrait abouti.
En effet, la chaise sur laquelle il est assis est posée en pleine forêt ou jardin, et n’a rien d’une photo de salon habituelle à cette époque. Il semble que cette photo « assis » est prise le même jour que la photo précédente « debout ».
Et le jardin dans lequel il a posé semble être le même.
Les 2 photos suivantes sont pleine de malice.
Il pose d’abord avec son képi. Et fait une autre pose sans le képi.

Vous voyez le képi posé sur un piquet de la cloture du jardin.
Et autant de malice dans ces différentes poses montre aussi que les pellicules ne manquaient pas.
Ce qui est très surprenant, car je pensais que pendant la guerre les pellicules auraient été introuvables.

Sur ces 2 photos, Leglaive est à Marbache en juillet 1917. Il s’était aussi fait prendre en photo 2 mois plus tôt.Il est à Mousson en mai 1917.
Puis il est au PC Saint-Jacques en octobre 1917.
Il devait y avoir un beau jardin au PC car la première photo de ce PC Saint-Jacques montre une très jolie passerelle.
Il n’est pas en mouvement, et on voit clairement qu’il pose.
La dernière photo est la plus étrange, tant elle créative. Il pose de dos. Il est toujours comme la photo précédent au PC du bataillon à Saint Jacques

 

Vous êtes sur le carnet de guerre d’Edouard Guillouard et photos de Fernand Leglaive au 84° RIT et il y a beaucoup de pages dont table des matières Edouard Guillouard (carnet de guerre) Fernand Leglaive (appareil photo)

Carnet de guerre d’Edouard Guillouard 84° RIT avril-septembre 1918

Vous êtes sur le carnet de guerre d’Edouard Guillouard et photos de Fernand Leglaive au 84° RIT et il y a beaucoup de pages dont table des matières Edouard Guillouard (carnet de guerre) Fernand Leglaive (appareil photo)

EN ALSACE 

1er avril 1918 lundi Thann, alsacienne, Agné, obus, mauvais secteur, le soir Steinbach avec Bory

[Photos : « avril 1918 : équipe de patrouilleurs volontaires du 1er Batailllon Collardelle]

2.4 mardi Alerte, évacué les avants postes, tranchées

3.4 mercredi Reprise des positions, Panam, Maison Rollin, Château-Branlant, qui sont encore évacuées dans la soirée

4.4 jeudi Traces de boches dans le village et à Panam

5.4 vendredi Rollin occupé de jour et de nuit

6.4 samedi Bombardement du village noir

7.4 dimanche Steinbach, patrouille boche autour de la Maison Rollin

9.4 mardi Patrouille repoussée avec grand déclanchement

10.4 mercredi Steinbach, inquiétude

11.4 jeudi Grenade [Veudray], pas d’incident

12.4 vendredi Les ½ sections se remplacent chaque soir

13.4 Arrivée du sergent Gabori

14.4 dimanche Mr Bronier arrive à la Cie et vient me rendre visite

15.4 Mr Bronier me remplace à Steinbach

16.4 mardi Coup demain à la 1ère, mort de Jaunait

17.4 mercredi Visite du colonel, vu le secteur

18.4 Camp Agné, oratoire

19.4 vendredi Lecoq envoie un corps franc composé de récupérés, ils ont un tué le 1er jour

20.4 Accident du 109 (109e R.I. ) à Steinbach, 2 tués 6 blessés

[Photo à droite « juillet 1918 : la tombe du lieutenant Emile Honoré Victor Jaunait » (compagnon d’armes d’Edouard), tué à l’ennemi le 16 avril 1918 au Quartier Collardelle, et inhumé dans le cimetière civil de Bitschwiller – 4 jeunes Alsaciennes sur la tombe]

21.4 dimanche Départ du Ct Lochereau, Mr Leglaive prend le commandement du bataillon et moi de la compagnie

22.4 Commande la Cie à Agné

23.4 mardi Agné, nomination de Borg adjudant et Tuffet affecté à la Cie

24.4 mercredi Relève annoncée pour le 26, pas d’incident

[photo ci-contre : « août 1918, petites Alsaciennes à Bitchwiller »]

25.4 Arrivée de Mr Tuffet

26.4 vendredi Arrivée des officiers de chasseurs 7e T.. (le 7e Bataillon Territorial de Chasseurs Alpins), relève terminée à 22 h 30, départ à minuit

27.4 Arrivée à Bitschwiller à 4 h, visite Thann, hommes fatigués, incidents

28.4 dimanche Reconnaissance du secteur Sairon, le capitaine Mithard, visite de Thann

[Photo : vue aérienne de Cernay, 5 km E. du Vieux-Thann. Je vous remets cette carte photographie aérienne, car elle est la marque d’une grande inovation pour l’époque, et pour mémoire on n’en trouve pas avant 1919 sur le site Geoportail]

29.4 Revue du colonel dans le cantonnement, secteur Sairan le soir, hommes fatigués, relève difficile

30.4 mardi P.H. du crassier nord, Mr Tuffel à Aylau, Mr Bronier crassier nord

1er mai 1918 Visite du nouveau secteur, installations

2.5 jeudi Arrivée du capitaine Mithard pour commander le 1er bataillon
3.5 Visite du colonel Bourgeois, retour de Mr Leglaive
4.5 samedi Installations au Vieux-Thann, petite chambre

[photo : « avril 1918 petites Alsaciennes », leur coiffe sont si larges que je comprends pas comment elles pouvaient remuer sans se toucher]

5.5 dimanche Messe au Vieux-Thann, bouquet à Brossier

6-8.5 Vieux-Thann, crassier nord, tranquille, les premières fleurs
9.5 Départ de Brossier et de Mr Leglaive
10-11.5 Secteur des crassiers, Tuffel se repose et Vericel prend Sault pendant quelques jours, mais nous faisons popote ensemble, pêche de brochets
12.5 dimanche Rubarbe, visite du secteur des Américains
13.5 Cigares
17.5 vendredi Obus sur Thann Hôtel de la gare
18.5 samedi Passage d’une biche
19.5 La 2e Cie vient visiter, Derobe, Dusseau, Lalouse
20.5 Relève par la 2e à 3 h, départ du secteur à 9 h
21.5 Le soir emplacement d’alerte, visite au colonel
22.5 mercredi Tir et [cancam] au F.M. et grenades
23.5 Déjeuné avec Tuffle, visite à Leimbach
24.5 vendredi Retour de Mr Leglaive, continuation des tirs
25.5 Déjeuné à Leimbach avec Mr Leglaive
26.5 dimanche Grand-messe à Thann, le sel, photo ce jour
27.5 Fin du 1er séjour à Thann
28.5 Reconnaissance du secteur Daumesnil
29.5 Maison Jourdan en remplacement de Paupion
30.5 jeudi Muhlengasse, coup de main sur la IIe
31.5 vendredi Tués et blessés dont le lieutenant André
1er juin 1918 Muhlengasse, repos dans la Maison Jourdan (photo)
2-4 Valmy, installation, P.C. confortable
5-13 juin – Tous les 5 jours échange avec Tuffet, saison des fruits, fraises, cerises, tartes, beau temps, les poilus prennent des lièvres, le petit faisan à Valmy
13-16.6 Rien de saillant, les nouvelles de l’avance sont seules inquiétantes, on attend tous les jours les journeaux
16-26 (page qui me manque)
27.6 Visite de mon beau-frère Charles (Audineau) découragé, il nous donne des détails navrants sur l’offensive du chemin des Dames
30.6 Visite à Leimbach à Lolosse, préparatifs de relève
2 juillet 1918 mardi Relève à 3 h, installation à Leimbach
3.7 Leimbach, déjeuné à Thann
4.7 jeudi Fête Nationale américaine, drapeaux
5.7 vendredi Touraine déjeune avec nous, départ avec Tuffet pour Leimbach, visite au Café de France, obus à 5 h 15, Tuffet et moi blessés et un civil, à 6 h 30 arrivée à Moosch (7 km N. de Thann), inquiétude
6.7 Après une bonne nuit, tout danger conjuré, déjeuné avec Tuffet au lit, visite de Charles Audineau
7.7 dimanche Bon déjeuné, salut
8.7 Hôpital de Moosch, promenade
9.7 Hôpital de Moosch, le grand cimetière
10.7 mercredi Départ de l’hôpital, déjeuné avec le commandant, diné à Bouvine, pluie, couché à Villers
11.7 jeudi Départ pour la montagne à Sentheim, Belfort (43 km S.S.O. de Moosch), Vu Siclon, achat à la coopérative militaire
12.7 Paris, vu Mr Leglaive et Chaussé
13.7 samedi En permission à Nantes
14.7 Fête Nationale, promenade avec les enfants
15-24.7 Permission, Le Pellerin (indisposition, boutons), voyage à StNazaire le 19, à Gachet le 21, à Clisson le 22, Charon dine à la maison le 23
25.7 jeudi Paris, déjeuné chez Chaussé, diné chez Mr Leglaive son ami Riquette et son beau-frère Bessier
26.7 Belfort, Retour alsacienne le soir
27.7 samedi Le Rocher, visite au commandant Mithard nommé depuis quelques jours
28.7 dimanche Visite à Charles et installation dans la soirée à Steinbach, après le coup de main du Bocqueteau le secteur tranquille, travaux avec la 2e section : le canon Brand
1er août 1918 jeudi Les prunes mirabelles, le père Laitillaud, la cuisine manque de confort, la signalisation avec Le Rocher
[photo ci-contre : « août 1918, PC Bataille »]
4.8 dimanche Visite du capitaine Le Bastard nouveau dans la légion d’honneur
5.8 lundi Mr Denis vient me relever et je prends le commandement de la Cie au Rocher, Mr Leglaive au Bataillon
7.8 Le Rocher, relève dans la soirée par la 7e Simonet
8.8 jeudi Arrivé à minuit à Bitschwiller-lès-Thann (3 km O.-N.O. de Thann) chez Mme Gillet
9.8 Distribution des prix à l’école, le général Bourgeois, l’avocat général, le général de division et Brigade, belle fête, la France et Liberté

11.8 dimanche Diné chez Mr Scherer, grand-messe à Bitschwiller, concours hippique à Wesserling avec Mr Leglaive [Scherer alias Scheurer, grand industriel de la vallée, photo ci-dessus :
1-général Bourgeois, commendant le corps d’armée en Alsace
2-général Renouard, commandant la 2e D.I.
3-le maire militaire de Thann
4-général Braquet, commandant I.D. 22E
5-le curé de Thann
6-l’avocat général à la cour de cassation
7-Mr Jules Scherer, industreil
8-le Cdt Pitard, commandant le 1er bataillon du 84e R.I.T.
9-Mme Jules Scherer
10-Mme Scherer-Kesner]

12.8 Les grandes fabriques, exposition de peinture

[photos « août 1918 poste de liaison de la Carrière » – « août 1918 Slovaques et poilus du 84° »]

13.8 mardi Bitschwiller, tranquille au cantonnement

14.8 StAmarin, Wesserling

15.8 jeudi Grand-messe à Bitschwiller
16.8 Bitschwiller, visite du secteur des crassiers
17.8 Départ pour Sairon, hommes pris, Marceau manque

18.8 dimanche Les crassiers

19.8 Nouvelle organisation de repli, plainte en conseil de guerre pour Marceau, retour de Mr Leglaive à la Cie
22.8 Le crassier Nord
23.8 vendredi Crassier Nord, obus route de Mulhouse

[photo « septembre 1918 : sergent téléphoniste Thirion réparant un appareil au P.C. Bataille »]

24.8 Inquiétude dans le secteur, coup de main vers Aspach
25-26.8 Travaux et promenade sur la Seille
27.8 mardi Relève à 21 h, installation à Thann, chambre chez Mr Waller
28-30.8 Bombardement la nuit sur la ville, alerte et inquiétude, pas de riposte de notre part
31.8 Un obus tombe dans la chambre de ma voisine
1er septembre 1918 dimanche Achat du Rouet
3.9 Arrivée de Quelle
4.9 Réception de la 5e
5.9 jeudi Thann

Télécharger l’original du carnet de guerre d’Edouard Guillouard

Je ne vous mets pas les vues directement car ce serait trop lourd pour visionner ma page, donc je mets seulement les liens, et cliquez pour télécharger :  début avril  1918  –  fin avril  1918  –   début mai  1918  – fin mai  1918  –  juin 1918 me manque maintenant – début juillet 1918  – fin juillet début août  1918   –

 

 

 

RI130.JPGJ 1378 (3 ans 9 mois 8 jours) : RI191.JPGdistribution de cigares
RI128.JPGle 26.3.1918 Foch prend le commandement en chef des armées alliées

Carnet de guerre d’Edouard Guillouard 84° RIT octobre 1917-mars 1918

Edouard Guillouard (carnet de guerre) Fernand Leglaive (appareil photo)

MORVILLE – MASQUES – LUTTE ANTI-AÉRIENNE

1er octobre 1917 lundi Cours, conférence, équitation

[photo ci-contre : « octobre 1917 St Jacques Etat-Major du bataillon : Prouzeau, Leglaive, lieutenant Vetter, Meunier adjudant, Griffon maréchal des logis, docteur Nicolas]

2.10 mardi Cours, travail en chambre

3.10 mercredi Méthode Hébert, visite à Mononcourt, aviation

4.10 jeudi Equitation à Champigneulles

5.10 vendredi Cours, examen remis

6.10 samedi Examen équitation et de l’alphabet Morse, apéritif d’honneur, grand repas, préparatif de départ, diné Nancy

7.10 dimanche Départ d’Essey, déjeuné à Nancy avec Thouason, voir les noms des camarades et officiers, départ à 15 h pour Toul, arrivé à Manonville et à Monjoie, Wagner, Glorian

8-9.10.1917 Visite au chef de bataillon à Saint-Jacques, reprise de la vie tranquille de Montjoie, travaux des abris à Saint-Jacques et route de Limey, marteau pneumatique, l’équipe Seguin

[photo ci-contre, Leglaive et Guillouard]

10.10 mercredi Dieulouard, touche chez Faineux le Cdt Patigeau à propos du déjeuner chez le débit. Retour par le courrier
11-13.10 La vie monotone à Montjoie, l’automne les jours courts, quelques parties de bridge Wagner, Glorion
14.10 dimanche messe au bas à Manonville
15.10 lundi Sortie à cheval avec Mr Leglaive
16.10 mardi Attente du 2e, Gohon a la croix de guerre
17.10 mercredi Ma femme a des ennuis
18-20.10 La Cie 20/3 est remplacée par la 2e, les travaux en souffrent, peu de rapports avec les officiers
21.10 dimanche Emplacements d’alerte avant Limey

[photo ci-contre  « octobre 1917, le cimetière de Limey »] 

22-24.10 Coups de main Glorion sur le matériel, cheminée Glorion, Perrin part capitaine adjoint
25.10 Arrivée de l’adjudant Borie
26.10 dimanche Retour de Wagner, messe à Manonville
27.10 lundi Départ du capitaine en permission
28.10 Montjoie, travaux
29.10 mercredi Montjoie, installation du cantonnement
1er novembre 1917 ½ journée de Travail, messe à Saint-Jacques
2.11 Craintes à propos du pistolet automatique emporté et utilisé pour [urgence] conjugale
4.11 dimanche Messe à Saint-Jacques
5.11 lundi Instruction au F.M. par Wagner
6.11 mardi Jaunais, les grenades et Lalose le 86
7-9.11 Préparation pour la remise de la route du Ct, exercice sur la route chaque soir au retour du travail
10.11 samedi Installation des douches à Montjoie
11.11 dimanche Remise des décorations, le colonel promet Légion d’Honneur à Hervé, promenade du colonel au camp Montjoie, retour de Mr Leglaive, mauvaise humeur, on s’occupe pas de moi
12-14.11 Cette mauvaise humeur continue et coïncide avec lettre de Nantes, ennuis, promenades seul, maux de dents
15.11 jeudi Promenade à Lironville
16.11 vendredi Coup de main sur Flérey
17.11 samedi Parti à Dieulouard arraché les dents avec Glorion qui part en permission

[photo ci-contre « fin 1917, prisionniers boches sur la route de St Jacques »]
19.11 lundi Emplacements d’alerte bois de la lampe
20.11 mardi Continuation des tirs, grenades, F.M. et fusil
21.11 mercredi Jaunais partant en permission, je le remplace aux Ganson
22.11 jeudi Installation d’une infirmerie réfectoire
23.11 vendredi Visite du dentiste toutes les semaines
25.11 dimanche Messe à Saint Jacques, le colonel de chasseurs, le prêtre parlant un peu défaitiste
27-30.11.1717 Le 20e corps vient faire des travaux des réseaux, le 146e, nous nous voyons sur les chantiers, les feuilles tombent, c’est l’hiver, c’est monotone mais bien tranquille
2 décembre 1917 dimanche Retour de Glorion rataplan
3.12 lundi Travaux d’aménagement cheminée de la salle à manger Sarazin et Gouraud
[photo ci-contre : Montauville, la Croix des Carmes rapportée au cimetière du Pétant]
5.12 mercredi Glorion se déclare malade
6.12 jeudi Nouveau chantier Forêt de Fuvenelle, route difficile
7.12 vendredi En allant voir les chantiers pris avec Wagner sous bombardement avion
8.12 Montjoie, travaux à Saint-Jacques et forêt de Puvenelle
9.12 dimanche Messe à Saint-Jacques, promenade à Manonville, retour par Martincourt, Saint-Jean
10.12 lundi Travaux plus sur la gauche sur Noviaux
11.12 mardi Pièce de marine, la voiturette, gros obus
14.12 vendredi Ordre de se tenir prêt pour un déplacement

[Montauville : la maison du père Hilarion dans le Bois le Prêtre Carte postale envoyée par Edouard : « le Bois le Prêtre se trouve à quelques km de Pont-à-Mousson, sur la crête d’une colline, c’est un point qui commande la vallée de la Moselle, aussi ça été chaudement disputé pendant de longs mois, en ce moment c’est calme, mais les arbres n’ont pas repoussé , ceux qui restent sont à l’état de poteaux télégraphiques »]

[photo dont je n’ai pas la date, constituée en fait de 2 photos cote à cote, car elle est très panoramique, et atteste une grande qualité photographique de Leglaive]
15.12 samedi Ordre départ, 1 peloton à Petant 1 peloton à Dieulouard, le Cdt partant en permission, le capitaine Leglaive reste à Saint-Jacques
16.12 dimanche Départ de Montjoie à 5 h, arrivée au Poullot à 7 h et à 8 h au Pétant, cantonnement désastreux, mauvaise installation, le grand cimetière du Petant, la croix des Carmes, le Bois le Prêtre
17.12 lundi Le Pétant, travaux avec le génie, tirs indirects de mitrailleuses, mauvaise installation en popote
18.12 mardi Le Pétant, visite de Mr Leglaive, photo, attend impatiemment la permission, neige
19.12 mercredi Le Pétant, pas de nouvelle de permission
20.12 jeudi Ordre de changer et aller au Pouillot, la voiture vient me chercher pour la permission

21.12 vendredi Installation avec la 1ère Cie au Pouillot, départ permission avec Borie, neige et givre à Pont-à-Mousson, Dieulouard, déjeuner avec le colonel, le deuxième galon, voyage à Nancy, alerte aux bains, bombe sur le train en passant à Foug

22.12 samedi Arrivé à Paris, ma femme arrivée depuis 24 h, déjeuné chez Pousset, théatre « les nouveaux riches »
23.12 dimanche Messe, visite Chaussé, diné

24.12 lundi Rencontre Charles, départ de Paris

[photo ci-contre : croix de guerre d’Edouard Guillouard]

25.12 mardi Arrivé à Nantes à 6 h, fête de Noël
27.12 Diné chez Charles
30.12 dimanche Chez Adrien, centenaire de Me Turbel
31.12 lundi Nomination à l’officiel, reçois dépêche pour croix de guerre et 2 jours de plus, l’année se termine dans la joie de la famille en espérant que la nouvelle année sera celle de la Paix
1er janvier 1918 mardi En permission, la croix de guerre, visites, souhaits paix prochaine
[Photo : déjà des photographies aériennes]
2-3.1 Profite de 2 jours de plus
4.1 vendredi Soir, départ de Nantes, grand froid, voyage avec le général commandant IIe C.A.
5.1 samedi Paris, diné avec Chaussé qui est indisposé
6.1 dimanche Arrivée à Nancy, grand-messe, accident bain, déjeuné avec Paradesse, retour à Dieulouard, diné avec Glorion et Mr Leglaive, champagne avec Lecolter
7.1 lundi Dieulouard, achat chez Gouvy, départ pour le Pouillat sous la pluie
8.1 mardi Installation, coup de main à Flirey
9.1 mercredi Bombardement tous les jours, travaux au Bois Le Prêtre dans la neige

« mai-juin 1917, Port-sur-Seille, Pétraud et Hervé »

11.1 On aprend que la classe 98 passe dans l’active, Wagner ne s’en fait pas trop et n’est pas fâché de quitter Pouillot

[photo ci-contre « mai juin 1917, Port-sur-Seille, Pétraud et Hervé »]
13.1 dimanche Messe dans la chapelle dans la neige qui recouvre partout. Départ de Wagner
15.1 mardi Départ de nos poilus Delavie, Pohardy, Berbran, Sicot
16.1 mercredi Croix de guerre Glorion, Pohardy, départ de Gabory 1ère Cie
17-18.1 Les jours passent lentement, l’Echo de Paris annonce l’offensive dans la vallée de la Moselle pour le 20
19.1 samedi Reconnaissance des bois de Fuvenelle, positions, avions
20.1 dimanche Messe au Pouillot, les officiers du génie sont très gentils, le travail se fait bien, mais les jours passent lentement sans distraction autre que la reconnaissance des positions d’alerte
24.1 jeudi Visite du général avec les chanteurs, on attend de jour en jour l’ordre de relève ce qui fait paraître le temps plus long. Lalore est parti, je suis seul avec Henri, Jaunait, nous mangeons Crapouillot, la distraction voir la porcherie
27.1 dimanche Visite du commandant et du docteur, rien de nouveau pour la relève
28.1 lundi Bombardement à gaz sur les chantiers

[photo ci-contre : « juillet 1917 Mousson, maison en ruine »]

29.1 mardi Ordre de relève arrivé à 21 h, départ le lendemain
30.1 mercredi Départ à 4 h du matin pour Saizerais, [arricotage] au départ, froid, mal installés à Saizerais d’où nous partons heureux
31.1 jeudi Départ de Saizerais, route fatiguante, arrivés pénible à Nancy, la journée sans logement, nous couchons Hôtel d’Angleterre deux par chambre
1er février 1918 vendredi Nancy Revue, exercice le matin, remise de décorations
2.2. samedi Hôtel d’Angleterre
3.2 dimanche Reconnaissance des courriers avec Mr Brehier capitaine, déjeuné avec l’ami de Mr Leglaive
4.2 lundi Installation au 4 Vent, popote et logement au Pavillon
5-9.2 Les hommes touchent 2 F et travaillent bien, tous bien organisés, un jour sur deux nous allons à Nancy, c’est le repos et la tranquillité mais le logement laisse à désirer, mais on ne trouve pas mieux dans les environs
10.2 dimanche Déjeuné chez le commandant avec Perrin, bridge
11.2 Reprise des travaux
12.2 mardi Gras Premier bombardement de Nancy, mais les bombes tombent tout près, la fusée d’obus envoyée à Louis [son frère, qui tient à Nantes l’usine ALG qui peut fabriquer des armes]

[carte postale envoyée par Leglaive qui était dans le fonds Guillouard. Than, grand’rue, maison style renaissance. « Près de votre popote, très belle installation et grand jardin, Hôtel du Parc,  ce soir Paris, F. Leglaive »]

13.2 mercredi Visite du camouflage, les entonnoirs des bombes
14.2 jeudi Expédition de la fusée
15.2 vendredi Promenade à Nancy, cinéma
16.2 samedi Le beau temps commence, achat de drap velour
17.2 dimanche Réception de l’adjudant Bery, promenade à Nancy, le concert, cinéma, la Renaissance
18.2 lundi Au cinéma de la rue des Carmélites Monte-Cristo
19.2 mardi Péault directeur du théatre de la 7e A.
20.2 mercredi Les apéritifs au Point Centrale au Riche
21.2 jeudi Rencontre Gallant, cours de chefs de bataillon
[Photo : Babette, poupée de bois peint, rapportée par Edouard. Je l’ai eu longtemps et je l’ao donnée à ma belle-soeur mourante il y a 15 ans]
22.2 Vendredi Le commandant perd un de ses garçons, permission
23.2 samedi Bruits de départ
24.2 dimanche Déjeuné à l’Hôtel Thiers, grand concert Hôtel de Ville, la capitaine Leglaive commande le bataillon
25.2 lundi Nous préparons le départ
26.2 mardi Violent bombardement toute la nuit, dégats et victimes Hôtel Thiers, gare des marchandises
28.2 jeudi Départ de Nancy par mauvais temps, cantonnons à Rosières-aux-Salines
1.3.1918 vendredi Départ de Rosières-aux-Salines à cheval, arrivé à Lunéville (25 km E.S.E. de Nancy), nouveaux ordres, pas trouvé Henri Cassin (ami d’enfance d’Edouard) camp de Blainville
2.3 samedi Départ de Lunéville, froid, pour Réménoville, route difficile par Roussaie
3.3 dimanche Installation au village, grand-messe, sermon du curé, arrivée de la 1ère C.M. commandée par l’adjudant, je suis seul au cantonnement
4.3 lundi Arrivée de la 2e Cie Luneau Lalou, arrivée du commandant, Vetter, Jaunait, ordre d’aller à Blainville malgré que soit dit que nous changeons d’armée
5.3 mardi Départ pour Blainville-sur-l’Eau (9km S.O. de Lunéville), rencontre de Mr Leglaive, arrivée aux cours F.M., installations, bonne chambre chez Mr Lacroix
6.3 mercredi Cours de F.M., tirs et théorie
7-9.3 Sports, courses, méthode Hébert, mais le tout bien tranquille avec Mr Quenel et les camarades
10.3 dimanche Messe à Blainville, promenades avec Trémulot en poilu, les premières journées de printemps, les digestifs chez le Russe, la popote, Chotin qui n’était pas au déjeuné
14.3 jeudi Henri Cassin et Benoist viennent nous rendre visite
15.3 vendredi Les tirs, promenade à Damelevières (à 2 km)
Carte de Leglaive à Edouard (après la guerre) « Mon cher lieutenant, je ne peux quitter l’Alsace sans vous adresser un salut cordial de cette terre arrosée de votre sueur et même un peu de votre sang. L’excursion de dimanche à l’Hartmann fut intéressantes, mais vers 4 h au sommet un orage de 1ère grandeur nous attendait, n fin de journée mes pieds pouvaient croire que la guerre recommançait. Puis j’ai passé 2 jours à Thann, ville toujours accueillante, Rien ne reste des belles défenses dont nous étions si fiers et qui protégaient si bien la vallée de la Thur. Les anciens propriétaires de l’Ours Blanc ont transformé en hôtel une grande villa située près de notre popote, très belle installation, grand jardin, Hôtel du Parc. Ce soir Paris, Amitiés. Leglaive »
16.3 samedi Conférence du général de P.T.T. ,
17.3 dimanche Permission à Lunéville par beau temps, vu Henri Cassin, arrosage de la Croix de Guerre
18.3 lundi Cours de fusil automatique
19.3 mardi Bruits de bombardement forêt de Parroy
20.3 Le propriétaire Mr Croix ancien charcutier à Nancy
21.3 jeudi Les armes automatiques, grands baraquements
22.3 On parle de l’offensive déclanchée chez les Anglais
23.3 samedi Les nouvelles sont mauvaises
24.3 dimanche On apprend que Paris a été bombardé par canon et on s’explique difficilement la chose
25.3 lundi Les cours continuent mais une certaine inquiétude règne, le 9e C.A. est rappelé
27.3 mercredi Puis d’autres corps, réception de Mr Quéré
28.3 Jeudi Saint Nous restions très peu à l’examen
29.3 Vendredi Saint Départ de Blainville, retard de train, arrivée à Baccarat (31 km S.E. de Blainville), mauvais temps, mauvais repas, départ pour Raon-l’Étape (10 km S.E. de Baccarat), arrivée par la pluie à Raon, pas de 84e, on apprend qu’il est à Thann (86 km S. de Raon, près de Mulhouse), vu Michel, départ à 23 h de Raon
30.3 samedi Arrivée à 3 h à Arche où nous attendons train pour Remiremont, Bussang, cantonné à Bussang
31.3 dimanche Pâques, départ de Bussang à 8 h, le colonel, Le taco, la montagne, la belle vallée malgré la pluie, arrivée à Wesserling et à 18 h 30 à Thann, nouveau colonel, diné chez le colonel

Télécharger l’original du carnet de guerre d’Edouard Guillouard

Je ne vous mets pas les vues directement car ce serait trop lourd pour visionner ma page, donc je mets seulement les liens, et cliquez pour télécharger :  octobre  1917  –  début novembre  1917  –   fin novembre 1917  – début décembre  1917  – fin décembre 1917  – début janvier  1918  – fin janvier  1918  –   février  1918  –   début mars  1918  –  fin mars  1918

 

Les hommes du 84° RIT 1914-1918 : médecins, infirmiers, brancardiers

Fernand Leglaive, qui avait un appareil photo et a pris beaucoup de photos de la vie au 84° RIT a pris 3 photos des hommes des services de santé.

février 1917 Arraye-et-Han : Edouard Guillouard à gauche, toujours avec ses jumelles, accompagne le docteur Couronné et un infirmier. Ils sont en promenade

« Juillet 1917, Carré médecin auxiliaire », il semble bien jeune et sans doute étudiant en médecine

« juillet 1917, Morville, brancardiers » Ils sont nombreux, car probablement beaucoup de blessés

Edouard Guillouard (carnet de guerre) Fernand Leglaive (appareil photo)

Les hommes du 84° RIT posent sur le cheval de l’ordonnance, jouent sur les ânes, puis suivent le cours d’équitation.

ILS POSENT SUR LE CHEVAL DE L’ORDONNANCE, avril 1915

J’avais de mon grand-père, Edouard Guillouard, une photo à cheval pendant la guerre 14-18.

Mon grand-père connaissait bien les chevaux, puisqu’il en avait 18, logés à Rezé, pour livrer la quincaillerie jusque dans le Finistère.

Cette photo (ci-contre) était tellement belle que je croyais qu’il avait eu un cheval pendant la guerre 14-18.

C’est en 2021, alors que j’ai déjà 83 ans, que je découvre la vérité sur cette photo, grâce aux albums de son ami Fernand Leglaive, le photographe de la compagnie, et fidèle compagnon durant ces 4 années difficiles.

En effet, je découvre dans la collection de photos conservées par Leglaive, qu’il y avait 6 autres cavaliers, et en regardant les 7 photos de cavaliers de plus près, je vois toujours la même maison et le même cheval.

Puis, lisant le carnet de guerre de mon grand-père, je comprends qu’en fait, ils ont eu ce jour-là la visite de l’ordonnance.

Je comprends que l’ordonnance était alors la liaison entre le commandement en chef et la compagnie, soit pour recevoir des ordres, soit pour remonter les problèmes de la compagnie.

Et bien sûr, l’ordonnance n’a pas de voiture, car elles sont encore rarissimes, mais un cheval.

Ce jour de la visite de l’ordonnance, le front était manifestement calme, et les officiers accueillent avec détente l’ordonnance, et ils sont même tellement détendus qu’ils posent tous les 7 sur le cheval de l’ordonnance, l’un après l’autre.

Je me souviens que lorsque j’étais petite, cette mode des photos posées dans un décor ou sur les genoux du père Noël était à la mode.

Mais gageons que là, Leglaive fait figure de pionnier en matière d’utilisation de l’appareil photo. Non seulement son appareil va retenir la vie au front, mais il va aussi voir des moments de détente.

[photo ci-contre, c’est Leglaive lui-même]

D’ailleurs, je vous mets ci-dessous une toute autre détente, qui est même si détendue, que c’est de l’amusement, presque comme des enfants.

Ainsi, je découvre que mon grand-père n’avait jamais eu de cheval pendant la guerre, mais que cette photo était un moment de détente des officiers de la 84°RI, lors de la visite d’un cavalier à Bailleulval en 1915.

Voici donc toutes ces photos pour que vous examiniez de près le cheval.

 

[photo ci-contre, le lieutenant Crehalet, souvent cité dans le carnet de guerre d’Edouard Guillouard]

 

 

 

 

 

 

 

 

toutes ces photos de Leglaive, en avril 1915, Bailleulval, 84° R.I.

[photo ci-contre l’adjudant Bichon]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ILS S’AMUSENT SUR LES ÂNES, février 1917

En février 1917, ils sont au Bois Rappont.

Là ils rencontrent quelques ânes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ILS SUIVENTS DES COURS D’ÉQUITATION, septembre 1917

[photo ci-contre « septembre 1917, l’Ache près de la côte de Montjoie »]

Ainsi mon grand-père est enfin sur un cheval, mais c’est en cours d’équitation.

 

 

 

 

Pourtant il connaissait bien les chevaux, puisque pour le magasin de quincaillerie en gros de ses parents il y avait 18 chevaux, et voici mon grand père, jeune homme, bien avant la guerre, qui est manifestement à l’écurie pour préparer des chevaux. Ici en 1904 à l’écurie Guillouard à droite, puis devant la quincaillerie avec une voiture à cheval, puis les employés.

Carnet de guerre d’Edouard Guillouard 84° RIT : mai-septembre 1917


Edouard Guillouard (carnet de guerre) Fernand Leglaive (appareil photo)

MORVILLE – MASQUES – LUTTE ANTI-AÉRIENNE 

 

1er juin 1917 mardi Visite du capitaine, masques pour les gaz, nous faisons entretenir les jardins et tailler les arbres, c’est le printemps avec ses fleurs, l’aspect a beaucoup changé

[photos ci-contre à gauche : « septembre 1917 St Jacques, appareil Tissot » – à droite « Morville, l’aumonier lançant une grenade »]

2.5 mercredi Nous avons la visite de Mr Faineux qui paye la solde aux officiers et sous-officiers, dont le pauvre Goron

3.2 jeudi La patrouille qui se fait chaque nuit est un amusement, comme il n’y a rien eu, on va la nuit à Fichon comme de jour, malgré les recommandations.

La patrouille sortie à 1 h commandée par le caporal Canié, sergent Goron, marche en tête et reçoit en arrivant à Fichon des grenades boches, repli de la patrouille abandonnant Goron, la patrouille de la 1ère passe et retrouve le casque et la carabine.

On prend les positions d’alerte puis sans moncommandement on retourne à Fichon où on retrouve Goron qui avait été dévalisé par les Boches. On transporte le sergent et on l’envoi à Belleville où il meurt dans la journée. Rapport, relève dans la soirée.

[je comprends pourquoi le jour précédent il était écrit « le pauvre Goron », car je me demandais bien pourquoi ce qualificatif. J’y vois la marque que mon grand-père a recopié après la guerre ses notes quotidiennes et ainsi ajouté un petit commentaire]


4.5 vendredi Remise de décorations, le colonel pas content de l’affaire de la patrouille casse le caporal

5.5 samedi Enterrement de Goron à Belleville

[photos  « juin 1917, Morville, la place de l’église –  « juin 1917, église de Morville » en agrandissant on distingue Leglaive, le photographe qui se fait photographier]

6.5 dimanche Forêt de Facq, messe à la popote

7.5 lundi Messe en Forêt pour Goron, culots d’obus près de la chapelle, départ en permission avec Vetter en camion après Belleville. Dinons à Nancy

8.5 mardi Paris, déjeuner chez Mme Leglaive

9.5 mercredi Arrivée à Nantes 2 h 37

13.5 dimanche Excursion à Préfailles en auto

17.5 jeudi Ascension, Première communion d’Odette, départ de Nantes à 23 h 15

18.5 vendredi Diné près la gare de l’Est avec Chaussé, le frère de Mr Leglaive, Vetter nous rejoint avec son frère

19.5 samedi Retour par Nancy, voiture à Pompey, départ pour les tranchées dans la soirée, Morville

20.5 dimanche Morville, je commande la compagnie. Glorion organise l’ilôt du village, c’est le beau temps, Lecomte

[photo ci-contre : mai 1917, le lieutenant Glorion » dont il est souvent question dans le journal d’Edouard Guillouard. Il ne semble pas avoir barbe et/ou moustache contrairement à la plupart. Il fume un cigare, et c’est la seule photo de tout ce lot qui montre un fumeur, car je suppose qu’il n’était pas facile de s’en procurer.]

21.5 lundi Arrivée de nouveaux sergents Peuch, Vitou, Varo, Hemery

22.5 mardi Retour au cantonnement 24 h de retard Mr Leglaive ne reprend que le 23 le commandement de la compagnie

25.5 vendredi La Patrouille commandé par Charron rencontre les Boches, les repoussent, bombardement du village dont nous organisons la défense, lancement de fusées, mitrailleuses

[la photo ci-contre est un paysage, et Leglaive en a pris plusieurs. Il manifeste ainsi son goût pour la photo, « Mai 1917 Eply vu des tranchées de Morville »]

26.5 samedi Nous sommes félicité par les camarades, le soir Glorion et Vetter vont en patrouille mais aucun résultat

27.5 dimanche Un canon de 37 prépare un emplacement

28.5 lundi Fichon reçoit un sérieux bombardement

29.5 mardi Le canon de 37 vient faire des tirs

30.5 mercredi La période se termine bien, sans incidents

31.5 jeudi Le colonel me promet la croix de guerre

1er juin 1917 vendredi Messe dans la petite chambre du 1er

2.6 samedi Visite du commandant Lochereau, Sacré part en permission, Glorion le remplace à l’ilôt nord

4.6 lundi Relève par le 6e, Mr Eon vient voir et est peu rassuré, le premier peloton va à Mousson, côte très dure, mais le jour tranquille

6.6. mercredi Merveilleuse vue sur les environs et Metz par le beau temps, les hommes travaillent avec le génie aux sapes dans l’église par équipe de 8 h

9.6 samedi Promenade à Pont-à-Mousson, la patisserie, la ville en ruine

10.6 dimanche Messe à Atton, képi rouge, les journées se passent tranquilles mais beaucoup orages

12.6 mardi Remise de décorations par le commandant : Charron, Peuch, Lanhuton, Rambaud, Thibaudeau, Boilard, le commandant et Glorion déjeunent avec nous

13-15.6 Mousson, excercice de tir à la forêt de Facq F.M. et grenades, tout les jours pour les hommes disponibles, Laison des Frains

16.6 samedi Le 2e peleton est à SteGeneviève avec Glorion

17.6 dimanche Messe à Atton avec Mr Leglaive, Fête-dieu

18.6 lundi Déjeuné à SteGeneviève, Sacré de retour part pour la section agricole de Morey le 16

20.6 mercredi Tir d’artillerie de 145, aviation de réglage

21.6 jeudi Nous partons dans la nuit remplacer le 6e, Locord s’excuse et renie ses racontards près le colonel

22-30.6 Morville, repise des emplacements et de l’organisation de la patrouille à Fichon, les boches continuent à envoyer tous les jours une cinquantaine d’obus sur la ferme isolée, du 77, 88, 105 et même 150, mais par ailleurs rien. Les jours et les nuits se passent sans incidents, c’est la belle saison, les jardins de Morville nous donnent des fraises, des castilles, des groseilles, des framboises à notre popote où Glorion sert de tête de turc, Bigeard nous a laché, il n’y a que Carré, mais le bridge continue.

[photo « juin 1917 maison brulee »]

1er juillet 1917 dimanche Mr Leglaive fait des photos

2.7 lundi Nous avons la visite de l’aumonier divisionnaire

3.7.1917 mardi Mr Leglaive apprend par le général Alnaux qu’il est proposé pour la citation au corps d’armée

5.7 jeudi Construction d’un emplacement de F.M. dans le jardin du curé

7.7 samedi Affaire Fouché où de la 8e section Glorion Bloff Bœuf et deux autres Vivien et Gouraud sont cités

9.7 lundi On parle d’une relève prochaine

[photo ci-contre « juillet 1917 Mousson, l’église »]

10.7 mardi Le 20e corps remplace le 33e, le 146e arrive à notre gauche, remplace le 515 de la 88e DI

12.7 jeudi Morville, les officiers du 155e viennent visiter le secteur, départ du capitaine Massé, le capitaine Tardieux intrigue, tous les soirs grande activité d’aviation direction Nancy, Pompey, Fouard

13.7 vendredi Nous quittons sans regret Morville malgré la tranquilité, la relève arrive à 23 h 30, dans cette soirée les avions font rage avec leurs fusées

14.7 samedi Partis à 0 h 30, nous traversons la Forêt de Facq, avions nous survolent, en passant à Loisy un bombardement à Limey, nous arrivons à Marbache (18 km au S. de Morville) vers 6 h, mauvais cantonnement, petit déjeuné sur les cantines, après-midi malgré la fatigue remise de décoration au capitaine Leglaive

15.7 dimanche Messe à Marbache petit pays très agréable sur le bord de la Moselle, les permisions sont parties à 60 %, départ en masse mais on attend au 17 pour le train

[photo ci-contre « Juillet 1917, Sielon agent fourrier »]

19-24.7 Mr Leglaive part ainsi que Glorion, je reste seul à la Cie avec quelques sous-officiers et une trentaine d’hommes dont une partie employée aux travaux agricoles, nous allons chaque jour faire un peu d’exercice

[ci-contre : « Juillet 1917 Marbache »]

25.7 mercredi C’est un peu monotone, je fais popote avec le commandant et le jeune Carré, quelques parties de bridge avec le 2e

27.7 vendredi Retour de Mr Leglaive et Glorion

28.7 samedi Pêche dans la Moselle

29.7 dimanche Promenade à Morey voir Sacré, bonne réception

[ci-contre « juin 1917 Mousson »]

30.7 lundi Départ en permission

31.7 mardi Paris, promenade, visite à Chaussé

1er août 1917 mercredi Arrivé à Nantes, départ Bernerie

2-4.8 Bernerie

5.8 dimanche Préfailles

6.8 lundi Retour à Nantes

7-9.8 Nantes

[ci-contre « juillet 1917 Morville route de Portseille »]

10.8 vendredi Départ de Nantes

11.8 samedi Retour à Monjoie par Toul, capitaine commandant bataillon

12.8 dimanche Messe à Manonville

13.8 lundi Camp de Monjoie, le génie capitaine

14.8 mardi Thiery lieutenant, 20/3 méthode Hébert

« septembre 1917 l’Ache près de la cote de Montjoie »

15.8 mercredi Travaux de sape et terrassement

16.8 jeudi Les effectifs des travailleurs

17-25.8 Installation du cantonnement, nous revoyons nos anciennes tranchées de 1916 Lironville, StJacques, StJean, les travaux marchent bien, la 1ère est installée au cam avec territoriaux, le dimanche le génie fait des match de foot, nous entretenons les meilleurs rapports avec le capitaine Thiery qui nous fait faire une salle à manger

26.8 dimanche La distraction est de venir à la messe à Manonville, Glorion m’emmêne chez Lili, les tirailleurs occupent la contrée
ci-contre : St Jean (légende d’Edouard)

« septembre 1917, route de Manonville »

1er septembre 1917 samedi Arrivée du 2e bataillon à StJacques pour prendre les tranchées, je vois Poupaud, le capitaine Tardieux, coup de main sur Limey-Remenauville

4.9 mardi Nous continuons nos travaux et le génie nous promet qu’il n’y a rien de changé pour nous

5.9 mecredi Le commandant Lochereau part se faire soigner les dents à Toul, Mr Leglaive prend le commandement du bataillon, j’apprends dans la soirée que je suis désigné pour suivre les cours de commandant de Cie à Essey

6.9 jeudi Départ pour Essey-lès-Nancy (35 km S.O. de Manonville, proche Nancy) par Dieulouard, Marbache, le cheval fatigué, nous déjeunons à Pompey, grande appréhension des cours, arrivée à Nancy, promenade à Essey où je trouve le capitaine Desnoyers du 69e

7.9 vendredi Installation à Essey, chambre route des Saulxures, popote 101 grand-rue où je rencontre Thoumason du 95e R.I.T., déjeuné, conférence à 5 h sur l’organisation, promenade, appéritif à Nancy

8.9 samedi Equitation, pavois, organisation


9.9 dimanche Promenade Nancy, rencontre Péault, le capitaine de La Motte

10.9 lundi Cours équitation, le mardi conférences

12.9 mercredi Visite à Art-sur-Meurthe (7 km S. d’Essey), avions de reconnaissance et photos, projections

13.9 jeudi Equitation au Parc, sur le pont de Nancy

14.9 vendredi Cours, conférences

15.9.1917 samedi Déplacement à Velaine, Fraimbois (10 km S.E. de Lunéville), canon de 37, obus de 75, en auto par Luneville, retour à 1 h


16.9 dimanche Promenade, travail en chambre, toujours grande appréhension, mais beaucoup plus rassuré

 

[photo ci-contre « septembre 1917, Drillaud en Julie » Je suppose que c’est Vetter mais je n’en suis pas certaine car je ne sais pas s’il a aussi suivi ce cours]

 

17.9 lundi Equitation, cours, conférences

18.9 mardi Visite au champ d’aviation de Maxeville, plus de 180 appareils, peu d’amabilité des aviateurs

20.9 jeudi Visite à Saiserais section de topographie, croquis, cartes, aviation, chasseurs et observateurs

21.9 vendredi Cours, équitation, conférences

 

[photo ci-contre « septembre 1917 St Jean, service de la voie de 60 »]

22.9 samedi Cours, travail en chambre

23.9 dimanche Travail, messe à St Léon, promenade à Nancy

24.9 lundi Equitation plateau de Maxeville, pavois, descente

25.9 mardi Cours camouflage

26.9 mercredi Plateau de Maxeville

27.9 jeudi Cours, conférence, croquis panoramique

[ci-contre : Nancy, panorama pris de Saint Epvre. Carte postale envoyée le 2.9.1917 par Edouard]

28.9 vendredi Equitation, croquis

29.9 samedi Equitation, capitaine Lediberdière

30.9 dimanche Travail, messe, promenade à Nancy

[ci-contre : « avion Allemand Aviatik DRV 2 mitrailleuses, abattu par nos canons près de Hoéville le 26 septembre 1917 » C’est une carte postale envoyée par mon grand-père à ses enfants et il a écrit  : « un boche qui envoyait des bombes, nous l’avons fait dégringoler. Papa l’a vu tomber »

« juillet 1917 : lieutenant Léonardi, capitaine Leglaive, commandant Mazé, lieutenant Faincue, colonel Monier-Vinard, lieutenant Besson »

Mais l’appareil photo de Leglaive a capturé bien autre chose que des officiers.

La photo ci-contre est prise en « juillet 1917, la chatte de la cure ». 

Donc que ce soit Leglaive ou ses camarades, il est évident qu’ils parvenaient à acheter des pellicules photo et n’en manquaient pas.

Il est vrai que la femme de Guillouard avait vécue son enfant voisine du photographe Pervez à Nantes, et gageons que Leglaive connaissait aussi un photographe à Paris.

 

J 1002 (soit 2 ans 8 mois 28 jours) arrivée des masques à gaz
J 1126 : Edouard n’a encore jamais parlé de peur, malgré tout ce qui tombe autour de lui, mais manifeste soudain une « grande appréhension »,. Il est envoyé suivre les cours de commandant, se doute bien qu’il aura du mal à suivre, faute d’études suffisantes ,et craint de décevoir les supérieurs, qui l’ont nommé. Belle grandeur d’âme de ces hommes, que la peur de ne pas être à la hauteur de la mission qui leur est confiée !
L’offensive du Chemin des Dames échoue, causant de lourdes pertes… des mutineries s’ensuivent.

Télécharger l’original du carnet de guerre d’Edouard Guillouard

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