Les bijoux de Françoise Bourigault veuve Chaillou, 1582

ses hériters sont réunis en l’hostellerie où pend pour enseigne l’image Ste Barbe rue de la Poissonnerie à Angers pour faire ouvrir une boîte fermée à clef, confiée à Julien Chaillou par feu Jacques Chaillou… (Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E)

Comme toute succession collatérale, celle-ci fourmille d’héritiers, dont le lien, non précisé (hélas), s’avère sur 3 générations, et sur une famille qui bouge assez pour s’être étendue de Briollay à Thouarcé, Rablay, Angers etc…
Dans ce qui suit, il y a un personnage clef qu’on connaît, il est marchand drappier à Angers :
Julien CHAILLOU sans toute né vers 1510 †après octobre 1593 Fils d’Etienne Chaillou et de Thomine Quentin x1 (ctm du 12 novembre 1553 Dvt Lecomte Nre royal Angers) Françoise LEGOUZ °Angers St Pierre 19 novembre 1533 †entre janvier 1560 et juin 1579 Fille de Jean LE GOUZ hôte de Sainte Barbe et de Anne Grudé (elle-même fille de l’hôte de l’hostellerie de la côte de baleine en faubourg Bressigny) dont 12 enfants, dont Anne, l’aînée, qui suit x2 Jehanne BOESTEAU †avant octobre 1593 (succession Dvt Garnier Nre Angers, le 4 octobre 1593)

Donc, au moment des faits, qui se situent en 1582, ce Julien Chaillou est âgé d’environ 72 ans, ce qui fait d’ailleurs que je le suppose un oncle de tous les Chailloux qui suivent dans cette affaire rocambolesque.
Anne CHAILLOU (fille aînée des précédents) °Angers St Pierre 12 mars 1554 Filleule de Guillaume Bonnier Md et de Louise Saillant. Elle teste le 6 juin 1579 Dvt Hardy Nre Angers x François LE MESLE Sr de la Hamonaye, hoste de Sainte Barbe à Angers

Sainte Barbe Musée de Blason et des Corporation. Selon une légende, elle était d’une grande beauté, aussi son père l’enferme dans une tour. Elle y devient chrétienne. Pour cela, son père la décapite lui-même, mais il meurt aussitôt foudroyé. D’où ses attributs : une tour à trois fenêtres, ciboire et hostie, ou canon et barils de poudre. Ici, elle porte le ciboire et la tour.

La scène se passe à l’hôtellerie Sainte Barbe à Angers. Ajoutez un notaire (c’est utile pour rédiger l’acte) un serrurier (c’est utile pour ouvrir) un orfèvre (c’est utile pour estimer). Allons-y ! :

Voici la retranscription de l’acte : Le 24 fevrier 1582 en présence de Me Jehan Legauffre notaire du roy notre sire à Angers et demeurant Angers et de présent estant en la maison et hostellerye où pend pour enseigne l’image Sainte Barbe rue de la Poissonnerie (la scène qui suit se passe à l’hôtellerie Sainte Barbe, qui est alors tenue par François Lemesle, gendre de Julien Chaillou. J’ai mis en caractères gras les personnages présents, qui seront ensuite cités lors de la choisie à la fin de l’acte, et manifestement chacun est représentant d’une branche et il y en a 5 branches puisque 5 lots, donc j’ai numéroté aussi de 1 à 5 pour faciliter la compréhension, tout en m’efforçant de faire les césures au bon endroit)
et encore en présence de honorables personnes sire Simon Davy advocat au siège présidial de ceste ville d’Angers et y demeurant paroisse de St Maurille et Renée Legrand sa femme à ce présente et de luy auctorisée quant à ce, ladite Renée Legrand fille de défunt Alexandre Legrand, ledit Alexandre fils de défunte Guillemine Chaillou,
Nicolas Jary mary de Marguerite Loiseau demeurant en la paroisse de St Lambert, René Loiseau demeurant en la paroisse de Rablay et encore lesdits Jary et Loiseau eux se disant procureurs et soy faisant fort de René Gaultier sergent royal et de Garys Loiseau femme dudit Gaultier et duquel Gaultier audit nom lesdits Jary et Loyseau ont dit avoir les droits et actions, lesdits les Loiseaux et femme et héritiers de defunte Jehanne Chaillou vivante femme de défunt Jehan Loyseau de Chemillé,
François Chaillou demeurant à Thouarcé tant en son nom que au nom et comme spécialement fondé de procuration passée sous la cour de Thouarcé par devant Toussaint Chasteau notaire d’icelle le jour d’hier, de Jehan Bastard veuve de feu Jehan Chaillou héritière mobiliaire de défunt René Chaillou et tant audit nom que comme soy faisant fort de chacun de Me Jacques Chaillou prêtre, Jehan, Gilles, Jehan et Julienne les Chailloux, ladite Julienne fille mineure de défunt Louis Chaillou, et encore ledit François Chaillou au nom et comme se faisant fort de Gabriel Apvril et Jehanne Chaillou femme dudit Apvril,
et honorable homme Gilles Réthoré sieur de la Chauvière demeurant en ladite paroisse de Thouarcé au nom et comme curateur ordonné par justice de la personne biens et choses desdits Jacques, Mathurin et Julienne les Chailloux, enfants mineurs de défunts Jacques Chaillou et Marie Réthoré,
et Estienne Chaillou marchand demeurant en la paroisse de Rablay, (on apprend plus bas qu’il y a 5 branches de Chaillou, et je me suis efforcé de faire les césures comme le laissait paraître les choisies qui figures ci-dessous. Cela n’était pas aisé, et peut être remis en question, car dans ces actes notariés, écrits sans alinéas, il est difficile d’établir parfois le fil des différentes branches...)

tous les susdits es noms et qualités que dessus, héritiers les tous de défunte Françoise Bourigault vivante femme de défunt Jehan Chaillou, en présence desquels et à leur requeste, honneste homme Julien Chaillou marchand demeurant en la paroisse de Briollay a représenté un boueste de fer d’un demy pied de long et de cinq doigts de large ou environ regarnie d’une bande de fer par-dessus et fermée à clef, (le pied varie partout, celui de Paris faisait 32,483 cm, ce qui donnerait une boîte de 16 cm de long, en fait elle devait être de la longueur des cuillers)
laquelle ledit Julien Chaillou (ce Julien Chaillou, qui n’est pas cité dans les héritiers, est sans doute un oncle. On le connaît : il est fils d’Etienne CHAILLOU x Thomine QUENTIN, est né vers 1530 †après octobre 1593. Il épouse en 1 par ctm du 12 novembre 1553 Dvt Lecomte Nre royal Angers, Françoise LE GOUZ qui lui donne 12 enfants puis, après 1573 il se remarie à Jehanne BOESTEAU. Il a environ 50 à 55 ans en 1582.) a dit et déclaré que ledit défunt Jacques Chaillou de son vivant luy avait baillé en garde ladite boîte, déclarant et vérifiant ledit Julien Chaillou ne scavoir ce qui estait dedans ladite boîte et ce fait à la requeste et présence de tous les dessus dits nommmés et de nous notaire, a esté faict ouverture de ladite boite par Thomas Fronteau Me serrurier en ceste ville d’Angers y demeurant paroisse de St Pierre et icelle boîte ouverte les pièces (au sens d’objet) d’or et d’argent qui s’ensuivent lesquelles ont esté prisées et estimées en présence des dessus dits et à leur requeste par honneste homme Roullet Remon Me orfèvre en cette ville d’Angers (Raoul Remon †en 1598 ou 1599, orfèvre à Angers 1571-1597, fils de l’orfèvre Guillaume Remon et de Marie Landry, neveu de l’orfèvre Toussaint Colpin, mari de Catherine Villeneuve qui lui donne 12 enfants)
Et premier huit cuillers d’argent ayant le manche avecque un racloir aussi d’argent le tout pesant ensemble 7 onces et ung gros, prisé à la raison de 6 escus et ung tiers le marc pour ce cy 3 écus 38 s 9 d
Item une chesne d’or faicte à pas dasne pesant quatre onces moins ung gros et demy prisé à la raison de 4 escus l’once pour ce cy 30 écus et demy
Item ung agnus dey (agnus dei : représentation artistique d’un agneau portant une croix) d’argent doré et ung petit pendant au travers appelé garantyère d’or le tout prisé ensemble un écu
Item 4 anneaux d’or en ung desquels y a ung setrin (Strin : Espece de pierre precieuse. Nicot, Thresor de la langue française, 1606) et l’autre ung cristal gravé et l’autre une cornalyne (Cornaline, pierre precieuse ainsi nommée, Onyx. Nicot, Thresor de la langue française, 1606) et ung torsis (sans doute un tortis, couronne de fleurs) le tout pesant ensemble six gros et prisé à la raison cy-dessus 6 écus
Item une pièce d’or appellée mouton à la grand lame lige prisé 1 écu 10 sols
Item ung double ducat valant 6 livres 4 sols prisé 2 écus 4 s

et au moyen de la représentation des choses susdites tous les susdits héritiers esdits nom et qualités que dessus en ont quitté et quittent et déchargtent ledit Julien Chaillou à ce présent et acceptant pour luy ses hoirs et ce fait les dessus dits héritiers esdits noms et qualités que dessus ont dict et déclaré avoir ledit jour d’hier retiré d’honneste femme Jehanne Mesnard veuve de défunt Jehan Chevalier vivant marchand et Me parcheminier en cette ville d’Angers scavoir est
ung pot d’argent avec 2 salières faites en équerre aussi d’argent le tout pesant ensemble 2 marcs et demy prisé à raison de 6 écus le marc, 16 écus et outre les susdits esdit noms ont pareillement représenté les meubles ensuivant lesquels ils ont pareillement dit avoir retiré de ladite Menard
et premier une soye de satin sans manche bordé de velour doublé de toile noire lequel a été prisé et estimé ung escu
Item une voille quere de robe de demys estade fort voilée et usée prisée par tous les dessus et de leur consentement 20 sols

Tous les meubles cy dessus mentionnez montent et reviennent ensemble à la somme de 62 escus et deux tiers d’escu 9 deniers tournois, (ce qui fait 188 livres 9 deniers, en 1582, somme que vous pouvez multiplier par 2 un siècle plus tard. Dans tous les cas, cela n’est pas une somme énorme, c’est surtout beau par la description qui en est faite...)
et ce fait à la requête de tous lesdits héritiers esdits noms et qualités cy dessus mentionnez, et inventoriés et appréciez comme dict est, ont esté mis en 5 lots (s’ils partagent en 5 lots, c’est qu’il y a 5 branches au même niveau) par ledit Remon comme ensuit (pour faciliter la compréhension, j’ai akpité ici ce qui ressort de la choisie qui a immédiatement suivi et laissé mes éventuels commentaires comme d’habitude entre parenthèses et en italique afin de distinguée clairement ce qui est dans l’acte et ce que j’ajoute):
la moitié de la chesne d’or – resté audit François Chaillou esdits noms
l’autre moitié de la chesne – choisi par ledit Réthoré audit nom, 4e choisissant
le pot d’argent avec l’argent de la petite garniture d’or – choisi par Etienne Chaillou, 1er choisissant
les 2 salières, 2 cuillers d’argent et une petite cuiller en façon de racloire et ung anneau auquel il y a enchassé une cornaline et l’anneau auquel y a un strin – choisi par lesdits Davy et sadite femme, 3e choisissant
6 cuillers d’argent et un anneau d’or auquel y a une pierre de cristal qui vaul le double ducat et le double ducat et la pièce à la grand l’une d’or, le soye de satin et la doublure de la quere de robe avec ladite boueste dont cy-dessus est fait mention choisi par Nicolas Jary et René Loyseau esdits noms, 2e choisissant

et pour ce que les 1er et 2e lots sont plus forts que les 3 autres de la somme de 4 écus 2/3 et 10 sous, et partant celui qui aura aura le 1er lot paiera au 4e lot la somme de 2 écus et 25 sous et celui qui aura le 2e lot paiera savoir à celui qui aura le 3e lot 30 sous et à celui qui aura le 4e lot lot 7 sols et à celui qui aura le 5e lot ung escu et 43 sous

  • Il s’agit donc du partage de bijoux qui sont un bien CHAILLOU, entre 5 branches de Chailloux, mais à quel niveau se situait Françoise Bourigault veuve de Jean Chaillou ? était-ce une soeur, une cousine, une tante, une grand-mère, une chose est certaine, tous ces Chailloux sont issus d’un tronc commun.
  • La présence d’argenterie et de tels bijoux, atteste d’une certaine aisance sociale, car je les rencontre peu dans les inventaires après décès. Il s’agit donc de marchands aisés, comme Toysonnier aime à nous parler.
  • Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    Testament d’Augustin Le Vavasseur, chaudronnier au Mesnil-Garnier (50), 1639

    fait à Corzé (49) où il est malade (Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E)

    Nos ancêtres se déplaçaient, et on les retrouve parfois dans les registres paroissiaux, mais aussi dans les actes notariés. Parmi ces déplacements, celui de nos voisins Normands, constituait une véritable route Normande, que j’appelle LA ROUTE DU CLOU, tant elle elle est liée à tous les métiers de la grosse forge et ses petits produits dérivés.
    Bien souvent, dans les métiers de la forge, on retrouve de véritables dynasties, tant le métier était spécialisé, aussi certains noms de famille sont pour ainsi dire réservés, il en est ainsi des Vavasseur, souvent issus de la forge. Je les retrouve à Riaillé etc….
    Parfois, le chemin de ces voyageurs, commerçants ou pélerins, s’arrêtait là où la maladie les emportait. Ce chaudronnier aura eu le temps de nous laisser ce bouleversant testament, qui comme tout testament commence par les affaires spirituelles, mais vous allez voir que les affaires temporelles d’Augustin sont importantes, y compris sur le plan généalogique. Donc, augustin Le Vavasseur meurt de l’épidémie, et j’ai ensuite mis en caractères gras sa recommendation de payer ceux qui porterons son corps en terre, cela signifie clairement qu’en période d’épidémie, les volontaires pour porter en terre au cimetière les morts d’épidémie, étaient courageux, et qu’il craignait qu’on ne le porte pas au cimetière.

    Voici la retranscription de l’acte : Le 20 octobre 1639 devant Christofle Davy notaire royal à Baugé résidant à Corzé furent présents établis et duement soubmis Augustin Le Vavasseur chaudronnier de la paroisse du Mesnil Garnier (dans la Manche, entre Coutances et St Lô, autrement dit vers la route des poîles et Villedieu) pays de Normandie, étant de présent au bourg de Corzé, étant de présent au lit malade, sain néanmoins en la grasse (grâce bien entendu, car je laisse toujours l’orthographe originale de l’acte, et ceci vaut à mon site d’être qualifié de site bourré de fautes d’orthographe.) de Dieu d’esprit et entendement, ne désirant décéder sans avoir ordonné de ses affaires spirituelles et temporelles, a fait le présent son testament de dernières volontés en la forme qui ensuit, et d’aultanct que les choses spirituelles sont à présent devant les temporelles il a recommandé son âme à Dieu à la glorieuse vierge Marie à tous les saintz et sainctes du Paradis, les suppliant intercédder pour luy vers sa grandeur, à ce qu’il luy plaise lors que son âme sera séparée d’avecq son corps (très jolie formule pour désigner le trépas, formule que je rencontre dans tous les testaments angevins) la recevoir en son paradis ;
    Item veult et entend que lors que son âme sera séparée d’avecq son corps sondit corps estre livré à la sépulture iceluy enterré au petit simetière audit Corzé, ou au grand simetière (je sais bien que c’est cimetière, mais une retranscription doit respecter l’original et non le corriger) à l’endroit qu’il plaira à monsieur le curé ;
    Item veult et entend que le jour de son enterrage (eh oui ! c’est l’enterrement) ou le lendemain il soit dit et célébré en l’église dudit Corzé ung service solempnel scavoir trois messes à haulte voix et à basse voix aultant, comme il y aura de prêtres habitués en ladite église avecq pareil service huit jours après ;
    Item veult et entend qu’il soit dit et célébré incessement après son décès en l’église de ladite paroisse du Mesnil Garnier ung trentain à haulte voix avecq pareil service à la fin ;
    Item veult et entend que ceulx qui porteront son corps à la sépulture ensemble ceulx qui le gouverneront en sa malladie soient payés et pour ce faire déclare qu’il donne à la confrairie du Rosaire établie en l’église dudit Corzé la somme de 60 sols à une fois payée pour participer aux prières qui seront célébrées ;
    Item veult et entend qu’il a donné et donne par ces présentes aux enfants de Laurent Cavalle et de défunt Germaine Le Vavasseur sa fille, la somme de 100 livres outre et parsus ce qu’il pourra avoir donné à sadite fille en advancement de droit successif lors de son mariage que pour leurs parts et portions qu’ils pourront prétendre en sa succession après son décès, sy mieulx n’ayment ses autres enfants (là, j’avoue avoir eu du mal à comprendre pourquoi il parle de Germaine sa fille, serait-ce un autre lit ?) consentir aux enfants de ladite Germaine Le Vavasseur sa fille partaigent avecq eux suivant la coustume de Normandie (sage précision, car nous sommes alors en pays de droit coutumier, lequel varie d’une province à l’autre, et les différences sont souvent importantes);
    Item veult et entend que toutes autres debtes qui se trouveront estre par luy instemment deues lors de son décès soient payées et acquitées
    et pour ses exécuteurs testamentaires il nomme Gervaise (autrefois utilisé pour Gervais, car l s’agit bien entendu d’un homme, je n’ai jamais rencontré de femme exécuteur testamentaire, pas plus que témoins dans les actes notariés d’ailleurs) Michel de ladite paroisse du Mesnil Garnier et Pierre Trouillard marchand audit Corzé, qu’il prie en prendre la charge, et exécuter fidèlement selon sa forme et teneur pour ce faire leur a dès à présent céddé quitté et délaissé tous et chacuns ses biens meubles et immeubles qu’il veut et entend estre convertis et employés jusqu’à parfaite et entière exécution d’iceluy, que ledit estably a voulu stipulé etc…
    Item déclare ledit testateur ne debvoir aulcune somme ne marchandie à Julien Le Vavasseur demeurant en ladite paroisse du Mesnil Garnier ;
    fait et passé au bourg dudit Corzé au devant de la maison Doucher ou est de présent ledit testateur en présence de Me Jehan Piron sergent royal demeurant au fauxbourg Sainct Michel du Tertre d’Angers, Vincent Minot aussi sergent royal

    J’ai mis la date en caractères gras, car nous sommes alors en épidémie, et elle emporte durant des mois une grande partie de la population. J’ai déjà mis sur mon site plusieurs dépouillements de cette épidémie, terrifiante, durant laquelle on n’avait parfois des familles entières atteintes et pas le temps de les enterrer au cimetière.
    Enfin, le don à sa fille Germaine est remarquable, car normalement tous les enfants ont la même chose, et la phrase, que j’ai fidèlement retranscrite, n’est pas clair, car s’il a d’autres enfants, cela pourrait signifier qu’elle est d’un autre lit… bref, sans doute un élément pour ceux qui en descendraient le cas échéant. On nomme toujours 2 exécuteurs testamentaires, et l’un d’eux est du Ménil Garnier, mais je ne pense pas qu’il soit venu après avoir été prévenu, car l’épidémie ne le permettait pas. Je pense qu’Augustin Le Vavasseur ne voyageait pas seul, et qu’il nomme son compagnon de voyage. Et bien sût le voyage était commercial et ils vendaient chaudrons et poîles…

    A demain, pour les émotions rocambolesques dignes de la chasse au trésor.

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1690 : juillet, août, septembre, octrobre, novembre, décembre

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 1er juillet (1690) mourut la veuve du feu Sr Gaudais. Elle s’appelait Marguerite Blondeau ; elle a laissé un garçon et une fille.
  • Le 2 (juillet 1690) le sieur Poitras épousa Melle Babault.
    Dans ce même temps mourut la femme du feu Sr Gannes Me apothicaire.
  • Le 8 (juillet 1690) le Sr Carré notaire en cette ville, veuf de défuntes dames Chesneau et Pelletier ses premières femmes, épousa en troisièmes noces la fille du feu Sr Quellier docteur en médecine et de la Delle Desportières.
  • Dans ce même temps, le Sr Trochon, épousa la fille du Sr de la Gaulerie Brondeau.
  • Le 31 (juillet 1690) la fille de Mr Jean Gault avocat au siège présidial de cette ville épousa monsieur Huslin gentilhomme.
  • Le 6 août (1690) une des filles de Mr Leroyer de la Baronnière avocat audit siège épousa le nommé Mariet receveur du tabac en cette ville (eh oui ! déjà un impôt sur le tabac) ; il est de la ville de Château du Loir.
  • Le même jour, la fille de défunts Mr Aveline de Narcé conseiller au siège présidial de cette ville et de la dame Guilbault, épousa le fils unique de Mr Guérin avocat et de la Delle Mussault.
  • Le 29 (août 1690) la fille de défunts Mr Guynoiseau avocat au siège présidial de cette ville et de la Delle Rossignol, épousa Mr Moreau Sr de la Mustière, fils du défunt Sr Moreau et de la dame Augereau du diocèse de Poitiers.
  • Le 28 (août 1690) le fils de défunts Sr Poilpré bourgeois de cette ville et de la demoiselle Baufait, épousa la fille de monsieur Louët, cy-devant lieutenant particulier au siège présidial de cette ville, et de la défunte dame Sérézin.
  • Le 18 septembre (1690) le fils du feu sieur Gyrois de l’Aiglerie épousa la fille du feu Sr Gannes Me apothicaire en cette ville et de la défunte dame …
  • Le 24, mourut le Sr Allard cy-devant marchand en cette ville, et depuis hoste de l’hôtellerie où pend pour enseigne le Roy des gardons en Reculée. Sa femme s’appelle Brouteau de la ville de Château-Gontier. (les auberges avaient franchement de jolis noms, c’était tout de même plus beau que nos chaînes hôtellières actuelles...)
  • Le 2 octobre (1690) mourut Mr Cordier garçon, avocat, fils de défunt Mr Cordier aussy avocat et de la Delle Saget.
  • Le 9 (octobre 1690) le fils du Sr Préjan marchand, lieutenant des eaux et forêts d’Anjou, épousa la fille du Sr Yvard, notaire en cette ville.
  • Le 10 (octobre 1690) Mr Delorme, fils de Mr Guy Delorme, avocat, épousa la fille du feu Sr ….
  • Le 12 (octobre 1690) la femme du Sr Sourdrille praticien mourut et fut enterrée en l’église de St Michel du Tertre ; elle s’appelait Rousseau.
  • Le 26 (octobre 1690) mourut la femme du Sr Gilbert cy-devant marchand en cette ville ; elle s’appelait Leliepvre.
  • Le 1er novembre (1690) mourut mademoiselle Bachelot fille de défunts Mr Bachelot contrôleur au grenier à sel de cette ville et de Delle Renée Panetier ; elle était âgée de 35 ans.
  • Le 7 (novembre 1690) mourut monsieur François Maudoux, prêtre, curé de St Michel du Tertre. C’était une personne d’un rare mérite, d’une grande piété et d’un bon exemple. Il savait l’art de toucher le cœur par ses prônes. Il était de la ville de La Flèche ; il a été curé pendant vingt et cinq ans.
  • Dans ce temps, monsieur Boucault de la Houssaye, conseiller au siège présidial de cette ville, veuf de la dame Gandon et ayant cinq enfants de ce mariage, épousa mademoiselle Lepetit de la Besnerie.
  • Le 13 (novembre 1690) on publia l’établissement de deux nouvelles foires, savoir pour le premier jour du mois de may et pour le 6 du mois d’août de chaque année. (Note de Marc Saché : Il existait déjà 2 autres foires régulières depuis l’octroi des lettres patentes de décembre 1646, l’une le lendemain de la Fête-Dieu, l’autre à la Saint-Martin d’hiver, chacune d’une durée de 8 jours.)
  • Le 16 (novembre 1690) le sieur Chatelain épousa la fille du Sr Planchenaut.
  • Le 27 (novembre 1690) le Sr Guyonneau, fils du feu Sr Guyonneau de la Riaillerie, lieutenant à Brissac épousa la fille du feu Sr Alaneau marchand poislier en cette ville.
  • Le 28 (novembre 1690) mourut le Sr Caternault, fils du feu Sr Caternault notaire royal en cette ville et de la dame Perrouin. Il avait épousé la fille du feu Sr Lancelot.
  • Le 29 (novembre 1690) mourut Mr Viot avocat au siège présidial de cette ville. Il avait épousé la fille du Sr Cireul notaire royal en cette ville, duquel mariage il a laissé cinq enfants.
  • Le même jour (29 novembre 1690) mourut la mère du Sr Bourneuf huissier audiencier au siège présidial.
  • Dans ce même temps, le Sr Beguyer, fils de défunt Antoine Beguier barbier baigneur en cette ville, fut receu dans l’office de greffier de l’hôtel de ville, créé par le Roy et cy-devant possédée par Me des Portes Poitevin.
  • Le 30 (novembre 1690) mourut la femme du feu Sr Tonnelier marchand de draps de laine. Elle a laissé trois enfants, un garçon chanoine régulier, et deux filles ; la première est morte femme de Mr Guilbault avocat. Elle s’appelait …
  • Le 5 décembre (1690) mourut Mr Boisourdy bourgeois, capitaine de ville ; son fils est avocat du Roy.
  • Le 11 (décembre 1690) monsieur de Vurie gentilhomme épousa la fille de feu monsieur Boylesve de la Maurouzière Me d’hôtel du Roy et de la dame Lanier.
  • Le 15 (décembre 1690) mourut madame du Ménil femme en secondes noces de monsieur du Ménil cy-devant avocat du Roy, duquel mariage il n’y a point d’enfant, et en premières noces en 1652 femme de feu monsieur Cupif d’Aussigné, duquel mariage il y a un enfant qui fut tué au sortir du Louver par monsieur Duplanty Boylesve. Elle s’appelait Lemarié, fille de François Lemarié et de Delle Licquet.
  • Le 18, monsieur de l’Eperonnière Sansonnière, escuier, épousa la fille de feu monsieur du Chiron Davy conseiller au siège présidial et de la dame Deroye.
  • Cette année a été assez heureuse et fertile en bleds et en vin.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
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    Contrat d’apprentissage de sergier et teinturier, Aviré (49), 1764 pour Maurice Bourneuf chez Mathurin Lemanceau

    (Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E)

    Nous poursuivons les contrats d’apprentissage. Vous vous souvenez, le serger ( »sarger, sergier ») est celui qui tisse la laine.
    Le contrat ci-dessous est particulier en plusieurs points :
    il nous apprend que certains sergier pratiquaient la teinture de leurs draps de laines

    La teinture de draps, miniature in Bartholomeus Anglicus, Des proprietez des Choses, Bruges, 1482 (Londres Royal British Library)

    L’apprenti a 25 ans, et ne paiera rien. Il semble donc que l’un et l’autre y trouvent leur compte, car l’apprenti participe assez aux travaux.

    Voici la retranscription de l’acte : Le 11 février 1764, devant Pierre Allard notaire royal en Anjou résidant à Louvaines, furent présents Mathurin Lemanceau serger et teinturier, demeurant aux Crusardières paroisse d’Aviré,
    et Maurice Bourneuf garçon âgé d’environ 25 ans, demeurant en qualité d’apprentif en la maison dudit Lemanceau,
    lesquels sont convenus du brevet d’apprentissage promesses et obligations suivantes à savoir que ledit Lemanceau prend et accepte ledit Bourneuf en qualité d’aprentif en sa maison et demeure pour le temps de 2 ans commencés de Noël dernier,
    pendant lequel temps il promet et s’oblige lui montrer et enseigner à son possible sondit métier de serger et la teinture des laines et étoffes qu’il fabrique et ainsy qu’il le fait ordinairement et non plus avant, le nourrir, coucher, reblanchir et chausser ainsi qu’il appartient à aprentifs de même métier,
    ce que ledit Bourneuf a accepté, promis, promet et s’oblige exécuter et travailler audit métier de serger et teinturier, pendant ledit temps, et même tirer et filer de l’étein (je n’avais pas trouvé la signification, c’est fait grâce à vous, voir ci-dessous), sans pouvoir s’absenter ni ailleurs aller travailler sans le consentement dudit Lemanceau, sous les peines qui y appartiennent,
    comme aussi il promet et s’oblige d’aider ledit Lemanceau à travailler sur les terres qu’il exploite seulement dans le temps de la récolte,
    le présent brevet d’aprentissage ainsi fait aux conditions et obligations cy-dessus et pour ledit temps de 2 ans commencés de Noël dernier, seulement et pour tout payement, et si les parties veulent des expéditions des présentes elles les payeront chacun à ses frais…
    fait et passé au bourg de Louvaines, demeure de Jean Beaumond hôte, en présence de Marc Paigis marchand demeurant à Louvaines témoins.

    Au fil de ces contrats, vous découvrez la durée de formation de chacun. Mais au fait, quelle est la durée de formation d’un chirurgien ? Elle arrive bientôt, mais vous pouvez émettre ici vos hypothèses, compte-tenu de ce que vous savez déjà des autres métiers.

    Je prépare une petite histoire rarissime dans une succession, qui sent bon la chasse au trésor. Elle arrive bientôt, malheureusement, je ne peux laisser le titre (la fameuse case en haut, et le sous-titre), en forme d’énigme, car les moteurs du WEB n’analysent pas la recherche des trésors et les énigmes, mais bien des termes plus substantiels, donc vous aurez la réponse dans le titre… désolée de cette forme concrète des méthodes du WEB. Mais sincèrement préparez vous à une affaire rocambolesque…

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    Retraite d’une veuve chez son gendre, Jacques Justeau, maréchal en oeuvres blanches, 1708

    Meubles et location de la chambre, à La Chapelle-sur-Oudon, 49 (Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E)

    Après le décès de son époux Jean Bodard, maréchal en oeuvres blanches, Suzanne Lespron, mon ancêtre, s’était retirée chez son gendre Justeau, aussi maréchal en oeuvres blanches. Elle avait fait dresser la liste de ce qu’elle y avait emporté, et mieux, l’acte donne à la fin, le montant du loyer annuel versé à Justeau, 4 livres. Cet acte illustre le sort des veuves, et aussi le coût de la vie par des exemples concrets, ici le loyer de la chambre par an. Il nous livre également la présence d’un fils infirme.

    Voici la retranscription de l’acte : Le 11 septembre 1708, dvt Claude Bouvet Nre Royal Segré, h. personne Suzanne Lespron veuve de †Jean Bodard vivant maréchal en œuvres blanches demeurant au village de Vrezée (c’est ainsi qu’on appelait autrefois la Verzée) à La Chapelle-sur-Oudon, gisant au lit malade mais par la grâce de Dieu saine d’esprit et de mémoire et d’entendement, laquelle craignant qu’après sa mort ses enfants vinssent du différent entre eux à cause des meubles qui sont en la maison de Jacques Justeau maréchal en œuvres blanches son gendre où elle est détenue malade, pour y obvier elle déclare avoir les meubles qui suivent

  • un lit garni où elle est à présent gisante dont le demi-tour est de Tirtainne garni de franche et franchette de soie, une couverture blanche plus que demie usée, une couette, un traverslit, et un oreiller le tout ensouillé de couetty, paillasse et charlit,
  • une paire de prisse (genre d’armoire) de pommier fermante à deux fenêtres, & de clef,
  • un bois de couchette couette et paillasse un traverslit de peu de valeur,
  • une table ronde de bois de noyer,
  • un charlit de bois de noyer (écrit noier), une couette ensouillée de couetty et un traverslit ensouillé de toille,
  • une poisle à frire, un grand poislon, et une passette d’airain, un rond aussi d’airain, une marmitte de fer avec son couvercle d’airain, deux petits chaudrons percés, et un autre petit chaudron, le tout de cuivre,
  • deux petits chenets, une crémaillère (écrit cramaillère), une broche à rostir, le tout de fer,
  • un vieil cabinet,
  • une vieille huche,
  • deux lampes et deux chandeliers de potin, l’une desquelles lampes est raccommodée de fer,
  • 19 livres d’étain, tant creux que plat, (c’est la vaisselle, toujours estimée au poids)
  • 8 draps de toille de brin et reparon, dont 2 usés,
  • 14 chemises à l’usage de ladite établie, desquelles il y a 9 presque neuves, et les autres plus demi-usées,
  • 3 nappes de brin,
  • une demi-douzaine d’essuismains,
  • 3 souilles d’oreillers, et 4 serviettes,
  • 16,5 livres de laine filée laquelle laine ladite établie déclare employer à faire faire de l’étoffe …,
  • plus 1 autre bois de couchette garnie d’une couette,
  • 1 traverslit, … lodier et paillasse qu’elle dérire relaisser à Pierre Bodard son fils, qui y est gisant infirme,
  • 6 chaises de bois foncées de jonc desquelles il y une de bois de chêne,
  • 2 futs de pippe de peu de valeur,
  • 1 fut de busse et quart de pippe,
  • 1 rouet à filer,
  • 1 saloire (écrit salouer) … à vanner, 1 crocher de fer, à pecher,
  • le tout qu’elle veut être partager entre sesdits enfants après son décès, ce que ledit Jousteau et Suzanne Bodard sa femme ont reconnu devant nous avoir vu en ladite maison,
    voulant au surplus ladite Lespron que son testament passé devant †Me René Guyon notaire royal audit Segré le 27.11.1703 soit exécuté selon sa forme … laquelle exhorte sesdits enfants de discuter leurs droits dépendant des biens qu’elle leur relaisse le plus pacifiquement que faire se pourra,
    fait et passé au village de Vrezée maison dudit Jousteau en présence de François Bodard marchand et de Jean Bodard maréchal en œuvres blanches enfants et gendre de ladite établie, et encore de François Bodard Me cordonnier et Louis Bigot tailleur d’habits à Segré,…
    et à l’égard du louage de la chambre qu’elle occupe chez ledit Justeau et femme, ils ont convenu entre eux et ladite Lespron s’oblige leur payer de louage par chacun an 4 L, et entretiendra ladite chambre bien carrelée (AD49)

    Si je compte bien, il y a 5 lits dans la pièce, et elle dort donc seule, son fils handicapé aussi, et sans doute une servante. C’est rare de voir autant de lits devenus individuels, je suppose que ce sont les lits qui ont fait toute la vie de Suzanne Lespron, devenus vides depuis le mariage de ses enfants et son veuvage, mais qu’elle a conservés jusqu’à la fin de ses jours. D’ailleurs, tout le reste semble bien être tout ce qu’elle avait du temps de son époux et dont elle ne se sépare pas encore. Il semble que la présence d’un fils handicapé a fait que ses enfants n’ont rien partagé de ses meubles de son vivant, car généralement, les veuves se ratatinent beaucoup.

    En ce WE de Pentecôte, vous vous reposez, mais préparez vous à un billet extraordinaire : Lors d’une succession, prenez une hôtellerie, un serrurier, un orfèvre… et vous allez vivre un moment haut en couleurs, rarissime dans un acte notarié… car vous pouvez ajouter une grande dose de mystère, mieux que dans n’importe quel roman.
    Je suis en train de le préparer, malheureusement, je ne peux laisser le titre (la fameuse case en haut, et le sous-titre), en forme d’énigme, car les moteurs du WEB n’analysent pas la recherche des trésors et les énigmes, mais bien des termes plus substantiels, donc vous aurez la réponse dans le titre… désolée de cette forme concrète des méthodes du WEB. Mais sincèrement préparez vous à une affaire rocambolesque…

    A ce propos, savez-vous que ce site est visité par des auteurs, qui glanent la vie d’antan pour leurs écrits. Eh bien, ils ne vont pas être déçus, vous aussi d’ailleurs…

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1690 : janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 2 janvier (1690) mourut monsieur Boylesve de la Mauricière ; il était extrêmement riche ; sa femme s’appelait Papin. Il avait deux filles ; l’aînée a épousé Mr de Genouillac conseiller au parlement de Paris, et l’autre est décédée laquelle avait épousé monsieur le comte de la Porte seigneur de la Thibaudière, dont il n’y a point d’enfant.
  • Le 10 (janvier 1690) Mr de Chantepie Leroyer, fils de feu Mr de Chantepie Leroyer, lieutenant en l’élection de cette ville, épousa la fille de Mr Coueffé, avocat et de la Delle Huchedé.
  • Le même jour (10 janvier 1690) la fille du feu Sr Crosnier Me chirurgien en cette ville épousa le Sr Lehoreau médécin à Nantes.
  • Le même jour (10 janvier 1690) la fille de Mr du Roger d’Angenay conseiller à la prévôté, épousa le Sr Drouet.
  • Le 11 (janvier 1690) monsieur Garsenlan auditeur des comptes en Bretagne, fils du Sr Garsenlan de la Perrière, cy-devant marchand en gros de bled, et de la dame Mestayer, épousa la fille de défunts monsieur de la Perrière Foussier conseiller au présidial de cette ville et de la dame Gardeau.
  • Dans ce mesme temps, mourut mademoiselle Poilpré. Son fils aîné a épousé la fille de feu Mr Muzard secrétaire de monsieur l’évêque d’Angers, et une fille a épousé le sieur Saget bourgeois. Elle s’appelait Gabrielle Bachelot.
  • Le 18 (janvier 1690) Mr Bonvallet veuf de la Delle Pasqueraye épousa la fille de Me Gilles Guilbault avocat.
  • Dans ce même temps, mourut la femme de monsieeur Gueniveau de Souvigné cy-devant procureur du Roy au siège de la prévôté de cette ville. Elle a laissé deux garçons ; elle tomba dans un petit ruisseau proche le clos des marchands ; elle s’appelait Girault.
  • Le 23 (janvier 1690) monsieur du Temple Erreau, procureur du Roy au siège de la prévôté de cette ville, fils de feu monsieur Erreau docteur régent ès loix et de la Delle Verdier, épousa la fille de feu monsieur Deroye conseiller au siège présidial et de la dame Talour.
  • Le 27 (janvier 1690) mourut le sieur Garciau commissaire au greffe civil du siège présidial de cette ville, âgé de 49 ans. Il a laissé plusieurs enfants ; l’aînée a épousé le Sr Paytrineau marchand de soie associé avec le Sr Geslin.
  • Le 29 (janvier 1689) Mr Voisin Sr du Sauzay, fils de monsieur Voysin, docteur régent ès loix, et de la feue Delle Toublanc, épousa la veuve du feu Sr Sourdrille de la Bachelotière, duquel mariage il y a quatre enfants. Elle s’appelle Boizourdy.
  • Le 31 (janvier 1690) le Sr Destriché de la Barre, épousa la fille du feu Sr de la Gallicheraye Coutard et de la dame Charon.
  • Le 2 février (1690) le Sr Dupas de la Grée épousa la fille du feu Sr Cadoz, clerc du palais.
  • Le 9 (février 1690) mourut monsieur Coutard de Narbonne, conseiller honoraire au siège de la prévôté de cette ville.
  • Le 15 (février 1690) mourut monsieur Martineau ; il avait autrefois été Me apothicaire en cette ville. Il n’a point laissé d’enfants.
  • Le 16 (février 1690) monsieur Voisin, docteur régent ès-loix, âgé de 74 ans, personne d’un mérite rare et distingué et d’une science très profonde. Il avait épousé la Delle Toublanc, dont il y a deux garçons ; le 1er a épousé la fille de Mr de la Porte Trochon, et l’autre Melle Boizourdy veuve de feu Mr de la Bachelotière Sourdrille de la ville de Château-Gontier.
  • Le 21 (février 1690) mourut monsieur Allard, banquier. Il a laissé plusieurs enfants d’un second mariage avec Melle Barbereau, et du premier avec Melle Lagouz, une fille unique mariée avec monsieur Delaunay, avocat.
  • Le 24 (février 1690) mourut monsieur Cordier avocat. Il a laissé un fils unique aussy avocat de son mariage avec Melle Saget. Il ne fréquentait point le barreau.
  • Le 16 mars (1690) mourut le Sr Doublard cy-devant marchand droguiste. Il avait épousé la dame Delorme, duquel mariage il a laissé 2 garçons qui sont avocats, dont l’aîné a épousé la fille du feu Sr Ponceau praticien au palais.
  • Le 17 (mars 1690) mourut la femme de monsieur Romain Sr du Perray bourgeois de cette ville. Elle s’appelait Lezineau ; elle n’a point laissé d’enfant.
  • Le 20 (mars 1690) mourut la femme du sieur Goussard marchand chapelier. Elle s’appelait Le Bannier.
  • Le 28 (mars 1690) mourut monsieur Gault Sr de Baubigné avocat au siège présidial de cette ville, fils de feu Mr Gault Sr de la Saunerie aussy avocat et de la Delle … Il était âgé de 39 ans ; il a épousé Melle Trioche de la Bétonnière.
  • Le 2 avril (1690) mourut la fille de monsieur Quelier de Marcé, lieutenant de prévôt de cette ville ; elle était veuve de feu Mr Legras de Laugeardière gentilhomme duquel mariage il n’y a point d’enfant.
  • Le 3 (avril 1690) mourut Mr Carré, fils de Mr Carré notaire royal en cette ville, mon cousin rémué de germain. Il avait épousé la fille du Sr Pouneau marchand à Saumur dont il n’y a point eu d’enfant. Il était âgé de 27 ans.
  • Le 9 (avril 1690) mourut le Sr Lemasson, fermier du temporel de l’abbaye de St Nicolas. Il avait épousé en premières noces madame Hodemon, tante de ma femme, laquelle était veuve du Sr Garsenlan et dont il n’y a point eu d’enfant, et en secondes il a épouse Madame Le Couz.
  • Le même jour (9 avril 1690) mourut mademoiselle Gontard âgée de 75 ans, femme de feu Mr Gontard avocat. Son fils aîné aussy avocat décédé, avait épouse Melle Primault dont il y a des enfants ; un autre aussy avocat a épousé Melle Chotard ; un autre est décédé archiprêtre de Juigné ; et une fille a épousé Mr Lebloy aussy avocat, laquelle est décédée et a laissé une fille.
  • Le 18 (avril 1690) mourut le Sr Deslandes, commis au greffe civil du siège présidial de cette ville. Il a été marié deux fois ; sa première femme fut frappée de Mr Leroyer de la Baronnière avocat, dont elle mourut, ce qui coûté plus de 3 000 livres ; elle s’appelait Antoinette Serrin, duquel mariage reste deux filles dont une a épousé la Sr Ragot. Il y a plusieurs enfants du second.
  • Le 19 (avril 1690) mourut monsieur Reimbault de la Foucherie, prêtre, curé de Beaupreau et chapelain en l’église de St Michel du Tertre. Il était très honnête homme et extrêmement zélé.
  • Le 4 (avril 1690) monsieur Boguais de la Boessière cy-devant avocat, se fit installer dans la charge d’assesseur de l’élection de cette ville. Il est neveu de ma femme.
  • Le mesme jour, monsieur Hiron se fit aussi installer dans la charge d’eleu, lesquelles deux charges sont de nouvelle création.
  • Le 1er may (1690) messieurs Poullain de la Forestrie et de la Mothe Marchand, furent élus échevins.
  • Le même jour mourut la veuve de feu monsieur Hunault de Marsillé ; elle s’appelait Billard.
  • Le 4 (mai 1690) mourut la femme du feu Sr Allard banquier ; elle s’appelait Desplantes Barbereau ; elle a laissé plusieurs enfants.
  • Le 5 (mai 1690) mourut Mr Jousselin docteur régent en médecine, âgé de 78 ans. Il était très habile dans sa profession. Il a laissé deux filles ; la première décédée avait épousé feu Mr de la Rousselière Thomas conseiller au présidial dont il y a des enfants ; et l’autre a épousé Mr Grandet aussy conseiller au présidial et à présent maire de cette ville.
  • Le 9 (mai 1690) Mr Boussac avocat fils de Mr Boussac aussy avocat et de la demoiselle Jamet, épousa la fille de défunt Mr de la Possardière Brichet aussy avocat et de la Delle Gaultier.
  • Le mesme jour (9 mai 1690) mourut Mr des Rousses Herbereau conseiller à la prévôté. Il avait épousé défunte Melle Esther Davy dont il y a plusieurs enfants.
  • Le 10 (mai 1690) mourut mademoiselle de la Barre Louvet.

  • Le 19 (mai 1690) monsieur de comte de Maillé de Bourmont et de Tourlandry mourut en se maison seigneuriale de St Jean des Mauvrais. Il était âgé de 36 ans ; il avait épousé en premières noces mademoiselle Teullin de Montrou dont il y a un enfant et en secondes madame …
  • Le 22 (mai 1690) le Sr Descamp Me chirurgien en cette ville, veuf de la dame Mezières, duquel mariage il y a deux enfants, épousa la fille du Sr Brunet marchand de dentelles.
  • Le 28 (mai 1690) mourut madame Janvier veuve ; elle a laissé quatre enfants dont l’aîné a été marchand de soie en cette ville, mais il tomba aussytost dans la disgrace ; il avait épousé défunte dame Roullier. Elle était âgée de 58 ans ; elle s’appelait…
  • Le 30 (mai 1690) monsieur Le Tourneux président en l’élection de cette ville, fils de Mr Le Tourneux docteur en médecine, et de la demoiselle Jarry, épousa la fille de monsieur Vaulaige Sr de Vaugirault et de la défunte Delle Talour.
  • Le 6 juin (1690) mourut la femme de feu monsieur de la Blanchardière Audouin conseiller au présidial ; elle s’appelait Goupil. Elle a laissé plusieurs enfants savoir un garçon prêtre, à présent curé de Gonnord, un autre cy-devant conseiller audit présidial, qui a épousé la fille de feu Mr Drouin notaire et une fille décédée qui a épousé Mr Bernard conseiller audit siège.
  • Le 7 (juin 1690) mourut le Sr Audouin marchand voiturier.
  • Le 8 mourut le Sr Defaye cy-devant huissier audiencier au présidial.
  • Le 9 (juin 1690) mourut le Sr Chouteau praticien. Il avait épousé en premières noces la fille du Sr Rigault de Cré dont il y a 3 enfants, et en secondes la fille du feu Sr Goubault Me chirurgien en cette ville, dont il n’y a point d’enfant.
  • Le 10 (juin 1690) monsieur Hameau du Marais, fils de Mr Hameau du Marais, bourgeois et de la Delle Grémont, se fit installer dans la charge de conseiller honoraire nouvellement créée par le Roy.
  • Le 13 (juin 1690) le fils de feu Mr de la Porte, receveur des consignations et cy-devant élu en l’élection de cette ville, épousa la fille de monsieur Rousseau de Pontigné conseiller au siège présidial de cette ville et de la défunte dame Butin.
  • Le 19 (juin 1690) le sieur Labbé de Château-Gontier épousa la fille du sieur Beguyer marchand.
  • Le 20 (juin 1690) mourut Mr Quelier de Marcé, lieutenant de prévôt.
  • Le 27 (juin 1690) mourut le Sr Coutard du Brossé marchand. Il avait épousé la fille du feu sieur Yvert, duquel mariage il y a plusieurs enfants.
    Le 29 (juin 1690) mourut le Sr Rodaye marchand de soie, âgé de 32 ans.
  • Le 26 (juin 1690) mourut monsieur du Chiron Davy, cy-devant conseiller au siège présidial de cette ville.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
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