Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

1693 : janvier, février, mars, avril, mai, juin

Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 4 janvier (1693) mourut madame Milon ; elle avait épousé en premières noces le sieur Marest de la ville de Laval qui a exercé en cette ville le greffe en chef du siège présidial pendant quelques années, et en secondes noces le feu sieur Milon de la ville de Tours ; il n’y a point d’enfant de l’un et l’autre mariage. Elle s’appelait Joulain ; elle fut enterrée le lendemain dans l’église des pères Minimes.
  • Le 7 (janvier 1693) le prince de Danemarck partit de cette ville pour Paris.
  • Le 8 (janvier 1693) monsieur Michel Lepelletier docteur en Sorbonne, abbé de Joy et évêque d’Angers, arriva en cette ville. Toutes les cloches sonnèrent pendant une demie heure. (Note de Marc Saché : Michel Lepelletier, fils aîné du ministe d’Etat, fut nommé par le roi à l’évêché d’Angers le 15 août 1692. Il mourut à Paris, le 9 août 1703, et fut inhumé, contre son voeu, en l’église Saint-Gervais)
  • Le 8 (janvier 1693) mourut la femme du feu sieur Mauricau huissier. Sa fortune grossit beaucoup sur sa fin par le moyen d’une succession ; sa fille a épousé le feu sieur Lépagneul de la Plante. Elle a un fils à Paris qu’on dit marié, qui s’avance dans la fortune.
  • Le 10 (janvier 1693) monsieur Lepelletier évêque d’Angers fit son entrée dans l’église cathédrale ; tout le clergé, les religieux, le corps de ville, le lieutenant du Roy, le présidial, la prévôté, l’élection, les avocats et les notaires, la théologie et la médecine l’accompagnèrent dans cette cérémonie ; Le doyen de St Lo le harangua au nom du clergé. La procession fut depuis l’évêché par la place Neuve, la place de Sainte Croix, par la vieille Chartre, jusques à l’église. Le corps des marchands se présenta pour marcher devant les notaires qui les troublèrent, comme ils l’avaient fait lors de l’enterrement de feu monsieur Arnaud évêque d’Angers, pour raison de quoy il y a instance au Parlement.
  • Le 9 (janvier 1693) Mr Joseph Doublard avocat, fils du feu sieur Doublard marchand droguiste et de la feue dame Delorme, épousa la fille du sieur de la Plante Mauvif marchand de draps de laine et de la dame Esnault.
  • Le 12 (janvier 1693) mourut le sieur Garsenlan de la Perrière cy-devant marchand de blé. On dit qu’il gagna cent cinquante mil livres dans le commerce du blé dans les années 1651 et 1660, temps d’une grande disette des bleds. Il a laissé 4 enfants ; l’aîné conseiller au présidial a épousa la fille du sieur du Planty Frein cy-devant assesseur en l’élection et de la dame Boisard ; le cadet auditeur des comptes en Bretagne a épousé la fille de feu Mr de la Perrière Foussier conseiller au présidial ; une fille a épousé Mr Aubin de Chevaigné cy-devant Me des eaux et forêts et l’autre Mr de la Simonnière Herreau conseiller au présidial.
  • Le même jour, monsieur de Fontenay Thomas, conseiller au présidial, épousa Melle de Boumois Berthelot.
  • Le 13 (janvier 1693) mourut mademoiselle Chotard ; elle a laissé plusieurs enfants avancés en âge, non mariés. Elle s’appelait Pallu. Son mari est mort receveur de monsieur le prince de Condé dans la ville de Châteaubriant ; son fils aîné marié fait encore les mêmes fonctions.
  • Le 18 (janvier 1693) mourut le sieur de Perdoux, directeur des Aydes des cette ville. Il était fils d’un médecin de la ville d’Orléans. Il fut enterré le lendemain dans l’église des pères Minimes.
  • Le 26 (janvier 1693) monsieur de l’Epinay Lemarié, sénéchal de la ville de Beaufort, fils de feu Mr Lemarié cy-devant conseiller au siège présidial de cette ville et sénéchal de Beaufort, et de la feue dame … épousa la fille de feu Mr de Fontenay Thomas aussy conseiller audit siège et de la feue dame …
  • Le 27 (janvier 1693) Mr Dupont avocat au siège présidial de cette ville, fils de Mr Dupont aussy avocat et de la Delle Jamet, épousa la fille du feu sieur de l’Aubriaye Jamet bourgeois et de la Delle Brouillet sa cousine germaine, en conséquence de dispenses de Rome.
  • Le même jour (27 janvier 1693) monsieur Thomas de la Rousselière fils de feu monsieur Thomas de la Rousselière et de la feue dame Jousselin, se fit installer en la charge de conseiller au siège présidial de cette ville cy-devant possédée par Mr Grandet son oncle, et le même jour il épousa la fille du feu Sr Avril de la Chaussée vivant marchand et de la Delle Lemanceau.
  • Le 30 (janvier 1693) Mr Blanchet de la Martinière avocat fils de Mr Blanchet aussy avocat, se fit installer dans la charge de conseiller vérificateur des défauts au siège de la prévôté de cette ville.
  • Le 29 (janvier 1693) le sieur Dupont bourgeois veuf de la demoiselle Trochon de Richebourg, duquel mariage il y a une fille, épousa la fille du feu sieur Bouchard et de la feue dame Malbranche.
  • Le 3 février (1693) Mr Lebloy du Portail docteur régent ès-loix, veuf de la demoiselle Gontard, duquel mariage il y a une fille, épousa la fille du feu sieur de Cingé Denais et de la Delle Harangot.
  • Le 5 (février 1693) mourut Me Jouslain marchand de draps de laine.
  • Le même jour (5 février 1693) mourut le sieur Bourceau de la Daumerie bourgeois ; il était mal fait de sa personne, bossu devant et derrière.
  • Le 10 (février 1693) mourut la veuve du feu Sr Vallée, marchand libraire en cette ville. Cette femme était très habile dans son commerce ; elle a été regrettée de tous ceux qui la connaissaient. Elle a laissé plusieurs enfants ; un garçon aussi marchand libraire a épousé la fille de la veuve Durocher revenderesse, une fille a épousé le sieur Touchais marchand de soie en cette ville. (Note de Marc Saché : François Vallée, libraire à l’enseigne de la « Bible d’or », rue Chaussée-Saint-Pierre, avait en effet épousé en secondes noces Renée Marchand, celle que mentionne Toisonnier. Le second de leurs enfants épousa, en 1690, Françoise Durocher ; il succéda, en 1700, à son père, bien qu’il eût obtenu des lettres de maîtrise du recteur de l’Université en mars 1691. Il décéda le 25 septembre 1720)
  • Le 22 (février 1693) mourut la femme du sieur Travaillé de Mongodin ; elle s’appelait Herbereau des Chemineaux.
  • Le 2 mars (1693) Mr Beguyer plaida sa première cause.
  • Le 10 (mars 1693) mourut monsieur Jean Gouin avocat fils de feu Me Jean Gouin aussy avocat ; étant dans la rue St Lo de cette ville sur les neuf heures du soir dans la maison où se vend le caffé, il eut différend avec le sieur Destriché surnommé Le Bezier qui lui jeta une porcelaine à la teste, dont il mourut quinze jours après.
  • Le même jour mourut Mr Donon. Il avait épousé Melle Brault de Beaupreau, dont il n’y a point eu d’enfant.
  • Le 15 (mars 1693) mourut madame Gandon veuve du Sr Gandon marchand droguiste en cette ville. Elle s’appelait Théard. Elle a laissé un fils prêtre, une fille mariée avec le Sr Mabit et une autre fille.
  • Le 16 (mars 1693) mourut subitement la veuve du feu Sr Pelletier de la Gallicheraie ; elle s’appelait Benoist, elle a laissé plusieurs enfants.
  • Le 20 (mars 1693) mourut à Paris monsieur Héard de Boissimon, conseiller honoraire au siège présidial de cette ville. Il avait été procureur du Roy en l’élection de cette ville et directeur général des Gabelles.
  • On a levé cette année sur la ville la somme de trente et cinq mil cinq cent livres pour les ustanciles.
  • Le 30 (mars 1693) le fils de Mr de Volainne Gilles trésorier à Tours et de la dame Jouet épousa Melle de la Sablonnière Chotard veuve du feu Sr Duplessis Berthelot, duquel mariage il y a une fille.
  • Le 31 (mars 1693) la fille de défunts Mr de Gastine Poisson et de la dame Lefebvre de Chamboureau épouse Mr du Ronceray Bernard conseiller chevalier d’honneur au siège présidial de cette ville, fils de feu Mr Bernard président en l’élection et de la feue dame Boutiller.
  • Le même jour (31 mars 1693) Mr Leclerc, fils de monsieur Leclerc, assesseur au siège présidial de cette ville se fit installer dans ladite charge d’assesseur, et Mr son père resta assesseur honoraire en conséquence d’arrest du conseil privé.
  • Le 12 avril (1693) mourut Mr Paulmier avocat ; il était lors syndic des avocats. Il fut enterré le lendemain dans l’église des Cordeliers ; il avait épousé en premières noces la fille du feu Sr Jousse dont il n’y a point d’enfant, et en secondes Melle Ménard dont il n’y a qu’une fille qui était auparavant veuve du feu Sr … duquel mariage il n’y avait point eu d’enfant.
  • Le 13 (avril 1693) Mr Boylesve de Goismard conseiller au siège présidial veuf de Melle Gaultier de Chanzé dont il y a un enfant, épousa la fille de Mr de Méguyon et de la feue dame Jousselin.
  • Le 16 (avril 1693) mourut la femme du Sr de la Durbellière Avril, bourgeois ; elle s’appelait Provôt.
  • Le 20 (avril 1693) monsieur Reimbault de la Foucherie cy-devant banquier à Rome, se fit installer dans la charge de maire perpétuel de cette ville.
  • Le même jour (20 avril 1693) le fils de monsieur de Crespy de la Mabillière, procureur du Roy au siège présidial de cette ville et de la dame Chauvel de la Boulaye épousa Melle de Cherité de Voisin.
  • Le 21 (avril 1693) Messieus Dupas avocat au siège présidial de cette ville, Bachelot, Nicolon Sr de Chanzé, Margueriteau Sr de la Morinière et Avril sieur de la Durbelière bourgeois, se firent installer dans les charges d’assesseurs de l’hôtel de cette ville.
  • Le 22 avril (1693) Mr le chevalier Grimaudet fils de Mr Grimaudet et de la défunte dame Boylesve, épousa la fille du feu Sr Touzé de Chamront conseiller à Baugé et de la Delle Cordon.
  • Le même jour (22 avril 1693) le fils de Mr Lechat conseiller en Bretagne et de la dame de la Bigottière de Perchambault épousa la fille de Mr de Genouillac cy-devant conseiller en la grand chambre à Paris, et de la dame Boylesve de la Mauricière.
  • Le 23 (avril 1693) mourut Mr Thibaudeau prêtre chapelain en l’église de St Michel du Tertre âgé de 30 ans 4 mois. Il avait beaucoup de douceur et de piété.
  • Le 24 (avril 1693) mourut la femme de Mr du Tremblier de la Varanne ; elle s’appelait Louise Aveline de Narcé, mariée depuis un an ; elle n’a point laissé d’enfant.
  • Le 1er mai (1693) messieurs Daburon avocat, et Bachelot bourgeois, furent nommés échevins.
  • Le 5 (mai 1693) le Sr Poulard de la Fauvrie bourgeois fut installé dans la charge d’assesseur de l’hôtel de ville.
  • Le 16 (mai 1693) Mr Cochon fils de Mr Cochon avocat, plaida sa première cause.
  • Le 23 (mai 1693) le sieur Maunoir de la Maldemeure fut installé dans la charge d’assesseur de l’hôtel de cette ville.
  • Le même jour (23 mai 1693) mourut monsieur de Grée Poulain conseiller honoraire au siège présidial de cette ville. Il avait épousé en premières noces la demoiselle Bernard dont est issu le Sr Poulain de la Forestrie bourgeois, et en secondes noces la veuve du Sr de la Marche dont sont issus Mr de Grée Poulain conseiller au présidial mari de la dame Béritault des Chenais, un autre mari de la Delle Nicolon de Chanzé, une fille qui a épousé Mr Dumesnil d’Acigné.
  • Le 25 (mai 1693) soixante dix gentilshommes de cette province convoqués pour l’arrière-ban, partirent de cette ville pour se rendre dans la ville de Fougères province de Bretagne, commandés par Mr de Senonnes.
  • Le 6 juin (1693) monsieur Lanier correcteur de l’église de la Trinité de cette ville et cy-devant officiel de l’officialité de cette ville, fut installé dans la charge de conseiller clerc au siège présidial cy-devant possédée par Mr Héard de Boissimon.
  • Le 24 (juin 1693) mademoiselle Dupont fille de monsieur Dupont de la Morinière conseiller au présidial de cette ville et de la défunte dame … épousa monsieur de Lasse conseiller au Parlement de Bretagne.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet (blog, forum ou site, car alors vous supprimez des clics sur mon travail en faisant cliquer sur l’autre support, et pour être référencé sur Internet il faut des clics sur ma création) seul le lien ci-dessous est autorisé car il ne courcircuite pas mes clics.

    Réception à la maîtrise de chirurgie, au ressort d’Angers, 1740-1752

    Archives Départementales du Maine-et-Loire, série E

    Avec ce billet, j’ai mis ce qui concernait les chirurgiens dans la catégorie Hygiène et Santé, et non plus dans celle Métiers, car je pense que c’est mieux ainsi, à moins que vous y voyiez un inconvénient.

    Nous avions vu le 19 mai puis le 21 mai dernier, l’évolution du métier de chirurgien, en particulier la date de l’Ordonnance Royale du 24 février 1730, instituant la maîtrise en chirurgie.
    Nous avions aussi des contrats d’apprentissage avant et un brevet d’apprentissage après cette date clef, apporté en commentaire de mon billet du 19 mai.

    On appelle Brevet d’apprentissage, Un Acte passé pardevant Notaire, par lequel un Apprenti & un Maître s’engagent réciproquement ; l’Apprenti à apprendre un art ou un métier; & le Maître à le lui montrer pendant un certain temps, & à certaines conditions. (Dictionnaire de L’Académie française, 4th Edition, 1762)

    Aujourd’hui, nous découvrons le diplôme de maîtrise en chirurgie, décerné à Angers par la nouvelle communauté des chirurgiens d’Angers. Vous en aurez d’autres, car il s’avère qu’au fil des réceptions à la maîtrise, la puissante communauté d’Angers ne se contente pas de maintenir les chirurgiens de campagne au rang inférieur (ils n’ont pas le droit de pratiquer de grandes opérations sans faire appel à un maître d’Angers, et ils sont visité une fois par an par l’un d’entre eux), mais nous découvrirons la prochaine fois qu’ils définissent leur zone de non concurrence. Enfin, vous voyez aussi une forme d’assurance contre les risques du métier

  • Jacques Godelier, Le Lion-d’Angers (49), 1740, folio 2
  • (Attention, les assemblées sont chacune rédigée par l’un des chirurgiens présents, jamais le même, et leur orthographe est parfois limitée, en particulier cette assemblée qui doit impérativement se lire phonétiquement, car elle contient beaucoup de perles orthographiques) En la semblée (sic, pour l’assemblée) des maistre (sic) chirurgiens de cette ville fait en leur chembre commune et de juridiction par l’ordre de Charles Galpin lieutenant du premier chirurgien du roy duement convoquée par billets par Jacque Goubeault leur procureur à la réquisition de Jacque Gaudelier aspirant à la maistrise pour le bourt (sic, pour bourg) et paroisse du Lion d’Angers où assistoit ledit Charles Galpin, Louis Nepveu, Jacques Goubeault, Charles Guitet, Louis Mouilleras, Charles Rataud, François Breteault, Cabriel Sillord, tous lesquels après avoir interogé ledit Jaques Godelier sur plusieurs faits de chirurgie et luy avoir fait faire quelques légères expériance l’ont tous trouvé sufisemment capable d’exercer l’art de chirurgie en ledit bourt et paroisse du Lion d’Angers et autres lieux circonvoisins dépendant de nostre ressort, di tenir boutique ouverte, di prendre bacens (d’y prendre bassins) et d’exposer toutte autre marque de chirurgien aux conditions néanmoints qu’il ne fera aux qu’un aprantif (aucun apprenti), et en outre soufrira les vissite par chasque un (chacun) an et pera (payera) pour droit quarente souls par chasque vissite et aussi aux conditions qu’ls ne faira aux qu’une hopération de concéquance cent (sans) y appelé quelques uns de maistre de cette ville ou autre maistre chirurgien de grands chedeufre (chef d’œuvre), fait Angers ce 15 novembre 1740

  • Jacques Joachim Ricordeau, Ballots (53), juin 1741, folio 8
  • En l’assemblée des maistres chirurgiens de cette ville faitte en leur chambre commune et de juricdiction par l’ordre de Charles Galpin lieutenant du premier chirurgien du roy duement convoquée par billets à la manière accoutumée par Jacques Goubault leur procureur à la réquisition de Jacques Joachim Ricordeau aspirant à la maîtrise pour le lieu et paroisse de Ballots dépendant de nostre ressort ou assistoient messire François Paulmier conseiller du roy docteur régent en la faculté de médecine de l’université de cette ville et médécin royal, ledit Jacques Goubault, Charles Guitet, Louis Mouilleras, Charles Rateaud, François Bretault, Jean Baugé et Alexande Lachese tous maistres chirurgiens de cette ville lesquels après avoir interrogé ledit Joachim Ricordeau et luy avoir fait faire quelques légères expériences l’ont tous trouvé suffisament capable d’exercer l’art de chirurgie en le bourg et paroisse de Ballots et autres lieux circonvoisins dépendant de nostre ressort, d’y tenir boutique ouverte, d’y prendre bassin et d’exposer toutes autres marques de chirurgien aux conditions néanmoins de ne faire aucuns aprentifs en l’art de chirurgie et qu’il ne fera aucune opération de conséquence sans y appeller un maistre de cette ville ou autre maistre de grand chef d’œuvre, et qu’il souffrira les visites (sic) par chasquun an et payra pour droit quarente sols par visite affin qu’en cas de contestation il n’en prétende cause d’ignorence, fait à Angers ce 2 juin 1741

  • Daniel Pirré, Craon (53), février 1742, folio 16
  • En l’assemblée des maistres chirurgiens de cette ville fait en leur chembre commune et de juricdiction par l’ordre de Charles Galpin lieutenant du premier chirurgien du roy duement convoqué par billets à la manière accoutumée par Louis Mouilleras leur procureur à la réquisition de Daniel Pirré aspirant à la maîtrise pour la ville de Craon dépendant de nostre ressort ou assistoient messire François Paulmier conseiller du roy docteur régent en la faculté de médecine de l’université de cette ville et médécin royal, ledit Charles Galpin, René Berard, Louis Nepveu, Charles Guitet, François Lejean, Louis Mouilleras, Pierre Jouanne, Charles Rateau, Gabriel Sillord, Jean Baugé, Philippe Alexandre Lachese et autres soussignés tous maistres chirurgiens de cette ville lesquels après avoir interogé ledit Daniel Pirré sur plusieurs faits de chirurgie et luy avoir fait faire quelques légères expériences l’ont tous trouvé capable d’exercer l’art de chirurgie en la ville de Craon dépendant de nostre ressort et autres lieux circonvoisins, d’y tenir boutique ouverte, d’y prendre bassin et d’exposer toutes autres marques de chirurgien excepté la ville et bancs lieux (sic, pour banlieue) d’Angers aux conditions néanmoins de ne faire aucuns aprentifs en l’art de chirurgie ny allouer aux peines portées par les statuts article 35, savoir de cinquante livres d’amende, et de deux cents livres de dommages et intérest, en outre ne fera aucunes grandes opérations en chirurgie et que aux maladies de conséquence il y appellera un des maistres chirurgiens de cette ville ou autres maistres chirurgiens de grands chefs d’œuvre, souffrira les visites par chasquun an et payra pour droit quarente sols par visite affin qu’en cas de contestation il n’en prétende cause d’ignorence, fait à Angers ce 23 février 1742

  • Gervais Papin, Craon (53), février 1742, folio 17
  • En l’assemblée des maistres chirurgiens de cette ville faitte en leur chambre commune et de jurisdiction par l’ordre de Charles Galpin lieutenant du premier chirurgien du roy duement convocquée par billets par Louis Mouilleras leur procureur à la manière accoutumée à la réquisition de Gervais Papin aspirant à la maîtrise pour la ville de Craon dépendant de nostre ressort ou assistoient messire François Paulmier conseiller du roy docteur régent en la faculté de médecine de l’université de cette ville et médécin royal, ledit Charles Galpin, René Berard, Louis Nepveu, Charles Guitet, François Lejean, Louis Mouilelras, Pierre Jouanne, Charles Ratauld, François Bretauld, Gabriel Sillor, Jean Baugé, Philippe Alexandre Lachese tous maistres chirurgiens de cette ville lesquels après avoir interogé ledit Gervais Papin sur plusieurs faits de chirurgie et luy avoir fait faire quelques légères expériences l’ont tous trouvé capable d’exercer l’art de chirurgie en la ville de Craon dépendant de nostre ressort et autres lieux circonvoisins, d’y prendre bassin y tenir boutique ouverte, et exposer toute autre marque de chirurgien excepté la ville et bancs lieux (sic, pour banlieue) d’Angers aux conditions néanmoins de ne faire aucun aprentif en chirurgie ny alouer aux peines portées par les statuts article 35, savoir de cinquante livres d’amende, et de deux cents livres de dommages et intérest, en outre ne fera aucunes grandes opérations en chirurgie et que aux maladies de conséquence il y appellera un des maistres chirurgiens de cette ville ou autres maistres chirurgiens de grand chef d’œuvre, souffrira les visites par chasquun an et payra pour droit quarente sols par visite affin qu’en cas de contestation il n’en prétende cause d’ignorence, fait à Angers ce 24 février 1742

  • Antoine Léauté pour St Laurent de la Plaine, le 4 mai 1742, folio 19
  • (orthographe et ponctuation originales, pas de lettres majuscules pour les noms de personnes…, retranscrit par Marie-Laure) « En lassemblee des maistres chirurgiens de cette ville faitte en leur chambre commune et de juridiction par l ordre de charles galpin lieutenant du premier chirurgien du roy duement convoquee par billets en la manier accoutumee par louis mouillera leur procureur a la requisition de antoinne leauté aspirant a la maitrise pour le bourg et la paroisse de St laurent de la plaine dependant de nostre ressort ou asistoient Messire francois paulmier conseiller du roy docteur regent en la faculté de Medecine de luniversité de cette ville et medecin royal rené berard louis nepueu jacque goubault charles guitet louis mouilleras charles ratault francois bretault gabriel sillor et philipe alexandre lachese tous maistres chirurgiens et apres que le di antoine leauté auroit esté interogé par rené berard louis nepueu jacque goubault charles guitet francois bretault et louis mouilleras sur plusieurs faits de chirurgie et luy avoir fait faire quelques legeres experiences auroit esté jugé capable dexercer lart de chirurgie au di bourg et paroisse de st laurent de la plaine depandant de notre ressort et autre lieux circonvoisins et luy ont donné pouvoir d’y tenir boutique ouverte d’y pendre bassinsnet dexposerbtoutes autre marques de chirurgien excepté la ville et banclieux d’angers les villes des ponts de cee ingrande chalonne cholet,craon chemille et autres villes dependant de nostre ressort aux conditions neamoins de ne faire aucun aprentifs en chirurgie ny aloué a peine de cinquante livres d’amande et de deux cents livres de domages et interest ainsi qu’il est porté par les statuts duement enregistrees articles trente cinq en outre ne fera aucunes grandes operations en chirurgie sans y apeller quelquun des maistres chirurgiens de cette ville ou autre maistres de grand chef doeuvre souscrira les visites par chasquune ( ?) et payra pour droit deux livres par visites et apres luy avoir leu et releu lacte de sa reception et luy avoir fait prester serment en tel cas requis et necessaire en foy de quoy il a signé le present acte fait aangers se quatre may mil sept cents quarente deux un mot raye nul. » Plusieurs signatures suivent : A Léauté . Paulmier . R Berard.L Nepueu .G Sillor.Goubault.Ch Guitet. Moullieras.

    Je dresse actuellement la table des réceptions à la maîtrise en Anjou, en triant par lieu, date, et nom de famille du chirurgien. Je peux cependant d’ores et déjà vous dire qu’ils ne sont pas nombreux. A la prochaine fois, si vous le voulez bien, avec un scoop total pour l’un d’eux, dont je ne reviens pas moi-même.

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.

    Droit de prendre 2 deniers à chaque femme jolie, et droit de mener la mariée Un curieux droit seigneurial à Somloire, Maine-et-Loire, interdit en 1600

    Ce billet et ce site sont lus par plusieurs auteurs, avides d’idées pour leurs romans. Aujourd’hui ce billet vous montre qu’autrefois la réalité a parfois dépassé la fiction. Voici, extrait du Dictionnaire du Maine et Loire, Célestin Port, 1876 :

    Somloire, commune du canton de Vihiers. La terre formait un fief important, titré au 17e siècle de châtellenie et relevant de Maulévrier. Entre autres privilères singuliers, le seigneur jouissait du droit de faire prendre par son sergent, de chaque « femme jolie » ou de mœurs légères, passant sur sa chaussée, deux deniers ou de couper la manche du bras droit ou de dispose d’elle une fois à son choix. Un arrêt du Présidial d’Angers du 4 mars 1600 supprima cette pratique malhonnête, et fut confirmé par un second arrêt du Parlement du 3 mars 1601, qui maintint en même temps, malgré l’arrêt antérieur du présidial, son autre droit, qui lui était contesté, d’assister, représenté par son sergent, avec deux chiens, à toutes les noces de ses vassaux. La terre formait un fief important, titré au 17e siècle de châtellenie et relevant de Maulévrier. En est sieur Jean de Ver, chevalier, mari de Marguerite de Savonnières, 1311 ; – Lucette Pelaud, 1409, 1420, Jean Barillon 1458, Marie de la Musse, sa veuve, 1481, Joachim Barillon, 1566, Charlotte du Bois, sa veuve, 1600, 1608. – François Barillon, 1652, – Urbain de Maliverné, 1661, 1666. – Charles Barillon 1680, qui cède la domaine par échange en 1696 à Thomas Dreux, marquis de Brezé… (C. Port, Dict. Maine et Loire, 1876)

    la Guimoire, commune de Somloire : Ancienne maison noble avec tourelles, qui donnait son nom jusqu’au 16e siècle à une famille fondue par alliance dans la famille de Ragot, qui la possédait encore au 18e siècle. – en 1792 à Jaques-Pierre Chaillou, juge de paix à Angers, mari de Marie-Jeanne Papin, qui vend le domaine le 11 septembre. Elle relevait de la terre de Somloire, et à l’occasion du mariage du fermier Michel Brémont, la dame suzeraine prétendit exercer le droit qu’elle avait sur tous ses sujets de faire assister à la noce son sergent. Il devait, à son dire, être convié 8 jours à l’avance, avoir sa place à table devant la mariée, dîner comme elle, ayant à ses côtés deux chiens couchants et un levrier, avec leur part du repas, et ensuite mener la mariée et dire la première chanson. Le tenancier Gabriel Ragot, sieur de la Faie, mari de Renée de la Guinemoire, prit le fait de son fermier et renia le devoir comme intolérable et malhonnête. Une sentence du Présidial lui donna raison le 4 mar 1600 : mais sur l’appel de la dame de Somloire le droit de la suzeraine fut confirmé par un arrêt du Parlement du 16 mai 1601, inscrit au rang des Arrêts célèbres. Voir Pocquet de Livonnière, Coutume d’Anjou, t II, p. 1219 (C. Port, Dict. Maine et Loire, 1876)

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.

    Dispense de consanguinité, Chemazé et Ampoigné (53), par Jean Guioullier

    pour René Blin, 40 ans veuf et 2 enfants, et Marie Françoise Fricot, 17 ans

    (Archives Départementales du Maine-et-Loire, série G). Voici la retranscription intégrale de l’acte : Le 27 juin 1769, en vertu de la commission à nous adressée par Mr le vicaire général de Monseigneur l’évêque d’Angers en date du 20e de ce mois, signé Houdbine, et plus bas par monseigneur Boulnois, pour informer de l’empêchement qui se trouve au mariage qu’ont dessein de contracter René Blin, veuf de Jeanne Bourse, de la paroisse d’Ampoigné, et Marie Françoise Fricot, de celle de Chemazé, des raisons qu’ils ont demander dispense dudit empêchement, de l’âge des dites parties et du bien précisément qu’elles peuvent avoir ; ont comparu devant nous commissaire soussigné lesdites parties ;
    scavoir ledit René Blin, veuf de Jeanne Bourse, âgé de 40 ans 2 mois et 10 jours, et ladite Maire-Françoise Fricot, fille, âgée de 17 ans, moins 3 jours, comme il paroît par les actes de leurs baptêmes ;
    accompagnés de Marie Patou, femme de François Fricot, que ses infirmités ont mis hors d’état de comparaître, (de Chemazé à Château-Gontier, où est signé cette dispense, il y a 8 km) père et mère de ladite Marie Françoise Fricot, demeurante à Molière, paroisse de Chemazé, de François Patou, tisseran, oncle de ladite Fricot, âgé de 46 ans, demeurant faubourg et paroisse d’Azé, de Charles Pelletier, lainier, âge de 53 ans, de Maurice Rayon, tisseran, âgé de 29 ans, tous deux cousins germains dudit Blin, le prermier demeurant au faubourg, le second au bourg d’Azé ;
    lesquels ont dit bien connoître lesdites parties et serment pris séparément des uns et des autres de nous déclarer la vérité sur les faits dont ils seront enquis, sur le raport qu’ils nous ont faits et les éclaircissements qu’ils nous ont donné, nous avons dressé l’arbre généalogique qui suit :

    de Jean Guioullier, souche commune, sont issus

  • André – 1er degré – Renée Guioullier
  • Marie – 2e degré – Renée Guillois
  • Marie, mariée à François Fricot – 3e degré – René Blin, qui veut épouser Marie-Françoise Fricot
  • Marie-Françoise Fricot, du mariage de laquelle il s’agit – 4e degré
  • Ainsi, nous avons trouvé qu’il y a un empêchement de consanguinité du 3e au 4e degré entre ledit René Blin et ladite Marie Françoise Fricot.
    Pour raisons de demander la dispense dudit empêchement,
    ledit René Blin nous a déclaré qu’outre l’inclination qu’il se sent pour ladite Marie Françoise Fricot, il croit devoir l’épouser pour l’avantage de deux enfants qu’il a de son premier mariage, et la conduite de son ménage, dont son travail l’oblige à s’absenter souvent, qu’ont aussi déclaré ses 2 cousins germains présents et soussignés.
    Pour ce qui regarde ladite Marie-Françoise Fricot, sa mère et son oncle susdits, ont déclaré que leur fille et niepce n’ayant d’autre bien que leur travail ils ne pourraient espérer un mariage plus sortable que celui qui se présente.
    Et comme ledit René Blin, n’a en bien fond que trente six livres de rente et les meubles nécessaires à un ménage de campagne (j’aime bien l’expression, qui me rappelle Toysonnier parlant de fermier de campagne, laissant entendre que la campagne est modeste), dont partie appartient aux enfants de sa première communauté, et que ladite Marie Françoise Fricot n’a pour tout bien que le nécessaire en habits, ils se trouvent hors d’état d’envoyer en Cour de Rome, pour obtenir la dispense dudit empêchement, ce qui nous a été certifié par lesdits témoins ci-dessus nommés, dont les uns ont signé avec nous, et les autres ont déclaré ne scavoir signer.
    Fait et arrêté à Château-Gontier, lesdits jour et an que dessus. Signé René Belin, Charle Peltier, Morice Rellion, Morin curé de Saint Rémy.

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1692 : juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre

    Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 14 juillet (1692) Mr de Chazé seigneur de Craye écuyer épousa la fille de Mr François Le Royer avocat au siège présidial de cette ville et de la Delle Rigault.
  • Dans le même temps, mourut Monsieur de Brissac baron du Lavoir. Il était bâtard de la maison de Brissac ; il avait épousé Melle Martineau de la Bertière.
  • Le 25 (juillet 1692) mourut Mr Guillot diacre chanoine de St Aubin, mon beau-frère, âgé de 33 ans.
  • Le 27 (juillet 1692) Mr Tremblier de la Varanne fils de feu Mr Tremblier de la Varanne conseiller au siège présidial et de la dame Eveillard épousa la fille de feus Mr Aveline de Narcé aussi conseiller au présidial et de la dame Guilbault.
  • Le même jour (27 juillet 1692) il y eut des feux de joie et l’on chanta le Te Deum dans l’église St Maurice avec les cérémonies ordinaires pour la prise de la ville et de la citadelle de Namur par le Roy. (Note de Marc Saché : C’est la victoire de Steinkerque, dans le voisinage d’Enghien, remportée le 3 août après la prise de Mons.)
  • Le 30 (juillet 1692) Mr Dupuy gentilhomme neveu de feue Madame l’abbesse du Ronceray épousa la fille de feu Mr Hatton écuyer seigneur de la Mazure et de la dame de Cantariery.
  • Le 30 juillet (1692) le sieur Benoist notaire royal épousa la fille du sieur Béron de Faye (Masseron femme en 1ères noces Marcadé, en 2e) ; elle s’appelait Marthe Marcadé.
  • Le 1er août (1692) mourut la femme de Mr Gilles Guilbault avocat au siège présidial ; elle s’appelait Garnier.
  • Le 17 (août 1692) se fit l’ouverture de la cérémonie pour la canonisation de St Jean de Sahagun hermite religieux de St Augustin, par la procession générale depuis St Maurice jusques en l’église des pères Augustins, ou assistèrent tous les chapitres et communautés. (St Jean de Sahagun, ermite en Espagne au 15e siècle est fêté le 12 juin)
  • Le même jour (17 août 1692) le fils du feu sieur Guérin marchand cirier et de la dame Gaudin épousa la fille du sieur Chauveau l’aîné marchand Me apothicaire en cette ville et de la dame de la Roche.
  • Le 9 (août 1692) Me Gault fils de Mr Gauld sieur de la Grange plaida sa première cause.
  • Le 21 (aôut 1692) mourut la femme de Mr Guérin de la Guimonnière ; elle s’appelait Aveline fille de feu Mr Aveline de Narcé conseiller au présidial et de la défunte dame Guilbault. Elle a laissé un garçon ; elle mourut après en avoir accouché.
  • Dans ce même temps mourut la femme de feu monsieur de Brissac baron du Lavoir ; elle s’appelait Martineau de la Bertière ; elle a laissé cinq petits enfants.
  • Le 30 (août 1692) Mr Gouin fils de feu Mr Gouin avocat et Mr Blanchet fils de Mr Blanchet aussy avocat plaidèrent leur première cause.
  • Le 31 (août 1692) il y eut des feux de joie et l’on chanta le Te Deum dans l’église de St Maurice avec les cérémonies ordinaires pour la victoire remportée sur l’armée du prince d’Orange et celle de ses alliés dans la bataille d’Enguyen, par l’armée du Roy commandée par Mr le maréchal duc de Luxembourg.
  • Le 31 (août 1692) mourut monsieur Martin sieur de Didray lieutenant de Mr le prévôt.
  • Le 17 septembre (1692) mourut la femme de Mr Guy Delorme avocat au siège présidial de cette ville ; elle s’appelait Veau ; elle avait épousé en 1ères noces le Sr Chedran.
  • Le 23 (septembre 1692) Mr Cordelet avocat au siège présidial de cette ville épousa la fille du feu sieur Martineau de la ville des Ponts de Cé.
  • Les 25, 27, 28 et 29 (septembre 1692) trente deux compagnies de cavalerie passèrent par cette ville un jour de séjour franc seulement.
  • Le 28 (septembre 1692) les cent cinquante gentilshommes qui étaient icy en garnison, partirent pour s’en aller chez eux.
  • Le 2 octobre (1692) neuf cent soldats de milice de Loraine passèrent par cette ville un jour franc de séjour.
  • Le 13 (octobre 1692) Mr Raimbault de la Foucherie, cy-devant banquier à Rome, fils du feu Sr de la Foucherie Raimbault bourgeois et de la défunte Delle Chauvin, épousa la fille du sieur Courant de Pretiat bourgeois et la Delle Jacquine Reimbault sa nièce, en conséquence de dispenses du défunt pape confirmée et approuvées par le présent pape. (On appelle Banquier en Cour de Rome, certains Officiers dont la fonction est de faire venir des expéditions de la Cour de Rome, comme provisions de Bénéfices, dispenses, etc.)
  • Le 3 novembre 1692, la femme du sieur Champeing hôte à la Galère, mourut âgée de 32 ans, après être accouchée fort heureusement ; elle s’appelait …
  • Le même jour (3 novembre 1692) on a commencé à vendanger ; ce retardement vient de ce qu’il n’y a presque pas eu de chaleurs pour murir et assaisonner le raisin, et le froid excessif étant survenu a gelé une grande partie des vignes, ce qui a causé une disette générale de vin, et tel en avait recueilli trente pipes l’année dernière qui n’en a eu cette année que deux ; le vin vieil se vend à présent cent vingt livres la pipe, la charge de marc pour faire les boissons 30 livres. Le vin a été de la plus méchante qualité du monde ; on l’appelle du grince dents.
  • Le 10 (novembre 1692) le fils du Roy de Danemarck arriva en cette ville. Il loge à l’Académie et doit passer ici une partie de l’hyver. Il a quarante à cinquante personnes à sa suite. (Note de Marc Saché : Frédéric, fils de Christian V et de Charlotte-Amélie de Hesse-Cassel. Il succéda à son père en 1699 sous le nom de Frédéric IV. C’est le premier roi de Danemark qui ait obtenu, en France, le titre de Majesté. Il était descendu à l’Académie d’Equitation établie sur les Lices dans l’hôtel de Casenove et dirigée par François Avril de Pignerolles. Mais,bien qu’elle eût jadis beaucoup de vogue, surtout auprès des étrangers allemands et suédois sous son premier fondateur, Joachim Martin, sieur des Loges, les guerres et la misère générale rendaient la situation précaire. C’est ce qui explique le court séjour du prince. (Voir Péan de la Tuillerie, Description de la ville d’Angers, édit. C. Port, pp. 211, 213). – Pour son séjour à Paris et à Versailles voir Dangeau, Journal, t.IV, p. 224 et suiv.))
  • Le 16 (novembre 1692) mourut la femme de feu monsieur Bréchu conseiller au présidial de cette ville. Il a un fils conseiller au parlement de Bretagne, une fille dévote et l’autre à épousé Mr Le Clerc assesseur au Présidial.
  • Le 18 décembre 1692) le fils cadet de feu monsieur Boylesve seigneur de la Maurouzière Me d’hôtel chez le Roy et de la dame Huslin épousa la fille de monsieur Poisson de Neuville et de la dame Peneau de Pegon.
  • Le 25 (décembre 1692) mourut la femme de feu monsieur Jean Gouin avocat au siège présidial ; elle s’appelait … (Jacquine Gallais)
  • Le 26 (décembre 1692) mourut le sieur Guynoiseau marchand. Il est mort dans la disgrâce de la fortune ; il avait été juge et consul.
  • Cette année a été peu abondante en blé ; le froment est sur le pié de seize livres le septier, le métail quatorze et le seigle treize, l’orge vingt sols et l’avoine dix. On a peu recueillé de vin ; il est d’une très méchante qualité, les raisons ayant gelé.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet (blog, forum ou site, car alors vous supprimez des clics sur mon travail en faisant cliquer sur l’autre support, et pour être référencé sur Internet il faut des clics sur ma création) seul le lien ci-dessous est autorisé car il ne courcircuite pas mes clics.

    Le code de déontologie médicale autrefois, face à la mort. Ordonnance de Louis XIV en date du 8 mai 1712

    Les droits des malades ont toujours évolué. De nos jours, depuis les lois de 2002, l’accent est mis sur la prise en compte de la douleur, la dignité du patient. Les relations entre patients et médecins sont plus clairement définies, mais le sujet n’’est pas épuisé, le débat continue…
    Ainsi en est-il de l’information du malade sur son état et le Code de déontologie médicale actuel précise :

    « Le médecin doit à la personne qu’il examine, qu’il soigne ou qu’il conseille, une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu’il lui propose. Tout au long de la maladie, il tient compte de la personnalité du patient dans ses explications et veille à leur compréhension » (art. 35)

    En effet, en cas de départ prochain, bon nombre d’entre nous souhaite mettre de l’ordre dans ses affaires temporelles et spirituelles. Mais pour cela, encore faut-il être prévenu, et il semble que nous allions dans le bon sens… Mais qu’en était-il autrefois ?

    Si vous avez eu le temps de parcourir des testaments d’antan, vous aurez vite compris le poids des affaires spirituelles. C’est qu’en effet, l’église catholique avait une arme absolue, l’enfer, pour tous ceux qui partiraient en état de péché mortel… et même le refus d’inhumer en terre bénie, c’est à dire le cimetière (ou l’église), et à cette époque, ne pas être inhumé en terre bénie était infamant, alors qu’aujourd »hui, en ville comme celle de Nantes, nous avons dépassé 60 % de taux de crémation, et le taux de cendres dispersées est élevé. Donc, il nous sera bientôt très difficile de comprendre cet attachement de nos ancêtres à une bonne mort et à un enterrement en terre bénie.

    Sous l’ancien régime, les derniers sacrements représentent pour l’ensemble de la population le temps fort de la vie religieuse, et mourir sans le secours d’un prêtre est la pire chose qui puisse arriver. Avec le prêtre en effet, on peut se confesser et recevoir l’extrême-onction. En se confessant on peut se soulager de ses péchés, et se réconcilier avec Dieu.

    Donc, pour une bonne mort, il faut absoluement voir le prêtre pendant qu’il est encore temps. Ce qui signifie qu’il faut des prêtres partout, et toujours disponibles, de jour comme de nuit, et surtout savoir quand l’heure est proche.

    Et nous voici revenus au début de ce billet. Comment savoir si l’heure est proche ?
    En 1712, Louis XIV a 74 ans. Il s’est rapproché de Dieu, à ce que l’on dit. Il songe sans doute que ses jours sont désormais comptés. Il y songe même tellement, que voici la plus singulière de ses ordonnances :

    L’ordonnance de Louis XIV, datée du 8 mai 1712, prescrit aux médecins d’avertir dès leur seconde visite les malades en danger de mort de se confesser, et en cas de refus de la part de ceux-ci ou de la part des parents, d’avertir le curé de la paroisse ou d’en retirer un certificat portant qu’il a été averti. La même ordonnance défend aux médecins de visiter leurs malades le troisième jour, s’ils n’y sont autorisés par le confesseur satisfait. Les contrevenants seront condamnés pour la première fois à 300 livres d’amende ; interdits de toutes fonctions pendant trois mois, au moins, à la seconde fois, et pour la troisième, déclarés déchus de leurs degrés, et rayés du tableau des docteurs.

    Vous avez bien lu : si on n’a pas fait venir le prêtre, le médecin a l’obligation légale d’avertir le curé.
    Mais dans tout cela, où sont nos chirurgiens ? Nous savons maintenant que ce n’est qu’en 1730, donc après Louis XIV, que l’on va se soucier de remonter leur niveau et peu à peu exiger d’eux un brevet etc… (voir les précédents billets en écrivant chirurgien dans la fenêtre de recherche à droite de ce billet). Pourtant, nous savons maintenant qu’en campagne, il n’y a que des chirurgiens, fort rarement des médecins, et même lorsqu’il y a un chirurgien, ce qui est loin d’être le cas de toutes les paroisses !
    Alors ne me demandez pas comment on pouvait appliquer l’ordonnance car moi-même je n’ai pas compris si elle s’appliquait aux chirurgiens, et si Louis XIV, depuis Versailles, savait comment on soignait dans les campagnes françaises ?

    De vous à moi cependant, je pense sincèrement qu’il a oublié toutes les campagnes et tous les chirurgiens, car il ajoute à la fin de l’ordonnance qu’ils seront déchus de leurs degrés, mais pour cela faut-il encore avoir des degrés, et nous savons que les chirurgiens n’en avaient pas à l’époque, et que la date qui marquera le début d’un changement progressif est 1730.

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.