Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714 (1684 début)

1684 : janvier, février, mars, avril, mai

Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 6e (janvier 1684) on fit des feux de joie pour la naissance de Monseigneur le duc d’Anjou. Le Te Deum fut chanté en musique à la cathédrale, toutes les compagnies assemblées, le canon tira en la manière ordinaire. Il y eut des illuminations à toutes les fenêtres, des feux d’artifices sur les 8 heures du soir, on fit couler trois busses de vin, tous les habitants se mirent sour les armes. Monsieur de Neufville Poisson, cy-devant maire de cette ville marchait à la teste de toutes les compagnies.
  • J’ay oublié de remarquer qu’il a esté arresté par une conclution que les maires logeraient à l’avenir à l’hostel de ville pendant leur mairat. Monsieur Charlot, à présent maire, a commencé à la St Jean dernière.
  • Le 20 (janvier 1684) mourut madame Allard, femme de monsieur Allard, droguiste, fils de feu Mr Allard Auny, marchand droguiste et de Françoise Phelipeau ; elle s’apellait Richard ; elle s’était frappée à la teste ; elle fut trépanée ; huit jours après elle mourut.
  • Le 3 février (1684) mourut mademoiselle de la Ferranderie Panetier, veuve de feu Mr Panetier, vivant advocat, âgée de 70 ans ; elle s’appellait Lézine Barillier. Elle a laissé quatre enfants, un chanoine à St Maurille, un autre qui est greffier en chef du présidial marié à Mlle Neveu fille de monsieur Neveu docteur en médecine, une fille religieuse à Fontevrault, une autre mariée et veuve de Mr Galard conseiller à la prévosté, et un autre garçon, décédé à Paris.
  • Le 5 (février 1684) mourut monsieur Boylesve docteur de Sorbonne, religieux bénédictin non réformé et aumonier de St Aubin, âgé de 72 ans ; c’était un personnage d’un grand génie. Il était frère de feu Mr Boylesve de Goismard ; il a laissé plusieurs autres frères.
  • Le 8 (février 1684) monsieur de Chenédé de la Plenne fut receu dans la charge de premier valet de chambre de madame la Dauphine. Il est fils de monsieur de Chenédé conseiller honoraire au présidial et à présent procureur et avocat du Roy de l’élection de Paris, et de dame Louise Aveline. C’est un de mes meilleurs amis.
  • Ce même jour (8 février 1684) mourut Mr Guilbault de la Bogatrie mary de damoisselle Chauvin. Il est mort après avoir dissipé tout son bien.
  • Le 15 (février 1684) mourut monsieur Robert sieur de Rouzée, avocat au siège présidial et commissaire des saisies réelles. Il est mort des gouttes. Il avait épousé mademoiselle Bellière de la Roche, fille de monsieur Bellière de la Roche bourgeois. Il était âgé de 45 ans.
  • Le mesme jour (15 février 1684) Mr des Grois Cossé, fils de feu Mr des Grois Cossé, bourgeois, épousa Melle la Garanne.
  • Le mesme jour (15 février 1684) monsieur Dupart, gentilhomme de Gascogne, épousé Mlle de Villemorge de Millière, fille de feu Mr de Villemorge et de …
  • Le mesme jour (15 février 1684) mourut mademoiselle de Chantdepie Leroyer, veuve de monsieur de Chandepie Leroyer, lieutenant en l’élection de cette ville. Elle s’apellait mademoiselle du Mons ; elle était âgée de 72 ans.
  • Le 16 (février 1684) mourut monsieur Romain prestre curé de Veaux, âgé de 38 ans, fils de deffunt monsieur Romain avocat au siège présidial de cette ville et de Mlle Marguerite Joubert de la Vacherie. Il a été enterré à St Mainboeuf.
  • L’hyver a été extrêmement rude cette année ; le froid a duré pendant sept semaines avec la dernière violence jusques là que les gens fort avancés en âge ont avoué que depuis 1607 il ne s’en était pas ressenti un plus pressant ; les rivières et les estangs ont glacé d’une épaisseur extraordinaire, ce qui a obligé monsieur l’évesque d’Angers, à cause de la disette du poisson et des légumes, de permettre de manger des oeufs pendant le caresme jusques au jour des Rameaux exclusivement.
  • Le 18 (février 1684) quatre arches des Ponts de Cé tombèrent par la grande quantité des glaces.
  • En 1683, le chœur et la nef de l’église des Cordeliers a été boisée de la manière qu’elle se voit.
  • Le 21 (février 1684) mourut madame Pousse, femme de Mr Pousse Me chirurgien âgée de 40 ans ; elle était fille de Mr la Barre, Me chirurgien. Elle a laissé plusieurs petits enfants ; sa mère s’apellait Mlle Lecourt.
  • Le 22 (février 1684) les glaces jointes à la grosseur des eaux emportèrent une longueur des Ponts de Cé, avec deux moulins.
  • Le 22 (février 1684) Il y a quelques mois que monsieur de Varennes Gode, capitaine aux gardes, se promenant dans les jardins de l’Arsenal de Paris, entendit les cris d’une damoiselle apellée de Bragelonne, qu’un nommé monsieur Potel, fils de monsieur Potel Me des requestes, insultait de paroles, et voulait faire sottises, fut à son secours, entra obligeament dans ses intérests et repris avec hauteur ce jeune homme, lequel se sentant sensiblement touché du procédé du sieur de Varennes Gode, et se voyant traversé dans ses desseins, le prit d’une main à la cravatte et de l’autre, armé de son épée, en voulut tirer raison sur le champ. Le sieur de Varennes se mit en défenses, perça son ennemy et le renversa par terre mort. Il obtint des lettres de rémission du prince, pour l’enterrinement desquelles il se mit prisonnier. Il a été longtemps retenu par l’authorité de ses adverses parties et leur fortune, enfin le Roy fit un jour en soupirant, si l’affaire de Varennes ne finirait pas bientôt qu’on devait penser qu’il en avait affaire ; cela avança le jugement. Il a été condamné à 3 000 livres de réparation, à 3 000 livres d’aumone et à tous les dépens du procès solidairement avec la damoiselle de Bragelonne. On prétend que cette demoiselle avait tendu ce piège au sieur de Varennes et qu’elle le voulait sacrifier. Le Roy, en faveur de cette affaire, fit un édit avant qu’elle fut finie, par lequel il est porté que les juges entérineront les lettres de rémission sans examiner si les informations y sont conformes. Cet arrest a été rendu le 22 de ce mois. Il a épousé mademoiselle Le Clerc de Sautray, fille de monsieur Le Clerc de Sautray et de …
  • Le 28 (février 1684) mourut monsieur Daumouche huissier audiencier au présidial de cette ville.
  • Le premier jour de mars (1684) mourut madame de Royé religieuse de la Fidélité, fille de feu Mr Deroyé et de …
  • Le 2 (mars 1684) mourut madame Horeau, femme de Mr Horeau marchand de dantelles, âgée de 60 ans. Elle s’apellait…
  • Le 4 (mars 1684) mourut mademoiselle Courault de Pretiat femme de feu Mr Courault de Pretiat, fermier de campagne. Elle s’appellait Lefebvre, âgée de 80 ans ; elle a un fils chanoine à St Maurice, un autre marié à mademoiselle Reimbault de la Foucherie et une fille mariée à feu Mr Dartois dont il y a un fils prestre et une fille.
  • Le 10 (mars 1684) mourut Mr Caternault notaire royal en cette ville. Il avait épousé feue madame Perrouin. Il a laissé quatre garçons et une fille ; l’aisné a été Père de l’Oratoire, ensuite curé d’Escouflant puis curé de Cheviré le Rouge et est à présent curé du Lyon d’Angers ; sa fille a épousé depuis deux ans monsieur Nicolon Sr de Chanzé, cy-devant veuf de mademoiselle … duquel mariage il y a des enfants.
  • Le 22 (mars 1684) s’est fait l’ouverture du jubilé accordé par la pape Innocent XI en action de grâce de l’heureux succès des armes de l’Empereur contre le Turc. Le Roy de Pologne vint à son secours qui déffit cette armée infidèle composée de cent mil hommes et les obligea de lever le siège devant Vienne capitale de l’Empire. Monsieur l’évesque d’Angers célébra pontificallement la messe en l’église de St Aubin. Toutes les communautés y marchèrent.
  • Le 25 (mars 1684) monsieur Paul Toysonnier sieur de Villeneuve, mon frère, célébra sa première messe en l’église de St Michel du Tertre. Il avait été ordonné prestre le 18 du mesme mois par monsieur Arnaud évesque d’Angers.
  • Le 28 mourut le sieur Defaye procureur au palais des marchands, âgé de 38 ans, fils du Sr Defaye, huissier audiencier au siège présidial de cette ville. Il a laissé plusieurs petits enfants.
  • Le 1er avril (1684) mourut madame Peignier boullangère, veuve de Mr Peignier boullanger, âgée de 58 ans. Elle s’apellait Chauvin ; elle a laissé deux enfants. Elle fut enterrée le lendemain en le cimetière de St Michel du Tertre.
  • Le 4 (avril 1684) mourut madame Brehier femme du sieur Brehier commis au greffe du présidial de cette ville. Elle mourut demie heure après estre accouchée, âgée de 28 ans ; elle a laissé deux petits enfants. Elle s’apellait Marie Rontard fille de feu Me Rontard Me apothicaire en cette ville.
  • Le 15 (avril 1684) mourut mademoiselle Chevais, femme de Mr Chevais de la Benaudière, bourgeois de cette ville. Elle s’apellait Melle Bienvenu de la Béchalière, fille de feu Mr Bienvenu de la Béchalière et de dlle … Elle est morte en couches ; elle a laissé 3 petits enfants. Elle était âgée de 36 ans.
  • Le mesme jour (15 avril 1684) monsieur de Villeneuve du Caseau gentilhomme, fils de monsieur de Villeneuve du Caseau et de mademoiselle de l’Estoile, épousa mademoiselle Carron.
  • Le 20 (avril 1684), le nommé Bompas Me cordonnier de cette ville se pendit en sa maison de désespoir. Il fut condamné le lendemain par sentence du juge de la prévost à estre traisné sur la claye par les rues de la ville et d’estre pendu par les pieds. Il y a eu appel de cette sentence à la requeste de monsieur le procureur du Roy de la prévosté.
  • Le 22 (avril 1684) monsieur Margaritteau de la Morinière, fils de monsieur Margaritteau de la Morinière, marchand de soye et de Delle Avril, fut installé au siège de l’élection en la charge d’assesseur de l’élection qu’occupait cy-devant Mr du Planty Frein.
  • Le 23 (avril 1684) mourut monsieur Chatelain, droguiste. Il a laissé plusieurs enfants ; une fille a épousé Mr Gandon cy-devant lieutenant aux eaux et forests.
  • Le mesme jour (23 avril 1684) mourut madame de Linière femme de monsieur de Linière cy-devant marchand de draps de laines dont le commerce a cessé depuis quelques années par suite de sa mauvaise conduite. Elle s’appelait Allard ; c’était une femme d’une vertueuse patience.
  • Le 26 (avril 1684) monsieur Poilpré, fils de défunt monsieur Poilpré et de Delle Bachelot épouse Melle Musard, fille de monsieur Musard secrétaire de monsieur l’évesque d’Angers et de madame la Porte.
  • Le mesme jour (26 avril 1684) mourut madame Trouillet âgée de 63 ans, femme de monsieur Trouillet conseiller honoraire au siège présidial de cette ville ; c’était une femme d’une vertu consommée ; elle était d’une grande taille et du bon air ; elle s’appellait Héard, fille de défunt monsieur Héard.
  • Le 27 (avril 1684) mourut monsieur de Lizières Margariteau, avocat au présidial de cette ville, d’apoplexie. On remarque que ses père et grand-père en sont morts. Le lendemain, il fut enterré dans l’église de St Pierre ; il était âgé de 53 ans. Il était de la ville de Montfaucon ; il a laissé 13 enfants et de grands biens ; sa femme est du Poitou, elle s’appelle Garciau.
  • Le mesme jour (27 avril 1684), monsieur Binet fils du sieur Binet marchand cirier, épousa la fille du sieur Lemaître marchand en gros et de Mademoiselle Baillif.
  • Le 4e jour de may (1684), messieurs de la Pinardière Bouteiller, fils de défunts monsieur de la Pinardière Bouteiller bourgeois et de Delle Doublard, et Berthelot marchand en détail et en magazin, furent esleus eschevins.
  • Le 4e (mai 1684) mourut monsieur Jean Toysonnier greffier à la prévosté de cette ville. Il est mort d’une maladie de langueur, âgé de 58 ans ; il n’a point laissé d’enfants. Il avait épousé Marie de Fontenelles Goupil. Il était frère de feu mon père.
  • Le 6 (mai 1684) fut lu et enregistré à l’audience du présidial l’édit du Roy portant que les officiers ne seront plus en robe boutonnée et ne seront couverts que d’habits modestes et ne porterons que des collets.
  • Le 8 (mai 1684) mourut madame Quin teinturière femme de monsieur Quin. Elle a laissé deux enfants ; elle est morte en couches, âgée de 28 ans ; elle s’appelait Cottereau.
  • Dans le mois d’avril passé (1684), monsieur du Bois de Maquilly gentilhomme épousa mademoiselle Sybille de la Buronière.
  • Dans le mesme temps (avril 1684) monsieur Gaudelière gentilhomme épousa mademoiselle La Musse.
  • Le 8 (mai 1684) mourut madame Caternault femme de monsieur Houssin. Elle était âgée de 32 ans ; elle est morte en couches.
  • Le 10 (mai 1684) mourut monsieur Subleau secrétaire du Roy, à sa terre de la Mauvoisinière, fils de feu Mr Subleau sergent proclamateur. Il a laissé à un seul enfant quarante mil livres de rente ; il avait fait cette grande fortune dans la charge de trésorier de la marine. Il est mort secrétaire du Roy ; il avait épousé Melle Séjourné. (nota en marge : Il n’est mort que le 4 juillet)
  • Le 17 (mai 1684) mourut monsieur Misaudeau secrétaire de Mr Louis Boyslesve lieutenant général.
  • Le 18 (mai 1684) mourut le sieur Girard bedault de Saint Maurice. Il a laissé un enfant et sa femme grosse, qui s’appelle Anne Belot fille du feu Sr Belot marchand de soye et de Marguerite Barbier.
  • Le 22 (mai 1684) mourut la femme du Sr Chouteau praticien secrétaire de monsieur de Crespy, procureur du Roy au présidial, âgée de 29 ans ; elle était grosse de quatre mois, on l’ouvrit, l’enfant était mort. On dit qu’elle était tombée de cheval depuis six semaines. Elle a laissé quatre petits enfants ; elle s’appelait Constance Rigault, fille du Sr Rigault hoste à Azé/Cré sur le chemin de Château-Gontier.
  • Le 23 (mai 1684) mourut la femme de feu Mr Thomas de Jonchère avocat au présidial procureur de l’hôtel de ville. Elle s’appelait Melle Hunault de Marsillé.
  • Le 24 (mai 1684) mourut monsieur de Marsillé Hunault cy-devant conseiller au présidial âgé de 63 ans. Il était fort gouteux ; voulant s’efforcer de marcher, il tomba dans un puits. Sa femme s’appelle Melle Bilard du Lyon d’Angers ; il a laissé trois enfants ; il était frère de Melle du Jonchère Thomas.
  • Le 25 (mai 1684) mourut subitement madame Chartier hôtesse du Pigeon.
  • Le 26 (mai 1684) mourut le sieur Perron tanneur. Il avait épousé la fille du feu Sr Dupré hoste de St Jean, faubourg St Michel.
  • Le 29 (mai 1684) monsieur Brouard plaida sa première cause
  • Le 30 (mai 1684) mourut la femme de defunt Mr Valtère, avocat au siège présidial de cette ville ; elle s’appelait Cécile Ménard
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930
    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714 (1683 fin)

    1683 : août, septembre, octobre, novembre, décembre

    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 2 aoust (1683), monsieur de la Bouchetière Aubin, avocat, épouse Mlle Planchenaux, fille du Sr Planchenaux, marchand de bétail vers Ingrandes ; elle a une autre sœur qui a épousé monsieur du Rouzay Pasqueraye, contrôleur au grenier à sel.
  • Le 6e (août 1683) mourut Mr Raveneau, notaire.
  • Le 14e (août 1683) mourut la femme de monsieur Le Mesle, receveur des décimes ; elle s’appelait Moreau de la Jemellière ; elle a laissé six enfants.
  • Le 21e (août 1683) monsieur Huau de la Gauberdière plaida sa première cause.
  • Le 28e (août 1683) monsieur de Basourdy se fit installer en la charge d’avocat du Roy, en la place de feu monsieur Ménage ; c’était un homme de la dernière droiture, d’un grand mérite et un des plus beaux esprits de ce siècle.
  • Le mesme jour (28 août 1683) mourut la femme de Mr Hary l’apothicaire ; elle s’apellait Genoüil.
  • Le 4e septembre (1683), je plaidai ma première cause avec l’applaudissement de tout le monde, grâces à Dieu, j’en suis bien aise.
  • Le mesme jour (4 septembre 1683) monsieur Claude Desmazières plaida avec moi sa première cause.
  • Le 7e (septembre 1683) il se fit un convoy général de toutes les compagnies à la cathédrale, où monsieur d’Angers célébra la messe pontificallement pour Marie Thérèse d’Autriche, infante d’Espagne, femme de Louis le Grand, 14e du nom, Roy de France et de Navarre, qui mourut au château de Versailles le vendredi 30 de juillet. Le chœur était tendu de noir avec une bande de velours et grand nombre d’écussons aux armes de la Reine ; un lit d’honneur dans le chœur avec plusieurs cierges. Le prieur de St Serge y fit l’oraison funèbre.
  • Le mesme jour (7 septembre 1683) monsieur le chevalier de la Forest d’Armaillé fut tué en duel à Paris par un monsieur Quetaire. Il fut pendu par les pieds et traîné sur la claye par les rues de Paris. Il était fils de monsieur de la Forest d’Armaillé conseiller au Parlement de Bretagne et de la dame Le Chat. Son frère, conseiller au parlement de Paris, fut au devant, fut au devant, fit passer l’action pour rencontre et empêcha que son procès luy fut fait.
  • Le mesme jour (7 septembre 1683) mourut mademoiselle de Forges âgée de 18 ans, fille de monsieur Gueniveau de Forges, bourgeois, et de mademoiselle Valtère. Sa mère mourut un mois après subitement de douleur de la mort de sa fille unique.
  • Le 20e (septembre 1683) mourut madame Rousseau de Pantigné, femme de monsieur Rousseau de Pantigné, conseiller au siège présidial de cette ville. Elle était fille de monsieur Bertin cy-devant greffier en chef au criminal et de dame Louise Gigault.
  • Le 28e mourut monsieur Pillegault de l’Ouvrinière, greffier en chef au civil du présidial de cette ville, âgé de 43 ans. Il avait épousé en premières nôces mademoiselle Buisson fille de monsieur Buisson, docteur régent ès loix, dont il a laissé plusieurs enfants, et en secondes mademoiselle …
  • Du 5e octobre (1683) monsieur Leclerc, fils de monsieur Leclerc assesseur au siège présidial d’Angers, voulant prendre le plaisir de la chasse au guet à sa campagne, sortit de sa maison le soleil couchant, et sa campa dans une hauteur à son avantage pour mieux apercevoir la proye ; étant sur le point de quitter son poste sans aucun succès, il entendit un bruit dans un buisson un peu éloigné du lieu où il était, tira son coup croyant que c’était un loup ; ce fut malheureusement sur le cocher de son père, qui était sorti un peu devant luy de la maison, sans le dire ; il mourut de ce coup huit jours après.
  • Le 28e (octobre 1683) mourut madame Rouillard, femme de Mr Rouillard, marchand ; elle s’apellait Louise Angouland, fille de monsieur Angoulant marchand droguiste et de Louise Guitton, sœur de ma déffunte mère ; elle a laissé une fille. Elle fut enterrée le lendemain dans le cimetière de St Maurille ; elle était âgée de 48 ans.
  • Le 3 novembre (1683) monsieur du Tremblay Frein, fils de monsieur du Tremblay Frein, bourgeois, et de feüe mademoiselle Gaudicher épousa mademoiselle Ménage, fille de feu monsieur Ménage, avocat du Roy, et de mademoiselle Foussier de la Cassinerie. Il avait esté pendant plusieurs années conseiller au siège présidial de cette ville ; mais dans une grande affaire que Messieurs du présidial intentèrent à monsieur Boylesve lieutenant général, il fit le personnage de procureur du Roy. Par arrest du privé Conseil, il fut obligé de résigner sa charge dans six mois. Depuis cette disgrâce, il vit longtemps le monde d’un air fort indifférent, se mit ensuite la dévotion en tête, fut dans un séminaire à Paris, revint icy dans l’habit ecclésiastique et enfin s’est déterminé pour le mariage après avoir gousté tous les états de la vie.
  • Le 4e (novembre 1683), quatre des plus grosses cloches de St Maurice qui avaient été fondües quelques jours auparavant, furent bénites. Monsieur l’Evesque d’Angers, Monsieur d’Autichamp lieutenant du Roy de la ville et Château, Monsieur Gohin premier présidant, monsieur Denyau, grand doyen, Mlle de Grammont nièce de Madame de Grammont abbesse du Ronceray, Mme d’Autichamp femme dudit Mr d’Autichamp, Mme la lieutenante générale femme de Mr Boylesve lieutenant général, et Mme Lanier femme de feu Mr Lanier maître des requestes furent parains et maraines. Le chapitre donna ensuite une collation superbe.
  • Le 11e (novembre 1683) mourut monsieur Boylesve cy-devant premier président au présidial. Il avait épousé mademoiselle de Bord dont le père avait amassé de grands biens dans la maltoste. Il a laissé plusieurs enfants sçavoir monsieur Boylesve lieutenant général, Mr du Planty Boylesve et une fille mariée à Paris à Mr Bussy. Il a plusieurs frères scavoir feu Mr de la Guérinière Boylesve, feu Mr Boylesve évesque d’Avranches, Mr de la Mauricière Boylesve, Mr de la Croiserie Boylesve, Mr des Aulnais Boylesve.
  • Le 13e (novembre 1683) mourut monsieur le chevalier Lasnier fils de feu Mr Lasnier de la Guerche président au présidial de cette ville et de mademoiselle Poisson ; elle était de la ville de Château-Gontier.
  • Le mesme jour (13 novembre 1683), monsieur Constantin, cy-devant sous-lieutenant aux gardes, se fit installer dans la charge de grand prévost de feu son père. Monsieur de Boisourdy avocat du Roy parla fort à l’avantage de l’un et de l’autre.
  • Le 23e (novembre 1683) monsieur Pouriatz, advocat, fils de feu Mr Pouriatz advocat et de damoiselle Anne Augeard, épousa mademoiselle Ragon des sentiers de la province de Bretagne.
  • Dans ce temps, on faisait voir un cheval dans cette ville qui avait huit pieds. Il marquait avec son pied droit et frapait autant de coups qu’une carte qu’on lui présentait avait de points, et ainsy de toutes les autres en prenant un Roy pour 3, une dame pour 2 et un valet pour 1. Un particulier prenait des dez et les jettait sur la table ; il marquait avec le pied combien il y avait de points. Il connaissait de plus toutes sortes de chiffres, marquait avec son pied combien de fois dix dans cent, combien de fois cinq et ainsy de toutes les autres quesetions qu’on lui faisait. Il connaissait toutes sortes de monnaies françoises et étrangères marquait combien de livres dans un louis d’or, combien de sols dans un escu, combien de livres, combien de pièces de trente sols, combien de quinze, combien de fois dix, combien de fois cinq. Il fut admiré de toute la ville. J’eus la curiosité de le voir jusqu’à trois fois ; il était fort bien fait de sa taille, âgé de 12 ans.
  • Le 24e (novembre 1683) mademoiselle Phelipeaux, femme de feu Mr Phelipeaux, étant à sa campagne, une paÿsane lui fit dire qu’une vache avait fait un veau, elle y fut pour le voir, elle s’en approcha et le caressa, la vache en fut jalouse et lui donné de ses cornes dans le ventre, dont elle mourut quatre jours après.
  • Le 28e (novembre 1683) mourut mademoiselle Ayrault, fille de feu Mr Pierre Ayrault lieutenant criminel et de mademoiselle Françoise de Pecherat ; elle fut enterrée le lendemain dans le cimetière de St Michel le long de la salle de Mr le curé. Elle donna par son testament 1 000 L à l’Hôtel-Dieu, 1 000 L à l’Hôpital général, 1 000 L aux filles du refuge ; elle fonda une messe tous les mois à la paroisse et fit plusieurs autres biens à différentes personnes. C’était une fille fort vertueuse ; elle était âgée de 31 ans ; elle mourut d’une maladie de langueur.
  • Le 2e (décembre 1683) mourut monsieur Malo maître chirurgien. Il fut enterré le lendemain dans l’église des R.R. pères Minimes. Il avait épousé feüe madame Choisnière.
  • Le 9e (décembre 1683) monsieur l’évesque d’Angers consacra le grand autel de l’église des dames de la fidélité de cette ville.
  • Le 17e (décembre 1683) deux archers de gabelle furent tués à la porte de Toussaints par des valets d’estrangers.
  • Le 29e (décembre 1683) madame Moreau femme de monsieur Moreau cy-devant notaire, mourut âgée de 64 ans ; elle était devenue sourde et aveugle depuis 10 ans ; elle s’appelait Noulau. Elle a laissé pour enfants Mr du Plessis Moreau conseiller au siège présidial qui a épousé mademoiselle de la Cassinerie Foussier, une fille qui a épousé monsieur de la Grüe, et une autre mariée avec monsieur de Loube seigneur de Lambroise. Il y a trois garçons ecclésiastiques ; son père était droguiste.
  • En ce temps, monsieur Musard de la Marsilière, fils de monsieur Musard, secrétaire de monsieur Arnaud évesque d’Angers, et de Mme Masson, leva une compagnie d’infanterie et s’en fut à Belle-Isle en garnison.
  • Dans le mesme temps monsieur de Sazilay de la Tremblaye Robin leva une compagnie de cavalerie. Il a épousé Mlle Grandet.
  • Dans ce mesme temps, monsieur Bouré de Jarzé leva aussi en cette ville une compagnie de cavalerie.
  • Le 19e de ce mois (décembre 1683) madame la dauphine accoucha à Versailles d’un second fils nommé Monseigneur le duc d’Anjou.
  • Cette année (1683) a été fertile en bled et en vin.
  • Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930
    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    Prison pour femmes en 1634 la cave du cloître Saint-Martin d’Angers,

    Nous étions hier dans le tabac. Or, au 19e siècle, l’entrepôt de tabac d’Angers occupait les ruines de l’église Saint-Martin, dont la nef s’était effondrée en 1829. En 1634, on y mettait bien autre chose, dans une cave.

    Le terme cave ne signifie plus grand chose pour nombre d’entre nous, habitants les ensembles et autres tours de béton, dont celle qui m’abrite. Mais, autrefois (et encore dans les maisons anciennes), c’était franchement sous terre, sous la maison. Lorsque j’étais petite, notre maison en possédait une, et lors des bombardements, nous nous blotissions ensemble dans la cave, se pensant à l’abri, tandis que nos parents nous racontaient que c’était l’orage. Comment peut-on dire à des enfants que des bombes leur tombent dessus ?.

    Voici la cave que je viens de découvrir, en 1634. L’acte est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire : Voici la retranscription : Le 22 avril 1634, devant nous Laurent Chuppé notaire royal Angers furent présents personnellement establis et duement soumis Me Jacques Margautin bedeau et serguer de l’église royale Monsieur St Martin de cette ville d’Angers, y demeurant paroisse St Michel de la Palludz d’une part,
    et honneste fille Jeanne Moreau lingère demeurante audit Angers paroisse dudit St Martin d’autre part,
    lesquels sont volontairement fait et font entre eux le bail à louage qui s’ensuit, c’est à savoir que ledit Margautin a baillé et baille par ces présentes à ladite Moreau ce requérante pour le temps et espace de 8 années entières et consécutives qui commenceront au jour et feste de Noël prochain
    savoir est le corps de logis dépendant de la bedellerye dudit St Martin à présent exploicté par la veuve Feuryau comme il se poursuit et comport sans réservation en faire par ledit bailleur
    pour en jouir par la preneure ledit temps durant bien et duement comme un bon père de famille sans rien y malverser ains entretiendra ladite preneure ledit logis en bonne et due réparation de terrasse viltre carreau et couverture, et rendra le tout bien et duement réparé desdites réparations à la fin dudit présent bail comme lui seront baillées au commencement d’iceluy,
    demeure ladite preneure tenue fermer et ouvrir soir et matin la grande porte du cloistre estant soubz la petite chambre dudit logis lors qu’il plaira audit sieur doyen chanoines et chapitre de l’église dudit St Martin l’ordonner par conclusion capitulaire
    et oultre demeure ladite preneure tenue délivrer la clef de la cave dudit logis qui est la prison dudit St Martin audit bailleur et la tenir nette pour y mettre des prisonnières lors et toutefois et quante qu’il en sera requis et fera ladite preneure tailler le volier (volier : du Poitou à la Sarthe, espalier, tonnelle, treillage destiné à supporter la vigne, à la faire grimper le long des maisons) de ladite appartenance de temps et saison convenable et en baillera par chacun an 6 beaux raisins de ceux qui proviendront audit bailleur, et est fait ledit présent bail à louage oultre les charges ci-dessus pour en payer et bailler par ladite preneur audit bailleur la somme de 30 L tournois par chacun an par moitié .. (AD49)

    Le Dictionnaire du Maine et Loire, de Célestin Port, dans sa première édition, tome 1, page 58, à l’article Angers, Saint-Martin, précise

    « Autour de l’enclos régnaient des cloîtres, loués presque entièrement à des laïcs ; à l’entrée, vers la rue Saint Martin, une cave attenant à la maison des Greniers, servait de prison capitulaire. »

    Voici donc la cave du cloître Saint-Martin, qui servit autrefois pour enfermer des femmes… Mais la locataire a aussi le charme d’une treille. Elle doit l’entretenir et en donner chaque année 6 grappes de raisin au bailleur.
    Je m’imaginais qu’à Angers il n’y avait qu’une prison, et je n’avais même pas réfléchi qu’on ne mettait pas les femmes avec les hommes… Je viens de découvrir qu’il existait avant le 16e siècle, bien d’autres prisons. Célestin Port (Dictionnaire du Maine et Loire) dit qu’il y en avait une dans chaque fief ayant justice.

    Quant au bedeau, il était décrit dans le billet du 23 février « Nantes la Brume », sous le nom de Suisse, et je me souviens avoir vu dans mon enfance ce personnage au costume curieux, marcher devant Mr le curé lors des processions dans l’église Saint-Jacques. C’était du plus bel effet lors des mariages.

    Comme tout bail, ce bail indique que le locataire doit entretenir en bon état de réparation terrasse vitre carreau et couverture. Nous partons demain dans la terrasse, ce faux-ami des baux Angevins.

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    Crespin d’Anjou… et de Provence

    Les Ducs d’Anjou, Comtes de Provence, ont entraîné des Angevins dans leur suite.

    Raymond Ripert me signale :

    « qu’une stèle de l’église collégiale de Tarascon (Bouches du Rhône) représente un chevalier armé de toutes pièces et dont la légende stipule qu’il s’agit de Guillaume CRESPIN de la ville de Château-Gontier en l’évêché du Mans, Capitaine du château de Tarascon, décédé le 25 juin 1440. Guillaume fut Gouverneur du château (construit en 1400 par le Duc Louis II et propriété des Comtes de Provence) sous Louis III et le Roi René. Il portait, semble-t’il, suivant les armes gravées sur la stèle « d’azur à la bande d’or, à trois roses placées en bande 2 et 1 de même. Malheureusement je n’ai rien trouvé sur son ascendance ou sa descendance. J’ai relevé aussi que Robert CRESPIN, Conseiller du Comte de Provence, est viguier de Marseille en 1471 et 1473. »

    A la Révolution, l’Anjou a été amputé d’une partie Nord au profit du « département de la Mayenne ». Ce sont donc 2 centres d’Archives Départementales qui pourraient détenir des sources éventuelles… non disponibles lors des études précédentes. Je pense cependant que s’il existe des sources éventuelles c’est aussi bien en Provence…
    La famille Crespin, noble, qui vit dans la région de Château-Gontier au 15e siècle, a été étudiée par le plus grand érudit de la Mayenne, l’abbé Angot, et je cite les bribes qu’il a retrouvées dans mon étude Crespin en ligne, en mentionnant duement ma source. Si cet érudit n’a pas donné le lien de cette famille avec la Provence, c’est qu’il ne l’a pas rencontré dans les Archives de la Mayenne à la date de ses travaux, fin 19e siècle.
    La famille Crespin du Maine-et-Loire, pour sa part, a été publiée par Bernard Mayaud, Angevin, et ne donne rien de plus sur d’éventuels liens en Provence.

    Moi-même, j’ai étudié les CRESPIN dans les deux départements de Mayenne et Maine-et-Loire, depuis plus de 25 ans, dans les notaires et chartriers, à fonds, et ce d’autant plus que je descends moi-même d’un CRESPIN des environs de Château-Gontier, aisé, qui aurait fort bien pu être un cadet de famille noble, mais aucune source ne permet d’étayer cette hypothèse qui reste donc totalement vaine.

    Enfin, le patronyme CRESPIN est très répandu. Mon interlocuteur lui-même n’a fait aucun lien côté Provence entre les Angevins d’origine et ses CRESPIN.
    Il est donc vain de vouloir tenter des recherches historiques plus poussées sur ce point. D’autant qu’il s’agit là de toute autre source que les notaires ou chartriers, que j’ai coutume d’exploiter et maîtrise. Je ne me lancerai dans aucune recherche plus poussée que la mienne sur les CRESPIN, laquelle a duré 25 ans et je l’estime complète.

    Compte-tenu du vol de mes travaux sur Geneanet et autres bases de données marchandes, JE NE FAIS PLUS AUCUNE RECHERCHE A LA DEMANDE. Le vol tue la création et la recherche ! Voilà ce à quoi les voleurs sont parvenu. Veuillez vous en prendre à eux, ils peuvent être fiers d’eux !

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    Commis à la conduite des condamnés aux peines de galères, Angers, 1639

    Voici un métier dont le nom est long mais explicite. Je le rencontre à Angers prenant livraison nominative de 4 condamnés

    Voici un métier dont le nom est long mais explicite. Je le rencontre à Angers prenant livraison nominative de 4 condamnés venant de Nantes :

  • L’acte notarié qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E6 :
  • Voici la retranscription de l’acte : Le 30 juin 1639 Dvt Louis Coueffe notaire à Angers (AD49), Valentin Boutin Sr de la Boutinière, commis à la conduite des condamnés aux peines de galères des provinces de Bretagne, Anjou, Touraine et le Mayne, comme il a fait aparoir par commisison de Me Dupont de Courlay, général des galères de France, expédiée à Paris le 8 septembre 1635, a reconnu que Me Guillaume Cherot concierge et garde des prisons royaux de cette ville (Angers) pour et au nom de Pierre Giteau concierge des prisons de Nantes, lui a mis en mis en mains les nommés René Marquet Pierre Guyet dict Desforges, maréchal, François Guyet dit La lame et Jean Legal dit Leroy condamnés aux peines de galères par sentence.
    Trois d’entre eux portent un surnon, dont l’un assez parlant « la lame ».
    Le surnom est assez rare en Anjou, probablement plus fréquent dans ce milieu.
    Ces 4 hommes en rejoignent d’autres, dont ils viennent grossir les rangs, car la « chaîne » était plus souvent de quelques dizaines de forçats.
    L’organisation de la « chaîne » était médiocre avant 1670, faute le plus souvent de pouvoir recruter des gens expérimentés pour ce type de besogne, assez délicate. Le métier ne devait pas être des plus recherchés : Boutin sait signer certes, mais tout juste.

    La signature est maladroite, et rarement aussi maladroite chez quelqu’un qui se pare du titre de « sieur de la Boutinière ». A droite, c’est Cherot le concierge des Prisons d’Angers, puis Coueffe le notaire royal à Angers, et enfin deux témoins.
    Enfin, pour un BOUTIN être « sieur de la Boutinière » est pour le moins curieux.
    La culture n’était pas la qualité requise, juste savoir lire les noms des condamnés. Mais cet acte montre que Boutin avait la charge de 4 provinces, pas moins. Il devait acheminer les condamnés jusqu’à Marseille. Tout au long du chemin, les foules accouraient au spectacle du passage de la « chaîne ».
    En savoir plus avec :
    Zysberg André, Les Galériens, vies et destins de 60 000 forçats sur les galères de France 1680-1748 , Le Seuil, 1987 – son site

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