La saga des Fagault de Louplande à la Turballe, ou la petite histoire de la sardine

Voici la plus ancienne photo que j’ai des FAGAULT. Faute de légende et date, je ne peux faire que des hypothèses. Je suppose donc que René Fagault père est au milieu, et à vous de me dire qui sont à ses côtés.

Ils consultent un album photo de famille, et des livres de bord. Je ne possède rien de tout cela, même si j’ai des documents plus récents, en particulier le livre de bord de Belmont depuis 1907.

Après-demain, je vous mets le testament de Mélanie Dubois en 1912, et je vous demande de le relire attentivement pour me signaler d’éventuelles erreurs sur ma retranscription qui figure dans l’histoire de la famille FAGAULT que j’ai mise en ligne.

Les vignes des Allaneau sur Saint Denis d’Anjou : 1556

Voici encore des vignes au Nord d’Angers, ici à Saint Denis d’Anjou.

Mais l’intérêt de l’acte qui suit tient au fait que les Allaneau sont sur Pouancé, dont à plus d’une journée de cheval de Saint Denis d’Anjou, que je trouve à 61 km. Donc, s’ils acquièrent en 1556 de vignes à Saint Denis d’Anjou c’est que l’épouse de Nicolas 2 Allaneau est de Saint Denis d’Anjou. Je ne connais pas cette épouse, et seul cet acte me permet d’émettre l’hypothèse d’une origine à Saint Denis d’Anjou.

Nicolas 2e ALASNEAU °ca 1490 †/1566  probablement fils de Nicolas Ier. Probablement marié avec une fille de StDenis-d’Anjou, car ses fils Jean et Nicolas y gèrent des biens.

1-Nicolas 3e ALASNEAU Dont postérité suivra

2-Jeanne ALLANEAU †/1564 x Noël LABBÉ Md à Angers Dont postérité suivra

3-Louise ALLANEAU

4-Antoine ALLANEAU prêtre

5-Marie ALLANEAU x /1550 Pierre CHEMINART Ecuyer Dont postérité suivra

6-Jean ALLANEAU x /1545 Renée HIREL †1551/ Dont postérité suivra : forme la branche de Rennes

7-Jacques ALLANEAU

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E121  – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle)

Le 3 octobre 1556[1],  en la cour du roy notre sire à Angers estably vénérable et discret Me Thugal Aubin prêtre fermier de messieurs les chanoines et chapitre de l’église d’Angers à Saint Denis d’Anjou et y demeurant d’une part, et honnorables hommes Me Jehan Alasneau chastellain de Pouancé et Nicolas Alasneau sieur de la Bissachère demeurants audit Pouancé d’autre part, soubmettant lesdites parties l’une vers l’autre, leurs hoirs, confessent savoir ledit Aulbin avoir baillé cédé quité transporté et délaissé et encores cède quite transporte perpétuellement par héritage auxdits les Allasneaulx qui ont prins et accepté prennent et acceptent pour eux leurs hoirs les choses héritaux quy cy après ensuivent, savoir est une planche de vigne sise et située au clos des Chesnayes en ladite paroisse Saint Denis d’Anjou ainsi (f°2) que ladite planche de vigne se poursuit et comporte o toutes ses apartenances et dépendances joignant d’un côté à la vigne des hoirs de feu Guillaume Lobmeaulx d’autre costé à la vigne de la veufve feu Julien Jacquelot aboutant d’un bout à la vigne du seigneur de la Guitterie d’autre bout à la vigne d’Adrian Scebille – Item 6 cordes de vigne en une planche sise audit clos joignant d’un côté à la vigne missie François Challery et d’autre cousté la vigene de Hardouyn Theault ou ses héritiers, aboutant d’un bout à la vigne dudit Aulbin et d’autre bout la vigne dudit Scebille – Item une aultre planche de vigne sise audit clos joignant d’un cousté à la vigne desdits preneurs et d’autre côté et aboutant d’un bout à la vigne Pierre Béron et d’autre côté aboutant à la vigne Jehan Moueme – Item 3 autres planches de vigne sises et situées au clos des Perchelles dite paroisse Saint Denis joignant d’un côté les vignes desdits preneurs et d’autre côté la vigne Missire Pasquier (f°3) Pascal aboutant d’un bout à l’estang de Baraize et d’autre bout la vigne feu Jullian Jacquelot – Item 4,5 planches de vigne et ung bergeron en un tenant sises au clos d’entre les 2 chemins près la Pillardière dite paroisse Saint Denis joignant d’un côté la vigne de La Jaille d’autre côté la vigne Michel Ricou aboutant d’un bout le chemin tendant de la Pillardière à St Denis-d’Anjou et d’autre bout le chemyn de la Guernouillière à St Denis – Item 2 autres bergerons audit clos joignant des 2 costés la vigne de feu Mathurin Berthe aboutant d’un bout le chemyn tendant da la Guernouillière à Saint Denis, ainsi que toutes lesdites choses se poursuyvent et comportent o toutes leurs apartenances et dépandances comme ledit Aulbin bailleur et ses prédécesseurs en ont jouy et les ont (f°4) tenues et exploitées, le tout sis et situé au fief de messieurs de l’église d’Angers à cause de leur terre et seigneurie dudit Saint Denis d’Anjou et d’illecq tenues aux vinaites ordinaires et accoustumés estre payés auxdits seigneurs de l’église d’Angers, et ung denier d’argent pour toutes charges et debvoirs quelconques, le tout au dedans du ressort d’Angers. Transportant etc et a été faite ceste présenté baillée et prinse à rente pour en paier à l’avenir à tous iamais par lesdits preneurs leurs hoirs par chacun an audit bailleur ses hoirs aux jours termes et festes de Notre Dame angevyne la somme de 100 sols tournois d’annuelle et perpétuelle rente payable et rendable aux jours et termes dessusdits, le premier terme et paiement commanczant au jour et feste de l’Angevyne prochainement venant. A laquelle baillée et prinse à rente et tout ce que dessus est tenir etc (f°5) lesdits choses baillées garantir etc et icelle rente paier servir et continuer etc dommages etc obligent lesdites parties l’une l’autre leurs hoirs etc renonçant etc foy jugement et condemnation ; fait et passé audit Angers en présence de h. h. Denys Bignon receveur des traites à Saint Denis d’Anjou, Vincent Leconte demeurant à Angers, Anthoine Grandin métayer demeurant en la paroisse du Lion-d’Angers, Ancelot Letort vigneron audit Saint Denis d’Anjou »

[1] AD49-5E5 Leconte notaire royal Angers

La saga des Fagault de Louplande (72) à Belmont (La Turballe, 44) ou la petite histoire de la conserve de sardines de la Turballe au Maroc

J’ai vécu souvent à Belmont à la Turballe chez mon oncle Yves Fagault. Je dédie ces lignes à Yolande Fagault Rivalland, qui descend des Fagault et vient de prendre contact sur mon blog. Voici ce que je sais des Fagault, et cela n’est pas rien, c’est la fabuleuse histoire de la sardine à la Turballe.

Car les Pellier avaient usine au Mans et à la Turballe, et ont attiré les Fagault du Mans à la Turballe !

J’ai déjà mis sur mon blog plusieurs informations concernant Belmont :

Voici en ligne, la saga de la famille FAGAULT ainsi que je la connais et que je la dédie à leur descendante. Moi, je suis une nièce « par alliance » comme on dit, mais j’ai tellement passé de vacances à Belmont que cette villa faisait partie de moi. Je suis l’aînée d’une famille nombreuse, et ma maman, débordée, envoyait les aînés chez sa soeur, qui elle, n’avait pas d’enfants, c’est ainsi que Belmont fait partie de ma vie. D’ailleurs me voici en 1938 dans la véranda de Belmont.

 

Puis, ce fut la guerre, et les Allemands, surveillant les côtes françaises, ne manquèrent pas d’occuper cette mini-tour crénelée et d’y installer un de leurs observatoires de la côte.

 

Yolande, après-demain, je vous mets la plus ancienne photo que j’ai des FAGAULT car je suis persuadée que votre grand père y est. Je l’ai supposée environ 1895, et vous allez pouvoir en juger.

 

Jeanne Gallisson, mère de Nicolas Allaneau était héritière de Jeanne Gallisson dame du Bois Pépin : Pouancé 1614

L’acte qui suit est encore une preuve du rattachement des Allaneau aux Gallisson, voir mon étude que je vous évoque ci-desssous.

Je descends des ALLANEAU et ceux qui me suivent depuis longtemps savent combien j’avais travaillé cette famille Allaneau. Mieux, je descends aussi d’une GALLISSON à cette époque et j’ai fait un aussi énorme travail sur les Gallisson notables dans la baronnie de Pouancé. Notamment j’ai longuement étudié l’immense succession de Jeanne Gallisson dame du Bois Pépin, qui malgré plusieurs mariages, mourut sans postérité, mais avec de nombreux, pour ne pas dire très nombreux neveux, nièces et même petits neveux et petites nièces. Vous trouvez cet immense travail depuis longtemps sur mon site.

Ici, je trouve encore un acte concernant cette Jeanne Gallisson dame du Bois-Pépin. L’héritier est Nicolas Allaneau, et il est bien dit qu’il est héritier en partie à cause de sa mère Jeanne Gallisson, que j’ai effectivement dans mon étude ALLANEAU, mais plus loin, cette Jeanne Gallisson dame du Bois Pépin est dite sa tante, aussi je vous ai sousligné en rouge ces deux phrases troublantes. Troublantes, car cela signifierait littéralement que 2 Jeanne Gallisson étaient soeurs, l’une mère de Nicolas Allaneau l’autre tante. Je pense qu’il ne faut pas prendre à la lettre le second lien « tante », et qu’il conviendrait de comprendre « grand tante » et alors on retrouve tout ce que j’avais déjà dans les documents importants que j’ai étudié sur cette succession. En fait ce serait la tante de sa mère, et Nicolas Allaneau a été un peu vite à parler devant le notaire qui n’a rien vérifié.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E121  – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle)

Le 6 février 1614 après midi, par devant nous Jullien Deille notaire royal à Angers fut présent estably et deument soubzmis Nicollas Allaneau sieur de la Chaillère demeurant à Pouancé paroisse Saint Aubin, lequel majeur de 25 ans, héritier en partie par représentation à cause de defunte Jehanne Galliczon vivante sa mère de defunte damoiselle Jehanne Galliczon vivante dame de Boispin[1], lequel confesse avoir vendu quité cédé délaissé et transporté et par ces présentes vend quite cèdde délaisse et transporte dès maintenant et à présent à toujours mais perpétuellement par héritaige et promet garantir de tous troubles et empeschements quelconques à Pierre Gaultier marchand demeurant en ceste ville paroisse de la Trinité, à ce présent stipulant et acceptant, et lequel a achapté et achapte pour luy ses hoirs etc scavoir est tous et chacuns les droits successifs noms raisons et actions parts et portions que ledit vendeur peult prétendre et luy appartiennent en ladite succession de ladite deffunte Jehanne Galliczon sa tante tant en meubles que immeubles noms raisons et actions parts et portions (f°2) pour en faire et disposer par ledit acquéreur ainsy comme eust pu et pouvoit faire ledit vendeur cessant ces présentes et en faire partage avec ses autres cohéritiers ainsi qu’il verra, asseurant ledit vendeur n’avoir vendu aliéné cédé ne transporté aulcune part et portion desdits droits successifs à autres ; transportant et faite ladite vendition cession et transport pour et moyennant la somme de 150 livres tz paiées contant par ledit acquéreur audit vendeur qui la eue et receue en notre présence en pièces de 16 sols et autre monnaye ayant cours suivant l’édit, et dont etc et oultre à la charge dudit acquéreur de paier et acquiter la proportion desdits droits toutes et chacunes les debtes tant personneslles réelles mixtes et autres debtes de ladite succession et exécution testamentaire et en acquiter ledit vendeur à peine etc ces présentes néanlmoins etc ; à laquelle vendition cession transport promesse de garantaige et tout ce que dessus est dit tenir etc dommages etc obligent etc renonçant etc dont etc fait et passé audit Angers à nostre (f°3) tablier en présence de maistres Noel Leberuyer et Pierre Desmazières clercs audit Angers tesmoings »

[1] en fait le « Boispépin » (voir mon étude GALLISSON)

Armistice du 11 novembre 1918 : carnet de guerre d’Edouard Guillouard

Je republie ici un billet traitant du 11 novembre déjà paru ici.

Amis fidèles de ce blog, aujourd’hui je vous emmène dans ma famille, ce que je fais rarement, avouez-le. Je le fais au nom de toutes les victimes des guerres !

Ma famille a le bonheur d’avoir des matériaux sur la guerre 14-18 grâce à mon grand’père qui a fait les 4 années dans les tranchées. Son carnet de guerre, et ses très nombreuses photos, sont sur mon site.

Je conserve un très grand souvenir de la frappe de ce document, car, malgré tout ce qu’on avait dit, les détails les plus sordides m’avaient échappé :

    1. 1er sac de couchage

 

    1. 1er cape

 

    1ères bottes etc…

ces dates étaient tellement irréelles : elles attestent qu’ils sont restés des mois dans la boue et le froid avant qu’on ne fabrique tout cela ! Chaque fois que je tappais une telle information, je devais arrêter mon travail, pour aller me réconforter moi-même, tellement j’était ahurie !

Comme beaucoup de ces hommes, mon grand’père était père de 3 enfants, enfin, la 3e née en novembre 1914, ainsi signalée dans son carnet de guerre :
25.11 mercredi – J’apprends la naissance de Thérèse
Il s’agit de ma mère qui n’a connu son père qu’à 4 ans. Elle avait alors éprouvé quelques difficultés à identifier ce papa sorti de nulle part pour elle, un étranger. Il sut se faire aimer rapidement.

Nantes, 1914, Aimée Audineau et ses 3 enfants
Nantes, 1914, Aimée Audineau et ses 3 enfants

Les enfants pendant la guerre jouent à la guerre, probablement comme tous les enfants du monde. Ici, on voit aussi le fusil, le képi, et un cheval, comme papa :

Edouard Guillouard, 1916
Edouard Guillouard, 1916

en 14-18 l’armée est à cheval.


Deux ans plus tard, les enfants ont même le costume : la petite fille en infirmière !

A la fin de ces 4 années, Edouard, alors en Alsace, reviendra avec ce souvenir :

Babette, 1918 - Poupée plate, de bois, en trop bon état en 2008 pour avoir été autre chose qu'un bibelot du souvenir ! souvenir fort !
Babette, 1918 – Poupée plate, de bois, en trop bon état en 2008 pour avoir été autre chose qu’un bibelot du souvenir ! souvenir fort !

Les femmes, quant à elles, prient, lavent, s’occupent des enfants, et prennent le chemin des usines. Le journal de la belle-mère d’Edouard commence par

à la grâce de Dieu !
que nos chers disparus nous obtiennent force et résignation à accepter vaillamment ce qui arrive !

Oui, on prie, et on visite les cimetières, quasiement chaque jour. C’est à l’église que chaque dimanche (la radio n’existait pas encore !) du haut de la chaire, résonne sans cesse le nom des « Morts pour la France », dont le plus souvent la famille n’aura aucun corps à pleurer. Après de vaines recherches, seulement un plaque commémorative, pour se recueillir.

Mères, épouses, enfants, sont en proie aux questions : où, comment est-il mort ? Cloches et canons ponctuent lugubrement l’existence des vivants.

    1. Tout au long des routes sacrées,

 

    1. Où défilent des régiments,

 

    1. Douloureusement alignée,

 

    1. Dorment les tombes des vaillants !

Parfois un nom, souvent un casque,
Une couronne, ou quelques fleurs ;
Puis, sur le tout une fantasque
Croix d’une imprécise couleur,

Faite de pauvres bouts de planches,
Car partout il pousse des croix,
Et tel qui riait des dimanches,
En se battant de nouveau croit.

Poème de J. Bradane de Virard, paru dans le Courrier de Saint-Nazaire, le 14 août 1916.

Parfois un courrier, et quel courrier ! Celui-ci a bouleversé ma famille depuis 90 ans. Il est de la main de mon grand’père, au front, père de 3 enfants, à son frère son frère Adrien, inventeur, qui possède une usine à Nantes, et fabrique pour l’armée. Adrien n’a pas d’enfants, et est à l’arrière, tandis qu’Edouard qui en a 3 est au frond. La lettre témoigne d’une telle grandeur d’âme ! et pas une plainte !

Noël 1914 : lettre à Adrien,
Mon cher Adrien ma chère Gabrielle
Merci de votre postal que je reçois juste à temps pour joindre à ceux de mes camarades. Nous sommes gâtés, je n’avais jamais contenté autant de friandises.
Hier soir nous avons fait un vrai réveillon, et je n’ose pas vous en envoyer le menu. Si à la guerre il y a de fort mauvais moments, il faut bien se distraire un peu, malgré que nous ayons bien souvent lieu de nous faire du chagrin.
Hier il ne manquait rien pour se distraire car après le réveillon, nous avons assisté à une messe de minuit peu banale. Dans un ravin de chemin de fer à 12 m des boches, un abris de paille recouvre un autel, quelques branches de houx et 6 bougies dans de simples chandeliers. Un lieutenant d’artillerie, prêtre, dit la messe servie par deux soldats d’artillerie. Cette cérémonie est magnifique dans sa simplicité et son pittoresque. A un moment une forte voix chante un minuit chrétien dans cette obscurité, c’est émouvant et je conserverai longtemps le souvenir de cette nuit de Noël.
Que devenez-vous ? Louis m’écrit que vous êtes très peiné.
J’espère que Adrien obtiendra un nouveau sursis, et ne viendra pas voir les tranchées qui n’ont rien d’intéressant tant que les boches seront en France, mais qui m’ont encore appris la guerre. Je crois qu’Adrien, inventerait quelque chose de nouveau s’il y venait, mais, je me contente de faire des abris et installer des poëles, que nous n’allumons que la nuit pour ne pas être repérés.
J’en ai assez de cette vie de guerrier et nous ne voyons pas la fin venir, nous n’avons pas grande occupation, mais nous ne pouvons nous absenter de notre poste et malgré que nous n’ayons pas eu d’attaques heureusement, mais nous devons toujours être prêts à prendre les armes, et le plus dangereux et le moins agréable, c’est que jour et nuit nous avons toujours l’artillerie allemande qui, répondant à la notre, envoit des srapmells au petit bonheur. Gare à ceux qui les reçoivent et malgré qu’il y ai plus de trois mois qui nous en voyons éclater près de nous, on ne s’y habitue pas. C’est comme les balles, c’est toujours désagréable de les entendre siffler aux oreilles, surtout quant je suis aux tranchées de première ligne, dans ma compagnie. Nous n’avons pas eu trop de mal surtout depuis le 4 octobre, pas de mort pas de blessés sur les 250 hommes, espérons que la compagne se termine ainsi.
Je vous ai écrit voilà un mois une longue lettre, et je n’ai pas eu de réponse. Veuillez m’écrire longuement, vous me ferez plaisir. Et, si votre générosité vous le permet, vous pouvez m’adresser un autre postal. Je vais même vous en fixer le contenu (pour vous guider simplement). : un gâteau Lefèvre-Utile, quelques friandises, cigares et jambon ou un beau pâté de foie gras (pas autre chose).
Car je crois nos mauvais jours passés, et les camarades avec qui je me trouve aiment bien les bonnes choses. La plupart sont des messieurs de situation au dessus de la mienne, mais ce qui n’empêche pas que nous sommes tous très liés et de véritables amis, avec qui j’ai tout de même eu des jours de misère, que nous compensons quand nous le pouvons.
En attendant le jour heureux où il me sera possible de retourner vers Nantes, ce jour ne sera pas aussi agréable que nous l’aurions souhaité au départ, car notre pauvre Joseph manquera parmis nous. Sa disparition me fait beaucoup de peine. C’était un bien bon garçon, et un excellent frère, il n’a pas eu de veine, espérons qu’il ne m’en arrive pas autant, car il ne faut qu’un coup et comme je vous l’écris nous sommes souvent arrosés par la mitraille.
Je termine ma lettre en vous offrant mes bons vœux de bonne année, je vous encourage sérieusement à faire votre devoir de bons français en travaillant au repeuplement et je souhaite de bonnes affaires à Adrien, mais avec des sursis.
A vous lire, votre frère et beau-frère qui vous embrasse affectueusement, Edouard

Cette lettre, en ligne sur mon site depuis plusieurs années, a retenu l’attention d’un chercheur ! Et moi, je suis fière de ce grand’père et de cette magistrale grandeur d’âme !

A la mémoire de tous ceux qui ont eu à travers toutes les guerres une telle grandeur d’âme !
Voir le carnet de guerre d’Edouard Guillouard, illustré de nombreuses photos.

Hier, 10 novembre 2008, le groupe de travail présidé par l’historien André Kaspi concluait : « Les commémorations publiques et nationales sont trop nombreuses. » Et il préconisait de ne garder que trois dates au titre des célébrations nationales : « Le 11 Novembre pour commémorer les morts du passé et du présent, le 8 Mai pour rappeler la victoire sur le nazisme et la barbarie, le 14 Juillet qui exalte les valeurs de la Révolution française. »

Nicolas Allaneau a acquis par licitation une métairie, et rembourse ses cohéritiers : 1637

Je descends des ALLANEAU et ceux qui me suivent depuis longtemps savent combien j’avais travaillé cette famille Allaneau. L’acte qui suit est une licitation, c’est à dire que l’un des héritiers a racheté la part des autres, donc Françoise Allaneau, qui fut l’épouse de Jean Gault, est bien soeur de l’acquéreur, ainsi que François Allaneau sieur de la Passardière. J’avais déjà par d’autres actes, les mêmes filiations, mais je suis toujours ravie d’avoir encore plus de preuves.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E6  – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle)

Le 11 décembre 1637[1] la métairie de la Mintière ? lui a été adjugée par licitation et il rembourse ses cohéritiers, donc ce lieu appartenait à leurs parents mais je ne l’ai pas identifié :

« Le 11 décembre 1637 après midy a comparu honnorable homme Nicolas Alaneau sieur de Bribocé, lequel en conséquence de l’adjudication à luy faite par licitation de la métairie de la Mintière[2] ? par Mr le sénéchal et  lieutenant général en la sénéchaussée de ceste ville le 18 juin dernier, nous a mys entre mains 402 L par une part pour déliver à Me Jehan Gault sieur de la Héardière tant pour luy que pour les enfants de luy et de défunte Françoise Alaneau sa femme, et la somme de 55 L 7 s 8 d par autre part pour délivrer à François Alaneau sieur de la Passardière pour leur part de la somme de 2 550 L prix dudit décret et suyvant iceluy, dont il a requis acte que luy avons octroyé pour luy servir (f°2) ce que de raison. Fait à notre tablier présents Me Jan Raveneau et André Lemasson clercs à Angers – Le 7 janvier 1638 par devant nous Guillaume Guillot notaire à Angers, fut présent Me François Leroyer advocat au siège présidial de ceste ville demeurant paroisse St Michel du Tertre, au nom et comme procureur de noble homme François Allaneau sieur de la Passardière, comme il a fait aparoir par procuration passée par Pierre Durand notaire de la baronnye de Pouancé le 6 janvier, a receu contant en notre présence dudit Coueffe notaire la somme de 55 livres 6 sols 8 d tz que ledit sieur de Bribocé luy  dépose … – attaché Le 11.12.1637 dvt Pierre Durand Nre de la baronnye de Pouancé, n.h. Françoys Alaneau Sr de la Passardière dt au bourg de Noellet a ce jourd’huy constitué Me Françoys Leroyer At à Angers son procureur pour recevoir de n.h. Nicolas Alaneau Sr de Bribocé la part qui peut apartenir aud. constituant de l’adjudication de la métairie de la Mintière … passé maison de Symon Leroy Nre au bourg dud. Noellet, en présence de Guillaume Cheussé Md tanneur & Me Jacques Cheussé sergent de la baronnye de Candé »

[1] AD49-5E6 Louis Couëffe notaire royal Angers

[2] Impossible de déchiffrer Nuitière/Mintière ? lieu introuvable. Je trouve seulement Miltière au Bourg-d’Iré (49) et Mintière, lieu disparu à Aron (53) mais je ne pense pas que cela soit celui-là.