Julien Grelier se remarie 37 jours après le décès de sa femme : Clisson Saint Gilles 1691

Autrefois on se remariait vite parfois. J’ai personnellement une femme remariée 2 mois après son veuvage.
Mais là, je trouve un remariage moins de 2 mois après. Je suis sidérée.

Nous sommes à Clisson paroisse saint Gilles que je retranscris actuellement.

† 1691.07.21 LITOUST Mauricette « Moricette Litoust 35 ans présents Jullien Grellier son mari, Mathurin Litoust son père, Pierre Blouin, Michel Grasset »
x 1691.08.27 GRELIER Julien « Jullien Grellier et Laurence Villaine présents Mathurin Litoust père dudit Grellier »

Guillaume Lebaillif, hôtelier des Trois Mores, acquiert une rente, Angers 1526

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 10 janvier 1525 (avant Pâques donc le 10 janvier 1526 n.s.) en notre cour royale à Angers (Nicolas Huot notaire Angers) personnellement estably honnestes personnes Pierre Cerisay marchand et maistre boucher demourant en la paroisse de saint Pierre d’Angers et Françoise Mathias sa femme de luy suffizamment auctorisée par davant nous quant à ce qui s’ensuit, souzbmectans eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de parties ne de biens leurs hoirs etc confessent avoir aujourd’huy vendu et octroyé dès maintenant et à présent à toujoursmais perpétuellement par héritage à honneste personne sire Guillaume Lebaillif maistre de la maison et hostellerie ou pend pour enseigne les troys mores es lices près le portal Toussaints de ceste ville d’Angers en la paroisse de saint Lau lez ladite ville d’Angers qui a achacté pour luy et Magdalaine sa femme leur hoirs et aians cause la somme de 100 sols tournois de rente annuelle et perpétuelle que lesdits vendeurs et chacun d’eulx avoient droit d’avoir et prendre par chacun an sur ung nommé René Avril marchand demeurant aux Ponts de Sée à cause d’une maison court jardrin et appartenances d’icelle sise et située en l’isle fort du pont de Sée en la paroisse saint Aulbin dudit lieu tout ainsi que laditemaison court jardin et appartenances se poursuivent et comportent o toutes et chacunes leurs appartenances et dépendances et tout ainsi que la soulloit jouir posséder et exploiter par cy davant feu Jehan Mahcas sans aulcune chose en retenir ne réserver joignant d’un cousté à la court des héritiers feu André Maheas et d’autre cousté à une court et appartenances qui furent Jehan Yves et Yvon Piron abouctant d’un bout à une rue vulgairement appellée Tyrepoil et d’autre bout (blanc) ou fye du roy notre sire et tenues de là aux debvoirs anciens et accoustumés que lesdits vendeurs ont confessé par davant nous avoir baillés à icelle rente audit Avril et aians sa cause par cy davant, pareille icelle rente par chacun an à deux termes aux festes de saint Jehan Baptiste et Noel par moitié en la maison dudit Lebaillif et aux cousts et mises dudit Avril tout ainsi que estoit tenu iceluy Avril et aians sa cause rente icelle rente en la maison desdits vendeurs à Angers, le premier paiement d’icelle rente commençant à la feste de saint Jehan Baptiste prochainement venant, transportant etc et est faite ceste présente vendition pour le prix et somme de 130 livres tournois paiés baillés et nombrés contant en notre présence et à veue de nous par le dit achapteur auxdits vendeurs qui les ont euz et receuz en 8 escuz souleil 2 escuz couronne et 2 philipins le tout d’or et de poids et le surplus en testons de 10 sols tournois bons et ayant cours jusques au parfait paiement desdites 130 livres tournois dont lsdits vendeurs s’en sont tenus par davant nous à bien paiés et contens et en ont quite et quitent ledit achacteur, et a sté dit et accordé entre lesdits vendeurs et achacteur que si aulcunement ladite maison court jardin et appartenances d’icelle estoient aulcunement troublées et empeschées par le fait desdits vendeurs et leurr prédecesseurs ou autres et que ledit achacteur et aians sa cause ne peut estre paié et servi de sadite rente que ledit achacteur se pourra reprendre d’icelle rente sur tous et chacuns leurs biens et choses présents et avenir desdits vendeurs et aians leur cause, sans que lesdits vendeurs le puissent empescher en aulcune manière, à laquelle vendition et tout ce que dessus est dit tenir et accomplir etc et ladite maison court jardin et appartenances d’icelle ensemble lesdits 100 sols tournois de rente ainsi vendu comme dit est sur icelle maison court jardin et appartenances garantir sauver et deffendre desdits vendeurs et de chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de parties ne de biens leurs hoirs et aians cause audit achacteur ses hoirs et aians cause de tous troubles ou empeschements quelconques envers tous et contre toutes toutefois que mestier sera et aux dommages dudit achacteur de ses hoirs et aians cause à vendre rendre et retenir par deffault d’accomplissement des choses dessus dites autrement en aucune manière oblgent lesdits vendeurs eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de parties ne de biens leurs hoirs etc renonçant par davant nous lesdits vendeurs au bénéfice de division à toutes exceptions de fraudes et … et à toutes et chacunes les choses etc et par especial ladite Françoise Maheas au droit velleyen à l’espitre de divi adriani à l’autenticque si qua mulier et à tous autres droits faits et introduits en faveur des femmes elle sur ce de nous suffisamment auctorisée etc de tous etc foy jugement et condemnation etc présents ad ce Pierre Lequeu mareschal et Lucas Lephige vallet de maistre boucher demourant à Angers tesmoings, fait et donné à Angers en la maison desdits vendeurs les jour et an susdits

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog.

L’immense solidarité des habitants de la paroisse de la Madeleine du Temple : Clisson

Hier, je vous signalais un acte bien singulier, dans lequel le noble de la paroisse prenait des passants pour parrainer sa fille.

Voici encore un acte surprenant. En effet, tout le monde est inhumé au cimetière à la Madeleine du Temple, à l’exception de 4 inhumations en l’église de 1668 à 1710.
Même le notaire a droit au cimetière.
Mais Me Gaborit, le recteur de la Madeleine, poussera la charité encore plus loin que tout car le 24 octobre 1677 il inhumé dans l’église une pauvre :

Le 24 octobre 1677 « inhumé en l’église Janne Rocquet pauvre femme présent Mathieu Lerat son fils et Marguerite Guichet sa femme » vue 7

  • J’avoue que lorsque j’ai lu cet acte je n’en croyais pas mes yeux, et j’ai dû m’arrêter, aller et venir à autre chose, pour m’installer confortablement et relire l’acte.
    Car dans les paroisses, l’inhumation dans l’église est soit :
  • réservée aux fondateurs de la paroisse, et leurs descendants
  • monayée par les plus aisés
  • tout le monde sans exception
  • inexistante, ce qui est d’ailleurs le cas le plus fréquent

Donc à la Madeleine du Temple, on avait des pratiques bien solidaires.

Et relisant sur mon site, l’ouvrage de Paul de Berthou, Clisson et ses monuments, page 123

« Les anciens habitants de la Madeleine ou de la Commanderie, se distinguaient par une touchante simplicité de mœurs Ils étaient pauvres, mais aucun ne mendiait. Ils n’avaient pas droit à être admis dans l’hôpital de Clisson, et cela les rendait forcément économes et les portait à s’aider mutuellement avec une grande charité. Lorsque l’un d’eux avait préparé un bon plat, avant d’y toucher, il courait en faire part à ses voisins les plus malheureux. Nul ne se croyait étranger aux autres, et les quelques personnes un peu aisées qui se trouvaient dans la paroisse, entretenaient avec tous les plus affectueuses relations. Quand un pauvre mourait, ceux qui pouvaient vivre sans travailler allaient au lutrin et lui chantaient tout l’office des morts, comme pour les services funèbres les plus complets. »

Cet ouvrage a été écrit en 1910, manifestement après avoir recueilli beaucoup de témoignages.
Je dois cependant ajouter que tous n’y étaient pas pauvres, puisqu’il y avait notaire, général d’armes, Me boucher, cordonnier et meunier. Plusieurs signaient.
Mais pour ce qui est de l’attitude sociale de tous elle était certainement telle que Paul de Berthou l’a écrit, car le travail de relevé exhaustif que je viens d’y réaliser l’atteste.

Un templier est un chevalier d’un ordre militaire et religieux appelé « les soldats pauvres du Christ et du temple de Salomon ». Ils avaient à l’origine pour tâche de protéger des pèlerins, des marchands et des voyageurs se rendant à Jérusalem, des raids et des bandits. Ils étaient connus pour leur humble vœu de pauvreté qui était unique pour un homme de la classe supérieure

Ainsi, les paroissiens de la Madeleine du Temple à Clisson avaient gardé l’esprit de pauvreté des Templiers !!!

L’extraordinaire parrainage de Jeanne Thérèse de Vieux, fille du seigneur du Pin Sauvage : Clisson 1709

J’ai lu et dépouillé tant de baptêmes que je croyais avoir tout vu.
Il n’en est rien.
Car, retranscrivant ce qui reste des registres paroissiaux de la paroisse de la Madeleine du Temple de Clisson, je suis restée totalement interdite devant l’extraordinaire parrainage qui suit :

Les parents sont les seigneurs du Pin Sauvage, que vous retrouverez sur mon site sur l’ouvrage de Paul de Berthou « Clisson et ses Monuments ».

En 1709, date qui concerne ce parrainage de leur fille Jeanne Thérèse, Jean Firmin de Vieux est en fait seigneur du Pin par son mariage avec Marguerite Thérèse Prevost qui lui apporte le Pin.

Les seigneurs du Pin entretiennent un lien tout particulier avec l’église de la paroisse de la Madeleine du Temple, et ce depuis des générations. Leur terre est voisine et très proche, et cette église leur tient lieu de paroisse.

La paroisse est minuscule. Je n’ai pas de qualificatif plus précis, pour vous décrire ce tout petit registre qui ne contient que quelques actes par an, et le cadastre napoléonien de Clisson, donne ce petit faubourg avec la rue de la Madeleine, et quelques maisons seulement. L’actuelle route de Cugand n’existe pas encore, mais la petite voie en bas, qui même à Cugand toute proche, est si empruntée que le peu d’actes célébrés à la Madeleine du Temple sont parsemés de paroissiens de Cugand, non seulement les mariages, mais aussi les baptêmes et même une sépulture. Bref, cette petite paroisse de la Madeleine du Temple est surprenante.

Mais dans ce peu d’actes, j’ai lu et je vous ai retranscrit quelques merveilles.
Voyez plutôt cet extraordinaire parrainage.

Clisson, la Madeleine du Temple, le 6 octobre 1709 « baptisé Janne Thèrèse fille de hault et puissant seigneur Jean Firmin de Vieux chevalier seigneur du Pin et haulte et puissante dame Marguerite Thérèse Prevost, parrain Michel Mabit marraine Janne Esmereau les deux qui se sont trouvés à la porte du château du Pin »

 

Oui, vous avez bien lu, car je vous l’ai surligné en rose. On a pris les passants pour parrainer l’enfant.

 

Bénéficier

Je poursuis la retranscription des registres de la paroisse de la Madeleine du Temple de Clisson, et je rencontre un métier, enfin si on peu appeler cela un métier, peu commun :

Le 24 octobre 1696 est inhumé escuyer François Prevost sieur de Ste Anne, bénéficier, 62 ou 63 ans – vue 5

et le Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) http://www.atilf.fr/dmf/
donne :
BENEFICIER, subst. masc. « Celui qui jouit d’un bénéfice ecclésiastique »

Mais hier, devant le tour de France, j’apprends un TITRE HONORIFIQUE du président de la République à Châlons en Champagne. Je le savais au LATRAN mais je ne me doutais pas qu’il avait plusieurs autres titres honorifiques.
Et cherchant je trouve leur liste, longue, si longue que je vous la communique sur ce lien.

Comme quoi, le tour de France m’en apprend encore. Je suis en empathie totale avec les paysages de la France, si belle ! alors bon tour de France à tous ceux qui en ont le loisir.
Mais je poursuis mes relevés, paisiblement le matin.
A+

Le surprenant lieu du mariage de Jean Belot et Marguerite Aveline : Clisson 1675

Jean Belot est de Tours mais vit à Angers la Trinité.
J’ai des BELOT à Angers la Trinité, et je les ai longuement étudiés autrefois, très, très longuement, y compris ceux de Nantes, et cela donne une immense étude BELOT. J’ai aussi beaucoup étudié les Aveline et l’Anjou. Tous sont le plus souvent aisés, bons bourgeois, voire même pour quelques uns très aisés.

J’ai par ailleurs un grand amour pour Clisson, et tout particulièrement un faible, c’est à dire une affection très prononcée, pour l’ancienne paroisse la Madeleine du Temple. Cette paroisse, comme toutes les autres paroisses de Clisson, manque de registres car les guerres de Vendée sont passées par là et tout est détruit. Mais pas tout le patrimoine, car les splendides ruines du château sont splendides et si vous y allez, car il faut y aller, surtout allez à l’église de la Trinité, car c’est de là que vous aurez la vue innoubliable sur le château. Et voyez sur mon site mes cartes postales et surtout l’histoire de Clisson de Paul de Berthou.

Et j’y ai même beaucoup d’ancêtres, hélas sans pouvoir les remonter loin faute de registres. C’est ainsi que 35 ans après en avoir fait les mariages, j’ai pensé faire les plus anciens registres à ma manière EXHAUSTIVE, qui est une retranscription exhaustive de tout le contenu. Donc, je commence par la petite paroisse de la Madeleine du Temple, si petite que les actes sont rares, et les registres non seulement brulés donc beaucoup de lacunes, mais le reste abimé.
Je les ai souvent lus, mais ma patience exhaustive est encore la plus grande des certitudes que je n’ai rien laissé passé.
Donc je commence ces jours-ci la retranscription, jusqu’à ce que samedi matin je tombe totalement interdite sur le mariage qui suit. Non seulement il est de Tours, demeurant à Angers la Trinité, mais l’acte dit clairement que le mariage est célébré dans la paroisse de Clisson Notre Dame, mais il est classé dans le registre de la paroisse de la Madeleine du Temple. L’autorisation est donnée par l’évêque de Nantes, dont on peut se demander à quel titre ils se sont adressé à lui. Bref, c’est incroyable, si ce n’est qu’à la fin de cette retranscription je découvre que Marguerite Aveline avait un oncle à Clisson.

Donc voici un bien curieux mariage, loin de tout, mais chez le tonton.

« missire Jan Boutin prêtre sacriste de l’église collégiale de Notre Dame de Clisson diocèse de Nantes soubzsigné certifie à tous qu’il appartiendra avoir ce espouzé et célébré le mariage de Me Jan Belot fils de defunt h. personnes Jan Belot et Julienne Duvaud, originaire de la ville de Tours paroisse de St Hillaire, paroissien de la Trinité d’Angers, avecq Marguerite Aveline fille de defunts Laurent Aveline et Jeanne Baraud, demeurant actuellement en ladite paroisse de la Trinité d’Angers, suivant la permission de monseigneur l’illustrissime et révérendissime evesque dudit Nantes en date du 10, signé aegidius espicopus Nannentensis et plus bas Picot, estant ladite permisson dispense des deux bans dudit mariage, la publication ayant esté faite ainsi qu’il est incéré en ladite permission et datée par icelle, lesdites espouzailles faites en la présence de Me Jan Macé soubzdiacre et chantre de l’église collégiale de Nostre Dame dudit Clisson, Me Pierre Gouraud notaire dudit Clisson, du sieur René Pavageau bourgeois, et h. homme Anthoine Baraud oncle maternel de ladite Aveline, tous demeurans en la ville dudit Clisson, auxquelles espouzailles ne s’est trouvé aucun empeschement ny opposition » vu 4 et 5