Suite du contrat de mariage de René de Champagné et Charlotte Quentin : les difficultés à recouvrer les 10 000 livres de la dot, Marans 1615

Il y a 4 mois qu’ils sont mariés, ou tout au moins que le contrat de mariage a été signé, mais les deniers sont liés à un grand nombre d’obligations, et en voici un décompte dans lequel j’ai eu toutes les peines du monde à lire les noms propres, aussi, je donne les noms propres des obligations le plus souvent suivis d’un POINT D’INTERROGATION qui est le signe de la difficulté à déchiffrer.

Ici, René de Champagné et écrit DE CHAMPAIGNE sans jamais y voir aucun accent final, c’est dire toute la difficulté là encore à déchiffrer correctement les noms propres.

L’acte comporte un grand nombre de pages qui listent ces obligations, et j’ai été un moment sur le point d’abandonner. J’ai été jusqu’au bout, et j’ai cru comprendre que c’est la mère de la future qui va avoir tout le travail de récupération des sommes dues, pour les verser rapidement à son gendre, qui les réclame en compagnie de sa mère, Gabrielle de Vrigny.

J’ai lu dans cet acte, avec surprise, le nom Bouju avec une particule, sans autre explication de ma part.
Enfin, vous allez voir Nègrepelisse, place forte, ou commande le frère de la belle-mère de René de Champagné, qui manifestement est à l’origine de la dot de sa nièce. Ceci dit il l’a très bien dotée, même si avoir l’argent liquide immédiatement relève des turpitudes financières que je dois dire nous connaissons moins de nos jours, encore que …

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le mardy avant midy 20 janvier 1615 devant nous Jullien Deille notaire royal à Angers furent présents establys et deuement soubzmis Gabrielle de Vrigny dame de Moiré (Soeurdres, 49) et René de Champaigne son fils aisné escuyer sieur de la Pommeraie et y demeurant paroisse de Marans lesquels chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de personne ne de biens leurs hoirs et aians cause ont recogneu et confessé que en exécution du contrat de mariage dudit de Champaigne et de damoyselle Charlotte de Quentin fille de defunt noble homme Jehan de Quentin vivant sieur de la Pasturerie (Cheviré-le-Rouge, 49) et demoiselle Roze de Bouju son espouse passé par Prigent ? notaire de ladite cour le 25 septembre dernier ladite de Bouju des deniers de Guillaume Madelon de Bouju escuyer sieur de la Madelaine son frère commandant pour le roy à Negrepelice à paié sur la somme de 10 000 livres donnée par ledit sieur de la Madelaine à ladite de Quentin sa niepce par ledit contrat de mariage les obligations suivantes en l’acquit desdits de Vrigny et de Champaigne à Pierre Dederput ? escuyer la somme de 3 080 livres 10 sols pour les causes de son acquit passé par Serezin notaire royal en ceste ville au pied du contrat de mariage d’entre ledit de Champaigne et de deffunte damoiselle Catherine ?? de Duepent ?? passé par ledit Serezin le 20 mai 1612 par une part, noble homme Julien de Beaurepaire sieur dudit lieu la somme de 1 837 livres 10 sols pour les causes de son acquit du 17 de ce mois par nous passé en pied du contrat de constitution de rente aussi par nous passé le 16 septembre 1605 par autre, à messieurs Ollivier Dufresne sieur de Montigné docteur ès droits en l’université d’Angers la somme de 425 livres tz pour les causes de son acquit passé par Lerat aussi notaire royal au pied du contrat de constitution passé par ledit Lerat le 21 j anvier 1604 par autre à René Anillont sieur de la Garanne bourgeois d’angers la somme de 1 237 livres pour les causes de son acquit passé par ledit Serezin au pied du contrat de constitution de rente passé par ledit Serezin le 30 juillet 1613, par autre 1 200 livres fournies à Pierre Babin sieur de la Grange et noble homme René Helyand sieur de Malabry comme ils procèdent par le contrat de constitution par nous passé le 10 septembre dernier par autre, à ladite de Bouju audit nom assigné et délégué audit de Champaigne du consentement de sadite mère la somme de 1 420 livres 12 sols à prendre scavoir sur Claude de Chantepie demeurant à St Sauveur de Flée la somme de 933 livres 6 sols 8 deniers qu’il doibt audit sieur de la Madelaine pour reste de ferme de la terre du Houssay et en quoy il est condemné par sentence donnée au siège présidial de ceste ville le 27 janvier 1604 par une part, 58 livres 6 sols pour intérests de ladite somme escheus le présent mois, et la somme de 50 livres que ledit de Chantepie et messire Amaury de St Offange chevalier sieur de Bavilt ? et dame Ambroise de Liernionne ?? sa femme solidairement obligés pour eschoir le 30 novembre dernier
de la somme des choses mentionnées audit contrat par nous passé le 30 novembre 1613 et aussi dudit payement s’en feront les présent au nom dudit sieur de la Madelaine à la diligence de ladite de Bouju, laquelle aussi establye et soubzmise audit nom mesmes en son privé nom promet et s’oblige en faire ledit paiement ès mains dudit de Champaigne dedans le jour d’expiration desdits contrats, et a faulte de ce faire la luy paye en son privé nom avecq l’intérest de ladite somme de 933 livres 6 sols à compter dudit 27 de ce mois jusques à payement sauf à elle en ce faisant d’en répondre son raplacement et remboursement sur les debiteurs obligés ainsi que lesdites sommes cy dessus reviennant ensemble à la somme de 9 198 livres 10 sols de laquelle au moyen des susdits payements et obligations et promesses lesdits de Vrigny et de Champaigne son fils s’en sont tenus et tiennent contant en déduction desdites 10 000 livres portées par ledit contrat de mariage et en quitent ledit sieur de la Madeleine et ladite de Bouju mère de ladite de Quentin sans préjudice du supplément montant ledit supplément la somme de 801 livres 8 sols ni pour ce qui est deu audit contrat de mariage ni aux obligations faites par ledit de la Madeleine par lesdit contrats cy dessus acquits suivant et au désir cesdits acquits et dudit contrat de mariage convenu par ladite de Bouju et ce qu’elle a dit avoir fait … pour ledit sieur de la Madeleine son fils tant de la rente due par le sieur de la Cerue ? pour arréraiges escheuz en novembre dernier sur sieur de Teillé pour arréraiges de l’année eschue en novembre dernier, dudit fermier de la Fontaine de l’année eschue en ce mois, du sieur Laviston la Came ?? pour arrérages eschus, et dudit de Mergot auquel ledit deffunt sieur de la Pasturerie avoit mins entre mains des deniers dudit sieur de la Madeleine, les sommes de 2 100 livres par une part et 600 livres par autre dont il avoit baillé ses promesses outre l’advis que ledit sieur de Mergot en avoir de par ledit sieur de la Madeleine par ses lettres missives et desquels deniers payés par ledit de Mergot sur ses promesses le principal desquelles et intérests revenant ensemble à la somme de 3 485 livres en laquelle présente déclaration ce faisant les quitances qu’elle a baillées desdits deniers y demeurent renonçant lesdits de Vrigny et de Champaigne au bénéfice de division discussion et d’ordre foy jugement condemnation
fait et passé audit Angers maison de nous notaire prsents Me Charles Bernard sieur de la Rivière Jacques Baudin et Pierre Desmazières clercs demeurant audit Angers tesmoings

Cette vue est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Cliquez pour agrandir.

PS : Et le 20 avril 1620 par devant nous Julien Deillé notaire susdit fut estably et deuement soubzmis ledit de Champaigne escuyer sieur de la Pommeraye dénommé en l’accord et convention dessus, lequel a receu contant en notre présence de ladite de Bouju dame de la Pasturerye sa belle mère la somme de 420 livres …

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6 réponses sur “Suite du contrat de mariage de René de Champagné et Charlotte Quentin : les difficultés à recouvrer les 10 000 livres de la dot, Marans 1615

  1. bonjour,
    pour repondre au point d’interrogation, La Paturerie n’est pas à Chevire le Rouge comme de nombreux auteurs le stipulent mais à Cherre où Jean QUENTIN est sieur et où Pierre QUENTIN son frère est sieur de la Verdelaie à Cherre. Leur Père Pierre QUENTIN fermier de Chateauneuf sur sarthe avait pris à fermes les dimes et seigneureries de Cherre!!!!!!!!

  2. Pour compléter sur les Quentin j’ai relevé:
    Anceau Quentin sénéchal à Chateauneuf 1628
    René Quentin idem 1601
    Anselme Quentin Idem en 1679
    Pierre Quentin Procureur fiscal en 1641
    René Quentin Habite à la Fontenelle de Cherré en 1518

    Bonne journée

  3. merci de ces presicions
    René QUENTIN, fermier de chateauneuf, fermier de Saint Maurice arpente le toit de la cathedrale cette même année 1518 avec un charpentier, les charpentes sont en mauvais etat, le devis s’élève a 18000 livres!!!les travaux seront partiellement realises et en 1533, la cathedrale brulera

  4. Bonsoir,

    ces Quentin de Châteauneuf sont tous de la même famille, tous descendants de ce René Quentin fermier de Châteauneuf ?

    Cordialement,
    Luc

  5. Bonjour,

    je ne sais pas s’il peut y avoir un lien avec ces Quentin de Châteauneuf, et s’il a été étudié, mais j’ai trouvé ceci dans un article sur le Donjon de Courmenant à : http://fr.wikipedia.org/wiki/Donjon_de_Courmenant

    « Baudouyn de Tussé, qui, cependant, ne mourut qu’en 1463, n’apparaît plus sur les titres de Courmenant après 1458, époque à laquelle trépassa Jehanne de Tussé, sa femme, qui lui avait cependant laissé la seignererie de la guierche, par son testament de 1453 par le même testament, Jehanne de Tussé et de Courmenant adopta son neveu Louis Legros, seigneur de Brestel, fils de Hue Legros et de Marie de Tucé, qui prit le nom de Louis de Tussé.

    Louis Legros avait épousé Martine Quentin, dame de la Laire, en Crissé, fille de Jehan Quentin et de Jeanne de Mernay (ou de Mervé) elle-même fille de Macé de Mervé et de jeanne de la chapelle Rainsoin, sieur et dame de Malvoisine à ECUEILLE, près de Chateauneuf sur Sarthe en Anjou.

    Après la mort de Jehanne, femme de Baudouyn, le fief de Courmenant passa des les mains de Marguerite de Tussé, suivant un aveu du 29 mai 1459, (Archives du Mans) fonds chappée. »

    Cordialement,
    Luc

  6. Bonsoir,

    en réponse à ma question sur la descendance de ce René Quentin fermier de Châteauneuf (sieur de la Goufferie), je suis tombé sur cet extrait de l' »Armorial Général ou registres de la noblesse de France T7″ : https://www.yumpu.com/fr/document/view/9540593/armorial-gnral-ou-registres-de-la-noblesse-de-france/361

    Pour des informations sur son ascendance, cet article du Bulletin de la Société des sciences, lettres et beaux-arts de Cholet 1883 sur Cossé d’Anjou : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1154684.image.r=quentin.f5

    En particulier les pages 185-186-196 et 198

    Cordialement,
    Luc

      Note d’Odile :

    Bonjour Luc
    Vous devez vérifier toutes les filiations de tels auteurs, car les erreurs et/ou mensonges délibérés n’y sont pas rares.
    Donc, je vous suggère de considérer cette lecture comme une hypothèse à vérifier.
    Bon courage
    Odile

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