Enfin il avait, derrière sa grange, un beau verger, que nous appelons chez nous une ouche (George Sand, la Petite Fadette, 1849)

La maison du père Barbeau était bien bâtie, couverte en tuile, établie en bon air sur la côte, avec un jardin de bon rapport et une vigne de six journaux. Enfin il avait, derrière sa grange, un beau verger, que nous appelons chez nous une ouche, où le fruit abondait tant en prunes qu’en guignes, en poires et en cormes. Mêmement les noyers de ses bordures étaient les plus vieux et les plus gros de deux lieues aux entours.

Ainsi nous emportait George Sand chez le père Barbeau !

Les ouches, nous en possédons beaucoup ici à Saint-Sébastien. De l’ouche Bignon à l’ouche Quinet et bien d’autres !
Il y a bien des années de cela, un collègue (du temps où je travaillais encore) s’étonnait de la fréquence de ce nom à Saint Sébastien. Et de la signification.

Je m’aperçois que des décennies plus tard, d’autres comme Christian Leridon (p. 17 du livre La Fessardière) ne sont pas familiers avec ce terme, certes plus guère utilisé mais qui perdure dans d’innombrables noms de lieux.

Certes le terme est connu depuis longtemps :

Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) http://www.atilf.fr/dmf/definition/ouche
OUCHE, subst. fém. Terre attenante à une habitation, gén. clôturée

Et Littré mentionnait :

Dictionnaire de la langue française (Littré). Tome 3 [ 1873 ]
OUCHE ou-ch’ s. f. Dans l’Autunois, bonne terre capable de porter toute espèce de produit. Terrain voisin de la maison et planté d’arbres fruitiers. XVIe s. Les tenans et aboutissans de leur ouche
du Bas-lat. olca, qui est dans Grégoire de Tours.

Maintenant, je vais vous épargner la longue notice qu’en donne Michel Lachiver dans son Dictionnaire du Monde Rural, p.1226 car j’ai sous les yeux une merveilleuse étude du terme, dans le plus sérieux des ouvrages.
Eh oui, quoi de plus sérieux que l’Académie Française !
Mieux, outre le sérieux, on profite alors d’un article à lire absolument (je ne copie jamais donc je ne vous mets que le lien, mais il est vraiement à lire, je vous en prie croyez-moi, et vous ne serez pas déçu(e). L’article a pour titre ; « Closeries, ouches, hortillons, plessis et autres jardins » A LIRE ABSOLUMENT EN CLIQUANT SUR CE LIEN

Ah, j’oubliais. Ici à St Seb, même l’autobus connaît l’Ouche Quinet etc…
Ah non, j’oubliais encore. Ici à St Seb il ne faut plus dire autobus, il faut dire bus-way, terme que je n’aime pas du tout mais ainsi va le vocabulaire, et s’en va la langue française !

6 réponses sur “Enfin il avait, derrière sa grange, un beau verger, que nous appelons chez nous une ouche (George Sand, la Petite Fadette, 1849)

  1. Bonjour à tous, je ne connaissais absolument pas ce terme d’ouche que je n’ai jamais rencontré dans ma généalogie (Nord, Comté de Montbéliard et Aveyron). Hortillon, oui! Et bien sur closerie, plessis et en Charente/Limousin j’ai rencontré le mot borderie plutôt que closerie , même s’il doit rentrer dans ces définitions une notion de taille, chaque région avait bien sa propre terminologie.
    Pour ce qui est de bus way Odile, point n’est besoin de céder à la modernité … soyons réfractaires… 😉

    1. Oui oui Michèle, je suis réfractaire.
      Mais Nantes Métropole ne connaît que ce terme sur tous ses documents et les bus eux mêmes.
      Je pense que même les commissions chargées de nous trouver des termes français on démissionné, et je rouspère après le franglais tous les jours !
      Ravie d’apprendre que je suis à Saint-Sébastien au pays des ouches mais que le Nord ne connaît pas ! En revanche je ne connaîs pas le chti
      Odile

  2. Bonsoir,
    Dans les Mauges (sud-ouest Anjou), le mot « ouche » est très fréquent. Chaque métairie ou bordage possédait la sienne. Mais l’ouche ne désignait qu’une parcelle de terre, de taille assez réduite, située à proximité des habitations, en général. Sur les anciens cadastres, cette parcelle portait ce nom avec parfois un ajout précisant sa situation. (l’ouche du haut…)
    Ce mot semble avoir été oublié de nos jours par les exploitants, mais on peut penser effectivement au verger, au jardin ou à une terre réservée à quelques cultures spéciales (ex. plants fourragers)… Donc cela correspond bien aux définitions que vous donnez.
    Cordialement.

    1. Bonjour
      C’est intéressant. Et je vous signale tout de même que Saint Sébastien n’est pas loin des Mauges et du haut de ma tour, située à l’extrémité EST de Saint Seb, et mon appartement plein EST, je domine l’Anjou et je vois les Mauges, enfin le tout début des Mauges.
      Les définitions que je donnais ne sont pas miennes, mais bien des dictionnaires que je citais, et j’avais même le Moyen-âge, et Littré citait même Grégoire de Tours.
      Demain, la canicule me fait bondir.
      Odile

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