Mesures anciennes

en construction, sera complété plus tard

Le tout, selon l’ouvrage de Michel Le Mené Les campagnes angevines à la fin du Moyen âge

Mesures à grains
En Anjou, pour les grains entendus au sens large (pois et fèves compris), l’unité de base était le boisseau. Son multiple, le setier, se subdivisait, selon les régions en 8, 12, 14 ou 16 boisseaux pour tous les blés à l’exception du setier, le muid, qui en contenant 12, et la fourniture 21, formaient l’essentiel des grosses mesures en usage dans les transactions interrogionales et servaient d’assierte à la perception des grands péages.
Est-il nécessaire de rappeler qu’il exista dans le duché, comme dans toutes les provinces, une très grande variété de boisseaux. Au XIIIème siècle, les premières rédactions de la coutume consignèrent l’usage déjà ancien selon lequel chaque seigneur haut justicier avait droit de mesure et d’étalonnage dans toute l’étendue de sa juridiction.
La coutume de 1508 constata même que ce droit était dévolu à certains seigneurs moyens justiciers. Bref, au moins chaque châtellenie eut son propre boisseau. Les tables de conversion publiées après l’adoption du système métrique en recensent plus d’une centaine, choisis parmi les principaus, mais ne donnent finalement qu’une faible idée de la multiplicité des étalons ayant eu réellement cours à l’époque médiévale.
La situation était encore plus compliquée du fait de l’existence de deux systèmes de mesurage des grains : le mesurage à ras et le mesurage à comble, les blés une fois tassés. Selon la manière de procéder, le calibrage donnait des volumes fort dissemblables, sans qu’il soit possible d’établir un rapport immuable entre les deux mesures. Certes, la coutume s’était imposée de fixer une proportion entre le diamètre et la profondeur du boisseau-étalon afin d’éviter qu’on en fit de si large « qu’un vrai comble en eût pu faire deux ras » mais aucune règle précise intervint jamais. Le seul objectif des autorités se limitant à déterminer le prix des grains au marché, la police des vivres n’entendit guère fixer que le volume du boisseau marchand. Personne d’ailleurs, à l’époque, ne se souciait de rigueur mathématique dans les problèmes d’équivalences ; chacun se contentait d’évaluations approximatives, définies en fractions simples de boisseau. L’expérience cependant conférait une assez fine connaissance des contenants utilisés. Le receveur de l’hôpital Saint-Jean d’Angers savait parfaitement que le boisseau ras du domaine de Fontaine-Bresson équivalait au boisseau comble de Longué, lui-même égal au boisseau d’Angers. A Saint-Florent-le-Vieil, l’on estimait que « 16 boisseaux à ras des lieux en vallait 13 à ras des Ponts-de-Cé », alors que, mesuré à comble, le boisseau local était tenu pour boisseau ras des Ponts. En l’occurrence, la différence était de l’ordre de 22 à 23 %. Finalement, comme au XVIIIème siècle, on appréciait communément deux boisseaus, combles d’avoine pour trois à ras, et cinq combles de froment ou de seigle pour six à ras.

Mesures agraires

En Anjou, les mesures agraires étaient fort nombreuses, mais les problèmes qu’elles posent demeurent moins complexes. Il est en effet peu probable, en raison de leur nature même, qu’elles aient fait l’objet d’une réforme, et la plupart des variations attestées dans les textes s’expliquent généralement soit par la date du défrichement, soit par une modification des cultures.

  • l’arpent
  • De toutes les mesures utilisées, l’arpent était la plus commune. On le retrouve dans tout l’Anjou. Mais si en Beaufortais on l’employait indifféremment pour les terres labourables, pour les vignes, pour les prés et pour les bois, dans le reste de la province, son usage était le plus souvent réservé aux vignes et bois.
    L’arpent se calculait toujours sur la base de 100 perches, cordes ou châines linéaires, comptées à 22 pieds pour les bois, ce qui donnait une surface de 51,04 ares (arpent d’ordonnance), et à 25 pieds pour les vignes, ce qui donnait 65,93 ares. Il se subdivisait en 4 quartiers ou en 8 quarterons.

  • la boisselée
  • La boisselée est la mesure agraire qui définit la surface nécessaire à la production d’un boisseau.
    Mais le boisseau varie beaucoup, non seulement selon les Provinces, mais aussi à l’intérieur d’une province.
    Ainsi en Anjou on en compte beaucoup.
    Sans doute à l’origine avait-on tenu compte de la fertilité du sol ?

    Donc, en Anjou, il existait 5 types de boisselées :
    1-Banlieue d’Angers jusqu’à Brissac 660 m2. On comptait communément le journal à 8 boisselées et la séterrée à 12 boisselées (79,20 ares). La mesure recouvrait grossièrement les régions utilisant le boisseau de 13,58 litres
    2-Région de Doué et sud des Mauges, la boisselée est de 439 m2 correspondant à une boisseau de 11,31 lives
    3-Pour le Saumurois, les données sont plus incertaines. Toutefois avec un étalon de 12,72 litres, la boisselée de l’époque moderne comptée à 549 m2 donne à peu près le même pourcentage de semences à l’hectare.
    4-Dans le Segréen, le Craonnais et jusque vers Saint-Denis d’Anjou, la boisselée contenant 1 318 m2. On peut l’attacher à un boisseau de 27 à 33 litres.
    5-Enfin, dans l’est du duché, la boisselée de La Flèche, couvrait 733 m2, ce qui donne un boisseau de 17 à 18 litres.

  • le bregeon
  • An Poitou, en Berry, raie de labour qui ne fait pas toute la longueur du champ par ce qu’elle se termine en biai. – En Anjou, plant de vigne – A Montbéliard petit monceau de foin (Marcel Lachiver, Dictionnaire du monde rural, 1997)

  • la corde
  • Dans quelques régions la corde, normalement mesure de longueur, est aussi mesure de superficie. En Bretagne, la corde carrée de 24 pieds de côté fait 576 pieds carrés, soit 60,78 m2, et il en faut 80 pour faire un journal. En Anjou elle fait 25 pieds de côté et 65,95 m2 (Marcel Lachiver, Dictionnaire du monde rural, 1997)

  • le journal
  • Pour les terres de labour, on utilisait 2 mesures. Schématiquement au nord d’une ligne matérialisée par la Loire, l’Authion et le Lathan, on comptait au journal. Et au sud de cette ligne à la seterée.
    Dans l’un et l’autre cas, la subdivision demeurait la boisselée.
    La superficie du journal variait. Au siège d’Angers, de Baugé, de Durtal, dans l’ouest de la province et dans toute une partie du Maine, il contenant 80 cordes carrées soit 52,72 ares. Par contre dans la région de La Flèche, il ne comprenait que 66 chaînes 2/3 soit 44,03 ares. Dans l’une et l’autre de ces zones sa surface restait constante, en revanche le nombre de boisselées qui le composait variait. Ainsi dans la région de Craon, comptait-on 4 boisselées au journal, entre Sarthe et Mayenne 8, et à La Flèche 6.

  • le quartier
  • Voir arpent.
    L’arpent contenait 4 quartiers.

  • le quarteron
  • Voir arpent.
    L’arpent contenait 8 quarterons.

  • la séterée
  • Pour les terres de labour, on utilisait 2 mesures. Schématiquement au nord d’une ligne matérialisée par la Loire, l’Authion et le Lathan, on comptait au journal. Et au sud de cette ligne à la seterée.
    Dans l’un et l’autre cas, la subdivision demeurait la boisselée.

  • la veilloche
  • de la Saintonge au Cotentin et au Vendômois, tas de foin ou de fourrage artificiel fait dans un champ en attendant qu’on l’enlève et qui correspond à peu près au chargement d’une charrette. Dans le Haut-Maine, en Anjou, cette meule de foin, apellée veille, pouvait peser 500 à 2 000 kg. On trouve aussi veillotte, vieillotte, mulon, veillochon (M.Lachiver, Dictionnaire du monde rural, Fayard 1997)

    Mesures de longueur

  • le pied
  • à Paris, le pied de roi vaut 32,486 cm, 6 pieds faisant une toise. Le pied comprenait 12 pouces. Dans les autres provinces il variait de 29,4 cm à plus de 34 cm mais je n’ai pas trouvé pour l’Anjou et le Maine