Le linge de Clément Gault utilisé pour faire du linge à ses petits enfants : Val de Puiseaux (91) 1623

Introduction

Notre société actuelle est atteinte de la maladie du changement : meubles et vêtements neufs et/ou occasion etc… et c’est une des plus grandes causes oubliées des écologistes, qui n’osent pas culpabiliser la surconsommation.
Je me souviens du choc que j’avais éprouvé au début des années 70, lorsqu’un jour à la cantine de la BN j’entends Jacqueline, l’hôtesse d’accueil au salaire certainement mini, se plaindre de ne plus pouvoir y arriver, précisant alors qu’elle ne pouvait pas changer ses meubles. Je redemandai alors pourquoi elle voulait changer ses meubles et elle répondit : « Oh là là ! Ils ont 5 ans et je ne peux pas les changer » Ce jour-là, stupéfaite, j’ai découvert que le changement était pour certains un droit d’exister financièrement ! Puis, des années plus tard, je vis à la télé une émission pronant un site d’échanges de meubles et montrant la satisfaction d’une jeune femme qui se vantait d’avoir pu changer cette année là 3 fois sa table de cuisine ! (sic) et là j’ai compris que le changement était vraiment devenu une maladie…

le linge de mon enfance

En ce qui concerne les meubles, je sais pour avoir regardé quelques émissions terrifiantes de Stéphane Plaza que je suis plus que ringarde et que tout est à jeter chez moi, mais si je suis terrifiée par ces émissions c’est que les ringards y sont bons eux aussi à jeter : ils n’y ont pas même le droit d’avoir des goûts propres à eux et non tout blanc et noir et tout Ikea.
Née avant la guerre j’ai appris à coudre et raccommoder, même au Lycée Guist’hau on apprenait de mon temps à remplacer un trou par un morceau de tissu etc… et j’ai pratiqué cela à la maison en mettant plusieurs fois des morceaux dans les trous des combinaisons de travail de mon papa. J’ai aussi souvent pratiqué le surjet plat pour refaire un drap que l’on avait coupé en deux avant son usage complet pour le faire durer plus longtemps on mettait donc les bords au milieu et il durait ainsi bien plus longtemps.

Catherine Sauvage a chanté cette tradition

Quand mon grand papa mourra j’aurai sa vieille culotte
Quand mon grand papa mourra j’aurai sa culotte de drap
Oui j’aurai sa ch’mise et sa casquette
Oui j’aurai sa dépouille complète
Quand mon grand papa mourra j’aurai sa culotte de drap

La chanson Grand papa laboureur chantée par Catherine Sauvage 

André Popp fut le compositeur de cette chanson dont le texte fut écrit par Jean Broussolle quelques années avant le Libération, quand ils se rencontrèrent à Fontenay le Comte en Vendée où Broussolle un peu plus âgé  s’était réfugié pour faits de résistance chez sa soeur, amie de la famille Popp. Ce n’est pas une chanson traditionnelle, c’est bien une chanson originale qui s’est inspirée du mode de vie d’antan. La chanson fut enregistrée le 1 er Octobre 1952 par Catherine Sauvage dont Popp a été le premier pianiste, quelques années après son arrivée à Paris avec Broussolle à la Libération, en Juin 44.  https://www.facebook.com/daniel.popp.31945

Et voici ce célèbre refrain chanté par défunte Françoise Cocault épouse de Pierre Grelier, couple avec lequel j’ai cheminé si souvent vers les archives d’Angers

le linge utilisé pour faire du linge à ses petits enfants

Voici ce que j’ai trouvé dans l’inventaire après décès de Clément Gault à Valde Puiseaux, acte trouvé par Xavier Christ aux archives de l’Essonne à Chamarande dans les actes notariés de Me Cordetz dates 1616 /1629 cote E/7068

https://www.odile-halbert.com/wordpress/imagerie/Gault-Clement-1623

f°5
1. Item a ledit Guy Lendier curateur déclaré
2. que les chemises et autres linges dudit deffunt
3. sieur de la Grange ont esté employés à faire
4. du moins linge pour les petits enfants
5. dudit deffunt sieur de la Grange dont

Denis Gaultier dit Leput : Provins 1558

Introduction

Lors de mes innombrables recherches en Anjou, en Bretagne et en Normandie, j’ai rarement rencontré les surnoms dans les registres paroissiaux. J’en ai un seul parmi mes propres ascendants, dit « Galliserie » en Anjou, sans toutefois que j’ai pu comprendre la signification de ce surnom.

les surnoms à Provins

Or, à Provins, je découvre en 1557-1559 plusieurs surnoms dans les actes du notaire Duret, dont certains assez durs par leur signification. En effet, le premier que j’ai rencontré était le 28 février 1557 (avant Pâques, donc le 28 février 1558) Jehan Gaultier dit Leput charron et Marguerite sa femme à cause d’elle et Jehanne fille de feu Jehan Thorry vanier âgée d’environ 19 à 20 ans jouissant de ses droits comme elle disoit demeurant audit Provins recognaissent et confessent avoir baillé délaissé à tiltre de rente ou pension annuelle et promis garantir à Pierre Gaultier dit Lemoyne vigneron demeurant à Pentinsceau lez Provins ad ce présent preneur audit tiltre c’est à savoir la deuxième partie d’une maison couverte de chaume … faisant la moitié des héritage appartenant aux vénérables doyen chapitre de Notre Dame du Val … (AD77-216E1258)
J’ai trouvé dans le Dictionnaire du Moyen Français, en ligne sur ATLIF la signification de PUT : vilain, méprisable, vil.
Mais le plus fort dans les actes de ce notaire, c’est qu’il donne ce surnom à plusieurs Gauthier sans que je puisse savoir s’ils sont liés, et pire, il donne même le surnom à une veuve Gauthier (voir ci-dessous). Qu’avait donc fait de méprisable la famille Gautier pour être ainsi dénommée…

La rue Pute-y-Muce à Provins

Selon l’ouvrage Histoire de Provins et sa région, sous la direction de Michel Veissière, Privat, 1988, p127 : « La débauche prospérait dans les maisons du quartier spécialisé des Bordes, dans cette rue Pute-y-Muce, encore présente dans la topographie du Provins d’aujourd’hui ». Cette rue figure même dans l’IA orthographiée Pute-y-Musse.

La veuve de Denis Gautier dit Leput

Le 12 décembre 1559 Pierre Cuillet vigneron demeurant au Meelz la Maigense recognait avoir vendu ceddé et promis garantir à Katherine Hostelin veufve de feu Denis Gaultier dit Leput ad ce présente acheteresse ung quartier et demy de terre à présent ensemancée en blé froment au lieudit les Haults Buissons au finage de St Lou près la croix de St Lou tenant d’une part à ladite acheteresse d’autre à Jehan Goit le jeune d’un bout …(AD77-216E1258)

La dérive de la généalogie : la méthode CLIC-CLIC + flegmmingite aigüe + incompétence totale

Introduction

J’ai à ce jour passé 31 années de retraite occupée 8 h par jour en me déplaçant dans les mairies et aux archives départementales et sur mon ordinateur à la recherche et l’analyse de la vie de mes ascendants. Ce faisant, j’ai dépouillé un nombre incalculable de registres paroissiaux et d’actes notariés, et bénévolement et gracieusement, j’ai tout publié en ligne, pensant ainsi pouvoir être utile à d’autres.

Généafolie

Chemin faisant j’avais aussi publié autrefois sur mon site un guide des recherches, guide qui est toujours valable. Manifestement, hélas, mon guide est peu lu, à en croire ce que j’observe … La généalogie a totalement dérivée vers la méthode CLIC-CLIC et rien de plus… alors que sur Maisdon j’ai passé des semaines sur mes BOUCHAUD !!! et tout mis en ligne…

Mes BOUCHAUD de Maison-sur-Sèvre

Et j’ai dans les ascendants des BOUCHAUD à Maison-sur-Sèvre

Manifestement certains n’ont rien compris à la généalogie 

Je reçois avant-hier, sous la page de mon relevé de Maisdon-sur-Sèvre, la demande suivante :

  • Bonjour, je fais l’arbre généalogique de ma famille, Bouchaud [NON, vous ne faites pas votre généalogie, vous faîtes votre patronyme, et vous ne savez même pas que seules les ascendances féminines sont fiables]. Je suis coincé en 1695 à Maisdon. Paroisse notre Dame. Naissance de simon Bouchaud [et surtout évitez de préciser la date avec le jour et le mois et l’année, car c’est à Odile HALBERT de faire le boulot en lisant tout Maisdon 1695 !], ses parents jullien Bouchaud et Julienne Gaudet? [et vous ne connaissez même pas la mère avec ce point d’interrogation] Je ne trouve pas l’acte de mariage de jullien Bouchaud avec Julienne Gaudet. [parce que pour vous il suffit de chercher le mariage des parents !!! NON il faut chercher tous les frère et soeurs et noter soigneusement tous les parrains et marraines, car ils ont une très grande chance d’êtres parents et donc PARLANTS] Sûrement avant 1680 [c’est à Odile Halbert de lire toutes les années…]. Pourriez-vous m’aider? Cordialement. Eric BOUCHAUD

A cette question effroyablement incomplète, et culotée… j’ai répondu que je ne faisais pas les recherches des autres, mais ma réponse n’a pas plus et j’invite tous mes lecteurs à aller lire comment on me traite pour avoir refusé de faire à leur place plusieurs jours de travail qu’ils ont la flegme de faire… Et surtout regardez bien les points d’exclamation de cet interlocuteur pas satisfait de ma réponse. 

Et j’ai fait la recherche, courageusement :

Julien BOUCHAUD x Julienne GAUTRET
1-Simon BOUCHAUD °Maisdon 10 juin 1695 « baptisé Simon fils de Julien Bouchaud et Julienne Gautret parrain Simon Bouchaud (s) et marraine Jeanne Durand » x Vertou (44) 3 septembre 1715 Jeanne LIDUREAU « mariage Simon Bouchaud fils de Julien Bouchaud et Julienne Gautret de la paroisse de Château-Thebaud avec Jeanne Lidureau fille de Jacques Lidureau et Helaine Bossis de cette paroisse présents Julien Bouchaud, Simon Bouchaud, Jacques Gaudin, Simon Bouchaud »

Je ne trouve pas la parenté de Julien Bouchaud

Les premiers libraires à Provins : Robert Camelin 1558, Pierre Bondis 1571

Introduction

Je poursuis mon étude de Provins au 16ème siècle tant je suis admirative des innombrables signatures de femmes à cette époque ! Provins ne possédait par d’université et les hommes allaient à Paris faire leurs études, donc ils pouvaient y fréquenter les libraires de Paris, mais de retour à Provins, exerçant leur profession, ils avaient pris goût aux livres puisque je trouve au moins 2 libraires,  et même libraire-imprimeur pour l’un d’eux. Ainsi, Provins avait un niveau de culture digne des plus grandes villes comme la mienne Nantes.

 

 

Robert Camelin 1558

Le 29 mars 1557 (avant Pâques donc le 29 mars 1558 n.s.) Regnaulde Mylie veufve de feu Jehan Choisy demeurant à Provins recognait avoir vendu constitué et promis paier fournir à Me Robert Camelin son gendre libraire demeurant au-dit Provins ad ce présent acheteur ung septier de blé froment de rente bon grain mesure de Provins … (AD77-216E1258)

Pierre Bondis 1571

Registre des baptêmes de Provins paroisse Saint Ayoul le 5 décembre 1571  « Marie fille de Pierre Bondis postier d’estain et Guillemette Planche parrain Philipe Bondis fils de Pierre Bondis libraire et imprimeur marraines Simone Mouton femme de Me Pierre Chauvet esleu pour le roy notre sire à Provins et Judith Bondis femme de Fiacre Guillet tixerant en draps -p137 »

Guillaume de Cullant seigneur de Bernay achète une rente de blé, 1560

Introduction

Bernay, canton de Rozay-en-Brie en Seine-et-Marne, relevait autrefois de Provins. Avec ses 850 habitants aujourd’hui Bernay possède une magnifique église classée Monument Historique.

Non seulement l’église est classée mais le ministère de la culture a aussi classée dans cette église, au titre du Patrimoine Mobilier, une Plaque commémorative de Pierre de Cullant, seigneur de Bernay. Cette plaque est datée de 1552

Poursuivant mes retranscriptions d’actes notariés de Provins je rencontre Guillaume de Cullant seigneur de Bernay en 1560, donc parent de ce Pierre de Cullant, et probablement fils puisqu’il est aussi dénommé « seigneur de Bernay »

Guillaume de Cullant acquiert une rente

Le 27 février 1559 (avant Pâques donc le 27 février 1590 n.s.) Jehan Brenchu dit Fournot marchant demourant à Provins recognait avoir vendu ceddé quite transporté et promis garantir de ses frais et pour tout toute garantie a baillé les lettres de la rente dont après sera parlé à noble homme Guillaume Decullan (→ de Cullant) seigneur de Bernay et de Chantecler ad ce présent acheteur ung mine de blé froment de rente annuelle et perpétuelle qu’il a droit de prendre et percevoir par chacun an au jour St Martin sur une grande maison couverte de tuille et jardin lieu comme il se comporte … (AD77-216E1258)

Denis Lecourt sergent dangereux au baillage de Marly pour le roy notre sire, mars 1560

Introduction

Je descends à Provins dans les années 1550 d’une LECOURT et cette famille donne des lieutenants, sergents etc… et je tente de la reconstituer, aussi ce matin j’étais heureuse de tomber sur un Denis Lecourt en mars 1560 dans un fonds notarial de Provins.  Mais immédiatement je reste totalement interloquée devant son métier, car je lis « sergent dangereux » et j’ai même dû arrêter un moment ma retranscription, pour me calmer en faisant le tour de mon appartement et en allant tricoter. Revenue à l’incroyable lecture, je trouve la merveilleuse encyclopédie de Diderot, qui donne pas moins de 19 qualificatifs différents pour les sergents. Et le 19ème qualificatif est bien « dangereux », donc je dois me résoudre à avoir bien devant mes yeux le métier bien réel selon Diderot, de ce Denis Lecourt, certainement proche de mon Elisabeth. Cette Lecourt est ma plus ancienne grand mère FAUCHON mes apothicaires à Provins.

sergent dangereux

Voici donc de que dit l’Enclopédie de Diderot à l’article 19 du terme SERGENT et on y découvre que le métier n’a existé que 10 ans donc je peux dire que l’acte que je viens de trouver est rare…

SERGENS DANGEREUX
(Eaux & Forêts) officiers des forêts qui furent institués par édit de Henri II. l’an 1552, pour conserver le droit du roi dans les bois où le prince a tiers & danger, ou simplement danger ; mais ils ont été supprimés par Charles IX. en 1563. Il y avoit encore autrefois dans les forêts des sergens traversiers & des surgardes-routiers, au lieu desquels on a établi de simples gardes. (D. J.)

Denis Lecourt sergent dangereux

Le 22 mars 1559 (avant Pâques dont le 22 mars 1560 n.s.) Denis Lecourt sergent dangereux au baillage de Marly pour le roy notre sire fait ses procureurs maîtres Philemon Maillard (blanc) et leur donne pouvoir de résigner et remettre es noms du roy notre sire ledit office de sergent du gué audit baillage pour et au proffit de Jehan Guarenjou demeurant audit Provins … (AD77-216E1258)

Denis Lecourt a donc quitté son métier de sergent du gué à Provins pour celui de sergent dangereux en forêt de Marly, et il donne ici procuration pour céder son office de sergent du gué à Jean Garenjou.