Partages en 3 lots des acquêts de Jacques Richard et Perrine Fourmont : Montreuil sur Maine 1693

Donc, Jacques Richard a eu 2 lits et Perrine Fourmont est le second lit qui laisse 3 enfants.
Mais le plus stupéfiant dans l’acte qui suit est la date de 1693, car il est décédé en 1686 et elle en 1681. Il y a exactement 7 ans après le décès !!!!

Jacques RICHARD °ca 1618 †Montreuil-sur-Maine 24.2.1686 x1 Jeanne MENARD °Montreuil-sur-Maine 7.4.1620 †idem 30 janvier 1652 Fille de François & de Jeanne Drouet x2 ca 1653 Perrine FOURMOND °ca 1626 †Montreuil-sur-Maine 5.2.1681

Quand on sait à quel point la vie était courte autrefois, ces années sont une éternité, et pourtant ils s’entendaient bien !!!
Pire, alors qu’il s’agit d’un partage d’immeubles, on rencontre dans les lots des meubles tels que coffres etc… Or, les meubles étaient dits déjà partagés en 1686. Tous cela est plus que curieux. Alors je suppose que le tout était en indivis paisiblement entre eux durant tout ce temps, ce qui expliquerait l’heure tardive de ce partage.
Ils ont même un vieux fusil :

et aura cedit lot un viel fuzil qui appartient en commun à iceux partageans

Jacques Richard était métayer, mais un métayer aisé, que je soupçonne même d’avoir eu une activité marchande, et tous les actes de sa succession montrent qu’il était un métayer aisé. Mais de là à posséder un fusil !!! Sans doute le fusil était d’une génrération précédente, et s’il est qualifié de « vieux » c’est que sans doute il ne servait plus ou personne ne se souvenait l’avoir vu fonctionner.
Comme j’ai sur mon site une page qui recense ceux qui ont des armes, je dois donc ajouter ce vieux fusil de Jacques Richard, mais j’ai des doutes sur son utilité et fonctionnement.

Et il faut aussi souligner la signature de son fils aîné Jacques Richard, car dans la majorité des familles de métayer on ne savait pas signer, en d’autres termes, les Richard étaient des métayers exceptionnels qui s’élevaient socialement.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

« Le 2 mars 1693 devant Pierre Bodere notaire de Montreuil sur Maine : sont les 3 lots et partages en 3 égales porsions des biens immeubles acquis pendant la communauté de déffuns Jacques Richard et Perrine Fourmond sa femme lesquels ont esté mins et divisés par Jacques Richard leur fils esné en ladite succession, mestayer au Port paroisse de Montreuil sur Mayenne pour estre prézantés à chascuns de Mathurin Richard majeur demeurant paroisse de Louvaines et à François Menard et Jeanne Richard sa femme mestaiers à la Chicotterie paroisse dudit Montreuil, iceux dessusdits enfants et héritiers chacun pour ung tiers desdits Richard et Fourmont pour après iceux partages avoir veuz et considérés faire l’opsion et choizie de chacun desdits lots dans le temps et coustume de ce pays et duché d’Anjou sinon en dire les causes de défections et obmissions impertinentes, auxquels partages procédant y a esté vacqué en présence et consentement dudit Jacques Richard par nous Pierre Bodere notaire de la baronnie de Montreuil sur Mayenne y demeurant le lundi 2 mars 1693
1er lot : la moitié par indivis d’un corps de logis couvert d’ardoise dans lequel y a four et cheminée, 3 petites chambres par bas, 2 greniers au dessus, rues et issues qui en dépendent (f°2) sis et situé au village du Bois Marin à prendre en long d’iceluy logis tant en bas que haut par l’alignement du fest, et le costé de la ruette pour y aller, et où la porte d’entrée sera de ce présent lot, laquelle ruette sera commune pour l’exploitation de tout ledit logis ; à la charge de celui à qui il eschera de souffrir celui qui demeurera le second d’iceux passer et repasser à toutes nécessités par ladite porte d’entrée pour exploiter sa dite moitié de maison, dont la cheminée et four dudit logis demeurent en commun auxdits 2 lots, aidant celui à qui sera le 2ème lot à entretenir ledit four de réparations, et pour ce qui est de la massonnerie et couverture d’ardoise, chacun entretiendra son costé à l’avenir, laquelle moitié de logis joint d’un costé la moitié dudit 2ème lot d’autre costé la ruette d’un bout la maison de Maris Denoyers d’autre bout le jardin cy après qui sera aussy de ce lot – Item un mareau de jardin au devant de ladite porte d’entrée contenant 7 cordes ou environ, joignant d’un costé et par une petite cornière la terre de Mathurin Thibault à cause de Marie Ollivier sa femme, d’autre costé le pignon de ladite maison, ladite issue et la terre de la veuve Hardy chacun par son endroit, d’un bout la terre de nous notaire d’autre nout la terre de ladite veuve Hardy et celle de nous notaire chacun par son endroit – Item la moitié par indivis à partager en travers d’un toit à porcs clos à muraille et couvert de chaume, laquelle moitié se prendra du costé de ladite ruette, l’autre portion de ladite soue sera du second lot, laquelle soue s’exploitera par la porte d’’entrée d’icelle, à la charge que celui qui obtera (f°3) cedit lot poiera de retour de partage à celui à qui eschera le troisième d’iceux la somme de 22 livres paiée le jour de la choisie d’iceux, et aura cedit lot un viel fuzil qui appartient en commun à iceux partageans
2ème lot : l’autre moitié dudit logis avecq droit au four et cheminée aux charges déclarées au 1er lot, à prendre au long d’iceluy tant haut que bas et la moitié de cedit lot se prendra du costé du soleil couchant – Item l’autre moitié dudit toit à porcs avecq une petite portion de jardin au pignon d’iceluy vers le levant contenant demi cart de cordes ou environ, joignant d’un costé la terre ladite veuve Hardy, d’autre costé et bout la terre de ladite Desnoyers, d’autre bout l’autre moitié de ladite soue avecq l’issue en proximité au devant de ladite soue seulement – Item une planche de jardin sis ès jardin dudit village contenant 3 cordes ou environ joignant d’un costé la terre des héritiers Jean Melline d’autre costé la terre des hoirs Crannier et de nous notaire chacun par son endroit, d’un bout l’apantif de maison de nous notaire d’autre bout la terre des héritiers feu Anthoine Blouin et Mathurine Maignan, à la charge que celuy à qui eschera cedit lot fera aussi en retour de partage à celuy à qui eschera le dernier d’iceux la somme de 22 livres paiable dans le jour de (f°4) la choisie desdits partages, et demeurera aussy de ce lot un petit coffre de chesne fermant de clef appartenant auxdits partageans qui est au lieu de la Chicotterie, dont celuy à qui eschera cedit lot en pourra disposer à sa volonté
3ème lot : une planche de vigne sise au clos des Gaudines audit Montreuil contenant 2 hommées ou environ joignant d’un costé la vigne des héritiers feu Mathurin Bellanger des Giraudières d’autre costé la vigne de la boiste des Trépassés dudit Montreuil, d’un bout la terre du lieu de la Pironnière d’autre bout le chemin tendant de Montreuil à Chauvon – Item une autre planche de vigne contenant une hommée ou envison sise au clos de la Pironnière dudit Montreuil joignant d’un costé et des deux bouts la terre dudit lieu de la Pironnière, d’autre costé la vigne de René Delahais d’autre bout la terre au Buharais et Buisson appartenant à (blanc) – Item la somme de 44 livres que celui à qui eschera cedit lot se fera payer de ceux à qui escheront le 1er et le 2ème lot dans le jour de la choisie d’iceux partages et demeurera aussi de ce lot un grand coffre fermant à clef à eux appartenant en commun dont celuy à qui eschera cedit lot en disposera à sa volonté.
A la charge des copartageans de se laisser passages (f°5) le uns les autres comme il est cy devant marqué au premier lot ; et à l’égard d’une grille de fer qui est présentement dans le grenier dudit logis, les partageans pourront en disposer chacun d’eux ; se garantiront l’un l’autre les choses desdits partages en cas qu’il s’y trouvast trouble ou éviction ; tourneront à contes et rapports avant l’option et choisie d’iceux si faire se doit ; pairont également les charges cens rentes et debvoirs deuz à cause des héritages cy dessus pour le passé et à l’avenir chacun paiera pour ce qu’il possédera ; jouiront de chacun son lot et partage incontinent l’option et choisie d’iceux ; pairont aussy également les debtes passives des dits deffunts leurs père et mère au cas qu’il en soit deu ; contribueront aussy chacun en droit soi aux frais et dépens qu’il a convenu faire pour se transporter sur les lieux, prendre les confrontations, dresser la minute et copie qu’il en conviendra deslivrer. Auxquels partages charges clauses conditions et obligations cy dessus ledit Jacques Richard a fait arrest avecq protestation par luy faite que s’il se trouvait autres héritages dépendant de ladite succession les emploier cy après comme ceux des présents lots, estant venuz à sa connaissance, sans néanmoings procéder à nouveaux partages ; dont l’avons jugé de son consentement par foy jugement etc renonçant etc dont etc fait et passé audit Montreuil à notre rablier en présence de (f°6) Georges Thibault fermier de la Jousselinière et Jourdan Guerin tourneur en bois demeurant audit lieu tesmoings »

Le plus beau des inventaires de meubles après décès : celui de feu Jacques Richard Montreuil sur Maine 1686

OUI, OUI, OUI
J’ai vu beaucoup d’inventaires après décès, mais celui-ci est de loin le plus beau.
Beau, parce que Jacques Richard, métayer, laisse 5 enfants héritiers, mais il avait eu 2 lits, dont 2 fils du premier lit, et 2 fils et une fille du second lit.
Hors, l’expérience montre qu’il est plus difficile de s’entendre et de partager quand il y a 2 lits, d’ailleurs c’est déjà difficile de s’entendre quand il n’y a qu’un lit.
Eh bien, rien n’est plus beau que de lire qu’ils se sont tellement entendus que lorsque Me Bodere (le notaire sans orthographe) arrive pour dresser l’inventaire des meubles, il n’y a plus de meubles à inventorier, les 5 enfants se sont entendus et les ont déjà partagés entre eux dans la bonne entente.

Merveilleux n’est-ce pas !

Bon, d’accord, vous me direz que c’était tout leur intérêt que d’économiser les frais de l’inventaire des meubles !
Je suis d’accord, mais tout de même, j’ai déjà vu tant d’inventaires très humbles pour lesquels ont a payé un inventaire après décès des meubles.
Alors, je suis en admiration devant cet inventaire.
Et je reviendrai sur ce Jacques Richard, car l’inventaire des titres mérite un long commentaire.
Donc à demain.

Voir ma famille FOURMONT
Voir ma famille RICHARD
Voir ma page sur MONTREUIL SUR MAINE

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 16 mars 1686 inventaire fait au lieu de la Chicotterie paroisse de Montreuil-sur-Maine, maison où est déssédé h. h. Jacques Richard lesné, des meubles, tiltres et effaits restés de sa succession, ce fait à la requête présence et consentement de chascuns de Jean Richard métayer à la Grande Roche paroisse de Chambellay, René Richard métayer à l’Esfrère paroisse de Thorigné, enfants dudit deffunt Richard et de Jeanne Menard sa 1ère femme, et encore de h.h. Jacques Richard métayer au Port, François Menard et Jeanne Richard sa femme, de luy authorisée devant nous quant à ce, demeurant à la Chicotterie paroisse de Montreuil, et Mathurin Richard aussy demeurant audit lieu, aussy enfans et héritiers dudit deffunt et de Perrine Fourmond sa 2e femme, iceux susdits fondés en ladite succession, scavoir Jean et René chacun pour 1/5e d’une moitié qui est 1/10e au total, et lesdits Jacques et Mathurin Menard et femme pour l’autre moitié au total à cause de ladite deffunte Fourmond leur mère, à chacuns pour une 1/5ème partie avecq lesdits Jean et René Richard également, auquel inventaire procédant y a esté vaqué en présence et du consentement de tous iceux susdits par nous Pierre Bodere notaire de la baronnie de Montreuil et y demeurant, assisté de Nicolas Roullois marchand audit lieu, avecq nous pris pour adjoint :
(f°2) Pour ce qui est des meubles tous iceux susdits les ont partagés par égales portions en ce que chacuns d’eux y est fondé, s’en sont tenus contant chacun à son esgard..

Jean Fourmont possédait 2 chevaux : Le Lion d’Angers 1706

Je poursuis l’inventaire après décès d’Anne Bonneau, épouse de Jean Fourmont, au Lion d’Angers en 1706. Il est alors marchand fermier du Mas et y demeure.
En tant que marchand qui se déplace pour acheter et vendre il a pistolets et cheval.
Non seulement il a un cheval entier mais aussi une jument, et compte-tenu du prix des 2 bêtes, elles sont en bon état ! Je précise ce point car nous avions vu il y a quelque temps ici que les marchands tanneurs avaient aussi un cheval aveugle, mais manifestement pour un travail dans la tannerie.
A ce sujet, j’ai commencé une page pour récapituler qui a et qui n’a pas de cheval (elle est en début de construction)

Mais je ne suis pas parvenue à tout déchiffrer ce qui suit, donc je viens vous demander assistance, si vous avez une idée.
Ci-dessous la ligne que je ne comprends pas et que je vous ai surgraissée.
Une ??? roullante 2 ??? à bras, une … et corde à puits 2 livres

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :


Un cheval antier et une jument avecq 2 selles et un bas 300 livres
Une ??? roullante 2 ??? à bras, une … et corde à puits 2 livres
7 mères vaches et une thore de 2 ans estimés 13 livres piesse, avecq 2 autres pettites thores venant à 2 ans 156 livres

La dent de loup de Jean Fourmont : Le Lion d’Angers 1706

Je poursuis l’inventaire après décès d’Anne Bonneau, épouse de Jean Fourmont, au Lion d’Angers en 1706. Il est alors marchand fermier du Mas et y demeure.
Bien sûr, il a un peu d’argenterie.
Et bien sûr il a une tasse d’argent.
Mais, il a aussi une dent de loup montée sur argent, autrement dit un pendentif !!!

Bon, l’orthogrophe de maître Bodere étant riche en A pour E il a écrit DANT pour DENT, mais il a bien écrit LOUP.

Comme je pensais que ces pendentifs remontaient aux hommes préhistoriques et/ou quelques peuplades sauvages, j’ai été excessivement surprise d’en trouver à cette époque, et j’ai tenté de chercher sur Internet. En vain, je n’ai rien trouvé pour l’époque qui concerne Jean Fourmont.

Ce que j’ai seulement trouvé serait un site commercial qui vend des objets et costumes du Moyen-âge pour les amateurs de cette période.

Mais je n’ai pas trouvé les bijoux, autres que ceux de l’aristocratie débordante de richesse, donc bijoux de la bourgeoisie et même socialement moins riches.

J’ai cependant mis à jour ma page sur l’argenterie selon les inventaires après décès que j’ai personnellement dépouillés.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :


7 cuillers et 7 fourchettes d’argent 75 livres
Une tasse d’argent avecq une dant de loup garnie d’argent 20 livres
Une montre dont la boiste est d’argent 12 livres

Jean Fourmont hérite de l’enfant mort-né, sorti par césarienne de sa femme mourante, mais baptisé : Le Lion d’Angers

J’ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre la succession autrefois d’un enfant mineur par le (ou ses) parents.
Mais ici, j’avoue que le cas est très, très pointu. L’enfant était mort né mais baptisé.

Donc, je vous expliquai ces jours-ci la triste fin d’Anne Bonneau en couches, ouverte par le chirurgien qui s’appellait Boucher, et je vous remets cet acte :

• « le huictiesme jour d’avril l’an mil sept cens cinq, a esté ensépulturé en l’église de céans par nous prestre curé en cette paroisse le corps de honorable femme Anne Bonneau épouze d’honorable homme Jean Fourmond en prézance dudit Fourmond et autres parents signé Fourmond, et son enfant, qu’un nommé Boucher (sic) chirurgien demeurant à Angers assistant la mère cy-dessus desnommée en ses couches, qui y est morte, luy fist l’opération d’ouverture de son corps, ainsy donna la vie du corps et de l’âme dudit enfant en le baptisant, qui est mort après la mère, ce qui est véritable en foy de quoi j’ay subscrit ces présentes d’autant que j’ay assisté lad. mère en luy administrant les sacrements. ».

Et voici quelques actes similaires sur ce blog :
Non encore sorti des entrailles de sa mère
L’opération Césarienne vue sous l’angle religieux, avant la Révolution
Sorti du ventre de sa mère par le barbier, Angers, 1567

L’inventaire qui relate ce droit d’héritage de Jean Fourmont est extrait de celui que je vous étudie ces jours ci et que je n’ai pas termine dont voici la cote, et le passage qui dit que Jean Fourmont est héritier de l’enfant mort-né.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Sont tous les meubles et effaits de ladite communauté qui se sont trouvé monter et revenir à la somme de 9 523 livres 10 sols 4 deniers , et les debtes passives d’icelle communauté à la somme de 4 701 livres 10 sols ; et le surplus se trouve monter à 4 822 livres 4 deniers qui appartient tant audit sieur Fourmond qu’à ses enfans, de tous lesquels meubles et effaits ledit sieur Fourmond s’en est volontairement chargé et ont demeuré en sa possession pour en tenir conte à ses enfans de la part en laquelle ils y sont fondés, sauf ses droits comme hérittier mobilier et uzufruittier de l’enfant dont sa deffuncte femme estoit grosse lors de sa mort et lequel enfans il nous a déclaré qu’après avoir eu batesme est déssedé apprès sa mère ainsi que ledit sieur Fourmond offre justifier par escrit et tesmoings digne de foy en cas de contestation, et sauf audit sieur Fourmond à l’action qu’il se réserve de faire cy apprès partage à sesdits enfans de leur part de desdits meubles estant sujets à parizis pour estre vandus publiquement et les deniers en provenant estre employés au proffit desdits mineurs par l’avis de leur parans »

Inventaire après décès d’Anne Bonneau : Le Lion d’Angers 1706 (suite)

suite du billet d’hier

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

(f°7) 3 escheveaux de laine fillée en ploton de laine avec un morceau de serge 2 livres
6 volumes de livres et 2 vocilles pain deures ??? 6 livres
2 petits bois de sapin fasson d’écritoire 1 livre 10 sols
Une presse et devant de corset tissu d’argent avecq 2 cintures l’une d’argent l’autre brodée par le dessus d’or et d’argent 6 livres
Un trebuchet avecq les balances et poids à pezer or et argent 1 livre 5 sols
Un pié de roy de cuivre, une roinette, des sizeaux à forer avec un poinson, une canne de fer blanc, 2 pettits paires des sizeaux 2 livres
Une souille d’oriller de toille de brin mi usée, avecq un pettit sayet vert de gris, un pettit paquet de guipeures et 2 livres de sain 1 livre 10 sols
Une bouteille de terre dans laquelle il y a une livre d’huille de lin, une autre bouteille où y a à l’estimation d’une chopine d’eau de vie, un bocart (sans doute pour « bocal ») de verre clissé où y a quelque serizes à l’eau de vie 1 livre 6 sols
4 livres de castonnade 2 livres
Un pichet de faience, une bouteille de gros vert noir et 2 tasses fasson de pourselaine 1 livre 8 sols
Une livre de laine fillée 1 livre 3 sols
Un beurrier de faience, une pettite bouteille de terre 2 sols
2 paires de soulliers 3 livres
2 crochets à pezer 3 livres
Et de ladite salle basse transportés dans une chambre à costé où avons trouvé qui suit : un lit garni de son bois de noyer, une coitte, un traverslit le tout de plume ensouillé de coittis, une mante de serge sur fil, une paillasse, 2 draps de lit 55 livres
Une couchette de noyer à quenouille ronde, 2 coittes, 2 traverslits, le tout de plume ensouillés de coittis, une mante de beslinge gris 55 livres
(f°8) Tout ce qu’il de potrie de terre avec ce qu’il peut y avoir d’huille 4 livres
Une table sur carie avecq une bancelle le tout de chêne 4 livres 10 sols
Une grande hugemet de chesne 7 livres
Un autre pettit coffre de chesne non fermant de clef 1 livre
2 landiers et une cramaillère 3 livres 10 sols
En une petite chambre au bout servant de mie ? : une baratte de bois, une gedde, 2 sailles, un godet et un barenchet 2 livres
De la dite chambre basse transportés dans une chambre haute de ladite maison ou y avons trouvé un charlit de noyer avec son fons de sapin, une coitte, un traverslit de plume ensouillé de toille, un lofier garny de boure, 2 draps, un tour de lit de serge couleur vert 100 livres
Un cabinet fermant à 2 fenestres et une liette au millieu 12 livres
Une père de presse de noyer fermant à 2 battans avecq sa ferrure 28 livres
Une table fonsée faite à coullonne tors 10 livres
Une autre grande table de noyer avecq sa liette 6 livres
Un coffre de noyer avecq sa ferrure 10 livres
10 chezes jonchées y compris un fauteuil 7 livres
2 pettits chenets de fer 2 livres 10 sols
Un pettit cadre avecq une glasse de miroir 5 livres
11 livres de fil de lin à 12 sols la livre soit 6 livres 12 sols
(f°9) 10 livres de fil de reparon en partie blanc à 6 sols la livre soit 3 livres
17 livres de poupée de lin à 14 sols la livre soit 11 livres 18 sols
2,5 livres d’étaim à filler brun et blanc à 28 sols la livre soit 3 livres 10 sols
Une livre de laine fillée 1 livre 1 sol
Une livre de poupée 13 sols
Un vieil manteau d’étamine et un devanteau de serge sur fil 4 livres 10 sols
Une souille dans laquelle il y a plusieurs pettits linge 1 livres 5 sols
Un vieil manteau d’étamine barrée 1 livre
4 vieille pelices de peau de monteau 1 livre 4 sols
Un tapis d’Indienne 12 sols
Plusieurs vieille père de chausses 2 livres 10 sols
2 laizes d’une vieille juppe couleur blanc 12 sols
Une livre de fil de brin blanc 11 sols
3 pottées de sain pezant ensemble 50 livres à 5 sols la livre soit 12 livres 12 sols
Un vieil aby (sic) à uzage d’homme fort uzé 1 livre 10 sols
Un autre aby de drap de Holande fort uzé 4 livres
2 vestes l’une de toille et l’autre de serge 2 livres 10 sols
Plusieurs paires de bas de laine et fil à uzage d’homme 7 livres
Une vieille poche dans laquelle il y a environ 2 livres de paignon de laine 1 livre 4 sols
(f°10) 3 lodiers, 2 ambourés de boure et l’autre de filasse avecq une vieille pellice de peau de moutton 10 livres 10 sols
5 livres de chandelle de suif, 2 potées de pomme et du fruit cuit et quelques morceaux de viande fumée 4 livres
Et de la chambre haute sommes transportés dans une pettite éttude estant au record de la première salle basse où nous avons trouvé : un garde mander 3 livres
Une petite table ronde 1 livre 10 sols
Un manteau de camelot gris de fer avecq plusieurs autres abitz à uzage d’homme 40 livres
De ladite étude transportés dans la boullangerie où y avons trouvé un vollant servant de table 2 livres
Un bois de couchette, une coitte, un traverlit, un oriller, le tout de plume ensouillé de toille, 2 vieils draps, ung lodier ambouré de filasse 24 livres
Une hugemet de chesne avecq sa serrure sans clef 7 livres
40 poches tant bonnes que mauvaises 30 livres
3 sas à sasser farine 12 sols
3 pannes de terre à faire la lessive 15 livres
Un tripié de fer 1 livre
3 brais à braier lanfouin 4 livres 10 sols
Un establie et une selle à buée 3 livres
Un comin de fer et une sie Godendart 3 livres
Tous les ferrements et faux 15 livres
Dans la cour une charte, une charüe, socq… et généralement tous équipages servant au labourage 40 livres
(f°11) 11 fus de pippe et 5 fus de busse, 3 peres de portoirs, un cuvier, un fus de cart, un portrin ? y compris une auter buce et quelque peu de cidre dedans 18 livres
Une fourniture de molle de sercle à pippe et 6 molles de sercle de busse 9 livres
3 cents de lattes de chêne et environ 6 cents de careau 6 livres
Tout ce qu’il peut y avoir essil de bois de noyer grosbois mus à mettre volaille 40 livres
Dans le grand sellier 2 pippes de vin blanc avecq les fus 50 livres
3 pippes de sildre, un cart dans lequel y a quelques cormes 20 livres
Une basse et 2 carts de sildre et corme de gaulle 6 livres
Un fus de busse, un fus de quart 1 livre 10 sols
Un autre fus de busse avecq de la plume d’oie dedans 6 livres 10 sols
2 sallouers de bois avecq de qu’il y de lart sallé dedans, y compris un autre fus de charnier et une pottine 45 livres
13 douzaines de pallons de bois de foutrau 26 livres
113 livres de vesselle d’étain tant creuze que platte 67 livres 16 sols
6 marmittes tant bonnes que mauvaises avecq une cuiller de fer 8 livres
2 poisles à frire, une poisle à gresle, 2 broches de fer à rostir, une grelle de fer, et un garde casse 4 livres
Une poisle chaudière d’airain 22 livres
3 chaudrons, une poislette 18 livres
Un autre chaudron, une passette, une cuiller et une escumoire d’airain, une passette et un couvercle 12 livres
(f°12) 2 pettits chaudrons d’airain et 3 poislons 6 livres
Une platine de cuivre à dresser linge et 2 rechaux de cuivre 10 livres
2 casses de fer blanc, 2 pommiers, un epossière, et le vessellier ou est la vesselle 4 livres
6 fourchettes d’assier (sic) 15 sols
à suivre, car encore beaucoup de pages à retranscrire, en particulier parce qu’il s’agit d’un marchand fermier, donc d’un magazin rempli des produits des récoltes, et ce en grande quantité