Comptes avec Marie de Chazé de la Blanchaie, veuve d’Andigné, au sujet du mariage en 1614 de sa fille Anne-Marie d’Andigné, Le Lion d’Angers 1626

le mémoire compliqué qui suit, se complique encore plus lorsqu’on tente de comprendre les liens entre les personnes, car de branches différentes de la famille d’Andigné. Et pour ajouter aux complications, lorqu’on ouvre le dictionnaire du Maine et Loire de Célestin Port, à l’article Grande Fontaine, on lit stupéfait :
la Grande Fontaine, commune du Vieil-Baugé, closerie : en est sieur Hector d’andigné 1614, Armand d’Andigné 1695
Il n’en est rien, et une fois de plus cet auteur a utilisé un titre « seigneur de Granfontaine » sur le premier nom de lieu venu sans penser que ce lieu pouvait être tout autre ailleurs. Cela n’est pas la première fois que je lui rencontre ce type d’erreur.
Par contre, ce d’Andigné dit « Monsieur de Grandes Fontaines » est à Ruillé-Froidfond en Mayenne, dans le dictionnaire de l’Abbé Angot.

L’acte que je vous mets ici est sincèrement un mémoire compliqué, et j’ai eu du mal à suivre tant ils sont souvent passés chez notaire y compris à Angers, pour des quitances toujours partielles alors que des intérêts couraient encore entre temps. La première partie est un compte écrit d’une écriture différente de celle du notaire Billard, qui lui était au Lion d’Angers, et c’est là que vivait Marie de Chazé.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le ? juin 1626 (par devant René Billard notaire de la chastelennye du Lyon d’Angers) Mémoire pour compter entre dame Françoise d’Andigné femme et espouze de messire Jean Du Bailleul chevalier seigneur de la Pierre et auparavant femme de deffunt (blanc) d’Andigné vivant escuyer seigneur de Mayneuf, ladite dame authorisée en justice à la poursuite de ses droits d’une part

Françoise d’Andigné °Angers la Trinité 9 janvier 1590 †Le Lion d’Angers 11 novembre 1626 est fille d’Isaac et Renée Cartier. Elle x1 Angers la Trinité 25 février 1607 Lancelot d’Andigné de Mayneuf, dont postérite, et x2 Le Lion d’Angers 21 août 1619 Jean Du Bailleul

et messire René d’Andigné chevalier seigneur des Tousches et dame Marie de Chazé sa mère d’autre part

    Marie de Chazé elle la fille de François seigneur de la Blanchaie (Sainte-Gemmes d’Andigné, 49) et Charlotte-Renée de la Motte de Dangé. Elle apporte la Blanchaie à Jean-Baptiste d’Andigné, fils de Mathurin. Ils font la branche des « d’Andigné de la Blanchaie »
    René d’Andigné est leur fils aîné °Gené 1er septembre 1599. Son père meurt à Gené le 30 octobre 1612, il est donc mineur à la mort de son père, mais il est majeur dans l’acte qui suit
    .

et pour entendre est à nous que ledit sieur des Tousches et ladite de Chazé sa mère doibvent à ladite dame de la Pierre esdits noms la somme de 1 864 livres suivant le compte et accord fait sur et en conséquence du contrat de mariage de monsieur de Grand Fontaynes davant Terrier notaire le 18 juin 1614

    cela ne peut pas être Hector d’Andigné °Gennes-sur-Glaize 2 octobre 1586 car il épouse par contrat du 16 octobre 1613 sa cousine Anne-Marie d’Andigné
    cela ne peut pas être son frère Jean-Baptiste car il se marie en 1633
    cela ne peut pas être son frère René car il épouse par contrat du 18 dévembre 1606 Marie Bérard
    alors je pense qu’il faut revenir à Hector d’Andigné car Anne-Marie d’Andigné sa cousine est fille de Marie de Chazé, donc seule la date du contrat de mariage ne coïncide pas à un an près. Il est vivant en 1626 date de l’acte qui suit, et j’ignore pour qu’elle raison il n’est pas là.
    Il s’ensuit que je comprends que Marie de Chazé est la grand-mère d’Hector 2ème du nom d’Andigné, né à Ruillé-Froidfond le 17 mai 1627, soit un an après cet acte.
    Cet Hector II d’Andigné est connu au Canada.
    Voici donc le laborieux paiement du contrat de mariage de sa mère.

l’intérest de ladite somme se monte par an à la raison du denier seize à 16 livres 10 sols
lequel intérest se doibt prendre auparavant le principal cy dessus sur les sommes qui ont esté du depuis payées, cela est de droit commun
et sera noté que depuis la dapte dudit accord de juin 1614 jusques en mai et juillet 1618 il est deub 4 années dudit intérest qui reviennent ensemble à ladite raison à la somme de 466 livres cecy se dit à cause que l’on ne compte rien à déduire sur le principal sinon en ladite année 1618
par autre quittance en forme de missive de ladite dame de la Pierre du 5 mars 1618 83 livres
par autre quittance passée davant Serezin notaire Angers le 30 mai 1618 600 livres
et par autre quittance du 6 juillet audit an 1618 105 livres
lesquels payements contenus esdites 5 quittances cy dessus se montent ensemble 1 054 livres 10 sols, sur laquelle somme fault lever ladite somme de 466 livres pour les 4 années des intérests escheuz audit mois de juin 1618 comme dit est cy dessus, tellement qu’il restes desdéites sommes ainsi payes pour déduire sur le principal la somme de 588 livres 10 sols, partant il reste dudit principal en juin 1618 1 215 livres 10 sols, qui donne intérests pour lors ensuivant et à ladite raison par an à commencer en juin 1618 la somme de 79 livres 14 sols 5 deniers
et depuis lequel mois de juin 1618 jusques en juin 1620 sont deubz 2 années desdits intérests à cause que en ladite année 1620 ont esté faits les derniers payements, lesquelles 2 années se montent ensemble la somme de 159 livres 8 sols 10 deniers qu’il fault lever sur ce que s’ensuit
par autre quittance de monsieur et madame de la Pierre, devant Serezin notaire Angers, le 6 mars 1625 500 livres
et par autre quittance de monsieur de Grand Fontaine curateur des enfants mineurs de deffunt monsieur de Mayneuf et de madite dame de la Pierre en dapte du 8 mars 1620 payé par madite dame des Tousches 200 livres
lesquelles 4 dernières quittances cy dessus se montent ensemble à la somme de 960 livres sur quoy fault lever ladite somme de 159 livres 8 sols 10 deniers pour les intéresets des deux années dernières escheues en juin 1620 comme dit est cy dessus, il reste la somme de 800 livres 11 sols 2 deniers, laquelle fault déduire sur le principal du reste de ladite somme de 1 864 livres, partant que madame des Tousches doibt du surplus dudit principal la somme de 474 livres 18 sols 10 deniers
laquelle somme pour ledit reste donne l’intérest par an à la raison susdite à la somme de 29 livres 13 sols 8 deniers obolle

Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) http://www.atilf.fr/dmf
GAGNE-OBOLE, subst. masc.
« Ouvrier qui reçoit un très petit salaire »
OBOLE, subst. fém.
A. – MONN. « Pièce de monnaie qui vaut un demi-denier »
B. – MES. « Poids de la valeur de douze grains, en usage chez les orfèvres »

Et depuis ledit mois de juin 1620 jusques en juin 1626 qui sont 6 années est deub l’intérest de ladite somme de 474 livres 18 sols 10 deniers payés le mesme jour manuellement contant par Madame des Tousches suivant sa quittance de madame de la Prière
Partant monsieur des Tousches et Madame sa mère ne doibvent à présent aulcuns intérests escheuz et ne doibvent pour tout reste de principal que la somme de 287 livres 8 sols 4 deniers
Est à noter que par le compte cy dessus on paye l’intérest jusques au moint de juin 1626 ce qui avoit esté pareillement fait et payé en 1620 tellement que mon dit sieur des Tousches et madame sa mère y sont taxés de 5 mois ou environ su rlesdites deux années ce qui est considérable.

Le 20 juin 1626 par devant nous René Billard notaire de la cour de st Laurent des Mortiers fut présente en sa personne establie et deuement soubzmise soubz ladite cour dame Françoise d’Andigné espouse de Messire Jehan du Bailleul chevalier de l’ordre du roy seigneur de la Pierre auctorisée à la poursuite de ses droits et encores dudit sieur, laquelle dame confesse avoir présentement eu et receu de messire René d’Andigné chevalier de l’ordre du roy seigneur des Tousches par les mains de Me Jehan Tennière notaire royal à ce présent stipulant pour ledit seigneur des Tousches absent, la somme de 287 livres 8 souls 4 deniers faisant le reste et parfait paiement de la somme de 1 864 livres tz que ledit sieur et madame sa mère debvoient à ladite dame de la Pierre selon les comptes mentionnés dont et de laquelle somme de 287 livres 8 souls tz restant de ladite somme de 1 864 livres tz ladite dame de la Pierre s’est tenu et tient à contente et bien paiée …

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6 réponses sur “Comptes avec Marie de Chazé de la Blanchaie, veuve d’Andigné, au sujet du mariage en 1614 de sa fille Anne-Marie d’Andigné, Le Lion d’Angers 1626

  1. Bonjour Madame,

    J’essai de trouver des renseignements sur Anne d’Andigné mariée à Olivier de BRIOUL né en 1625 aux Rosiers . Anne serait la fille d’Hector et d’ Anne d’Andigne sa cousine il semblerait (Anne Marie ci dessus). Certains disent que ce mariage n’existe pas, que ce serait une supercherie . Je ne trouve rien sur ce couple ni sur leur fille Violaine (° Angers 1655) qui se serait mariée avec que Jean François de GUIBERT à Angers en 1672. En avez vous entendu parler?

    Bonne soirée
    Cordialement
    Gérard GUILLET

  2. Bonjour Monsieur
    Je n’ai rien sur ces noms, et jamais entendu parler des de Brioul et des de Guibert.
    Je ne suis en aucun cas une spécialiste des d’Andigné, et mon blog a uniquement pour but de faire profiter de mes trouvailles, et elles sont très loin de représenter les km linéaires des Archives du Maine et Loire, sans parler des autres archives.
    Mon site et mon blog ne travaillent que sur preuves, contrairement à de nombreuses personnes ayant infiltré les bases de données.
    Il se trouve que je possède l’ouvrage récent du Marquis d’Andigné, généalogie de la famille d’Andigné, ouvrage et auteur que je tiens pour sérieux.
    Aucune alliance de Brioul et de Guibert.
    Aucune fille prénomée Anne parmis les 10 enfants d’Hector d’Andigné et Anne d’Andigné.

    J’ignore ce que contiennent tous les actes de ces 10 enfants et de leurs alliances, et si cette Anne que vous cherchez y est citée, ce qui serait la moindre des choses si elle existe vraiement. C’est souvent en étudiant à fonds les proches qu’on peut y voir plus clair.

    Ceci dit, il est vrai que de nombreuses données généalogiques, surtout au 19ème siècle et même avant, sont de pures inventions. J’ai autrefois écrit sur mon site des pages sur tous ces sujets, que j’avais intitulées « généfolie »
    http://www.odile-halbert.com/Genea/Index.htm

    Naturellement plus la famille est enviable, plus elle a été détournée.

    Cordialement
    Odile

  3. Bonjour et merci d’une réponse aussi rapide.

    C’était une bouteille à la mer car le seul point positif sur cette enigme est un mail de Claude GUIBERT qui affirme avoir personnellement vu les documents de ces personnes chez Mr de la Chaze.
    Vous citez aussi dans votre Histoire de la Famille Champagné un Guy de Brioul seigneur de carteron à Trémentines , est la même famille? Peut être il y a des Olive d’où Olivier ?.

    Je vous félicite pour votre site qui est une mine de renseignements.
    Cordialement
    Gérard

  4. Bonjour,

    on m’a un jour offert un travail qui m’a l’air tout à fait sérieux mais je n’en ai pas vérifié les sources : « Marie d’Aubigné – son ascendance, sa descendance » de Jean Maugeais. J’ignore également comment on peut se procurer ce travail. (j’ai en ma possession une édition de « septembre 1995 – 5éme édition, corrigée et augmentée »).

    On y trouve une page sur la famille de Brioul, avec cet avertissement : « la famille de Brioul est peu connue. La seule notice, assez succincte, est celle de Broque dans « Chateaux d’Anjou ». Cette notice comporte quelques erreurs importantes imputables à Boutillier de Saint-André dont Broque a utilisé les notes pour son travail ».

    Jean Maugeais parle aussi d’un « Guy Brioul sieur ou seigneur de Carteron en Trémentines, né vers 1555, décédé en la maison noble de la Giraudière, paroisse de la Jubaudière, le 20 septembre 1622, épouse vers 1573 Perrine Aubert, dont il eut au moins cinq enfants tous baptisés à Trémentines :
    – Antoine, le 18 juillet 1574 (marraine : Simone de Brioul, sa tante)
    – Pierre, le 2 juin 1575
    – René, le 16 juillet 1576
    – Gabriel, le 23 septembre 1577
    – Claude (fille), le 22 juillet 1581 (parrain : noble homme Magdelon Mériault sr de la Guillebaudrie – marraines : dlle Claude de Latinière, épouse de Mr de Lannes, et dlle Marguerite du Boys, femme de n.h. Pierre de Melay, sr de la Florencière… Devenue veuve, Claude de Brioul se remaria, le 11août 1618 avec François d’Aubigné. Par ce mariage, la terre du Carteron passa à la famille d’Aubigné. »

    Si cela peut vous aider…
    Cordialement

      Note d’Odile :

    Le couple Jean Maugeais et son épouse sont sérieux, ce sont des chercheurs du Choletais si ma mémoire est bonne, que j’ai souvent aperçu aux Archives Départementales du Maine et Loire autrefois. On peut leur faire confiance.
    Ils publient papier et payant, c’est à dire une autre philosophie que la mienne.
    Ceci dit les Brioul de Trémentines sont ce jour en long et en large sur les bases de données.

    Bonne chaleur
    Odile

  5. Bonjour,

    Merci pour toutes ces précisions je vais continuer mes investigations.
    àBonne chaleur a vous aussi car cela fait quelques jours que le thermomètre est élévé. Enfin c’est plus normal que si nous étions en Décembre.

    Cordialement
    Gérard

  6. Une précision, Le Guy de Brioul , que vous citez suite aux notes généalogique du Grand Moulin aux AD, semblerait avoir eu trois sœurs si j’ai bien compris : Olive Renée et Simone et une petite fille Renée décédée 15 jours après sa mère Olive épouse de François du Grand Moulin.

    Suis dans la vérité ?

    Merci
    Gérard

      Note d’Odile :

    Bonjour Monsieur
    Les actes de cette époque sont sans ponctuation, et même sans majuscules, aussi je reconnais qu’ils sont peu facile à comprendre, mais vous avez bien lu
    Odile

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