Le fantôme de la Gatelière en Noyant-la-Gravoyère, 1581

Voici extrait des livres de raison, ou chronique de Bouillé-Ménard, tenus de 1578 à son décès en 1590 par Fleury Hallenault prêtre puis curé de Bouillé.
La note qui suit atteste que Fleury Hallenault n’hésitait pas à reporter tout ce qui se racontait. En effet, la vision d’esprits n’est pas à proprement parlé un fait autorisé dans le droit canonique.
Pour ma part, je ne porte pas beaucoup de croyances dans ces phénomènes et je ne me prononcerais donc pas plus amplement, je me contenterais de vous retranscrire ci-dessous la note de Fleury Hallenault.

Le 18 janvier 1581 : « Plusieurs esprits vus par Me Hallenaut et les autres visionnaires »
et en bas de la même page, mais la page est en partie rognée par l’usure ou les souris : « En ceste année 1581 il appareut plusieurs esprits des trespassés et à plusieurs, l’un à la Besqunière en la maison de deffunct Jehan Davy et apparoissait ordinairement à Jehanne Pihu veufve dudit Davy et à Mychelle Cherbonneau sa chambrière, laquelle il appelle par son nom. Deux autres esprits appareurent à une fille de la Gastellière en Noyant, l’un de la mère morte 15 ou 16 ans auparavant et luy donne charge de faire un (rogné) et luy myst une petite croix de pappier au front sur laquelle y demeure 3 ou 7 fils, l’aultre de (rogné) Marin Legaigneux son maistre trespassé depuys un an auparavant et luy donne (rogné) un voiage à sainct René Angers de quoy il auroyt faict veu luy et sa femme (rogné) qu’elle estoit grosse de Me Michel Legaygneux à présent prêtre lequel a accompagné sadite mère à faire ledit voiage et ont porté la première chemyse dudict Me Mychel selon le vœu qu’ils en auroient faict, laquelle chemyse avoit esté toujours gardée et réservée par eulx en un coffre comme ledit Me Mychel m’a raconté luy mesme et plusieurs aultres tesmoings dignes de foy après l’accomplissement desquels voiaiges ils n’ont plus rien veu ni ouy desdits espritz signé Hallenault » (magnifique lettrine en face)

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La chronique de Bouillé-Ménard, écrite par Fleury Hallenault 1578-1590

Quelques prêtres, souvent le curé de la paroisse lui-même, ont tenu un cahier relatant les évennements ou chronique de leur paroisse. Ces livres de raison ont connu une destinée privée, puisqu’ils ne constituaient pas le registre paroissial d’état civil.
Ce qui signifie que malheureusement certains d’entre eux ont probablement disparus, ou sont encore en des mains privées. Ces disparitions se sont aggravées avec la disparition des presbitères suite à la disparition des paroisses par regroupement entre elles. Les archives des presbitères sont alors tombées n’importe où, voire à la déchetterie ans le pire des cas !
Certains eurent une destinée plus souriante et une copie existe aux Archives Départementales du Maine-et-Loire. Ainsi, citons le cahier dit de l’abbé Gourdon, qui fut continué par ses successeurs, et qui est la chronique de Brain-sur-Longuenée.

Deux de ces livres viennent de réapparaître dans une mairie et ont été numérisés par les Archives Départementales du Maine-et-Loire, qui lcomptent les mettre prochainement en ligne.

  • Fleury Hallenault, curé de Bouillé-Ménard
  • Missire Fleury Hallenault, curé de Bouillé-Ménard de 1580 à 1590, a tenu 2 livres, du moins c’est ce que précise sa sépulture :

    « Le quatorsiesme jour de septembre 1590 fut inhumé au cimetière de céans le corps de vénérable et discret missire Fleury Hallenault prêtre curé de Bouillé près la croix du cimetière et ledit Hallenault a donné expozé et notté deux livres en ladite églize » v°70-144

    Cet acte de sépulture atteste que ses vicaires et chapelains n’ont pas jugé missire Hallenault digne d’une sépulture dans l’église ! Certes, ils l’ont mis près de la croix du cimetière, mais tout de même, sa place normale était dans l’église, d’autant qu’il était issu d’une bonne famille locale.
    Soulignons ici que Missire Hallenault fut un curé résident dans sa paroisse, à une époque où tant de curés résidaient au loin, le plus souvent à Angers, et déléguaient le travail des offices et sacrements à leurs vicaires et chapelains, se contentant de toucher les revenus de la cure. Fleury Hallenault fut donc un vrai curé, proche de ses ouailles, tout au moins physiquement.

    Bouillé-Ménard, le château, collection personnelle, reproduction interdite
    Bouillé-Ménard, le château, collection personnelle, reproduction interdite
  • les 2 livres de notes de Fleury Hallenault
  • La sépulture de Fleury Hallenault nous livre un autre détail bien plus important que l’inhumation au cimetière. Cet acte nous apprend clairement qu’il a laissé deux livres de notes !

    Ces livres étaient la chose personnelle de messire Fleury Hallenault, en quelque sorte son livre de raison, son journal.
    Ils ne sont en aucun cas le registre paroissial d’état civil aux termes du droit canonique et du droit français d’état-civil de l’époque. Me Hallenault les tenait personnellement, hors de la vue des vicaires et chapelains, alors qu’un registre de paroisse conforme au droit canonique et au droit civil est normalement tenu par tous les prêtres habitués d’une paroisse, et à leur libre disposition et accès..
    Ce qui signifie, a contrario, que le véritable registre paroissial est toujours porté disparu. Ceci explique que Célestin Port n’ait pas noté l’existence de ces 2 cahiers, au caractère privé, et ce qui explique qu’ils on manifestement refait surface en mairie par don privé postérieurement, ce qui est en soit une chose remarquable et dont on doit au passage remercier l’initiative pour la postérité ! Nombre de presbitères avaient des archives, comme je viens de le souligner plus haut, et on doit remercier ici ceux qui ont songé à les transmettre en bien public, pour la posérité !

    Les vicaires et chapelains de Bouillé avaient-ils connaissance de l’existence avant le décès de Fleury Hallenault de livres tenus par leur curé ? Nous ne le saurons sans doute jamais, quoiqu’il en soit, les livres retrouvés, qui sont donc les deux livres mentionnés dans la sépulture de Fleury Hallenault, ne sont pas le registre paroissial officiel et canonique, mais un journal personnel, que l’un des vicaires, Gilles Brossard va mettre de côté puis utiliser après le décès de Fleury Hallenault pour mettre d’autres actes, dans le plus grand désordre, quitte d’ailleurs à venir en écrire là ou Fleury Hallenault avait laissé des espaces blancs.
    Gilles Brossard, devenu curé de La Boissière, garda longtemps ces livres, avant de les restituer à la cure de Bouillé-Ménard…. où je présume qu’on les a retrouvés dernièrement et transmis en mairie, ce qu’on a bien fait de faire. Merci à eux !

    « Le vingt et ungiesme jour de janvier 1606 ce présent papier a esté rendu par missire Gilles Brossard à présent curé de la Bouessière qui la baillé et mins entre les mains de Me Guillaume Chevallier sieur de la Barre dont moy soubz signé curé de Bouillé en ay deschargé et descharge soubz mon (3 mots incompris) le jour l’an que dessus signé Menand » 1er registre – v°16-16

  • Analyse du contenu des 2 livres de Fleury Hallenault
  • Maintenant que vous avez une idée précise de l’histoire des deux livres de notes, voici leur contenu, que j’ai entièrement retranscrit avant de vous présenter cette analyse :

    • Le premier contient 16 vues. Fleury Hallenault a retranscrit 2 baptêmes de 1538 et 1539 concernant sa famille, des BMS du 1er janvier 1578 à mars 1580, et des notes historiques et météorologiques.
    • Le second contient 144 vues contenant des BMS de mars 1580 à septembre 1590, souvent dans le désordre et entremêlés d’actes postérieurs, et des notes historiques et météorologiques.
    • Les notes historiques sont la retranscription de tous les faits et bruits parvenus à Bouillé, y compris les évennements historiques du royaume de France. La période couverte étant l’une des plus sombres de l’histoire de France (guerre civile, famine, peste) d’où l’intérêt de ces notes, tout au moins pour comprendre quand les nouvelles parvenaient jusqu’à Bouillé-Ménard.
    • Elles sont brèves, peu rédigées, si ce n’est la page concernant le passage au calendrier Grégorien.
    • Les notes météorologiques vont intéresser les spécialistes. Ainsi, le BRGM, qui constitue la base nationale des secousses sysmiques, est preneur de la note de 1588.
    • Mais Fleury Hallenault ne s’est pas contenté de relater des faits, et des bruits de nouvelles, il a recopié le soir dans sa chambre, de mémoire, les sacrements administrés dans la journée. Souvent ces baptêmes, mariages ou sépultures, étaient le fait d’un vicaire ou d’un chapelain, et dans ce cas, il précise le nom de celui-ci, mais c’est toujours lui le rédacteur et le signataire. Il s’ensuit que le soir, sa mémoire était le plus souvent quelque peu défaillante, aussi les actes incomplets voire gravement incomplets sont innombrables.

  • Voir Bouillé-Ménard et ses alentours sur mon site
    1. Un livre de raison à Chatelais, celui de Jean Cevillé

    Sur ce site, vous avez depuis quelques années le livre de raison de Jean Cevillé, qui fut plus personnel, plus tourné vers la chronique familiale.

      Voir ma page sur Noyant-la-Gravoyère
      Voir ma page sur Bouillé-Ménard
      Voir ma page sur Châtelais
      Voir le livre de raison de Jean Cévillé à Châtelais

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    Fouquet, receveur des tailles, a dû libérer les prisonniers car les caisses sont vides, 1594

    Nous sommes toujours dans la décennie 1585-1595, durant laquelle la France était en dépression.
    Il n’y a plus d’argent dans les caisses pour payer Jean Belon, venu exprès de Château-Gontier à Tours puis Angers. D’ailleurs les caisses sont tellement vides qu’il a été ordonné au receveur Fouquet de libérer les prisonniers alors que pour les capturer il avait fallu faire de grands frais.

    Château-Gontier, collection particulière, reproduction interdite
    Château-Gontier, collection particulière, reproduction interdite

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E1 – Voici la retranscription de l’acte : Le 27 mai 1594 avant midy par davant nous François Revers notaire royal à Angers Jehan Belon chaustier et vallet de chambre du roy

    CHAUSSETIER. s. m. Marchand qui fait et qui vend des bas, des bonnets (Dict. de L’Académie française, 4th Edition, 1762)

      Jean Belon aurait eu 2 métiers, mais je me demande si le valet de chambre du roi était un titre honorifique ou réellement exercé queques mois par an ?

    s’est transporté vers et à la personne de Me Abraham Foucquet sieur de Mortiercer recepveur des tailles à Chasteaugontier à présent transféré Angers,

      sans doute en raison des guerres civiles ?

    auquel parlant iceluy Bellon l’a sommé prié et requis à ce qu’il ayt à luy payer et bailler contant la somme de six vingts dix sept escuz (137 livres) 50 sols suivant la resciption à luy envoyée par Mr Serviant recepveur et trésaurier général des finances du roy à Tours, signée Serviant, dabtée du 5 du présent moys et an et controlé et enregistré aux controle général à Tours par Dupont le 10 de cedit moys et en laquelle resciption ledit Bellon a baillée audit Foucquet recepveur susdit pour luy servir de quittance de ladite somme de six vingtz dix sept escuz 50 sols o protestation par ledit Belon faite à faulte que fera ledit recepveur de luy bailler et délivrer contant ladite somme de toute perte despends dommages et intérestz, et de se pourvoir contre ledit Foucquet recepveur susdit et tous autres à qu’il appartiendra par toutes voyes de justice ainsy et par tout où il appartiendra et a déclaré audit Foucquet recepveur susdit et vérifié par nous sa venue express et à cheval de la ville dudit Tours afin de recepvoir ladite somme et qu’il y a cinq jours qu’il est venu à ceste fin en ceste ville d’Angers et retardé par ledit recepveur,

      je ne suis pas certaine que cela avance toujours plus vite de nos jours, la preuve, il y a toujours le fameux délai de 48 h pour qu’un virement numériquement fait soit effectif !

    lequel Foucquet recepveur susdit a fait response audit Bellon qu’il n’a à présent aucuns deniers pour satisfaire et payer ladite somme audit Belon, et que par ordre de la court tous les prisonniers qu’il avoit fait prendre à grands frais ont esté mins hors des prisons et il n’a moyen recepvoir aucune demande que ce soit

      on fait les économies qu’on peut !

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    Françoise Furet veuve de René Bitault

    Françoise Furet est la belle-mère de Zacharie Gallichon.

    Saint-Florent-le-Vieil, collection particulière, reproduction interdite
    Saint-Florent-le-Vieil, collection particulière, reproduction interdite

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E1 – Voici la retranscription de l’acte, qui est très effacé et illisible : Le 9 décembre 1593 après midy par davant nout François Revers notaire royal Angers personnellement establie damoyselle Françoise Furet veufve de deffunt Me René Bitault vivant sieur de Beauregard demeurant à Angers paroisse sainte Croix d’une part

    Beauregard, commune de Saint-Florent-le-Vieil, près du bourg, sur le chemin du Marillais, ancienne maison noble, appartenait au 16e siècle à la famille Bitault, et par sa femme René Bitault en 1671 à René Cochelin, écuyer, qui la vend le 17 novembre à Thomas Laville, marchand (C. Port, Dict. du Maine-et-Loire, 1876)

    et René Bodeusneau mestaier demeurant à la mestairye de … paroisse saint Florent le Vieil d’autre part
    lesdites parties respectivement etc confessent avoir fait et font entre eulx le bail à ferme qui s’ensuit c’est à scavoir que ladite Furet baille par ces présentes audit Bodeusneau qui a prins pour luy et Mathurine Cochan sa femme …pour le temps et espace de 7 années entières et consécutives qui commenceront au jour et feste de Toussaintz que l’on dyra 1595 scavoir est ledit lieu et mestairie de Lageau (très raturé et illisible, je n’ai pu identifier) à ladite bailleresse appartenant comme ledit lieu se poursuit et comporte avecq ses appartenances et dépendances sans rien en réserver comme ledit preneur en a cy davant jouy et jouit encores audit tiltre de ferme pour en jouyr et user par ledit preneur comme bon père de famille sans rien desmolir, sans pouvoir abattre par pied branche ne autrement aucuns boys fructuaulx et autres fors ceulx qui ont acoustumé estre couppez et esmondez qu’il pourra coupper et esmonder en une saison convenable à la charge dudit preneur de tenir et entretenir les maisons et granges dudit lieu et autres choses en bonne réparation de laquelle réparation il s’est tenu et tient à contant par son précédent bail, et de payer et acquiter les charges cens rentes et debvoyrs deubz pour raison dudit lieu et qui de coustume estre payées

    et est fait le présent bail pour en payer et bailler par ledit preneur à ladicte bailleresse par chacune desdites années le nombre de 15 septiers de bled seigle bon et marchand mesure dudit Saint Florent le dernier boisseau de chacun septier comble payable scavoir 8 septiers à ladite bailleresse en sa maison des Outaulx et 7 septiers payables par ledit preneur en l’acquit et libération de ladite bailleresse au sieur de la Bellière dudit Saint Florent à luy deubz et qui a droit d’avoir et prendre chacun ans sur ledit lieu de rente au terme de notre Dame mi-août avec ung sol de cens rente ou debvoir que ledit preneur payera pareillement et des 7 septiers de bled et ung sol de cens rente acquiter ladite bailleresse et luy en fournir acquit vallable dudit sieur par chacune desdites 7 années
    et outre paiera ledit preneur à ladite bailleresse par chacune desdites années avec les 8 septiers de bled seigle le nombre de 15 livres de beurre le tout payable audit jour de notre Dame mi-août et outre baillera par chacun an ledit preneurà ladite bailleresse pendant ledit bail audit jour et feste de mi-août 2 chappons et 6 poullets et au cas que ledit preneur en puisse nourrir sur ledit lieu et lequel preneur a promis tenu de faire à neuf le vieil toit à vaches dudit lieu en fournissant de boys par ladite bailleresse audit preneur pour ce faire lequel boys il sera tenu de faire abattre à ses despens,
    le tout stipullé et accepté par lesdites parties respectivement auquel bail tenir etc dommaiges etc obligent lesdites parties respectivement etc à prendre etc renonczant etc foy jugement etc
    fait et passé audit Angers maison de ladite bailleresse en présence de Loys Allain et Michel Lory praticiens demeurant Angers, ledit preneur a dit ne scavoir signer

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    Bail de l’office du greffe du grenier à sel de Candé, 1586

    Nous voyons ce jour le plus détesté des impôts, la gabelle, et en particulier le greffe de Candé.

      Voir ma page sur Candé et son histoire
      Voir ma page sur les greniers à sel du Haut-Anjou
    Candé, collection particulière, reproduction interdite
    Candé, collection particulière, reproduction interdite

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série E4327 – Voici la retranscription de l’acte : Le 21 août 1586 à la matinée en a cour du roy notre sire à Angers endroit (devant Rogier notaire Angers) etc personnellememnt establi honorable homme Me Jehan Panetier greffier des greniers à sel d’Angers et de Candé demeurant audit Angers d’une part,
    et Me Jehan Brisset demeurant audit Candé d’autre part soumettant etc
    confessent etc avoir fait et par ces présenes font entre eux le bail à ferme tel que s’ensuit, c’est à scavoir que ledit Panetier à substitué estably et commis par ces présenes etc ledit Brisset dans l’exercice dudit greffe audit grenier de Candé pour le temps et espace de 5 années à commencer ce jourd’huy finissant au 21e jour d’aoust que l’on dira 1591 pour iceluy greffe exercer par ledit Brisset bien et duement, tenir bon et fidèle registre tant des dépenses vente et distriburion dudit sel, saisies, amendes et exercice de la juridiction, à peine de tous despens dommages et intérêts, et pour en prendre par ledit Brisset les esmoluments qui appartiennent audit greffe pendant lesdites cinq années tant que ledit Panetier prendra les gages par ses mains attribués audit office sans que ledit Brisset y puisse rien prétendre
    et est ce fait pour en payer par ledit Brisset audit Pannetier en ceste ville d’Angers la somme d’un escu sol ung tiers par chacun an au terme de my août, le premier terme commençant à la my aoust prochaine venante et à continuer etc

      la somme est peu élevée car chacun reçoit par ailleurs des revenus de ce greffe

    et est convenu et accordé entre les parties que là et au cas que ledit Panetier vendroit ou se désiste dudit greffe de Candé que ledit Brisset ne le pourrait empescher et prétendre aux dommages et intérêts,

      autrement dit, Panetier peut résilier à tout moment le bail, sans que Brisset doit dédommagé d’une quelconque façon

    ce que dessus stipullé et accepté respectivement etc et à ce tenir etc obligent etc renonçant etc foy juement condamnation etc
    fait et passé à Angers en la maison de nous notaire en présence de Vincent Fouchart et François Garnier demeurant Angers tesmoins,
    signé Panetier, Fouchart, Brisset, Rogier, Garnier

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    Bail à ferme de la closerie du Parc, Cherré, 1590

    Je descends des PANCELOT de Cherré.

      Voir mon étude de la famille Pancelot

    Cherré, carte des anciennes paroisses de lAnjou
    Cherré, carte des anciennes paroisses de l'Anjou

    Cherré est situé à 7 km de Châteauneuf-sur-Sarthe, 30 km d’Angers. L’abbaye du Ronceray d’Angers possédait sur la paroisse un important prieuré, le Plessis-aux-Nonains.
    Le registre paroissial de Cherré commence en 1590 par des baptêmes, mais ne donnant aucune signature, et en aucun cas la présence d’un Pierre Pancelot. L’acte qui suit est donc particulièrement intéressant, car il atteste la présence en 1590 à Cherré d’un Pierre Pancelot, tanneur. Il a le bail judiciaire de la closerie du Parc, qu’il est venu renouveler à Angers. En fait, il gère donc au moins un bien à ferme, outre son activité de tanneur, et en cela. Ces activités multiples étaient fréquentes autrefois.
    Nous apprenons que la closerie du Parc appartient en 1590 aux Delespine. Or, un peu plus tard, l’une des Pancelot, épouse en 1604 Julien Cohon qui donne les Cohon du Parc. Célestin pour sa part ne donne aucun propriétaire de ce lieu, aucune notice.
    J’ignore si Pierre Pancelot avait fini par acquérir la closerie du Parc, et j’ignore tout autant le lien entre Pierre Pancelot et cette Perrine Pancelot épouse de Julien Cohon. Sans doute pourra-t-on un jour trouver un acte notarié plus parlant !
    Cherré, carte dite de Cassini
    Cherré, carte dite de Cassini

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E1 – Voici la retranscription de l’acte : Le 10 février 1590 après midy en la court du roy notre sire à Angers par davant nous François Revers notaire de ladite dourt personnellement establyz honneste personne Jacques Adam Me tailleur d’habits demeurant Angers paroisse se Pierre mari de Claude Lecointe auparavant femme de deffunt Mace Delespine d’une part
    et honneste homme Pierre Pancelot marchand tanneur demeurant paroisse de Cherré d’autre part
    soubzmettant lesdites parties respectivement etc confessent etc avoir fait et font entre eulx le bail à ferme tel que s’ensuit savoir est ledit Adam avoir baille et baille audit Pancelot qui a prins et accepté pour luy ses hoirs et ayant cause audit tiltre et non autrement pour le temps de 6 ans entiers et consécutifs et 6 cueillettes entières et parfaites qui commenceront au jour et feste de Toussainctz prochaine venant et qui finiront à pareil jour lesdites 6 années révolues savoir est le lieu et clouserie du Parc sis en ladite paroisse de Cherré appartenant à Jehanne Delespine fille dudit deffunt Macé Delespine et de ladite Lecointe comme ledit lieu se pourduit et comporte avec ses appartenances et dépendances sans rien y retenir ne réserver et comme ledit Pancelot preneur l’a tenu et exploité et comme de présent il exploite ledit lieu audit tiltre de ferme judiciaire pour en jouir par ledit preneur bien et deuement comme ung bon père de famille et pour en payer et bailler par ledit preneur audit bailleur en sa maison audit Angers par chacune desdites 6 années le mesme prix porté par le bail judiciaire que ledit Pancelot a prins et qui luy a avoit esté adjugé au pallais de ceste ville d’Angers
    et oultre de faire et accomplir par chacune desdites 6 années toutes les aultres charges mentionnées portées par ledit bail judiciaire et suivant et au désir d’iceluy du contenu duquel lesdites parties ont dict avoir bonne cognoissance et dict n’estre besoign autrement expliquer les charges mentionnées audit bail

      il est rare de voir une telle confiance entre les parties, et le plus souvent, toutes les clauses sont reproduites dans un acte de renouvellement de bail

    tout ce que dessus a esté stipullé et accepté par lesdites parties respectivement à ce tenir etc obligent lesdites parties respectivement etc à prendre etc renonczant etc foy jugement condamnation etc fait Angers à notre tabler ès présence de Loys Allain et Florent Coconyer clercs demeurant audit Angers tesmoins ledit bailleur a dit ne savoir signer

    Cette image est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série E1, Revers notaire Angers

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