Contrat de mariage de Pierre Bleiberg, arquebusier Allemand de Zülich, à Angers, 1643

Contrats de mariage retranscrits et analysés sur ce blog.

l’origine des arquebusiers est parfois lointaine ! en voici un en Anjou, épousant la fille d’un coutelier (Archives Départementales du Maine et Loire, série 5E5)

Ehevertrag in Jahre 1643 in Angers, von Peter Bleiberg, Arkebusier, geboren in Zülich neben Köln-am-Rhein und Aachen, wo der Vater auch Arkebusier war. Falls Sie Zülich in Jahre 1643 kennen, Bitte, schreiben Sie hierunter Ihre Kommentar ! Vielen Dank ! Ich verstehe Ihre Sprache und möchte gern wissen wie ein Arkebusier nach Frankreich ging.

Les noms de familles sont souvent très parlants en langue allemande. Ici la montagne de plomb. Il se trouve qu’il existe aussi un lieu du Bleiberg à Saint-Avold, qui fut une mine de plomb devenue Monument Historique.
Nos voisins Allemands, selon leur accent régional, prononcent le CH final parfois comme CQ, et c’est le cas dans l’acte qui suit. J’identifie alors la ville de Jülich qui est à 60 km O. de Cologne, et 35 km N.E. d’Aix la Chapelle. Voici le site de la ville de Jülich. Le duc de Jülich, cité dans l’acte, possédait Aix-la-Chapelle, etc… et Jülich a donné Julier en Français.
Au passage, je me suis étonnée que ce soit Cologne qui soit citée car le duc de Jülich était en fait à Aix la Chapelle. Il faut croire que Cologne était mieux connue à cette époque qu’Aix la Chapelle. On avait à ce point oublié Charlemagne !

Notre Montagne de plomb est arquebusier, fils d’arquebusier, et épouse ici la fille d’un coutelier, qui lui, fabrique des armes tranchantes ! Bref, on est quasiement dans des métiers voisins !
Mais, le contrat ci-dessous a plusieurs particularités :

  • la dot (ou avancement d’hoir) fait l’objet d’un solde de compte entre père et fille au sujet de pension et succession de la mère défunte. Le père n’a pas les liquidités pour la payer de suite, et la donnera en rente à 5 % (denier vingt) tant qu’il n’a la somme ! Ceci dit, la dot n’est pas très élevée, car en 1643 elle est de 600 livres, ce qui correspondrait à un métayer ou un meunier aisés, en aucun cas à un avocat, plus aisé.
  • il n’y aura pas communauté de biens, et c’est la première fois que je vois cela ! Pourtant j’ai lu beaucoup de contrats de mariage attentivement. Je l’ignore, mais j’en conclue que la coutume du pays d’origne de notre Montage de plomb, n’était pas fondée sur la communauté de biens.
  • bien entendu, la dot de madame devra être utilisé en acquêts en Anjou à l’exclusion d’autres contrées… Je comprends que cette clause fixe le couple en Anjou, et élimine en principe l’hypothèse d’un départ avec l’épouse en Allemagne.
  • Attention, je passe à la retranscription intégrale de l’acte, orthographe comprise : Le 11 août 1643, par devant nous Nicolas Leconte notaire royal et gardenotte à Angers, ont esté présents
    Pierre Bleiberg Me arquebusier en ceste ville filz de deffuntz Henry Bleiberg vivant aussy arquebusier et de Catherine Calle ses père et mère qui estoyent natifs et demeurant en la ville de Zeulicq près Coulogne soubz la domination du duc de Jullicq demeurant de présent en la paroisse St Maurice de ceste ville d’une part,
    et honnestes personnes Michel Fonteneau Me coutelier en ceste ville et Anne Fontenau sa fille et de deffuncte Anne Barbesore sa femme demeurant en ladite paroisse St Maurice d’autre,

    lesquelz respectivement establyz et soubzmis ont sur le traicté du futur mariage d’entre ledit Blei-berg et ladite Fonteneau accordé ce que s’ensuit, à scavoir que iceux Bleiberg et Anne Fonteneau se promettent mariage et icelluy solemniser sy tost que l’un par l’autre en sera requis pourveu qu’il ne s’y trouve légitime empeschement
    en faveur duquel mariage ledit Fonteneau père promet et demeure tenu faire valloir le bien maternel de sadite fille la somme de 30 livres de rente par les années et à la fin de chascune dont le payement de la première année eschera un an après ledit mariage et à continuer etc à laquelle rente ledit Fonteneau admortira toutefois et quantes que bon luy semblera pour la somme de 600 livres à un seul payement (c’est donc un artisan assez aisé)
    moyennant quoy jouira de la part afférante à sadite fille en la succession de ladite déffuncte Barbesore sa mère
    et demeure icelle Anne Fonteneau quitte vers sondit père de ses pentions noritures et entretenement au moyen de ce qu’il demeure aussy vers elle quitte des jouissances de ladite part afférante à sa dite fille en ladite succession de sa déffuncte mère de tout le péssé et de ses services qu’elle eust pu ou pouroit prétendre aussy de tout le passé jusque à huy
    de laquelle somme de 600 livres estant payé pour le rachapt de ladite rente et ledit futur espoux l’ayant receue il demeure tenu et obligé l’employer en ce pais d’Anjou en acquest d’héritages de pareille valleur pour demeurer le propre bien maternel de ladite future espouse en ses estocques et lignée maternelle sans pouvoir estre mobilisée par quelques temps que ce puissent estre et à faulte d’acquest ledit futur espoux en a des à présent consittué et constitue à ladite future espouse et aux siens rente à ladite raison du denier vingt racheptable un an après la dissolution dudit futur mariage
    en faveur duquel ledit futur espoux a donné et donne à ladite future espouse en cas qu’il prédécèdde la somme de 600 livres tournois à prendre sur les deniers qu’il aura et en cas de non suffisance sur ses meubles et deniers qui proviendront et où ils seraient suffisants sur ses immeubles pour en jouir par elle ses hoirs et ayant cause en pleine propriété et à perpétuité
    sans que lesdits futurs conjointz puissent entrer en communauté de biens par an et jour ne autre temps nonobstant la coustume de ce pais à laquelle en ce regard ilz ont dérogé et dérogent et à ceste fin demeure ladite future espouze authorizée à la poursuite desdits droictz et disposition de ses biens à la réserve touttefois d’entrer en communaulté de biens touttes fois et quantes que bon leur semblera en passer acte vallable (ce point relatif à l’absence de communauté est rare, et mérite d’être souligné)
    et demeurent tous autres escripts faitz entre ladite Anne Fonteneau et sondit père en leur force et vertu assignant ledit futur espoux à ladite future espouse doire (douaire) au désir de la coutume de ce pais
    par ce que du tout ils sont demeurés d’accord et l’ont ainsi voulleu stipullé et accepté, tellement que audit contract de mariage et tout ce que dessus est dict tenir garder et entretenir et aux dommages et obligations lesdites parties respectivement etc renonczant etc dont etc
    faict audit Angers maison dudit Fonteneau en présence de Jeudic et Marie Fonteneau sœurs de ladite future épouse, et Me René Touchaleaume et de René Verdon praticiens demeurans audit Angers tesmoings etc adverty du sellé suivant l’édit du roy. Signé : M. Fonteneau, Pierre Bleiberg, Anne Fonteneau, Jeudic Fonteneau, Marie Fonteneau, Touchaleaume.

    Cette image est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Je la mets ici à titre d’outil d’identification des signatures, car autrefois on ne changeait pas de signature.

  • Avouez que notre Montagne de plomb était bien nommé car les armes à feu utilisent le plomb (ou la poudre). D’ailleurs à l’époque, pour faire les balles de plomb on lançait le plomb liquide en gouttes du haut d’une tour, et j’ai lu quelque part qu’à Angers c’était la Tour St Aubin !
  • Si j’aime tant les arquebusiers, c’est que j’en ai un, avec mon Pierre Poyet, arquebusier à Segré, et que je cherche toujours à comprendre où il avait appris. Il n’a pas appris avec la Montagne de plomb, puisqu’il était plus ancien !
  • Et je vous prie de m’excuser pour la francisation de Bleiberg, qui était faite pour vous illustrer les jolis noms de famille qui fleurissent en Allemagne. Certes ce n’était pas la Montagne de fleurs, plus jolie encore… etc… Et puis, à Nantes, port qui voyait arriver beaucoup d’étrangers, contrairement à Angers, qui en voyait, mais peu, on francisait les noms de famille… à l’époque.

  • L’arquebuse, arme à feu, a été remplacée vers 1570 par le mousquet, arme à feu portative des 16e et 17e siècles, et l’arquebusier, fabriquant d’armes à feu, fabriquait donc en 1643 des mousquets, à moins que notre Montagne de plomb n’en ait importées, et n’ai été que revendeur en Anjou ? c’est une question que je me pose.
  • Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    Hôtellerie du Plat d’Etain, Angers, 1656, où sont descendus les héritiers Peccot, venus de Saint-Erblon-sur-Araize (53)

    Nous bougeons encore, et nous devons descendre à l’hôtellerie du Plat d’étain à Angers, car nous venons de Saint Erblon sur Araise, qui est situé à 72 km N.O. d’Angers, touchant Senonnes et Pouancé. Un cheval faisant 40 km par jour, on ne fait pas l’aller-retour dans la journée ! d’ailleurs on a sans doute changé de cheval à Segré… en forme de relais-poste qui ne porte pas son nom mais fonctionnait bien.

    Je descends des Peccot de Saint-Erblon (53) : Suite au décès de Julien Peccot prêtre, des Peccot ont hérité d’une partie de maison, en indivis avec leurs frères et soeurs, soit 6 personnes pour cet indivis. Cette part indivis est en fait un tiers d’une maison dont les 2 autres tiers ont échus à leurs autres cohéritiers.

    Vous y êtes : Julien Peccot, le prêtre décédé, à laissé 3 hériters. L’un d’eux étant déjà décédé, il a fallu diviser son tiers par 6 car il a laissé 6 enfants. Le tout en indivis. L’acte qui suit est la vente par 5 d’entre eux de leur 5/6e du tiers. Il s’agit d’une maison au bourg de Saint Erblon, qui était belle, car elle avait chambre haute avec cheminée, grenier dessus, boutique, etc… et surtout parce que cette petite partie est tout de même vendue la coquette somme de 260 livres, ce qui atteste une maison manable très convenable.
    Non seulement j’apprends que cette maison était très convenable, mais j’ai le nom de la maison voisine, nommée le Grand Gallion. Et mieux, j’ai le notaire résidant à St Erblon : Gaultier. Pour qui connaît ce charmant, mais très petit bourg, cela semble hallucinant de penser qu’en 1656 un notaire demeurant en ce bourg, sans doute d’ailleurs la maison du Grand Gallion ?


    AD49-5E5 Propriété des Archives Départementales du Maine et Loire – Voici la retranscription de l’acte : Le 1er juillet 1656, par devant nous François Crosnier notaire royal à Angers, fut présent estably et duement soumis Pierre Guisneau et Pierre Peccot marchands tant en leurs noms privés qu’au nom et comme se faisant forts de Perrine Peccot femme dudit Guisneau, de Jullien et Marye les Peccots majeurs et de Guy Peccot mineur et de Jean Galisson son curateur à personnes et biens, et de Pierre Marchand curateur aux causes dudit Pierre Peccot auxquels ils promettent et s’obligent solidairement faire ratiffier ces présentes, les faire avec eux aussy solidairement obliger à l’effet et entier accomplissement d’icelles et en fournir à l’acquéreur cy-après nommé pour luy en nos mains lettre de ratiffication et obligation valable o les renonciations requises dans 8 jours prochains à peine de nullité, demeurant au village de la Malherberye paroisse de St Erblon sur Araize de présent logés en cette ville au logis du Plat d’Estein paroisse de la Trinité, lesquels chacun d’eux esdits noms et chacun d’iceux seul et pour le tout sans division o les renonciations au bénéfice de division confessent avoir vendu quité ceddé delaissé et transporté et par ces présentes vendent quittent cèddent délaissent et transportent des maintenant et à tousjours perpétuellement par héritage chacun solidairement comme dit est … à vénérable et discret Me Pierre Peccot prêtre viquaire en l’église paroissialle de saint Pierre de cette ville y demeurant à ce présent et acceptant, lequel a achepté et achepte pour luy ses hoirs scavoir est les 5/6e partye par indivis dont les 6 font le tout en un tiers d’une maison couverte d’ardoise ayant son ouverture sur la rue près et au devant de la maison nommée le Grand Gallion la boutique de laquelle maison confrontée est à présent séparée d’une clouaison dessus ; Item les 5/6e partye aussy par indivis d’une antichambre servant d’estable qui estait derrière de ladite boutique laquelle maison joint d’un costé la cour de ladite maison laquelle cour est mutuelle avec ladite maison que dessus et celle des enfants de feu Jacques Loriot ; Item mesme portion aussy indivis d’une chambre haute à cheminée face à ladite boutique une rue au bout … avec le grenier qui est dessus ladite chambre une autre gallerye pour aller audit grenier, ainsy que lesdites choses vendues se poursuivent et comportent… appratenant auxdits vendeurs esdits noms de la succession de †Me Julien Peccot prêtre, le surplus de laquelle maison apartient audit acquéreur par le moyen des acquests qu’il en a fait des autres cohéritiers d’iceux vendeurs esdits noms … ladite vendition faire pour et moyennant le prix et créance de 260 livres …

    Et voici la retranscription de la ratification qui a suivi : Le 22 juillet 1656 après midy par devant nous François Gaultier notaire de la baronnie de Pouencé résidant à Sainct Erblon, furent présents establis et soubzmis Perrine Peccot femme de Pierre Guisneau et de luy à ce présent duement authorizée devant nous quand à ce, Jullien et Marye les Peccotz majeurs et usans de leurs droitz, Pierre Peccot procédant avec l’authorité et présence de Pierre Marchand son curateur aux causes et Guy Peccot procédant avec celle de Jean Galisson son curateur à personnes et biens à ce présent, lesdits les Peccotz enfants et héritiers de feu Pierre Peccot (le prénom Pierre est celui qui figure sur l’acte notarié, et qui est sur la vue que je vous ai mise. Mais, le notaire a dû aller trop vite ou bien être influencé par la présence de Pierre Marchand le curateur, car le prénom du père de ces 6 enfants ne peut être que Jean Peccot, l’époux de Perrine Marchant, d’où d’ailleurs la curatelle à Pierre Marchand, proche parent par leur mère) qui fut fait héritier de feu Me Julien Peccot prêtre demeurant en la paroisse de Sainct Erblon sur Araize fors ledit Jullien qui demeure en St Aubin de Pouancé, et ledit Marchand en la paroisse de Senonnes lesquels establiz après que par nous notaire lecture leur a esté faite sur une copie signée Crosnier notaire royal à Angers du contrat de vendition par luy passé le 1er de ce mois…

    Donc, j’ai ajouté le Plat d’étain sur ma page des hôtelleries d’Angers.

    Quant à la famille PECCOT, je l’avais étudiée il y a des années, en passant des semaines voire des mois, relevant les BMS de St Erblon et ceux de Senonnes, etc… notant tous les porteurs du patronyme pour tout reconstituer. J’avais ajouté des actes notariés laborieusement dénichés. Malheureusement, des bases de données l’ont avalée en y ajoutant des erreurs… Ces erreurs sont le fruit de la technique du POINT par POINT, qui consiste à chercher par exemple le décès d’untel, trouver n’importe lequel homonyme et le prendre pour le bon. Naturellement, on trouve souvent un décès homonyme, on ne vérifie surtout pas la cohésion de l’ensemble, mais on est surtout content de soi, comme le prestidigitateur sortant un lapin de son chapeau. C’est la raison pour laquelle il faut éviter de fréquenter les bases de données, où n’importe qui ajoute n’importe quoi n’importe comment, en s’asseyant sur des mois de travail de reconstitution, sans même d’ailleurs avoir le courage de venir discuter avec l’auteur…

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.

    Hôtelier de l’hôtellerie du Lièvre qui dort, Angers, 1646

    Hier le lièvre était passé à la casserole

    Hier nous avions l’hôtellerie du Civé faubourg St Lazare à Angers, et voici le blog qui traite du Civé autrefois.
    Aujourd’hui 1er juillet ce sont les vacances, chut ! le lièvre dort :

    Angers St Pierre BMS 1488-1668 vue 700.

    Le 2 décembre 1646 oublie de mettre Guillaume Chartier hoste du liepvre qui dort. (l’acte est écrit en janvier 1647 avec la date en marge)

    Le lièvre, autrefois l’animal le plus connu des chasseurs, et des casseroles, serait en voie de disparition, enfin, presque… On n’a pas su le laisser dormir…

    Pourtant, un proverbe dit :

    Quand on a mangé du lièvre, on est beau sept jours

    A Laval, Ernest Laurain recensant les hôtelleries donne le Lièvre d’or, 1662. Ceci est curieux, car dans le cas d’Angers, on lit nettement QUI DORT. Je n’ai aucune explication, à moins que Mr le curé de Saint Pierre ait au sommeil, la preuve, il avait déjà oublié de noter l’acte à la date correcte…

    Hier, nous avions les Trois Maries, demain encore par trois, à croire que tout allait par trois… Mais avouez que les noms étaient plus jolis que maintenant, tout uniformisé… BURK !!!

    Et bien sûr, si vous avez des hôtelleries en Anjou, merci de faire signe sur ce billet, ou par courriel, afin que je vous publie. D’avance merci.

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    Hôtelier de l’hôtellerie du Civet, et de l’hôtellerie des Trois Maries, Angers, 1667

    (Archives départementales du Maine-et-Loire, série 5E5)

    Aujourd’hui je vous présente le bail à ferme de la seigneurie de Gené, propriété du chapitre de Saint Pierre d’Angers. Les preneurs ont des racines à Gené, mais tiennent une hostellerie à Angers.

  • Les preneurs sont au nombre de 2 couples, solidaires. Pour accepter de prendre ensemble un tel risque, il faut que ces 2 couples soient proches, et même parents l’un de l’autre
  • Les preneurs sont tous deux hôteliers à Angers, donc ce bail à ferme constituent pour eux un travail et revenu supplémentaire, non négligeable si tout va bien
  • Ce bail est sévère et risqué, car il exclut toute diminution en cas de peste, guerre, famine, mauvaise récolte ou prix bas de la récolte. Cette phrase, extrêmement dure, ne figure pas toujours ainsi libellée dans les baux à ferme, mais je l’ai déjà rencontré notamment pour le bail à ferme du prieuré de la Jaillette fait pas les pères Jésuites du collège de la Flèche, dont la Jaillette était l’un des patrimoines octroyé par Henri IV lors de la fondation du collège. Ces religieux étaient plus durs en affaires que d’autres…
  • Les 2 hôteliers preneurs du bail demeurent à Angers, alors qu’ils prennent à ferme la paroisse de Gené. Normalement, le preneur de bail à ferme demeure proche des terres qu’il prend à ferme afin de mieux en assurer le contrôle des récoltes, etc… Il y a 33 km d’Angers à Gené, et puisqu’ils demeurent au Nord d’Angers, on peut même dire qu’il y a 30 km. Cela fait un cheval (le cheval fait 40 km par jour) donc, ils ont encore de la famille vivant sur place, qui les héberge de temps à autre, voire d’ailleurs l’auberge de Marans qui est tenue par le père Fessard, beau-père de Senechau… et qu’ils vont fréquemment à Gené à cheval, ou l’un des deux seulement, pour affaires.
  • L’acte notarié nous apprend le nom de 2 hôtelleries d’Angers. Or, il se trouve que j’ai beaucoup travaillé la généalogie de l’un des couples Julien Senechau x Renée Fessard, puisqu’ils sont mes ascendants. Or, je n’avais jamais trouvé dans les registres paroissiaux la mention du nom de l’hôtellerie qu’ils tenaient.
  • J’ai depuis longtemps sur mon site une page des hôtelleries rencontrées en Anjou, et avec ce bail, je commence la mise à jour de cette page, espérant y ajouter encore beaucoup d’hôtelleries…
  • Voici l’acte notarié, retranscrit avec son orthographe originale : Le 20 juillet 1667, par devant nous François Crosnier notaire royal à Angers, furent présents soubmis
    messieurs les chanoines du chapitre de l’église collégiale de saint Pierre de cette ville … assemblés en leur chapitre en la manière accoustumée d’une part,
    et honnestes personnes Estienne Paigis marchand et Catherine Duval sa femme de luy authorisée quant à ce demeurant en l’hostellerye ou pend pour enseigne le Civé fauxbourg St Lazare,
    Jullien Senechau et Renée Fessard sa femme aussy de luy authorisée quant à ce, et Catherine Gautier veuve en premières nopces de René Duval et secondes noces de Jean Fessard, demeurant en l’hostellerye des trois Maryes le tout paroisse de la Trinité de cette ville chacun d’eux solidairement renonçant au bénéfice de division d’autre part, (les trois Maries étaient souvent représentées et sont connues dans l’histoire de l’art. Voyez par exemple ce vitrail, puis vous pouvez lire les sources de cette légende qui n’appartient au Dogme mais aux textes apocryphes non reconnus pas l’Eglise. Je n’avais jamais entendu parler des trois Marie, mais manifestement elles étaient familières à nos ancêtres, au point de les figurer dans les églises. Nous connaissons aujourd’hui surtout les Saintes Maries de la Mer)
    lesquels ont fait et font entre eux le bail à ferme conventions et obligations suivantes, c’est à savoir que lesdits chanoines tant pour eux que leurs successeurs ont baillé et par ces présentes baillent auxdits Paigis et Sénéchau et leurs femmes, et à ladite Gautier, ce acceptant audit tiltre pour le temps et espace de septs années et sept cueillettes entières et consécutives qui ont commencé dès le jour et feste de Toussaint dernière et finiront à pareil jour,
    scavoir est la terre et chastelenie domaine et seigneurie de Gené, cens, rentes, sujets, dixmes, droits de four à ban et de possonerages, avec la fuye, plus les mestairyes de la Grande Fenouillère et de la Ville, ainsy que ladite terre se poursuite et comporte avec ses apartenances et dépendances ainsi que sieurs du chapitre et leurs fermiers en ont jouy sans en rien réserver, fors le service deub auxdits du chapitre par le sieur vicaire perpétuel de Marans, en la moitié des ventes et rachapts de la terre de Ribou si le cas échet pendant le présent bail, l’autre moitié demeurant aux preneurs, plus réservé le droit d’aubenage (droit d’aubaine : Succession aux biens d’un Étranger qui meurt dans un pays où il n’est pas naturalisé) et de deshérance, présentation et nomination collation et autres dispositions de bénéfices et offices dépendant de ladite seigneurie et les rentes deues sur le fief d’icelle à la bourse des anniversaires dudit chapitre dont lesdits preneurs feront néanmoins la recepte sur l’estat qu’il leur en sera fourny par le trésorier dudit chapitre, auquel ils payeront chacun an, oultre le prix du présent bail de ladite terre que lesdits preneurs ont dit bien savoir et cognoistre en jouir et user par eux en bon pères de famille sans en rien enlever
    et de payer et acquiter au viquaire perpétuel dudit Gené 12 septiers de froment et 14 septiers de seigle mesure dudit chapitre …,
    de payer les gages des officiers de ladite seigneurie scavoir au sieur sénéchal 60 sols, au procureur 40 sols, au greffier 25 sols et au sergent 20 sols, …
    de comparoir pour eux aux assises des fiefs et seigneuries sont lesdits sieurs bailleurs …
    et est fait le présent bail outre lesdites charges pour en payer et bailler de ferme chacun an par lesdits preneurs solidairement au chapitre de St Pierre entre les mains de leur boursier et receveur à l’usage de leur grande bourse la somme de 750 livres tournois aux termes de Toussaint, le premier payement commenczant à la Toussaint prochaine et à continuer sans que lesdits preneurs puissent prétendre rabais ny diminution dudit prix et charges que dessus soit pour peste guerre famine et fertilité de fruits et villeté (vileté : bas prix d’une chose) du prix d’iceux ou autre par cas fortuits qui puissent avenir …


    Voici les deux hôtelleries, telles que mentionnées dans ce bail. Le cive, aliàs civé puisqu’on n’écrivait pas les accents autrefois, aliàs civet actuellement, fait référence au civet de lièvre, d’ailleurs nous verrons d’autres hôtelleries faisant référence au lièvre. Par contre, pour les Trois Maries, je n’ai pas d’explication à ce jour.


    Les 2 hôteliers, preneurs du bail (Paigis et Senechau), savent signer.
    Cette image est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Je la mets ici à titre d’outil d’identification des signatures, car autrefois on ne changeait pas de signature.
    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    Journal d’Etienne Toysonnier, Angers 1683-1714

    1696 : janvier, février, mars, avril, mai, juin

    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 12 janvier (1696) mourut Mr de la Bigottière de Perchambault, prêtre et conseiller honoraire au siège présidial de cette ville. Il avait beaucoup de mérite et était fort savant. De son mariage avec la dame …
  • Le 23 (janvier 1696) mourut le sieur Chatelain du Hardaz bourgeois. Il a laissé trois enfants de son mariage avec la Delle …
  • Le 27 (janvier 1696) mourut la femme du feu sieur Eveillon, marchand ferron en cette ville. De ce mariage est issu un fils unique Mr Eveillon, maître des Eaux et Forests d’Angers.
  • Le 7 février (1696) mourut la femme du feu Sr Lenfantin de la Marinnière, bourgeois ; elle a laissé plusieurs enfants, un prêtre, une fille qui a épousé le fils du Sr Daigremont, cy-devant marchand ; elle s’appelait Bionneau.
  • Le 18 (février 1696) mourut le sieur Cazeau, marchand de draps de laine. Il avait épousé en premières noces la fille du feu Sr Mabit dont il n’y a point eu d’enfant, et en secondes noces la fille du feu Sr Maumussard droguiste en cette ville dont il a des enfants.
  • Le 21 (février 1696) mourut la femme de Mr Avril avocat ; elle s’appelait de la Roche ; elle n’a laissé qu’une fille qui a épousé Mr Du Tremblier de la Varanne, auparavant veuf de la Delle Aveline dont il n’a point eu d’enfant.
  • Le même jour, le sieur Goupil de Bouillé, receveur du domaine par commission, auparavant veuf de la Delle … dont il y a quatre enfants, épousa la fille du feu Sr Lemaçon et de la défunte dame … et laquelle était veuve du feu sieur Hureau marchand de dentelles, duquel mariage il y a un enfant.
  • Le 22 (février 1696) mourut monsieur Dumesnil chanoine de l’église d’Angers.
  • Le 21 (février 1696) mourut Mr Jamet, avocat. Il a laissé plusieurs enfants de son mariage avec la Delle Poisson.
  • Le 22 (février 1696) le fils du feu sieur Mauvif de la Plante, marchand de draps de laine, et de la dame Esnault, épousa la fille du feu Sr Cupif des Fourcelles et de la Delle Le Vannier.
  • Le 28 (février 1696) Mr Foussier, procureur du Roy au présidial de Château-Gontier, fils de défunts Mr du Rocher Foussier, avocat au présidial de cette ville, et de la Delle Avril, épousa la fille du feu Sr Tessier, commis au greffe dudit présidial de cette ville et de la dame …
  • Le jour précédent, Judic Anne Le Camin, veuve de Dumesnil, fermier de Chavagnes en Poitou, convaincue d’avoir été complice de la mort de son mary, assassiné, et d’adultère avec le nommé Havard sergent, fit amande honorable et ensuite fut pendue et brulée et ses cendres jettées au vent. Le valet qui avait assassiné, corrompu par ladite Camin et ledit Havard, fut rompu vif et ledit Havard condamné d’être aussi rompu vif par effigie, sur le conflit de juridiction d’entre le prévôt de Touars et le lieutenant criminel de Saumur. Cette affaire fut renvoyée par arrest devant Mrs du présidial de cette ville pour être jugée en dernier ressort. Nota : la sentence fut rendue le samedy 25 précédent ; mais l’exécution en étant impossible Mrs ne descendirent de la Chambre qu’après 7 heures du soir, elle fut remise au lundy suivant.
  • Le 5 mars (1696) Mr Amys du Ponceau, fils de feu Mr Amys du Ponceau gouverneur de la ville et château de Sablé, et de la feue Delle Marie Boylesve, épousa la fille de feu Mr Ganches de la Fourerie conseiller à la prévôté et de la Delle Avril.
  • Le même jour, la fille du feu Sr Avril marchand de bois et de la défunte dame .. épousa la Sr Du Castel.
  • Le même jour, Mr Bault de Beaumont écuyer fils de feu Mr Bault de Beaumont et de la dame Guillebault épousa la fille du feu Sr Dupont de la Marre et de la Delle Grudé.
  • Le 8 (mars 1696) mourut le fils de Mr René Fromageau, commissaire des saisies réelles. Mr Duboul de Cintré seigneur de Chandolant paroisse de Cantenay ayant été averti qu’il chassait avec le Sr Yvard près de sa maison, fut les trouver avec le Sr de Cintré son frère lieutenant de dragons et deux valets. On dit que les ayant approché, le Sr Yvard tira le premier sur le Sr de Chandolant sans le blesser et que son frère tira ensuite sur le Sr Fromageau dont le coup lui passa au travers de la machouere et qu’ensuite on lui donna trois coups de bout de fusil sur la teste qui y paraissaient gravés. Cet accident arriva le 26 de février dernier et cette affaire se poursuis vigoureusement.
  • Le 28 du mois précédent (février 1696), Mr Boucault, fils de feu Mr Boucault, conseiller honoraire au siège présidial et de la défunte dame Grudé, se fit installer dans la charge de conseiller audit présidial cy-devant possédée par feu Mr Hernault de Montiron.
  • Le 29 (mars 1696) mourut mademoiselle Chotard, veuve du feu Sr Chotard de la Sablonnière bourgeois ; elle a laissé plusieurs enfants, un fils conseiller au présidial qui a épousé Melle Trouillet auparavant veuve de Mr de Pescherat aussy conseiller, un autre marié avec Melle de Landevy de Vaux, et une fille mariée avec le sieur Gilles de Volaines cy-devant capitaine d’infanterie, laquelle était auparavant veuve du Sr du Plessis Berthelot ; elle s’appelait Chevrollier.
  • Le 16 avril (1696) se fit l’ouverture du jubilé accordé par notre St Père le pape Innocent XII pour la paix.
  • Le 19 (avril 1696) mourut le sieur Richomme huissier de la mairie de cette ville ; il était fort honnête homme et âgé de 82 ans.
  • Le 1er may (1696) Mr Avril de la Durbelière assesseur de l’hôtel de cette ville et Gandon de la Vérandrie ancien consul, furent élus échevins.
  • Le 4 (mai 1696) mourut le sieur Lemaître, marchand
  • Dans ce même temps, Mr Hameau du Marais, conseiller au siège présidial de cette ville veuf de la dame d’Héliand de la Gravelle, épousa la fille de Mr de Barnabé de la Boulaye et de la dame …
  • Le 14 (mai 1696) mourut monsieur de Dane Audouin, docteur régent en droit. Il a laissé plusieurs enfants de son mariage avec la défunte dame Ménage.
  • Le 16 (mai 1696) mourut Mr Maugin cy-devant contrôleur au grenier à sel de cette ville.
  • Le 27 (mai 1696) mourut le sieur Chauveau Me apothicaire, veuf de la dame de la Roche. Il a laissé plusieurs enfants, le sieur Georges Chauveau aussy apothicaire, marié avec la dame Deschamps, une fille mariée avec le sieur Coustard aussy apothicaire, une autre mariée avec le sieur Camus, commis aux traites, une autre mariée avec le sieur Guérin cirier.
  • Le 16 (juin 1696) mourut le sieur Lemesle veuf de la dame Moreau ; il avait longtemps exercé la recepte des décimes par commission. Il a laissé quatre enfants.
  • Le 19 (juin 1694), le fils du feu sieur Davy de Vaux et de la demoiselle Eslys, épousa la fille de Mr Chantelou de Portebize, procureur du Roy de l’élection de cette ville et de la dame Gilles de Volaine.
  • Le 22 (juin 1694) mourut la femme du Sr Esnault, marchand de draps de laine ; elle s’appelait Mabit ; elle a laissé 10 enfants.
  • Dans ce même temps, au moyen de la désunion de l’élection de cette ville d’avec le grenier à sel, Mr Poitras s’est fait installer dans une charge de controlleur grenetier. (Note de Marc Saché : André Poitras, sieur des Brosses, était fils d’André Poitras, conceiller receveur des traites d’Anjou. Il épousa le 2 juillet 1690, Anne Babaut, fille de feu Philippe Babaut, sieur de la Moinerie)
  • Le 28 (juin 1696) Mr de la Porte Trochon s’est fait installer dans la charge de procureur du Roy au grenier à sel. (Note de Marc Saché : Jean Trochon de la Porte, sieur de la Coudre, fils de Jean T., conseiller en l’élection d’Angers, et de Marguerite Erreau. Il épousa Madeleine Baillif)
  • Le 30 (juin 1696) mourut le sieur Baudin bourgeois ; il avait épousé la demoiselle Crosnier ; il a laissé deux enfants.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
    Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet (blog, forum ou site, car alors vous supprimez des clics sur mon travail en faisant cliquer sur l’autre support, et pour être référencé sur Internet il faut des clics sur ma création) seul le lien ci-dessous est autorisé car il ne courcircuite pas mes clics.

    Sépulture d’un suplicié, Angers, 1642

    Angers St Pierre BMS 1488-1668 vue 552

    Hier la douceur, aujourd’hui la sévérité.


    Cette image est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire.

    Le 14 avril 1642 fut ensépulturé Urban Langlois par permission de messieurs de la Prévosté après avoir été supplicié dans le pilory sans cérémonies toutefois de l’église sinon le sebverite lorsqu’on le mettra en terre.

    Je suppose que le sebverite est une prière en latin, destinée à ce genre de situation.

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.