Contrat de mariage de Jean Lottin veuf Couperie, avec Marie Bouchaud : Basse-Goulaine et Saint-Sébastien-d’Aigne 1717

Comme l’immense majorité des couples qui ont peu d’argent, et même ici très peu, ils ne font pas d’inventaire pour éviter les frais, et ceci est même clairement écrit dans leur contrat de mariage, par contre le notaire note soigneusement leur accord pour qu’ils ne reviennent jamais sur ce que chacun a déclaré à l’autre.

Ils ont très peu de biens, mais cela n’empêche pas le futur de faire donnation de ses biens à sa veuve s’il décède avant elle. Touchante attention.

pauvres, mais lui sait signer malgré sa pauvreté. Comme quoi, il avait reçu une certaine éducation, probablement par un curé, compte-tenu de la pauvreté.

Je dezcends 4 fois des LOTTIN, mais de ceux-ci.

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales de Loire-Atlantique, série AD44-4E2/263 – Voici la retranscription de l’acte (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 8 janvier 1717 après midy, devant nous (Bertrand notaire) notaires royaux à Nantes ont comparu Jean Lottin laboureur, majeur de 25 ans, originaire de la paroisse de Basse-Goulaine, y demeurant au village des Roulleaux, fils de feux Jan Lottin et Renée Leroy, veuf de Blaize Coupperie en aucun temps sa femme d’une part, et Marie Bouchaud majeure de 25 ans, originaire de la paroisse de Saint Sébastien, fille de Laurent Bouchaud, laboureur, de luy authorisée, demeurant ensemblement à la Patouillère dite paroisse de St Sébastien d’autre part ; lesquels Lottin et Marie Bouchaud futurs époux ont pour parvenir au mariage proposé entre eux arrêté les conventions qui suivent sans lesquelles il ne seroit, c’est à savoir que leur communauté de biens commencera dès le jour de leur bénédiction nuptialle dérogeant à cette fin à ce que la coutume de cette province dispose de contraire à cet égard ; qu’en la même communauté leurs dettes si aucunes sont, n’entreront, et au contraire seront acquitées sur les biens de celui dont elles procéderont sans que ladite communauté en soit chargée ni que les biens de l’un souffrent pour acquiter les dettes de l’autre, sans que pour la validité de cette stipulation ils soient tenus les représenter d’inventaire et prisage de leurs meubles voulant que les évaluations qu’ils en feront par le présent acte leur en serve comme s’ils les faisaient rapporter (f°2) séparément et en leurs formes ordinaires, affirmant dès à présent qu’il n’y a et n’y aura aucune infédilité réellement surprise lésion ou déception, faisant le tout de bonne foy et conscience et pour éviter aux frais ; que de tous leurs meubles et crédit dépendant de la communauté dudit futur et de sa première femme consistant en un charlit qu’il estime 60 sols, une couete 6 livres, 3 bernes 4 livres 10 sols, 3 coffres de chêne petits et grands 6 livres, une marmite 20 sols, un chaudron 10 sols, une crémaillère 8 sols, une bêche 20 sols, une pourbeche 6 sols, un poillon 8 sols, une pelle 10 sols, une tranche 10 sols, tous les habillements et linges à son usage et à celuy de sadite femme 12 livres, et un acte obligatoire de la somme de 100 livres dont il dit être porteur sur René Picardeau du village de Reau en Haute Goulaine pour jouissance d’héritages, passé il y a environ un an au rapport de Joüan notaire dudit Goullaine, le tout revenant ensemble à la somme de 140 livres 12 sols, il en demeure une moitié conservée pour Anne Lottin sa fille comme héritière de ladite Couperie sa mère, que l’autre moitié revenante à luy demeurera ainsi que tous les meubles qui lui pouront arriver par succession directe collatérale ordinaires ou autres, en la communauté d’entre luy et ladite Bouchaud, voulant que sadite première communauté demeure au moyen de ce que dessus et de la déclaration qu’il affirme de n’avoir aucun argent monnaye et de ne rien devoir, close et arrêtée ; que ledit Bouchaud donnera comme de fait il s’oblige de donner à sadite fille le jour de ladite (f°3) bénédiciton à compter sur la succession mobilière de feue Julienne Mouillé sa mère et en aucun temps femme de luy les habillements nuptiaux qui ont servi à ladite Mouillé, 4 bernes, et une vache d’environ 2 ans, le tout estimé entre parties la somme de 48 livres, ce qu’ils entendent leur tenir lieu d’inventaire et prisage au regard de ladite future ; que en cas que ledit futur décède avant elle, il luy assigne pour douaire fixé et conventionnel sur tous ses biens y sujets la moitié du revenu d’iceux si mieux elle n’aime s’arrêter à la donnation qu’il declare luy faire positivement et irrévocablement par ces présenes au cas qu’elle le survive soit qu’il y ait enfants ou non, de la tierce partie au grand du fonds des logements maisons jardins vignes terres et autres héritages sans exception, quelque part qu’ils soient situés, qui se trouveront luy appartenir lors qu’il décèdera, pour icelle future en jouir et disposer en toute propriété à perpétuité, en faveur et considération dudit mariage, même les siens successeurs et cause ayant en ses estocs et lignée, ledit futur les en faisant audit cas dès à présent propriétaires irrévocables ; et enfin que si elle s’oblige pour ou avec luy, elle en sera sur ses biens libérée et indemnisée en principal, intérests et frais en hypothèque de ce jour ; à toules lesquelles conditions lesdits futurs se promettent respectivement la foy de mariage pour la solemniser le plus tôt que faire se pourra suivan les dispositions de l’église catholique et romaine ; à l’accomplissement de tout quoy eux et ledit Laurent Bouchaud s’obligent personnellement les uns aux autre en ce que (f°4) chacun d’eux le fait touche sur l’hypothèque de tous leurs biens meubles et immeubles présents et futurs pour y être en vertu dudit présent acte contraints d’heure à autre par exécution saisie et vente d’iceux comme gages tous jugés par cour, et en cet endroit a ledit futur déclaré que ladite tierce partie donnée ne peut excéder en fond à présent la somme de 200 livres sans que cela retraigne l’effet qu’elle pourra avoir à son décès s’il arrive avant celle de ladite furure ; consenti, jugé et condamné à Pirmil au tabler de Bertrand où ledit futur a signé et pour ce que les autres ont dit ne savoir signer, ont fait signer à leur requête scavoir ladite future à Martin Brossaud et ledit Laurent Bouchaud à Nicolas Payen sur ces présentes »

En 1790 la paroisse de Saint-Sébastien-d’Aigne perdait plus de la moitié de ses habitants

La loi du 14 décembre 1789 a créé 44 000 « municipalités » sur le territoire des anciennes « paroisses » baptisées par la suite « communes ». Mais certaines municipalités en profitèrent pour réclamer à leurs voisines quelques parties de leur territoire de sorte que le découpage administratif lors du passage de la paroisse à la commune entraîna parfois une modifications des limites du territoire. J’ai rencontré plusieurs cas de limites territoriales différentes entre celles de la paroisse et celles de la commune. Le cas le plus énorme, en tant que superficie prise par la municipalité voisine, est bien celui de Nantes prenant la moitié de Saint-Sébastien sa voisine.

Le plan Cacault de 1758 (ci-dessus) donne les Récollets qui étaient la limite sud de Nantes jusqu’en 1790, et au delà c’était Vertais et la prairie d’Amont, Pirmil, Sèvre, Le Lion d’Or, la Gilarderie qui faisaient partie de la paroisse de Saint Sébastien d’Aigne.
Comme ces quartiers de Saint Sébastient étaient loin du bourg, la paroisse de Saint Sébastien d’Aigne avait une fillette, c’est à dire une autre église autorisée à administer les baptêmes, mariages et sépultures : le prieuré Bénédictin de Saint Jacques Pirmil.
Beaucoup de Nantais n’ont pas encore compris cette histoire du Sud de Nantes. Voici comment les historiens ont retranscrit ce conflit entre Nantes et Saint-Sébastien au sujet de leurs limites. (Voir l’ouvrage Du Village à la cité-jardin, Saint-Sébastien-sur-Loire, depuis ses origines, Robert Durand & Coll. 1986, p. 93) :
« Un conflit se développe alors rapidement entre Nantes et Saint-Sébastien. A qui doivent être rattachés les quartiers des ponts ? Les arguments des Sébastiennais sont simples : il faut respecter le décret du 14 décembre 1789. La municipalité de Nantes développe un autre point de vue : Les habitants des cantons susdits ont toujours été regardés comme faisant une partie intégrante de la ville, supportants toutes ses charges et jouissant des mêmes avantages … Et les Nantais, faisant valoir leur point de vue dans les administrations supérieurs vont obtenir gain de cause … Le Directoire, oui le Procureur Général sundic, arrête que les quartiers de St Jacques, Pirmil et Dos d’Âne et Vertais resteront attachés à la Municipalité de Nantes. »
C’est ainsi qu’en 1790 Nantes a acquis de Saint Sébastien ses quartiers ouvriers Vertais et Pirmil.
L’ouvrage « Du village à la cité jardin, Saint-Sébastien-sur-Loire, depuis ses origines, Durand Robert et Coll., 1986 », raconte : (page 117)

« Il faut dire que le découpage administratif de 1790 a été mal compris. On voit encore en 1795 et 1796, les habitants des hameaux de Sèvre, la Gilarderie, le Lion-d’Or, situés théoriquement à Nantes, se dire toujours de Saint-Sébastien. »

Il y a 75 ans, je suis réfugiée à Guérande


Je n’ai pas encore 6 ans
Je suis la plus grande et je garde les 4 autres dans une cour d’entrepôt encombrée de vieux bidons rouillés.
Maman a bien autre chose à faire qu’à nous garder : outre les couches à laver à la main, il faut trouver à manger.
Mais comme tous les enfants de l’époque, insouciants, nous nous débrouillons bien car il n’y a pas de voitures donc pas de dangers.
Pas de poupées, on a autre chose à fabriquer en France, mais la dernière née dans sa voiture est un jouet bien mieux qu’une poupée
Et les vieux bidons rouillés font office de palais pour se cacher et jouer.

Les Nantais se fournissaient en chapeaux à Vertais en Saint-Sébastien d’Aigne : liste des 9 chapeliers en 1710

Les Nantais se fournissaient en chapeaux à Vertais en Saint-Sébastien d’Aigne : liste des 9 chapeliers en 1710. Le chapelier a alors un métier chimiquement polluant et dangereux pour sa santé, car les produits qu’il utilise lui laissent peu de chances de faire de vieux os.
Vertais, près de la Loire, situé alors à Saint Sébastien d’Aigne, sert aux Nantais de faubourg ouvrier, ou plutôt artisanal comme on disait alors, car on n’avait pas encore les usines, mais des artisans indépendants, même si les liens entre eux existaient.
Donc en 1710 le chapeau est fabriqué surtout extra-muros, et les Nantais peuvent s’en féliciter, mais franchissent les nombreux ponts venir faire ces courses indispensables.

Voici donc les chapeliers en Vertais, mais pas une fabrique unique, des artisans indépendants, que vous allez découvrir plus ou moins importants car leur capitation varie de 50 sols à 130 sols. Cette imposition est représentative des artisans.

voici ave le Numéro de page, lieu, nom, métier, capitation en sols :

3r Vertais Renou François chapelier 50
6r Vertais Bonin Pierre chapelier 60
4r Vertais Dargelot Bernard chapelier 60
4r Vertais Gretier René chapelier 60
1v Vertais Lecoq André chapelier 60
3v Vertais Marchand Olivier chapelier 60
3r Vertais Rideau Pierre chapelier 60
3v Vertais Tisseront Guillaume chapelier 70
4v Vertais Denis Rolland chapelier 130

Les armateurs Nantais se fournissaient en armes à Vertais en Saint-Sébastien d’Aigne : liste des 7 armuriers en 1710

Vertais est le faubourg oublié de Nantes
Oublié, car situé de fait sur la paroisse de Saint-Sébastien-d’Aigne jusqu’à la Révolution.
Hors de Nantes, et surtout sans paroisse et sans église propre, les habitants de Vertais vont à la messe au prieuré Saint Jacques de Pirmil. Ce qui signifie qu’il leur faut franchir la Loire par le pont de Pirmil. Et le pont de Pirmil a une manie : il s’effondre souvent dans l’histoire, car la Loire, seule fleuve sauvage d’Europe, a là un bras totalement indompté. On compte au moins 22 effondrements, et j’ai mémoire personnellement de 2 l’un vécu du temps de ma maman, l’autre hélas dû à la seconde guerre mondiale.

Mais pourtant c’est à Vertais que les habitants de Nantes viennent faire beaucoup de courses. Vous ne vous imaginez tout de même pas qu’on fabrique tout en plein coeur d’une ville !!! surtout ce qui fait encore plus de bruit, car déjà le bruit est élevé du fait des chevaux et voitures à cheval sans pneumatiques sur les pavés !!! et puis il y a des fabrications peu saines, comme alors le chapeau de feutre.

à Vertais on comptait en 1710, selon le rôle de capitation (impôt)
1. les armes (7 armuriers). Ce nombre élevé tient probablement au fait qu’on arme surtout pour la marine et l’armée.
2. les chapeaux (6 chapeliers)
3. les cordiers (4 cordiers) etc…

Armes et cordes sont nécessaires pour les armateurs !

Voici donc la fabrique d’armes en Vertais, mais pas une fabrique unique, des artisans indépendants, que vous allez découvrir plus ou moins importants car leur capitation varie de 30 sols à 150 sols.

voici ave le Numéro de page, lieu, nom, métier, capitation en sols :

4v Vertais d’Arque Pierre armurier 30
5r Vertais Joutel Claude armurier 30
2v Vertais Jardin Toussaint armurier 50
4v Vertais Gareau Mathurin armurier 70
6v Vertais Guibert Nicolas armurier 80
5v Vertais Durant Laurend armurier 90
4r Vertais Normand Jacques armurier 150

Les Corgnet de Saint Sébastien d’Aigne paient leur capitation : 1710

Les Corgnet sont nombreux, et je descends 6 fois d’eux à Saint Sébastien d’Aigne.
Voulant les distinguer un peux mieux, j’ai tenté l’étude de leur niveau de fortune, selon l’impôt appellé CAPITATION.
Leur impôt montre une pauvre veuve à 10 sols qui est l’impôt minimal. En 1710, nous ne sommes pas en 2019, et tout le monde paie l’impôt même les pauvres.

Pour sa part Guillaume Corgnet à 310 sols est assez riche, bien supérieur à la moyenne.

Quant aux épouses et aux enfants, ils sont invisibles, derrière le chef de famille.

Oublions encore 2019 pour signaler que la capitation touchait aussi les domestiques, quasiement tous imposés à 30 sols par tête, qu’ils soient valet, servante, compagnon ou garçon. Mais l’impôt du domestique était payé par l’employeur. Et le rôle donne beaucoup de domestiques, généralement pour ceux qui sont imposés au dessus de 120 sols (6 livres) mais curieusement aucun Corgnet n’a de domestique signalé dans le rôle de 1710.

Je vous ai mis de gauche à droite : la page, le canton, le nom, le montant de l’impôt en sols.

9v Pirmil Corgnet Catherine 30
14r Hauts Champs Corgnet François 30
15v Gringaudière Corgnet Guillaume 310
20v la Fillée Corgnet Guillaume 40
19r le Doüet Corgnet Jacques 40
20v la Fillée Corgnet Jean fils Jacques 110
21r la Fillée Corgnet Jean, la veuve veuve 10
16r Gringaudière Corgnet Julien 80
14v La Noë Corgnet Julien fils Thomas 70
18v les Bas Champs Corgnet Louis 40
14v La Noë Corgnet Michel et sa fille 100
14v Hauts Champs Corgnet Michel fils Michel 50
18v les Bas Champs Corgnet Olivier 75
20r Boirie et Gilarderie Corgnet Pierre 100
15r La Noë Corgnet Pierre 70
16r Gringaudière Corgnet Pierre, la veuve de 40
15v Gringaudière Corgnet René 90
18v les Bas Champs Corgnet René 85
20r Boirie et Gilarderie Corgnet Sébastien 85
20v la Fillée Corgnet Sébastien 60
20v la Fillée Corgnet Sébastien, la veuve veuve 40
14v La Noë Corgnet Thomas, la veuve de 60
19r le Doüet Corgnet, la veuve veuve 30

Mais il est difficile d’attribuer qui est qui, car j’ignore totalement ce que représentent les cantons suivants :
Bas Champs
Hauts Champs
la Fillée

Si vous avez une idée merci d’avance, je précise tout de même que je viens de relire les ouvrages sur Saint Sébastien, ainsi que les cartes et cadastres anciens, en vain !
J’ai seulement pu identifier la Gringaudière qui est la Fontaine actuellement, et tout près de chez moi, et ce grâce à l’ouvrage paru gratuitement en 2000 « Entre Sèvre et Loire » qui donne quelques noms de lieux à Saint Sébastien.

Et mes Corgnet sont bien entendu en ligne.

Le seul que j’ai pu identifier est :
16r Gringaudière Corgnet Julien 80
et je l’identifie comme étant celui qui a épousé en 1701 Françoise Gallais, et je descends de ce couple. Il est laboureur selon mes autres dépouillements, mais j’ignore encore ou.