Jeanne Lelièvre entend garder l’enfant naturel que lui a fait François Bellier : La Jaillette et Saint Martin du Bois 1716

Le père identifié devant souvent payer la pension, et manifestement c’est bien ce qui se passe, si ce n’est qu’il doit trouver la pension un peu élevée, et préfèrerait élever lui-même l’enfant, sans doute à moindre coût.
Ce qui est encore plus surprenant dans ce qui suit c’est que j’ai beau avoir les actes concernant les maisons du bourg de la Jaillette à cette époque je ne trouve pas de Lelièvre, donc Jeanne Lelièvre ne peut être que locataire.
Et encore plus surprenant, c’est que François Bellier, le père de l’enfant qu’il réclame, a envoyé une femme pour porter l’enfant jusque chez lui ! Je croyais qu’à cette époque les hommes portaient les enfants à l’église dès la naissance pour le baptême, donc qu’ils avaient bel et bien l’habitude d’en tenir dans leurs bras.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 15 mai 1716 avant midy nous Jacques Bodere notaire royal résidant à Montreuil-sur-Maine et les tesmoings cy après nommés sommes de notre domicile exprès transporté à la Jaillette paroisse de Louvaines, maison de Jeanne Lelièvre, demeurante audit lieu, où étant lui aurions déclaré à la requête de François Bellier métayer au Coudray paroisse de St Martin du Bois, que par l’acte receu de nous notaire le … dernier quoiqu’elle ait consenti nourrir l’enfant issu dudit Bellier et d’elle, il entend le retirer de sa maison et l’avoir en la sienne, le nourrir, traiter et gouverner de sorte qu’elle n’en soit jamais inquiétée ni recherchée en aucune manière que ce soit, à l’effet de quoy nous aurions aussi fait venir la nommée Françoise Berton servante domestique de ladite métairie pour transporter iceluy enfant ; laquelle Lelièvre ensemble Jeanne Aubry, veuve de René Lelièvre, ladite Lielièvre nous a déclaré ne s’en vouloir denantir et entend le nourrir vettir et gouverner ainsi qu’il appartient, ce que nous et tesmoins stipulant pour ledit Belier luy avons déclarer que si ladite Lelièvre ne le veul t délivrer lle le nourrira entretiendra à ses propre cousts et despens … et a ladite Lelievre reconnu avoir tant ce jourd’huy 18 livres pour 12 mois de pension de ladite Levièvre écheue le 4 de ce mois, ensemble la somme de 36 livres sont ils étoient convenu sur ledit acte

La maison Lemanceau au bourg de la Jaillette reste dans la famille : 1775

Mais elle avait été achetée par Mathurin Lemanceau à son oncle lui, et en fait il avait acheté pour « un ami », c’est à dire pour la céder aussitôt à Pierre Chauvin mari de Marie Lemanceau.
A vrai dire, je n’ai jamais bien compris l’intérêt de ces achats à titre de prête-nom.
Voir mes travaux sur la famille LEMANCEAU

Depuis l’année 2000, le prieuré de la Jaillette est à nouveau en travaux de restauration, visitez son site, cela va vous donner envie d’aller le 6 juillet prochain fêter don 825ème anniversaire.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E32 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 26 mai 1775 après midy, par devant nous Pierre Allard notaire royal à Louvaines fut présent Mathurin Lemanceau sarger demeurant à la Creusardière paroisse d’Aviré, qui auroit acquis de Louis Lemanceau son oncle sarger, une maison grenier sur la moitié d’icelle la moitié d’une cour rues et issues en dépendant, une toit à porcs, un grenier sur la maison de Michel Lemanceau, avec la moitié d’un jardin le tout situé au bourg de la Jaillette sur Louvaines, suivant l’acte au rapport de nous notaire du 13 février dernier, et en cette qualité il a nommé pour ami et acquéreur en son lieu et place, desdits héritages , Pierre Chauvin, aussi sarger, mari de Marie Manceau, laquelle est issue du dernier mariage dudit defunt Louise Lemanceau avec defunt Marie Mourin, demeurant à la petite Courie paroisse de Saint Martin du Bois, à ce présent et acceptant, qui a pour luy et ladite Marie Lemanceau sa femme leurs hoirs et ayant cause, lesdits héritages, ainsi qu’ils se poursuivent et comportent, circonstances appartenances et dépendances, et qu’il sont spécifiés et confrontés par l’acte cy-dessus daté, pour en jouir faire et disposer à l’avenir comme de leurs autres biens propres en pleine propriété à partir du jour que ledit Chauvin entra en propriété tout ainsi qu’il eut fait et pu faire, ces présentes cessant, ledit Mathurin Lemanceau qui à cette fin met et subroge iceluy Chauvin et ladite Lemanceau … moyennant le prix de l’acquisition dudit Mathurin Lemanceau desdits héritages, 21 livres pour 6 boisseaux de froment que devoit délivrer ledit Mathurin Lemanceau audit Louis Lemanceau, et 19 livres pour les salaires dudit Lemanceau, laquelle somme de 340 livres ledit Chauvin a présentement payée … »

Gabriel de Blavou et Renée Raoul vendent la métairie de Villeneuve : Vritz 1584

Cet acte est le 42ème acte notarié concernant la famille, disparue, des de Blavou. C’est dire que j’ai 42 actes qui montrent que le nom est DE BLAVOU avec un U à la fin et non un N comme beaucoup copient aveuglément de qu’a écrit Frédéric Saulnier dans on ouvrage « les conseillers du parlement de Bretagne ».
Vous accédez aux précédents billets de ce blog concernant cette famille en cliquant sur ce nom DE BLAVOU en dessous de ce billet.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 8 octobre 1584 en la cour du roy notre sire à Angers endroit par devant nous (Lepelletier notaire) personnellement estably noble homme Gabriel de Blavou sieur de Launay conseiller du roy en sa cour de parlement de Bretaigne et damoiselle Renée Raoul son espouse de luy deuement et suffisamment autorisée par devant nous quant à ce, demeurant en ceste ville d’Angers paroisse de St Jean Baptiste soubzmectant et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens leurs hoirs confessent avoir ce jourd’huy vendu quicté cédé délaissé et transporté et encores vendent quitent cèdent délaissent et transportent dès maintenant perpétuellement par héritage et promettent garantir et déffendre … à noble homme Jullian Fiot sieur de la Bouveraye et de la Festière ? demeurant audit lieu de la Bouveraye paroisse de Vritz en Bretaigne présent stipulant et acceptant qui a achapté et achapte pour luy et pour demoiselle Guillemyne (f°2) de la Chesnaye sa femme leurs hoirs scavoir est le lieu domaine mestairie et appartenances de Villeneufve situé en ladite paroisse de Vritz composé iceluy lieu de maisons manables grange taicts à bestes jardins vergers ayreaulx rues yssues, de terres labourables et non labourables prés pastures bois hayes avecques et comprins en ladite vendition toutes autres choses dépendant dudit lieu et tout ainsi que ledit lieu et mestairie se poursuit et comporte et comme lesdits vendeurs leurs prédecesseurs fermiers et mestaiers en ont joui par le passé jusques à ce jour, sans aucune réservation en faire, ou fief et seigneurie de Vritz aulx cens debvoirs rentes et charges anciennes et accoustumées (f°3) … transportant etc et est faite ceste vendition cession delay et transport pour le prix et somme de 666 escuz deux tiers d’escu faisant 2 000 livres tz …

Adjudication des travaux nécessaires au prieuré de la Jaillette : 1767

En 1767, d’importantes réparations, sont adjugées pour 6 900 L à René Chevrollier, de Segré. A cette date, les Jésuites ont été expulsés depuis quelques années, et les Frères de la Doctrine Chrétienne gèrent le Collège de la Flèche.
Les immeubles concernés sont ceux qui sont affermés. L’église n’est pas concernée par cette adjudication, puisque dans les baux successifs ce bâtiment n’a jamais été affermé, et son entretien toujours clairement dit relever directement du Collège (cf le bail à ferme).
Les Jésuites ont entrenu l’église et négligé les biens affermés, puisque dès leur arrivée au Collège les Frères héritent d’un patrimoine immobilier en mauvais état. Le montant de l’adjudication représente 3 à 4 années du revenu du prieuré, et atteste que non seulement la plupart des toitures ont besoin de réparations, mais aussi quelques charpentes et quelques mortiers voire pierres. D’ailleurs, il est bien spécifié que des matériaux seront à transporter, et mieux que l’adjudicataire est une véritable entreprise capable de mobibiliser 20 sous-traitants différents, c’est à dire une entreprise fort différente de l’artisanat qui est la règle à cette époque.
Ce document nous restitue au passage le puits et les pressoirs du cloître, attestant encore une fois son utilisation profane. Ce bâtiment est alors à entretenir car il a un usage utilitaire en tant qu’entrepôt des biens fermiers récoltés chaque année en grains et vins (biens que je vais chiffrer en kg et litres, mais qui me semblent au premier abord de l’ordre de plusieurs charettes annuelles). Il est probable que le quadrilatère qui subsistait en 1828 avait une partie aménagée pour passage de charettes, et entrepôt.

Depuis l’année 2000, le prieuré de la Jaillette est à nouveau en travaux de restauration, visitez son site, cela va vous donner envie d’aller le 6 juillet prochain fêter don 825ème anniversaire.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E32 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

« Le 20.8.1767 Urbain Davy des Piltières avocat au siège présidial de La Flèche, y Dt, receveur des revenus du collège royal de La Flèche, en vertu de la délibération du Bureau d’Administration dudit collège du 6.7.1767, a fait publier 3 dimanches consécutifs aux prosnes des messes paroissiales de Louvaines, le Lion d’Angers et la Magdeleine de Segré, que les réfections et réparations qui sont à faire à la maison du prieuré de la Jaillette à Louvaines et à celle du desservant l’église de la Jaillette, aux métairies de la Rosselle à Montreuil, de la Chasselouère, du Grand Pineau, de la Mortière et à la closerie de la Vauville en St Martin du Bois, étaient à donner à ferme au rabais et que l’adjudication devait s’en faire Dvt nous ce jour
Les états des réparations et réfections qui sont à faire auxdits lieux, datés des 28 et 29.5.1765, signés Lepine, secrétaire du Bureau du Collège et devis fait par Mathurin Basteau expert dudit collège, ont été lus aux assistants pour s’y conformer, et recours en cas de contestation. Elles seront faites avant Toussaint dans 2 ans, sinon une pénalité de 200 L de retard sera appliquée.
L’adjudicataire sera obligé de réparer le puits dudit prieuré de la Jaillette d’ici un moi, et les pressoirs desdits lieux avant la St Jean Prochaine
L’adjudicataire réparera les trous qu’on aura faits lors de la réception dans les murs pour voir s’ils sont point creux et si les mortiers sont de bonne matière, ainsi que les ouvertures qu’on sera obligé de faire pour sonder les fondements
Les matériaux qu’on sera obligé de charroyer avec charettes seront charroyés à place par le fermier pour tous lesdits lieux, y étant obligé par le bail, et ce jusqu’à la distance de 3 lieues au plus
L’adjudicataire prendra les matériaux comme pierre, sable et terre, sur chaque lieu qu’il réparera, et en cas qu’il n’y en ait pas sur ce lieu, il en pourra prendre sur les autres lieux de la dépendance du collège avec le moins de dommage qu’il sera profitable, sans quoi ledit adjudicataire en sera tenu, et en cas qu’il n’y ait point sur lesdits lieux lesdits matériaux, il en cherchera ainsi qu’il avisera à ses frais, lesquels toutefois seront charroyés par lesdits métayers comme dit est pourvu qu’ils ne soient point à plus de 3 lieues de distance
Me Davy payera 1/3 du montant de l’adjudication sous 8 jours en sa maison à La Flèche, 1/3 l’ouvrage à moitié fait, et le dernier 1/3 lorsque le tout sera parachevé, à la charge par l’adjudicataire de donner caution valable ce jour
Au cas qu’il y ait quelques menues réparations abusives dans le devis ou quelqu’erreur dans le calcul des mesures et toises, ledit adjudicataire ne pourra prétendre aucun supplément ni augmentation, et sera tenu de réparer le tout, comme dégradations aux murs, et les couvertures et rechercher où il sera besoin, ce qui a pu s’y être détérioré depuis que le devis a été fait
L’adjudicataire payera le cout du présent acte, d’une copie délivré audit Me Davy, des copies et états et billets, desquelles réfections et réparations il sera responsable comme pour les ouvrages du roi
Mise à prix en présence dudit Sr Basteau expert du collège par h.h. René Chevrolier charpentier à Segré La Magdeleine à 13 000 L
par le Sr Basteau à 8 000 L
par ledit Chevrollier à 7 000 L
par ledit Basteau à 7 000 L
par ledit Chevrollier à 6 900 L, et personne n’ayant mis à plus bas prix, et qui ayant une vingtaine d’ouvriers de différents métiers et paroisses, nous avons, du consentement desdits Davy et Basteau, et en présence dudit Faultrier fermier dudit prieuré de la Jaillette, adjugé audit Chevrollier »

La Guyonnaie serait-elle devenue la Dionnaie (Noyant-la-Gravoyère,49) : elle fût à mes PELAULT

Tant de noms de lieux ont été altéré au fil des siècles !!! Parfois de façon à les rendre tout à fait méconnaissables.
Ici, tout de même, reconnaissons que le G et le D se sont parfois rendus coupables d’échanges entre eux ! Donc, quand on les voit, il convient de se méfier.

Ne trouvant donc pas de Guyonnaie à Noyant dans Célestin Port, ni sur le site GEOPORTAIL, je regarde à Dionnaie, et là, je trouve bien dans les 2 sources ci-dessus. J’en conclue que le nom a bien changé pendant ou peu avant la révolution.

Car voici ce que je trouve dans mes anciens relevés de baptêmes de la paroisse de Noyant la Gravoyère

°1615.05.30 BOURGUILLEAU René « René filz de Jacques Bourguillault et de Louyse Levesque Dt à la Guyonnays parain René Levesque mestaier de la Lande en Combrée maraine Béatrix Laurens espouse de Guillaume Lefaucheux D t à la Theurière »
°1622.06.04 POILIEVRE Michelle « Michelle fille de Françoys Poylievre et Perrine Gastineau Dt à la Guyonnaye en ceste paroisse Michel Bourgeoys fut le parain et Michelle Gabillard la maraine »

Or, si vous m’avez tant soit peu suivie ces derniers temps, il ne vous aura pas échappé que j’ai tappé l’histoire de la Roche-d’Iré selon M. de l’Esperonière. Et, tappant cette longue étude détaillée, j’ai le plaisir de lire :

Comme mari de Jeanne du Perrier, Pierre de Rohan rendit aveu pour la Roche-d’Iré le 7 mai 1499. Voici la liste des hommes de foi mentionnés dans cet acte : … René Pelault, écuyer, homme de foy simple pour la moitié du lieu de la Guyonnaie

Comme toujours lorsque je trouve une information qui me concerne directement, je suis toute en joie !!!
Certes, cet aveu que rend Pierre de Rohan à la baronnie de Candé pour la terre de la Roche-d’Iré, qui est à son épouse, est pour le moins curieux. En effet, il fait mention d’une moitié par indivis de la Guyonnaie, mais ne donne pas le détempteur de l’autre moitié, ce qui normalement devrait être le cas.
Quoiqu’il en soit, ce René PELAULT est mon ancêtre.

Or, dans mon étude PELAULT, j’avais autrefois trouvé :

« Le 16 avril 1540 déclaration faite comme cy-dessus par Adrien Pellauld escuyer Sr de l’Espinay, des choses héritaux qu’il tient en fief ou arrière-fief en la sénéchaussée d’Anjou, savoir la terre fief et seigneurie de l’Espinay en la paroisse de Combrée, tant en fief que domaine, tenue à foy et hommage simple du Sr de Champiré Baraton et l’autre partie avec (blanc) du St du Bois Bernier – Item la moitié par indivis de la métairie de la Guyonnaye sise en la paroisse de Noyant à foy et hommage simple du Sr de la Roche d’Iré – Item le lieu domaine fief et seigneurie des Roches sis en la paroisse de Gené, tenu à foy et hommage simple du Sgr de Marans – Sur lesquelles choses ledit Pelauld a six frères et sœurs puisnés à partager. Ainsi signé : A. Pelaud. »

J’avais donc déjà connaissance d’un lien entre la Guyonnaie à Noyent, la Roche-d’Iré, et mes Pelault !

Pourtant, je reste un peu sur ma fin, car je suis très intriguée par cette moitié par indivis, qui indique un partage en 2 alors que chez les nobles ont connaît le 1/3.

Voici ce que j’avais déjà trouvé in AD49-E3557 Note d’Audouys feudiste :

« Le 22 avril 1584 , devant Mathurin Grudé notaire royal à Angers, accord et transaction entre Antoine Lailler, écuyer Sr de la Roche de Noyant, demeurant paroisse de Noyant, tant en son nom que comme ayant les droits de deffuncts nobles personnes Françoise Lailler et de Delle Jacquine Pellault, ladite Pellault fille et unique héritière de nobles personnes Adrien Pellault et de Delle Guyonne de la Barre, demandeur d’une part, et noble homme René Pellault, Sr du Boys Bernier, fils aîné et principal héritier de deffunt noble homme René Pellault son père, écuyer Sgr du Bois Bernier, déffendeur d’autre part. ledit René Pellault père garant des détempteurs du moulin appellé le moulin (blanc) en la paroisse de Nouellet et de la moitié par indivis de la métairie de la Guyonnaye paroisse de Noyant la Gravoyère, dont ledit Lailler et son dit frère à cause de ladite Jacquine Pellaud leur mère disoient être seigneurs ; à quoy les détempteurs actuels disoient les avoir acheté de deffunte Marie du Rossignol mère commune desdits defunts Adrien et René les Pelauds, scavoir ledit lieu de la Guyonnaye pour le prix de 400 (blanc) par contrat du 24 juin 1553 passé sous la cour de Combrée par Jacques Thomas notaire d’icelle, lequel lieu elle avait auparavant acheté du deffunt Adrien Pellaud son fils aîné, ce pour le regard dudit moulin par le moyen du don fait audit deffunt Pellaut (blanc) par ledit Adrien Pelault son frère par son testament fait à Hedin le 15 janvier (blanc) lequel testament avait été confirmé par ladite deffunte du Rossignol par transaction faite avec ledit deffunt René Pelault, passé sous ladite cour de Combrée, par ledit Thomas le 11 avril 1564, et autre du 3 novembre (blanc) aussi passé par ledit Thomas notaire ; de laquelle Du Rossignol les Lailler sont héritiers et par ce moyen non recevables comme tenus au (blanc) desdites choses vendues, à quoy ledit Lailler disoit qu’iceluy testament est nul et que par ce moyen ledit Pellault ni son deffunt père ne pouvaient prétendre aucun droit audit moulin mais seulement l’usufruit attendu qu’aucun noble ayant enfants ne peut donner par propriété et que ledit René Pelaud en partage par deniers comme ledit lailler faisoit apparoir par transaction du 11 juillet 1537 etc au moyen des raison de … ledit Antoine Lailler se désiste de ses demandes moyennant la somme (blanc) que ledit René Pellaut Sr du Bois Bernier promet lui payer. »

La Roche-d’Iré, in « Histoire de la baronnie de Candé » par le Comte René de l’Esperonnière Angers, Lachèse Imprimeur, 1894, tome 2 page 538-545

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foy lige au regart de votre dite baronnie, terre et seigneurie de Candé, de laquelle baronnie estes seigneur à cause de Madame Franczoyse de Dinan votre compaigne et espouse, par raison de ma seigneurie, terre et chastelenie de la Rochediré, o toutes ses appartenance et deppendances et tant en fié comme en domaine, et de touz droiz de haulte justice, moïenne et basse, tant en grans chemins que ailleurs … desquelles choses, féaiges et seigneuries la déclaracion s’ensuit :
« Et premièrement, le chastel, manoir, basse court et demeure dudit lieu de la Rochediré, avecques les douves et haulx fossez de la mote dudit chastel, les jardrins d’illecques environ, avecques les garennes à connins prochaines desdites douves et cloaisons denviron lesdiz chastel et basse court, contenant le tout, avecques le circuit dudit chastel, basse court, douves et garennes, quinze journaulx de terre ou environ.
Item, les boys exploitables dudit lieu de la Rochediré, sis trestout autour dudit chastel en se rendant des deux bouz des boys par les chemins comme lon va dudit lieu de la Rochediré au bourg et prieuré dudit lieu et tout autour d’iceulx boys selon les mercs et monstres anciennes, et se rendans de touz les coustez et bouz ausdiz chemins dudit bourg de la Rochediré, contenans lesdiz boys deux cens journaulx ou arpens de terre en boys ou environ.
Item, ledit bourg avecques l’église et prieuré dudit lieu, duquel prieuré mes prédicesseurs et moy sommes fondeurs à la rémuniracion du divin service ainsi qu’il est acoustumé. En touz lesquelz boys et garennes dessurdiz, et aussi en mes domaines dudit lieu de la Rochediré, lesquelx seront déclairez cy après plus à plain, jay garenne deffensable et droit de chacer et faire chacer, tendre et thésurer o fillez meslez de toutes manières de cordaiges et autrement, et de prendre toutes manières de bestes tant rouges, rousses, noyres que autres, en mesdiz boys, esquelx et deppendances d’iceulx jay droit de faire hayes, boucquez et grans passées à estouper et tendre grans raiz, se mestier est, au bout des

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dites hayes et ailleurs en madite terre et domaine, et d’icelles bestes poursuir et courre à cry et à cor, et icelles prendre et emporter, et deffendre à autres de chacer, tendre et thésurer en mes diz boys et garennes, ne ès fins et mectes d’iceulx … (1) »
Le nom de Tristan du Perrier est fréquemment cité dans l’histoire de Bretagne pendant toute la seconde moitié du XVe siècle. En 1451, il assistait aux Etats-Generaux tenus à Vannes, y fut créé baron par Pierre II de Bretagne et prit place à la droite du duc. En 1470, François II le nomma tuteur du vicomte de Rohan, et, en 1476, il servit de caution à Jean de Rieux, auprès du duc de Bretagne. Il décéda le 24 décembre 1482.
Il s’était allié à Isabeau de Montauban (2), seconde fille de Guillaume de Montauban, seigneur de Landal et autres lieux, et de Bonne Visconti de Milan. De ce mariage naquit une fille unique.
Jeanne du PERRIER, comtesse de Quintin et dame de la Roche-d’Iré. Elle épousa, en 1472, Jean de MONTFORT, dit de LAVAL, second fils de Guy, comte de Laval, et de Isabeau de Bretagne, dont elle eut un fils, Nicolas de MONTFORT, appelé plus tard Guy de Laval.
Devenue veuve den 1476, elle contracta une seconde union avec Pierre de Rohan (3), baron de Pontchâteau, issu du troisième mariage d’Alain, neuvième du nom, vicomte de Rohan et de Léon, avec Péronnelle de Maillé. Le traité de mariage fut passé au château de Quintin le 20 novembre 1484.
(1) Archives de Noyant, T4. Parchemin original
(2) MONTAUBAN (de) : De gueules à sept macles d’or, trois, trois et une, au lambel de quatre pendants d’argent. – Cette maison, issue des Rohan, a produit un grand nombre de personnages illustres : Guillaume, l’un des combattants du combat des Trente (1350) ; – Arthur, qui prit part au meurtre de Gilles de Bretagne en 1450 ; – Jean, maréchal de Bretagne, amiral de France en 1461 ; – Philippe, chancelier de Bretagne en 1516, etc, etc.
(3) ROHAN (de) : De gueules à neuf macles d’or, trois, trois et trois. – L’histoire de cette grande maison est trop connue pour que nous jugions utile de la résumer.

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Comme mari de Jeanne du Perrier, Pierre de Rohan rendit aveu pour la Roche-d’Iré le 7 mai 1499. Voici la liste des hommes de foi mentionnés dans cet acte :
Jehan de Chazé, écuyer, seigneur de Chazé-Henry, homme de foy lige à cause de sa seigneurie de Chazé-Henry. – Jehan de Léage, chevalier, seigneur de Bédain, à cause de sa femme, fille de feu Thébault de Laval, homem de foy lige à cause de sa seigneurie de Bédain (1). – Elie Percault, homme de foy lige pour ce qu’il tient en la paroisse de Combrée. – Robert de la Rivière, fils de feu Brient de la Rivière et de la fille de feu Prévost de Noyent, homme de foy lige pour le lieu du Plessys de Noyent et pour la prévôté et sergenterie de la Roche-d’Iré au bailliage de Noyent ; homme de foy simple pour la terre et la seigneurie du Bourg-d’Iré. – René Pelault, écuyer, homme de foy simple pour la moitié du lieu de la Guyonnaie. – François de Villeprouvée, baron de Trèves et seigneur de la Bigeotière, héritier de feu René de Montecler, son oncle, homme de foy lige pour son manoir et seigneurie de la Bigeotière et ses terres du Bois-Joulain ; homme de foy simple à cause de sa métairie du Houx, de sa métairie du Bois-Robert (2) et de son fief du Tronchay. – Jehan de Juigné, homme de foy lige à cause de sa métairie de la Rivière-Maineuf et pour sa seigneurie de Brain-sur-Longuenée. – Jehan des Bangs (3), écuyer, homme de foy simple à cause de son domaine de la Noullière (4). – Marie de Maimbier, femme de foy lige pour sa seigneurie de la Ferté et femme de foy simple pour sa prévôté et sergenterie de la Roche-d’Iré au bailliage de la Ferté. – Maître Pierre Loriot, à cause de sa femme, homme de foy simple pour son domaine de Monfolleur. – François d’Orvaux, écuyer, sieur de la Rivière-d’Orvaux, homme de foy simple pour son fief de Villechêne. – Guillaume d’Andigné, écuyer,
(1) BÉDIN, ferme, commune de Chazé-Henry. – Ancienne seigneurie.
(2) BOIS-ROBERT (le), ferme commune du Bourg-d’Iré.
(3) BANGS (des) ou plutôt BANS (des) : D’argent à l’aigle éployée de sable.
(4) NOUILLIÈRE (la), ferme, commune du Bourg-d’Iré.

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seigneur d’Andigné et d’Angrie, homme de foy lige à cause de sa terre d’Angrie. – Jean de Beaumanoir, homme de foy simple pour son lieu de la Houppe. – Macé Bachelot, écuyer, à cause de Jehanne Boterelle, sa femme, dame de la Porte, homme de foy simple à cause des lieux de la Porte, de la Charpenterie et de la Brocherie. – Loys Racappé, écuyer, seigneur de la Goderie, homme de foy simple à cause de son lieu de la Goderie. – Christophe de Ponce, écuyer, homme de foy simple à cause de son lieu de la Haye. – Maître Jehan Le Camus, juge de la Prévôté d’Angers, à cause de sa seigneurie de Carqueron. – Mathurin de la Chapelle, bail, à cause de sa femme, des enfants d’elle et de feu Robert Lambert ; homme de foy simple à cause du lieu de Baussen. – Thébault de Champagné, écuyer, seigneur de la Motte-Ferchault, homme de foy simple à cause de ce lieu. – René de Châteaubriant, chevalier, seigneur du Lion-d’Angers, homme de foy lige pour ses moulins de la Himebaudière et sa métairie de la Jaillette. – Pierre de Cornillé, homme de foy lige pour son lieu de la Himebaudière. – Le prieur de la Jaillette, homme et sujet à cause de son hébergement de la Jaillette. – Etienne des Rues, écuyer, homme de foy lige, à cause de sa seigneurie des Rues. – L’abbé de la Roë, homme et sujet à cause de son hébergement de la Morelière. – L’abbesse et les religieuses de Nyoiseau, sujettes pour raison de divers héritages en la châtellenie de Roche-d’Iré (1).

Pierre de Rohan se distingua pendant les guerres de la fin du XVe siècle, et combattit à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, en 1488, à la tête de vingt lances. Il mourut sans enfants. Après la mort de Jeanne du Perrier, il se remaria avec Jeanne de Daillon ; devenu veuf une seconde fois, il s’allia en troisièmes noces à Jeanne de la Chapelle.

Nicolas de MONTFORT, dit Guy de LAVAL, seizième du nom, comte de Laval, de Montfort, de Quintin, baron de Vitré et de la Roche-Bernard, chevalier de
(1) Archives de Noyant, T18 Parchemin original

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l’Ordre du Roi, gouverneur et lieutenant de Sa Majesté au pays et duché de Bretagne, devint seigneur de la Roche-d’Iré par héritage de sa mère Jeanne du Perrier.
Le 20 mars 1507, il reçut l’hommage simple de l’un de ses vassaux, René de Champagné, seigneur de la Motte-Ferchaud (1).
Damoiselle Julienne de Juigné lui rendit aveu pour son domaine de la Rivière-Maineuf, le 3 août 1517 (2).
Guy de Laval (3) épousa Charlotte d’ARAGON, fille de Frédéric d’Aragon, roi de Naples, et d’Idabeau de Baux, dont il eut deux fils et deux filles :
1° – Guy, mort jeune.
2° – François, tué à la bataille de la Bicoque (1522)
3° – Catherine, mariée à Claude de Rieux
4° – Anne, qui suit.

Guy de Laval contracta deux autres unions. En secondes noces il épousa la soeur du connétable Anne de Montmorency et, en troisièmes noces, Antoinette d’Aillon, de la maison du Lude. Plusieurs enfants naquirent de ces mariages. – Il mourut le 28 mai 1531.
Anne de MONTFORT, dite de LAVAL, hérita de la châtellenie de la Roche-d’Iré et l’apporta en mariage à François de la TRÉMOILLE (4), prince de Talmont
(1) Archives de Vallière
(2) Idem
(3) Guy de Laval, seizième du nom, portait pour armoiries : Ecartelé aux un et quatre DE FRANCE, aux deux et trois DE LAVAL-MONTMORENCY, et sur le tout DE MONTFORT. – Pour cette branche des sires de Laval, issue de la maison de Montfort, voir CANDÉ : Françoise de Dinan.
(4) TRÉMOILLE (de la) : D’or au chevron de gueules, accompagné de trois aiglettes d’azur, becquées et membrées de gueules. – Cette maison, l’une des plus illustres de France, tire son nom de la seigneurie de la Trémoille, en Poitou. – Pierre 1er, seigneur de la Trémoille, vivant vers 1050. – Audebert, chevalier, fonda l’abbaye de Ville-Salem, en 1089. – Gui, premier du nom, accompagna Godefroy de Bouillon en Palestine, en 1096. – Gui VI, sire de la Trémoille, comte de Guines, baron de Dracy, etc., conseiller et chambellan du roi, porte-oriflamme de France, grand-chambellan héréditaire de Bourgogne, refusa, en 1392, l’épée de connétable qui lui fut offerte après la retraite d’Olivier de Clisson, et fut fait prisonnier à la bataille de Nicopolis (1396). Il épousa Marie de Sully, dame de Sully et de Craon. – Georges, grand-chambellan et premier ministre de Charles VII. – Louis, premier du nom, fils du précédent, s’allia en 1446, à Marguerite d’Amboise, soeur de Françoise, duchesse de Bretagne, qui lui apporta la vicomté de Thouars et la principauté de Talmont. – Louis, deuxième du nom, sire de la Trémoille, prince de Talmont, gouverneur de Bourgogne, l’un des plus grands hommes de son siècle, prit Châteaubriant en 1588 et, quelques mois plus tard, vainquit le duc d’Orléans, depuis Louis XII, à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier. Il se distingua à Marignan, fit lever le siège de Marseille au connétable de Bourbon, et fut tué à Pavie, le 24 février 1525. – Son fils, Charles, fut tenu sur les fonts du baptême par Charles VIII. Il fut tué à Marignan. – François, fils de Charles, devint seigneur de la Roche-d’Iré, par son mariage avec Anne de Laval. – Louis, troisième du nom, fils aîné du précédent, obtint l’érection en duché de son vicomté de Thouars, en juillet 1563… etc. – Cette maison a formée plusieurs branches, dont les principales furent celles des marquis de Royan et comtes d’Olonne, et des marquis puis ducs de Noirmoutiers, toutes les deux éteintes. Elle est actuellement représentée par Charles-Louis, duc de la Trémoille et de Thouars, prince de Tarente et de Talmont.

543-545
vicomte de Thouars, baron de Craon, qu’elle épousa le 23 janvier 1521. Le nouveau seigneur présenta son aveu à Jean de Laval, baron de Candé, le 13 avril 1530.
Nous reproduisons quelques passages de ce document qui donne d’intéressants détails sur les bois de la Roche-d’Iré :
« De vous monseigneur Jehan de Laval …, Je, Françoys, seigneur de la Trimoille, comte de Benon et de Guynes, prince de Talmont, vicomte de Thouars, baron de Craon et seigneur de la Roche-d’Iré à cause de nostre très chière et très émée expouse, Anne de Laval, congnois et confesse estre vostre homme de foi lige … à cause et pour raison de mon chastel et chastellenye, terre et seigneurie de la Rochediré, dont la déclaration senssuyt.
Et premièrement, mon chastel et herbergement dudict lieu de la Rochediré, comprins les douves, foussez et fortiffication dudict chastel, jardrins, garennes, vergiers et cloaisons d’environ, contenant le tout quinze journaulx ou environ.
Item, une pièce de terre estant de présent en boys de haulte fustaye, appelée la Prinse de messire Pierre, contenant six journaulx, joignant … d’un bout au chemyn tendant de l’Arbre Sec à Bretigneulle. Item, mes boys taillables appellez les grans boys, avecques les listes de haulte fustaye estans à l’entour desdicts boys, contenant trente journaulx … joignant d’un cousté au chemin tendant de mon grant estang aux landes de Vilayse …
Item, une autre pièce de boys taillable appelée le boys de Verdet, avecques les listes de haulte fustaille estant à l’entour, contenant quinze journaulx, joignans d’un cousté au chemyn tendant de mon grant estang aux landes de Villaise … Esquelx boys dessus déclerez, jay et advoue droict de garennes deffensables et droict de chasse à grosses bestes.
Item, mon grant estang contenant tant en place d’estang qui rivaiges, aulnays et chesnays à l’entour d’icelluy estang, quarente journaulx de terre ou environ, joignant d’un cousté au chemyn tendant du bourg de Rochediré à ma mestayerie de la Chaussée …, abouctant d’un bout à mondict boys de Verdet, et d’autre bout au chemyn par lequel l’on va par sur la chaussée dudict estang, de mondict lieu de la Chaussée au Petit-Aulnay. Item, mon petit estang, sis au dessoubz de mondict grant estang, contenant trois journaulx de terre ou environ, joignant et abouctant de toutes parts à mes terres dudict lieu de la Chaussée.
Item, ma mestaierye de la Chaussée …
Item, ma mestayerie de Saucoigné …
Item, … diverses vignes,
Item, mon pré de l’Ommerlaye, sis sur la rivière de Verzée, contenant huyt hommées de pré ou environ …
Item, ma grant disme que jay droict d’avoir et prendre et lever par chacuns ans ès paroisses du Bourg-d’Iré, Loiré et Chazé-sur-Argoé, en plusieurs et divers lieux …
Item, ma disme de poys, febves, lins et chanvres appelées prémisses …
Item, ma disme de vin …
Item, ma disme de bledz, comme seigle, froment, avoyne et orge …
Et en témoignage de ce, Je vous en rends et baille ce présent advou par escript, signé de ma main. Donné en nostre chastel de Thouars, le treziesme jour d’avril, l’an mil cinq cens trante. Constat en glose à cause nostre très chère et très amée espouse Anne de Laval. Donné comme dessus.