Renée Furet gérait même les travaux en l’absence de son époux : Angers 1598

Je vous montrai encore hier Renée Furet gérant les biens en l’absence de son époux, qui était une partie de l’année à Rennes comme conseiller au Parlement de Bretagne, et qu’elle ne suivait manifestement pas à Rennes, du moins pas souvent.

Ici elle se lance dans des travaux importants, car l’une des maisons doit être en assez mauvais état. Vous allez remarquer le métier de l’artisan qui va faire les travaux, car en fait il est dénommé avec 3 noms de métier, et je dois vous avouer que j’ai été surprise du 3ème nom, à savoir BLANCHISSEUR, car je croyais qu’on blanchissait le linge, et je découvre qu’à cette époque, le plâtre étant blanc, le plâtrier était dénommé blanchisseur.

Enfin, vous remarquez, comme je vous l’ai plusieurs fois montré pour des travaux, que l’on paie au fur et à mesure que le travail est fait. Ceci pour vous illustrer la différence actuelle, car le syndic nous réclame plus de 3 mois avant besogne !!!

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E1 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle)

Le 8 mai 1598 après midy, en la cour du roy notre sire Angers endroit par devant nous François Revers notaire d’icelle personnellement establie damoiselle Renée Furet femme de noble homme Clement Allaneau sieur de la Grugerye conseiller du roy en sa cour de parlement à Rennes demeurant à Angers d’une part, et Georges Moreau terrassier, carreleur et blanchisseur[1] audit Angers paroisse monsieur St Julien d’autre part, soubzmectant lesdites parties respectivement confessent avoir fait et font entre elles le marché tel que s’ensuit, savoir est ledit Moreau avoir promis et promet de faire une ruatte[2] de l’orée du logis du sieur des Mothes Furet sur la rue Godeline de ceste ville d’Angers au corps de logis de derrière, réparer de carreau barreau et terrasse ladit logis de derrière toutes les chambres greniers et aultres lieux et endroits dudit logis, ensemble la gallerie par laquelle on va audit grenier tant en coulombages qu’en plancher ; relevera le foyer et contrefeu de la chambre adjacente ? dudit logis de tuffeau et ainchira les chambres de la gallerye dudit logis dessus et par le dessoubz et partous aultres endroits ; blanchira aussi l’entée dudit logis depuis son bout jusques l’autre ; et pour faire toutes lesquelles besoignes cy-dessus ledit Moreau fournyra de carreau terre barreau faign, chaux et de toutes aultres matières requises et nécessaires bonnes et marchandes ; et mettra les (f°2) bois desdites chambres en couleur jaulne et lequelle besoigne ledit Moreau rendra faite et parfaire bien et duement à ses despens dedans le 15 juign prochainement venant à peine de toutes pertes dommages et intérests. Et est fait le présent marché pour et moyennant la somme de 16 escuz deux tiers vallant 50 livres sur laquelle somme ladite Furet a présentement payé et advancé audit Moreau la somme de 2 escuz sol et le reste payable en besoignant payant et à fin de besoigne fin de payement, et aura en oultre ledit Moreau les belles mtières qui sortiront des endroits où il réparera pour en disposer comme bon luy semblera. Tout ce que dessus a esté stipulé accepté et accordé par lesdites parties respectivement, à ce tenier etc obligent etc à prendre etc et le corps dudit Moreau à tenir prison ferme comme pour deniers royaulx par deffault de faire et accomplir le contenu en ces présentes renonçant etc foy jugement et condemnation etc fait et passé Angers maison dudit sieur de la Grugerye en présence de noble homme François Pelé sieur de Landebry et Me René Layze procureur de Pouancé demeurant à Angers tesmoings, ledit Moreau a dit ne savoir signer »

[1] blanchisseur, adj. et subst. masc. : A – « (Ouvrier) qui blanchit (les toiles au sortir des mains du tisserand) » : B. –  « (Ouvrier) plâtrier » (http://www.atilf.fr/dmf/)

[2] ruette :  « Passage très étroit, ruelle » (idem)

 

Travaux dans la cave de Jean Furet, à voute et pavage anciens : Angers 1515

Manifestement la cave de Jean Furet est une voute du moyen-âge comme on en trouve encore et il l’entretient.

Mais dommage que le notaire Huot omette de faire signer, car j’aurais tant aimé la signature de ce Furet manifestement mon proche parent.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

 Le 13 novembre 1515 en notre cour à Angers (Huot notaire Angers) personnellement establiz honnorable homme sire Jehan Furet marchand demourant à Angers d’une part, et Guillaume Godard marczon demourant à Angers d’autre part, soubzmectans etc confessent avoir aujourd’huy fait les marchés pactions et conventions tels et en la manière qui s’ensuit, c’est à savoir que ledit Godart a promis et promet paver d’entablemens

Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) http://www.atilf.fr/dmf/
ENTABLEMENT, subst. masc. A. « Assemblage de planches »  _ B. – « Support sur lequel repose qqc., base (en maçonnerie, mais aussi en orfèvrerie) »

le reste de ce qui est à paver de la cave dudit Furet ainsi que ledit Furet l’a monstrée audit Godrt et faire les joints desdits entablemens de chaulx et cyment et s’il y a aulcuns entablemens qui ne soient bien assis ledit Godart les rablera en manière que toute ladite cave soit bien et duement pavée, dont ledit Godart fournira de toutes esetoffes et seront lesdits entablemens de la pierre de Brionneau, et icelle cave rendra toute pavée ainsi que dit est dedans le jour de Noel prochainement venant ; et pour ce faire et accomplir ledit Furet a promis et promet rendre et bailler audit Godart la somme de 12 livres 10 sols tz sur laquelle somme ledit Furet a avancé content audit Godart la somme de 50 sols tz dont etc le surplus dudit paiement en faisant ladite besogne, et sera tenu ledit Godart rabiller le voulte de ladite cave partout où il sera nécessaire moyennant cedit marché, et seront assis lesdits (f°2) entablemens à chaulx et sable ; auxquels et tout ce que dessus est dit tenir etc et aux dommages etc obligent lesdites parties l’une vers l’autre etc renonçant etc foy jugement condemnation etc présents ad ce missire François Beaumont prêtre et Pierre Detezans clerc demourans à Angers tesmoings »

Charles de Bretagne fait faire des réparations à son château de Champtocé en 1596

 

J’ai trouvé tous les actes cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E1 – Voici la retranscription de l’acte :

Le 18 avril 1596 après midy, en la cour royale d’Angers endroit par devant nous François Revers notaire d’icelle personnellement establiz hault et puissaint seigneur messire Charles de Bretagne comte de Vertu et de Goello, premier baron de Bretaigne seigneur d’Avaugour, vicomte de Saint Lesaire et Guyguan seigneur de Clisson Chantossé et Ingrande, chevalier de l’ordre du roy capitaine de 50 hommes d’armes des ordonnances de sa majesté, estant de présent en ceste ville d’Angers d’une part, et honneste homme Gilles Aubertin maistre maczon demeurant en cette ville d’Angers …




Adjudication des travaux nécessaires au prieuré de la Jaillette : 1767

En 1767, d’importantes réparations, sont adjugées pour 6 900 L à René Chevrollier, de Segré. A cette date, les Jésuites ont été expulsés depuis quelques années, et les Frères de la Doctrine Chrétienne gèrent le Collège de la Flèche.
Les immeubles concernés sont ceux qui sont affermés. L’église n’est pas concernée par cette adjudication, puisque dans les baux successifs ce bâtiment n’a jamais été affermé, et son entretien toujours clairement dit relever directement du Collège (cf le bail à ferme).
Les Jésuites ont entrenu l’église et négligé les biens affermés, puisque dès leur arrivée au Collège les Frères héritent d’un patrimoine immobilier en mauvais état. Le montant de l’adjudication représente 3 à 4 années du revenu du prieuré, et atteste que non seulement la plupart des toitures ont besoin de réparations, mais aussi quelques charpentes et quelques mortiers voire pierres. D’ailleurs, il est bien spécifié que des matériaux seront à transporter, et mieux que l’adjudicataire est une véritable entreprise capable de mobibiliser 20 sous-traitants différents, c’est à dire une entreprise fort différente de l’artisanat qui est la règle à cette époque.
Ce document nous restitue au passage le puits et les pressoirs du cloître, attestant encore une fois son utilisation profane. Ce bâtiment est alors à entretenir car il a un usage utilitaire en tant qu’entrepôt des biens fermiers récoltés chaque année en grains et vins (biens que je vais chiffrer en kg et litres, mais qui me semblent au premier abord de l’ordre de plusieurs charettes annuelles). Il est probable que le quadrilatère qui subsistait en 1828 avait une partie aménagée pour passage de charettes, et entrepôt.

Depuis l’année 2000, le prieuré de la Jaillette est à nouveau en travaux de restauration, visitez son site, cela va vous donner envie d’aller le 6 juillet prochain fêter don 825ème anniversaire.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E32 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

« Le 20.8.1767 Urbain Davy des Piltières avocat au siège présidial de La Flèche, y Dt, receveur des revenus du collège royal de La Flèche, en vertu de la délibération du Bureau d’Administration dudit collège du 6.7.1767, a fait publier 3 dimanches consécutifs aux prosnes des messes paroissiales de Louvaines, le Lion d’Angers et la Magdeleine de Segré, que les réfections et réparations qui sont à faire à la maison du prieuré de la Jaillette à Louvaines et à celle du desservant l’église de la Jaillette, aux métairies de la Rosselle à Montreuil, de la Chasselouère, du Grand Pineau, de la Mortière et à la closerie de la Vauville en St Martin du Bois, étaient à donner à ferme au rabais et que l’adjudication devait s’en faire Dvt nous ce jour
Les états des réparations et réfections qui sont à faire auxdits lieux, datés des 28 et 29.5.1765, signés Lepine, secrétaire du Bureau du Collège et devis fait par Mathurin Basteau expert dudit collège, ont été lus aux assistants pour s’y conformer, et recours en cas de contestation. Elles seront faites avant Toussaint dans 2 ans, sinon une pénalité de 200 L de retard sera appliquée.
L’adjudicataire sera obligé de réparer le puits dudit prieuré de la Jaillette d’ici un moi, et les pressoirs desdits lieux avant la St Jean Prochaine
L’adjudicataire réparera les trous qu’on aura faits lors de la réception dans les murs pour voir s’ils sont point creux et si les mortiers sont de bonne matière, ainsi que les ouvertures qu’on sera obligé de faire pour sonder les fondements
Les matériaux qu’on sera obligé de charroyer avec charettes seront charroyés à place par le fermier pour tous lesdits lieux, y étant obligé par le bail, et ce jusqu’à la distance de 3 lieues au plus
L’adjudicataire prendra les matériaux comme pierre, sable et terre, sur chaque lieu qu’il réparera, et en cas qu’il n’y en ait pas sur ce lieu, il en pourra prendre sur les autres lieux de la dépendance du collège avec le moins de dommage qu’il sera profitable, sans quoi ledit adjudicataire en sera tenu, et en cas qu’il n’y ait point sur lesdits lieux lesdits matériaux, il en cherchera ainsi qu’il avisera à ses frais, lesquels toutefois seront charroyés par lesdits métayers comme dit est pourvu qu’ils ne soient point à plus de 3 lieues de distance
Me Davy payera 1/3 du montant de l’adjudication sous 8 jours en sa maison à La Flèche, 1/3 l’ouvrage à moitié fait, et le dernier 1/3 lorsque le tout sera parachevé, à la charge par l’adjudicataire de donner caution valable ce jour
Au cas qu’il y ait quelques menues réparations abusives dans le devis ou quelqu’erreur dans le calcul des mesures et toises, ledit adjudicataire ne pourra prétendre aucun supplément ni augmentation, et sera tenu de réparer le tout, comme dégradations aux murs, et les couvertures et rechercher où il sera besoin, ce qui a pu s’y être détérioré depuis que le devis a été fait
L’adjudicataire payera le cout du présent acte, d’une copie délivré audit Me Davy, des copies et états et billets, desquelles réfections et réparations il sera responsable comme pour les ouvrages du roi
Mise à prix en présence dudit Sr Basteau expert du collège par h.h. René Chevrolier charpentier à Segré La Magdeleine à 13 000 L
par le Sr Basteau à 8 000 L
par ledit Chevrollier à 7 000 L
par ledit Basteau à 7 000 L
par ledit Chevrollier à 6 900 L, et personne n’ayant mis à plus bas prix, et qui ayant une vingtaine d’ouvriers de différents métiers et paroisses, nous avons, du consentement desdits Davy et Basteau, et en présence dudit Faultrier fermier dudit prieuré de la Jaillette, adjugé audit Chevrollier »

Réparations de la toiture de la chapelle du Moulinet : Bazouges 1665

Cet acte est aux Archives Départementales de la Mayenne, AD53-206J/36 attention copie – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

« Le 24 octobre 1665 après midy, par devant nous Jean Gilles notaire royal à Château-Gontier furent présents establys et soubzmis maistre Jean Hernault sieur de Montiron advocat en parlement se faisant fors de maistre Jean Amand Hernault chapelain de la chapelle du Moulinet demeurant en la ville d’Angers paroisse sainct Denis d’une part, et Jean Teillé couvreur de maisons, demeurant au lieu des Loges paroisse du dehors sainct Remy de ceste ville d’autre part, entre lesquels a esté fait le marché et convention qui ensuit, c’est à savoir que ledit Teillé s’oblige et par corps de faire bien et deuement toutes et chacunes les réparations et reffections dudit mestier de couvreur d’ardoise (f°2) de ladite chapelle du Moulinet ensemble de la maison dépendante du temporel de ladicte chapelle sise au bourg de Bazouges lez ceste ville et faire mettre à la charpente d’icelle tous entravaux et un chevron par un charpentier, mesmes faire les réparations de couverture d’ardoise du lieu et closerie de la Poitevinière et y faire mettre aussy un chevron dans un espace incendyé qui est à présent couverte de chaume, et fournir de tout bois latte coyau ardoise clou et autres matières nécessaires à rendre le tout fait et parfaict à ses frais et despens dedans le jour et feste de Noël prochain, et ce pour et moyennant la somme de 70 livres tz sur laquelle somme ledit sieur de Montiron a payé comptant (f°3) audit Teillé la somme de 28 livres dont il s’ests contanté et quite ledit sieur de Montiron, lequel s’oblige a payer et bailler audit Teillé le surplus dans ledit jour de Noel prochain venant, ce que dessus a esté ainsi convenu stipulé et accepté, et à ce tenir etc dommages etc s’obligent lesdites partyes respectivement elles etc biens et choses etc dont etc fait et passé audit Château-Gontier estude de nous notaire en présence de maistres René Gallais et François Meignan praticiens demeurans audit Château-Gontier tesmoings »

La maison de la Harpe était elle une hôtellerie ou un cabaret : Laval 1646

Car le fermier qui la tient est dit « cabaretier », et je ne crois donc pas que c’est une hôtellerie, car il aurait été dénommé « hôtellier ».
Manifestement le canal qui évacue les eaux de pluie est ancien, usé, et trop étroit, et il faut faire faire des travaux de rénonvation et agrandissement. Le constat est dressé par un notaire, mais il est vrai qu’à l’époque les notaires dressaient beaucoup de constats.

Acte des Archives Départementales de Mayenne 3E35 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Aujourd’huy 4 mai 1646 sur les 6 h du soit nous Pierre Houdé notaire de la cour de Laval et y demeurant ce requérant René Maillard marchand cabaretier fermier de la maison où pend pour enseigne la Harpe forsbourg du Pont de Mayenne sommes transporté en ladite maison où estant avons vu avecq Jean Bardoul Me masson, René Loriot sieur de la Gauldaiche, Germain Jardin Me écrivain, Jean Dutertre, Julien Ferrant et Pierre Bretonnière, que les eaux pluviales tombées en la cour derrière de ladite maison et esgouts qui tombent en icelle sont arrestés pour la plus gande partie en la cour de derrière, en telle sorte qu’elles ont passé par sur la marche de la porte qui est pour sortir en ladite cour et entré en la salle de ladite maison en abondance, jusques à passer par l’autre porte d’icelle salle à sortir en la cour de devant, comme il a esté aussi vu pour tascher de donner le cours auxquelles eaux afin qu’elles ne puissent entrer en ladite salle, ledit Bardoul a présentement levé la couverture du canal par lequel lesdites eaulx doibvent avoir leur cours tant au bas de la montée, au charbonnier soubz ladite monté, et en ladite salle, auquel canal lesdites réparations faites a esté vu qu’il n’y a aucun cours d’eaulx avec qu’elles passoient en partie par sur la couverture dudit canal, lequel iceluy Bardoul a dit être besoing de relever et refaire à neuf pour ce qu’il est crevé en divers endroits et est nécessaire d’élargir iceluy canal qui n’a en quelques endroits qu’un dour

dour : au XVIème siècle, mesure valant 4 pouces : « le tiers ou tierce partie du pied est appelé dour » (Michel Lachiver, Dictionnaire du Monde rural, 1997)
Sachant que le pied vaut entre 27 et 34 cm selon les provinces, mais je n’ai pas trouvé pour l’Anjou et le Maine, comptez donc environ 10 cm pour le dour, ce qui donne un canal très étroit en effet.
A ce sujet, vous trouvez colonne de droite mes PAGES dont l’une en cours de création vous donne déjà quelques mesures anciennes

dont et de quoi avons décerné le présent acte audit Maillard qui a protesté de faire refaire ledit canal aulx frais et despends de ses bailleurs, et de ses dommaiges et intérests ; fait en présence desdits Loriot, Jardin, Dutertre, Bretonnière et Ferrand, lesquels Maillard, Jardin, Loriot ont signé et au regard des autres ils ont dit ne savoir signer