Contrat de mariage d’un Grenoblois à Angers, 1673

domestique à Angers (Archives du Maine-et-Loire, série 5E)

Hier, pour la Saint-Jean, j’ai totalement oublié de vous parler des domestiques. En effet, c’était un jour de louage des domestiques. Ceux qui voulaient se gager se réunissaient sur la place avec une feuille à leur chapeau (Verrier et Onillon, Glossaire des patois de l’Anjou, Angers, 1908)

Les domestiques aussi faisaient établir un contrat de mariage. J’ai remarqué qu’ils venaient souvent des campagnes alentour travailler ainsi quelques années avant de se marier, le temps d’amasser un petit pécule, certes petit, mais mieux que rien. D’ailleurs, c’est ainsi que j’ai retrouvé quelques uns des mariages de mes ancêtres, à 30 ou 40 km de chez eux, puis ils revenaient s’installer au pays avec le petit pécule pour débuter.

Le garçon qui suit vient de loin, car il a fait 700 km environ :

Voici la retranscription de l’acte : Le 27 février 1673 après midy, par devant nous François Crosnier notaire royal à Angers furent présents establiz et duement soubzmis Jean Pavyot filz de Louis Pavyot et de Marguerite Gourault, natif du bourg de Vaunevay près la ville de Grenoble en Dauphiné, de présent demeurant en qualité de vallet de chambre en la maison de Messire Louis Boysleve seigneur de la Gillière conseiller du roy en ses conseils lieutenant général en la sénéchaussée d’Anjou et siège présidial dudit Angers sise paroisse de St Michel du Tertre, ledit Paviot aagé de vingt et huit ans comme il assuré d’une part, et Jeanne Bodin majeure de vingt et cinq ans comme elle a pareillement assuré, fille de deffunts Thomas Bodin et de Marquise Morillon sa femme, natifve de la ville de Sablé pais du Mayne demeurante en la maison de Me Michel Maussion docteur et professeur en la faculté de médecine en l’université dudit Angers paroisse St Pierre d’autre part,
Vaulnaveys
Voir au site de la ville de Vaulnaveys

lesquels traitant et accordant de leur futur mariage avant faire une bénédiction nuptiale ont fait les conventions matrimonialles qui s’ensuivent, c’est assavoir qu’ils se sont par l’advis de leurs amis cy après nommez (faux : le notaire, dans son élan, a écrit cette phrase par habitude, mais ils n’ont strictement aucun témoin, parent ou ami à cet acte), promis et promettent mariage, et le solemniser en l’église catholique apostolique et romaine sy tost que l’un en sera requis par l’autre, tout légitime empeschement cessant,

et se sont pris et par ces présentes se prennent avec tous et chacuns leurs droitz noms raisons et actions tant mobillières qu’immmobillières, consistans pour chacun d’eux en la somme de six vingtz livres en argent monnoye outre leurs habitz procédant comme ils ont respectivement déclaré de leurs gages et mesnagements, (six vingt livres, comme on disait alors, font 6 x 20 = 120 livres)

dont il entrera en la communauté la somme de 20 livres tournois pour chacun d’eux, le surplus demeurera est et demeure de nature de propre patrimoine et matrimoine … et ledit futur à l’esgard de ceux de la future espouze promet et s’oblige employer et convertir en aquest d’héritage en cette province d’Anjou, qui tiendra à ladite furure espouze et aux siens en son estoc et lignée de ladite nature de son propre… (remarquez au passage la précaution, que nous avons déjà rencontrée, qui précise que les biens doivent être acquis en Anjou… des fois qu’il prenne à l’époux l’idée d’envoyer de l’argent à sa famille du Dauphiné… Tient, ceci me rappelle certaines pratiques actuelles…)

en cas d’aliénation de leurs propres pendant le mariage ils en seront respectivement raplacés et récompensés sur les biens de la communauté …

Passé audit Angers, maison dudit sieur Maussion, présents Me Gabriel Rogeron et Estienne Lailler praticiens demeurant audit Angers

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.

6 réponses sur “Contrat de mariage d’un Grenoblois à Angers, 1673

  1. Report des commentaires parus dans mon ancien blog :
    Josette, le 28 juin : J’ai rencontré assez fréquemment des domestiques venant de contrées lointaines pour suivre leurs maîtres

    Note d’Odile : merci, je pense ainsi, surtout sur Nantes, car en Anjou c’est plus rare. Dans le cas de ce Grenoblois, il sert la famille Boylesve qui est totalement angevine, et je me suis demandée par quel détour elle avait peu engager ce garçon, en vain. J’aime bien comprendre le fil conducteur…qu’on peu parfois trouver…

    Josette, le 27 juin : Personnellement, c’est dans les Yvelines et en Eure-et-Loir que j’ai rencontré ce type de déplacement ! J’ai même un Savoyard qui porte un patronyme qu’ont certains ancêtres de mon époux qui est frotteur de parquets à Versailles …

  2. Bonjour,

    Il semble que ce Jean PAVYOT soit issu d’une petite noblesse du Grésivaudan. M’interressant à la famille de PAVIOT de Valnaveys (38), je suis intrigué par la filiation donnée. En effet je retrouve dans mon arbre un Louis de PAVIOT époux de Marguerite BOUVIER CRESSANDIN et qui se marient vers 1650 . Ce Louis de PAVIOT serait née vers 1600 et décédé avant 1695.
    Ce Jean PAVYOT pourrait alors être fils du coulpe précédament évoqué. Y-a-t-il Ici mauvaise lecture de ce contrat de mariage (nom de la mère de l’époux), ou ce dernier aporte-t-il de nouveaux éléments généalogique sur la famille de PAVIOT.
    Si la filiation que j’évoque est la bonne, l’ascendance de ce Louis PAVYOT serait plus qu’honorable, puisque sa grand mère serait donc une de VIENNOIS et par le jeu des alliances nous tombons rapidement sur quelques personne de sang bleu.
    Qu’en pensez-vous? Est-il possible d’avoir une copie de ce contrat de mariage?

    Cordilament.

    Laurent LAMOTTE
    CGE32465

    Note d’Odile :
    Il est impossible de vous adresser la copie de ce contrat de mariage car aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, nous signons individuellement un engagement de non reproduction. Vous devez vous rendre à Angers et demander l’autorisation de reproduire ce contrat.
    Cependant, je tiens à souligner que les retranscriptions que je fais sont non seulement fiables mais intégrales, et que l’original ne vous dira donc rien de plus.

    Je pense que vos doutes quant à ma lecture proviennent du fait que vous ne connaissez pas la qualité de mon travail. Je suis reconnue ici comme l’une des meilleurs paléographes de la région, et ce par des gens compétents.

    En outre, je tiens à vous signaler, que contrairement à ce que vous semblez croire, l’accès à Geneanet, site commercial, n’est pas libre et que pour accéder au lien que vous mettez dans votre commentaire il faut s’inscrire à ce site commercial, ce que je me refuse de faire, car mon site est non commercial et je souhaire aucun lien avec la généalogie financée.

  3. Pour la famille noble Paviot, de Vaulnaveys, des seigneurs de Montfort – près de Crolles – (en Grésivaudan), vous reportez à la page 488 de « l’Armorial de Dauphiné » de Rivoyre de la Bâtie (1867). Les indications sont fiables. Il signale l’existence en 1670 de Louis de Paviot, et, ajoute-t-il, que c’est, sans doute, ce même Louis de Paviot qui, quarante ans auparavant figurait dans l’arrière-ban au secours de Casals en Piémont avec le maréchal de Créqui-Lesdiguières. Ce qui correspond bien aux dates que donne Laurent Lamotte. A mon avis, il n’y a pas d’autre famille Paviot ou Pavyot à Vaulnaveys, que ce soit le Haut…ou le Bas !
    Plus étrange, selon moi, est la fonction de « valet » de Jean, lorsqu’on sait que sa famille supposée – noble- était venue en Dauphiné dans les valise du terrible gouverneur Charles de Bouville…Une terreur !
    Nota : un quartier de Voiron porte le nom de Paviot…

      Note d’Odile :
      Merci pour ces notes passionnantes.
      Jean était sans doute un cadet parti chercher fortune ailleurs ? J’ai lu quelque part que les cadets de maison noble vivaient assez souvent dans la maison d’un seigneur plus important. D’ailleurs, à la cour elle-même les nobles ne sont-ils pas valets de chambre du roi, ou de monseigneur frère du roi etc…
      Cordialement
      PS : sur mon blog, les actes que je retranscris me concernent rarement. Je mets tout ce que je trouve intéressant pour l’histoire des modes de vie des Angevins, ici les échanges géographiques.
  4. Bonjour Mme Halbert, je ne devais plus vous importuner au sujet de notre petit conflit au sujet de Geneanet, mais je vous cite dans votre réponse à Laurent Lamotte qui semble avec eu la même déconvenue que moi :

    « En outre, je tiens à vous signaler, que contrairement à ce que vous semblez croire, l’accès à Geneanet, site commercial, n’est pas libre et que pour accéder au lien que vous mettez dans votre commentaire il faut s’inscrire à ce site commercial, ce que je me refuse de faire, car mon site est non commercial et je souhaire aucun lien avec la généalogie financée. »

    Au risque de vous contredire encore un fois, je vous répète que l’accès à une page quelconque de Geneanet où n’importe qui peut déposer GRATUITEMENT sa généalogie est totalement libre et il n’est nullement nécessaire de s’inscrire ou de payer quoi que ce soit pour consulter une page. Il suffit de CLIQUER et la page apparaît ! essayez et vous verrez que j’ai raison.

    Je ne sais pas ce que ce Geneanet vous a fait pour que vous refusiez d’écouter les arguments des gens qui ont déposé des généalogies sur ce site, mais sachez que je considère Geneanet simplement comme un outil comme les autres, qui plus est GRATUIT (sauf si l’utilisateur veut accéder aux actes déposés par les usagers, il faut une côtisation annuelle modique, sinon, c’est entièrement gratuit). Ils doivent rentabiliser leur affaire commerciale bien entendu, pour payer leurs ordis et personnel, seulement et rien de plus. Si quelqu’un vous donne un lien vers un site d’archives en ligne ou autre chose, vous allez « repêcher » le lien intéressant, mais si c’est sur Geneanet vous voyez çà à tort comme un « spam » ou une intrusion du commercial dans votre blog.

    C’est dommage car en refusant ce genre de liens, vous renvoyez les gens qui vous écrivent en toute amitié vers un rejet de ce qu’ils vous proposent de consulter et qui peut tout de même avoir une certaine valeur. Il y a de quoi être vexé de s’entendre dire que ce qu’on a déposé dans un site n’a aucun intérêt. Cela revient à çà, car nous on vous assure qu’il suffit de cliquer et que vous n’avez pas à adhérer à quoi que ce soit. Exactement comme lorsque vous cliquez sur mon adresse mail, çà ne vous demande pas de payer quoi que ce soit à mon fournisseur d’accès, tout de même.

    Peu importe si vous ne publiez pas cet avis sur votre blog, l’important pour moi est de vous dire cela à VOUS, afin que vous puissiez avoir envie éventuellement de reconsidérer votre position qui me semble erronée sur ce Geneanet. Vous savez, je suis assistant social de prison, j’ai 59 ans, je suis à la Réunion, alors vous ne pourrez pas supposer j’espère que j’aie un quelconque lien d’intérêt avec Geneanet. Je défend seulement devant vous l’intérêt que vous pourriez trouver à simplement cliquer sur un lien vers le généanet de Jacques Tertrais ou de mon cousin Brault, Loyseau de Grandmaison, des Angevins qui peuvent parfois détenir des infos qui pourraient aussi vous être utile. Si l’objet de votre blog n’est que de publier vos travaux, alors ne le rendez pas accessible. Si c’est de dialoguer dans les deux sens, alors vous devez accepter que ce dialogue dérange un peu vos certitudes … Si je vous avais donné un lien vers une page de mon arbre bien modeste et plein d’erreurs sans nul doute, c’était pour avoir votre avis.

    Bon, je ne vous importunerai plus, mais c’est rageant de voir que pour une position de principe de votre part, vous renvoyez des lecteurs de votre blog comme si nous étions des gallopins ou des gens insultants. Vous êtes souvent sur la défensive. Mme Taillandier m’avait raconté les difficultés entre vous et l’ADEFA, mais je remarque que c’est vrai que comme tout enseignant ou chercheur, à force sans doute de développer des compétences pointues, vous manquez parfois de gentillesse dans votre façon de rabrouer les gens, vous ressentant peut-être d’un autre monde, celui des chercheurs ? pour ma part je ne savais pas que vous aviez cette prévention, peu rationnelle, contre Geneanet, sinon je me serais abstenu. Mais je n’avais pas lu cela avant dans votre « règlement » de blog.

    Je vous remercie d’effacer ce dernier courrier qui n’intéresse personne d’autre que vous et moi et vous souhaite bonne continuation dans vos travaux de qualité que je me permets de consulter toujours avec grand intérêt.

      Note d’Odile :
      Le propre d’un chercheur est d’avoir l’intelligence de choisir ses sources.
      Le propre d’un chercheur est de publier ses travaux.
      Mon site et mon blog constituent aux yeux de la loi une publication.
      Le propre des publications est d’être respectées au terme des lois sur le droit d’auteur.
      Le propre des généanautes est d’omettre de citer lleurs sources. Entre autres ceux que vous citez.
      Cordialement
  5. D’accord, nous sommes tous à vos yeux irrespectueux des droits d’auteur et tous les généanautes omettent de citer leurs sources ! Ok, je prends note.

    Vous généralisez et faites donc une lourde erreur qui méprise les gens honnêtes et corrects qui utilisent généanet (entre autres). Vous seriez donc seule à citer vos sources ?

    Je n’ai JAMAIS rien pioché dans vos généalogies ( qui concernent surtout le Nord Anjou et mes familles sont au sud de la Loire en majorité). Je trouve grossier envers moi de me mettre dans le lot des « génénautes » que vous sous-estimez en les mettant tous dans le même sac.

    Voici mes sources, indiquées dans mon embryon de généalogie (400 misérables noms !) : ma famille, ma mère Simone Ortion-Beausoleil, Saillot, Mayaud,ADFA, Letellier,tedeguerdavid (geneanet), Sarrazin, Christian Jasnault … Je cite à chaque fois ou presque, puisque souvent il suffit de citer une à trois fois la source, sans se répéter à chaque fois.

    Je n’ai donc pas mis de lien vers Mme Odile Halbert, car je ne vous ai rien « PRIS ». Sinon je vous aurais d’abord contactée pour vous demander l’autorisation.

    Par contre ma très modeste généalogie a été allègrement pillée, reproduite ici ou là et je n’en ai pas fait une histoire. Dominique Tertrais m’a demandé, ainsi que le jeune Loyseau de Grand-Maison s’ils pouvaient reprendre mon petit travail, je leur ai dit « bien entendu ». Ils m’ont envoyé la leur que je n’ai pas eu le temps de reprendre, mais je les citerai bien entendu. je ne sais même pas si ils ont cité la source mais je m’en fiche royalement, n’étant pas chercheur comme vous. Je suis personnellement content de partager mon peu de connaissances et peu m’importe le merci ou le retour. Nous sommes sur la terre de passage, au diable les courbettes.

    Croyez vous donc que nous sommes tous des gens sans éducation et sans respect pour que vous méprisiez ainsi tous ceux que vous appelez avec condescendance les  » généanautes dont le propre est d’omettre de citer leurs sources » ? Avez vous vérifié vos dires sur des milliers de généalogies avant de donner votre verdict ?

    Vous commencez à devenir insultante avec vos généralisations suivies d’un drôle de « cordialement » qui jure avec les propos tenus plus haut. Essayez de mettre un peu de nuance dans vos jugements, sinon je ne serai pas le dernier à fuir le dialogue avec vous. Je cesse ce jour d’ouvrir votre blog.

  6. Comme beaucoup d’internautes, j’ai coutume de détruire systématiquement tous les courriels qui m’invitent à aller voir qui une carte de voeux, qui des photos, qui de la généalogie sur un site, car cette forme de communication est parfaitement inconviviale.
    Comme beaucoup d’autres, je pense que ce n’est pas sur Geneanet qu’on fait des recherches, et je remercie l’interlocuteur ci-dessus de m’avoir démontré que j’avais parfaitement raison de ce faire. En particulier, je tiens à le remercier de m’avoir appris que j’avais à apprendre des généanautes éminents dont il cite le nom ! J’ai servi de source à ces éminences ! Je ne vois pas l’intérêt d’aller voir leur prétendus travaux ayant parfaite connaissance des copies.
    Je vais être encore plus persiflante.
    Je sais combien il y a de chercheurs de mon niveau aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, et je les connais. Ils sont rarissimes.
    Je n’ai pas de temps à perdre en contacts avec les irrespectueux de mes travaux. Je concentre mes travaux vers leur niveau de qualité, et je me moque bien de ceux qui colportent, à tort et à travers, des médisances sur mon compte. J’ai mieux à faire.

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