Autrefois on lavait le linge à la rivière, quand on en avait une à proximité : sinon covoiturant en charette à boeufs pour faire plusieurs km

Internet fourmille de sites vous expliquant la lessive autrefois. Tous ont un point commun : la rivière.

Alors, comment faisaient ceux qui n’avaient pas de rivière à proximité ? J’ai un acte des archives en série U qui vous relate comment on faisait et je viens vous le commenter.

Donc, en l’absence de rivière à proximité, on se regroupait pour remplir une charette de linge et les femmes par dessus les piles de linge. On pratiquait donc entre particuliers et/ou voisins ce que nous appelons en 2019 le COVOITURAGE. Mieux, on louait ainsi à plusieurs la charette car toutes les métairies ou closeries de l’épopque ne possédaient pas une charette.

Et encore mieux, comme je vous l’expliquai hier, en Anjou, ce ne sont pas les chevaux qui travaillaient mais les boeufs.

L’acte que je vous mets ci-dessous relate un tragique accident survenu entre Gené, bourg sans rivière, et Le Lion d’Angers, où il y a rivière et lavoirs. Nous sommes en plein hiver le 1er février 1803, à 18 h la charette à boeufs cahote dans les ornières du chemin creux qui rentre du Lion à Gené par la Jaudonnière. Mais une ornière plus profonde qu’une autre fait basculer la charette et 4 des femmes assises tous en haut des piles sont basculées vers l’avant et tombent. La roue de la charette écrase la tête et le bras de l’une d’entre elles, tuée sur le coup.

Parmi les particuliers qui ont envoyé le linge à laver Jean Guillot, marchand fermier, qui possède un cheval, mais ce cheval ne sert qu’aux déplacements personnels, en aucun cas au trait. Et Jean Guillot a envoyé sa servante sur la charette de covoiturage « lessive au Lion d’Angers » depuis Gené.

En résumé :

  • en l’absence de rivière dans le bourg, on doit aller laver le linge parfois à plusieurs km à la rivière la plus proche
  • on se regroupe à plusieurs et on emprunte une charette
  • la charette est tractée par des boeufs
  • Jean Guillot a un cheval pour ses déplacements de marchand fermier mais ne s’en sert pas pour tirer la charette à linge au Lion

Et le covoiturage n’est pas une invention récente, nos ancêtres le pratiquaient même pour la lessive ! Et nul doute que pour aller de la campagne à Angers aux jours fixés par les baux pour apporter chappons, beurre en pot, poulets et fouace, ils pratiquaient aussi le covoiturage et comme nous le voyons dans l’acte que je vous mets ci-dessous, il ne s’agissait pas de charette à cheval mais bien de charette à boeufs.

Gené n’est pas situé sur une rivière. Pour laver le linge il fallait se rendre au Lion sur les bords de l’Oudon, donc à 7 km du bourg. On s’y rendait à plusieurs en charette à boeufs. Le 1er février 1803, Jean Guillot, alors adjoint au maire, envoit sa servante, Marie Rousseau, 22 ans, faire la lessive au Lion d’Angers. Elle rejoint la charette à boeufs de Valennes que Pierre Fessard, sabotier de son métier, a empruntée pour les y conduire. Au retour, il fait déjà nuit  et la charette emprunte le chemin creux qui passe par la Jaudonnière,  lorsqu’une ornière fait basculer vers l’avant la charette, et 4 filles tombent. L’une, la servante de Guillot, est blessée par une roue à la jambe et reste au lit le lendemain, souffrante, et deux autres ont de légères contusions, mais la quatrième, Madeleine Rousseau, est morte, la tête et un bras passés sous la roue. Ses compagnes lui enveloppent la tête dans un tablier, et aidées de Pierre Fessard la remettent sur la charette, pour faire les 6 km qui restent jusqu’à Gené, puis ils la déposent chez Jean Guillot, qui possède la grande maison de la Chouannière au bourg de Gené. C’est là que Louis Vallin, le médecin, vient établir le certificat de décès qu’il remet à Jean Guillot en tant qu’adjoint au maire.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 4U17-12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle)

 Le 1er brumaire XI (1er février 1803) nous Claude Mathurin Jérôme Faultrier juge de paix et officier de police judiciaire du canton du Lyon d’Angers, assisté de notre greffier, sur l’avis à nous donné par Jean Guillot adjoint du maire de la commune de Gené par sa lettre de ce jour qu’environ 6 h du soir du jour d’hier plusieurs femmes montées sur une charette revenant du Lyon d’Angers laver la lessive, en descendant un chemin près la Jaudonnière dite commune du Lyon, 45 d’entre elles tombèrent par une secousse par le devant de la charette, que la fille Magdeleine Rousseau se trouvant la tête sous une des roues en fut écrasée et resta morte, en conséquance de ce nous sommes transporté audit Gené maison dudit cité Guillot où le cadavre était déposé accompagné de Louis Vallin officier de santé audit Lyon d’Angers, où étant avons trouvé ledit cadavre sur un lit dans une chambre servant de boulangerie audit Guillot, examen fait dudit cadavre par ledit Vallin, il résulte que la cause de la mort a été occasionnée par la fracture du pariétal droit, et d’une partie du coronnal, fait par la pression de la roue de la charette qui comprimant le cerveau a donné le coup de mort, de plus a reconnu ledit Vallin que l’humerusse (sic) droit à sa partie supérieure était fracturé totalement, et qu’il n’a rien reconnu de plus sur les autres parties du corps, et de suite sont comparus sur notre demande les cy après témoins de l’avènement : 1/ Marie Chatelain femme de Sébastien Huau commune de Gené âgée de 43 ans, a déclaré que le jour d’hier environ 6 h du soir, revenant du Lyon laver la lessive de Pierre Fessard, étant sur une charette avec plusieurs autres, dans un chemin creux près la Jaudonnière une secousse fit tomber plusieurs d’entre elles au nombre desquelles était Madeleine Rousseau, qu’elle entendit qu’aussitôt le conducteur fit arrêter les boeufs, qu’elles descendirent toutes pour les secourir, qu’elles en trouvèrent plusieurs avec des meurtrissures, et ladite Rousseau morte ayant au bras fracassé et la tête, et morte, qu’elles lui enveloppèrent la tête avec un tablier et la remirent dans la charette qui la ramena audit Gené… – 2/ Marie Durand femme de Pierre Fessard sabotier audit Gené, âgée de 50 ans, a déclaré que le jour d’hier environ 6 h du soir revenant du Lyon laver la lessive et montée sur une charette avec plusieurs autres une pente occasionna une secousse qui en fit tomber 4 d’entre elles par le devant de la charette, qu’aux cris qu’elles firent le bouvier arrêta ses boeufs et descendirent pour les secourir, que 3 furent meurtries seulement, et ladite Rousseau morte sur la place la roue luy ayant passé sur un bras et sur la tête, qu’on la remit dans la charette qui l’amena à Gené … 3/ Perrine Provost veuve de François Gagneux, âgée de 50 ans, journalière, a déclaré que le jour d’hier environ 6 h du soir revenant de laver la lessive pour Fessard et montée sur une charette avec plusieurs autres, 4 d’entre elles tombèrent pas le devant de la charette dans un chemin creux, qu’elles firent arrêter les boeufs et descendirent pour voir s’il y avait du mal, elle y trouvèrent ladite Rousseau morte ayant un bas et la tête fracturés par l’effet de la roue qui avait passé dessus, qu’elles la relevèrent et la mirent dans la charette qui la ramena à Gené … 4/ Nicolas Rousseau, fils de Pierre Rousseau et Perrine Guillery, serrurier demeurant audit Gené, âgé de 12 ans, a déclaré que le jour d’hier étant allé audit Lyon séparément avec sa soeur Magdeleine, ils montèrent tous les deux sur une charette chargée de lessive qui se rendait à Gené, que sur les 6 heures du soir, un cahot en avait fait tomber plusieurs des femmes qui étaient dessus, que la charette étant arrêtée il est descendu et trouva sadite soeur Magdeleine morte ayant un bras et la tête fracturés par une roue de la charette… /5 Marie Huau fille de Sébastien Huau grêleur audit Gené, et de Marie Chatelain, âgée de 23 ans, a déclaré que le jour d’hier revenant de laver la lessire au Lyon d’Angers et montée sur la charette qui revenait de la lessive avec plusieurs autres, sur les 6 h du soir environ, passant dans un chemin creux un saut en fit tomber 4 d’entre elles, qu’elle en fut meurtrie à la hanche et à un pied, et que Magdeleine Rousseau tombée avec elle la tête dans l’ornière une roue passa dessus et la tua… /6 Marie Rousseau, fille à gage chez ledit Guillot, fille de René Rousseau journalier et Mathurine Thierry, âgée de 22 ans, a déclaré que le jour d’hir revenant de laver du linge audit Guillot et montée avec plusieurs autres sur une charette qui emmenait à Gené la lessive de plusieurs particuliers, elle déclarante étant sur le timon, que sur les 6 h du soir dans un chemin creux près la Jaudonnière un saut en fit tomber 3 de dessus la charettte, que Magdeleine Rousseau la plus proche d’elle l’ayant pris par la main la fit tomber comme les autres, mais qu’elle resta sous la charette ou une pierre et une froisseur ? de la roue lui a occasionné une douleur considérable au côté gauche, qui la retient au lit où l’avons trouvée, et que ladite Magdeleine Rousseau qui l’avoit pris par la main atant tombé la tête la première, la tête roula dans l’ornière où une roue la fracassé ainsi qu’un bras… 7/ Pierre Fessard sabotier audit Gené, âgé de 30 ans, a déclaré que le jour d’hier conduisant le harnois du lieu de Valennes ramenant des lessives à différents particuliers passant sur les 6 h du soir dans un chemin creux près la Jaudonnière, entendant crier vit en se détournant des femmes tombées de la charette, sauta de suite entre ses boeufs pour les arrêter, qu’il ne le put dans l’instant vu que la charette était chargée, mais que sitôt qu’il put le faire fut de suite voir, qu’il y avait 3 relevées et vit ladite Magdeleine Rousseau qu’on venait de relever de l’ornière sans vie, la tête fracassée et un bras cassé, qu’il la prit avec une autre femme et la mirent dans la charette et la ramena à Gené… – De tout quoi nous juge de paix susdit et soussigné avons fait et dressé le présent procès verbal par lequel appert qu’il n’y a eu aucune mauvaise volonté dans cet évenement malheureux »

NON SEULEMENT LE CHEMIN ETAIT CREUX MAIS IL FAISAIT NUIT ET JE ME DEMANDE COMMENT LE BOUVIER POUVAIT CONDUIRE SES BOEUFS DANS LE NOIR car le 1er février le jour ne dure que 9 h 20 et  la nuit est déjà tombée à 18 h

 

 

Bail à ferme du Marais, lieu disparu, Gené 1571

Impossible de trouver le Marais en Gené, que ce soit sur les cartes de Cassini (si, il est bien sur la carte de Cassini, car suite au commentaire ci-dessous, je viens de revoir la carte de Cassini que j’avais mise et mal lue, car le terme MARAIS est au dessus de Gené, tout proche du bourg) , IGN et le Dictionnaire de C. Port. Cette métairie aurait appartenu aux d’Andigné, donc le lieu était sans doute dans les environs du Ribou, et aurait été par la suite incorporé au Ribou, mais ceci reste une hypothèse.
La mairie de Gené pourrait-elle me confirmer qu’aucune parcelle ne porte plus de nos jours le nom de Marais, faute de lieu-dit.

Le bail qui suit a deux autres particularités :
• Il n’est que pour une année, une cueillette, et j’ai eu le sentiment que cette métairie avait été acquise à condition de grâce par Guy Lasnier de la famille d’Andigné, car je n’ai jamais vu un bail aussi court, et les plus courts seraient au minimum de 3 ans
• Les familles Chassebeuf et Lasnier existent aussi bien à Craon qu’à Angers, sans que des liens réels aient pu être établis. Je ne descends pas de ces familles, mais je m’intéresse aux liens qui existent ou pourraient exister entre Craon et Angers et je relève ces actes à ce titre.

Gené selon carte dite de Cassini. Cliquez pour agrandir.
Voir ma page sur Gené

J’ai trouvé l’acte qui suit aux Archives du Maine-et-Loire, série 5E7 – Voici ma retranscription : Le 7 septembre 1571, en la cour du roy nostre sire à Angers et de monseigneur duc d’Anjou fils et frère de roy endroit par davant nous Mathurin Grudé notaire de la dite cour personnellement estably noble homme Me Guy Lasnier sieur de l’Effretière et de Saint Jame sur Loyre demeurant Angers d’une part
et honorable homme Me René Chassebeuf sieur de la Brilletaye aussi demeurant Angers d’autre part
soubzmetant etc confessent avoir fait le marché de bail et prinse à ferme tel que s’ensuit c’est à savoir que ledit Lasnier a baillé et par ces présentes baille audit titre de ferme audit Chassebeuf présent stipulant et acceptant le lieu domaine mestairye et appartenances des Marays sis et situé en la paroisse de Gené et ès environs en ce pays d’Anjou avecques ses appartenances et déppendances et ainsi que ledit Lasnier acquis dès le premier jour de juillet dernier passé du seigneur du Boys de la Court (qui est de la famille d’Andigné)

Cette vue est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Cliquez pour agrandir.

pourra ledit Chassebeuf prendre tous les fruits profits revenuz et esmoluements en l’année présente et qui pourront croistre et provenir pendant icelle et desdits fruits ledit Chassebeuf s’est tenu et tient à contant sans que ledit Lasnier soyt autrement tenu les luy garantir
et est fait ladite ferme pour ceste dite année seulement à la charge dudit Chassebeuf d’acquiter les debvoirs charges et rentes deues popur raison dudit lieu o*ù ils sont deuz et d’en acquiter ledit Lasnier
et aussi d’entretenir les maisons dudit lieu en bonne et suffisante réparation et de garder le marché des mestayers y demeurant
et outre de payer audit Lasnier dedans le jour et feste de Toussaint prochainement venant la somme de deux cens livres tournois en ceste ville d’Angers franche et quite
et de ce sont demeurés à ung et d’accord et à ce tenir obligent etc renonczant etc foy jugement condemnation etc
ce fut fait et passé au Pallays royal d’Angers en présence de honorable homme Me Urbain Leboumyer licencié es loix advocat demeurant audit Angers

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog. Tout commentaire ou copie partielle de cet article sur autre blog ou forum ou site va à l’encontre du droit d’auteur.

Les Guillot vendent une autre pièce de terre : Gené 1836

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 1er février 1836 devant Me Adam Roussier notaire au Lion d’Angers M. Jean Guillot, propriétaire, demeurant à la Chouannière commune de Gené, Melle Aimée Guillot, propriétaire, demeurant au même lieu, M. Dominique Guillot, propriétaire et meunier, et dame Perrine Marie Marion son épouse, demeurant au Grand Charrais commune de Chambellay, M. Esprit Victor Guillot propriétaire demeurant audit lieu de la Chouannière, lesquels ont, par ces présentes vendu avec la garantie solidaire de tous troubles hypothèques et évictions, à M. René-Marie de Bossoreille propriétaire demeurant à Ribou, commune de Gené, ce accepté en son nom par M. René Eugène de Bossoreille son fils, propriétaire demeurant à Angers ici présent et se portant fort pour lui, 2 pièces de terre dans un tenant divisée par un fossé, nommée les Barbières, contenant 4 ha 18 a 16 centiares, situées commune de Gené, et comprise au plan cadastral de Gené sous le n°477 section a. Elles joignent vers nord et levant un chemin d’exploitation vers midi un pré appellé le chêne Blanc, vers couchant terre et pré de Mme Voyer… Elles dépendaient de la communauté de biens qui a existé entre M. Jean Guillot et dame Aimée Guillot feue son épouse, qui en avaient fait l’acquisition de M. René Eugène de Bossoreille comparant par acte passé devant Me Brichet notaire le 20 ventose an XIII… Cette vente est faite pour et moyennant la somme de 5 200 F que M. Moreau a payée comptant aux vendeurs. Fait et passé au Lion d’Angers »

Partages en 3 lots des immeubles de défunts Pierre Guillot et Marie Rose Faucillon : Gené 1804

Ce sont mes ascendants, et l’immense majorité des biens se situe à Gené, dont plusieurs maisons et métairies. Leur petit-fils Esprit-Victor Guillot n’est pas encore né, mais je sais par cet acte que son père, Jean Guillot époux d’Aimée Guillot, hérite du lot n°2 où sont Saint-Pierre, la Coix-verte, la Chouannière, la Davyaie et autres maisons.
Il n’en restera plus un seul franc après en 1846, après qu’Esprit-Victor ait joué aux courses … et disparu abandonnant femme ruinée et 3 enfants en bas âge, mes ancêtres.

La superficie est exprimée dans la nouvelle unité de mesure l’hectare, mais toujours suivie entre parenthèses de son ancienne unité de mesure. Je suppose qu’il a fallu plus d’une génération pour s’habituer à l’hectare.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E32 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 24 juin 1804 (8 messidor XII) (Pierre Louis Champroux notaire public résidant à Segré) partages en 3 lots et portions égales des biens immeubles sis dans les communes de Gené, du Lyon d’Angers, La Chapelle sur Oudon et Saint Martin du Bois, dépendants des successions directes de deffunts Pierre Guillot et dame Marie Rose Faussilon, échus à chacuns de Pierre Guillot enfant mineur de deffunt Pierre Guillot et Rose Esnault, dame Marie Guillot épouse de Guillaume Rabeau, et de dame Aimée Guillot épouse de Jean Guillot, présentés par ladite dame Rose Esnault veuve Guillot et encore mère et tutrice naturelle dudit Pierre Guillot demeurante à sa maison de la Ravardière commune de Marans et Claude Giron son oncle et subrogé tuteur demeurant à la Lorye commune susdite de la Chapelle sur Oudon, pour être lesdits lots tirés au sort conformément à la loi dans les délais fixés par icelle. Auxquels partages a été vacqué et procédé comme il suite par ladite dame veuve Guillot et ledit Giron esdits noms par devant nous Pierre-Louis Champroux notaire public à Segré, Maine-et-Loire, le 8 messidor en XII.

    1er lot (tiré par Guillaume Rabeau et Marie Guillot) :

Les maisons et bâtiments, aires, aireaux, rues et issues du lieu et métairie de la Ville avec un jardin au derrière et ladite maison contenant 1 ha 4 a (2 journaux) ou environ – Un cloteau nommé le Grand Jardin avec un petit rivage clos à côté contenant 26 a (2 boisselées) ou environ – 3 cloteaux se tenant nommés les Coteaux de Luntre ? contenant ensemble 1 ha 4 a (2 journaux) – Une pièce de terre nommée la Marouille contenant 78 a (6 boisselées) – Celle des Petits Bois contenant 2 ha 60 a (5 journaux) – Celle du Pré de St Pierre contenant un ha 4 a (2 journaux) – Celle des Grands Bois contenant 4 ha 7 a (8 journaux) – La moitié de la prairie de la Ville la plus proche de la maison, contenant en totalité 4 ha 68 a (12 journaux) environ – Une maison neuve nommée la Fuye sise dans ledit bourg de Gené, cour au devant, dans laquelle sont étable à bêtes, toit à porcs, latrines, une appartenance où est le pressoir, un poulailler, jardin clos de murs au derrière de ladite maison, une grande planche de jardin à côté vers orient, le tout tel qu’il se poursuit et comporte, avec tous les bâtiments en dépendant, contenant 52 a (un journau) environ – Une aire à battre le bled ayant son entrée dans le bourg au derrière de ladite étable contenant 13 a (une boisselée) ou environ – Une autre maison audit bourg de Gené occupée par la veuve Prezelin composée de 2 appartements par bas dont l’un a four et cheminée, d’une chambre haute carrelée et à cheminée, à côté de laquelle est un grenier carrelé, grenier sur le tout, un appenty au derrière à la dite maison et au couchant un morceau de jardin de figure irrégulière – Un pré nommé les Nouets Feliers contenant 78 a (2 hommées) ou environ – (f°3) 2 pièces se tenantes nommées les Nouets Filiers contenant 1 ha 4 a (2 journaux) environ – Une pièce de terre nommée le Petit Cocquereau contenant 26 a (2 boisselées) environ – Une pièce de terre nommée la Feuvrie contenant 52 a (un journal) environ – Celle de la Perrière contenant 78 a (1,5 journal) environ – Celle du Mourier contenant 78 a (1,5 journal) – Celle de la Petite Vigne contenant 13 a (une boisselée) environ – Un pré nommé La Corderie contenant 58,5 a (1,5 hommée) environ – Un cloteau nommé le Cimetière contenant 13 a – Le lieu et métairie de la Boisinière sis dans la commune de Gené, sans aucune exception ni réserve, tel qu’il se poursuit et comoprte et qu’il est exploité à colonie partiaire par André Saulou – Le lieu et closerie des Gantières sis commune de La Chapelle sans aucune exeption ni réserve, tel qu’il se poursuit et comporte et qu’il est tenu à ferme par la veuve Thibault et René Roynard – Une maison bien petite au Lion-d’Angers rue Saint Gatien avec un petit jardin derrière – Un cloteau nommé le Grand Clos contenant 7 a – Un autre cloteau nommé le Petit Clos de figure triangulaire contenant 2,6 a

    2ème lot (tiré par Jean Guillot de la Borderie et Aimée Guillot)

Les maisons jardins et dépendances de Saint Pierre à Gené tel qu’ils se poursuivent et comportent et qu’ils sont occupés par François Guilleux, Marie Latté et Jallot – Une planche de jardin derrière lesdites maisons, nommée la planche de Saint Pierre occupée par le métaier de la Ville, Urbain Bonnefant, contenant 13 a (une boisselée) – (f°4) La grande aire close de murs dans laquelle est une grange contenant 13 a (une boisselée) ou environ – La pièce de Luntre ? du lieu de la Ville, contenant 2 ha 8 a (4 journaux) environ – Celle de la Barrière également dudit lieu de la Ville contenant 1 ha 56 a (3 journaux) environ – Les 2 pièces des Ruaux se joignantes dépendantes de la ci-devant cure dudit Gené contenant 1 ha 9 a (3,5 journaux) environ – La moitié en grandeur de la Prairie de la Ville à prendre le long du chemin tendant du bourg de Gené à la métairie des Mariers contenant en totalité 4 ha 68 a (12 hommées) environ – La pièce de terre du Pasty de la Ville contenant 3 ha 12 a (6 journaux) environ – Celle du Petit Vigneau joignant la pièce de Laiche contenant 1 ha 4 a (2 journaux) environ – Celle du Bernier dudit lieu de la Ville contenant 1 ha 4 a (2 journaux) environ – Une maison au bourg de Gené nommée la Croix Verte tenue à titre de loyer par Jacques Guedon composée de 2 appartements bas à cheminée, une boulangerie à côté, 3 chambres hautes carrelées dont 2 à cheminée, grenier sur le tout non carrelé, et couvert d’ardoise, une petite cour derrière dans laquelle sont écurie et toît à porcs, grenier en terrasse sur ladite écurie – Un petit jardin à côté vers midi de ladite écurie contenant 1,3 a (2 cordes) environ – Un autre jardin dépendant de ladite maison contenant 26 a (2 boisselées) environ – Le lieu et métairie de la Chouannière tel qu’il se poursuit et comporte consistant dans les maisons, bâtiments, étables, grange, toit à porcs, aire, aireaux, rues et issues, un jardin, le tout contenant 52 a (un journal) environ – La grande pièce de l’aire contenant 1 ha 57 a (3 journaux) environ – La petite pièce de l‘aire contenant 52 a (un journal) environ – Lapièce du Bois contenant 1 ha 4 a (2 journaux) – Celle du Grand Bois contenant 1 ha 56 a (3 journaux) environ – (f°5) La pièce de la Petite Brisnoue contenant 1 ha 4 a (2 journaux) environ – Celle d’en bas contenant 1 ha 56 a (3 journaux) environ – Celle d’en haut contenant 1 ha 56 a (3 journaux) environ – Celles des deux Coquereaux se tenant contenant 1 ha 4 a (2 journaux) environ – Celle des Friches contenant 1 ha 56 a (3 journaux) environ – La pièce du Milieu contenant 1 ha 56 a (3 journaux) environ – Celle nommée la pièce à l’avoine contenant 68 a (6 boisselées) environ – Celle de la Grange contenant 1 ha 30 a (2 journaux 2 boisselées) environ – Une prairie contenant 1 ha 95 a (5 hommées) environ – Un petit pré contenant 53,5 a (1,5 hommée) environ – Le lieu et closerie de la Daviaye tel qu’elle se poursuit et comporte sans exeption ni réserve et tout ainsi qu’elle est tenue à ferme par Joseph Bordeau – 2 maisons jardins terres prés et dépendances au village des Louveries dite commune de Gené tenus à ferme par Michel Chilard et Jean Bonnenfant – Une pièce hommée l’Atelier maintenant en pré contenant 26 a (2 boisselées) environ – Celle nommé le Bigot même grandeur que l’Atelier

    3ème lot (tiré par Rose Enault) :

Une maison nommée Beaurain occupée par ledit Jean Guillot au bourg de Gené composée de 3 appartements par bas dont 2 à cheminée, 2 chambres hautes à cheminée, un petit cabinet à côté d’une desdites chambres, un grenier carrelé sur icelles, une cave derrière la maison, un petit aireau à côté, un autre corps de bâtiment au devant de ladite maison, composé de 3 appartements dont l’un à four et cheminée servant de boulangerie, les autres servant de cellier et de bucher, grenier au dessus le tout, un autre corps de bâtiment au bout de la cour servant d’écurie et étable (f°6) à bestiaux, d’un toit à porcs, gatteraube ? en appenty aux 2 premiers corps de bâtiments, une cour, un jardin au bout contenant 26 a (2 boisselées) environ – La pièce des Marguerites de la Ville contenant 2 ha 8 a (4 journaux) environ – Un pré nommé le Marvrillet des Marguerites dudit lieu de la Ville contenant 58,5 a (1,5 hommée) environ – Un pré nommé l’Etang dudit lieu de la Ville contenant 78 a (2 hommées) environ – Le pré en l’aire de la Ville près l’aire dudit lieu contenant 78 a (2 hommées) environ – Une pièce de terre nommée l’Etant énervée de la Ville contenant 78 a (6 boisselées) environ – Celle du Gats énervée dudit lieu de la Ville contenant 56 a (2,5 journaux) environ – Celle du Vigneau près le jardin de Beauvais énervée dudit lieu de la Ville, contenant 1 ha 4 a (2 hommées) environ – Celle de la Prairie neuve contenant 1 ha 56 a (3 journaux) environ – Celle du Guibert énervée comme celle ci-dessus dudit lieu de la Ville contenant 52 a (1 journal) environ – Celle du Cimetière énervée de la Ville contenant 1 ha 56 a (3 journaux) environ – Le cloteau de la Barrière contenant 39 a (3 boisselées) environ, énervé dudit lieu de la Ville – Les maisons du Petit Presbitère ayant chacune leur jardins et une planche de terre aboutant sur la marre des Nouels Filiers tenues à titre de ferme par Jean Bertron François Douisneau, sans réserve – Une maison nommée le Bas du Bourg près la fontaine et la chapelle dudit bourg de Gené, composée d’un seul appartement par bas à cheminée, un grenier terrasse au dessus, une planche de terre au derrière de ladite maison, un petit jardin clos à part nommé le jardin du Bas du Bourg, contenant 5,2 a (3 cordes) environ, le tout tenu à ferme par la veuve Dupont – Le cloteau de la Maladry contenant 26 a (2 boisselées) environ, énervé de la maison de la Fuye – La pièce du cimetière énervée de ladite maison de la Fuye contenant 52 a (1 journal) environ – (f°7) 5 planches dans les grands jardins dudit bourg de Gené énervées de ladite maison de la Fuye contenant 26 a (2 boisselées) environ – La pièce du Gatz énervée de ladite maison de la Fuye contennt 52 a (1 journal) environ – Les 2 pièces des Bronays se tenant contenant 156 a (3 journaux) environ, énervées de ladite maison de la Fuye – La pièce du Marvillet et un petit pré au bas, les deux se tenant, contenant 52 a (1 journal) environ, énervées da ladite maison de la Fuye – Le lieu et métairie de Barbe-Torte tel qu’il se poursuit et comporte circonstances, appartenances et dépendances, sans aucune exception, retenue ni réserve, tenu à titre de ferme par la veuve Guinefolle – Une chambre de maison sis au village de la Vivandaye, à cheminée, grenier et terrasse sur icelle, un jardin clos au devant, nommé le jardin du devant, contenant 13 a (1 boisselée) environ, une autre partie exploitée par la veuve Grégoire – Une chambre de maison au susdit village composée de 2 appartements par bas, dont un a four et cheminée, grenier et terrasse sur iceux, un petit jardin au devant clos à part … contenant 2,6 a (4 cordes) – Une autre petite maison audit village tenue à loyer par Nicole Bodiau, grenier carrelé sur icelle, une petite planche de jardin contenant 0,34 a (1,5 corde) environ – Le lieu et closerie de la Taraudais au village du même nom composé d’une chambre de maison par bas à four et cheminée, d’une autre petite chambre à côé au bout de laquelle ont les toits à porcs, l’étable aux vaches – Un corps de maison servant d’écurie au bout de laquelle est une grange et le pressoir – Un jardin clos à part contenant 9,5 a (1,5 boisselée) environ – Un autre petit jardin nommé le jardin de derrière dans lequel est l’aire contenant 13 a (1 boisselée) environ – (f°8) Un pré nommé la Gruaudais contenant 78 a (2 fortes hommées) environ – Les grands cloteaux se tenant contenant 40 a (2 journaux) environ – La pièce de Saint Nicolas en hache contenant 21 a (3 boisselées) environ – La pièce de la Giraudais contenant 26 a (2 boisselées) environ – Celle de la Fontaine contenant 65 a (5 boisselées) environ – Celle du Petit Candé contenant 39 a (5 boisselées) environ – Celle du Moulin contenant 78 a (1,5 journal) environ – Celle des Ruaux contenant 78 a (1,5 journal) environ – Le cloteau du Petit Laurier contenant 13 a (1 boisselée) environ – La pièce de Boisnet contenant 26 a (2 boisselées) environ – 2 pièces de terre se tenantes nommées les Saucereaux contenant 1 ha 56 a (3 journaux) environ – Une maison jardins terres et pré au bourg de Saint Martin du Bois
(f°10) A l’instant ont comparu Guillaume Rabeau marchand fermier et dame Marie Guillot son épouse, demeurant en la maison de saint Amadou commune de la Selle Craonnaise (Mayenne), Jean Guillot de la Borderie propriétaire et dame Aimée Guillot son épouse, demeurants à la maison de la Beauvais commune de Gené, lesquels après avoir pris lecture et communication des partages de l’autre part et avoir sérieusement réfléchi sur la manière dont ils sont faits, ont dit ne pouvoir les faire plus justement et être prets à les tirer au sort sans y vouloir rien changer, augmenter ni diminuer. Pourquoi chaque lot numéroté 1, 2 et 3, mis et inscrits sur un morceau de papier roulé chacun, lesdits 3 morceaux de papier ayant été mis dans un chapeau et tirés au sort, le résultat a donné, scavoir : 1er lot à Guillaume Rabeau et Marie Guillot, 2ème lot à Jean Guillot de la Borderie et Aimée Guillot son épouse … »

Yves Brundeau prend le bail à ferme de la seigneurie de Gené : 1623

Je pense qu’avec cet acte je n’ai plus grand chose à découvrir sur les BRUNDEAU, et demain je vous mets la cloture de cet épisode de retravail approfondi sur cette famille.
Le bail de Gené montre qu’Yves Brundeau gérait plusieurs seigneuries dont il a le bail à ferme, dont la Roche aux Fesles au Lion d’Angers.
Ici, les propriétaires de la seigneurie sont le doyen et chapitre de saint Pierre d’Angers, et comme la plupart des religieux qui donnent leurs terres à ferme ils excluent toute diminution du prix en cas de guerre. Cette clause, très drastique, est très rare, et quand je la rencontre c’est de la part de religieux, gérant au plus près les biens.

Voir ma page sur Gené


Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le mercredi 25 octobre 1623 après midy, par devant nous Nicolas Leconte notaire royal Angers furent présents les vénérable doyen chanoines et chapitre de l’église collégiale Me St Pierre d’Angers ès personne de noble et discret Me Jean Besnard doyen et vénérable et dicret Me René Boueste et Constantin Testard prêtres chanoines en ladite église, députés dudit chapitre à l’effet des présentes, d’une part, et honorable homme Yves Brundeau sieur de la Saullaye demeurant au Lion d’Angers et Jacques Leroyer son gendre marchand demeurant au prieuré de Montreuil sur Maine d’autre, lesquels respectivement estably et soubzmis soubz ladite cour et lesdits députés les biens et choses présents et futurs dudit chapitre et lesdits Brundeau et Leroyer eux et chacun d’eux seul sans division etc leurs hoirs etc confessent avoir fait et font le bail et prise à tiltre de ferme qui s’ensuit, c’est à savoir que lesdits sieurs députés ont baillé et baillent par ces présentes auxdits Brundeau et Leroyer qui ont pris et accepté pour 5 années et 5 cueillettes entières et consécutives qui commenceront au jour et feste de Pasques Fleurye prochain que finira le bail des précédents fermiers, la terre domaine fief seigneurie cens rentes sixtes dixmes terrages droits de four à ban pressoeurages appartenances et dépendances de Gené, compris ce qui est deu auxdits sieurs du chapître à ladite seigneurie par le vicaire perpétuel de Marans, le lieu et mestairie appartenances et dépendances de la Ville auxdits du chapître appartenant et tout ainsi que lesdites choses se poursuivent et comportent et que (f°2) ledit Brundeau Estienne Mellet et autres en ont joui ou deu jouir en vertu du bail à eux fait par lesdits sieurs du chapître le 21 juin 1619 sans aucune réservation en faire, réservé néanmoins le lieu et mestairie de la Grand Fenouillère situé en ladite paroisse de Gené que lesdits sieurs bailleurs ont réservé et réservent, ensemble la moitié des ventes et rachapt de la terre du Ribou au cas que au-dedans de la présente ferme aucun rachapt, et pour le regard de l’autre moitié desdites ventes et rachapt avenant dans ledit temps lesdits preneurs le prendront ; et desquelles choses baillées lesdits preneurs ont dit avoir bonne cognoissance ; à la charge d’iceux preneurs d’en jouir user et disposer comme bons père de famille sans malversation, de payer et acquiter par chacune desdites années le gros deu au vicaire perpétuel dudit Gené qui a accoustumé estré payée, et toutes et chacunes les autres charges cens rentes debvoirs deubz pour raison desdites choses, et en faire lesdits sieurs du chapître quittes et les en indempniser vers et contre tous, et leur en fournir acquits vallables à la fin dudit temps ; et outre de payer aussy par chacun an les gages des officiers de ladite seigneurie à savoir au sénéchal soixante sols, au procureur 45 sols, au greffier 25 sols et au sergent 20 sols ; et faire tenir les assises d’icelle seigneurie une fois pour le moings pendant le présent marché lorsqu’il plaira auxdits sieur du chapître, et de défrayer lesdits officiers et commissaires qui seront députés dudit chapître pour la tenue desdites assises (f°3) avecq leurs gens et chevaux, et seulement défrayer les autres députés qui seront envoyés par lesdits sieur du chapître sur ladite seigneurie pour les assises d’icelle une fois par chacune desdites années lorsqu’ils y seront ; aussi à la charge d’iceux preneurs de comparoir aux assises des fiefs et seigneuries dont lesdites choses baillées ou partie d’icelles relèvent et sont tenues, et y bailler par déclaration si mestier est, fournissant par lesdits du chapître de procuration en ceste ville pour ce faire ; et outre de tenir et entretenir et rendre à la fin dudit temps les maisons logis four à ban fuye grange et autres logis appartenant auxdits du chapître et qui dépendent du présent bail en bonne et suffisante réparation de carreau vitre et couvertures et autres menues réparations et les y rendre à la fin dudit bail bien et duement réparées, de tant mesme que ledit Brundeau y est tenu par ledit précédent bail sans préjudice de leurs recours contre ledit Mellet et autres pour les y faire mettre, et en ceste considération se contentent lesdits preneurs desdites réparations ; et outre demeurent tenus de bien et duement faire réparer la fuye, la faire blanchir et repeupler au moyen de la somme de 6 livres 8 sols qui leur sera desduite sur le premier terme de ladite ferme sans estre tenus lesdits preneurs des réparations du pressouer synon que lesdits du chapître les leur y aient fait mettre à quoi ils ne pourront estre contraints par lesdits preneurs ; lesquels preneurs ou l’un d’eux seront tenus de demeurer au logis de la dite seigneurie ou y mettre un homme de bonne vie mœurs et conversation ; ne pourront lesdits preneurs coupper abatre esmonder ne desmolir de sur lesdites choses par pied branche ne autrement aucuns bois fructuaux ne marmentaux, fors ceux qui ont accoustumé estre couppés et esmondés qu’ils couperont et tailleront en temps (f°4) et saison convenables estant en couppe comme aussi ne pourront abattre bois mort ni mort bois sans le consentement desdits sieurs du chapître ; sont aussi iceux preneurs tenuz d’advertir lesdits sieurs du chapître d’heure et de temps des entreprises et surprises si aucunes se faisoient pendant ledit temps sur les droits desdites choses affermées, ensemble des cessions et paiements desdits droits si aucunes sont, dont lesdits preneurs en feront poursuite par l’advis et conseil desdits sieur du chapître, et en feront les poursuites jusques à contestation à leurs despens, et ladite contestation deument jugée lesdits sieur du chapitre poursuiveront comme ils verront bon estre ; demeureront aussi lesdits preneurs tenus de bailler auxdits du chapitre à la fin du présent bail un papier censif et déclaratif par le menu des choses héritaulx cens rentes sixtes terrages dixmes et autres debvoirs deubs à ladite seigneurie affermée qui contiendront aussi les noms et surnoms de ceux qui les tiennent et possèdent ; et si lesdits sieur du chapitre veulent prendre quelque chose par puissance de fief faire le pourront sans que lesdits preneurs en puissent prétendre aucun droit ains jouiront iceux preneurs desdits choses retirées pendant le reste de ladite ferme à compter du jour que lesdits sieur du chapitre auront droit d’en jouit par condition de leur retrait sans en payer plus grande somme que le prix cy après ; renderont lesdits preneurs à la fin de la présente ferme pareil nombre de terres et sepmances qu’il y en avoir lors du précédent bail et qu’est tenu en laisser Jehan Tierry précédent fermier (f°5) duquel lesdits Brundeau Meslet et autres preneurs fermiers ont eu et doivent les prendre et recepvoir, et mesmes comme ledit lieu de la Ville a accoustumé estre et sepmancé et labouré de pareille qualité et quantité de sepmance et labourage, et comme lesdits Tierry Brundeau et autres en estoient tenus ; laisseront et amasseront lesdits preneurs à leurs despens à la fin dudit temps sur ledit lieules pailles chaulmes fourrage et engrès sans qu’ils puissent divertir ne employer à autre chose que audit lieu ; planteront et édifieront lesdits preneurs aussi chacuns ans sur les terres dudit lieu jusques au nombre de 7 égrasseaux et feront pareil nombre d’entures de bois de matière de fruits qu’ils conserveront du dommage des bestes ; planteront aussi chacuns ans sur lesdites terres es endroits les plus commodes le nombre de 6 poids de chesne ; et demeure réservé auxdits sieurs du chapitre les droits d’aubenages présentations novations collations et autres dispositions et bénéfices et offices de ladite seigneurie de Gené et les revenus deubs à la bourse des anniversaires par ladite église st Pierre qui se prennent sur le fief de ladite seigneurie en ladite paroisse de Gené sans que lesdits preneurs y puissent rien prétendre et outre à la charge desdits preneurs de (f°6) fournir à leurs despens grosse des présentes ès mains du boursier dudit chapitre sans diminution du prix ct après ; et aussi demeurent lesdits preneurs tenus de jouir entièrement des choses cy dessus baillées et droits qui en dépendent ou en faire jouir par autres et à faulte de ce faire seront tenus en leur propre privé nom des dommages et intérests vers lesdits sieur de st Pierre ; et est faite la présente ferme pour par lesdits preneurs en payer et bailler par chacune desdites années auxdits sieur du chapitre entre les mains de leur boursier ou de leur grand boursier la somme de 700 livres tz outre et par dessus les charges susdites aux termes de st Michel Mont Garganne et Pasques fleurie par moitié, le terme et paiement de la première demie année montant 350 livres eschéant au jour et feste de st Michel Mont Garganne prochain et à continuer sans espérance d’aucun rabais ou diminution dudit prix et charges cy dessus soit pour cause de guerre stérilité ou autres cas fortuit, à quoylesdits preneurs ont renoncé ; et de tant que lesdits sieur du chapitre ont cy devant accordé audit Meslet de luy proroger et continuer sondit précédent bail aux charges cy dessus et pour ledit temps au cas qu’il leur fournist dans le jour de vendredi prochain les mesmes cautions et coobligés de sondit bail du 21 juin 1619 ou autres solvables qui seront acceptés par (f°7) lesdits sieurs du chapitre, est accordé que en ce cas le présent bail demeurera nul et de nul effet sans aucun desdommagement de part ne d’autre fors les frais du présent bail de quoy seront reboursés lesdits preneurs, lesquels demeureront aussi tenus de donner et fournir en faveur des présentes auxdits sieurs du chapitre 8 fournitures de bonne thoille de brin en brin à une foye payée dans la fin de la présente ferme ; et du tout sont lesdites parties demeurées à un et d’accord et l’ont ainsy voulu stipulé et accepté et audit bail et prise à ferme et ce que dit est tenir et gardet et entretenir payer etc dommages etc obligent lesdites parties respectivement savoir lesdits du chapitre députés les biens et choses présents et futurs dudit chapitre et lesdits preneurs eux et chacun d’eux l’un pour l’autre seul et pour le tout sans division de personne ne de biens leurs hoirs etc renonçant etc spécialement au bénéfice de division discussion et ordre de priorité et postériorité foy jugement et condemnation etc fait et passé audit Angers maison dudit sieur doyen en présence de Me Jehan Amyot Pierre Tesnier et Estienne Gremond praticiens audit Angers tesmoins »

Vente d’une maison au bourg de Gené : 1834

Elle était un bien hérité des VOYER qui sont partis vivre à Craon.

Voir ma page sur Gené


C’est l’une de ces maisons, car le bourg se réduit à cette place de l’église.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, AD49-5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 15 juin 1834 devant Me Adam Roussier notaire au Lion d’Angers assisté de M. Jean Guillot, propriétaire, et Charles Fleury maréchal taillandier demeurants au bourg de la commune de Gené témoins, sont comparus M. Urbain Voyer propriétaire et marchand et dame Emilie Agathe Joubain son épouse demeurant ville de Craon grande rue, lesquels ont par ces présentes vendu avec la garantie solidaire de tous troubles évictions, à M. Jacques Jean Hilaire, propriétaire, et dame Emilie Guitet son épouse, demeurant au bourg et commune de Gené, à ce présents et acceptants, 1°/ Une maison sise en face du cimetière de Gené, composée de 2 appartements au rez de chaussée, dont un avc la cheminée, grenier sur le tout, rues et issues en dépendant ; elle touche à l’est le jardin ci-après, des autres pars le chemin et une pièce de terre comprise en cette vente – 2°/ Une planche de jardin ou cloteau situé au bout de cette maison et la joignant immédiatement – 3°/ Une pièce de terre à la suite de ce jardin et dans laquelle il y a un puits ; elle contient avec le cloteau qui est dans le bas et dont elle est séparée seulement par une haie 40 ares environ et joint à l’est M. Guillot au sud le chemin et dans le bas terre de la fabrique – 4°/ Une autre pièce de terre dite la Saule sise au lieu de la Tucaudais contenant environ 52 ares 73 centiares, joignant à l’est le chemin du Lion, au sud M. Moreau, à l’ouest la pièce ci-après, et au nord un autre chemin – 5°/ La moitié par indivis avec la fabrique de Gené dans une pièce de terre dite également la Saule, contenant en tout 26 ares 36 centiares, joignant à l’est le chemin du Lion, au sud M. Moreau, à l’ouest ledit Voyer (f°2) de Thorigné et de l’autre part la pièce ci-dessus – 6°/ Une autre pièce de terre dite encore la Saule, située près des précédentes et contenant environ 26 ares 36 centiares, joignant à l’est les jardins de la Tucaudais, de l’autre côté une pièce de Basse Roche et ensuite le chemin. Comme les biens ci-dessus désignés se poursuivent et comportent, et sont situés près le bourg de la commune de Gené canton du Lion d’Angers. Origine de propriété : les biens vendus étaient propres du sieur Urbain Voyer vendeur qui les a receuillis en partie dans la succession de Marie Bernier sa mère, décédée épouse du sieur Urbain Voyer, et en partie dans la succession de ce dernier ; ils lui ont été attribués par le 2ème lot du partage passé entre lui et ses frères et sœurs devant Me Priou, notaire au Lion d’Angers le 6 janvier 1829. Conditions de la vente : M. et Mame Hilaire pourront disposer des biens ci-dessus désignés comme de chose leur appartenant en toute propriété et jouissance à compter de ce jour. Ils profiront de la moitié du lin d’été semin dans 2 des pièces de terre vendues, mais toutefois n’auront aucun droit à la graine en provenant ; quant au lin d’hiver recueilli cette année dans lesdites terres, il est réservé par les vendeurs. Les acquéreurs prendront lesdits biens dans l’état où ils se trouveront en ce moment sans pouvoir former aucune répétition aux vendeurs, soit à raison de la contenance ci-dessus indiquée, soit à raison de leur état de culture. Ils acquiteront la contribution foncière à laquelle sont assujettis les biens vendus à compter du 1er janvier dernier, de manière que les vendeurs ne soient aucunement inquiétés à ce sujet. Ils supporteront les passages et servitudes (f°3) passives apparentés ou occultes que peuvent gréver ces biens et profiteront des actions s’il en existe, le tout à leurs frais et risques. Ils payeront les frais du présent acte ceux de transcription et de l’état délivré lors de l’accomplissement de cette formalité. Prix : Cette vente est faite aux conditions ci-dessus et en outre pour et moyennant la somme de 3 000 francs que M. et Madame Hilaire promettent et s’obligent solidairement de payer aux vendeurs le 19 mai 1838 tant que cette somme sera due, elle sera productible d’intérêts au taux de 5% par année payable le 15 juin de chacun d’elles à compter de ce jour. Les paiements en principal et intérêts se feront en numéraire métallique ayant cours du poids et valeur actuels du franc, et en l’étude du notaire soussigné où les parties font élection de domicile, toutefois les vendeurs ne pourront exiger le paiement du prix de vente qu’après la radiation de toutes les inscriptions qui peuvent gréver lesdits biens. Les vendeurs s’obligent de remettre aux acquéreurs lors du paiement du prix tous les titres qu’ils puissent avoir entre les mains concernant la propriété desdits biens. Cette remise se fera de bonne foi. Fait et passé au bourg de Gené en la demeure de M. Hilaire