Jean Lecourt vend un droit de passage vers la tannerie de Nicolas Moreau, Provins (77) 1598

Introduction

Cet acte de vente n’est pas anodin, comme la majorité des actes de ces fonds notariés. D’abord parce qu’il nous apprend que le passage est parfois un bien foncier indiscutable. Jean Lecourt et Nicolas Moreau l’ont bien compris en 1598 et passent donc devant notaire pour déclarer la propriété de ce bien foncier. Ainsi, ils formalisent ce qui était un droit coutumier oral en bien foncier indiscutable. Le prix de 6 écus est une somme importante car une maison se vend environ 120 écus, c’est donc de l’ordre de quelques dizaines d’euros actuels. Mais il faut bien que Nicolas Moreau passe ses charettes jusqu’à la tannerie et les tanneurs ont les moyens.
Ma ville, Nantes Metropole compte de nos jours 840 voies privées, représentant 29 % du total des voies, pour un linéaire de 112 kilomètres. Et je connais bien ce problème des voies privées puisque j’habite une copropriété qui en possède une.
Mais cet acte m’apprend bien autre chose

la femme de Jean Lecourt était Marie Lecourt

Jean Lecourt est parrain de l’un de mes Fauchon, petit fils de mon Elisabeth Lecourt, et je découvre qu’il a épousé une Lecourt, donc maintenant je ne sais si le lien vient de son côté ou de celui de sa femme. C’est passionnant, et je poursuis inlassablement la reconstitution de ces Lecourt. 
Mieux, je peux conclure que Jean Lecourt sergent royal est proche parent des tanneurs puisque sa maison où il demeure touche les tanneries !

vente d’un passage rue de la Couldre

AD77-1057E424 Jacques Delanoe notaire à Provins : 1598.06.16 vue 188 – Fut présent en sa personne Jehan Lecourt sergent royal à Provins lequel recognut avoir vendu ceddé et par ces présentes vend cèdde promis et promet garantir de tous troubles et empeschements à Nicolas Moreau marchand tanneur audit Provins présent achepteur pour luy ses hoirs c’est à savoir ung droit de passage qui se consiste en une allée de 5 pieds d’espace qui se prend par-dessus la rue de la Couldre et par endroit du coing de derrière la maison dudit vendeur environ 3 pieds faisant moitié de l’espace y estant et dudit endroit se continuera ledit passage en ligne droite jusques à une tannerie faisant partie des lieux que ledit achapteur a aquis de Maurice Bretin et de Perrette Chane sa femme à l’endroit et un bien que ledit achapteur laissera 11 pieds et demy au lieu de 15 pieds qu’il estoit tenu luy livrer … de ladite tannerie attenant de la court dudit vendeur suivant et conformément au partage général qui a esté fait entre ledit Lecourt vendeur et lesdits Bretin et leurs femmes héritiers de deffunt Simon Lecourt des maisons et héritages qui leur appartenaient et contenuz en iceluy partage assis à Provins rue de la Couldre … la présente vendition faite pour le prix et somme de 6 escuz sol argent franc audit vendeur … et promet ledit vendeur faire ratiffier le présent contrat par Marie Lecourt sa femme

 

 

Jean et Pierre Lecourt, mineurs, fils de Jean et Nicole Saulsoy, Provins 1598

Introduction

Autrefois, les enfants étaient souvent sous tutelle car peu de parents arrivaient tous deux au décès avant les 25 ans de majorité de tous leurs enfants. Ainsi, les oncles ou autres proches parents, étaient souvent tuteurs. Dans la gestion des biens des enfants, ils avaient souvent à passer chez le notaire en lieu et place du/des parents défunt(s). Ainsi, dans les minutes des notaires, on trouve souvent les liens de parenté de ses enfants mineurs. Je dirais même que c’est une source considérable de liens, le plus souvent ignorés des généalogistes.

reconstitution de tous les LECOURT à Provins

Je m’intéresse à tous les Lecourt de Provins afin de tous les reconstituer et ils sont nombreux.  Même dès 1502, année des premiers notaires à Provins conservés aux Archives de Seine et Marne, on les trouve nombreux. Les métiers par contre sont toujours stables, et je vois des tanneurs et des officiers de l’élection de Provins. Je vous mets ici un passage qui donne une filiation Lecourt, afin que vous puissiez mesurer l’importance de la lecture de toutes les minutes des notaires. Et quand on lit un acte, on ne le survole pas, on lit toutes les lignes, car dans les innombrables lignes se cache souvent une perle.

enfants mineurs de Jean Lecourt et Nicole Saulsoy, 1598

AD77-1057E424 Jacques Delanoe notaire à Provins – 1598.06.11 vue 183 – abesse couvent des Cordellières lez Provins vendent à Me Jehan Saulsoy conseiller et esleu pour le roy notre sire en la ville et élection de Provins au nom et comme tuteur et curateur de Jehan et Pierre Lecourt enfants mineurs d’ans de deffunts Jehan Lecourt vivant procureur à Provins et Nicole Saulsoy leurs père et mère la somme de 8 escuz ung tiers de rente annuelle et perpétuelle

 

Les enfants d’Ayoul Camuset, vigneron à Rouilly (77) déclarent leur bien, 1598

Introduction

Les ventes à rente annuelle perpétuelle entraînaient des déclarations de possession lors des décès, car les héritiers devaient reconnaître qu’ils avaient à payer et continuer la rente, et ceci se passait devant notaire. Je rencontre beaucoup d’actes de ce type, et bien entendu le notaire donne l’origine du bien, donc les filiations. Je suis très surprise depuis des mois que je travaille sur la Brie de trouver si peu de généalogies remontant au 16ème siècle et je vais publier tous les relevés que je suis en train de faire… En attendant, voici à titre d’exemple les enfants Camuset.

les enfants d’Ayoul Camuset, Rouilly 1598

AD77-1057E424 Jacques Delanoe notaire à Provins – 1598.05.28 vue 166 – Jehan Camuset Claude Camuset laisné vignerons demeurant à Flegny Ayoul Camuset vigneron à St Bris et Denis Berthelemy vigneron à Flegny au nom et comme tuteur et curateur des enfants mineurs d’ans de lui et deffunte Noelle Camuset jadis sa femme et Nicolle Camuset veuve de Pierre Meusnier confessent estre héritiers de deffunt Ayoul Camuset dit Desmelins vivant vivant vigneron demeurant à la Brethonnière paroisse de Rouilly leur père détempteurs propriétaires et possesseurs de demy quartier de terre faisant moitié d’un quartier assis au finage de Rouilly …

Nicolas Lecourt, élu pour le roi à Provins, prend en location 2 travées de maison, 1598

Introduction

Autrefois de nombreuses ventes et/ou locations de maisons ne portaient que sur une partie de la maison. Souvent il s’agissait d’une ou deux pièces, ou même une moitié de pièce, mais je trouve aussi plusieurs actes qui définissent la partie de la maison concernée en nombre de travées.
Comme vous sans doute, j’avais des difficultés à imaginer ce que cela signifiait. J’ai donc regardé sur le dictionnaire du moyen français et c’est l’espace entre deux poutres, garni par un certain nombre de solives (Dictionnaire du Moyen Français sur ATLIF en ligne)

Nicolas Lecourt est élu pour le roi

Nicolas Lecourt n’est pourtant pas ce qu’on pourrait appeler un pauvre, et je pensais que ces actes concernant seulement une partie de maison était plutôt le sort des pauvres. Donc, nous voyons ici qu’il n’en est rien. Mais ceci dit que pouvait donc bien vouloir mettre dans ces 2 travées Nicolas Lecourt, sans doute des domestiques ? car j’ai du mal à comprendre que c’est pour lui
Je m’intéresse tout particulièrement aux LECOURT de Provins car je descends d’Elisabeth Lecourt épouse Fauchon. Et comme vous l’avez sans doute compris, je reconstitue toutes les familles du même nom, pour mieux les comprendre.

Location de 2 travées de maison à Provins

Le bail de ce loyer de 2 travées de maison est pour 18 ans, et tous les baux à l’époque sont payés à l’année, et le terme de la Brie est le jour de Saint Martin d’hiver.

AD77-1057E424  Jacques Delanoe notaire à Provins – 1598.05.16 vie 147 – Fut présent en sa personne Me Nicolas Lecourt controleur et esleu pour le roy notre sire en l’eslection de Provins lequel recognu avoir prins et retenu prent et retient par ces présentes le tiltre d’administration et pension d’argent de Me Quiriace Charron au nom et comme procureur et recepveur des dames relligieuses abbesse et couvent des Cordelières lez Provins bailleur audit tiltre qui lui a promis garantir c’est à savoir une pièce de pré contenant 3 arpents environ la pièce comme elle se comporte assise en la prairie et proche le moulin de l’estang tenant d’une part à l’héritage dudit moulin d’autre part à l’héritage de la fabrice monsieur st Pierre de Provins d’un bout sur la ruelle de Voulsie et d’autre bout sur le chemyn faisant poincte du reste dudit chemyn la situation ledit preneur a dit bien savoir et s’en tient contant  … jusques à 18 ans 18 payements moyennant 6 deniers de cens payable au censeur desdites relligieuses … et ung escu 2 tiers de loyer au jour et feste de St Martin d’hiver

 

Marion Bureau femme délaissée de Georges Moreau fait un don à l’église St Nicolas de Provins, Lizines (77) 1598

Introduction

L’abscence existait aussi autrefois, et au bout de quelques années les femmes dont le mari avait disparu pouvait retrouver leurs droits. Le terme utilisé ici par le notaire est extrêmement fort, car il la dit « femme délaissée ». J’ai rencontré peu de cas d’abscence dans les minutes des notaires en Anjou, mais tout de même quelques uns.

dons à l’église Saint Nicolas de Provins, 1598

Les minutes du notaire Jacques Delanoe donnent souvent des renonciations, terme qu’il utilise pour ce que je pense être des dons, et en mai 1598 beaucoup de renonciatins en faveur de l’église Saint Nicolas de Provins. Manifestement, cette église honorait une mémoire et un évennement exceptionnel, ou une construction ? donc les donc ont alors afflué.

renonciation de Marion Bureau femme délaissée

On peut supposer qu’elle n’a pas d’enfants et ne s’est pas remariée, mais qu’elle a de quoi vivre ! Donc toutes les femmes seules n’étaient pas pauvres.

AD77-1057E424 Jacques Delanoe notaire à Provins – 1598.05.16 vue 145 – fut présente en sa personne Marion Bureau femme délaissée de Georges Moreau de présent absent de ce pays demeurant à Segnolles paroisse de Lisines laquelle recognut avoir renoncé et renonce par ces présentes pour au nom et proffict des vénérables doyen chanoines et chappitre de l’église collégiale monsieur St Nicolas de Provins ce acceptant par stipulant présents Me Mace Marchand doyen Pierre Robinot chambrier Nicolas Grandjean prêtres habitués de ladite église ayant charge dudit chappitre c’est à savoir à tous tels droits parts et portions nom raison fonds propriété possession et autres qui peult compéter et appartenir compète et appartient à ladite céddante es maisons jardins aireaux terres labourables …

Claude Miracle, cordonnier à Orléans, est frère de Jean Miracle marchand à Provins, 1598

Introduction

En tant que Nantaise, j’ai des ascendants à Orléans, car la Loire était la voie d’échange. Ici, pas de fleuve pour relier Provins à Orléans, et pourtant Claude Miracle s’est établi à 180 km de son lieu de naissance. C’était sans doute un cas semblable à mes bretons, c’est à dire, un fils cadet pour lequel il n’y avait pas de place pour la succession au métier du père le plus souvent réservé à l’aîné. Eh oui ! le droit d’aînesse existait bel et bien ! Donc, au cadet, pas de place la plupart du temps, et on allait même jusqu’à lui mettre un ballot sur le dos et le laisser partir chercher fortune ailleurs. Enfin, j’ai écrit « le laisser partir », mais en vérité je pense qu’on le forçait à partir…

les procurations entre cohéritiers partis au loin

Ceux qui sont partis au loin, même en Amérique ou ailleurs, étaient obligatoirement informés lors des successions et/ou ventes des biens de leurs héritages. Ils répondaient alors en envoyant une procuration passée devant leur notaire local, c’est ainsi que j’avais pu remonter des Canadiens etc… bref, c’est fréquent, et je vous mets cet acte pour vous illustrer ces procurations;..

Claude Miracle a eu des descendants 

Et ils sont en panne sur Geneanet, dites leur de voir mon blog et ensuite rechercher à Provins

bail d’une maison ruinée 

AD77-1057E424 Jacques Delanoe notaire à Provins – 1598.04.27 vue 122 – Fut présent en sa personne Denis Gaulthier mareschal demeurant à Provins lequel recognut avoir prins et retenu prend et retient par ces présentes à tiltre de rente annuelle et perpétuelle de Jehan Miracle marchand demeurant audit Provins en son nom pour les 3 parts et encores avec procuration de Claude Miracle son frère cordonnier demeurant en la ville d’Orléans et fondé de lettres de procuration dudit Claude passées par devant François Vannier notaire et tabellion royal au chalet d’Orléans en datte du 9 juillet 1595 pour l’effet cy après déclaré et dont est aparu audit juré laquelle est demeurée es mains dudit bailleur lequel esdits noms a promis et promet garantir de tous troubles et empeschements quelconques audit preneur ses hoirs et ayant cause à l’advenir c’est à savoir une maison couverte de thuille de fond en comble du fors ruynée court derrière les lieulx comme ils se comportent assis à Provins rue du Celoison assis près la porte tenant d’une part à Nicolas Prevost à cause d’Elizabeth Basille sa femme d’autre part à une ruelle